Remus fit son apparition quelques minutes plus tard. Olive était encore en train de se tordre comme un margouillat auprès de Felicity pour avoir des détails lorsque le portrait de la grosse dame s'ouvrit. En voyant le garçon dans l'encadrement de la porte, les deux filles cessèrent de gesticuler. La brune fit même imperceptiblement un pas en arrière. Remus ne leur accorda qu'un regard, et il se dirigea lentement vers le dortoir des garçons. Felicity le suivait du regard, avec l'expression la plus neutre possible. Olive recula encore d'un pas pour se tapir dans l'ombre.
Remus sentait le regard bleu perçant de Felicity sur sa nuque. Cela ne l'arrêta pas. Il traversa la pièce en fixant la porte du dortoir. Cependant, au moment où il posait la main sur la poignée, il fit une pause.
- Ce n'est pas la peine de me fixer ainsi Lissy.
Il poussa un soupir, et tourna la tête vers elle. Elle était irrésistible. C'était ce qui changeait tout. Il fit demi-tour, et en quelques secondes, il fut face à la blonde. La prit dans les bras. Felicity retint son souffle lorsque Remus posa son menton sur son épaule.
- Je suis désolé de t'avoir parlé comme ça hier.
Ses paroles semblaient sincères. Il respira le doux parfum de ses cheveux, et s'écarta un peu d'elle, mais en resserrant leur étreinte.
- Felicity, souffla-t-il.
Leurs lèvres se trouvèrent, jouèrent un instant ensemble, puis le baiser devint plus profond. Plus passionné.
Olive, dans son coin, voyait d'un très mauvais œil ce baiser. Elle se demandait ce que ressentait Felicity. À quoi elle jouait.
La porte du dortoir des garçons s'ouvrit.
- Je t'avais dit qu'il serait en meilleure forme aujourd'hui, déclara James amusé.
Remus abandonna les lèvres de Felicity pour tirer la langue au brun à lunettes. Olive profita du débarquement des Maraudeurs au complet pour sortir de sa cachette. Elle dit d'un ton moqueur.
- Dire qu'on n'est à Poudlard que depuis une semaine ! Felicity, tu es une croqueuse d'hommes.
Ce fut au tour de la blonde de tirer la langue. Mais Olive ne savait que trop bien comment la provoquer. Elle haussa les épaules, et déclara.
- Mais bon, tant qu'il y a de l'amour...
Felicity tressaillit, et jeta un regard noir à son amie. Cette seconde était suffisante à Olive. Suffisante, car la blonde avait réagit comme elle l'avait prévu, et étant donné qu'elle se trouvait toujours dans les bras de Remus, ce dernier avait dû ressentir ce spasme. Cependant, Felicity ne se laissa pas faire.
- Manque plus que James et Lily fassent pareil.
La rousse, qui venait de débarquer dans la salle commune – qui entre temps s'était remplie – demanda pourquoi on avait prononcé son nom.
- Quoi ?
Puis elle remarqua que Felicity, qui avait prononcé la phrase, était dans les bras de Remus. Ils étaient à l'évidence devenus un couple, et cela incluait que la blonde demandait à ce que...
- Oh, non, dit-elle.
James lui adressa un sourire charmeur, et posa un genou à terre devant Lily. Tout en se moquant, le jeune Potter demanda.
- Ma douce Lily. Pourquoi ne pas écouter les conseils de ma sœur, et t'offrir à moi. Accorde-moi ta main.
- Certainement pas !
Tout le monde – ou du moins les élèves qui avaient suivit la scène – éclata de rire. Y compris James et Lily.
Felicity attendit que le fou rire général se calme, et que les autres élèves s'en aillent, pour se libérer des bras de Remus. Elle alla attraper le poignet de Lily.
- Viens. J'ai faim. Allons manger. En passant, je te dirais comment mieux rejeter une demande.
Bien évidemment, Felicity rigolait, mais Lily suivit la docilement, sous le regard estomaqué de James.
- Traîtresse.
Felicity tira la langue à James, puis lui fit un clin d'oeil, et disparut avec Lily. Remus s'apprêtait à les suivre, lorsque Olive le retint du poignet. Il tourna des yeux surpris vers elle.
- Il faut que je te prévienne. J'étais sérieuse quand je disais que Lissy était une croqueuse d'hommes.
Remus garda une expression neutre, et se dégagea d'un geste vif. Il disparu à son tour dans le trou béant du portrait de la grosse dame, Peter le suivant de près.
On pouvait lire sur le visage d'Olive de l'inquiétude. Elle semblait même blessée par le geste de Remus. Cela n'échappa pas au regard de James et Sirius qui étaient restés avec elle.
- Qu'est-ce que tu veux dire? demanda James.
Olive tourna des yeux emprunts de détresse vers son frère. Elle avala sa salive avant de dire.
- Felicity n'est jamais sortie avec quelqu'un par amour.
- Et? demanda Sirius qui sentait qu'il y avait une suite.
- Et elle va détruire son cœur à petit feu, comme pour les autres.
- Comment tu peux savoir ça? demanda James
- Lui a-t-elle déjà dit qu'elle l'aimait ?
Aucun des deux Maraudeurs ne répondit. Ils n'en savaient rien.
- Si non, Remus est fichu.
Olive tourna le dos aux deux garçons. Puis dit avec un ton plus léger.
- Je me demande juste comment elle va s'y prendre cette fois.
Et Olive s'en alla.
Les deux garçons sur les talons.
.
Le soir, James débarqua victorieux dans la salle commune. Tous les élèves tournèrent la tête vers lui, surpris. Il exhiba triomphalement une feuille de papier, et annonça en criant.
- Ce samedi, dix heures, qualifications pour ceux qui veulent intégrer l'équipe de Quidditch de Gryffondor !
La foule, excitée, poussa une exclamation de joie. Des élèves allaient déjà inscrire leurs noms sur le bout de parchemin qu'avait collé James sur le panneau d'affichage.
Remus ne réagit pas à l'émeute générale. Il n'assisterait pas aux qualifications. Il fallait qu'il rattrape les cours, et qu'il se repose.
oOo
Felicity croisa Sirius dans le couloir. Ou du moins, elle le percuta. Le garçon revêtait son ancienne tenue de joueur de Quidditch. La jeune fille se dirigeait justement vers le terrain. Felicity fonça les sourcils.
- Je savais pas que tu étais joueur.
Sirius se passa nonchalamment une main dans les cheveux.
- Bah, ouais. Il faut que je me représente, James m'a dit d'arrêter de faire l'imbécile sur le terrain, je sais pas si il va me reprendre cette année.
Felicity lui offrit un sourire rassurant. Elle attrapa le visage de Sirius entre ses mains, et lui dit avec détermination.
- C'est ton ami. Et de toute façon, je suis certaine que tu es un excellent joueur.
Son ton était emprunt de conviction, et cela suffit à redonner confiance à Sirius. Avec la confiance, revint cette irrésistible nonchalance qui lui était propre. Ils restèrent quelques secondes ainsi. Le visage à quelques centimètres de l'autre. Quelque chose avait changé dans l'atmosphère. C'était étrange. Leurs regards ne se lâchaient pas. Une étincelle vint naître dans leurs yeux.
Puis soudain, Sirius combla l'espace qui les séparait.
Prise au dépourvu, Felicity tenta d'abord de se dégager. Mais Sirius l'en empêcha. Puis, elle prit conscience d'une chose.
Elle aimait ça.
Alors elle dégagea ses mains pour les passer autour du cou de Sirius, et lui rendit son baiser. Elle entrouvrit la bouche afin de laisser la langue de Sirius trouver la sienne, et ils entamèrent un ballet enflammé. Le corps de Sirius vint se coller à celui de la blonde. Il posa ses mains sur ses hanches tandis qu'ils poursuivaient leur baiser ardent. Les ongles de Felicity s'enfoncèrent dans le cuir chevelu du garçon, et les doigts de ce dernier glissaient sur son dos.
Elle se figea.
Repoussa Sirius, et le regarda, estomaquée. Elle semblait perdue. On aurait dit qu'elle ne comprenait pas, ou avait peur de comprendre. Ou bien, elle avait peur tout court. Ce dernier la fixa, avec incompréhension, puis murmura.
- Je suis désolé.
- Je suis désolée aussi.
Elle lui jeta un regard assassin.
- Je sors avec Remus depuis trois jours seulement.
- Pardon, je...
Felicity le fit taire l'un geste de la main.
- Oublions ça, tout simplement.
Elle se décolla du mur, et posa sa main sur l'épaule du garçon.
- Bonne chance pour les qualifications.
Et elle s'en alla à grands pas.
Sirius la regarda s'en aller, le regard vide.
.
- Ton rouge à lèvres, dit Olive amusée.
Felicity sursauta. Elle venait d'arriver à l'entrée du terrain, en même temps que sa sœur. Cette dernière n'avait pas manqué de remarquer le défaut de maquillage. Olive approcha son doigt de la bouche de la blonde, et entreprit d'effacer ce qui avait dépassé lors du baiser.
- Remus donne des baisers si fougueux que ça ? se moqua Olive.
Felicity ne répondit pas. À cet instant précis, Sirius passa à côté d'eux, et entra dans le terrain avec son balai, sans aucune considération pour les filles. Olive ne remarqua pas le même défaut que Felicity sur les lèvres de Sirius. En revanche, James, au centre du terrain, ne le manqua pas.
- Oh oh ! Sirinouchet, tu te mets au rouge à lèvres ?
James avait parlé trop fort, Olive et Felicity l'avaient entendu de l'extérieur. Felicity ferma ses yeux pendant qu'Olive lui assénait une gifle. La blonde se tint la joue, et se défendit.
- Ce n'est pas moi. C'est lui qui m'a prise au dépourvu.
Olive ne semblait pas convaincue.
- Tu lui as probablement rendu son baiser, dit-elle.
- Oui, avoua Felicity. Mais cela ne se reproduira plus !
Olive jaugea son amie du regard. Cette fois-ci, elle était sincère.
- J'espère bien.
Elles se regardèrent encore quelques secondes, puis Olive tira sa baguette et la pointa sur la bouche de Felicity. D'un coup, le rouge à lèvres de Felicity s'effaça.
- Il vaut mieux l'enlever.
Et les deux filles entrèrent sur le terrain afin d'encourager leurs amis voulant intégrer l'équipe.
oOo
Felicity avait sept ans.
La nuit s'était installée depuis longtemps, et la lune trônait au milieu du ciel étoilé. Felicity regardait par la fenêtre. Elle ne regardait pas ce magnifique ciel. Son regard fixait, plus bas, au pied d'un arbre, une silhouette repliée sur elle-même. Grelottante.
Son frère, Matthew, se glaçait les entrailles là-bas. Et elle ne pouvait rien faire.
Le jour même, elle était en train de jouer avec son frère jumeau Matthew, dans la neige.
Mais ce soir, elle ne se souvenait plus des rires qui avaient fusé durant la bataille de neige. Elle ne se souvenait plus des yeux pétillants de son frère. Elle ne se souvenait plus du regard bienveillant de son père.
Elle ne pensait dorénavant qu'à la haine éprouvée par leur géniteur contre la magie, et ceux qui l'utilisent. Felicity n'avait alors, pas encore découvert ses pouvoirs, à l'instar de Matt. Et ce dernier l'ayant utilisé, avait été puni.
Felicity avait sept ans, il faisait nuit, et elle regardait par la fenêtre son frère sur le perron grelotter dans le froid de décembre.
Matthew avait toujours été de faible constitution. Il était plus fragile que Felicity, et bien que ses pouvoirs soient apparus bien avant sa soeur, il était plus frêle. Aussi, le froid pénétrait plus facilement dans son organisme, trempait inlassablement ses os, et imprégnait sa chair jusqu'à ce qu'elle soit à température.
Felicity avait déjà essayé de descendre pour sortir son frère de là, mais son père barrait le passage à elle et sa mère. Elle avait essayé de passer par une fenêtre pour sortir apporter des couverture à Matt, ou le faire rentrer, mais son père l'en empêchait. Il répétait sans cesse « Il a mérité sa punition, il passera toutela nuit dehors. » . Elle avait même essayé d'utiliser la magie, qu'elle ne savait alors pas si elle en possédait les pouvoirs, par tous les moyens. En vain.
Felicity ne put que détester son père. Ryan Lupin pensait que c'était la magie qui avait rendu son frère si faible. Il pensait que cette punition aurait pour effet d'enlever les pouvoirs magiques de son corps, et de le renforcer, alors qu'au contraire, il était fort peu probable que Matthew survive. Mais Felicity ne pouvait absolument rien faire. Elle avait beau crier, hurler, pleurer toutes les larmes de son corps, casser tous les objets précieux de la maison, rien n'y faisait. Son père l'empêchait de passer, car il pensait dur comme fer que ça allait guérir Matt.
Elle ne pouvait que regarder avec effroi le spectacle de la mort de son frère.
Un mouvement attira son attention.
Une silhouette apparut à l'angle de la rue.
La silhouette encapuchonnée de noir s'arrêta devant la maison.
Felicity se réveilla en sursaut. Elle avait à nouveau dix-sept ans, et se trouvait encore dans le dortoir des filles de Gryffondor, à Poudlard. Elle laissa quelques minutes à son cœur pour se calmer. Elle se rassura. C'était fini. Elle se leva, et alla regarder par la fenêtre. On ne voyait rien au dehors. C'était une nuit sans lune. Elle aimait ces nuits, bien que sombres, elles étaient rassurantes pour elle.
Elle alla se rallonger dans son lit. Au bout de quelques minutes, ne parvenant pas à se rendormir, de peur de faire le même rêve, elle se releva, et décida de descendre dans la salle commune. Elle songeait déjà au feu de cheminée, à ses flammes vacillantes, qui pourraient la rassurer.
Une fois dans la salle commune, elle s'étonna de trouver une silhouette confortablement installée dans le canapé face à la cheminée.
- Sirius? demanda-t-elle surprise.
Le garçon tourna la tête vers elle, et tout aussi surpris, dit.
- Felicity.
La jeune fille alla s'asseoir à ses côtés pour demander.
- Qu'est-ce que tu fais encore debout ?
Sirius la regarda avant de reporter son regard sur la cheminée.
- Peter ronfle, je n'arrive pas à dormir.
Felicity gloussa. Le garçon demanda à son tour.
- Et toi ? Tu n'arrives pas à dormir ?
- Oui, dit-elle évasivement.
Sirius comprit qu'il ne fallait pas insister. Ils restèrent silencieux pendant quelques minutes, en fixant les flammes qui faiblissaient dans la cheminée. Finalement, le silence devint gênant. Felicity appréciait la présence du jeune Black, mais rester silencieux avec lui était carrément insupportable. Ne sachant trop quoi dire, elle déclara finalement.
- J'ai faim.
Ce n'était pas faux d'ailleurs. À cet instant précis, le ventre de Sirius émit des bruits sonores. Un sourire s'étira sur ses lèvres, et il déclara à son tour.
- Moi aussi.
Ils gloussèrent, puis Sirius se leva, et tendit la main à Felicity, prêt à partir. La jeune fille lui jeta un regard interrogateur.
- Tu viens on va manger.
- Mais Sirius, il n'y a pas de repas avant demain matin.
Sirius lui jeta un regard outré.
- Ma pauvre Felicity, ne me dis pas que tu n'es jamais allée dans les cuisines de Poudlard !
Le teint de la jeune fille vira rouge pivoine. En effet, elle n'était jamais allée dans les cuisines de l'Ecole. Sirius poussa un soupir, et l'aida à se lever.
- Il y a un début à tout.
Ils sortirent dans la salle commune, et Sirius l'entraîna dans les escaliers. Felicity semblait inquiète.
- On va se faire prendre, chuchota-t-elle.
Sirius sourit.
- Non, ne t'inquiètes pas, j'ai l'habitude.
En effet, Sirius avait l'habitude de se promener dans les couloirs la nuit. Sauf qu'en général, James était avec lui, ils avaient la cape d'invisibilité, sans compter la carte des Maraudeurs qui n'affichaient pour l'instant que les allées et venues des professeurs. Ce soir, Sirius ne possédait ni carte, ni cape. Il ne savait pas d'où lui venait cette assurance.
Ils tournèrent au troisième étage afin d'emprunter un passage secret. Mais avant qu'ils n'aient atteint le niveau de la percée, un bruit se fit entendre. Ou plutôt un miaulement.
- Merde, pensa Sirius.
Le miaulement venait de face à eux, signe que Rusard approchait. Fort heureusement, une tapisserie se trouvait à proximité. Sirius entraîna Felicity derrière la tapisserie. Un petit espace dans le mur leur permit de se dissimuler sans qu'on ne les voie. Le seul inconvénient était que l'endroit était étroit. Sirius semblait s'écraser sur la jeune fille, afin qu'on ne les voie pas. Fort heureusement, il faisait sombre, et aucun des deux adolescents ne pouvaient voir le rougissement de l'autre. Ils pouvaient cependant voir la silhouette de leurs visages, et leurs yeux. Leurs regards se croisèrent.
Rusard sembla prendre tout son temps pour passer.
- Miss Teigne, il a-t-il quelqu'un ?
Lentement, le regard de Sirius descendit sur les lèvres de Felicity. La situation devint gênante, mais ils ne pouvaient pas sortir, de peur de se faire attraper par Rusard. Les yeux de Sirius revinrent se plonger dans ceux de la jeune fille.
- Je ne vois personne Miss Teigne, dit Rusard dans le couloir.
Doucement, le visage de Sirius s'approcha de celui de la jeune fille. Elle tressaillit. Il allait... non, il ne ferait pas l'erreur une seconde fois. À moins que ce soit elle qui fasse cette erreur. Il fallait l'éviter, mais elle se sentait aussi attirée par le garçon. Elle se figea. Lequel de leur deux cœurs battait le plus fort, lequel allait attirer l'attention de Rusard ?
Ce dernier commençait d'ailleurs à s'éloigner. Le visage de Sirius se rapprochait toujours dangereusement, les yeux mis clos. Felicity ferma les siens, et...
tourna la tête.
Les lèvres de Sirius ne parvinrent qu'à embrasser sa joue. Il serra la mâchoire. Il savait que la jeune fille ne lui était pas indifférente, et ne supportait pas qu'elle ne le réalise pas. Une idée vint naître dans son esprit. Il détacha ses lèvres de la joue de Felicity, et passa ses bras autour de sa taille, pour la rapprocher encore d'elle. Elle s'obstinait à garder le tête tournée vers le côté. Ce n'était pas un problème.
Sirius déposa un baiser dans le creux du cou de Felicity. Un autre un peu plus haut, encore un autre. Puis ses lèvres déposèrent de doux baisers sur sa joue, et il descendit, lentement, très lentement. Le temps de laisser à Felicity le temps de réagir.
Et Felicity réagit. Au départ, elle s'était figée, puis réalisant ce que voulait faire Sirius, s'était mise à lutter contre elle-même, pour finalement, tourner imperceptiblement la tête, et trouver ses lèvres. Elles se frôlèrent une fois. Une seconde fois. À la troisième, les deux adolescents ouvrirent la bouche, et s'abandonnèrent à un baiser ardent, langoureux, et sauvage.
On n'entendait plus les pas de Rusard, et Felicity et Sirius purent enfin s'abandonner à des gémissements de plaisir, et à des bruissements de tissu.
Mais Felicity, en lutte contre elle-même, finit par prendre le dessus sur son désir, au profit de sa raison. Elle repoussa avec violence Sirius, qui traversa la tapisserie et se retrouva dans le couloir.
- Merlin, souffla-t-elle.
Elle se précipita à sa suite dans le couloir, et, gifla Sirius.
Le garçon eut un rire amusé, et se tenant la joue, dit d'une voix claire.
- Ta gifle aurait eu plus d'impact si tu ne m'avais pas rendu mon baiser.
Felicity rougit, mais son sang bouillonnait. Elle avait embrassé Sirius. Elle l'avait embrassé. Et ça ne faisait qu'une semaine, si ce n'est plus, qu'elle sortait avec Remus, son meilleur ami. Elle l'avait embrassé, et … Merlin !
- Hum hum, si vous avez fini.
Les deux adolescents se figèrent.
- Vous me suivrez jusqu'à mon bureau.
Rusard se tenait à dix mètres d'eux, sa chatte dans ses bras, un sourire à la fois amusé et sadique sur les lèvres. Felicity jeta un regard noir à Sirius.
.
Après que Rusard eut relevé leurs noms, il les avait renvoyés dans leurs salle commune. Là, Sirius avait tenté de prendre un ton dégagé.
- Finalement, on n'a pas pu manger.
Il se rapprocha dangereusement de Felicity, et la prit par la taille.
- Je n'ai jamais été en retenue de ma vie, cracha-t-elle.
- Au moins, on est en retenue ensembles.
Felicity se dégagea.
- J'en ai rien à faire.
Sirius ne put retenir un sourire charmeur.
- Avoue que je ne te suis pas indifférent.
- En effet, asséna Felicity, tu m'écœures. Remus est ton ami.
- Mais tu ressens quelque chose pour moi.
- Oui, du dégoût.
- De l'amour.
Felicity croisa les bras, et jaugea Sirius avec un regard noir.
- Ça, ça risque pas.
Avant que le garçon ne prononce un mot, la blonde fit volte face, et disparu dans le dortoir des filles.
Sirius ne put retenir un sourire.
