Notes : des tonnes de mercis à vous toutes, fidèles lectrices et pour certaines, revieweuses acharnées

(mais je ne vais pas m'en plaindre, loin de là ^^) sans oublier les nouvelles !

Toujours des bugs sur FFN puisque vendredi dernier tous ceux qui ont mis la fic en suivi n'ont reçu aucune alerte, aussi ai-je envoyé un message à quelques-unes d'entre vous en PM, et je vous remercie pour votre fidélité...

Hermione a jeté un pavé dans la mare : quelle va être la réaction de Severus ?

Excellente lecture !

Avertissement : aucun

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Chapitre XIV - Mises au point

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"Severus, une question me turlupine depuis notre convocation à Sainte-Mangouste : que va-t-il se passer si je ne tombe pas enceinte dans les prochains mois ?"

L'homme eut l'impression de recevoir un seau d'eau glacée...

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Hermione avait senti Severus se raidir dans son dos. Elle voulut se retourner, mais il l'en empêcha, se laissant quelques instants pour retrouver son flegme habituel avant de poursuivre leur conversation. Quelques secondes s'écoulèrent, interminables. La jeune femme n'osait rien dire, attendant que son mari prît la parole. Ce dernier eut un mal fou à déglutir à cause de la couleuvre qui semblait avoir élu domicile au fond de sa gorge. Enfin il retourna la sorcière afin qu'elle lui fît face et qu'elle pût lire dans ses yeux l'entière exactitude de ce qu'il avait à lui dire. Il se devait d'être convaincant. il commença à parler d'un ton doux mais ferme :

"Hermione, tu ne peux pas avoir un enfant, tu es beaucoup trop... jeune."

Elle leva une main vers son visage aux traits tirés, cherchant à effacer les plis soucieux et argumenta :

"Severus, ce n'est pas le problème majeur. Je me souviens très bien ce que m'a dit ce... Jenkins lors de notre visite à Sainte-Mangouste : il m'a clairement fait comprendre que ce n'était pas normal que je ne sois pas encore enceinte, et que cela pouvait être le prétexte pour qu'un divorce entre nous soit prononcé..."

En parlant, la jeune femme vit le visage de son mari blêmir, et ses mâchoires se contracter fortement. Malgré tout elle poursuivit :

"Je me doute bien que la... disparition de... Jenkins ne changera rien à l'affaire. Un autre Guérisseur le remplacera, et tout continuera. Ce sont les directives du Ministère, et nous devons nous y plier..."

Elle s'interrompit puis ouvrit la bouche pour poursuivre sa déclaration lorsque Severus lui coupa la parole brutalement en l'agrippant par les épaules, le regard empli de consternation :

"Tu ne sais pas de quoi tu parles, Hermione. Tu vas seulement avoir dix-sept ans...

- Non, dix-huit !"

Mais Severus poursuivit, inflexible :

" ... et dès que le Ministère apprendra que tu attends un enfant, il t'obligera à abandonner tes études pour devenir la parfaite mère de famille, conformément à la politique mise en vigueur depuis l'année dernière et qui a été accentuée depuis que Thicknesse est à la tête du Ministère de la Magie... De plus, lorsque sera venu le temps des affrontements, tu t'imagines combattre le Seigneur des Ténèbres ou les Mangemorts en étant enceinte ? Tu oserais prendre le risque de mettre la vie de ton enfant en danger ?"

Le sorcier se rendit compte qu'il n'avait pu dire notre enfant, comme si cela lui faisait peur.

Les larmes s'accumulaient dans les yeux de la jeune femme mais Severus poursuivit impitoyablement son regard sombre scrutant le visage contrit :

"Serais-tu prête à prendre ce risque, Hermione ? - la secouant - Réponds-moi ! C'est vraiment ce que tu veux ?"

La sorcière articula difficilement, ne sachant plus où elle en était, et le sorcier dut tendre l'oreille pour entendre la question :

"Mais... alors... tu préfères que nous soyons obligés de... divorcer ?

- Non ! "

La réponse avait fusée, rapide, les surprenant tous les deux et Hermione se retrouva projetée contre le torse et enserrée entre les bras de Severus qui souffla dans ses cheveux :

"Non, nous ne divorcerons pas, tu resteras avec moi, Hermione."

Il serrait si fort la jeune femme contre lui qu'elle avait du mal à respirer. Il la relâcha légèrement et elle poussa un petit soupir de soulagement en se délectant des arômes boisés que la peau blafarde distillait dans ses narines.

Les pensées de Severus se bousculaient dans sa tête. Un fort sentiment de culpabilité l'envahit. Il ne pouvait guère dire à Hermione qu'il ne fallait surtout pas qu'elle tombât enceinte de lui, un Mangemort, parce qu'elle deviendrait une paria dans la Communauté Magique, et qu'il ne serait certainement plus là pour la protéger... Il savait qu'elle l'aimait et ne voulait pas la faire souffrir inutilement, elle l'apprendrait bien assez tôt...

Par deux fois ces derniers mois il avait failli oublier de prendre la Potion d'Infertilité. Dès qu'il s'en était aperçu il s'était empressé de boire le breuvage magique, s'étonnant en son fort intérieur de pouvoir commettre un pareil oubli, ce qui n'était guère dans ses habitudes. Il avait toujours été une personne pragmatique, dotée d'une excellente mémoire qui ne lui avait jamais fait défaut, fort heureusement car dans sa qualité de double espion, cela aurait pu lui porter préjudice... Alors pourquoi ces défaillances inhabituelles ? Il fut interrompu dans ses pensées par Hermione qui persistait :

"Mais... comment allons-nous faire ? Nous serons certainement convoqués une deuxième fois... Comment ferons-nous pour nous tirer de ce mauvais pas ?"

Des mains qui se voulaient rassurantes caressèrent doucement le dos de la jeune fille.

"Tu n'as pas à t'inquiéter, répondit le sorcier sur un ton persuasif. Je suis le bras droit du Seigneur des Ténèbres et vais être nommé à la tête de Poudlard. Je vais donc bénéficier de certains passe-droits, et j'ai bien l'intention de les faire jouer en notre faveur, crois-moi. Personne n'osera s'attaquer au Directeur de l'un des collèges sorciers les plus illustres, ni à son épouse, même si c'est une Née-Moldue..."

Severus sentit les muscles dorsaux d'Hermione se détendre sous ses doigts. Cette dernière se redressa et dans son regard ambré brillait une lueur de compréhension. Elle caressa doucement la joue masculine en chuchotant :

"Moi non plus je ne veux pas être séparée de toi, garde-moi toujours auprès de toi, Severus, promets-le moi..."

Il répondit en l'embrassant délicatement, en effleurant ses lèvres aussi légèrement que les ailes d'un papillon se posant sur une fleur, comme si elle était un bibelot en porcelaine, fragile, qu'il fallait ménager de peur qu'elle ne se brisât en mille morceaux. Elle trembla sous la caresse et faillit ne pas entendre sa voix profonde lui murmurer :

"Je te le promets sur mon âme, ma douce Hermione, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour te protéger..."

Une sensation de grand bonheur envahit soudainement la jeune femme, comme une bouffée d'air frais qui pénétrait son corps et la rendait irrationnellement heureuse.

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HG SR HG

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Hermione sortait de la salle de bains, enveloppée dans une serviette, en train de brosser ses cheveux lorsqu'elle tomba nez à nez avec Winky. Le cri de surprise qu'elle poussa affola l'elfe dont les longues oreilles s'abaissèrent en signe de contrition. Reprenant rapidement ses esprits, la sorcière demanda :

"Oh Winky, tu m'as fait peur ! Je ne m'attendais pas à te voir. Tu as quelque chose à me dire ?

- Oui, maîtresse Rogue. Dumbledore souhaiterait vous voir.

- Maintenant ?

- Oui, c'est ce qu'il m'a dit.

L'elfe se dandinait tantôt sur une jambe, tantôt sur l'autre, attendant la réponse de la sorcière. Cette dernière répondit :

"Très bien Winky. Tu peux dire à Dumbledore que je serai là dans cinq minutes, le temps de m'habiller.

- Bien maîtresse Rogue, je l'en informe..."

Et il disparut dans le "Pop !" familier. Après s'être habillée, Hermione dévala les escaliers et se dirigea vers le portrait de l'ex directeur.

"Monsieur ?

- Ah, je vous attendais, Madame Rogue. J'ai besoin de vous parler au sujet des... Horcruxes..."

Un frisson désagréable parcourut la colonne vertébrale de la sorcière à l'évocation du mot maudit. Elle attendit la suite qui ne tarda pas.

"Je sais que vous communiquez avec Harry via des parchemins et encre enchantés - il balaya d'un geste de la main toute éventuelle protestation - non, ne le niez pas, Severus m'a tout expliqué. Je dois d'ailleurs vous féliciter pour cette trouvaille ingénieuse qui est tout à votre honneur. Sans doute un enchantement trouvé dans "Les Sortilèges de Malfada" ? - avec un petit clin d'œil - Ah les sorcières amoureuses, on ne s'en méfie jamais assez !...

Hermione acquiesça en hochant la tête. Le vieil homme reprit, en affichant un air plus sérieux :

"Savez-vous où en est notre jeune ami dans sa recherche des Horcruxes ? Je pense au médaillon de Salazar..."

La jeune femme marqua une légère hésitation puis se lança :

- Oui, avec Ron il a découvert que c'était Mondigus Fletcher qui l'a dérobé au Square Grimmaurd. Malheureusement il s'est fait arrêter par Ombrage qui s'est emparé du bijou en échange de sa liberté."

Une ombre passa dans le regard d'ordinaire pétillant de Dumbledore. Caressant sa barbe pensivement, il déclara :

"Ah, c'est plutôt gênant que ce soit Dolorès Ombrage qui soit en possession du médaillon. Il ne sera pas facile à récupérer... Je suppose qu'ils ont essayer de le retrouver à son domicile ?

- Oui, mais ils ne l'ont pas trouvé, elle doit l'avoir avec elle...

- Exactement. Comme elle travaille au Ministère, et qu'elle y passe la majeure partie de son temps, il leur faudra être très prudents. Le bâtiment ne sera pas facile à investir, mais ils pourront le faire en utilisant l'entrée de service pour les employés qui se trouve... dans les toilettes... Des jetons sont nécessaires pour les utiliser, mais je ne doute pas qu'ils réussiront à les subtiliser à l'un de ces gratte-papier... Je compte sur vous pour transmettre à vos amis ces informations capitales..."

Le silence s'installa quelques secondes, et Dumbledore en profita pour défaire un bonbon au citron qu'il engloutit goulument, provoquant une fois encore l'étonnement de la sorcière devant les gestes éminemment humains de l'ancien Directeur de Poudlard.

Ah, autre chose : n'oubliez pas de rappeler à Harry et son ami que le nom de Voldemort est devenu Tabou, et que celui qui le prononce est automatiquement retrouvé par les Mangemorts. Bien entendu, cela ne s'applique pas à la maison de Severus... mais je sais qu'il ne supporte pas d'entendre ce nom. Autre chose : ne leur dites pas d'où vous tenez ces renseignements. Il faut impérativement que la couverture de Severus ne tombe pas, il y va de sa vie..."

Hermione frémit à cette pensée morbide et elle hocha la tête en fermant brièvement ses yeux. Elle approuva :

- Bien entendu, Monsieur, je vais communiquer avec Harry et Ron immédiatement."

Elle se tournait déjà lorsque la voix chevrotante de Dumbledore la stoppa :

"Hermione ! J'allais oublier de vous dire que grâce au réseau de tableaux qui sont disséminés un peu partout de par le monde, j'ai des nouvelles de vos parents..."

Le coeur de la sorcière manqua un battement, ses épaules se raidirent. Elle pivota, ses grands yeux scrutant le portrait avec une intensité peu commune.

"Mes... parents ?

- Oui. Ils vont très bien. Lorsque le Ministère est tombé, les Aurors fidèles à l'Ordre les ont déplacés afin qu'ils ne puissent être arrêtés par les Mangemorts."

Les yeux d'Hermione s'étaient remplis de larmes qui coulèrent librement sur ses joues. Elle ignorait si un jour elle reverrait ses parents et si elle ne mourrait pas avant de connaître le bonheur de les serrer dans ses bras et de les embrasser, ne serait-ce qu'une fois... Comme lorsqu'elle était enfant et que sa mère la consolait quand un gros chagrin la submergeait, couvrant son visage de petits baisers censés lui ôter sa tristesse.

"Maman... papa... Oh, comme vous me manquez... J'aimerais tant pouvoir vous dire comme je vous aime..."

Elle fut tirée de ses pensées douloureuses par le vieil homme qui déclara sur un ton sentencieux :

"Gardez espoir Hermione, un jour vous serez à nouveau réunis. Des temps difficiles s'annoncent, mais au bout il y aura la Lumière..."

Elle leva son visage ruisselant et hocha la tête doucement. Elle quitta Dumbledore sans qu'un mot ne put franchir sa gorge, souhaitant de tout cœur que les paroles qu'elle venait d'entendre fussent la vérité. Elle monta à l'étage et se jeta sur le lit pour laisser libre court à sa tristesse en pleurant sur le manque de sa mère et son père.

Une heure plus tard, après avoir retrouvé une certaine sérénité, la jeune femme transmit à ses amis les précieuses informations qu'elle venait de recueillir et qui pourraient les aider à mettre la main sur le véritable Médaillon de Salazar. Hermione ne précisa pas de qui elle tenait ces détails importants.

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"Mais Severus, que fais-tu avec ce balai ? Il est bien trop gros et trop grand pour moi, je serai incapable de m'en servir !"

Le sorcier haussa un sourcil amusé et un rictus sardonique accueillit son exclamation.

"Allons Hermione, c'est un balai qui a été spécialement créé pour les vols en tandem. Ne me dis pas que tu n'en as jamais vu un ?"

Un soulagement fugace passa sur le visage de la jeune femme qui répondit :

"Ben non, jamais. Tu veux dire qu'il a été conçu pour supporter le poids de deux personnes ? Mais... je n'en ai jamais entendu parler !"

Le sorcier réprima un petit rire et poursuivit :

- Et pourtant, ils existent bel et bien, pour enseigner aux sorciers ou sorcières particulièrement peu doués dans la pratique de ce moyen de locomotion... - le ton devint moqueur - Le petit rat de bibliothèque l'aurait su s'il s'y était intéressé un tant soi peu... Il existe de nombreux manuels à Poudlard dissertant sur les différentes techniques d'apprentissage du vol en balai, mais apparemment cela n'a pas captivé la Princesse de Gryffondor... Allez viens, il est temps que nous y allions..."

Comme pour la séance précédente, ils transplanèrent dans un coin retiré, dans la campagne, mais c'était un lieu différent. Hermione faillit questionner Severus à ce propos puis se ravisa, comprenant que c'était par mesure de sécurité. Comme s'il avait deviné ses pensées, le sorcier expliqua :

"Nous changerons de lieu d'entraînement à chaque fois pour éviter de nous faire repérer. Le Seigneur des Ténèbres n'apprécierait pas s'il apprenait que je t'apprends à voler. Pour lui tu n'es qu'une... Née-Moldue indigne de pratiquer la magie. Il ne faut pas que des soupçons se portent sur moi.

- Je sais, Severus, tu n'as pas à te justifier. Tu as raison de prendre des précautions. Tu dois garder la confiance de... Tu-Sais-Qui, je le comprends parfaitement.

- Bien, nous allons pouvoir commencer. Enfourche le balai, je vais monter derrière toi."

D'abord peu rassurée, Hermione s'exécuta. Elle enjamba le balai et s'assit dessus. Severus, resté debout pour l'observer, s'installa à son tour derrière elle, l'enveloppant dans une étreinte qui se voulait sécuritaire, et la proximité de son corps la rasséréna quelque peu, mais elle conservait une posture encore trop raide. Près de son oreille, la voix soyeuse de Severus donnait ses directives :

"Bien, tu dois te décontracter pour ne faire qu'un avec le balai. Celui-ci n'est pas ton ennemi mais au contraire un outil qui sera ton meilleur allié si tu dois un jour l'utiliser parce que tu n'auras pas d'autre moyen pour te sortir d'un mauvais pas. Tu dois l'apprivoiser, lui faire confiance comme s'il était ton meilleur ami sur la Terre. Tu comprends ?

La jeune femme balbutia un :

- Euh oui... je crois...

- Non Hermione, tu dois en être sûre, là - il tapota son crâne - et là - il posa sa main sur son coeur, et ce simple geste l'enflamma. Maintenant, nous allons décoller, et tu vas suivre mes instructions, compris ?"

La jeune femme obéit et ils décollèrent, tant bien que mal, la jeune femme n'ayant guère l'habitude de manipuler un manche aussi gros, avec le poids supplémentaire de son mari, elle avait l'impression d'être en équilibre instable mais Severus lui souffla :

"Tout va bien, ne crains rien. Voilà, comme ça. Maintenant je veux que tu prennes de l'altitude."

Il la sentit se raidir mais en courageuse Gryffondor elle obtempéra ; ils s'élevèrent dans les airs et se retrouvèrent à une altitude que le sorcier jugea suffisante, pourtant trop haute pour Hermione dont les mains devinrent moites et son coeur se mit à pulser violemment dans sa poitrine, ce que ne pouvait ignorer le sorcier. Il l'encouragea :

"Bien. Maintenant tu vas maintenir cette hauteur, conserver cette vitesse et faire le tour du pré plusieurs fois, jusqu'à ce que tu prennes confiance."

Sans voir son visage il sut qu'elle grimaçait et il sourit en son for intérieur. Effectivement, Hermione n'en menait pas large, mais elle ne voulait pas décevoir l'homme qu'elle admirait, qui risquait sa vie depuis des années et faisait tant de sacrifices pour faire tomber Voldemort. Elle prit sur elle et s'appliqua à suivre les instructions données par Severus. La jeune femme était terrifiée, c'était comme si le vide voulait l'aspirer, et elle fit un effort surhumain pour ne pas fermer ses yeux.

Petit à petit, rassurée par la présence sécuritaire de son époux, la sorcière commença à prendre confiance en elle. Elle se mit à évoluer de manière plus souple, et ses membres auparavant contractés se décrispèrent, et elle éprouva même presque du plaisir à survoler les arbres, sa chevelure flottant derrière elle comme le voile d'une mariée.

Quand Severus sentit qu'elle commençait à se détendre, il lui ordonna de prendre de la vitesse. Elle accéléra, et malgré les peignes qui retenaient ses cheveux, quelques longues mèches indisciplinées balayèrent le visage du sorcier, l'inondant de saveurs florales, notamment celles des roses qu'il avait appris à affectionner. Ils volèrent encore de longues minutes, savourant ces quelques instants de liberté.

La voix de velours lui susurra à l'oreille, provoquant de délicieux picotements sur toute sa peau :

"Des idées coquines me viennent à l'esprit...

- Euh... je ne crois pas que ce soit une bonne idée..."

Pour lui prouver le contraire, une main s'égara sous la cape et caressa avec douceur un mamelon à travers les vêtements, entraînant la combustion familière dans toutes les fibres corporelles de la sorcière qui commença à tortiller son derrière. Celui-ci frotta l'entrejambe de Severus, diablement excité. Quand le pouce et l'index de ce dernier pincèrent un téton, un petit cri s'échappa des lèvres d'Hermione.

Surprise, elle perdit momentanément la maîtrise du balai qui se mit à piquer du nez et la terre se rapprocha à une vitesse fulgurante.

"Redresse vite ! Redresse !" ordonna Severus.

D'abord tétanisée par l'effroi, la jeune femme, dont le cœur se mit à battre furieusement dans sa poitrine, dopée par l'injonction du sorcier, réussit à se ressaisir et à reprendre le contrôle du manche et fit changer la trajectoire du manche qui put revenir à une position horizontale. Derrière elle, Severus faillit intervenir pour prendre les commandes puis, constatant que son épouse se reprenait avec une adresse qu'il n'aurait pas cru rencontrer chez elle aussi tôt, il la laissa manœuvrer, découvrant une souplesse qui lui faisait défaut jusqu'alors.

Quand le sorcier lui demanda d'atterrir, la jeune femme s'exécuta en suivant à la lettre ses instructions et ô miracle, il se posèrent sans trop d'encombres sur le tapis d'herbe. Ils restèrent immobiles quelques secondes puis Hermione se retourna furibonde ; ses yeux lançaient des éclairs. Elle tambourina de ses poings serrés le torse de son mari en l'invectivant :

"Idiot ! Tu aurais pu nous faire tuer ! J'ai eu si peur ! Je te déteste, je te déteste !"

Mais l'homme semblait plus amusé par l'attitude fougueuse de son épouse que contrarié. Il se saisit de ses poignets qu'il coinça dans son dos, la laissant se débattre inutilement. Elle tenta bien de lui envoyer quelques coups de pied, mais Severus les évita habilement. Quand elle fut épuisée, elle s'effondra contre sa poitrine, tremblante, le souffle court. Le sorcier repensait à ce que lui avait dit Albus peu de temps auparavant : si Hermione aurait participé à la bataille des faux Potter, elle n'aurait pas tenu longtemps sur son balai contre des Mangemorts expérimentés malgré sa dextérité magique. Il frémit à la pensée qu'elle aurait pu perdre la vie et sut qu'il y aurait encore d'autres séances afin que son épouse fût une sorcière volante accomplie...

Mais Severus devait lui parler de ce qui les attendait. Ses yeux se plissèrent légèrement ; il prit le visage entre ses mains et scruta les yeux ambrés qui avaient la couleur du Whisky Pur-Feu de quarante ans d'âge qu'il affectionnait tant. Il annonça tranquillement :

"Nos prochaines leçons se dérouleront à Poudlard." Avant qu'elle ne pût l'interrompre il lui confia de sa voix profonde :

"Hermione, à partir de demain je dois m'installer au château."

La jeune femme se raidit instantanément, attendant la suite.

" Je dois m'y rendre avant la rentrée des classes. Je... j'aimerai que tu viennes avec moi. Mais... cela ne sera facile ni pour toi, ni pour moi. Je ne veux pas que tu sois blessée par les paroles venimeuses de personnes que tu considères comme des amies. Donc si tu préfères rester ici je n'y vois aucun inconvénient, je te laisserai tout ce dont tu auras besoin et Winky...

"Arrête !" L'éclat d'Hermione surprit le sorcier qui haussa imperceptiblement un sourcil. Elle enchaîna :

"Tu as promis que nous resterions ensemble : je te suivrai au Collège. Que cela te plaise ou non, je suis ta femme et je dois être à tes côtés en toutes circonstances. Rien ni personne ne m'empêchera de rester avec toi. Nous affronterons les difficultés ensemble."

"Ma belle et courageuse petite Lionne..."

Severus se pencha, ému, et ils s'embrassèrent langoureusement, oubliant tout ce qui n'était pas eux.

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Un petit "Hop !" ?