Je fais de mon mieux et je vais bientôt avoir du temps pour écrire. Mais pour le moment, je ne peux pas être aussi productive qu'avant. Je n'abandonne rien, je tiens à le dire. XD

Donc voici le chapitre 13, le malchanceux. Je vous ai pondu un petit lemon pour me faire pardonner, j'espère que ça ne sera pas trop mal.

Bonne lecture.


Harry connaissait cette odeur. Sulfureuse, chaude, un peu mouillée. Il l'avait sentie un milliard de fois. La sueur recouvrait son corps. Il aimait cette sensation. Tous ses muscles étaient bandés. Il bougeait son bassin à un rythme soutenu. Sous lui, le corps pâle de sa partenaire se tordait de plaisir. Il en avait l'habitude. Bien rares avaient été les nuits où il n'avait pu combler sa compagnonne. Mais celle-là semblait différente de toutes les autres.

En baissant les yeux, Harry ne vit pas la paire de seins fermes qu'il apercevait habituellement. Il n'avait d'ailleurs jamais aimé les seins. Son faible à lui, c'était les fesses. Rondes, douces. Il aimait les femmes musclées, car leurs fesses avaient une texture différente. Celle-là devait l'être, car les siennes étaient exactement comme il les aimait.

Harry accéléra les ondulations de ses hanches. Il faisait si chaud qu'il voyait presque la buée se former dans les vitres de la chambre. Les claquements indécents de leurs deux corps moites résonnaient dans ses oreilles. C'était excitant. Puis Harry réalisa que son bassin se heurtait aux superbes fesses de sa partenaire. Du sexe anal? Il n'en avait pas l'habitude. Ce n'était pas faute de ne pas avoir essayé, mais il n'avait jamais aimé. Et il n'était pas très doué pour cela.

Pourtant, la femme qui se tortillait sous lui semblait aux anges. Elle gémissait à chaque mouvement, bougeant souplement pour que son corps rencontre encore plus rapidement celui d'Harry.

Tout était brouiller, Harry devait avoir retiré ses lunettes. Il ne voyait qu'à moitié le visage pâle de celle à qui il faisait l'amour. À cette pensée, tout son corps se figea. Il faisait l'amour. En baissant à nouveau les yeux, Harry vit l'impensable. Ce qu'il avait d'abord pris pour une femme n'en était pas vraiment une. C'était un homme, un jeune homme. Plus jeune que ce à quoi il avait l'habitude. Harry baisait toujours des femmes plus vieilles que lui, à la recherche, d'une certaine manière, de sa mère défunte.

Par contre, ce garçon n'avait pratiquement rien de féminin. À part peut-être ses yeux, ou non : ses cils. Leur courbe était longue et gracieuse. Leur éclat blond leur donnait l'air d'être irréels. Harry contempla le reste du visage du mystérieux jeune homme. Il fut bien forcé de reconnaitre qu'il ne lui était pas étranger, au contraire. Les lèvres roses de son partenaire s'ouvrirent tout d'un coup, laissant échapper un râle animal qui l'excita étrangement.

Les hommes expriment leur plaisir d'une manière bien différente des femmes. Il aimait la voix du jeune homme. Mais son odeur était l'élément qui attirait le plus son attention.

-Malfoy…

Il laissa échapper son nom entre deux gémissements. Un cri un peu plus aiguë que les autres lui répondit. Les cheveux blonds de son coloc étaient étalés tout autour de son beau visage rougit. Il haletait, grondait puis sifflait. Quelques insultes volèrent. Leur étreinte n'avait rien de tendre. Elle lui apparut comme une joute charnelle.

-Draco… Draco.

Son prénom glissait si bien dans sa bouche. Sans pouvoir s'en empêcher, il se pencha au-dessus du corps luisant du blondinet. Leurs soufflent se mélangèrent. Les coups de bassin d'Harry devinrent plus secs. La délivrance approchait.

Lorsque leurs lèvres se rencontrèrent, le jeune Potter eut une impression de déjà-vu. Le goût de son coloc sur la langue fit monter son désir d'un cran. Les deux mains de Malfoy, qui jusqu'ici occupées à griffer son dos, montèrent pour lui attraper les cheveux, l'approchant d'avantage de lui. Le baisé était exigeant, possessif. Harry était comblé.

Sans prévenir, Malfoy laissa ses dents happer la lèvre inférieure de son partenaire. Il le mordit violemment, faisant succomber Harry au besoin de le prendre avec encore plus d'empressement. Le jeune Potter agrippa les hanches du blondinet, le pénétrant avec force et rudesse. L'autre vocalisa sa douleur, puis il lui mordit l'épaule, comme pour se venger.

Harry sentit alors l'érection de Malfoy cogner contre son ventre, désireuse et abandonnée. En un râle impatient, il la saisit de sa main droite et entreprit de la masturber frénétiquement. Elle pulsait contre sa paume à chaque coup qu'il donnait dans l'hantre étroit de son partenaire.

-Putain… gémit Malfoy, les pupilles dangereusement dilatées.

Son corps finement musclé ondulait contre lui. Harry le trouva immédiatement sublime. Rien n'était plus beau que cet homme, alors qu'il était à un cheveu de tomber dans la jouissance. Harry se surpris à attendre l'orgasme de son coloc avec beaucoup plus d'impatience que la sienne. Il voulait le voir basculer, il voulait sentir tout son corps se contracter et se relâcher d'un seul coup.

Ses mouvements de poignets devinrent acharnés, la bouche humide de Malfoy s'ouvrit en un cri muet… et il éjacula. Sa semence se répandit sur sa main et sur son ventre, mais Harry s'en fichait. Ses deux yeux restèrent fixés sur le spectacle auquel il venait d'assister. Il regrettait de ne pas pouvoir jouir avec son partenaire. Leur union allait durer encore un peu. Il devait se soulager. Il devait arriver au point de non-retour.

Mais l'orgasme semblait le fuir. Plus il pilonnait Malfoy et plus il était excité, mais jamais il ne faisait mine d'arriver à l'apogée de son plaisir. Frustré et contrarié au possible, il le martela avec encore plus de vigueur. Mais son coloc était déjà passé dans un état second. C'était injuste de continuer de secouer son corps ainsi.

-Draco, s'excusa misérablement Harry. D-dra…

-Harry?

Il sentit quelque chose lui secouer l'épaule. Mais il ne pouvait pas s'arrêter maintenant. Il était si proche de l'hypoténuse de leur étreinte, si proche…

-Harry? Ça va? Harry?

Une main se trouva sur son épaule, il en était certain.

-Harry, réveille-toi.

Toute la scène s'évanouit d'un seul coup. L'odeur, la chaleur et Malfoy perdu dans les méandres de l'orgasme… Tout était si loin.

Harry ouvrit les yeux, encore à moitié endormi. Il vit alors les contours du visage de son coloc se dessiner devant lui. Ils étaient dans le lit de Malfoy, ça sentait son odeur.

-Ça va, Harry? Tu faisais un cauchemar? Tu avais l'air agité.

Un peu plus éveillé, le concerné s'étira en souriant. Il posa sa tête sur l'oreiller, bailla, et répondit :

-Je faisais plutôt un rêve très chaud.

L'autre rougit à ses mots. Il se redressa en poussant la couette. Bientôt, il fut debout à côté du lit.

-Aujourd'hui, je ne travaille pas, et toi?

Harry se frotta les yeux, fatigué.

-Oui, je travaille jusqu'à quatre heures.

-Debout, alors. Je vais aller faire le petit-déjeuner.

Malfoy tourna les talons, se préparant à aller dans la cuisine. Harry se dressa sur ses coudes.

-Je vais t'aider.

-Non, dit son coloc sans se tourner. Toi, tu vas aller se laver et te débarrasser de ce qui se trouve présentement dans ton pantalon.

Il s'enfuit presque de la chambre.

0oOo0

-C'est ici que tu habites?, demanda Théo en passant le pas de la porte.

Seamus avait déjà enlevé ses chaussures et s'attaquait désormais à son manteau. Il jeta un coup d'œil à son ami.

-Oui. Avec Blaise.

-Et il est ici en ce moment?

Le plus petit des deux leva les yeux vers le ciel, signe qu'il y pensait, puis il regarda le plus grand en disant :

-Non, je ne crois pas. Il sort souvent, ces temps-ci, mais il ne veut pas me dire avec qui.

-Oh.

-Tu as faim?

Théo fit «oui» de la tête.

-Viens, l'invita l'Irlandais en se dirigeant vers la cuisine.

À cette heure de la journée, le soleil entrait par les grandes fenêtres qui bordaient les murs. Théo aimait le soleil.

-Tu veux quoi? Tu as le choix. Il y a de la lasagne… et c'est tout.

-Je crois que je vais prendre la lasagne.

-Tu es sûr?, questionna Seamus, qui s'était accroupi devant le frigo.

-Oui. J'aime bien la lasagne.

-C'est Blaise qui l'a faite.

-Et où est Blaise, en ce moment?

Le plus petit des deux avait saisi le plat qui contenait la lasagne. Il le posa sur le comptoir.

-Je ne sais pas. Il est sûrement sorti, mais je ne sais pas avec qui.

-Oh, tu me l'as déjà dit.

-Ah oui?

Thé regarda par la fenêtre, puis il se tourna vers son compagnon.

-C'est quoi ce bruit?

-Quel bruit?

-Tu n'entends pas?

-Non.

Ils tendirent tous les deux l'oreille, et Théo finit par avouer :

-Tu as raison, il n'y a pas de bruit.

-De quoi tu parles? Je l'entends très bien, répliqua Seamus. On dirait un grincement.

-Maintenant que tu le dis…

-Je crois que ça provient du salon.

Seamus délaissa sa lasagne et se dirigea vers le salon, vite suivi de Théo.

-Tu crois que c'est un cambrioleur?

-Non, dit le plus grand des deux. Il n'aurait pas fait de bruit. Tu les connais, les cambrioleurs, ils passent toujours inaperçus.

-Alors qu'est-ce que c'est?, s'impatienta Seamus.

-Je dirais qu'il s'agit d'un lit.

Il y eut un petit silence, seulement troublé par l'étrange grincement.

-Pourquoi un lit tenterait-il de s'introduire chez moi?, fit l'Irlandais.

-Je ne sais pas, répondit Théo. Peut-être qu'il aurait voulu être un cambrioleur.

-C'est absurde. Les lits sont des lits, et les cambrioleurs sont des cambrioleurs. En plus, je n'ai jamais entendu parler d'un lit qui voulait être un cambrioleur.

-Peut-être que c'est le premier.

Deuxième silence. Les grincements devinrent plus sonores.

-Tu crois que c'est le voisin?, demanda Seamus.

-Le voisin est un cambrioleur?

-Je ne lui ai jamais demandé.

Troisième silence.

-Je pense que le grincement vient de la chambre juste là, dit Théo en désignant une porte dans le couloir.

-C'est celle de Blaise.

-Allons vérifier, proposa le plus grand.

-D'accord.

Ils allèrent vérifier. En ouvrant la porte, Seamus sentit tout de suite que quelque chose clochait, mais lorsqu'il découvrit son coloc très occupé dans son lit avec un grand rouquin, il comprit d'où venait le grincement. En arrière de lui, Théo s'était mis à rougir comme un fou. Il avait posé ses deux mains devant ses yeux en écartant les doigts pour être sûr de tout voir.

-Blaise!, s'exclama Seamus.

Le mulâtre se dressa comme un ressort.

-Seam? Qu'est-ce que tu fais ici? Sors de ma chambre.

Il semblait paniqué. L'Irlandais posa les yeux sur le jeune homme qui se trouvait dans le lit de son coloc.

-Oh! C'est un cambrioleur?

Théo lui répondit :

-Ça en a tout l'air.

-De quoi ils parlent, ces deux-là?, demanda le rouquin.

-Ne fais pas attention à eux, gronda Blaise en fusillant Seamus du regard. C'est juste mon coloc et son…

-Son fiancé!, clama Théo en souriant, fier de lui.

-Je ne suis pas ton fiancé, objecta l'Irlandais.

-Je sais, dit l'autre en le regardant. Je fais juste semblant. C'est pour voir l'effet que ça fera quand tu le seras.

-Oui, je comprends. Comment c'est?

-BORDEL, SORTEZ D'ICI, rugit le mulâtre.

Seamus et son futur fiancé n'eurent pas d'autre choix. Ils passèrent la porte à reculons.

-Ils sont cons ou quoi?, demanda le rouquin à son partenaire.

-Je sais pas, Ron. Je sais pas.

0oOo0

-Ça fait longtemps que tu es allé au cinéma?

-Non, dit Harry, mais il savait pertinemment que c'était un gros mensonge.

Malfoy poussa la porte. Il la tint pour lui alors qu'Harry pénétrait à l'intérieur du grand bâtiment. Une odeur de popcorn lui attaqua les narines dès qu'il fit quelques dans le cinéma. Il n'aimait pas spécialement cette odeur, mais la sorte de nostalgie qu'elle éveilla en lui chassa son désagrément.

-Alors? Le film commence quand?

-Dans 15 minutes, répondit Malfoy.

Il semblait tout à fait à l'aise. Il devait venir ici assez souvent. Une sourde jalousie chatouilla la nuque du jeune Potter alors qu'il pensait à tous les mecs qui avaient dû l'emmener à cet endroit avant lui. Ou même que c'était peut-être Malfoy qui les avait invités. Harry se surpris à grincer des dents. Pourquoi se torturait-il ainsi? Ça ne servait à rien de penser à cela.

Désormais, Malfoy était à lui. À lui? Non, pas tant qu'il ne serait pas au moins son petit-ami. Hors, il ignorait jusqu'à ses sentiments pour lui.

Harry se trouvait pathétique. Il se voyait déjà obtenir son coloc alors que ce dernier n'était même pas intéressé par lui.

Et si j'étais en train de passer à côté de ma seule chance?

Cette question s'était mise à le hanter. Il se sentait tellement idiot d'hésiter encore et encore.

Je le veux rien que pour moi. C'est évident… Alors pourquoi je reste aussi passif?

Harry se passa une main dans les cheveux.

-Ça va?, demanda Malfoy.

Le jeune Potter hocha la tête, fatigué. L'autre l'invita à faire la file pour acheter leurs billets. En quelques minutes à peine, ils furent prêts à aller s'installer devant le film que le blondinet avait choisi. Harry eut un frisson en pensant à la diffusion à laquelle il s'apprêtait à assister sur grand écran. Les esprits vengeurs ne lui disaient rien qui vaille.

Malfoy lui jeta un coup d'œil curieux en étouffant un petit rire. Ils venaient de faire leur arrivé à l'intérieur de la salle plongée dans la pénombre et Harry était déjà sur les nerfs.

-Tu as peur? Si tu ne veux pas voir ce film, tu peux me le dire, ricana le blondinet.

-Non, je n'ai pas peur du tout.

Il était mort de trouille!

-Je n'ai jamais eu peur de ce genre de conneries.

Bordel, il avait les mains tremblantes et le front mouillé par l'appréhension.

-Oh, alors ça ne va pas te déranger qu'on aille s'asseoir à la première rangée.

-Pas du tout!

Les deux garçons prirent place au beau milieu de cette fameuse rangée. Harry retira son manteau, aussitôt imité par son coloc. Le jeune Potter rougit un peu en pensant qu'ils avaient un peu l'air d'un couple, comme ça, tous les deux.

Arrête de te faire des idées, imbécile.

Malfoy était juste à côté de lui. À quelques centimètres, à peine. Si Harry le voulait, il pouvait le toucher. Il pouvait poser sa main sur la sienne. Un peu mal à l'aise, il baissa les yeux vers ses chaussures. Il n'osait pas regarder le blondinet trop longtemps. Et s'il devinait ses sentiments? Oh, l'horreur. Harry préférait de loin lui dire lui-même. Cela ajoutait à l'impression d'urgence qu'il ressentait.

Malfoy s'était mis à siroter tranquillement son coca. Il ne semblait pas s'apercevoir qu'Harry était en réflexions profondes sur sa vie amoureuse.

Et le film commença. Après une série de publicités, la musique d'horreur s'éleva dans la salle. En un regard en biais sur son coloc, Harry constata l'excitation qui l'avait gagnée. Ce mec était fou. Comment pouvait-il aimer regarder ce genre de truc? Il n'était pas supposé être comme les filles? C'était ça, être tapette, nan?

Il est tellement sexy…

Harry n'avait rien à branler du film. Tout ce qu'il voulait, c'était observer son coloc. Son bon sang de coloc homo qui avait une manière tout à fait obscène de sucer sa paille de plastique. Harry la jalousa aussitôt. Il prit également soin de regarder les alentours pour s'assurer que personne n'avait remarqué le petit manège de Malfoy.

Pourquoi se léchait-il les lèvres comme ça? Putain!

La musique devint tout à coup violente dans la salle. Harry sursauta. Il osa poser un œil sur l'écran et il regretta aussitôt. La fille qui interprétait le personnage principale était enfermée dans une espèce de salle d'opération où les médecins étaient visiblement possédés par des esprits maléfiques ou quelque chose du genre. À la droite du jeune Potter, son coloc pinçait les lèvres en affichant un air intéressé.

En s'apercevant qu'Harry était au bord de la crise cardiaque, le blondinet s'arracha à sa contemplation morbide et posa doucement sa main sur celle de l'autre garçon.

-Eh, ça va? T'es sûr que t'as pas peur?

Harry était encore plus agité que deux minutes au pare avant, mais désormais c'était pour des raisons tout à fait différentes. Sentir la peau de son coloc contre la sienne était au-delà de ce qu'il pouvait supporter tout en restant sain d'esprit. Il leva lentement les yeux pour les plonger dans leur homologue gris. Dans la pénombre, la peau pâle de Malfoy semblait briller d'un éclat surnaturel. Mais ça n'avait rien d'effrayant, au contraire. Il ressemblait à un elfe.

-Potter?

-Harry, corrigea l'autre.

Malfoy fronça un peu les sourcils.

-Pourquoi tu ne m'appellerais pas Harry?

-Oh, eh, je sais pas. On s'est toujours appelés pas nos noms de famille, alors je croyais que… je devais continuer.

-J'ai envie de t'appeler Draco.

Le blondinet se tut. Il se contenta de le fixer sans ajouter quoi que ce soit de plus. Harry en profita pour serrer un peu la main de son coloc dans la sienne. Il sentait le rouge lui monter aux joues, mais rien ne pouvait plus l'arrêter, même la gêne ne l'atteignait pas. Il pouvait le faire, il s'en sentait capable. C'était le moment.

-Draco…

Il ne devait pas hésiter. Il devait tout déballer très vite, sans pause.

-Je sais qu'on ne se connait pas depuis si longtemps, mais…

Oh bordel, il avait l'air ridicule. Malfoy affichait un air perplexe empreint d'incompréhension.

-Parfois, je veux dire… il m'arrive. Enfin, tu comprends. Pendant la nuit, je fais des rêves. Et tu sais, des rêves réservés aux…

-Harry, puisque c'est comme ça que tu veux que je t'appelle, je ne comprends rien à ce que tu me racontes.

-Oh.

Lui non plus, ne comprenais plus rien.

-Tu fais quel genre de rêves?

-Des rêves pornos.

Malfoy passa de la perplexité à la surprise.

-Des rêves pornos?, répéta-t-il.

-Des rêves pornos de toi.

-Hein? Tu…

Harry posa sa main sur ses lèvres. Il savait qu'il était carrément en train de s'enfoncer.

-Draco, ce que je veux te dire, c'est que tu m'attires.

-Okay, fit son coloc. Tu es gay et tu as un faible pour moi en plus? C'est une blague, c'est ça? Parce que tu me l'as faite déjà une fois et c'était déjà pas drôle à ce moment-là, alors une deuxième, c'est encore pire.

-Cette fois-ci, je suis très sérieux.

-Harry, s'il-te-plaît, pour une fois…

-Je te dis que je suis sérieux. Et franchement, je croyais que tu avais deviné. Quand tu m'as retrouvé dans ton lit, j'ai cru que tu me démasquerais tout de suite. Draco, est-ce que tu t'es regardé? Non mais, c'est vrai! Ça prend aucun diplôme pour voir que t'es hyper canon. Je l'ai vu tout de suite, tu sais. Dès notre première rencontre. C'était évident. Comment un mec peut être gay et ne pas tomber amoureux de toi? Je… Oh merde, j'ai rien dit.

Harry plaqua ses deux mains sur sa bouche. Il était saisi d'horreur.

-Non, non, ce n'est pas ce que tu crois, okay?, ajouta-t-il piteusement. Ce qui est important, c'est que je… ne veux plus être ton coloc.

Malfoy avait eu l'air perdu au départ, mais désormais, c'était encore pire.

-Quoi?

-Eh… Je veux… Tu sais.

-Tu veux déménager? Mais je ne vois pas le rapport avec le fait que tu sois gay et tout. Je veux dire… Je m'en fous. Et même si tu me trouves agréable à regarder, c'est normal, c'est vrai que je suis assez beau, mais c'est pas une raison pour t'enfuir comme un voleur. On peut cohabiter et tout.

-Non, lâcha Harry. Je ne veux pas partir. Surtout pas. Je veux toi, eh, sortir avec toi. Non, attends, merde! Je veux être ton copain, dans le sens petit-ami.

Il retint son souffle. Il avait lâché une bombe, c'était fait. Restait plus qu'à savoir si elle allait exploser.

Et Malfoy ne réagissait pas du tout comme il s'était imaginé. Harry s'était attendu à ce qu'il le rejette avec dégoût ou lui saute dessus avec désir. Le blanc ou le noir, le négatif ou le positif. Il n'y avait que deux issus possible. Enfin, c'est ce qu'il croyait, mais à voir la tête de Malfoy, ce n'était pas le cas.

-Qu'est-ce que tu as à rire comme ça?, demanda Harry, vexé.

-J'ai vraiment failli y croire, mais alors, ça, c'est la cerise sur le gâteau. Tu veux être en couple avec moi? Nan, c'est trop, je ne marche plus. Écoute, Harry, la blague a assez duré, je sais que tu es hétéro et je sais que jamais tu n'éprouveras le moindre désir pour un mec et encore moins un mec comme moi.

-Ah ouais? Alors tu penses que je suis assez con pour te mentir à propos de ça?

-Tu l'as déjà fait, je te rappelle, répliqua Malfoy en haussant un sourcil.

Harry le trouva adorable, mais se retint pour ne pas se jeter sur lui.

-Je te promets que je ne blague pas.

-Ta promesse n'a plus aucune valeur.

-Et ça, est-ce que ça en a?

Un coup de tête. C'était ridicule et il avait au moins 90% des chances de se ramasser avec une bonne gifle. Le seul avantage qu'il avait était celui de la surprise. Une seule chose était sûre : Malfoy s'attendait à tout sauf à ça.

Harry se pencha à toute vitesse dans sa direction. Il ne voulait pas se décourager à mi-chemin. Il devait aller jusqu'au bout.

Ma seule chance.

Il la saisirait. C'était son grand moment. Malfoy lui facilita la tâche en se figeant comme une statue. Harry lui attrapa les lèvres à toute vitesse. Il osa même fermer brièvement les yeux pour profiter de toutes les sensations qui le submergeaient à ce moment-là. Harry était excité, fébrile et il était mort de peur.

Malfoy goutait bon, comme d'habitude, un peu comme les filles. Harry, lui, ne devait pas être un plat de luxe. Ses lèvres pudiquement appuyées contre celle de son coloc se mirent à chatouiller. Il avait envie d'aller plus loin, juste un peu, juste pour le plaisir. Et au diable les conséquences.

Harry glissa lentement sa main droite dans les cheveux blonds de Malfoy. Ils étaient très lisses, et doux comme ceux des bébés. Le jeune Potter poussa la tête de l'autre garçon vers la sienne en ouvrant la bouche. Après une morsure mutine à sa lèvre inférieure, il osa laisser sa langue entrer dans la partie. Cela eut pour effet de refroidir un peu Malfoy, qui essaya de se séparer de lui en reculant, mais la main possessive d'Harry l'en empêchant. Il forçait le contact tout en sachant que c'était la seule façon d'étirer le moment le plus longtemps possible. Malfoy aurait toutes les occasions pour le rembarrer après.

Son bas-ventre se réchauffait un peu trop vite à son goût, sans parler du fait qu'il salivait beaucoup trop. Harry avait toutes les misères du monde à se contrôler. Il dû faire un effort surhumain pour se séparer de la bouche délicieuse de son coloc. Il ne détourna pas le regard, fixant ses orbes émeraude dans celle. D'un gris d'orage, de Malfoy.

-Okay, murmura le blondinet, t'es peut-être pas tout à fait hétéro.


J'ai fait un chapitre un peu plus long, vous avez remarqué?

Bon, les chosers avances, à bientôt, j'espère. Dans deux semaines, je devrais retrouver mon rythme d'avant. XD