Réponse aux reviews :
Stef : Rekikou toi. Alors pour ton com, c'est gentil, j'attendais une bonne réaction de ce chapitre. Quand aux relations qu'elle aura avec les garçons, ça va changer au prochain chapitre (pas celui là). Ce chapitre est un peu comme le chapitre 9 Le Blé et le Lys, d'ailleurs je crois que vous le remarquerez tous au bout d'un moment. Je vous préviens tout de suite, vous avez intérêt à suivre parce qu'en parallèle de la réalité (avec Sanzo et tout) il va y avoir les prémices des souvenirs qui vont remonté et je suis sûre que je vais tous vous surprendre, même si vous êtes déjà prévenu.
Sur ce merci pour ton coms et bonne lecture, tu n'auras pas attendu longtemps.
PS : Allez lire la fiction Tsuyosa, je la trouve génial et en plus on a trop de point commun. C'est un peu du même genre que moi, avec moi de changement et d'expérience aussi. Et laissez des coms, ça me ferait plaisir (et à SkyAngel aussi).
Kissouille la patrouille.
Je pensais à ce chapitre depuis très longtemps et je le trouve vraiment magnifique. Il est certes assez court, mais je trouve que ce qu'il contient est largement suffisant. Qu'en pensez vous ? J'attends de voir vos réactions pour en poster un autre.
Chapitre 14 : L'aurore et le Lys.
La pluie tombait sauvagement dans la forêt et ses gouttes s'écrasaient sur la peau de Sanzo, une peau d'enfant.
Il rêvait encore, ayant trouvé le sommeil aux côtés de Yakumo, dans la chambre de Ayako.
Le festival avait duré toute la nuit, et Sanzo et les autres avaient dû faire des pieds et des coudes pour se retirer, Yakumo toujours inconsciente.
Il l'avait déposé sur le lit et s'était écroulé de sommeil, peu de temps après avoir profité de son inconscience pour se permettre de la détailler sans risque que quiconque s'en aperçoive.
Et maintenant, Sanzo se retrouvait encore une fois dans un rêve étrange, revenu il y a une dizaine d'années, quand son maître était alors en vie.
Il courrait dans les bois, non pas pour fuir mais pour rattraper une fuite. Il ne se souvenait plus pourquoi, tous ce qu'il savait c'est qu'il devait courir dans une direction bien précise, comme ci tous les éléments autour de lui le guidaient. Le vent s'engouffrait dans des pentes ardues, les feuilles poussées dans une danse uniforme, ployaient sous la véracité des gouttes d'eau qui semblaient ne tomber que dans une seule direction.
Et comble de l'étrange, c'était la même direction que Sanzo suivait, la même terre que ses pas frappaient d'un rythme régulier.
La respiration courte, la fatigue brûlant ses membres, le froid et l'inconfort variant sa motivation, Sanzo ignorait pourquoi, mais renoncer à cette course lui semblait impossible, malgré les conditions. En temps normal, il se serait arrêté et aurait allumé sa clope pour réfléchir à tous cela, cependant une force étrange lui criait qu'il devait le faire.
Alors il continua à courir jusqu'à ce qu'il entende le cri d'une jeune fille et les craquements de branches et de caillou. Il se dirigea vers l'endroit d'où provenait le bruit et s'aperçut que quelque chose, ou plutôt quelqu'un venait de tomber du bord d'un précipice peu élevé, mais certainement assez haut pour que la chute soit dangereuse.
Sanzo : Shiksho.
Puis il contourna la petite falaise et chercha en son pied la quelconque présence. Ce ne fut que lorsqu'il croisa une petite boule blanche au milieu de la boue que le souvenir de la petite fillette lui revint en mémoire. Il posa sa main sur sa joue et constata soudainement que celle-ci saignait encore un peu, malgré la course effrénée qu'il venait de faire.
Suite à la blessure du garçon, la jeune fille avait fui vers la forêt et il s'était jeté à sa poursuite.
Et il se retrouva devant la petite fille qui se retenait de pleurer, tentant de se lever malgré une mauvaise chute qui lui avait certainement coûté sa cheville pour un petit moment. Elle tenta d'abord de se lever, se tenant contre le bord de la falaise, mais ses petits membres tremblaient trop et la douleur de sa cheville fusa de nouveau. Alors elle se laissa tomber par terre et regarda autour d'elle, cherchant sans le savoir le garçon blond de tout à l'heure. A dire vrai, ce n'est pas vraiment lui qu'elle cherchait, plutôt une chaleur, une présence quelconque qui pourrait la rassurer, lui dire qu'elle n'était pas comme ces autres, qu'elle n'était pas une aberration, qu'elle pouvait vivre…
Mais la réalité fut toute autre. Elle était toute seule, perdue dans une forêt qu'elle ne connaissait pas, froide, misérable, comme elle l'avait toujours été.
Elle se mordit les lèvres pour ne pas craquer, Sanzo le voyait bien. Alors il sortit de sa cachette sous le regard apeuré et surpris de la jeune fille et s'approcha d'elle.
Au début elle tenta de reculer le plus possible, mais elle fut bloquée par la falaise et ne put qu'observer l'enfant blond s'approcher et s'accroupir à son niveau.
Il regarda sa cheville enflée et voulut y toucher. Mais elle ne le laissa pas faire et gifla sa main des maigres forces qu'il lui restait. Il ne protesta pas, ce qui surprit la jeune fille. Il plongea alors son regard dans celui de la fillette puis remarqua qu'elle était aussi blessée au cou. Il voulut voir la blessure de plus près mais elle le mordit violemment. Il eut mal sur le coup, mais il n'en fit rien. Il la regarda.
Ses yeux étaient fermés, elle attendait un retour, un coup, une punition quelconque. Sanzo était calme.
« Sauvage. Une petite fleur sauvage,
Qui n'a d'épine que sa volonté de vivre.
Seule et livrée à elle-même dans ce monde,
C'est ainsi qu'elle a vécu.
Elle est si belle.
Sa morsure n'est rien à la douleur. Elle est si belle… »
La jeune fille le mordait avec de faibles forces, ses longs cheveux d'un blanc cristallisant miroitaient avec l'obscurité de la nuit. Trempés, ils cascadaient tout autour de ses épaules, collant son visage boueux et transpirant. Des gouttes perlaient sur les pointes de ces mèches et venaient se mélanger à ses larmes.
Ses membres tremblaient et ils étaient frigorifiés, donnant l'impression de toucher une neige cotonneuse plutôt qu'un épiderme blanc. Elle était frêle et chétive, dans ce petit corps trop faible pour son chagrin, mais son désir de vivre, sa douleur, sa haine, sa frustration, sa colère, ainsi réunis en un seul mouvement, en un seul acte, prouvaient sa volonté.
Elle mordait le jeune garçon, comme pour prouver qu'elle ne perdra pas la face contre lui, qu'elle ne se laissera pas faire, sauvage telle la louve infantile et égarée.
Alors, Sanzo se calma, sa respiration se fit plus douce et il détendit ses muscles, malgré la douleur.
Il regarda la jeune fille d'un air plus doux, comprenant la douleur de celle-ci dans ses traits tordus.
Sanzo, les yeux dissimulés par ses cheveux blonds qui tombaient et collaient à sa peau : Mords ! Je ne sens rien là. Mords autant que tu as mal, mords aussi fort qu'il le faudra. N'ai pas peur de me blesser, si ta propre souffrance est aussi puissante. Mords moi, comme si ce bras que tu tiens entre tes dents était le concentré de haine et de méchanceté qui t'a fait souffrir. Mords moi ! Plus fort ! Plus fort encore !
La jeune fille en entendant ces paroles se mit alors à serrer les dents, encore plus fort, raffermissant sa prise sur le bras du blond.
Sanzo, criant : Je ne sens rien là ! Est-ce donc que ça ? Tu me fais perdre mon temps !
Elle serra encore plus, rompant petit à petit les tissus épidermiques du garçon, écrasant la chair de celui-ci dans sa bouche.
Sanzo, hurlant : Allez ! Plus fort ! Mords aussi fort que tu as mal ! Plus fort ! PLUS FORT T'AI-JE DIT !!
Puis elle écrasa encore plus la pression, si bien qu'elle transperça le dernier rempart et bientôt ses larmes qui se déversaient sur le bras du garçon se mélangèrent au sang qui s'écoula de la plaie.
N'en pouvant plus, elle desserra son emprise sur son bras et éclata en sanglot dans ses bras, la bouche ensanglantée, les larmes redoublant de chute, sa peine se vidant lentement comme ces forces.
Sanzo l'accueillit dans ses bras, et la laissa pleurer de tout son saoul, réchauffant ce petit corps froid, fragile et pourtant si mystérieux. Elle tirait sur sa tunique, s'agrippant à celle-ci comme si elle avait été le dernier maintien de sa vie, le dernier moyen de rester vivante, la dernière chose à laquelle elle tenait par-dessus tout. Elle colla son front contre le torse du garçon, s'appuyant de plus en plus à lui, cherchant la chaleur dans ses expirations, la douceur sur sa peau, le réconfort dans son cœur.
Sanzo serra un peu plus la petite fille dans ses bras, l'entourant de son aura protectrice.
Il ignorait pourquoi il faisait ça, comme ci cela était le chemin d'un destin déjà tracé, et auquel il ne pouvait s'échapper. Ses rêves étaient trop étranges, et il n'arrivait à rien manipuler quand il était dedans. Ses rêves étaient les maîtres de lui-même, à la différence de la réalité, où il était encore maître de ses actes et de ses choix.
Il semblait pourtant reconnaître les faits, et les actes qu'il faisait semblait être à l'origine de choix déjà formulés, sans qu'il ai eu conscience d'une quelconque décisions en lui-même.
Il ne réfléchissait pas, pourtant il agissait comme tel.
Son bras lui faisait mal mais la douce chaleur qui s'échappait de la jeune fille lui fit vite oublier l'écoulement du sang. Il chercha une caresse réconfortante au creux de son cou, elle ne bougea pas.
Il déposa alors son menton contre la chevelure de celle-ci et se surprit à humer l'odeur délicieuse de la fleur de Lys, une odeur qu'il connaissait si bien, mais pour une raison inconnue, qu'il n'arrivait jamais à identifier la provenance. Même dans la réalité, cette odeur hantait ses nuits, ses moments d'égarement, et parfois même ses solitudes, comme s'il n'était jamais vraiment seul, comme s'il avait une présence à ses côtés…
Il ne sut pas combien de temps ils passèrent ainsi, serrés les uns contre les autres, ne faisant qu'une seule et même respiration, qu'un seul cœur uni, qu'un seul et même corps que la nature embrassait de sa végétation luxuriante.
La pluie s'était arrêtée depuis longtemps, et Sanzo sentait la fatigue venir lorsque la jeune fille bougea enfin. Elle releva la tête doucement, les yeux baissés, un regard quelque peu honteux.
Sanzo, de sa main d'enfant, lui fit relever la tête et la força à le regarder dans les yeux.
Elle avait peur maintenant, peur des représailles, peur de la punition. Il n'en fit aucune.
Un petit sourire rassurant naquit aux creux de ces lèvres et il essuya les restes de larmes tout en brisant le silence :
Sanzo : Je m'appelle…Kouryu.
Petite Fille : Ryu….
Il comprit à l'instant qu'elle n'avait aucun moyen de parler. Elle restait là, admirant la lumière et la chaleur que dégageait ce garçon inconnu pourtant.
Elle était bien dans ses bras, elle n'osait pas bouger, de peur qu'il ne se dissipe en fumée. Les premiers rayons du soleil vinrent éclairer Sanzo, le rendant encore plus lumineux qu'il ne l'était. Ses cheveux d'un blond de blé, scintillaient par les multiples gouttes et offraient à la jeune fille, une auréole de perles scintillantes qui encadraient un visage fin et de grands yeux violets. Ses yeux brillaient d'une intelligence rassurante et agréable, et ses lèvres, étirés en un étrange rictus sympathique, attisaient en la petite sauvageonne, le calme et le réconfort.
« Sauvage. Une petite fleur sauvage,
Qui n'a d'épine que sa volonté de vivre.
Seule et livrée à elle-même dans ce monde,
C'est ainsi qu'elle a vécu.
Elle est si belle.
Sa morsure n'est rien à la douleur. Elle est si belle…
Celui qui guide est souvent guidé. Celui qui respire possède alors le soupir d'un autre. Nul ne sait ce à quoi songe le soleil quand il se lève.
Mais une chose est sûr, quand le soleil se leva ce jour là, sur ce petit morceau de terre que la nature a pourvu de sa luxuriante présence, deux enfants se guidaient l'un à l'autre vers la vie. Sans le savoir, ils s'étaient rencontrés, ils s'étaient connus, ils s'étaient unis, dans un même espoir, dans une même promesse de vie et d'amitié. Lorsque l'un se leva, et que sa main prit celle de l'autre, ils scellèrent à jamais leur destin, et celui du Togenkyo. Bien heureux fut alors le soleil, qui de son regard omniprésent, a assisté à la naissance d'une renaissance. Accueillis au berceau de la mort, les enfants s'enfoncèrent alors dans le tombeau de la vie…Qu'en penses tu toi Nataku ? Songes tu avoir eu raison de laisser cela se reproduire ? Toi-même qui ne puit qu'assister comme le soleil à ce genre d'évènement, un jour trouveras tu l'enfant qui te prendra la main et qui te guidera vers la vie ? Je me le demande…mon petit prince, il va falloir surveiller ces deux là, quelque chose me dit, que l'histoire est sur le point de recommencer… »
La déesse retourna à son trône, laissant le moine rêver encore de la douce chaleur d'une image ancienne.
Prochain épisode :
Il n'y a d'incertitude que de celui qui ignore. Et les garçons ignoraient de quoi était vraiment capable Yakumo. Si bien qu'ils en subirent les frais et que finalement, certains n'auraient certainement pas dû se lever ce matin là…
Prochaine épisode : Dispute, fugue, réconciliation, la promesse d'une fleur…
