Merci à Devil Horse, justabook, Lily&Maya et Lena41183 pour leurs reviews !

RàR to Lily&Maya : Contente vraiment que tu ais rit sur ce chapitre. ça c'est trop la classe pour un auteur: faire rire une lectrice alors qu'à la bas on a pas vraiment d'humour... YOUHOU ! Et si j'arrive à te rendre heureuse juste en cliquant sur le petit bouton "publish", alors: BE HAPPY !

- (Cet épisode sera en quatre parties... Ben oui, ça s'arrange pas... Par contre, vous m'excuserez, mais les coupures ne sont pas terribles entre les chapitres. J'ai tranché dans le vif pour faire des parties à peu près équilibrées, du coup... c'est moche! J'essaierais de vous les mettre de manière assez rapprochée pour que vous ne perdiez pas trop le fil.)


Titre:Bullets and Blood's Family

Chapitre 7 : Hell Followed (part 1) Leur rôle, leur devoir

Auteur: Edeinn

Rating: T (Attention aux plus jeunes: Langage vulgaire/Mots de sexe ….)

Spoilers: Saison1 pour le moment/ Episode 9: Hell Followed ( Descente aux enfers, en français)

Résumé général: Sept ans qu'elle avait fait le chemin inverse pour fuir à l'Est. Fuir toute cette merde, toute cette haine et cette douleur qui l'avaient bouffée, presque détruite. Jamais Charlie n'aurait pensé revenir. Et pourtant, elle revenait.

Disclaimer: Les éléments scénaristiques de la série, les personnages, et certains dialogues sont la propriété du génial Kurt Sutter. Je ne perçois pour cette fiction aucune contrepartie financière.

Bonne Lecture...


Chapitre 7 : Hell Followed (18 octobre 2008)

Part1 : Leur Rôle, leur Devoir.

— « Pourquoi des colombes ? demanda Happy en suivant du doigt l'envolée des volatiles au creux des reins de Charlie. »

Au bas du dos de la jeune femme étaient tatouées trois colombes aux ailes déployées. La première, à l'encre un peu passée, témoignant de son ancienneté, tenait dans son bec un trèfle à quatre feuilles. Les deux autres semblaient plus récentes à mesure qu'elles s'élevaient dans le dos de Charlie.

— « Pourquoi pas, soupira Bax en retour, n'ayant pas envie d'approfondir la question.

— Le trèfle, c'est pour ta mère ? insista Happy.

— Depuis quand t'es aussi curieux, Hap ? grogna-t-elle. »

La biker laissa échapper un sourire. Il ne l'était pas habituellement, mais les trois colombes au creux des reins de sa maîtresse l'intriguaient. Il avait bien une supposition dans la tête quant à leur origine, mais il aurait aimé qu'elle le lui dise elle-même.

— « La troisième est bâclée. Pur intérêt professionnel, soutint le biker en tirant un sourire à la jeune femme.

— T'arrive à concilier les deux ? l'interrogea Bax en basculant sur le côté, soutenant sa tête d'une main, pour faire face à l'homme. La boutique de tatouage et le reste ? précisa-t-elle.

— Le reste ? demanda-t-il en haussant un sourcil.

— Ce truc là, renchérit-elle en caressant du bout des doigts les dix « happy faces » sur l'abdomen du biker, déclenchant un frisson chez l'homme. »

Sur la peau aux mille couleurs d'Happy, au-dessus de sa hanche droite, trônaient dix smileys tatoués. Chacun d'eux correspondait à un contrat rempli par le biker. Un mort, un sourire sur la peau. C'était flippant quand Charlie y pensait. Flippant, mais diablement attirant, songea-t-elle en souriant, avant de grimper langoureusement sur le grand tatoué. Celui-ci ne se fit pas prier pour rendre son baiser langoureux à Charlie quand elle se pencha vers lui.

— « Debout, la Belle au bois dormant ! lança joyeusement Kip en entrant dans la chambre. On doit aller… Oh pardon ! s'exclama-t-il en rougissant, les yeux écarquillés, quand il posa son regard sur le lit. Je n'voulais pas… je suis désolé, je pensais que… bafouilla-t-il cramoisi, en se retournant pour admirer la porte, plutôt que les deux amants grimpés l'un sur l'autre.

— Eh, c'est du café que t'as dans les mains ? demanda Baxie sans être gênée. »

Ignorant les balbutiements d'excuses du rouquin et les bougonnements contrariés de son amant – qu'elle crût entendre menacer Kip d'une émasculation violente de sa dernière bourse – elle se leva pour prendre l'une des deux tasses d'un coffee shop que Kip avait apportées.

— « Ça c'est sympa, Kip ! le remercia-t-elle en dégustant une première gorgée de la boisson caféinée. Bien dormi ?

— Euh, ouais, balbutia le Prospect, sans oser lancer un regard vers Happy, sûr que le biker de Tacoma lui trancherait la gorge s'il ne se faisait pas un peu oublier. Et toi, est-ce que… s'interrompit Kip, en réalisant l'indécence de sa question : au fond, il préférait ne rien savoir.

— Écoute, Mi-couille, commença Happy après avoir rejoint Kip, le toisant de toute sa hauteur, attrapant au passage le second gobelet de café fumant.

— C'est bon Hap', soupira Charlie en éloignant le biker tatoué d'une main. Je m'en charge. Tu devrais retourner au Club, lui conseilla-t-elle. »

Happy lança un dernier regard plein de menaces au Prospect, puis enfila son jean, son t-shirt, récupéra son arme et son top-rocker, et quitta la chambre.

— « Allez, Kip détends-toi, tenta de le rassurer Charlie en voyant que le jeune homme était crispé et inquiet. Il est flippant comme ça, mais au fond c'est un bon gars, lui assura-t-elle en se dirigeant vers la salle de bain.

— Vraiment ?

— Non, admit la jeune femme dans un sourire contrit. C'est un grand malade, mais je t'ai vu devenir tout blanc : je m'inquiétais.

— Il n'avait pas l'air de te faire flipper tant que ça, toi, y'a deux minutes, répliqua le rouquin d'un air entendu, ravalant son sourire presque immédiatement devant le regard noir de la jeune femme.

— Écoute-moi attentivement, Prospect, reprit-elle avec gravité, soutenant d'un air sérieux le regard de Kip. Tu vas oublier dans l'instant ce que tu as vu. Mets-toi dans le crâne qu'il ne c'est rien passé, et tout ira pour le mieux, dans ton intérêt.

— Je n'avais pas l'intention d'en parler, se défendit Kip.

— Alors continue sur cette lancée, ou Mister Killer ne se fera pas prier pour te faire passer un sale quart d'heure, lui intima Baxie à nouveau, cherchant à s'assurer que le jeune homme tiendrait sa langue : même si elle le menaçait pour la forme, elle ne doutait cependant pas que le biker de Tacoma lui ferait payer une éventuelle indiscrétion.

— C'est bon, Bax, je t'ai dit que je la fermerai ! soupira le rouquin. Je n'ai franchement pas envie de me mêler de vos histoires.

— Bien. Mais tiens ta langue. Non, ne soupire pas, protesta Charlie tandis le jeune homme soufflait bruyamment en levant les yeux au ciel. Même devant Gemma, tout ceci doit rester notre petit secret.

— Après Clay, Gemma est sans doute la dernière personne avec qui j'aurais envie de jaser sur tes histoires de cul, Bax !

— Ne la sous-estime pas, Kippy. Pardon, Kip, se reprit-elle sous le regard contrarié du Prospect. Gemma est une femme… hésita Bax. Très intuitive. Elle va chercher à te tirer les vers du nez, l'informa-t-elle, sûre qu'elle avait dû ruminer quand Clay lui avait envoyé Happy.

— Pourquoi Gemma me cuisinerait-elle, puisqu'elle n'est pas… commença Kip. Attends, y'a un truc que j'ignore, c'est ça ? supputa-t-il avec justesse. Elle a une raison de se méfier d'Happy ?

— Disons que Gemma préférerait que je me tienne loin de lui, ou plutôt lui loin de moi. En fait les deux, je crois, expliqua Baxie.

— Je peux la comprendre : Happy n'est pas vraiment le genre gendre idéal, ricana-t-il.

— Oui, c'est ça, s'esclaffa Charlie. Le fait que ce soit Happy n'arrange rien, en effet, admit la jeune femme, alors que Kip haussait un sourcil, intrigué. Non seulement, il n'est pas « idéal », mais il ne sera jamais « gendre », vois-tu. Visiblement, ma belle-mère aurait dans l'idée que mon comportement au sein du Club pourrait être grandement préjudiciable à ma réputation. Et à la sienne et celle de Clay, par la même occasion.

— Je n'comprends pas.

— Laisse tomber, Kip. Moi non plus, je n'ai toujours pas pigé, avoua-t-elle en riant. Mieux vaut qu'on en reste à : ceci est notre petit secret, à tous les deux, ok ?

— Ouais, bien sûr.

— Bon garçon ! s'exclama joyeusement Baxie en gratifiant le rouquin d'une tape sur la joue. Je vais me doucher, après tu m'escortes jusqu'au Club, j'imagine ?

— Ce sont les ordres, répondit Kip avec un sourire amusé. »

OoOoOoOoO

— « Tu as bien compris, Kip : ais l'air détendu devant Gem', répéta Charlie pour la énième fois tandis que Kip et elle venaient d'arriver au Club.

— C'est bon, allez, viens ! souffla le Prospect en la tirant par le bras pour entrer dans le clubhouse, pressé de se débarrasser de son adorable mais usante protégée.

— Bonjour mam', lança la jeune femme en se libérant de la poigne de Mi-couille pour aller embrasser sa belle-mère. »

La régulière la serra contre elle, un peu plus fort et plus longtemps qu'il n'était nécessaire, et cette attitude alarma sa belle-fille. Elle lui jeta un regard intrigué, mais Gemma se contenta de lui sourire sans joie, et Charlie comprit que ce n'était pas le moment d'aborder le sujet qui préoccupait l'Old Lady. Aussi, elle se détacha de sa belle-mère, la couvant d'un regard soucieux, pour rejoindre son biker barbu préféré.

— « Salut Ope.

— Salut Bax, lui répondit Opie en la serrant contre lui. Jax n'est toujours pas revenu, chuchota-t-il à son oreille pour justifier de l'air passablement inquiet de la matriarche. »

En se détachant du grand biker, elle scruta ses yeux à la recherche d'une lueur rassurante, mais en vain. Si son ami affichait un masque d'impassibilité pour qui voulait bien le voir et s'en contenter, elle voyait dans son regard qu'il était inquiet. Or, Opie n'était jamais inquiet. Opie ne craignait rien. Pourtant, là il s'inquiétait, et cela fit paniquer Charlie. Tandis qu'elle se laissait entrainer dans une étreinte par Tig, Opie lui pressa doucement la main, tentant de la rassurer : il n'avait pas pu manquer de constater son air affolé. Elle termina son tour de salutations par Piney, puis vint s'asseoir près de sa belle-mère, lui chipant une cigarette au passage.

— « L'irlandais est toujours en vie ? s'enquit-elle après avoir allumé sa cigarette, en désignant du menton la porte close de la Chapelle, d'où ne s'échappaient que de vagues marmonnements.

— Chibs et Juice font ce qu'il faut pour, répondit Clay, l'air soucieux : si cet Irlandais crevait ici, c'était le début des emmerdes.

— Où est-ce qu'il est ? craqua soudain Gemma, morte d'angoisse que son fils chéri ne fusse toujours pas là.

— Relax, fît Clay, ne sachant encore combien de temps sa régulière tiendrait avant de péter les plombs.

— Ne m'dis pas relax ! rétorqua Gemma en tripotant son briquet, tandis que Charlie lui saisissait l'autre main pour l'apaiser un peu.

— J'ai appelé son portable une douzaine de fois, les informa Opie. J'ai aussi appelé chez Tara. Pas d'réponse, finit-il.

— Je n'peux pas rester là à attendre, s'emporta Gemma en se levant brusquement pour se diriger vers la sortie.

— Eh ! fit Clay en l'interceptant par le bras, pour vriller son regard d'acier dans celui de sa femme. Tant qu'on n'sait pas où on en est, tu n'bouges pas, lui ordonna-t-il en pointant sur elle un index autoritaire. Compris ?

— Et s'ils l'avaient descendu ? répliqua sa régulière, les lèvres pincées.

— Jax est assez grand pour s'en sortir tout seul, Gemma, intervint Tig, appuyé de l'autre côté du bar, près de Piney.

— J'vais à l'hôpital pour voir s'il y est, déclara Opie, en couvant la matriarche d'un regard tendre : elle était comme une mère pour lui, et il savait qu'en elle résonnait la même sourde inquiétude qui lui tenaillait les entrailles en ce moment.

— Je viens avec toi, renchérit Piney en attrapant son fusil au vol, pour emboîter le pas à son fils.

— Veille sur mes enfants, fit promettre Gemma au doyen des Sons.

— Toujours, certifia-t-il dans un sourire, avant de quitter le Club à son tour.

— Salut, sweet heart, dit Chibs en sortant de la Chapelle, l'air exténué.

— Salut, daddy, répondit-elle en l'embrassant.

— Faut qu'on lui retire les balles qu'il a dans le cul, reprit l'écossais, l'air grave à l'adresse de son Près'. L'infection s'étend : à mon avis, il risque une septicémie.

— Faites du mieux que vous pouvez, d'accord, répondit Clay.

— Ouais, grogna Chibs en retournant dans la Chapelle.

— Un coup de main, daddy ? proposa Charlie à contrecœur, n'ayant pas la moindre envie d'assister à la torture, mais voyant son biker écossais complètement épuisé.

— Ça ira, sweet heart. Juice m'assiste. Je n'suis pas sûr que t'aie très envie de voir ça.

— Non, en effet, reconnut la jeune femme, en jetant un œil dégoûté par la porte entrouverte, pour voir l'irlandais sur le ventre, les fesses à l'air, pâle comme la mort. Courage, Juicy ! lança-t-elle au portoricain au chevet du blessé. Y'a de quoi manger, mam ? demanda-t-elle à sa belle-mère. Je n'ai rien dans le bide et ce genre de spectacle me retourne l'estomac ! Pis j'ai besoin de café.

— J'devais faire des pancakes, se désola Gemma. Vous devez tous mourir de faim.

— Laisse, Gem', je m'en charge, affirma Charlie, trop heureuse de quitter la pièce pour ne pas entendre les râles de souffrance de Hayse. »

OoOoOoOoO

Charlie venait de faire une bonne fournée de pancakes et engloutissait avec plaisir sa troisième crêpe, soupirant d'aise, quand elle entendit la voix d'Unser de l'autre côté de la porte. Il voulait emmener Clay au poste pour l'interroger : Darby avait lui aussi subit une attaque, et le score s'élevait à cinq morts – une femme et deux hommes du dealer des Nords et deux Mayans retrouvés dans un fossé du côté de Lodi. Le chef de la police de Charming fut vraiment contrarié quand Clay lui expliqua que les Mayans avaient aussi tenté de le tuer la veille : il craignait que tous ces morts lui ramènent l'ATF et cette garce de Stahl au triple galop. Aussi, malgré les protestations de Gemma et Tig, le vieux flic cancéreux embarqua Clay au poste de police local.

— « Cette histoire pue la merde, grogna Gemma en débarquant dans la cuisine, anxieuse au possible.

— Tiens prends une clope : dans ton état, c'est plus que nécessaire ! rigola Charlie en lançant son paquet de cigarette à la quinqua.

— Merci, bébé, répondit-elle en allumant la tige de tabac. »

Gemma s'assit pensivement sur l'une des chaises et laissa son regard se perdre dans le vide. Elle s'angoissait depuis la veille de savoir Jax parti seul dans cette situation. Elle avait passé une mauvaise nuit, elle détestait dormir au Club, et le réveil n'avait été que plus stressant : Jax n'était pas rentré. Elle avait un mauvais pressentiment, sûre qu'il était arrivé quelque chose.

— « Je suis sûre qu'il va bien, mam, tenta de la rassurer Bax, en serrant doucement la main de sa belle-mère, un sourire forcé sur les lèvres.

— Mon cul ! cracha sèchement la quinqua. T'es aussi inquiète que moi !

— Oui, admit Charlie en allumant une clope à son tour. Mais on sait toutes les deux que Jax peut se débrouiller seul. Je suis certaine qu'il ne lui est rien arrivé. »

Baxie mentait allègrement : l'absence de Jax était parfaitement anormale. Il avait sans aucun doute dû faire face à un problème. Et un gros, songea-t-elle, pour qu'il le fasse passer avant l'intérêt du Club. La jeune femme ne pensait pas que son frère eût été blessé ou même tué : elle était sûre que s'il lui était arrivé malheur, elle l'aurait senti au fond d'elle. Ils étaient liés.

— « Je sais ce que tu imagines, mam, mais Jax pense avant tout à son Club : s'il n'est pas encore là, c'est qu'il a sans doute une bonne raison, reprit Charlie pour tenter en vain de détendre les traits de sa belle-mère, figés par l'angoisse et la contrariété.

— Oui, une chatte de docteur sans doute ! fulmina Gemma, alors que sa fille levait les yeux au ciel en soupirant. Ne m'dis pas que tu n'y as pas pensé, Charlie ! Depuis qu'elle est revenue, elle fout le bordel dans nos vies !

— Je t'en prie, Gemma : pas encore cette foutue discussion, souffla sa fille, lassée de son éternel et épuisant combat contre Tara.

— Oui, bien sûr ! Tara est devenue ta grande copine, maintenant, persifla l'Old Lady.

— Gemma, soupira Bax. Tu veux du café ? lui proposa la jeune femme en attrapant un mug propre pour le poser devant sa belle-mère, espérant ainsi détourner la conversation.

— Oui, accepta Gemma, laissant de côté sa hargne contre la chirurgienne. Tu as bien dormi quand même ? J'te sentais un peu nerveuse, hier soir, reprit-elle après un long silence.

— Heu, oui, bafouilla la jeune femme, en baissant les yeux, soudainement absorbée par son café. Je n'le reconnaîtrai pas devant Clay, mais je crois que la présence de Kip m'a rassurée en fait, fit-elle faussement enjouée en percevant le regard perplexe de la régulière.

— Charlie… gronda Gemma, sûre que l'attitude fuyante de la jeune femme cachait quelque chose, sans nul doute en rapport avec un certain biker de Tacoma.

— Merde, merde, merde ! beugla l'écossais dans la pièce à côté, faisant sursauter les deux femmes, interrompant là leur discussion, au grand soulagement de la plus jeune. »

Toutes deux se précipitèrent sur les talons de Tig pour pénétrer dans la Chapelle, d'où provenaient les jurons affolés de Chibs et les grognements de panique de Juice. La bouche de Charlie s'ouvrit en un large O de stupéfaction et de dégoût, tandis que Gemma et Tig écarquillaient les yeux devant le spectacle terrifiant.

— « Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Tig affolé. »

Et affolé, il y avait de quoi l'être. Il y avait du sang partout ; l'Irlandais gigotait comme un damné, au comble de la douleur, et Chibs maintenait la main de Juice… Enfoncée dans le cul de Hayse, nom de Dieu ! songea Charlie ébahie. C'était un carnage ; une véritable aberration médicale. Comment avaient-ils pu croire qu'ils parviendraient à sauver ce type : il avait besoin d'un médecin, et Chibs n'en était pas un !

— « On a réussi à retirer une balle, expliqua Chibs essoufflé, en leur montrant le projectile qu'il tenait entre ses pinces chirurgicales.

— C'est d'la folie furieuse ! s'indigna Gemma sans pouvoir quitter des yeux les phalanges du portoricain qui disparaissaient dans la blessure du postérieur irlandais.

— Qu'est-ce qu'il faut qu'on fasse, hein ? rétorqua Juice, les nerfs à vif, dépassé par la situation : merde, il ne s'était pas engagé pour ce genre de trucs !

— Toi, tu gardes ton doigt enfoncé dans son cul ! lui ordonna Chibs. C'est un truc, je n'peux pas faire, reprit-il à l'adresse des trois autres. C'est au-dessus d'mes compétences.

— Essayez de… commença Tig, avant de se précipiter à la poursuite de Gemma qui quittait la pièce d'un air déterminé. Gemma, où tu vas ?

— Je vais chercher Jax et Tara, répliqua la régulière, décidée.

— Non, non, non ! protesta le biker aux yeux d'azur en s'interposant entre la quinqua et la sortie. Tu as entendu Clay : la famille reste là.

— Je viens avec toi, mam ! s'écria Charlie, prête à appuyer à sa belle-mère, peu désireuse de rester au milieu de ce carnage.

— Certainement pas, Bax, tu restes là ! tonna Tig, en pensant qu'en raisonner une s'avérait déjà presque impossible, mais alors deux. Chibs ! beugla-t-il cherchant le soutien de son frère, sûr que Charlie n'oserait pas lui désobéir.

— Baxie, tu restes là ! Viens-ici, j'ai besoin de toi ! lui intima l'écossais, d'un ton qui ne supporterait pas la contradiction. »

Charlie soupira, mais obtempéra : vu l'état d'énervement du biker, inutile de songer lui résister. Aussi elle les rejoignit, Juice et lui dans la Chapelle, guettant du coin de l'œil la victoire certaine de sa belle-mère.

— « Voilà pourquoi j'me fais que des putes, soupira Tig, prouvant ainsi à Charlie que Gemma avait eu le dernier mot.

— Pour ça et parce qu'aucune femme normalement constituée ne voudrait de toi, Tiggy ! lui cria Bax.

— La ferme, petite conne ! hurla-t-il en retour en sortant à la suite de Gemma.

— Bon, daddy, qu'est-ce que j'peux faire ? »

OoOoOoOoO

Juice commençait à avoir des crampes dans le biceps, son corps tout entier s'engourdissait, ses doigts profondément enfoncés dans la chair du postérieur de Hayse.

— « Tu tiens l'coup, mec ? lui demanda Charlie en l'enlaçant par la taille.

— J'ai hâte que la Doc arrive, soupira le portoricain, l'air las.

― T'inquiète, mon frère, elle va sauver tes petits doigts tout boudinés de ce cul irlandais en un rien de temps ! plaisanta-t-elle, cherchant à détendre un peu le jeune homme, dont les traits tirés commençaient à l'inquiéter sérieusement. Eh sweet heart, allez, c'est bientôt fini, lui assura Baxie en lui frictionnant l'épaule.

― Comment ça a pu tourner aussi mal ? se lamenta Juice. Hier à cette heure-ci, tout allait bien… Toute cette merde…

― Oh, Juicy ! On va surmonter ça, d'accord, affirma la jeune femme en saisissant le visage du biker à crête entre ses mains. Tous ensemble, on va régler cette merde, et ce ne sera bientôt plus qu'un lointain souvenir. Ne craque pas, bébé : tout ira bien, le câlina-t-elle un peu, essayant au passage de se convaincre elle-même.

― Baxie, viens-voir une minute, tu veux ! la héla Chibs depuis la cuisine.

― J'arrive ! Courage, sweet heart, lança-t-elle en embrassant Juice, avant de rejoindre Chibs.

― Baxie ne pourra pas faire mieux que moi : elle n'est pas ingénieure, mec, soupira Tig adossé contre la gazinière, tandis que Piney, assis à la table, levait les yeux au plafond, l'air exaspéré.

― Ces deux idiots ont dû foutre la cafetière en l'air, expliqua Piney en désignant d'une main l'objet de la discorde sur le plan de travail.

― Elle marchait tout à l'heure, avant que t'y touche : j'ai senti l'odeur du café ! rétorqua Chibs moqueur en accusant le Sergent d'arme.

― Mais j'te dis j'y ai pas touché à cette merde ! s'emporta le biker aux yeux d'azur. »

Charlie laissa échapper un soupir et, sans prêter attention aux deux hommes qui se chamaillaient comme des enfants, se dirigea vers la cafetière.

― « Et bien sûr, aucun d'entre vous n'a pensé à la brancher, les admonesta la jeune femme en enfichant la prise électrique, et la cafetière émit alors un bruit de vapeur caractéristique. Et puis, depuis quand vous buvez du café tous les deux ?

― Y'a plus de bière, se justifia Tig. Le Prospect doit en ramener.

― Et vous aviez besoin d'être trois, pour faire du café ? Vous êtes vraiment impayables !

― Comment ça se passe de l'autre côté ? lui demanda Chibs.

― Hayes a grogné un peu, et Juicy a toujours la main plongée dans son cul d'irlandais.

― Je n'aimerais pas être à sa place, grommela Piney.

― Lui non plus il n'aime pas ça, rétorqua la jeune femme.

― J'vais aller voir ça, fit l'écossais en donnant son joint à Baxie, avant de l'embrasser sur le front et de quitter la pièce, Tig sur ses talons.

― Ça va toi ? s'enquit Piney voyant le teint pâle et les traits tirés de la petite, tandis qu'il posait un bras sur ses épaules pour l'attirer à lui, l'entraînant hors de la cuisine.

― Je suis consignée ; je tourne en rond et tout ce sang me donne furieusement envie de gerber, mais ça va, ricana-t-elle en passant un bras autour de la taille imposante du vieux biker, sans parvenir à en faire le tour.

― On va régler ça, chérie : ce sera bientôt fini, lui promit le doyen en l'embrassant.

― J'espère : il est à peine midi et j'en ai déjà plein le cul ! souffla-t-elle en se hissant sur la pointe des pieds pour lui rendre son baiser. Le café coule, Tiggy, informa-t-elle le biker en rejoignant la Chapelle.

— Il va lâcher sa meute sur notre chargement, expliquait Hayes à Chibs, la voix éraillée par la douleur, le visage couvert de bave. Il faut l'sortir pour de bon. Tu dois me l'promettre. »

Brenan Hefner, le commissaire du port d'Oakland, que l'IRA payait grassement pour qu'il ferme les yeux sur leurs chargements illégaux, était devenu gourmand et avait exigé plus de fric, ce que l'IRA n'était pas prêt à accepter. McKeavy, le contact irlandais des Sons en Californie, en avait fait les frais. Il s'était opposé à Hefner, et celui-ci l'avait fait battre à mort. C'était pour cette raison que Hayes avait repris les rênes du partenariat irlandais avec SAMCRO. Or, Hefner avait l'intention de foutre en l'air la prochaine livraison d'armes ce lundi, et Hayes aurait dû se charger de lui. Dans son état, c'était évidemment impossible. C'était pourquoi, les fesses à l'air, entre la vie et la mort, il suppliait Chibs de le faire pour lui.

— « T'inquiète pas, j'te l'promets : j'le ferais. J'te l'jure, répondit Chibs, tout à fait détaché, en lui fourrant le goulot d'une bouteille de scotch dans la bouche. Bois un bon coup, vas-y.

— Le sortir ? Ça veut dire le tuer, murmura Juice à l'intention de son mentor.

— Nan j'crois qu'il veut dire : dîner et film, répliqua l'écossais, atterré par la stupidité du jeune homme : le pire, c'était que le portoricain était sérieux.

— Ça te tente, Juicy ? se moqua ouvertement Charlie.

― Oh ça va, toi ! grogna le portoricain en faisant la moue.

― Ben quoi ? Cette petite expérience avec notre ami irlandais ne te donne pas envie d'essayer les hommes, sweet heart ? railla-t-elle encore en lui pinçant les fesses, avant de suivre Chibs pour éviter le coup vengeur du biker à crête.

— Jacky, mais où t'étais passé ? beugla l'écossais de sa voix grave et éraillée en voyant enfin arriver le VP.

— J'suis là maintenant, répondit Jax, la tête basse.

— La balle que c'mec a reçue dans l'cul a touché une artère fémorale principale. Il lui faut un médecin et il lui faut d'urgence, insista Chibs en attrapant la trousse de soin que lui avait apporté Jax, avant de retourner auprès de Cameron Hayes.

— Salut Jax, souffla Charlie en s'accrochant à son cou, soulagée de voir son frère en un seul morceau.

— Salut frangine, fit-il en la serrant contre lui, et sa sœur, sentant le parfum de femme encore accroché à son sweat, lui lança un regard incrédule que le blondinet esquiva aussitôt, cherchant plutôt son beau-père des yeux. Où est Clay ? demanda-t-il à la cantonade, les sourcils froncés.

— Unser l'a emmené pour l'interroger. Les Mayans ont aussi essayé d'avoir Darby, l'informa Opie.

— Jésus-Christ, jura Jax

— Écoute, tous les autres seront bientôt là, d'accord, intervint Tig. Clay veut examiner le problème Mayans avec tout le monde, avant qu'on décide de représailles.

— Ouais, ça semble logique. Préviens-moi s'il y a du nouveau, exigea le VP en se dirigeant vers la sortie, sous le regard réprobateur de Tig. »

Gemma et lui étaient allés chez Tara ce matin, et y avait trouvé Jax, sortant tout juste de la maison de la chirurgienne, les cheveux encore humides. Le Sergent d'Arme n'en revenait pas que leur Vice-Président se fut absenté si longtemps, alors que le Club avait besoin de lui, juste pour passer la nuit entre les cuisses de la Doc. Quand il s'agissait de faire couler le sang, le biker aux yeux d'azur ne faisait plus confiance au jeune homme : il était trop intelligent. Et les gens qui réfléchissaient trop finissaient par ne plus être capables de presser une détente. Tig était sûr que le Club ne devrait pas compter sur lui quand il faudrait régler leur compte à Alvarez et ses hommes.

— « Où tu vas ? l'interrogea Gemma en lui barrant le passage, des accents d'angoisse dans la voix.

— Chercher un médecin, rétorqua son fils, franchement agacé par l'omniscience envahissante de sa mère.

— Tu n'y vas pas seul.

— J'vais avec lui, se proposa Opie en s'engageant dans le couloir sans laisser à personne le temps d'acquiescer ou de protester.

— Allez, mam, détends-toi, ça va aller, la cajola Charlie, tandis que sa belle-mère regardait ses « enfants » partir avec angoisse. Je suis sûre que tout va s'arranger, positiva la jeune femme quand elles furent toutes deux dans la cuisine pour se servir une grande tasse de café.

— Arrête tes conneries, bébé, cracha Gemma en allumant une autre cigarette. »

Gemma avait déjà achevé un paquet de tabac ce matin et entamait allègrement le second, tandis que sa belle-fille se droguait au café. À chacune leur manière de tromper leur angoisse. L'attente interminable et l'incertitude les rendaient folles toutes les deux. L'absence de Clay aussi, n'était pas pour les rassurer.

― « Tu sais ce qui va se passer ? reprit la matriarche en la fixant durement. Un bain de sang. Un carnage. Voilà comment ça va se passer, énonça-t-elle sèchement, vrillant un regard froid sur sa fille. »

L'Old Lady savait pertinemment comment réagissait la jeune femme. Comme elle l'avait toujours fait, elle se contentait de se laisser porter, de positiver en plaisantant, pour nier l'évidence : l'issue de cette histoire serait macabre et sanglante. Et Gemma avait besoin de savoir si Bax était suffisamment de retour parmi eux pour le supporter, et surtout pour l'accepter. Elles devraient faire front commun, derrière SAMCRO : c'était leur rôle, leur devoir. La raison même de leur existence, Gemma en était persuadée.

— « Ce n'est pas obligé de se finir comme ça, objecta Baxie en s'asseyant pour fuir le regard inquisiteur de la régulière.

— Si, contra Gemma. Et la vraie question alors, c'est de quel côté tu te ranges maintenant.

— Du mien, mam.

— Tu vas devoir choisir un jour ou l'autre, Charlie.

— J'ai choisi ! tonna Bax en levant les yeux, ébranlée. J'ai choisi de ne plus regarder les gens que j'aime trop fort se faire descendre les uns après les autres ! Voilà de quel côté je suis, Gemma : celui de la vie ! gronda-t-elle avec une conviction qui fit frémir sa belle-mère.

— Tu n'es pas responsable de…

— Si je n'avais pas été là, Gemma… Si ma mère et Gia ne m'avaient pas aimée si fort, elles ne seraient pas mortes à l'heure qu'il est ! se reprocha Charlie, chagrinant profondément Gemma, cependant, elle esquiva le geste tendre et compatissant de la quinqua : elle n'en n'avait pas envie. Si Chris… commença-t-elle dans un murmure, sans pouvoir finir, sa voix se brisant à la seule mention de celui qu'elle avait perdu.

— Alors ton père avait raison.

— De quoi tu parles ?

— Il se doutait que ce gars n'était pas juste un collègue, s'expliqua-t-elle : elle n'avait pas pu laisser échapper cet accent douloureux, propre aux amours perdus, qu'avait employé la gamine. Tu sais, bébé, je comprends ta …

— Nan, Gemma, tu n'piges rien, rétorqua Baxie, tranchante. Y a sept ans, je suis partie en me jurant de ne plus jamais causer la mort de personne. Je me disais que si je m'éloignais de ma famille, des gens que j'aimais ; que si je me promettais de ne plus jamais m'attacher, plus personne n'aurait à mourir par ma faute, chuchota-t-elle, pour ne pas être entendue des bikers dans le bar. J'ai mis longtemps avant de le réaliser, Gem, mais maintenant je sais. Je ne pouvais plus tenir Clay ou le Club comme uniques responsables. C'était moi. Ma faute si Maman était morte, s'accusa-t-elle, tout en tentant de contenir les larmes qui perlaient aux coins de ses yeux. Et à cause de moi, si Gia avait été tuée. Je suis partie parce que j'étais coupable. Mais ça n'a pas suffit. La seule personne à laquelle je suis parvenue à m'attacher, je l'ai perdue… se désola la jeune femme dans un sanglot. La malédiction n'en finira jamais.

— Je suis tellement désolée, bébé. J'aimerais pouvoir t'aider, te soulager un peu. »

Gemma eut l'impression que son cœur se brisait à nouveau face à la détresse de son enfant. Elle était révoltée que Charlie puisse se tenir responsable de ces morts. C'était injuste, elle n'avait pas à en porter le poids. Ce n'est encore qu'une enfant, songea-t-elle. Pourtant, une petite voix au fond d'elle, martelait le contraire : Gia n'avait pas d'ennemis. Gia avait été tuée parce qu'elle était avec Charlie. Et Ryanne avait pris dans la tête, les trois balles destinées au crâne de sa fillette. Toute sa vie, Charlie en porterait le fardeau. Mais Gemma était intimement convaincue que ça la rendrait plus forte.

— « Si l'un d'entre eux meure, je n'le supporterai pas, mam. »


A suivre, Chapitre 7 : Hell Followed -part 2 - Des Mères (la suite Dimanche soir)

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Aujourd'hui, nous avons le grand honneur de recevoir Catherine Laborde! Merci Catherine d'être avec nous !

Je vous en prie, Edeinn, c'est un immense plaisir que de me retrouver sur B&B Family Channel, en si bonne compagnie!

Mesdames, Messieurs, Lecteurs, Bonjour !

Vos prévisions météo fanfiction du jour:

Le ciel sera couvert de nuages de remerciements aux lecteurs fidèles sur l'ensemble de la fiction.

Prévoyez des averses de reviews sur le "Chapitre 7: Leur Rôle, leur Devoir". Au plus grand bonheur de l'auteur qui pourra enfiler ses bottes de caoutchouc rouges à pois violet, ornées d'ailes de papillon en crépon jaune (si, si je vous jure, elles sont sublimes) pour sauter allègrement dans les flaques de motivation laissées par les reviews.

A noter que pour les jours à venir, une pluie éparse de Chapitres est attendue.

Demain nous fêterons les Lecteurs. Saint Lecteur a été canonisé par le Pape FanfictionXX pour avoir été l'instigateur du mouvement de paix très populaire de "Faites des reviews, pas la guerre!" en l'an de grâce 2012.

Mesdames, Messieurs, je vous souhaite une excellente soirée. A demain.