Ah, bénies soient ces vacances qui me permettent de passer tous les jours sur le site, et de finir mon chapitre tranquillement! J'espère que vous en profitez tous aussi!

la Lothlorien... demeure de Galadriel... si je pouvais habiter dans un endroit pareil, je ne m'en priverais pas! Dans tous les cas, j'ai pris un réel plaisir à écrire ce chapitre, parce que la Lorien est un de mes passages préférés, aussi bien dans le livre que dans le film. Là encore, je mélange l'oeuvre de Tolkien et celle de Jackson...

J'espère que ce chapitre vous plaira, bonne lecture et je vous promets de vous en poster un autre avant la fin des vacances... et n'oubliez pas le petit bouton review!

believe4ever: merciiiiiiiiii! je suis contente de savoir que tu prends autant de plaisir à lire mes chapitres que moi à lire les tiens! D'ailleurs, génial ton dernier chapitre, enfin, tu m'as vu dans tes reviews, même si je suis persuadée que tu es très sadique d'avoir coupé comme ça! Vivement le prochain! Décidément, si je ne dois pas bientôt entamer une cure de désintoxication...ça sera un vrai miracle!Je te fais de gros bisous et à bientôt!

luciole: je t'avais dit que je n'étais pas cruelle... et je tiens mes promesses, je ne te ferai pas trop attendre( le prochain chapitre promet d'être très intéressant... point de vue sentiments!) Pauvre Gandalf! Mais bon, c'est l'histoire hein! Donc, ce n'est pas entièrement ma faute s'il se casse la figure ( aïe!) Encourager fort? je ne sais pas si ça se dit mais j'ai compris le sens général, t'inquiètes, lol! Merci pour tes gros bisous, je t'en renvoie tout autant!

karmilla: voui, voui,voui, tu fais partie du fan club de ces hommes charismatiques qui se font zigouiller, pour leur plus grand malheur et surtout le nôtre! On fait des cérémonies du souvenir, style on brandit des briquets à leur mémoire, lol ( en fait, on bave sur leurs photos ou on embrasse l'écran!) Hoela et Boromir? Patience... Quant à Haldir, désolé, j'en parle pas trop dans ce chapitre, mais bon, elle a déjà le choix entre un Elfe et un Homme aussi canons l'un que l'autre! je dis pas, le couple Haldir/ Hoela aurait pu être vraiment bien... mais je laisse les affaires de coeur du beau Gardien à believe4ever qui sait si bien nous les conter... bonne lecture, bisous.

Chap 14 ; La Lothlorien

Hoela se releva péniblement. Elle frissonnait d'avoir tant pleuré et ses jambes vacillèrent un bref instant. Le soleil continuait de briller, et ses rayons chauds la réconfortèrent. « Tant que le soleil brillera encore, tout ne sera pas perdu » songea-t-elle. Elle n'osait donner le signal de départ, car les larmes coulaient encore sur de nombreux visages. Finalement, ce fut Aragorn qui prit l'initiative.

« Legolas ? demanda-t-il, le faisant sursauter. Relevez les. » L'Elfe le regarda, un peu dépassé. Boromir intervint :

«- Accordez leur un moment, par pitié !

-Dès la tombée de la nuit les collines grouillent d'Orcs ! Il nous faut atteindre les bois de la Lothlorien, répliqua le Rôdeur, implacable. Allons, Boromir, Legolas, Gimli ! »

Et ils se relevèrent les uns les autres ; Frodon était debout, un peu plus loin, et il se tourna vers eux, les yeux humides. Hoela s'approcha de lui et posa la main sur son épaule. Elle s'accroupit à sa hauteur et le serra rapidement dans ses bras, comme on serre un enfant qui a de la peine. Leurs compagnons les observèrent ; le profil délicat de la jeune femme, le nez droit, la mâchoire ferme et le menton pointu ; et celui du Hobbit, aussi fin, dont les larmes couvraient les joues à présent.

La route était rude et défoncée et se réduisit bientôt à un simple sentier où poussaient des herbes folles, qui se courbaient au gré du vent, frêles et gracieuses. Ils arrivèrent dans la vallée, où le vent se transforma en une douce brise, qui acheva de sécher les larmes. Ils parvinrent à une source profonde, d'une clarté de cristal d'où jaillissait une eau fraîche qui finissait scintillante et bondissante dans un lit de roches escarpées. Hoela plongea sa main un court instant dans l'eau et l'ôta prestement ; elle était d'un froid glacial et un frisson la parcourut.

Aragorn et elle marchaient devant, guidant le groupe. Il s'arrêta soudain et de la main, lui désigna des terres plus basses au loin, perdues dans une brume dorée.

«- Les bois de Lothlorien ! s'écria Legolas. La plus belle des résidences de mon peuple !

-Oui, mais elle est encore éloignée, remarqua Hoela.

-Hâtons-nous, dit Aragorn. La nuit viendra tôt et elle sera sans lune. »

Quelques heures plus tard, alors que l'astre n'était plus qu'une boule de feu rougeoyante qui effleurait l'horizon et le ciel d'une teinte rosée, ils atteignirent les bois. La beauté des lieux était indescriptible. Toutes les feuilles étaient dorées ou rousses, les arbres chuchotaient entre eux. Et surtout, un grand silence régnait, rompu seulement par le frémissement des branches. « Une grande magie est à l'œuvre ici », se murmura la jeune femme. Les derniers rayons de l'astre passaient entre les branches et enflammaient ses longs cheveux sombres, qui semblaient à présent de la même couleur que les feuilles, une rivière d'or roux qui ruisselait sur son dos.

Elle caressa les troncs, le bois rugueux écorcha sa peau fine. Legolas était fasciné et donnait l'impression de ne plus savoir où donner de la tête pour admirer les merveilles de cette forêt. Elle se retourna ; Frodon était en arrière. Elle laissa passer les autres pour se retrouver à ses côtés.

« - Vous sentez-vous bien, Frodon ?

-Oui, répondit-il, proférant le plus gros mensonge qu'elle eut jamais entendu.

-Je sais bien que non. Mais si vous avez besoin de parler… je suis là.

-Merci, » dit-il avec un sourire triste mais franc.

Et elle rejoignit Legolas, qui lui conta la légende de la vierge Nimrodel dont une rivière portait le nom. Belle et libre était-elle, mais elle se perdit dans les montagnes isolées, condamnée à errer. Le chant qui racontait sa vie était merveilleux, merveilleusement triste et mélancolique.

Hoela aimait entendre l'Elfe parler de ces légendes ; sa mère lui en contait beaucoup lorsqu'elle était enfant. Et toutes ces histoires étaient aussi belles que tragiques, car il n'y avait aucune fin heureuse, comme si l'amour se devait d'être malheureux.

La voix de Gimli lui parvint soudain, portée par le vent.

« Ne vous éloignez pas, jeunes Hobbits ! On raconte qu'une grande ensorceleuse vit dans ces bois ! Une sorcière elfe, aux terribles pouvoirs ! Tous ceux qui l'ont regardée sont tombés sous son charme… » Elle retint un sourire. Elle doutait fortement que Nain se laisse charmer par une Elfe. Mais elle n'était pas étonnée qu'il mentionne une ensorceleuse ; on respirait la magie ici, on pouvait presque la palper.

« … et on ne les a jamais revus. Voici un Nain qu'elle n'envoûtera pas si aisément. J'ai l'œil du faucon et les oreilles du renard ! »

Sa démonstration aurait pu convaincre, si à cet instant des dizaines d'archers, surgis de nulle part, ne les avaient encerclés. Hoela soupira. Elle commençait à s'habituer à ce genre d'accueil ! Un Elfe, plus majestueux et plus imposant s'avança ; il ne tenait pas d'arc et paraissait diriger les autres. Et sarcastique : « Le Nain respire si fort que nous aurions pu l'atteindre dans le noir… ». Gimli ne dit rien mais jeta un regard noir à l'auteur de ces paroles.

A l'aide d'une corde, ils durent monter dans un arbre pour parvenir à un talan, une grande plate-forme de bois, perchée si haut qu'ils pouvaient apercevoir la cime de certains arbres moins élevés. Et bien qu'ils auraient tous voulu s'asseoir, brisés par la fatigue, ils firent face au gardien de la Lothlorien, Haldir. Grand, les cheveux blonds, le visage lisse, il avait évidemment la beauté immuable de son peuple. Il salua tout d'abord Legolas, puis Aragorn, dans la langue elfique. Hoela sentit son regard peser sur elle ; elle leva ses grands yeux bleu clair et rencontra ceux, plus sombres, du Gardien. Aragorn se chargea des présentations :

« - Voici Hoela, fille d'Eithne.

-Eithne ? s'étonna Haldir. La sage magicienne ?

-Elle-même, répliqua la jeune femme.

-La forêt pleura longtemps sa disparition, trop tôt survenue. Vous êtes la bienvenue en ces lieux. »

Elle hocha la tête. Mais Gimli, après une série de grognements incompréhensibles, trouva bon de faire part de sa pensée.

« - Voici donc la légendaire courtoisie des Elfes ? Ils nous parlent dans une langue qui nous est inconnue !

-Nous n'avons pas eu des rapports avec les Nains depuis les Jours Sombres, répondit sèchement Haldir, d'une voix basse et grondante.

-Et vous savez ce que le Nain répond à cela ? »

Hoela ne comprit pas un traître mot de ce qui suivit, mais elle devinait qu'il ne s'agissait pas de formules de politesse. Haldir pinça les lèvres et ses yeux flamboyèrent. Aragorn dit alors brusquement : « Cela non plus n'est pas très courtois ! »

Haldir s'intéressa ensuite aux Hobbits. Sam paraissait anxieux, mais on ne lisait rien sur le visage de Frodon. « Vous apportez un grand danger avec vous. Vous ne pouvez aller plus avant ! » déclara-t-il.

Le reste de la nuit se passa en discussion ; Aragorn parlait avec Haldir en faisant de grands gestes. Hoela savait qu'elle devait prendre du repos mais elle ne se lassait pas du spectacle du ciel étoilé. Elle balançait ses jambes dans le vide. Elle refusait de penser à la mort de Gandalf. Elle ne voulait pas en souffrir, pas maintenant. Elle finit par s'allonger ; elle chercha Elbereth pour lui adresser sa prière mais elle s'endormit avant d'avoir pu la trouver.

Peu avant l'aurore, elle fut réveillée par le Rôdeur. Ils descendirent de l'arbre ; elle avait l'esprit tellement embrumé qu'elle manqua de tomber de l'échelle. Ils marchèrent quelques heures et alors que le soleil arrivait au zénith, le Gardien les stoppa et annonça que Gimli devrait à présent avancer les yeux bandés, selon l'arrangement qui avait été conclu auparavant, quand la jeune femme était en plein sommeil. Gimli rechigna, ce qui était bien compréhensible et le ton monta. Ce fut Aragorn qui mit fin au différent :

« - Allons ! Si je dois encore conduire cette Compagnie, il faut faire ce que je vous demande. Il est dur pour le Nain d'être ainsi discriminé. Nous aurons tous les yeux bandés, même Legolas. Ce sera mieux, bien que cela ne puisse que ralentir le voyage et le rendre ennuyeux »

L'idée était bonne ; mais ce fut au tour de Legolas de protester, car il ne voulait être privé de la vue de la Lothlorien. Mais il accepta tout de même de subir le même sort que ses compagnons.

Hoela n'aimait pas être ainsi dans le noir; tous ses sens étaient à l'affût. Mais elle était encore fatiguée et plusieurs fois un Elfe dut la rattraper pour ne pas qu'elle tombe. Soudain, elle trébucha sur une racine et dans sa chute entraîna Boromir, qui était juste devant elle. Une dispute violente éclata, mais qui eut au moins l'avantage de distraire les autres :

« - Vous ne pouvez pas faire attention ! s'énerva l'Homme du Gondor.

-Vous croyez que je l'ai fait exprès, peut-être !

-Vous connaissant…

-Bien sûr, je passe mes journées à imaginer ce que je pourrais faire pour vous importuner ! Et pas plus tard qu'il y a deux minutes, je me suis dit : Tiens, et si je tombais juste derrière lui pour qu'il tombe aussi ? Je n'ai pas que cela à faire !

-Je…

-Taisez-vous ou je sens que vous allez vraiment finir par m'énerver ! »

Mais Boromir continua ; et elle ne s'arrêta de lui répondre que lorsque ses cordes vocales lui firent défaut, à force d'avoir trop crié, au grand soulagement des Elfes dont les oreilles étaient blessées par la voix haut perchée que lui donnait sa colère.

Le jour déclinait et on leur enleva enfin leur bandeau ; Haldir présenta avec un indéniable ton de fierté ce qu'ils voyaient devant eux :

« -Caras Galadhon ! Le cœur du monde elfique sur Terre, royaume de Celeborn et de Galadriel, dame de Lorien. » A ce nom, Hoela ouvrit de grands yeux. Galadriel ! La grand-mère d'Arwen !

Mais repenser à son amie la fit douloureusement replonger dans un passé heureux, qui était à présent enfui et révolu. Elle avait peur de ne jamais revoir l'Elfe, l'étoile du soir de son peuple.

La ville était une colline verte, sur laquelle trônait un arbre immense, qui disparaissait dans les nuages et dans le ciel rougeoyant du crépuscule. Après avoir parcouru une roue pavée de pierres blanches, ils arrivèrent aux portes de la Cité, qui s'ouvrirent sans bruit et se refermèrent aussitôt derrière eux. Dans la Cité des Arbres, ils ne virent personne, n'entendirent aucun bruit de pas ; mais il y avait de nombreuses voix autour d'eux et au-dessus, dans l'air. Ils passèrent bien des chemins, qui serpentaient sous et dans les arbres.

Puis ils gravirent un escalier qui leur parut interminable ; Boromir prit grand soin de se placer loin de la jeune femme, au cas où elle aurait voulu réitérer ses exploits.

Il faisait nuit et ce fut comme si les étoiles avaient quitté la voûte sombre pour éclairer les lieux,lumières accrochées aux branches.

Ils s'arrêtèrent sur un talan qui dominait tous les autres avec un petit escalier devant eux. Ils n'eurent pas à patienter longtemps. Deux silhouettes se détachèrent en haut des marches, auréolées d'une intense lumière. Et tandis que ces silhouettes descendaient, main dans la main, la lumière devint moins violente et ils purent voir le couple souverain.

Celeborn aux cheveux d'argent, et Galadriel aux longs cheveux d'or, ceints d'un diadème. « On n'a rien exagéré à propos de sa beauté » pensa Hoela. La dame de Lorien, grande et élancée, avait un visage pâle où brillaient deux éclats bleus dans lesquels se reflétaient sagesse et vieillesse, car de nombreux souvenirs y étaient enfouis.

« L'ennemi sait que vous êtes entré ici, annonça Celeborn gravement. Tout espoir de passer inaperçu a désormais disparu. » Et il les regarda un à un.

« - Neuf sont ici alors qu'ils étaient dix en quittant Fondcombe. Dites-moi, où est Gandalf, car j'aimerai vivement m'entretenir avec lui et je ne puis le voir de loin.

-Gandalf le Gris n'a pas passé les frontières de ce pays. Il a basculé dans l'ombre, » dit Galadriel d'une voix rêveuse, avant que quiconque n'ait eu le temps de répondre.

Le cœur d'Hoela se serra ; prononcer ainsi, tout haut,la disparition de Gandalf, c'était le faire mourir une deuxième fois.

« - En effet, il a été pris par l'ombre et la flamme. Un Balrog de Morgoth, la renseigna Legolas. Car nous nous rendions sans nécessité dans les rets de la Moria.

-Aucun des actes de Gandalf ne fut jamais inutile. Nous ignorons encore quel était son dessein. » répondit Galadriel.

Et elle les scruta tous un à un, ses yeux bleus s'arrêtant parfois. A Gimli, qui était accablé :

« Ne laissez pas le vide de Khazad Dûm emplir votre cœur, Gimli fils de Gloïn, car le danger a totalement envahi le monde. Et sur toute terre, l'amour est désormais mêlé de souffrance.» Hoela eut presque la sensation que ces paroles lui étaient adressées à elle aussi. Boromir ne put soutenir l'inquisition de Galadriel. Il se troubla et baissa les yeux.

Galadriel porta alors son regard sur Hoela qui se trouvait entre l'Elfe et l'Homme du Gondor. Sa peau diaphane rendait ses cheveux encore plus sombres, encore le contraste de la peau d'ivoire délicate et la vigueur de la chevelure foncée, force et fragilité mêlées. Elle releva ses yeux bleus et les plongea dans ceux de Galadriel. Celle-ci regarda Boromir, puis Legolas, et se reporta sur la jeune femme. Elle ne pouvait pénétrer qu'une infirme partie de son esprit, elle qui avait pourtant la faculté de lire toutes les pensées, celles de la fille d'Eithne lui étaient presque interdites. Galadriel eut un léger sourire. Elle reconnaissait bien là la digne descendante de cette branche de magiciennes qui avaient toujours su dissimuler leurs pensées.

« Hoela, murmura Galadriel. Prenez garde car vous serez bientôt confrontée au même choix qu'Eithne. Suivrez-vous sa route? Ou choisirez vous d'obéir aux dernières volontés de Gandalf ? » La jeune femme fronça les sourcils, imperceptiblement.

« - Que va-t-il advenir de cette Communauté ? Car sans Gandalf, tout espoir est perdu, déclama Celeborn.

-Votre Quête ne tient malheureusement qu'à un fil. Ecartez vous en un tant soit peu et ce sera l'échec, dit Galadriel, entraînant la ruine de tous. Mais l'espoir perdure, tant que la Compagnie existe. Ne laissez pas vos cœurs se troubler. A présent, allez prendre un peu de repos car vous êtes accablés par le labeur et le chagrin. Cette nuit, vous dormirez en paix »

Et elle adressa un dernier regard à Frodon.

Quelques heures plus tard, tous logés sous le tronc d'un arbre majestueux, sur un tapis d'herbe verte et épaisse, ils prenaient du repos. Ils s'étaient lavés et changés. Certains étaient déjà couchés, d'autres assis. Legolas, debout, portait la tenue de son peuple, une tunique étincelante. Tous écoutaient la douce complainte des Elfes, que leur compagnon ne traduit pas, tant il était encore peiné.

Il ne manquait qu'Hoela et son arrivée coupa le souffle à ses compagnons. Elle était vêtue d'une robe elfique, brodée d'or et d'argent. Sa longue chevelure avait été ramenée en un chignon qui alourdissait son magnifique port de tête et faisait paraître sa nuque encore plus fragile. Ses yeux étaient immenses dans son visage amaigri, deux éclats de glace ou d'eau vive. Et autour du cou, bien visible, une feuille d'émeraude brillait. Boromir eut un mal fou à déglutir. Il ne se souvenait pas avoirdéjà vu une aussi jolie femme. Legolas, de son côté, était plus convaincu que jamais que même les Elfes de sa contrée n'étaient pas aussi belles qu'Hoela. Aragorn eut un sourire, où l'attendrissement se mêlait à la nostalgie comme s'il se rappelait d'un souvenir particulièrement heureux.

Indifférente aux réactions qu'elle provoquait, elle s'assit dans l'herbe, en tailleur. Et les voix elfiques qui pleuraient la mort de Gandalf dans un chant d'adieu, furent bientôt accompagnées de la sienne, douce et pure comme du cristal. Elle ne les accompagna que fort brièvement ; mais elle préférait ceci plutôt que de verser de nouvelles larmes qui ne pourraient qu'être amères et nullement réconfortantes.

Lorsque son chant s'éteignit, elle entendit Sam, qui s'installait pour la nuit :

« Je parie que ces vers n'évoquent pas ses feux d'artifice ! Il faudrait faire un couplet là-dessus, » dit-il et il se releva.

« Qui a vu plus belles fusées

En étoiles bleues vertes ou bleues éclatées

Tonnerre d'averses d'or et d'argent

C'est une pluie de fleurs qui descend

Mais ça ne leur rend pas justice, loin de là. »

Hoela applaudit quelques secondes,ce qui fit rougir le Hobbit. Gimli dormait déjà ; Legolas, Merry, Pippin et Sam s'allongèrent. Frodon était assis, les yeux dans le vague. Boromir était plus loin, sur une racine. Aragorn s'approcha de lui pour lui parler. La jeune femme hésita. Mais sa curiosité l'emporta et elle se tapit juste derrière l'arbre ; elle ne pouvait voir les deux hommes mais pouvait parfaitement les entendre.

« - Reposez-vous ! lui conseilla le Rôdeur. Ces frontières sont bien gardées.

-Je ne pourrais trouver de quiétude. J'ai entendu sa voix dans ma tête. Elle parlait de mon père et de la chute du Gondor. Elle m'a dit que même aujourd'hui, il y a encore de l'espoir. Mais je n'en vois aucun. Cela fait longtemps que nous n'avons plus d'espoir. »

Ces mots avaient dû lui coûter. Mais on ne pouvait le contredire. Hoela le savait ; en ces temps, l'espoir était un luxe, que les Hommes ne se permettaient pas d'avoir.

« Mon père est un homme noble mais son autorité décroît et notre peuple n'a plus foi en lui. Il compte sur moi pour améliorer les choses. J'aimerai y arriver, j'aimerai voir la gloire du Gondor restaurée ! »

« Et voilà le fardeau que légua Denethor, fils d'Ecthelion, à son aîné » songea Hoela. Un goût amer avait empli sa bouche.

« L'avez-vous déjà vue Aragorn ? La Tour Blanche d'Ecthelion ? Scintillante comme une flèche de nacre et d'argent, ses bannières flottant dans la brise du matin… »

La jeune femme n'entendit pas le reste ; elle revint en Gondor à ces paroles. Le soleil qui se levait et nimbait la Cité Blanche. Les cris, les rires, les pas sur la pierre. Elle s'était fait la promesse de revoir Minas Tirith, mais pourrait-elle la tenir ?

Elle s'éloigna de l'arbre et se coucha sur le lit qu'elle avait préparé. Il avait beau être confortable, le sommeil ne se décidait pas à venir. Elle écouta les souffles réguliers de ses amis, qui dormaient paisiblement. Soudain, un bruissement lui fit relever la tête. Elle s'appuya sur son bras.

Galadriel marchait, ses pieds nus et fins à même la terre, ses longs cheveux d'or flottant, comme un champ de blé sous le vent. Frodon se leva et la suivit. Hoela les vit descendre un escalier et disparaître à un détour. Elle se mordit les lèvres, perplexe. Elle était d'une grande curiosité, sans aucun doute possible et même indiscrète au possible, mais elle craignait que l'Elfe ne sente sa présence.

Elle sortit de son lit, en silence. Elle ne put s'empêcher de jeter un regard à Boromir. Il respirait doucement, le visage détendu. Elle tendit la main et effleura son front. Puis elle la retira rapidement. Elle ne voulait s'autoriser aucun sentiment. Aimer signifiait souffrir. Et toute souffrance s'imprégnait dans l'âme, jusqu'à ce qu'on finisse par en périr.

Quand elle arriva vers Galadriel et Frodon, celui-ci était penché au-dessus d'une vasque de pierre, où reposait une coupelle d'argent,apparemment remplie d'eau. Elle le vit se rejeter brusquement en arrière et tomber. La dame de Lorien ne disait rien ; ils devaient communiquer par la pensée. Le Hobbit lui tendit l'Anneau. Alors un halo de lumière bleue les déroba à la jeune femme. Un halo puissant, presque maléfique.

Puis, la lumière s'apaisa et l'Elfe apparut moins forte, moins sûre d'elle même. Elle posa un baiser sur le front de Frodon, qui partit juste après. Il passa à côté d'Hoela, accroupie dans un coin.

Galadriel ne bougea pas. Elle patientait. Et soudain, alors que la jeune femme allait retourner vers les autres :

« Vous pouvez venir, Hoela. Le miroir n'attend que vous ».