Pour une fois, me voilà tenant ma promesse! Merci beaucoup pour toutes vos reviews, elles rendent mes journées d'écriture beaucoup plus agréables!

Guest: Ça me fait vraiment plaisir que mon chapitre t'es plu! Bonne lecture et merci pour ta review! :)

scpotter: Un gros merci! Sans vouloir te révéler de secrets, il y a de grandes chances qu'il finisse par disparaître du tableau, sinon je serais plutôt mensongère d'avoir annoncé un draymione ;) Mais il m'est bien utile à date :P J'espère que la suite te plaira!

Bonne lecture!


En ouvrant les yeux le lendemain, je ne savais plus où j'étais ni ce que j'avais fait avant. En voyant une serpentarde à côté de moi, je faillis crier. Je me retournai de l'autre côté pour apercevoir un poussoufle avec qui il m'était arrivé de parler à quelques reprises. Je le fixai un bon moment avant de comprendre. La soirée d'Alicia. Cette prise de conscience fut accompagnée d'un haut le cœur que je réprimai tant bien que mal. Avant qu'un autre ne me saisisse, je me décidai à me lever et à me diriger vers la salle de bain.

Pendant un instant, je restai debout à fixer tout ce qui m'entourait. Mes jambes étaient tremblantes, en partie du au fait que je me tenais debout sur un énorme matelas; mes pieds criaient à mort et mon esprit était encore embrouillé par l'alcool. Pourtant, ça ne m'empêcha pas de prendre mon temps. Par terre, une foule d'élèves, toutes maisons confondues, dormait les uns contre les autres. Certains étaient collés, d'autres semblaient trouver que leur voisin empestait vu la distance qu'ils avaient tentée d'établir. Dans ce bric à brac de bras et de jambes, il m'apparaissait évident que j'aurais toutes les misères du monde à sortir sans accrocher quelqu'un.

Alors que je me désintéressais du sol, je réalisai les serpents sur les murs à la place des lions. J'avais dormi dans la chambre de Drago Malefoy. Au moins, je n'avais pas dormi avec lui, comme la dernière fois. Malgré l'odeur des corps entassés, de la sueur et de l'alcool, je reconnu en arrière plan son odeur: un arôme masculin plein de fraîcheur et d'envoûtements. Je chassai les images et les sensations qui affluaient en moi et je me dirigeai maladroitement vers la salle de bain.

Heureusement pour moi, il n'y avait personne de levé et je ne fus prise d'aucun haut le cœur avant d'arriver à destination. J'aurais bien voulu me brosser les dents ou prendre une petite pilule contre les maux de tête, mais Alicia avait placé des sorts sur tout ce qui contenait nos effets personnels à Drago et à moi, je dus donc m'en passer.

Je me rafraîchissais le visage quand l'ombre d'un gros problème se faufila dans ma tête. Il s'appelait Ronald Weasley. S'il y avait bien une chose dont j'étais sûre dans la soirée folle que je venais de vivre, c'était que je n'avais pas embrassé mon petit copain. Par contre, j'avais embrassé, et pas qu'à moitié, un autre garçon. Je devais retrouver Ron au plus vite, et de préférence avant qu'il ne se réveille!

Je retournai dans la chambre de mon homologue et cherchai des yeux une tête rousse. J'en vis une ou deux, mais pas la sienne. Alors, je tournai les talons et me dépêchai d'aller voir dans ma chambre. Un soupir de soulagement traversa mes lèvres quand je l'aperçus, assoupi au milieu de plusieurs autres.

Je pris le maximum de précautions afin de ne réveiller personne. Arrivée à ses côtés, je me penchai très lentement et dans le plus grand des silences. Une fois que je parvins à me faire une place à côté de Ron et que je m'allongeai, je fermai les yeux et lui donnai un délicat baiser sur les lèvres. Il ne se réveilla pas, ce qui, je crois, était la meilleure des choses. Je me couchai avec lui et tentai de me rendormir. Avec un peu de chance, il croirait qu'on avait fini la soirée ensemble, qu'on s'était embrassé, puis couché ensemble.

Par la suite, je passai bien une heure à retourner mes pensées de tous les côtés et dans tous les sens possibles. Je me sentais horriblement coupable. Du début à la fin de la soirée, j'avais été une très mauvaise petite copine. Bien évidemment, il n'avait pas été à la hauteur de mes attentes avant que la soirée ne commence, mais je n'avais pas eu de raisons pour le mettre ainsi de côté, pour flirter ainsi avec un autre, et encore moins pour embrasser cet autre garçon comme je l'avais fait, et de la façon qu'on s'était embrassé en plus! Comme si ce n'était pas assez, je ne m'étais pas sentie assez coupable il faut croire, puisque je n'avais pas fait mine de le chercher après l'avoir trompé. J'avais été horrible. Le pire dans tout cela, c'est que j'y avais pris mon pied. Je m'étais sentie entière, enfin moi, complète comme je ne l'avais pas été depuis longtemps. Et ce baiser, oh mon dieu! La dernière fois que j'avais connu quelque chose comme cela remontait à, et bien, à cette nuit, avec Malefoy. Juste d'y penser, j'avais l'impression de tromper une seconde fois Ron.

Une fois que mon cerveau eu retourné la question en long et en large, une autre idée, telle une plante qui venait de germer dans ma tête, émergea du fin fond de ma conscience. Ron aurait-il pu faire la même chose que moi? Et si je ne l'avais pas embrassé, et qu'il avait quand même retrouvé sa vision au petit matin? Je n'y avais pas pensé de prime abord, parce que c'était Ron, mais tout était possible. Si à la fin de la soirée, ne m'ayant pas trouvée et ne voulant pas passer pour un nul, il avait embrassé une autre fille? Je n'aurais jamais la réponse. De toute façon, je ne sais pas si je tenais tant à savoir. Et puis, si ça avait été le cas, et que je l'aurais su, lui aussi aurait su. Non, il valait mieux que j'ignore sa nuit et qu'il ignore la mienne. Un mensonge par omission. Ça valait mieux pour notre couple qui battait déjà affreusement de l'aile. Enfin, c'est ce dont j'essayai de me convaincre.

Las de mes tourments, je sentis enfin les autres se réveiller autour de moi. Le réveil d'un ou d'une maladroit(e) réveilla les autres autour et bientôt, la majorité des élèves commencèrent à gigoter, à bailler et à se lever. Je n'osais toujours pas ouvrir les yeux, de peur de ce que j'allais voir, de peur de la journée qui s'amorçait. De toute façon, Ron ne semblait pas vouloir se réveiller, malgré l'agitation qui régnait autour de nous. Je ne savais pas si je devais me réjouir du fait qu'il dorme encore ou si je devais m'en plaindre. J'étais énervée, tannée, écœurée d'être couchée sur le dos, les mains sur le ventre, les yeux résolument clos, entrain de me ressasser les événements de la veille et les mêmes inquiétudes. Mais je craignais son réveil, le malaise qui ne manquerait pas de s'établir entre nous, du mensonge que je devrais lui faire et, surtout, de ce non-dit qui flotterait entre nous pour les jours à venir, voir même les semaines si je tenais bon.

Je n'eus plus à me torturer longtemps, puisque Ron finit par se mettre à gigoter à côté de moi. Je n'ouvris pas tout de suite les yeux, essayant de donner l'impression que je dormais encore. Les sens en alerte, je le sentis s'asseoir et je devinai au bruit qu'il se frottait les yeux. Je sus avant qu'il ne se lance qu'il s'apprêtait à parler. Je le connaissais bien. Malgré mes yeux fermés, j'eus l'impression de le voir ouvrir la bouche, se passer la langue sur les lèvres, prendre son souffle et se lancer. Sa voix était rauque et ensommeillée. Elle était aussi un peu enrouée, comme s'il avait bu.

-Mione..? Qu'est-ce que..?

Ce bruit là, le bruit de la lumière qui s'allume subitement dans notre tête, était inaudible. Pourtant, il me sembla qu'il était encore plus fort qu'une alarme d'incendie. Qu'il se souvienne de sa dernière soirée me semblait affreusement dangereux. Heureusement, s'il s'était essayé à boire de l'alcool, peut-être avait-il des blancs, des oublies, ou peut-être ne serait-ce que plus simple de lui faire croire qu'il en avait eu un. Enfin bon, je me raccrochais à tout ce que je pouvais. L'espoir fait vivre comme on dit! Et j'en avais bien de besoin pour me convaincre d'ouvrir les yeux et d'affronter mon amoureux et cette journée qui s'annonçait.

Je m'étirai doucement, même si je n'en ressentais pas vraiment le besoin, puis je papillonnai des yeux. Je tombai directement dans les pupilles vertes de Ron. Il était soucieux. Je tentai du mieux que je pus de faire comme si de rien n'était. Heureusement pour moi, j'étais devenue plutôt bonne à ce petit jeu au cours de l'été. Mes malheureuses aventures d'un soir m'avaient apprises à faire si bien semblant que mes conquêtes n'y voyaient que du feu. Avec Ron, pourtant, ce serait différent. Il n'était pas sans importance et il me connaissait depuis longtemps, même s'il ne connaissait pas la Hermione de l'été, ni celle que j'avais été cette nuit. Alors je lui fis mon sourire le plus innocent que j'avais en réserve tout en posant ma main sur son genou.

-Salut...

Il ne me répondit rien, me fixant de ses grands yeux pleins d'interrogations, la bouche grande ouverte. Je me relevai en position assise, juste en face de lui, mais à une distance raisonnable pour qu'il ne sente pas mon haleine d'alcool pendant que je lui parlais.

-Ça va, Ron?

-Je... quand, quand est-ce qu'on a fini ensemble?

-Hum..?

-Je ne me souviens pas avoir été avec toi de toute la soirée.

Il semblait soudain beaucoup plus lucide, avec ses sourcils légèrement froncés. Il fallait que j'y aille au plus simple, au plus plausible, si je voulais qu'il me croie.

-En allant se coucher, Ron. On s'est rentré dedans dans les escaliers. J'étais tellement soulagée d'enfin te trouver!

-Hum...

-Tu ne te souviens pas?

Il était soucieux, très peu sûr de pouvoir me croire. Qu'est-ce qu'il avait bien pu faire de sa soirée? Je ne le saurais sûrement jamais. Je ne pouvais que m'enfoncer dans mon mensonge en essayant de donner le change. Alors je pris un air soucieux à mon tour, un peu triste, comme si mon orgueil était blessé parce ce qu'il ne se rappelait pas.

-Ron?

-...

-Est-ce... est-ce que tu as bu hier? C'est pour ça que tu ne t'en rappelles plus?

Ses pommettes rougirent automatiquement face à cette accusation. Je me sentais coupable et plutôt mal de lui faire subir tout cela. Je le faisais sentir coupable alors que c'était moi qui avait mal agit hier.

-Je... désolé...

Quoi lui dire? Que ce n'était pas grave? Que boire était loin d'être un crime? Que j'avais passé mon été à consommer? Que j'avais fait bien pire hier? Je préférai me taire.

-Alors... on s'est embrassé hier?

Je lui souris, comme si ça me rappelait un très bon souvenir de la soirée d'hier, notre faux baiser.

-Oui! On s'est trouvé un coin pour se coucher et on s'est embrassé une fois bien installé.

Il hocha la tête. Il était temps de changer de sujet avant que tout dérape.

-Est-ce que tu te sens bien? Veux-tu qu'on se lève?

-Ça va, merci Hermione. Je crois que je vais y aller, si ça ne te dérange pas. J'ai vraiment besoin d'une bonne douche!

Je hochai la tête, et tentai de lui sourire alors qu'une douleur lancinante me prenait au cœur. Hermione. Pas Mione. Hermione. Un nom, pas un surnom. C'était distant, douloureux. Je le regardai partir et disparaître derrière la porte. J'écoutai le pas de ses pieds sur les marches. Dans ma tête, mon nom tournait en boucle.

Quand je fus sûre qu'il ne reviendrait pas, je me laissai tomber mollement sur le matelas. Autour de moi, les autres élèves parlaient, et baillaient, tandis que d'autres faisaient une file devant les toilettes. Personne ne prêta attention à moi, heureusement. Je restai avachie sur le ventre pendant un long moment. Tranquillement mais sûrement, les élèves partaient finir leur nuit bien au chaud dans leur lit.

Il ne restait plus que deux ou trois personnes dans ma chambre quand je me décidai enfin à me relever. Je descendis comme une automate en bas, où je vis Alicia qui courait un peu partout pour s'assurer que tout le monde rentrait avec la bonne baguette, et qu'ils avaient bien retrouvés la vision. La pauvre avait les yeux rougis et des cernes gros comme le monde. Ses cheveux étaient sans dessus dessous, et son teint était livide. Malgré tout, elle avait un grand sourire aux lèvres et continuait de s'activer comme si elle avait eu une bonne nuit de sommeil. Ce qui, je le savais, était loin d'être le cas.

Je détournai mon regard d'Alicia et renonçai à aller la voir, elle était déjà assez occupée comme ça. Je me dirigeai plutôt vers le bar, dans l'espoir de pouvoir me servir un bon verre de jus ou un café. J'avais la bouche pâteuse à souhait, un mauvais goût d'alcool sur la langue et la gorge qui criait le martyr. Quand j'arrivai à destination, j'eus le plaisir de découvrir un plateau plein de verres de jus d'orange, entouré du bordel de la veille. Je pris un verre et bu son liquide avec délectation, appréciant comme jamais auparavant de le sentir couler dans ma gorge. C'était tellement rafraîchissant.

Pourtant, mon bonheur fut de courte durée. Les deux mains sur mon verre, les lèvres collées sur le rebord, je laissai mes yeux vagabonder dans la salle pendant que je m'abreuvais. En baissant mon regard vers le derrière du bar, j'aperçus une forme. Un garçon était assis par terre contre l'armoire et dissimulé par le bar. Il avait ramené ses genoux sous lui, bien serrés entre ses bras. Il avait la tête penché et fixait ses mains. Des mèches blondes indisciplinés lui retombaient dans le visage, si bien que je ne pouvais pas voir ses yeux. Il tenait fermement dans ses mains, le faisant tourner sous ses yeux, un mince ruban vert. Un ruban qui allait à la perfection avec ceux que je portais autour de mes jambes et celui qui était délicatement noué dans mon dos. Un ruban qui m'avait été arraché par le garçon que j'avais embrassé. Un ruban qui tournoyait entre les mains de Drago Malefoy.

Mon verre me glissa des mains avant que j'aie pu m'en apercevoir et alla s'écraser contre le sol, à mes pieds. Je plaquai ma main sur ma bouche avant de lâcher un cri. Mes yeux, catastrophés, fixaient le garçon à mes pieds. J'avais tellement peur qu'il lève les yeux vers moi, alerté par le bruit de verre brisé et qu'il comprenne tout. Pourtant, il ne réagit pas. C'était comme s'il n'avait rien entendu. Pas un mouvement, pas un tic, pas un sursaut, rien. Il était perdu dans un monde lointain, concentré sur quelque chose qui n'existait que dans sa tête. Je n'en demandai pas moins. Dès que j'eus repris possession de mes moyens, je partis sans demander mon reste, abandonnant les débris de verre cassé ainsi que Malefoy derrière moi. Je marchai le plus rapidement qu'il m'était possible sans attirer l'attention, direction Alicia.

Quand j'arrivai à proximité d'Alicia, elle était entrain de parler à deux autres élèves. Je ralentis mon pas et allai me poster derrière elle, attendant patiemment, de l'extérieur seulement, qu'elle soit enfin libre.

-Alicia...

C'était un appel désespéré qui retentit à ses oreilles. Elle se tourna vers moi, un mélange d'inquiétude et de surprise dans les yeux. Quand elle me vit, l'inquiétude prit toute la place. Elle me serra dans ses bras bien fort et je blottis ma tête dans son cou. Je sentis mes forces m'abandonner et je passai à deux doigts de fondre en larmes. Je ne sais comment je réussis à me retenir. Un coup de poing en plein visage aurait fait moins mal que cette révélation. Même aveugle, surtout aveugle, je revenais à Malefoy. Il était le seul qui avait réussi à faire battre mon cœur aussi fort, le seul qui avait réussi à me donner autant d'ardeur que j'en voulais. Le seul qui avait bien su me combler. C'était horrible.

-Il faut que je me change.

J'avais mis dans cette simple phrase tout l'aplomb qui me permettrait de repartir sur de meilleures bases, enfin, je l'espérais. Me changer représentait tellement de choses! D'abord, éclipser les chances que Malefoy me voit habillée ainsi et qu'il comprenne d'où provenait le ruban qu'il tenait dans ses mains. Deuxièmement, mettre ma soirée derrière moi. Troisièmement, repartir cette journée catastrophique. Bien évidemment, j'aurais préférée prendre une douche, mais tant que tout le monde ne serait pas parti, cette option était plutôt impossible. Alors je me raccrochais à cette action si simple, si naturelle: m'habiller.

Alicia, en meilleure amie aguerrie, me prit la main sans poser de question et m'entraîna à sa suite. Elle sortit sa baguette de sa poche de son autre main, déterminée à me rendre service au plus vite. Une fois dans ma chambre, elle lança plusieurs sorts, sans me lâcher la main. Puis elle me sortit des habits propres. Elle avait compris ce dont j'avais de besoin, puisqu'elle me mit dans ma main valide un ensemble de vieux vêtements en coton bien chaud et tout douillet. Elle m'entraîna ensuite vers la salle de bain, forçant une serdaigle à attendre encore un peu plus longtemps. Cette dernière ne rechigna pas, intimidée par l'attitude conquérante d'Alicia.

C'est pourquoi je finis enfermée dans la salle de bain avec ma meilleure amie sans vraiment avoir eu le temps d'en prendre conscience. J'avais l'impression que mon cerveau était pris dans un étau. J'étais incapable de me concentrer et d'avoir des pensées logiques. Heureusement, Alicia avait toute sa tête. C'est en partie elle qui m'habilla, tellement j'étais sonnée. Dans ma tête, une seule image. Un garçon recroquevillé, tenant un ruban vert entre ses mains. Et mon nom, qui tournoyait encore dans mes pensées. Hermione.


Et voilà, c'était le lendemain de vieille de nos petits fêtards... Qu'en avez-vous pensé? Est-ce que l'identité de l'inconnu vous plait, vous en doutiez-vous?