Mouahahahahahhahaakofkofkof … (c'est une belle introduction…enfin c'était)
Bon, comment commencer…désolée pour cette attente ? On va dire ça.
Et comme je ne sais pas quoi ajouter, je vais préciser que les personnages ne m'appartiennent pas plus qu'Ikebukuro ou même Versailles.
Sur ce, bonne lecture ! (wouhouh, j'ai fait des progrès en matière de concision ! o/)
Chapitre 14 : Reproduction
Shizuo se réveilla le lendemain matin, émergeant lentement à mesure qu'un rayon de soleil venait éclairer son visage et s'avançait vicieusement vers ses yeux. Comme n'importe quel être humain, il eut tout d'abord un réflexe ancestral et désespéré visant à se raccrocher au sommeil, et il enfouit machinalement quoiqu'avec conviction sa tête dans le premier abri potable, tout en maudissant à la fois le soleil d'être aussi lumineux, et lui-même pour avoir oublié de fermer les rideaux la veille. Néanmoins, il dut rapidement renoncer à sa première idée, le sommeil l'ayant définitivement quitté au moment précis où il avait réalisé que l'abri qu'il avait choisi ce matin là était pour le moins…chaud et velu. De plus, cela semblait plus vivant qu'un oreiller ou une couverture… Évidemment, Naito aussi était vivant, chaud et velu, et il venait régulièrement passer la nuit sur le lit. Cependant, le félin ne prenait pas autant de place que la chose qui était actuellement allongée à ses côtés.
Il soupira et ouvrit péniblement un œil, qu'il fut vite obligé de refermer à cause de la lumière à laquelle il n'était pas encore habitué. Mais de toutes façons, ouvrir les yeux était tout à fait inutile, parce qu'il savait parfaitement ce qui partageait son lit en cette matinée ensoleillée. Encore l'asticot…
Il poussa un grognement à la fois irrité et somnolant, en se demandant incidemment pourquoi, même en sachant pertinemment qui dormait à ses côtés, il gardait toujours un bras enroulé autour de sa taille d'une manière presque possessive. Cependant, quelle que fut la réponse, il ne voulait pas la connaître… Et il n'avait pas non plus réellement envie de bouger, bien qu'il se sache obligé de le faire dans un futur proche.
Il prit le temps de soupirer, avant d'entamer une deuxième tentative pour soulever ses paupières. Étant désormais suffisamment habitué à la lumière ambiante, celle-ci se révéla fructueuse, et il put enfin lancer un regard au réveil posé sur sa table de nuit par dessus la tête d'Izaya (au passage : il avait tenté de se protéger de la clarté matinale en enfouissant son visage dans ses cheveux, ce qui expliquait pourquoi son abri de fortune lui avait semblé aussi poilu). Lorsqu'il prit conscience de l'heure, il eut un soupir de soulagement en réalisant avec une joie immense qu'il avait encore le temps de prendre une douche avant de partir travailler. Alors, il s'extirpa de ses draps et étira ses membres encore engourdis par le sommeil. Puis, il attrapa ses affaires et se dirigea vers la salle de bain, laissant le brun seul dans la chambre sans même lui accorder un regard.
Il prit donc une douche rapide mais efficace, savourant avec bonheur l'agréable sensation de l'eau chaude qui ruisselait sur son corps et entrainait avec elle la saleté, et se réjouissant de se sentir propre à nouveau. Il n'aurait certainement pas supporté d'entamer une journée sans cela. Lorsqu'il sortit enfin pour se sécher et s'habiller, il se sentait déjà beaucoup mieux, et sa peau dégageait désormais une discrète odeur de cacao mais surtout, il avait soigneusement détourné ses pensées de l'homme qui occupait sa chambre. Ce n'était pas le moment d'y songer, se disait-il en occultant le fait qu'il faudrait nécessairement qu'il le fasse à un moment ou à un autre.
Après s'être préparé, il se dirigea tranquillement vers la cuisine et, réalisant qu'il n'allait pas tarder à être en retard, il attrapa simplement de quoi prendre son petit-déjeuner en chemin. Puis, alors qu'il s'apprêtait à partir, il retourna dans sa chambre pour voir ce que faisait l'asticot. Il entra dans la pièce, qui avait sérieusement besoin d'être aérée, et il vit ce dernier, parfaitement réveillé, assis au milieu du lit avec Naito qui se comportait avec lui comme s'ils se connaissaient depuis toujours.
Il s'arrêta un instant, frappé de stupeur devant la trahison assumée de l'animal, ainsi que par l'expression paisible de l'informateur qui ne semblait pas encore avoir remarqué sa présence, et qui accordait toute son attention au fourbe félin. Puis, le brun s'arrêta et leva les yeux vers lui, son visage reprenant l'air moqueur et arrogant qu'il arborait habituellement. Shizuo sentit immédiatement sa haine refluer, mais il parvint miraculeusement à se contenir et il lança simplement :
« Je vais devoir partir, tu n'as pas intérêt à être là quand je reviendrais.
- Bonjour à toi aussi Shizu-chan. Bien dormi ? Demanda-t-il avec ironie.
- Je devrais peut-être te jeter par la fenêtre finalement, siffla le blond entre ses dents.
- Alors comme ça, tu es du genre à jeter les gens après avoir couché avec ? Mais quelle cruauté, fit-il semblant de s'offusquer. »
Refusant de détruire son appartement, le propriétaire des lieux fit un effort surhumain pour ne pas arracher la porte et la lui jeter dessus, et il se contenta de lui intimer sèchement de se taire, avant de se retourner avec raideur et de quitter la chambre. Toutefois, sa sortie fut interrompue lorsque l'autre le héla :
« Shizu-chan, j'ai une question. »
L'interpelé tourna donc sa tête vers la source du bruit, lui jetant au passage un regard foudroyant. Cela n'empêcha cependant pas le brun de continuer :
« Comment s'appelle ce charmant animal ? »
Tout en prononçant ces mots, il désigna le chat (ce vendu), qui ne semblait prêter aucune attention à la tension qui avait commencé à s'installer, et qui avait décidé de se frotter contre la main qui était tendue vers lui en ronronnant. Les yeux de Shizuo se teintèrent de surprise pendant une fraction de seconde, mais ce dernier se reprit rapidement et s'éloigna en lançant d'un ton neutre :
« Naito. »
Alors qu'il sortait, il lui sembla vaguement entendre le vermisseau commenter :
« Naito… Comme c'est mignon. »
Néanmoins, il ne put déterminer si c'était ironique ou non. Et il n'avait pas le temps d'y penser de toutes façons.
Alors qu'il se dirigeait vers le point de rendez-vous habituel, l'esprit de Shizuo était envahi de pensées parasites qui tournaient toutes autour du même sujet : les événements de la veille. Si depuis son réveil il était parvenu à y échapper, maintenant qu'il était sur un chemin routinier, ses pensées était libres d'aller où elles le voulaient car il n'avait plus besoin de réfléchir à la direction à emprunter depuis longtemps déjà. Et évidemment, elles convergeaient toutes vers le seul point auquel il n'avait pas envie de songer… Quoi qu'il fasse, elles revenaient invariablement au même endroit dès qu'il relâchait sa vigilance ne serait-ce qu'un peu. C'était comme si, telles de papillons de nuit, elles étaient désespérément attirées par le souvenir du vermisseau comme s'il s'agissait d'une intense source de lumière*…et cela l'agaçait prodigieusement.
Il ferma les yeux le temps d'un soupir, et résigné, il renonça à lutter contre les souvenirs qui affluaient tout en avalant rageusement la dernière bouchée de son petit-déjeuner. Tout un flot de sensations variées et plaisantes commença alors à danser librement dans sa tête, défilant dans une longue sarabande qui retraçait toute sa soirée. Il se rappelait la lueur triomphante qui luisait dans le regard de l'asticot lorsqu'il avait décidé de le laisser faire pour voir comment allaient évoluer les choses. Il s'était simplement redressé sur les coudes, et l'autre s'était penché vers lui comme s'il allait l'embrasser…
Toutefois, juste avant que leurs visages ne se rencontrent, il avait bifurqué pour plonger au niveau de la base de son cou. Shizuo s'était senti légèrement frustré, mais son irritation avait été de courte durée car rapidement, elle avait été remplacée par l'agréable sensation des mains fraiches d'Izaya qui frôlaient son torse tandis qu'il défaisait avec efficacité les boutons de sa chemise. Ces dernières se réchauffaient peu à peu à son contact pendant qu'elles exploraient son abdomen, et les cheveux du brun lui chatouillaient légèrement le nez alors qu'il mordillait sa clavicule. Puis, il était descendu avec une lenteur assurée, s'attardant à certain endroits qu'il avait retenus comme étant plus sensibles et en survolant d'autres, jusqu'au moment fatal où il était arrivé au niveau de son bassin.
Pendant qu'il effectuait ce trajet, Shizuo n'avait pas bougé, se contentant de plaquer de temps à autres sa main devant sa bouche pour tenter de dissimuler les effets que cela avait sur lui. Néanmoins, son regard en disait long sur son véritable état. Enfin, alors qu'il se penchait vers la bosse visible à travers ses sous-vêtements, Izaya avait levé les yeux vers lui et murmuré d'un son suave mais moqueur :
« Je t'ai donc tant manqué ? »
Le blond n'avait toutefois pas eu le temps de s'en irriter, parce que c'était à cet instant qu'à travers le tissu il…
« Shizuo ? Je suis là. »
La voix de Tom, qui s'était élevée dans son dos, le rappela subitement à la réalité, à son grand soulagement car il venait de prendre pleinement conscience du fait que ce n'était pas du tout le moment de penser à des choses pareilles. C'est donc en le remerciant intérieurement que le blond s'était retourné pour le saluer, et l'avait écouté lui résumer le programme de la journée, plutôt léger selon lui.
Pendant toute la matinée, les réminiscences ne cessèrent d'affluer par intermittence. Néanmoins, à chaque fois, il les repoussait du mieux qu'il le pouvait, parce que comme dit précédemment, ce n'était vraiment pas le bon moment. Pourtant, il n'avait pas particulièrement envie de les refouler… Mais elles le détournaient trop de la réalité, et elles avaient sur lui un effet pour le moins…gênant. C'est pourquoi il fallait qu'il pense à autre chose, ou qu'il essaie de se concentrer un peu plus sur ce qui se passait autour de lui. Malheureusement, malgré tous ses efforts, il n'y parvenait qu'à moitié, et à chaque fois qu'il en avait l'occasion, le brun revenait le hanter comme s'il était un double spirituel envoyé directement par l'original, et non un simple souvenir aussi récent qu'envahissant.
Ainsi, depuis le début de la journée, il était absent dans tout ce qu'il faisait. Même lorsqu'il commençait à s'énerver contre les clients récalcitrants, il n'arrachait pas les distributeurs avec la même détermination. C'était simplement un réflexe conditionné et sans âme qui faisait presque peine à voir… Et, pendant qu'il agissait tel un automate sous le regard perplexe de son patron, Shizuo se souvenait…
Il avait senti le nez de l'asticot passer sur son érection déjà presque douloureuse, avant que sa langue ne vienne la titiller. Puis, il avait retiré la dernière couche de vêtements qui la protégeait encore, et il avait pris le gland en bouche. Shizuo avait alors laissé échapper un gémissement. Bien qu'il s'y fut attendu, son excitation était tellement forte qu'il avait été parfaitement incapable de le retenir. L'autre avait ensuite englouti tout le membre, et le blond avait rejeté sa tête en arrière en enfouissant l'une de ses mains dans la chevelure brune pour accompagner ses mouvements, se mordant régulièrement la lèvre inférieure pour éviter de laisser d'autres bruits gênants lui échapper. Mais malheureusement pour lui, même en essayant de toutes ses forces, cette technique n'était pas suffisamment efficace pour tous les retenir. Comme la dernière fois, il pouvait constater combien il était doué…mais justement, à cause de ladite dernière fois, il ne pouvait s'empêcher de se méfier, gâchant son plaisir en vaines interrogations sur le prochain mouvement d'Izaya. Si jamais il tentait à nouveau quelque chose…
Toutefois, il n'était pas parvenu à rester concentré très longtemps, et ne voulant de toutes manières pas laisser ce délicieux instant lui glisser entre les doigts à cause de réflexions inutiles, il s'était finalement laissé emporter. Il ne sentait alors plus que la langue du brun qui parcourait son sexe, la surprenante mais agréable vibration envoyée par la gorge de ce dernier lorsqu'il avait laissé échapper un son étouffé, au moment où le blond avait prononcé son prénom d'un ton presque désespéré… Et finalement, renonçant définitivement à se maintenir à peu près redressé, il avait joui dans sa bouche en se laissant retomber sur le matelas, avec un dernier râle de plaisir.
Izaya avait alors docilement avalé sa semence (quoique le terme "docilement" était parfaitement antithétique le concernant), avant de lever la tête et de s'essuyer les lèvres d'un revers de main, sans le quitter des yeux. Son regard était alors emprunt de quelque chose d'indéchiffrable, dans lequel on reconnaissait vaguement un genre de satisfaction prédatrice. Shizuo avait alors immédiatement recommencé à se méfier, mais contrairement à ce qu'il craignait, l'asticot n'avait rien tenté. Il s'était simplement relevé, était souplement descendu du lit en échappant à sa molle tentative pour le retenir, et après avoir fouillé un instant dans les poches de sa veste, posée sur une chaise non loin de là, il en avait ressorti un petit flacon qu'il lui avait lancé. Le blond l'avait donc attrapé au vol, et l'avait identifié comme étant du lubrifiant. Il avait posé sur Izaya un regard interrogateur, et tout en revenant vers lui, ce dernier lui avait déclaré nonchalamment :
« Au cas où il te serait venu à l'idée de le faire encore sans préparation. »
Alors, comprenant tout ce que cette simple phrase impliquait, Shizuo avait souri avant d'attraper le bras du brun pour le tirer contre lui.
« Mangez des sushis ! Les sushis sont bons. Et ils ne sont pas avariés. »
En entendant cet appel familier, Tom s'était tourné vers le blond et, profitant de ce qu'il avait enfin l'air d'être de nouveau dans le même monde que lui, il lui demanda s'il avait faim. Ce dernier arbora d'abord une expression légèrement gênée qui fit se demander au premier à quoi il avait pu penser jusqu'à présent, avant de répondre que même s'il n'était pas particulièrement affamé, il n'avait rien contre l'idée de faire une pause déjeuner. Alors, ils entrèrent dans le restaurant en saluant au passage Simon, qui leur accorda un grand sourire avant de continuer sa honteuse propagande.
Pendant qu'il mangeait, Shizuo n'eut guère le temps de laisser ses pensées dériver, car il fut partagé entre sa discussion avec Tom et sa nutrition. En revanche, ses souvenirs étaient loin d'en avoir totalement fini avec lui. Après tout, il manquait encore la partie la plus importante… Aussi, un peu plus de trois heures après avoir mangé et moins d'une minute après avoir arraché un lampadaire pour le lancer sur un client qui avait eu le culot d'essayer de leur filer sous le nez, alors que sa journée de travail au programme en effet très léger prenait fin en même temps que la vie dudit lampadaire dans un nuage de poussière de béton, elles recommencèrent leur harcèlement incessant.
Les deux hommes se séparèrent peu après cet horrible massacre métallique, son patron se demandant sérieusement pourquoi le caractère de Shizuo était devenu aussi changeant ces derniers mois. En effet, ce dernier avait toujours été instable, mais jamais encore il n'était passé aussi rapidement et inexplicablement de l'irritation la plus extrême à une absence quasi-permanente. Mais il ferait mieux de ne pas trop s'en inquiéter, se dit-il sans toutefois réprimer un soupir. Après tout, si les choses étaient vraiment graves, il lui en aurait probablement parlé…
Soudain, il remarqua un portable sur le sol, qu'il reconnut immédiatement comme étant celui du blond. Il le ramassa donc et l'interpela pour le lui rendre. Cependant, ce dernier ne réagit qu'au troisième appel, et lorsqu'il l'entendit enfin, il se retourna avec un mouvement purement mécanique pour recevoir l'objet oublié que l'autre lui avait lancé. Lorsqu'il fut entre ses mains, il marmonna un vague remerciement absent, et il observa un instant le téléphone avec une expression perplexe, comme s'il s'agissait d'un objet étrange d'utilisation inconnue venant d'une lointaine et obscure civilisation, probablement d'origine extra-terrestre. Puis, après avoir secoué la tête dans un autre réflexe conditionné qu'ont la plupart des humains lorsqu'ils veulent se remettre les idées en place, il le mit dans sa poche et s'éloigna, ayant toujours l'air aussi absent. "C'est de pire en pire…" songea alors Tom avec un désespoir plein d'une certaine résignation.
Pour en revenir à Shizuo, son étrange réaction face à son propre portable avait une raison simple : l'espace d'un instant, ce dernier lui avait fait penser au flacon que lui avait envoyé l'asticot la veille. Les deux objets qui lui avaient été envoyés avaient en effet les mêmes dimensions, le même poids, et peut-être même une certaine ressemblance au niveau de la forme et de la texture (et s'ils n'avaient vraiment rien en commun, disons au moins qu'ils tenaient tous les deux dans le creux de sa main et que son imagination, débordante à cet instant, se chargeait du reste).
Tout en gardant la petite bouteille dans la main, il avait rapidement envoyé valser le t-shirt d'Izaya qui était désormais agenouillé face à lui, les jambes placées de chaque côté de son bassin. Dans le même temps, il avait passé une main dans son dos pour le maintenir contre-lui tout en léchant la peau qui était à sa portée, avant de descendre mordiller l'un de ses tétons. Puis, alors que le brun passait ses bras derrière son cou, il avait enlevé les vêtements restants sur ce dernier. Il avait ensuite placé ses bras derrière le bassin de l'informateur et avait versé du lubrifiant sur ses doigts pour le préparer.
Shizuo accéléra subitement le pas en réalisant qu'il n'aurait pas le temps de traverser s'il ne se pressait pas. Et il n'avait aucune envie de perdre du temps. Il avait besoin de rentrer chez-lui vite. Il passa donc in extremis de l'autre côté de la route, arrivant sur le trottoir opposé au moment précis où les voitures commençaient à démarrer. Alors, il reprit tranquillement son chemin tandis que dans sa tête, la scène continuait elle-aussi, comme si aucune préoccupation matérielle n'était venue l'interrompre.
Il avait savouré les gémissements de plaisir et d'inconfort mêlés que le brun avait difficilement essayé d'étouffer dans le creux de son épaule, ceux-ci sonnant comme une étrange musique à ses oreilles. Puis, il avait retiré ses doigts, et les avait remplacé par son sexe turgescent et lubrifié. Izaya s'était alors cambré contre lui, et il avait pu admirer son visage aux joues rougies, et aux traits légèrement contractés. À cet instant, il devait l'admettre, avec ses cheveux en désordre et la fine pellicule de sueur qui faisait luire discrètement sa peau, la vision qu'il avait du brun était magnifique, mais surtout indéniablement et terriblement excitante.
À se souvenir, tandis qu'il tournait dans une petite rue qui raccourcissait son chemin, mais qu'il n'empruntait que rarement parce qu'il préférait prendre le temps d'errer dans les grandes, Shizuo ne put s'empêcher de sourire.
Il avait commencé à bouger lorsque le jeune homme le lui avait demandé, lentement d'abord par crainte de le blesser, puis de plus en plus vite et de plus en plus fort à mesure que les dernières traces de raison en lui disparaissaient, noyées dans un flot de voluptueuses sensations. Peu après, dans un feulement de plaisir, son amant avait hurlé « Shizu-chan…là ! », et il avait recommencé le même mouvement, inlassablement, tandis qu'il se délectait de l'expression délicieusement lascive que lui offrait Izaya, le contemplant avec attention alors que ce dernier fermait les yeux en haletant. Toutefois, lorsqu'il les avait rouverts, le blond avait tenté de détourner le regard avant qu'il ne s'en aperçoive, légèrement gêné et se méfiant de ce qu'il risquait de trouver dans celui de l'autre homme, craignant d'y découvrir la lueur moqueuse et supérieure qui lui était propre et qui l'exaspérait depuis toujours. S'il le voyait le dévorer ainsi des yeux, il ne pourrait s'empêcher de lui lancer une réplique railleuse, ou un regard qui la remplacerait au moins aussi bien. De cela, il était absolument certain. Néanmoins, alors qu'il s'apprêtait à dissimuler son visage dans le cou de ce dernier, il avait senti l'une de ses mains passer sous sa mâchoire pour attirer à nouveau son attention, et lorsqu'il avait à nouveau tourné les yeux vers lui, le brun l'avait embrassé. C'était avide, désordonné, presque féroce…mais tellement bon. À cet instant, il le savait, l'autre aurait pu faire ce qu'il voulait de lui. Mais il s'en fichait. Il ne voulait surtout pas que cela cesse. Lorsqu'ils s'étaient séparés, l'esprit totalement embrumé par le plaisir, Shizuo avait prononcé son prénom d'un ton rauque sans même comprendre pourquoi, avant de le serrer un peu plus contre lui, continuant ses incessants va-et-viens. Puis, l'une de ses mains était descendue au niveau de l'érection négligée d'Izaya, et il l'avait prise en main, lui imprimant le même rythme et faisant augmenter les cris de pure jouissance qui lui échappaient et qu'il n'essayait désormais même plus de dissimuler. Il y avait lui aussi renoncé depuis quelques temps d'ailleurs…
Accélérant l'allure à mesure que la scène se jouait dans sa tête, tandis qu'il avait complètement renoncé à lutter, n'en ayant pas vraiment envie non plus, le blond s'engouffra dans son immeuble. Il abandonna l'idée de prendre l'ascenseur, de toutes façons en panne, et il monta les escaliers quatre à quatre. Puis, arrivé à son étage, il ouvrit vivement la porte et la referma juste derrière lui, au moment où lui revenaient des bribes de l'extase qu'il avait ressentie au moment où il avait joui, juste après Izaya. Pendant qu'il cherchait à calmer sa respiration haletante, son cerveau avait été incapable de fournir la moindre pensée cohérente pendant plusieurs minutes, et les brumes du plaisir étaient tellement épaisses qu'il en était même venu à se demander s'il pensait réellement à quelque chose ou s'il en avait seulement l'impression.
Revenant subitement sur Terre, il jeta un regard neutre à son appartement, et ne vit ni ne sentit aucune présence humaine. Comme si rien ne s'était passé comme si cet endroit avait toujours été aussi calme qu'il l'était à cet instant. La chambre était vide, aérée, et le lit était fait. Du passage de l'informateur, il ne restait rien. Mais Shizuo s'en moquait, parce qu'après tout, c'était ce qu'il avait voulu…
Il se demanda soudain pourquoi il avait éprouvé un tel besoin de se dépêcher pour rentrer. Il n'avait rien de particulier à faire de son après-midi, et il ne voulait pas le passer à se souvenir de ce qui s'était passé après, de la conversation qu'il n'avait finalement une fois de plus pas eue avec l'asticot, ou du fait qu'il avait passé la nuit à le tenir dans ses bras comme s'il craignait qu'il ne s'échappe une fois de plus, et qu'il ne soit plus là à son réveil. Et pourtant, son absence l'aurait très certainement arrangé… D'autant plus que sa simple présence l'agaçait au plus haut point, et que la haine qu'il éprouvait pour lui était tellement viscérale que même lorsqu'il ne faisait rien, Izaya l'énervait plus que n'importe qui d'autre, quand bien même cette personne essaierait de toutes ses forces. Il pouvait le faire enrager même en étant à plusieurs kilomètres c'était un don que lui seul possédait.
Néanmoins, lorsqu'il s'était réveillé et avait réalisé qu'il était encore là, il était parvenu à rester plutôt calme… D'ailleurs, il se serait certainement senti beaucoup plus irrité si l'autre avait été absent à son réveil… C'était étrange. Mais quelle qu'en fut la raison, il ne voulait pas la connaitre. Il acceptait simplement ce fait comme étant le résultat de…l'apaisement de ses frustrations ? Bref, quelque chose dont il se fichait éperdument, et dont il jugeait la connaissance parfaitement inutile.
C'est donc avec un résidu d'agacement inexplicable qu'il attrapa un livre qui trainait dans sa chambre et qu'il commença à le lire pour se concentrer sur quelque chose de précis, et qui n'avait aucun rapport avec l'informateur ou autre chose du même genre. Et au passage, cette technique s'avéra relativement efficace, jusqu'à ce que les vibrations de son portable viennent le déranger et le ramener subitement au problème de départ. Tom lui demandait s'il avait réellement mieux dormi cette fois, et s'il ne voulait pas prendre un jour de congé pour rattraper son sommeil en retard…
Est-il nécessaire de préciser que moins d'une seconde plus tard, le malheureux livre vola violemment jusqu'à l'autre bout de la pièce ?
.
Aussi loin qu'il s'en souvienne, Izaya n'avait jamais eu un sommeil aussi paisible et réparateur. Pour une fois, il était parvenu à s'endormir instantanément, et il ne s'était réveillé que le lendemain matin lorsqu'il avait senti Shizuo bouger près de lui. Alors, sans s'inquiéter de sa présence, sans même prendre la peine d'ouvrir les yeux lorsque ce dernier avait quitté la pièce, il avait tranquillement et paresseusement commencé à émerger, remettant peu à peu en place les divers éléments qui l'avaient conduit à se réveiller aux côtés du blond et vraisemblablement dans sa chambre ce matin là. Il avait poussé un léger soupir en se souvenant qu'il avait au final complètement laissé de côté la conversation qu'il avait pourtant prévu d'avoir avec l'autre la veille, mais il ne s'attarda finalement pas trop dessus et quelques minutes plus tard, se sentant prêt à se lever, il s'était assis sur le lit, à moitié enroulé dans les couvertures. Il s'était alors étiré en poussant un long bâillement, et avait jeté un bref coup d'œil au réveil. Il n'était même pas huit heures… Toutefois, il n'avait aucune envie de s'éterniser ici. Il se demandait même pourquoi Shizu-chan ne l'avait pas déjà jeté dehors. Ce comportement lui aurait tellement ressemblé… Mais après tout, il n'allait pas s'en plaindre, l'idée de se retrouver plongé dans le froid matinal à peine réveillé n'étant décidément pas très attrayante.
Tandis qu'il observait distraitement les environs, le chat avait subitement fait irruption dans la chambre et avait sauté sur le matelas. Il s'était alors tranquillement dirigé vers un coin du lit et s'était allongé dessus, le toisant de son regard ambré. Et bien sûr, c'était au moment où Izaya avait commencé à s'amuser avec lui que le blond avait fait irruption dans la chambre, pour lui annoncer qu'il partait et qu'il ne voulait pas de lui à son retour.
À ce souvenir, le brun poussa un soupir légèrement amusé. Décidément, il avait complètement raison en disant que ce comportement lui allait bien. D'ailleurs, une autre attitude lui aurait définitivement paru improbable et plutôt suspecte, et il se serait très certainement demandé à quel moment l'homme le plus fort d'Ikebukuro avait été remplacé par un clone…
Lorsque ce dernier fut parti, l'informateur avait décidé qu'il avait absolument besoin de prendre une douche. Et Shizu-chan ne lui en voudrait pas s'il se servait de la sienne, si ? Quoiqu'après tout, il s'en moquait complètement, d'autant plus qu'il ne le saurait certainement jamais (sauf peut-être s'il s'amusait à faire exploser sa facture d'eau, ce qui était d'ailleurs une idée très intéressante, mais tout aussi dangereuse d'autant plus que pour le moment, mieux valait éviter de trop s'attirer ses foudres). Il avait donc laissé Naito sur le lit et s'était dirigé vers la salle de bain, dont l'air ambiant était encore humide et tiède après le récent passage du premier levé. Se plaçant sous le jet délicieusement chaud, l'idée de rester jusqu'au retour du blond lui avait traversé l'esprit. Néanmoins, il y avait rapidement renoncé, trouvant cela à la fois trop risqué et trop ennuyeux.
En effet, il doutait fort que ce dernier réagirait bien s'il le trouvait chez-lui lorsqu'il reviendrait, d'autant plus que sur ce genre de terrain confiné, il n'aurait pas l'avantage et d'autre part, il n'avait absolument rien à faire en attendant ce moment, qui pourrait d'ailleurs survenir n'importe quand sachant qu'il ne savait rien des horaires actuels de Shizu-chan. C'est pourquoi, lorsqu'il avait été propre et habillé, il avait effacé par réflexe les traces de son passage et s'en était allé rapidement.
Ainsi, quand bien même il était plus que satisfait de la tournure qu'avaient pris les événements de la veille, ces derniers ayant confirmés sa domination, il ne pouvait s'empêcher d'éprouver une certaine déception à l'idée que la conversation qu'ils auraient dû avoir longtemps auparavant avait une fois de plus été repoussée. Il était bien sûr évident qu'avec Shizu-chan, les choses ne seraient pas faciles. D'autant plus qu'ils étaient tous les deux parfaitement incapables de discuter normalement et sans commencer à s'affronter sous n'importe quel prétexte. Izaya savait qu'ils devaient parler, mais tout comme l'autre, il ne parvenait jamais à le faire. Parce que lorsqu'ils ne se battaient pas, il y avait cette maudite tension sexuelle qui venait empêcher tout réel dialogue, formant une nouvelle barrière entre eux. Pourtant, cette conversation aurait potentiellement pu mettre un terme à toute cette histoire improbable, qui commençait sérieusement à dériver et à échapper à tous ses précieux calculs.
Comme toujours, il ne parvenait pas à prédire les actions de Shizu-chan c'était d'ailleurs ce qui le rendait à la fois aussi irritant et aussi précieux à ses yeux. Mais en l'occurrence, les choses devenaient de pire en pire, parce qu'il sentait qu'il perdait aussi une partie de son contrôle sur lui-même. Car dès l'instant où le blond cédait à ses pulsions, il était très rare qu'il ne parvienne pas à l'entrainer avec lui. Et au final, ils dérivaient encore, échappaient à cette discussion qu'aucun d'entre eux n'avait réellement envie d'avoir, mais dont ils savaient qu'elle était nécessaire.
Pourquoi fallait-il toujours que les choses évoluent ainsi, se demanda-t-il avec perplexité ? À quel moment le plan qu'il avait lui-même mis en place avait-il tourné de cette manière, et quand pourrait-il enfin arriver à son terme ? D'ailleurs, vers quel genre de fin cela les mènerait-il ? Il ne savait même plus s'il avait encore un semblant de contrôle dessus… La situation commençait à évoluer indépendamment de lui, et quand bien même il parvenait encore à en maîtriser certaines des parts les plus importantes, il en restait tout un pan qu'il ne dominait absolument pas.
Alors qu'il soupirait de nouveau, d'une manière un peu plus appuyée, Izaya leva les yeux vers le plafond et se demanda si laisser les choses continuer de cette manière était une bonne idée. Il commença alors à l'observer pensivement, comme s'il allait lui apporter la réponse. Mais quelle qu'elle fut, pour le moment, il n'y avait rien d'autre à faire il ne voyait aucun autre choix possible, et cela l'agaçait. C'était d'ailleurs peut-être l'une des raisons pour lesquelles, s'il s'amusait à observer les humains et jouait à diriger leurs vies, il ne se mêlait jamais vraiment à eux : dès qu'il commençait à être concerné, les choses avaient toujours une inexplicable tendance à lui échapper…
En conclusion, s'il devait résumer ce que représentaient pour lui les événements de la veille, qui à cet instant hantaient encore un peu Shizuo, disons que pour Izaya c'était une victoire à peine gâchée par le fait qu'il n'avait pas tout à fait prévu ce cas de figure… De plus, intérieurement, à mesure que tous ses plans successifs échouaient, à mesure que son idée de départ refluait à la manière d'une vague sur un rivage de sable chaud, il commençait à admettre que coucher avec Shizu-chan avait quelque chose de terriblement jouissif. Il y avait cet unique mélange d'adrénaline et de plaisir que seul le blond était capable de lui offrir, cette relation débauchée et dangereuse dans laquelle il devait sans cesse habilement doser haine et désir sous peine de voir les choses se retourner contre lui, toutes ces sensations dont il ne pouvait désormais plus se passer…
Il était bien sûr évident qu'il n'aimait toujours pas Shizuo et il savait que pour lui, il resterait toujours une espèce monstre à l'intelligence sous-développée dont l'intellect était à peu près comparable à celui d'une algue unicellulaire. Toutefois, il était aussi conscient qu'à cause du lien étrange d'antipathie et d'attirance mélangées qui les unissait désormais, il ne parviendrait pas à renoncer à la relation bancale qu'ils avaient plus ou moins consciemment entamé pour que les choses redeviennent comme avant l'été. Ou du moins, il n'y arriverait pas tant qu'il ne serait pas parvenu à dominer le blond aussi bien mentalement que physiquement, lui faisant ainsi perdre tout le pouvoir qu'il avait nouvellement acquis sur l'informateur, et dont ce dernier refusait encore d'admettre l'existence. Et bien sûr, cela signifiait qu'il ne renoncerait pas à cette idée. En fait, il se contentait de la rejeter au second plan en attendant de pouvoir se permettre d'y penser de nouveau plus sérieusement…
Beaucoup plus tard, au milieu de la nuit, alors qu'il essayait désespérément de s'endormir et se retournait régulièrement en quête d'une bonne position pour y parvenir, Izaya se demanda pourquoi la veille, le sommeil lui était venu (et lui était resté) aussi…naturellement. Toutefois, la réponse lui vint à peu près en même temps que la question : cela était très certainement lié aux épuisantes activités auxquelles il s'était livré avec Shizu-chan avant de songer à dormir. Un imperceptible sourire naquit sur ses lèvres lorsqu'il se rappela ce qui s'était passé après le moment où il s'était effondré sur le matelas, allongé sur le ventre, à bout de souffle, juste à côté du blond.
Au bout de quelques minutes à peine, alors que leurs respirations respectives venaient de redevenir à peu près normales, il avait senti ce dernier se rapprocher derrière lui et s'attaquer à sa nuque, l'embrassant d'une manière sensuelle qui avait envoyé des frissons dans tout son corps. Toutefois, ne voulant pas céder aussi facilement, il avait vaguement tenté de protester, ne recevant malgré tout de la part de l'autre homme qu'un « Déjà fatigué ? » vaguement amusé. Il n'en avait donc pas eu assez ? Mais après tout, avait-il songé avec une certaine satisfaction, c'était peut-être normal après tout ce que Shizu-chan avait dû subir (à cause de lui) pour en arriver là…
« Il faut dire que je n'ai pas eu la chance de faire une sieste tout l'après-midi, avait-il alors répliqué. »
Il l'avait senti sourire contre lui, et l'avait entendu marmonner :
« Quel dommage… »
Sentant derrière ces mots un genre de défi tacite, Izaya avait alors décidé de se retourner pour lui montrer combien il était "fatigué", bien qu'il ne se sentît pas le cœur de renoncer à la douce sensation de la langue de Shizu-chan passant sur son épine dorsale. Toutefois, ce dernier ne lui en laissa pas l'occasion, bloquant son mouvement avant de délaisser la nuque du brun pour murmurer dans le creux de son oreille :
« Je vais donc devoir te ménager si tu te sens trop épuisé… »
Alors, échappant à son emprise, l'informateur était parvenu à lui faire face et, profitant du fait qu'il était déstabilisé, il avait inversé leurs positions avant de déclarer d'un ton tout aussi moqueur :
« Je ne pense pas que cela soit une bonne idée Shizu-chan… J'aurais bien trop peur que tu t'endormes à nouveau.
- Tu n'as qu'à faire en sorte que je reste éveillé alors. » avait riposté le blond en passant ses mains derrière le cou d'Izaya pour attirer son visage vers le sien, ne laissant entre eux qu'un espace minuscule qui fut rapidement comblé sans qu'il fut possible de définir lequel des deux avait fait ce mouvement.
S'ensuivit alors un baiser, beaucoup plus paresseux que ses prédécesseurs mais non moins intense. Tout comme les autres, leurs langues s'entremêlaient et s'affrontaient dans un incroyable mélange de danse et de lutte, toujours aussi sensuel mais beaucoup moins féroce. Pourtant, cela n'avait pas empêché pas le brun de sentir des étincelles commencer à crépiter en lui. Puis, lorsqu'ils s'étaient enfin séparés, allant complètement à l'encontre du genre de comportement qu'il aurait logiquement dû avoir, l'informateur avait déclaré d'un ton nonchalant :
« Il semblerait que nous ayons tous les deux besoin de sommeil… Que dirais-tu de dormir un peu Shizu-chan ? »
En voyant son air surpris et déçu, Izaya n'avait pu s'empêcher de sourire avant de s'allonger à nouveau sur le matelas, laissant toutefois sa main glisser "malencontreusement" contre l'érection déjà notable du blond et s'y attarder un instant, comme s'il lui envoyait une invitation tacite à laquelle l'autre avait répondu sans se poser de questions, montrant ainsi que non, il n'en avait définitivement pas eu assez…
Avec un grognement presque inaudible, l'informateur se retourna paresseusement dans son lit, se mettant dans une position étrange et étalée dans le but de trouver un peu de fraicheur tandis que dans sa tête, la scène continuait imperturbablement.
Shizu-chan était donc maintenant placé au dessus de lui, le faisant s'arquer à chaque coup de rein tandis qu'avec le peu de raison qui lui restait encore, Izaya renonçait définitivement à lutter contre l'idée qu'il adorait ça (et oui, c'était ce que je voulais dire quand j'ai écrit que la scène avait continué imperturbablement).
« Alors Sh-Shizu-chan… Pas trop fatigué ? »
L'autre n'avait répondu que par un incompréhensible grognement, et finalement, quelques mouvements plus tard, il avait retourné leurs positions. Il avait violemment rejeté sa tête en arrière, sentant le sexe du blond s'enfoncer encore plus profondément en lui. Ce dernier lui avait lancé un regard vaguement étonné, auquel il avait répondu par :
« Tu commençais déjà…à ronfler.
- C'est bien…travaille donc un peu, avait répondu Shizu-chan d'un ton haletant.
- Tu étais sup-posé me ménager pourtant. »
Leur ébauche de dialogue s'était arrêtée là, et Izaya avait recommencé à bouger pendant que l'autre accompagnait ses mouvements. Lorsqu'il avait baissé le regard vers lui, il lui avait semblé apercevoir dans ses yeux chocolat mi-clos rivés sur lui, quelque chose qui ressemblait à de l'admiration. Toutefois, il ignorait si cela n'était qu'un pur produit de son imagination ou non… Ou alors, c'était comme un reflet amplifié de ce qu'il ressentait à cet instant en voyant l'expression de Shizu-chan, qu'il trouvait à cet instant beaucoup plus belle que lorsqu'il se laissait submerger par la colère (ce qui était à peu près la seule expression qu'il lui connaissait…). Mais en fait, trop absorbé par son propre plaisir, il s'en fichait totalement. Son esprit était devenu bien trop embrouillé pour qu'il puisse réellement penser à une chose pareille…
Izaya se retourna à nouveau, toujours à la recherche d'un peu fraicheur. Il avait définitivement trop chaud, mais il savait qu'il risquait d'avoir froid en sortant des draps. Cruel dilemme… Toutefois, il sentait le sommeil le gagner, ce qui rendait ses perceptions brumeuses et irréelles, réduisant son inconfort de façon notable.
Il ne se souvenait même plus au bout de combien de temps il avait joui, tant il s'était laissé absorber par ses voluptueuses et délectables sensations. Mais cela n'avait aucune importance le temps n'avait plus aucune importance. Le rythme de leurs mouvements était devenu sa nouvelle mesure, et il avait depuis longtemps cessé de compter le nombre de coups de reins qu'il avait imprimé. À ce moment là, les mains de Shizuo parcouraient son corps brûlant d'une manière tout à fait exquise, et il avait crié ce surnom qu'il lui donnait depuis des années…ou peut-être était-ce son prénom entier ? Mais une fois de plus, cela était devenu sans intérêt à ses yeux. Épuisé, il avait mollement roulé pour se retrouver à nouveau en contact avec le matelas, et alors qu'il sentait que l'un des bras du blond était resté paresseusement enroulé autour de sa taille (et il devrait d'ailleurs y rester jusqu'au lendemain matin), il avait tranquillement glissé dans les bras de Morphée.
…glissé dans les bras de Morphée…
*du genre dont il ne faut pas s'approcher bien sûr
Fini ! J'espère qu'il vous a plu et qu'il a justifié une telle attente dans la frustration la plus totale ! Je l'ai bouclé assez rapidement en fait, mais s'il a autant trainé c'est parce que je suis partie une semaine en Autriche… (je sais que ma vie vous passionne). C'est étrange, quand je le relis, je me demande comment j'ai pu écrire un truc pareil…c'est peut-être un peu inquiétant. x_x
Bref, sur ce, je m'enfuis !
