Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto.


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Oui, alors euh... JE SAIS, ça fait plus de deux semaines... MAIS ! J'ai une excuse en béton ! Je n'ai pas eu accès à internet ni le week-end dernier, ni celui d'avant, ni jamais entre les deux ! Et je croulais un peu sous le boulot aussi. Donc pardon pardon pardon quand même n.n"


Merci à Ciaa pour sa relecture !


Chapitre XIII

Finalement, je cessai d'en parler à qui que ce soit, et me renfermai sur moi-même.

Lors d'une soirée que je passais en tête à tête avec mon carnet à dessin et un verre de saké –un verre, jamais plus désormais- Sakura vint frapper à ma porte. Je l'avais senti arriver depuis le bas de mon immeuble. Ces dernières semaines, j'avais mis une attention particulière à mes entraînements de détection, et mes efforts payaient. Mais je n'étais pas pressé d'aller lui ouvrir. Sa joie de vivre semblait se nourrir de la mienne, et elle m'épuisait. Je pris le temps de ranger soigneusement mon matériel de dessin et de m'allumer une cigarette avant d'aller lui ouvrir.

Elle me parut beaucoup moins enjouée que d'habitude, malgré son sourire serein. Elle jeta un œil dans la pièce derrière moi. Son regard s'arrêta un instant sur le verre de saké, mais la bouteille n'étant pas en vue, elle ne fit pas de commentaire. Je l'invitai à entrer et repris ma place, vautré dans le canapé, lui disant de se servir ce qu'elle voulait à boire. Elle revint dans le salon, et s'assit en face de moi, un verre de saké dans la main. Cela me surpris, venant de sa part, mais je ne laissai rien apparaître sur mon visage, et attendis qu'elle parle. Elle gardait les yeux dans le vague, en buvant par petites gorgées. Elle semblait perdue dans ses pensées, ayant oublié ma présence. A la fin de ma deuxième cigarette, je perdis patience, et me raclai la gorge pour lui rappeler que j'étais là, qu'elle était venue jusque chez moi à une heure avancée, et qu'il fallait peut-être qu'elle fasse autre chose que se contenter de boire mon saké. Elle sursauta, et ses yeux se posèrent sur moi.

- Euh… Il faut… Il faut que je te parle, dit-elle d'une voix hésitante.

- J'avais compris cette partie-là. Tu m'aurais étonné si tu m'avais dit que tu étais venue chez moi au milieu de la nuit pour boire du saké bon marché.

Elle eut un sourire. Elle avait désormais l'air gênée. Je soupirai.

- De quoi tu veux me parler Sakura ?

Elle sursauta de nouveau.

- Euh… oui…

Elle prit une profonde inspiration, et posa son verre sur la table. Ce geste me prépara au pire. Je resserrai ma prise sur mon verre et avala une longue gorgée qui me brûla la gorge.

- Voilà. Euh… Tu sais que je passe beaucoup de temps avec Sasuke en ce moment, n'est-ce pas ? On… On s'est mis ensemble il y a environ deux semaines, continua-t-elle sans attendre de réponse.

Je fermai les yeux, et sentis mon cœur se serrer. Pourquoi ? Pourquoi faisait-il ça ? Sasuke ne pouvait pas être amoureux de Sakura, ce n'était tout simplement pas possible. La boule dans mon ventre me faisait mal. Je me surpris à me demander pourquoi ce n'était pas moi, qui sortais avec Sasuke. N'importe quoi ! Je détestais ce connard qui jouait avec nous depuis son retour.

- Je sais ce que tu vas dire ! s'empressa-t-elle de continuer. Qu'il m'utilise pour on ne sait pas quel but, que je suis un pion et que je vais en sortir blessée, mais… Naruto, continua-t-elle plus doucement, tu ne crois pas que s'il avait eu des mauvaises intentions, on en aurait déjà subi les conséquences ?

- Non, Sakura, soufflai-je. Non… Tout ça…

Je secouai la tête, essayant de mettre de l'ordre dans mes pensées.

- Tu sais, murmura mon amie, avec un sourire doux, il m'a dit qu'il m'aimait, et que j'étais une des raisons de son retour.

- Quoi ? aboyai-je en me redressant sur mon siège. Il t'a dit quoi ? Sakura, tu ne peux pas sérieusement être tombée dans le panneau, n'est-ce pas ? Tu ne peux pas avoir cru à ce qu'il t'a raconté ? C'est le plus grand manipulateur qu'on n'ait jamais connu, il a un cœur de pierre ! Et tu as déjà oublié qu'il a couché avec Neiji ? Pourquoi il aurait fait ça s'il était revenu pour toi ?

- Et alors quoi ? Je ne suis pas assez bien pour être aimée de Sasuke, c'est ce que tu crois ?

Elle s'était elle aussi redressée dans son siège, et me fixait d'un regard flamboyant. Je me levai et me mis à faire les cent pas dans mon salon.

- Non, non ! Ce n'est pas toi qui es en cause, tu ne comprends pas ! C'est lui, lui qui…

- Et il m'a expliqué pour Neiji, me coupa-t-elle en se levant à son tour. Il m'a dit que ce soir-là il avait trop bu, et que quand Neiji est venu le draguer, il n'a pas résisté, parce qu'il était attiré par lui. Et qu'il ne recommencerait pas parce qu'il n'avait pas aimé. Il pleurait, et me disais sans arrêt qu'il était désolé et qu'il m'aimait !

J'en eu le souffle coupé. Je devais avouer qu'il était un acteur remarquable. Mais qu'est-ce que c'était que ces excuses ? Il n'avait pas une goutte d'alcool dans le sang en couchant avec Neiji, puisqu'il était avec moi juste avant, et que nous avions sauté la case du verre… Et puis, il n'avait pas aimé ? Avec Neiji ? J'hésitai entre le fou rire devant ces excuses ridicules, et l'affolement de voir Sakura les avaler sans la moindre difficulté.

- J'étais venue te l'annoncer, je pensais que ça serait mieux si tu l'apprenais de ma bouche, dit-elle, me rappelant à la réalité. J'espérais que tu serais content pour moi, mais apparemment ça n'est pas le cas, donc je vais te laisser.

- Attends, Sakura ! Deux minutes, s'il te plaît. Tu ne peux pas croire un mot de ce qu'il te dit. Crois-moi. Cette excuse, avec Neiji… Il a pris son pied avec lui, je suis bien placé pour le savoir, tu ne penses pas ?

- Sauf s'il n'aime pas les hommes, et que Neiji était juste une connerie due à l'alcool.

Je perdis patience face à son obstination et sa confiance aveugle.

- Mais putain, Sakura, il a couché avec moi aussi ! hurlai-je.

Je le regrettai instantanément. Il y eut un instant de silence, étant tous deux trop choqués par ce que je venais de dire. Puis le poing chargé de chakra de Sakura s'écrasa contre ma mâchoire et me projetait contre le mur. Sans se soucier des dégâts qu'elle avait causé, ni même m'adresser un regard, elle sorti en claquant la porte derrière elle.

Je repris difficilement mes esprits. Ma tête avait violemment cogné contre le mur et je sentais un filet de sang couler de ma tempe droite, alors que le chakra de Kyuubi chauffait dans la gauche de la mâchoire pour réparer la fracture causée par le coup de poing. Un coup de Sakura pouvait être mortel, si placé correctement, et si elle avait eu l'intention de me tuer, j'aurais été en bien plus mauvais état. J'appuyai ma main sur ma tempe en jurant.

Comment avais-je pu être assez stupide pour lui dire ça ? Comment ? C'est ce que Sasuke avait voulu depuis le début, et j'étais tombé dans le piège, la tête la première. Merde ! Mon poing poisseux du sang s'écoulant de ma tête s'écrasa contre le mur derrière moi. J'étais furieux. Furieux contre moi-même d'avoir perdu mon sang-froid et avoué à Sakura ce que j'aurais dû emporter dans ma tombe. Furieux contre elle et son incroyable naïveté. Furieux contre Sasuke de m'avoir fait tomber dans son jeu, d'y avoir embarqué Neiji et Sakura, d'avoir dicté ma vie et celle de mon amie depuis huit longues années, d'être parti, d'être le parfait et magnifique Sasuke Uchiwa ! Mais par-dessus tout, j'étais jaloux. Rongé par la jalousie. Pendant le rapport de sa conversation avec Sasuke à propos de Neiji, je n'avais pas pu m'empêcher de m'imaginer à la place de Sakura. C'était moi qui lui tenais les mains, c'était auprès de moi qu'il s'excusait et inventait des excuses bidons, à moi qu'il disait « Je t'aime » !

J'eus un hoquet, et eus à peine le temps de me redresser pour ne pas régurgiter mon dîner sur mes genoux. Il fallait que j'aille voir Hinata. Ma tempe ne voulait pas s'arrêter de saigner, et je pouvais avoir une commotion. Je me rinçai la bouche et quittai mon appartement, un torchon appuyé contre mon crâne. Je vis à peine le trajet jusque chez la plus jeune Hyuuga, perdu entre ma fureur et ma jalousie. Au moment où je frappai à la porte, la première s'était calmée, et je commençai à avoir sérieusement mal au crâne. Ce fut Kiba qui m'ouvrit. En voyant le torchon rouge, il ne posa aucune question, ni ne fit aucun commentaire quant à l'heure avancée de ma visite, et me laissa m'installer dans le salon. Je m'allongeai dans le canapé et fermai les yeux. Cette maison dégageait une atmosphère apaisante. Un mélange de bonheur et de calme serein. Je me sentais bien, et ma tête était tellement lourde…

- Ne t'endors pas ! claqua une voix qui me fit rouvrir les yeux.

Hinata venait d'entrer dans le salon, et se penchait sur moi. Elle écarta ma main tenant le torchon en fronçant les sourcils, puis son regard s'attarda sur ma joue gauche. Je devinai qu'un bleu violacé devait commencer à s'y former. Elle s'assit sur la table basse en soupirant.

- Qu'est-ce qu'il t'est encore arrivé ? me demanda-t-elle avec un nouveau soupire.

- Ma tête a rencontré un mur, ricanai-je avec un grand sourire stupide qui me fit mal à la joue. Je jurerais qu'ils se déplacent, dans mon appart !

Mon amie m'adressa un regard sévère.

- Il n'y avait pas Sakura, à l'opposé du mur, par hasard ? Vu ton bleu…

Je haussai les épaules en refermant les yeux. J'avais sommeil.

- Ne t'endors pas ! me rappela la voix.

Je fis de gros efforts pour rouvrir les yeux.

- Je dois vérifier que tu n'as pas de commotion, maintenant.

Elle me braqua une lumière dans les yeux, l'un après l'autre, puis me posa une série de questions toutes plus stupides les unes que les autres. Elle parut satisfaite, et son visage se détendit. Kiba apporta à ce moment-là un oreiller et une couverture.

- Tu dors ici, me dit Hinata sur un ton qui n'appelait aucune contestation.

Je haussai de nouveau les épaules alors qu'elle glissait l'oreiller sous ma tête et me couvrait. Je dormais avant que la lumière ne s'éteigne.

Je me réveillai à cause d'un rayon de soleil dans mon œil, et me redressai précipitamment avant de me souvenir de l'endroit où je me trouvais. Kiba était assis dans un fauteuil et me regardait. Il se leva lentement.

- Hinata arrive, me dit-il simplement, avant de sortir de la pièce.

Hinata faisait l'effet d'un calmant sur son fiancé, habituellement si impulsif et bruyant. Je frottais mon visage et mes cheveux et grimaçai. Il n'y avait, grâce à la Hyuuga, aucune trace de ma collision avec le mur, par contre le bleu laissé par Sakura était bien présent, et sensible. Sur ce constat, mon amie entra avec deux tasses fumantes dans les mains, accompagnée par une odeur de café. Elle posa les deux tasses et me réexamina les yeux, puis me posa de nouveau ses questions stupides. Elle hocha la tête à la fin, me tendit une tasse et s'installa à côté de moi. Nous passâmes quelques instants dans le silence, sirotant nos cafés, avant qu'elle ne me pose une autre question.

- Tu ne veux pas me dire ce qu'il s'est passé avec Sakura, pour qu'elle te refile ça ? Et encore je suppose que c'était brisé et que ton démon a réparé ça…

Je hochai la tête en réponse à sa dernière question, mais restai silencieux. Je l'entendis soupirer à côté de moi. Devant mon mutisme, elle n'insista pas. Le silence était seulement brisé par le bruit de l'eau coulant dans la douche. Je profitai de la salle de bain après Kiba, puis les remerciai tous les deux pour leur accueil, et prit la direction du pont. J'allais être en avance. Arrivé sur place, je m'assis sur la balustrade, les jambes pendantes à l'extérieur, le regard perdu dans l'eau.

Quelques minutes avant l'heure, je sentis Sasuke approcher.

- Tu penses à te noyer ? me lança-t-il. Quand on voit l'état de ta joue, on comprend pourquoi ! Ta belle gueule est défigurée !

Je lui adressai à peine un regard, et fis tous les efforts du monde pour ne pas tressaillir à « belle gueule ».

- Je ne suis pas sûr que tu aies assez d'eau, remarqua-t-il devant mon silence, en s'accoudant à la balustrade à côté de moi, et fixant son regard dans la même direction que le mien.

Il resta silencieux quelques instant, avant de me demander :

- Qu'est-ce que tu lui trouve de si fascinant à cette rivière ? C'est que de l'eau ! Il paraît que tu poireautais toujours une demi-heure à regarder l'eau tous les matins l'an dernier…

Je fronçais imperceptiblement les sourcils. L'an dernier. Quelle habile façon d'exprimer « avant que je rentre ». Et qui avait pu lui raconter ça ? Sakura, sans doute. De la curiosité s'éleva dans ma tête en pensant à elle. Etait-elle allée voir Sasuke après m'avoir à moitié assommé ? Si c'était le cas, il n'en semblait pas très affecté. Et lui, au moins, aucun bleu ne lui couvrait la moitié du visage.

- J'aurais bien aimé que tu me trouves aussi fascinant que quelques gouttes d'eau…

Je faillis tomber de mon siège sous le choc que cette phrase m'avait fait. Heureusement, Sakura et Kakashi-sensei arrivèrent à ce moment-là, créant la parfaite diversion. Je jetai un œil à Sasuke, mais son visage était aussi impassible que d'ordinaire.

Visiblement Sakura avait aussi exprimé sa façon de penser à ce dernier, car elle ne nous adressa même pas un regard, absorbée dans l'examen de la façade de l'hôpital pendant les explications de Kakashi. S'il remarqua l'ambiance tendue et le bleu qui me défigurait, il ne dit rien. Il devait être blasé devant nos constantes embrouilles, et personne n'allait lui dire de quoi il retournait exactement. Tant qu'il ne s'agissait pas d'une mission, il nous laissait gérer nos relations tranquillement, et nous n'avions eu que très peu de missions depuis la réintégration de Sasuke à l'équipe, et rien d'important.

Aucun de nous trois ne parla beaucoup durant la journée d'entraînement, échangeant simplement les mots strictement nécessaires. Je restai en arrière lorsque Kakashi décida qu'il était temps de rentrer, désirant profiter du calme de la forêt. Je me dirigeai vers la rivière. Là, je m'assis dans l'herbe, regardant les mouvements de l'eau. Sasuke avait raison. Je ne me l'expliquais pas, mais regarder l'eau me fascinait. Je pouvais rester des heures plongé dans la contemplation d'une rivière. J'aurais bien aimé que tu me trouves aussi fascinant que quelques gouttes d'eau… Je frissonnai, et réalisai que la nuit était tombée. J'étais littéralement resté plusieurs heures assis là à ne rien faire. Je me relevai, et senti une présence derrière moi. Je me retournai, le corps tendu. Devant moi, sous la lumière blafarde de la lune, se tenait un grand loup gris.


Tadaam ! Le dénouement s'approche à grands pas... Le loup qui intrigue tellement ne sera bientôt plus un mystère !

J'espère de tout coeur avoir une connexion la semaine prochaine pour poster la suite. Il ne devrait normalement pas y avoir de problème, mais on ne sait jamais.

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