Enfin, n'est-ce pas? Après avoir fini mon mémoire de recherche, j'ai eu mes partiels et après panne d'inspiration et blocage Et me revoilà, tellement longtemps après. Mais j'ai réussi à débloquer mon esprit et ma page d'écriture. Maintenant, je vais m'atteler à écrire davantage et plus rapidement. Parce que je ne veux pas vous faire attendre autant de temps. J'espère que ce chapitre ne vous décevra pas (surtout avec l'attente), et que vous avez toujours envie de la suivre. Je vous remercie infiniment pour tous vos messages d'encouragements et ça me fait tellement plaisir de voir à quel point vous semblez aimer l'histoire. C'est ce qui a fait que j'ai quand même continué à essayer d'écrire. Allez, j'arrête le blabla et je vous laisse lire. Enjoy =)

Chapitre 13 - Impuissants

Lorsqu'Harry rouvrit les yeux, ce fut le luxe qui l'accueillit. Le luxe de la chambre aux couleurs sobres et neutres, le lit aux draps de soie, les meubles polis.

Elle était chic, cette chambre. Le problème venait plutôt du fait que cet endroit serait sa nouvelle cage.

Il ne se retourna pas, ne cherchant pas un instant à rencontrer le regard de Voldemort. Il devinait le sadisme à l'intérieur de ses yeux écarlate, le rictus moqueur et satisfait.

-Comment trouves-tu ton nouveau chez toi, Harry ?

Tant de moqueries dans cette voix.

-Il manque des fenêtres, répondit-il du tac à tac.
-Ah, oui, des fenêtres. Tu apprendras à t'en passer.

Il n'y avait pas de fenêtres dans cette chambre. Pas de lumière naturelle. Voldemort allait l'asservir en lui retirant la sensation de temps. Comment pourrait-il savoir s'il fait jour, s'il fait nuit, combien de jours allaient passer… Il serait perdu, et c'était exactement ce que l'homme cherchait à faire. A le rendre confus, malléable… Et il ne pourrait rien faire contre ça. Il n'aurait pas de baguette pour connaître l'heure… Il n'avait même pas de montre.

-Tu devines certainement les règles, mais je vais te les énoncer. J'attends de toi obéissance et respect. Tu devras m'accepter en tant que Maître, Harry. Tu es même la personne sur laquelle j'ai le plus d'autorité. Tu ne sortiras de cette chambre que lorsque je t'en donnerai la possibilité et l'autorisation. Tu verras bien vite qu'il t'est impossible de le faire. Je te laisse prendre davantage connaissance avec ton nouveau chez toi, mon garçon.

Une main se glissa dans ses cheveux, lui arrachant un frissonnement. Les doigts serrèrent un instant une poignée de mèches, avertissement silencieux, avant de se retirer. L'instant d'après, le bruit d'un transplanage survint et Harry fut laissé seul.

Un lourd soupir de soulagement franchit alors ses lèvres et, les yeux écarquillés par la peur, Harry chercha à retrouver son calme. Respirant bruyamment, il tenta d'apaiser les battements de son cœur. Il trouverait un moyen, il trouverait une solution. Tant qu'il était vivant, tant qu'il était debout, l'espoir n'était pas mort. Simplement étouffé.

Il devait se calmer.

Se retournant enfin, le peu de calme qu'il avait vola soudain en éclats.

Il n'y avait pas de fenêtres. Mais il n'y avait pas non plus de porte.


Les barques étaient là, flottant sur les eaux sombres du lac. Ils n'avaient pas été repérés pour l'instant, mais plus ils s'approchaient des barques, et plus ils s'inquiétaient. Comme si des mangemorts ou les Carrow allaient sortir de nulle part et engager le combat combat qu'ils n'étaient pas en état de mener.

Neville sentit contre son pied l'eau froide et il retint un frisson. L'eau n'était pas froide, à vrai dire. Elle était tout simplement glacée. Ils étaient en hiver, après tout, et en pleine nuit. Neville prit sur lui, comme chacun de ses compagnons, et ils s'enfoncèrent plus profondément dans le lac pour atteindre les barques.

-Attends, je vais t'aider, chuchota Terry.

Il s'approcha de Nevilla, qui se pencha en arrière, le permettant de récupérer Seamus qui dormait toujours sur son dos. Terry attrapa le corps de Seamus en passant les bras sous ses jambes repliées et, avec Neville, l'allongèrent dans la barque.

Le jeune Londubat tenta à son tour de monter, mais la barque se mit à osciller.

-C'est galère ces trucs ! pesta Susan.
-Entre ça et les mangemorts, le choix est vite fait, répliqua Katie.

Ils finirent tous par s'installer, les vêtements mouillés, les cœurs en alerte et l'esprit en panique.

-Allez on traîne pas ! asséna Neville.

Et effectivement, ils ne restèrent pas immobiles et se mirent en mouvement. Les barques commencèrent à glisser sur l'eau, s'éloignant du château, des cris des mangemorts qui arrivaient.

Mais c'était trop tard.

La rébellion avait débuté. Et elle avait fui, pour un temps.


Harry déambulait dans la pièce, laissant sa main effleurer le mur, faisant le tour de sa chambre. Il n'y avait pas de salle de bains. Voldemort souhaitait-il lui retirer la possibilité de se laver ? Quel était le but derrière ? Le soumettre par la saleté ? Harry eut un rictus. C'était très étrange comme méthode. Il ne savait pas où l'homme voulait en venir.

Il n'y avait rien. Rien à faire, rien à voir. La pièce lui faisait penser à une chambre d'hôpital. Aseptisée, vide. La seule différence résidait dans le luxe qu'inspirait sa chambre. Mais Harry n'avait jamais été porté sur le luxe, bien qu'il ait toujours eu les moyens de le faire.

Harry s'assit sur le lit, soupirant, et finit par s'allonger. C'était encore la seule action qu'il pouvait accomplir. Il ferma les yeux.

Le temps passa, longue agonie de silence et d'inactivité.

Mais lorsqu'Harry ouvrit les yeux, il n'était plus dans sa chambre. Il se trouvait dans une salle de bains, avec une baignoire trônant au centre et un lavabo contre le mur. Un instant surpris, il fronça les sourcils. Ses yeux furent attirés par des vêtements posés sur une chaise à côté, et avec une serviette blanche présente sur le dos de la chaise. Devant le lavabo, il n'y avait pas de miroir. Simplement une brosse à dents et du dentifrice posés à côté.

S'approchant de la baignoire, il avisa l'eau qui la remplissait. Tendant la main, il laissa ses doigts effleurer l'eau. La température était parfaite, ni trop chaude, ni trop froide. On lui avait préparé un bain. Il n'aimait pas ça. Ce n'était pas un acte de servitude envers lui, mais plutôt un acte de servitude de sa part. Parce qu'il se sentait privé de sa liberté même de penser, d'agir sur les plus simples actions. Il se laverait lorsque Voldemort le voudrait, il mangerait lorsque Voldemort lui donnerait à manger, il ferait tout ce que l'homme désirerait. Et il n'aurait aucun moyen de contrer ça. Car s'il ne mangeait pas, il n'aurait pas d'énergie, s'il ne mangeait pas, l'homme le forcerait. Et l'humiliation serait encore plus intense et dégradante.

Et Harry n'osait même pas imaginer s'il refusait de prendre le bain qui lui avait été donné.

Fermant les yeux, il serra les poings. Il devait la lumière, sa nourriture, ses vêtements, son air et même son haleine à Voldemort. Tout lui appartenait.

Et surtout Harry.

Se déshabillant prestement, retirant violemment ses vêtements de son corps, il les jeta par terre. Enlevant ses lunettes, prêt à les poser près du lavabo, il s'arrêta soudainement. Baissant les yeux sur ses lunettes entre ses mains, il les fixa un instant. Ses lunettes… c'était tout ce qu'il lui restait, tout ce qu'il lui restait de lui-même. Voldemort comptait-il aussi l'en déposséder ? Car c'était ce qu'il avait fait jusqu'ici. Lui prendre chaque chose considérée acquise et naturelle, et l'en tenir éloigné.

Serrant ses lunettes dans sa main, il finit par les poser sur le lavabo. Il était encore lui. Ses lunettes, c'était Harry Potter. C'était Harry et son père. Il était encore lui, il était encore ce binoclard aux cheveux indisciplinés. Et même si Voldemort lui avait aussi pris la possibilité de se regarder, de voir son visage dans un miroir, il pouvait encore sentir sous sa main ses cheveux désordonnés. Il pouvait encore sentir sous ses doigts sa peau, les traits de son visage.

Et ça, Voldemort ne pouvait pas le lui retirer.
Quant à ses lunettes, peut-être que, inconsciemment pour Voldemort, elles faisaient partie de lui.

Posant un pied puis l'autre dans la baignoire, il s'évertua au calme. Pour l'instant, il avait le droit à un bain dans une grande baignoire, et il était seul. Tant qu'il était seul, il était en sécurité. Tant qu'il ne voyait pas Voldemort, il avait le temps de réfléchir.

De réfléchir à un plan. Parce qu'il était hors de question qu'il se fasse asservir de manière éternelle.


Le rivage approchait. Les barques étaient bientôt arrivées à bon port. Ils n'avaient pas été inquiétés, et si cela l'inquiétait justement, Neville garda son calme. Il ne se serait jamais cru capable d'un tel self-control. Il avait toujours admiré Harry pour ses actions héroïques. Mais là où Harry excellait, Neville échouait. Et ça paraissait normal pour lui, banal. Il l'acceptait, c'était un fait.

Mais aujourd'hui, il prenait les rennes d'une armée qu'Harry avait construite. Il ne faillirait pas. Parce qu'il ne le faisait pas pour lui-même, mais pour son ami. Et son ami pouvait compter sur lui.

Neville garda son attention vers le rivage, concentré. Il n'y avait pas de bruit, seul celui des barques glissant sur l'eau.

-Dobby vient chercher de l'aide pour Harry Potter !
-Ah !
-Quoi ?!
-La barque !

Si Neville s'était attendu à ce que Dobby apparaisse d'un coup d'un seul en plein sur la barque, la faisant tanguer dangereusement…

Mais c'était bien ce qui venait de se produire.

-Non, toi tu restes là ! s'écria Terry qui rattrapa Seamus qui glissait vers le bord.
-Dobby qu'est-ce que tu fais là ? s'exclama Neville.
-Attends, tu as parlé d'Harry ! dit rapidement Ginny.
-Dobby ! Tu es blessé ! ajouta Luna.

Ils regardèrent tous soudain le sang sur le corps de l'elfe. Neville s'approcha rapidement et arrachant un bout de sa chemise, il l'appliqua sur la plaie. Ginny voulut demander ce qu'il s'était passé, mais Dobby fut plus rapide.

-Dobby a besoin que les amis d'Harry Potter aident Harry Potter ! Et Harry Potter a un message pour ses amis.
-Quel message ? hâta Ginny.
-L'objet doit être détruit.

Des soupirs de soulagement se firent entendre un instant. Harry, même capturé, leur donnait le moyen de l'aider dans sa quête.

-Ok, on sait maintenant que le diadème doit être détruit.
-Une fois qu'on sera à l'abri, on s'en occupera, déclara Neville.

Et à l'abri, ils le seraient bientôt.


Ils avaient atteint le rivage sans problème et n'avaient pas pris de risque. Maintenant loin des barrières magiques qui empêchaient le transplanage, ils avaient pris seulement un instant pour choisir le lieu où ils se cacheraient. Les adeptes de Quidditch avaient parlé : ce serait au Yorkshire, dans la lande où se trouve un stade de Quidditch. Ils avaient alors tous transplané ensemble.

Le voyage rendit le corps de Seamus encore plus fatigué, mais ils n'avaient pas eu le choix. Ils souhaitaient et devaient mettre le plus de distance possible entre eux et le danger. Néanmoins, Seamus semblait aller mieux. Il respirait correctement.

-On devrait pas l'emmener à l'hôpital ?
-Est-ce qu'un hôpital moldu serait efficace ? C'est pas une blessure moldue…
-S'il y a déjà des dégâts, c'est trop tard, annonça amèrement Neville. Il faut attendre qu'il se réveille.
-Et toi Dobby ? Ça va ? demanda Ginny.

Luna était assise près de l'elfe, regardant sa blessure et appliquant un soin dessus.

-Il ira bien. Plus de peur que de mal.
-Bon, ça en moins alors, souffla Terry.
-Dobby va bien. Mais Harry Potter a besoin d'aide.
-Oui mais il ne voudrait pas que tu meures.
-Harry Potter a été capturé par le Seigneur des Ténèbres. Harry Potter a besoin d'aide ! Aidez Harry Potter !
-Quoi ?
-Non, c'est pas vrai !
-Non non non !
-Comment on va faire ? Il va le tuer et... !
-Bon sang ! Il faut qu'on fasse quelque chose et vite !

Michael, stressé, fit la première chose à laquelle il pensa. Il prit le diadème, le jeta par terre et se mit à lancer sort sur sort. Mais, quand la fumée suite aux sorts se dissipa...

-Saleté ! cria Michael en ramassant le diadème pour le balancer violemment par terre de colère.

Pendant qu'ils tentaient de lutter contre le chagrin pour Seamus, leur peur panique pour Harry, quelques uns se mirent à côté de Michael et tentèrent de détruire le médaillon pour se défouler. Mais rien y faisait. Le diadème restait intact. Il restait intact malgré tout ce qu'ils avaient pu lui jeter comme sort.

-Est-ce qu'on n'est pas assez puissants ? demanda Cho.
-On va le savoir tout de suite. Ensemble, on lui lance un Reducto ! déclara Ginny.

Ils se regardèrent tous, et acquiescèrent vigoureusement. Se plaçant en ligne droite, ils brandirent chacun leur baguette.
-A trois ! Un…
Les baguettes ne tremblèrent pas.
-Deux…
Les regards étaient déterminés, fixant le diadème étalé au sol avec l'objectif certain de le détruire.
-Trois !

Une explosion de « Reducto » se fit entendre, les éblouissant par ces jets puissants qui fusionnaient presque à l'approche de l'objet. La seconde d'après, en rouvrant les yeux, certains poussèrent cri de frustration, d'autres de rage.

-Mais bon sang !
-J'y crois pas !
-Il est fait en quoi ce diadème ?
-Qu'est-ce que Vous-Savez-Qui lui a fait pour qu'il soit indestructible ?!
-Il faut qu'on détruise ça ! Si on arrive, peut-être que ça pourra aider Harry !
-Aucune idée de quoi est fait cet objet mais ça doit être du solide !
-Ça m'énerve !
-Vous faites quoi ?
-On essaye de détrui… Seamus ?!

Tous se retournèrent vers Cho qui venait de prononcer le prénom de Seamus, puis se tournèrent vers Seamus lui-même. Le Gryffondor était toujours allongé sur son lit de fortune, les yeux fatigués mais ouverts, le visage tiré mais tourné vers eux. Les bruits des sorts combinés avaient dû le sortir de son sommeil.

-Seamus, dit Neville dans un souffle.

L'instant d'après, Neville se rua auprès de son ami, suivi par le reste de leur groupe. Des explosions de joie se firent entendre sous le regard interloqué de Seamus.

-Euh, les gars, il se passe quoi là ? Neville, j'ai raté quelque chose ?

La voix de Seamus était faible, c'était presque difficile à l'entendre. Mais ils l'entendaient. Et ça leur paraissait le plus beau son qu'ils n'aient jamais entendu.

-Tu te souviens de nous hein ? demanda Terry.
-Chacun d'entre vous, pourquoi ?

Mais personne ne lui répondit, trop occupés à savourer la joie de retrouver leur ami, le diadème oublié un instant. Mais pas Harry.


Harry était assis sur son lit, les bras enroulés autour de lui. Il poussa un profond soupir et baissa un instant la tête, la posant sur ses genoux relevés. Il n'en pouvait plus. Il ne baissait pas les bras, mais il se battait contre le néant.

Le néant.

Voilà à quoi allait ressembler chaque journée du reste de sa vie ? Il ne faisait rien car il n'y avait rien à faire. Il voulait se battre, il en avait la force. Mais il n'y avait rien contre quoi se battre. Que pouvait-il alors faire ? Il attendait. Voilà, c'était tout.

Et ça le rendait fou. Il était un homme d'action.

Il se souvenait quand l'ancien ministre l'avait insulté de guerrier de Dumbledore. C'était pourtant bien ce qu'il était. Il était un guerrier. Et même s'il se disait parfois qu'il aurait pu être totalement différent si on lui en avait laissé la possibilité, c'était ce qu'il était aujourd'hui.

Captif, c'était ce qu'il était aussi.

Voldemort aurait pu le battre et le soumettre par la force. Mais il avait utilisé la meilleure des manières : le silence, le vide, l'isolement, de tout, du monde, de la lumière, du temps.

Harry s'allongea, et ferma les yeux. Dormir, c'était la seule chose qu'il pouvait encore faire selon son désir. En même temps, il ne pouvait faire que ça, pensa-t-il avec amertume. Il tenta de s'endormir, alors que le soleil était peut-être haut dans le ciel. Il ne savait même pas quelle heure il était, quel jour de quel mois…

Harry perdait tout repère.

Parce qu'à présent, c'était Voldemort qui les donnait.


-Il va falloir trouver l'endroit où est détenu Harry. Et le délivrer. Rapidement !
-C'est une mission suicide. Mais on y va ! On peut pas laisser Harry comme ça !
-Dobby a peut-être une idée. Kreattur appartient à Harry Potter. Dobby peut chercher Kreattur. et Kreattur pourra aider Harry Potter.
-C'est une idée ! Repose-toi ce soir et on verra comment on s'organise demain matin.
-Et Ron et Hermione ? Ils pourraient nous aider !
-Encore faut-il les trouver !
-La radio ! Si on contacte Fred ou George, on peut leur faire passer un message. Avec un peu de chance, Hermione ou Ron tombera dessus.
-Très bien. On sait ce qu'on a à faire pour demain.

Après cette discussion animée, ils préparèrent quelques lits de fortune et s'allongèrent dessus. Pour certains, le sommeil les gagna facilement, la fatigue aidant. Pour d'autres, le stress handicapait leur sommeil. Parce qu'ils avaient l'impression d'avoir beaucoup à porter sur leurs épaules.

En cet instant, ils comprenaient ce qu'avait vécu Harry pendant toutes ces années.


Où était Harry à présent ?

C'était la question que Hermione se posait, allongée sur le lit dans la chambre d'hôtel que Ron et elle avaient réservé. Leurs recherches ne donnaient rien. Les livres trouvés dans les bibliothèques ne répondaient pas à la problématique qu'était la leur.

Tout ce qu'ils trouvaient sur les liens d'âme les déprimait plutôt que de leur redonner espoir. Un lien d'âme était indestructible. Parce que s'il se brisait, c'était que l'un des deux protagonistes était décédé ou que son âme s'était envolée en fumée.

Ron, quant à lui, regardait son déluminateur, dans l'espoir d'entendre son prénom être prononcé, de pouvoir retrouver Harry comme il avait retrouvé Hermione. Mais si retrouver cette dernière avait semblé être de la chance, trouver Harry relevait du miracle.

-Tu crois qu'on devrait aller à Poudlard ? demanda-t-il.
-C'est trop tard maintenant. On arriverait après la bataille. Harry n'y est plus.

Ron se tut. Hermione se tut également.

Ils étaient dans l'attente. Attendre le moindre signe et foncer, voilà à quoi ils étaient réduits.


-Maître… ils se sont échappés.
Les mangemorts se tendirent. Lord Voldemort leur avait confié la mission de rattraper les membres de cette pathétique armée pendant qu'il s'occupait du garçon. Mais visiblement, il devait tout faire tout seul, car il était entouré d'une bande d'incapables.
-Des enfants… Vous avez été mis en échec par des enfants !
Et ils se sont échappés avec son précieux horcruxe… Les choses auraient pu être très désagréables. Mais la présence de son précieux Harry Potter dans ses quartiers rendait le tout plus doux, plus supportable, la défaite moins criante.

Mais quand il s'agissait d'Harry Potter, les choses n'étaient jamais acquises. Le garçon se jouait du destin comme le destin jouait avec lui.

Se levant brusquement de sa chaise, il se mit à marcher autour de la table, passant à côté des mangemorts qui y étaient assis.

-Pourquoi vous ont-ils échappés ?

Sa voix était froide et calme, contenant la cruauté sans encore la déverser.

-Ils ont été… plus rapides…
-Endoloris !

Le mangemort s'écroula de sa chaise, tombant au sol, criant de douleur alors que celle-ci le brûlait de l'intérieur.

-Tu es plus rapide à crier qu'à capturer un enfant, mon soldat inutile !
-Pardon Maître ! Pardon ! parvint le mangemort à lâcher dans les méandres de sa souffrance.

Mais la perspective du garçon enfin en cage lui procurait tellement de satisfaction que la fuite des enfants avec le médaillon n'arrivait pas à éveiller en lui assez de rage.

Relançant le sort une fois, puis deux, puis trois, il l'arrêta.

-Reste au sol. Si tu ne sais pas accomplir une mission donnée par ton Lord, c'est là qu'est ta place.
-Bien Maître. Merci Maître, haleta le mangemort.

Assis non loin de là, Drago s'efforça de conserver son masque d'indifférence. Pas une seule fois il ne baissa les yeux vers le mangemort à terre. Il garda son regard rivé sur le mur, loin de l'horreur qui aurait pu arriver à n'importe qui.

Qui aurait pu lui arriver à lui.

-Au moindre mouvement de leur part, tu accompliras ta mission. Je ne tolèrerai pas un second échec. Quant à toi, Severus…

Le regard de Voldemort, carmin et si puissant, plongea dans celui imperturbable de Severus.
-Renforce la discipline à Poudlard. Que les élèves comprennent les règles. Quitte à ce qu'elles soient marquées dans leur chair.
-Je n'y manquerai pas de m'y atteler, Maître.
-La séance est levée, claqua Voldemort d'un coup de bras.

Il quitta la pièce d'un pas rapide, laissant derrière ses mangemorts.


Le Manoir Malfoy respirait la richesse. Les Malfoy avaient été une famille de Sang-Pur comme il se doit. L'arrogance dans une main et le mépris dans l'autre, ils avaient joui de leur nom et de leur argent.

Mais Voldemort s'était saisis de tout cela et l'avait fait sien, le manoir avec.

Traversant les allées, il s'approcha de ses quartiers, où nul n'avait le droit de s'y aventurer. La porte s'ouvrit à son approche.

-Maître… Le garçon… J'ai besoin…
-Pas encore, Nagini. Pas encore. Le garçon doit être apprivoisé d'abord. Privé de contact, il sera avide du tien.

Le serpent susurra de contentement, bien qu'il aurait aimé que ce contact arrive plus rapidement. Glissant sur le sol, il accompagna son maître vers le mur de gauche. Une fois devant, le Lord posa ses mains dessus. Derrière, sans pouvoir s'en douter une seule seconde, Harry était assis sur le sol, contre ce même mur.

La pièce était insonorisée, sans porte, sans fenêtre, une seule et unique pièce. Et Voldemort était l'unique personne à avoir pouvoir dessus.

Les mains contre le mur, il savoura sa victoire. Oh, le garçon lutterait. Mais cette pièce serait sa cage éternelle, et s'il avait prévu de l'en sortir une fois pour une raison en particulier, Harry Potter n'en sortirait jamais plus après et serait retiré de la vue de tous, sauf de Lord Voldemort lui-même.


N'hésitez pas à me donner vos avis =) Merci encore pour tous vos commentaires !