Quatorzième partie

Même mise en garde : âmes sensibles s'abstenir.

Lorsqu'elle se réveilla, Élisabeth était certaine d'avoir dormi assez longtemps, au moins 8 heures en fait, si elle en jugeait par l'odeur qui se dégageait maintenant du bol qui avait été lancé par Diego avant qu'elle perde la carte.

«Où est-il?» Se demanda-t-elle après avoir jeté œil à droite puis à gauche.

Elle se redressa tant bien que mal, mais s'allongea à nouveau en réalisant qu'elle était toujours sujette à des nausées. C'est alors qu'elle entendit des pas qui s'approchaient de l'escalier et qui se dédoublèrent en descendant les marches.

-Non, il est trop tard. Impossible de demander une rançon alors que la police est déjà sur le coup. C'est trop risqué voyons. Non, il doit y réfléchir... Tu comprends ce que ça veut dire? Entendit-elle répondre celui qu'elle prenait pour leur chef à celui à qui il s'adressait sur son cellulaire.

-Qu'il va falloir la faire disparaître sans laisser de traces... S'excita Diego qui était arrivé en bas le premier.

-Ouais, dommage pour elle... Ajouta le chef en rangeant son cellulaire dans sa poche.

-Elle ne s'en serait pas sortie de toute façon. Le boss m'avait demandé de la…

-Ta gueule... Le coupa son supérieur avant de lui ordonner: Vérifie donc si elle dort encore avant de parler.

Le géant s'approcha alors de la jeune femme et lui donna un violent coup de pied sur les jambes. Ayant prévu le coup, celle-ci réussit à contenir le cri de douleur qu'elle aurait normalement laissé sortir, afin qu'ils la croient toujours endormie.

-Elle dort... Tu vois bien qu'elle ne peut pas nous entendre.

-Hum, elle a l'air en mauvais état... S'emporta-t-il avant de gifler Diego avec violence. Elle doit être vivante... tant qu'on ne reçoit pas d'ordre contraire... Le chef aura peut être besoin qu'on la filme ou qu'on la fasse parler... Bas les pattes Diego. J'te l'dirai pas deux fois.

-Ouais... Je l'sais... J'ai compris. T'as mes affaires? S'enquit-il après quelques secondes.

-Ouais, tiens... mais n'en abuse pas. Rétorqua le chef avant de lui lancer un petit sachet de plastique. Je remonte Diego.

Après avoir porté attention aux pas rapides de l'homme qui remontait à l'étage, Élisabeth entendit alors le fameux Diego manipuler le sachet. Se risquant à ouvrir un œil, elle constata avec stupeur qu'il était en train de s'injecter un produit quelconque dans les veines. Profitant de ce qu'il était occupé, Élisabeth promena discrètement son regard tout autour espérant apercevoir une issue, ou découvrir un objet qu'elle pourrait utiliser.

«Ainsi, ils voulaient obtenir une rançon...» Se répéta-t-elle tout en lorgnant l'horrible individu alors qu'il commençait à manifester des signes d'intoxication.

C'est alors qu'elle remarqua la cuillère qui gisait tout près du bol de céréales «Celle-ci pourrait toujours servir». Songea-t-elle en cherchant la meilleure solution pour s'en approcher sans attirer l'attention de Diego. Puisqu'elle ne pouvait se servir de ses mains, Élisabeth ramena lentement ses jambes vers le haut, puis allongea tranquillement sa jambe droite en direction de la cuillère.

-C'est ça que tu cherches salope? La surprit Diego en lui passant devant les yeux la cuillère qu'il avait ramassée une seconde avant qu'elle ne l'atteigne.

C'est alors qu'elle remarqua ses yeux injectés de sang. Elle maudissait ses sens qui lui avaient fait défaut.

«J'aurais dû le voir venir.» Grimaça-t-elle en le dévisageant. Il ne pouvait pas s'être approché si vite que ça. Convaincu qu'elle préparait un mauvais coup, Diego leva le bras, prit son élan et frappa violemment Élisabeth au visage avec la cuillère.

-Ne t'avise pas de me jouer un autre vilain tour... sinon... Pour appuyer ses paroles, il se jeta sur la tête d'Élisabeth et la ramassa par les cheveux pour la forcer à regarder la cuillère : Sinon, je te la fait avaler... comme le chiffon... La relâchant subitement, il éclata de rire. À moins que tu ne veuilles avaler autre chose... La menaça-t-elle en se redressant de toute sa hauteur. Encouragé par le mouvement de recul de la jeune femme, il commença à détacher la fermeture éclair de son pantalon, puis fit jaillir son pénis déjà devant ses yeux.

-Que dirais-tu d'une partie de plaisir avec Diego?

De plus en plus excité par la panique qu'il vit apparaître dans les yeux de sa prisonnière, Diego la prévint : Rien ne m'interdit de t'enfiler...

Revenant s'installer à califourchon sur elle de manière à pouvoir garder la main mise sur sa poitrine découverte, Diego délaissa temporairement son pénis qu'il n'avait pas cessé de tenir jusque là, releva la jupe d'Élisabeth et entreprit d'arracher sa petite culotte. Terrorisée, la jeune femme commença à se débattre.

-Reste tranquille, j'ai dit! L'intima son agresseur en la giflant à toute volée.

Nullement impressionné par ses tentatives de défense, Diego s'allongea sur elle en pesant de tout son poids. La pression exercée sur ses côtes raviva la douleur et son mal de cœur. Temporairement soulagée pendant qu'il la libérait de son poids, Élisabeth voulut mourir en sentant ses jambes faire pression sur les siennes pour les écarter. L'horreur de ce qu'il se préparait à faire lui fit fermer les yeux. Peu de temps après, elle sentit la forte pression que l'homme faisait subir à son vagin tandis qu'il essayait d'entrer en elle en poussant des grognements de frustration. Tu vas y avoir droit! C'est moi qui te le dis... La prévint-il avant de se reculer à nouveau pour mieux foncer vers l'avant. Au lieu de ressentir la violente douleur à laquelle elle s'était préparée, Élisabeth se retrouva étonnement libre. En effet, l'homme qui était remonté un peu plus tôt, ramassa Diego par le col de son chandail et l'entraîna plus loin pour le river de coup. Élisabeth perdit le compte très rapidement, sombrant à nouveau dans l'inconscience.

Lorsqu'il s'éveilla quelques heures plus tard, William prit quelques secondes avant de se remémorer où il était. Jetant un œil intéressé sur sa montre, il réalisa avec stupéfaction qu'il avait sommeillé pendant 12 d'affilées sans que personne ne vienne le réveiller. Il se leva, se passa de l'eau dans le visage, puis sortit de sa chambre pour aller rejoindre les autres. La première personne qu'il aperçut dans le salon fut Carl. Ce dernier pleurait à chaudes larmes la tête dans les mains. Il redressa la tête et s'essuya les yeux du revers de la main lorsqu'il découvrit William sur le seuil.

-William, Seigneur, venez. Ils viennent d'annoncer que l'enquête n'avance pas... pas assez d'éléments parait-il. Ils disent qu'ils ont peu d'espoir de la retrouver...

-Quoi? Que dit l'inspecteur Winston de tout ça? S'insurgea William en pénétrant dans la pièce.

-Il n'est guerre optimiste... Compléta Jane qui avait reconnu la voix de William et arrivait de la cuisine.

-Quand je pense que j'étais avec elle juste avant sa disparition... Se plaignit Carl en regardant William marcher de long en large.

-Ils disent qu'habituellement, après vingt quatre heures, ils devraient au moins être fixés sur le type de délit. Mais dans ce cas-ci, les ravisseurs n'ont déposés ni demande de rançon, ni fait connaître leurs intentions. C'est comme s'ils s'étaient volatilisés. Résuma monsieur Gardiner en rabattant le couvercle de son ordinateur portable.

-Charles et Fitzwilliam arriveront d'ici une heure ou deux. Annonça Jane dont le but était de ramener un peu de gaité dans l'appartement. Ils ont décidés de venir nous prêter mains fortes. Ils n'en pouvaient plus d'attendre évidemment. Posant la main sur le bras de William alors qu'il passait près d'elle en marchant, Jane ajouta : Anne est passée vous voir un peu plus tôt, mais comme vous dormiez... Elle nous a confirmé que les policiers détiennent toujours Wickham...

-Café et croissant William? S'enquit monsieur Gardiner en se levant à son tour.

-Je m'en occupe, je m'en occupe… Les prévint la jeune femme en faisant signe à William de s'asseoir devant la petite table.

Monsieur Gardiner fit un bref résumé des événements à William pendant qu'il prenait place à table avec lui. Tout en les écoutant d'une oreille distraite, Carl alla s'installer devant par la fenêtre. Se souvenant tout à coup d'un détail important, le comédien se retourna vers William, fouilla dans sa poche, en sortit une feuille pliée en deux et la lui remit.

-William j'ai oublié de vous dire : j'ai montré la lettre que vous aviez écrite à Élisabeth pour lui dire au revoir aux policiers. Ils me l'ont rendue ce matin et m'ont demandé de vous la remettre.

«Ce mot que je n'aurais jamais dû écrire» Songea William tout en saisissant le feuille qui incriminait son cœur. Dégouté de lui-même, William vint pour la chiffonner lorsque ses yeux se bloquèrent sur une écriture qui n'était pas là sienne. Ses mains se mirent alors à trembler.

Surpris par son étrange comportement, Carl se tourna vers lui en fronçant les sourcils.

-Est-il possible que ce soit important? Dit William à voix haute avant de s'adresser à Jane qui revenait justement avec un plateau. Jane, puis-je utiliser votre téléphone?

-Bien sûr. Posant le plateau sur la table, elle ramassa l'appareil téléphonique qui était installé dans le salon et le lui tendit.

William composa sans attendre le numéro personnel de l'inspecteur Winston.

-Inspecteur Winston à l'appareil?

-Inspecteur, ici William Darcy.

-Oh, monsieur Darcy, vous tombez bien. Il est impératif que je vous voie. Puis-je venir vous trouver là où vous êtes? S'enquit-il en terminant.

Couvrant l'appareil à l'aide de sa main, William s'adressa à Jane : L'inspecteur demande s'il peut venir ici?

-Oui, bien sur! Répondit la jeune femme.

-Nous vous attendons... Bien… Non, attendez, ne raccrochez pas encore. Avant de venir, pouvez-vous vérifier à qui appartient le numéro de plaque suivant... C'est important... je vous dirai pourquoi, lorsque vous serez ici...

-Très bien... j'arrive. Conclut l'inspecteur après avoir pris en note le numéro noté par Élisabeth sur la même feuille que le message de William.

Bien avant que l'inspecteur n'arrive, monsieur Bennet communiqua avec Jane afin de savoir si elle avait reçu des nouvelles de l'inspecteur. Lorsque Carl reprit la ligne pour s'entretenir avec madame Bennet, la voiture de l'inspecteur arriva chez Jane. Aussitôt entré à l'intérieur, il s'entretint brièvement avec le monde avant de s'adresser à Jane pour s'enquérir : Mademoiselle Bennet, auriez-vous une pièce de libre où je pourrais discuter en privé avec monsieur Darcy.

-Bien entendu… Suivez-moi inspecteur. William aussi bien sur.

Dès que Jane eut refermé la porte de la pièce où elle dessinait les patrons des vêtements qu'elle voulait coudre, William s'empressa de s'enquérir : Alors, vous avez du nouveau?

-Non, enfin, pas vraiment. En fait, si je souhaitais vous parler, c'est parce que j'aimerais connaître votre réaction à propos d'une idée que nous avons eue. Mais avant de vous parler de ça, nous devons discuter d'autre chose.

-Je vous écoute.

-Nous avons trouvé à quelle voiture appartient le numéro de plaque que vous nous avez donné… Lâcha l'inspecteur sans quitter William des yeux.

-Oui? Et puis?

-Puisqu'il s'agit d'une personnalité connue, je dois d'abord savoir pourquoi vous teniez à faire vérifier cette plaque? Est-ce que cette voiture a quelque chose à voir avec Élisabeth?

-Je ne le sais pas... Tout ce que je sais, c'est qu'il s'agit d'une voiture qui était arrêtée dans l'entrée du bloc d'Élisabeth le soir où je me suis endormi chez elle, la veille de sa disparition en fait. Elle semblait préoccupée par cette voiture là... Je me souviens qu'elle m'a avoué l'avoir déjà vue précédemment. Pour ma part, je ne peux malheureusement pas confirmer cette information, puisque je ne l'avais jamais vue auparavant.

-Il y a peut être quelque chose là... Seulement, si c'est ce que je pense, nous avons affaire à bien plus forte partie que ce que nous pensions. Voilà pourquoi j'avais besoin de vous voir... Vous permettez que je vous expose franchement mes craintes?

-Je vous en prie.

-Je ne crois pas qu'elle ait la moindre chance de s'en sortir... si nous ne prenons pas de risques. Mon collègue et moi sommes d'avis que les malfaiteurs se sont fait prendre à leur propre jeu. Ils n'ont pas réagit assez vite... Normalement, les demandes de rançons nous arrivent dès le début puisque les ravisseurs ne veulent pas risquer que la police ait le temps de se mêler du dossier... Cette fois-ci, la nouvelle de sa disparition de mademoiselle Bennet s'est répandue trop rapidement pour qu'ils aient le temps de s'organiser... Ils pourraient toujours tenter de coup, mais s'ils sont aussi intelligents que je le pense, ils vont abandonner cette idée. Cela étant dit, il ne leur resterait donc plus qu'une seule alternative : la faire disparaître sans laisser de trace...

-Si ce n'est pas déjà fait… Précisa William à voix basse.

-Oui... enfin,... personne ne sait...Chose certaine, il n'y a qu'une seule façon de le savoir...

-Laquelle?

-Il faut les prendre par surprise! Il faut annoncer publiquement que vous offrez une récompense à toute personne qui pourrait nous mener à elle. C'est risqué bien entendu, mais elle court un risque encore plus grand si nous ne tentons rien...

-Je suis prêt à le faire... si vous croyez que cela puisse nous aider...

-Cela nous permettra au moins de gagner du temps... enfin, je l'espère...

Les deux hommes s'entendirent ensuite sur les modalités de l'annonce et le montant de la récompense offerte. Puis, visiblement satisfait, l'inspecteur prit congé de William afin d'aller annoncer la nouvelle à ses collègues. Aussitôt qu'il émergea du bureau de travail de Jane, William fut agrippé par sa sœur Georgianna qui fondit en larmes tout contre lui.

-Georgianna chérie... Qu'est-ce que tu fais ici? Tu n'aurais pas dû venir. La gronda-t-il.

-Tu n'aurais pas dû... Tu n'aurais pas dû! Cesse de jouer au grand frère avec moi...

-Mais je suis ton grand frère... Constatant qu'à cause de leurs effusions l'inspecteur n'avait pas osé s'en aller, William intervint : Pardon inspecteur Winston, laissez-moi vous présenter ma jeune sœur Georgianna.

-Chaque fois qu'il me présente à un homme potable, il met l'accent sur le mot jeune... Se moqua-t-elle de lui en l'imitant : Voici, ma JEUNE sœur, Georgianna!

-Enchanté, jeune Georgianna. C'est bien la première fois que j'entends parler de la jeunesse comme une tare... Je prendrais bien quelques années de moins... si je le pouvais... On vieillit vite dans le métier... Maintenant, si vous voulez bien m'excuser... je dois retourner au poste.

-Bien sur. Excusez-moi si je vous ai retardé.

L'inspecteur parti, William revint au salon sa sœur sur les talons pour expliquer à tous ce que Winston et lui avaient prévu pour les prochaines heures. William surveilla discrètement la réaction de Carl, s'attendant à ce que le jeune homme réagisse avec méfiance où à tout le moins qu'il soit irrité de ne pas avoir été consulté dès le départ. Toutefois, comme celui-ci ne souleva aucune objection, William s'intéressa à ceux qui étaient arrivés en même temps que sa sœur et laissa Jane prendre en charge la logistique entourant la préparation des repas de la journée.

-Je me propose pour aller faire les courses avec toi Jane. La prévint Charles en la dévisageant amoureusement.

-Il faut à tout prix que je m'occupe aussi. Montre-moi ta liste Jane, je peux peut être m'occuper d'aller à la fruiterie.

Fitzwilliam qui se tenait en retrait depuis son entrée dans la pièce, s'approcha de William pour lui proposer son aide : Puis-je faire quelque chose?

-Pas cette fois Fitzwilliam. L'inspecteur pense qu'il est déjà trop tard...

-IL A MENTI... William, dis-moi que ce n'est pas vrai? Hurla Georgianna avant d'éclater en sanglots et de courir se réfugier dans les bras de son frère.

…À suivre…

Miriamme