Bonsoir à tous! Me voici de retour avec le chapitre 14 d'Amore Verdare!

Merci de tout mon cœur à ceux qui continuent à m'écrire ou m'ajouter en favoris, sachez que chaque review/ajout est un véritable bonheur.

Alors, j'ai vu que certains lecteurs étaient un peu frustrés par "mon" Harry, alors je préfère vous expliquer ma vision des choses pour que vous compreniez pourquoi il est comme ça. Alors oui, Harry est un sorcier doué, on le voit à sa maitrise rapide de plusieurs sortilèges comme le Patronus (qui lui a permis de repousser une centaine de Détraqueurs quand même). Mais pour le reste (sauf oubli) je suis de l'avis d'Harry lui-même qui ne cesse de dire que la chance avait une grande part dans ses réussites. Je m'explique (ATTENTION SPOILER): étant le dernier Horcruxe, Harry avait certains pouvoirs de Voldemort et un lien avec celui-ci, sans oublier la connexion des baguettes jumelles. C'est ce qui lui a permis selon moi d'en arriver où il était au début du 7, ça et une protection infaillible posée par Dumbledore. Alors oui, Harry a battu le plus grand mage noir, mais en utilisant quoi? La Baguette de Sureau, qui reste la plus puissante à ce jour. Comme elle lui appartenait, elle n'a pas pu le blesser et elle s'est retournée contre Voldemort. Si la dite baguette avait bien été dominée par Voldemort, je ne sais pas ce qu'il serait advenu de ce cher Harry! Mais il a des facilités avec la magie, je l'avoue!

Donc on en vient à la fin de l'histoire de JK et au début de la mienne. Harry perd les pouvoirs qui le lient à Voldemort (il ne parle plus le Fourchelang par exemple) et passe 2 ans sans utiliser la magie. Donc oui c'est normal qu'il ait du mal à reprendre, d'où les petits soucis qui ont suivi. Je veux pouvoir faire évoluer mes personnages dans un laps de temps qui me parait réaliste. Si je commence ma fic avec un Harry badass, ben ça ne serait pas drôle!

Bref j'ai explosé mon espace d'écriture perso, j'espère vous avoir fait comprendre mon point de vue, sachez encore que j'apprécie tous les commentaires et que je vous remercie tous. Voilà voilà sur ce je vous souhaite une bonne lecture!

Elendil-sama


Quelque chose entra en collision avec sa main et il sentit sa baguette glisser d'entre ses doigts. Soudain, une douleur insurmontable le déchira de toute part, comme si quelqu'un était en train de le couper en morceaux. Il tenta de résister ma chaque parcelle de son corps sembla se détacher pour se perdre dans le néant.

Il fut presque soulagé en se sentant tomber dans l'inconscience.

Chapitre 14

Très lentement, les vagues de douleur qui parcouraient son corps de la tête au pied se résorbèrent, le laissant épuisé et tremblant. Il tenta de se concentrer afin que la sensation de brûlure qu'il sentait tout le long de son côté droit soit mise au second plan, lui laissant la possibilité de penser. Tout ce qu'il était capable de dire depuis qu'il avait repris connaissance est qu'il était vivant. Il n'imaginait pas la mort comme étant aussi douloureuse et déchirante.

Il tenta d'ouvrir les yeux mais à cet instant, quelque chose s'appuya sur son bras et il sursauta tellement fort qu'il sentit ses lunettes lui glisser du nez.

« Reste tranquille, Potter ! » Entendit-il sur sa droite.

Ce fut cette voix qui lui fit ouvrir les yeux.

Par reflexe, il tourna la tête vers la voix de Malfoy et deux choses se produisirent en même temps. Tout d'abord, une douleur insupportable le traversa de la racine des cheveux à la base du cou, ensuite, une main se posa sur le sommet de son crâne et força sa tête dans sa position initiale. Il eut le temps d'apercevoir la cime de plusieurs arbres entre lesquels filtrait une douce lumière rose avant que le visage du blond n'apparaisse devant le sien.

« Par la barbe de Merlin, tiens-toi droit ! Tu veux t'arracher la moitié du visage ou quoi ? »

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » Demanda Harry et ce simple geste lui arracha une grimace de douleur.

« Désartibulement. » Grommela Malfoy et Harry se figea.

« C'est grave ? » Demanda-t-il malgré la douleur que cela impliqua.

« Tu as perdu de larges morceaux de chair ainsi que quelques os à plusieurs endroits, localisés majoritairement sur ton côté droit. » Expliqua Malfoy. « J'ai réussi à faire repousser la plupart de tes os mais il faudra attendre encore plusieurs heures pour qu'ils durcissent. Là, je m'occupe de la partie charnelle. »

Harry ouvrit la bouche et, combattant la douleur qui lui déchirait le visage, il demanda.

« Depuis combien de temps es-tu en train de me soigner ? »

Il sentit les mains du blond, qui parcouraient son flanc droit avec délicatesse, se figer.

« Quoi ? » Pressa Harry.

« Je pensais que ta prochaine question serait plutôt 'Est-ce que je vais garder d'énormes cicatrices ?' »

« J'en aurais ? » Murmura Harry, la gorge nouée.

Malfoy se tut un instant et Harry contrôla son envie de hurler.

Depuis sa victoire sur Lord Voldemort, il avait remarqué que la cicatrice qu'il portait au front commençait à s'atténuer. Inquiet, il s'était confié à Hermione qui l'avait rassuré en lui expliquant que comme cette marque avait été apposée par Voldemort, il était normal qu'elle disparaisse avec lui. Ainsi, au bout de trois ans, elle s'était tellement affinée qu'elle se perdait aisément dans la frange de sa chevelure. Il devait avouer que la perspective de se retrouver à nouveau marqué ne l'enchantait guère.

« Non. J'ai avec moi des produits qui ne laisseront pas la moindre trace. » Finit par répondre Malfoy.

« Ok. » Souffla Harry en se relaxant. « Ok, donc rafistole moi et nous pourrons rentrer au ministère… »

« Ferme-la et repose-toi. » Lui ordonna le blond. « Plus tu t'agites et plus il faudra de temps à mon onguent pour qu'il fasse effet. »

Harry se tut et son regard se reposa sur les branches au travers desquelles il apercevait un bout de ciel orangé. Ils devaient être en toute fin d'après-midi et quelque part non loin d'eux, le soleil se couchait.

Ce combat avait été un désastre. Il avait réussi à mettre Zabini hors d'état de nuire et aurait pu le neutraliser sans peine si Goyle n'avait pas fait son apparition. Comme s'il avait lu ses pensées, Malfoy lui lança :

« Si tu n'avais pas Transplané de manière si…désordonnée, nous n'en serions pas là. »

Puis, voyant que le brun ne répondait pas, il ajouta.

« Pourquoi avoir quitté les lieux aussi vite ? Zabini semblait à portée de main et tu n'as même pas cherché à te battre avec Goyle. Perte de confiance soudaine ? »

« Non ! » Grogna Harry et il ferma les yeux, traversé par une nouvelle vague de douleur.

« Pourquoi alors ? » Insista Malfoy, mais Harry ne répondit pas.

Que pouvait-il répondre ? Qu'il avait eu peur que Goyle s'en prenne à lui ? Qu'il avait paniqué en voyant le jet de lumière verte passer si près du blond et qu'à cet instant, la seule pensée qui l'avait dominée était de le sortir de là ? Il tenta de ne pas penser à Ron, qu'il avait lâchement abandonné sur le champ de bataille et à ce qu'il avait pu lui arriver.

En voyant Gregory Goyle, une haine qu'il n'avait pas ressentie depuis des années s'était insinuée dans ses veines et il s'était préparé à un combat sans merci. Maintenant qu'il y pensait, pas un moment il n'avait imaginé ramener le Mangemort au ministère. A cet instant précis, seul son ennemi comptait et il n'y avait eu qu'eux deux sur Terre.

Et puis il s'était tourné vers le blond et il était revenu à la réalité. Avec un équipier blessé et sans baguette, il ne pouvait se permettre un combat dans lequel il savait qu'il se plongerait sans le moindre regard en arrière. Il avait donc pris la décision qu'il jugeait la plus sûre : il avait fui.

« Où est ma baguette ? » Demanda-t-il dans l'espoir de changer de sujet.

« Je pense que tu l'as laissée là-bas. » Répondit Malfoy. « Si tu t'es Désartibulé, c'est que tu n'avais plus ta baguette en main durant ta Désapparition. »

Harry grogna lourdement. Cela voulait dire qu'aucun des deux hommes ne détenait de baguette. Ils ne pouvaient donc pas Désapparaître. Il espérait de tout cœur que Goyle et ses amis n'avaient pas saisi l'occasion de s'emparer des deux baguettes. Après tout, Goyle n'avait peut-être pas vu que Malfoy avait déjà perdu la sienne, Zabini n'était sans doute pas en état de parler après le sort que lui avait lancé Harry.

A nouveau, semblant lire dans ses pensées, Malfoy demanda :

« Le sort que tu as jeté à Zabini, comment s'appelle-t-il ? »

« Globulus. » Répondit Harry en grimaçant à nouveau.

« Pardon ?! » S'exclama Malfoy. « Mais ce sort n'existe pas ! »

Harry se permit un sourire penaud.

« Il y a encore quelques semaines non, il n'existait pas. » Puis, voyant le regard incrédule du blond, il ajouta « Je l'ai inventé. »

Malfoy le regarda, la bouche légèrement ouverte. Harry appréciait les moments où le masque du blond semblait glisser légèrement, laissant entrapercevoir la véritable personne se cachant derrière.

« Tu l'as inventé ? »

« Ouep. »

« Et tu t'attends à ce que j'avale ça ? »

« Je ne vois pas ce qu'il y a de si surprenant, Severus Snape en avait inventé pas mal…pas que l'on soit du même niveau, mais je pense qu'après avoir passé toute une année à lire ses propres avancées en la matière à travers son livre…enfin je pense avoir saisi le truc, tu vois ce que je veux dire ? » Répondit-il en levant les yeux vers le blond.

Apparemment, celui-ci n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait bien vouloir dire.

« Bref, pendant ton mois…enfin pendant ton absence, j'en ai profité pour m'entraîner et j'ai essayé, pendant plusieurs semaines, jusqu'à ce que j'obtienne l'effet voulu. C'est un sort qui bloque tes fonctions vitales pendant quelques secondes, un peu comme se prendre une énorme boule d'acier en plein ventre, très efficace comme attaque surprise car c'est très rapide, et comme je viens de l'inventer, personne ne connaît le contre sort. » Sourit-il.

Malfoy continuait de le regarder sans rien dire et soudain, il se sentit mal à l'aise. Il tenta à nouveau de changer de sujet.

« Et toi ? » Demanda Harry. « Tu t'es aussi…Désartibulé ? »

« Non. » Répondit Malfoy, un peu plus froidement. « Il semblerait que quelque chose m'ait…protégé. »

Harry ferma les yeux et après quelques secondes, Malfoy reprit son travail sur son flanc droit.

« Ron… » Soupira Harry après un moment de silence.

Il ne voulait pas y penser, ne voulait pas imaginer ce qu'il avait pu lui arriver. Et pourtant, quelque part au fond de lui, il avait déjà fait le calcul qui le menait à deux possibilités : soit Ron avait été enlevé à son tour, soit il était mort.

Il ferma les yeux, la douleur qu'il ressentait à présent bien plus forte que celle qu'il ressentait depuis son réveil. Si quoi que ce soit était arrivé à Ron, il perdrait les deux personnes qui comptent le plus à ses yeux.

Son esprit, rendu brumeux par les soins de Malfoy, se mit alors à faire la liste de tous les êtres aimés qu'il avait perdu depuis sa naissance. Le visage de sa mère apparut devant ses yeux, un tendre sourire aux lèvres auquel il répondit, les yeux à moitié fermés. Puis Sirius glissa sur sa gauche, accompagné de Remus et de James.

Il s'endormit au milieu des apparitions.


Lorsqu'il se réveilla, il faisait nuit noire. Il cligna plusieurs fois des yeux, tentant d'ajuster sa vue et ses pensées. Il avait rejoint Ron et Malfoy au Terrier et avait affronté Zabini, puis Goyle était apparu et il avait fui avec Malfoy…

Il s'assit droit comme un piquet et la partie droite de son buste protesta.

« Potter ! » Entendit-il derrière lui. « Allonge toi ou je t'assomme ! »

« Il faut qu'on s'en aille ! » S'exclama Harry en tentant de se lever, sans succès.

« Quoi ? » Demanda Malfoy et Harry l'entendit se lever. « Qu'est-ce que tu… »

« Maintenant Malfoy ! » Cria Harry d'une voix rendue aigüe par la panique.

Une main se posa sur son épaule et Malfoy apparut près de lui, les sourcils froncés.

« Calme-toi Potter… »

Mais Harry le coupa.

« Cet endroit n'est pas sûr, il faut qu'on s'en aille. »

Malfoy jeta un regard autour de lui et ses yeux se reposèrent sur le brun.

« Où sommes-nous ? »

« Je n'ai pas eu le temps de réfléchir, j'ai juste pensé à un endroit sûr, un endroit où personne ne viendrait nous chercher. »

« Où-sommes-nous-Potter ? » Demanda Malfoy dans un sifflement.

« Poudlard. » Répondit Harry en faisant une nouvelle tentative pour se lever.

« Poudlard ? »

Malfoy jeta un nouveau regard circulaire.

« Je ne vois pas le châ… »

Sa phrase mourut au bord de ses lèvres alors que, lentement, il se tournait vers Harry.

« Tu plaisantes. »

« J'ai pensé Poudlard ! » Se défendit Harry. « Mais comme j'ai perdu ma baguette en cours de route, je pense que cela nous a légèrement fait dévier de notre trajectoire… »

« Légèrement ? » S'écria Malfoy d'une voix plus aigüe encore que celle d'Harry, puis, jetant un furtif coup d'œil derrière lui, il se pencha sur le brun, menaçant. « Légèrement ? Tu nous as propulsé tout droit dans la Forêt Interdite ?! »

« Ce n'est pas à ça que j'ai pensé ! » Répondit Harry en s'agrippant au blond pour se relever.

« Et tu ne penses à mentionner ça qu'une fois la nuit tombée ? » Chuchota Malfoy en passant une main sous son bras, le hissant sur ses pieds.

« Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, j'étais un peu préoccupé par la douleur insupportable que je ressentais à ce moment ! »

Ils marchèrent sur quelques mètres, s'éloignant de la clairière dans laquelle ils étaient apparus et Malfoy l'aida à s'adosser à un large tronc. Harry était à bout de souffle.

« Tu n'es pas en état de marcher. » Confirma Malfoy et il le vit fouiller dans la besace qu'il portait toujours avec lui.

A cet instant, ils entendirent un cri venant des tréfonds de la forêt et se figèrent. Malfoy lui lança un regard meurtrier et Harry se rappela que le bond n'avait jamais vraiment aimé cet endroit de Poudlard, depuis leur première année durant laquelle ils s'étaient retrouvés nez à nez avec Lord Voldemort.

Malfoy lui tendit une petite fiole contenant un liquide bleu. Harry leva un sourcil interrogateur.

« C'est une potion à base de poudre de dragon que j'ai remanié. Elle t'aidera à tenir debout pendant quelques heures. »

« De la poudre de dragon ? » Demanda Harry, incrédule. « Je croyais qu'il s'agissait d'un stimulant pour le cerveau ? »

« Quelle partie de remanié tu ne comprends pas, Potter ? Bois ! »

Harry prit une profonde inspiration et but la potion d'une traite. Après tout, il n'avait pas vraiment le choix étant donné leur situation actuelle.

Ce fut comme s'il avait bu de l'alcool à 90° et il toussa lourdement. La potion sembla descendre le long de sa gorge pour se répandre dans chacun de ses membres, annihilant la douleur qui le rongeait, calmant la brûlure de son côté droit. Puis tout à coup, la chaleur qui s'était répandue jusqu'à la pointe de ses doigts remonta d'un geste brusque jusqu'à son cerveau. Un véritable feu d'artifice explosa au creux de sa tête et il vacilla dangereusement. Il sentit les mains du blond le maintenir droit.

« Woaw ! » S'exclama Harry en rouvrant les yeux. « C'est…woa ! »

Malfoy laissa échapper un bruit d'impatience mais Harry vit une lueur de fierté scintiller dans les opales grises.

« Tu peux te tenir debout ? » Demanda le blond.

Harry se redressa et, à sa grande stupeur, se rendit compte que toute douleur avait disparu. Il se pencha sur son flanc droit et, à travers le tissu déchiré, aperçut sa chair mise à nue.

« C'est dingue. » Souffla-t-il. « Je ne sens rien. »

« Oui oui, Potter. Mais comme je l'ai déjà dit, cette potion ne fera effet que pendant quelques heures, alors si tu pouvais t'activer… »

Harry acquiesça et fit quelques pas en direction des arbres, uniquement pour être interrompu par Malfoy.

« Où est-ce que tu vas ? »

Harry se retourna, perplexe.

« Je retourne à Poudlard. »

« Et tu es sûr que c'est le bon chemin ? »

« Certain. »

Malfoy tourna son regard sur lui et cette fois-ci, Harry aperçut une lueur de doute. Le brun pointa alors un doigt vers le haut et le blond le suivit du regard. Harry leva les yeux à son tour et chercha le ciel dégagé de tout nuage. Puis, ses yeux se focalisèrent sur les petites lumières scintillant au-dessus d'eux.

« En suivant la carte du ciel de ce soir, Poudlard doit se trouver dans cette direction. » Dit-il en pointant derrière lui, vers là où il s'était dirigé. « Tu as déjà oublié tes cours d'Astronomie, Malfoy ? »

Sur ces mots, il tourna les talons et marcha avec détermination vers le chemin qu'il avait pointé. Il devait se dépêcher d'arriver en lieu sûr afin de pouvoir se rendre au ministère. A nouveau, il se demanda ce qu'il avait bien pu arriver à son meilleur ami.


Cela faisait plus d'une heure que les deux hommes marchaient dans l'obscurité, leurs pas résonnant dans le silence oppressant. Parfois, un cri effrayant déchirait la nuit et Harry et Malfoy se tournaient brusquement, en cherchant la source.

« On ne doit plus être très loin. » Lança Harry. « Je ne me souviens pas avoir jamais marché plus d'une heure ici. »

Mais, durant les six années qu'il avait passé à Poudlard, avait-il vraiment eu l'occasion de vraiment apprécier l'immensité de cette forêt ? Combien de temps allaient-ils pouvoir éviter les bêtes féroces qui vivaient là, tapies dans l'ombre ? Un frisson lui parcourut l'échine en pensant aux descendants d'Aragorg, ces énormes Acromentulas qui avaient un jour essayé de le tuer et à cet instant, il aurait tout donné pour être en compagnie d'Hagrid.

Comme en réponse à ses peurs, un cri, plus fort que tous ceux qu'il avait entendu, déchira le silence et il se tourna vers sa gauche.

« Qui est là ? » Demanda-t-il et il sentit Malfoy s'arrêter près de lui.

Seul le silence lui répondit et, après quelques secondes, il reprit sa marche. Cependant, à peine eut-il fait quelques pas qu'à nouveau, un cri se fit entendre, cette fois-ci de l'autre côté. Les deux hommes se figèrent, cette fois-ci Harry en était sûr, ils n'étaient pas seuls. Malfoy se positionna derrière lui et Harry sentit le dos du blond se presser contre le sien. Tous deux regardèrent aux alentours. Harry ouvrit la bouche, s'apprêtant à demander au blond s'il voyait quelque chose de suspect mais fut coupé dans son élan par une voix rauque qui résonna autour d'eux.

« Qui êtes-vous ? »

Harry eut un geste de recul et l'ensemble de son corps se retrouva collé à celui de Malfoy. Le blond répondit par un geste similaire. Soudain, il sentit quelque chose lui frôler l'oreille et derrière lui, Malfoy sursauta. Harry se tourna légèrement et aperçut quelque chose cogner contre un tronc non loin de lui. Il reprit sa position et se figea en apercevant une silhouette se détacher de la pénombre. Les branches craquèrent sous les sabots du Centaure qui s'avança lentement vers eux.

« Qui êtes-vous ? Déclinez votre identité ! » Demanda-t-il d'une voix menaçante et, alors qu'il s'avançait dans un rayon de lune, Harry le reconnut.

Bane.

Harry sentit une main invisible lui écraser le cœur. Bane était l'un des Centaures les plus belliqueux et les plus hostiles à toute cohabitation avec les sorciers. Avec un frisson qui n'avait rien à voir avec la fraicheur ambiante, il se rappela de sa cinquième année et de Bane emportant Dolores Ombrage dans les tréfonds de la forêt après qu'elle les ait traités de « répugnants hybrides ». Il se redressa et, d'une voix pleine d'assurance, lança :

« Harry Potter… » Commença-t-il et il fut interrompu par une éruption de murmures et d'exclamations.

« Harry Potter ? » Reprit Bane d'une voix moins forte.

Harry retint sa respiration, tout n'était peut-être pas perdu. Il oubliait souvent que son nom n'était pas seulement connu chez les humains, aussi avait-il rencontré des Elfes de maison, des Gobelins qui connaissaient son nom et son histoire. Avec un peu de chance, peut-être même que ces Centaures leur indiqueront le chemin de l'école.

Avec beaucoup de chance. Pensa Harry en voyant le regard méprisant de Bane l'observer.

« Que faites-vous là ? Vous êtes sur le territoire des Centaures. » Continua Bane.

« Nous ne voulions pas trépasser sur vos terres. » S'empressa de répondre Harry. « Nous étions en fuite et avons atterri ici. Nous cherchons à retourner à Poudlard… » Il fit une pause puis, voyant que Bane gardait le silence, continua. « Pourriez-vous nous aider à trouver notre chemin ? Nous ne vous dérangerons pas plus longtemps. »

En s'enfonçant dans la forêt, il avait perdu de vu le ciel et il lui était donc impossible de voir les étoiles.

Sa question fut reçue par un torrent de rugissements.

« Vous aider ? » Reprit Bane. « Nous ne sommes pas vos mules ! Nous ne servons pas les sorciers ! »

« Ce n'est pas ce que j'ai dit ! » S'écria Harry, une pointe d'agacement dans sa voix.

Depuis toujours, il n'avait jamais aimé la haine qu'il pouvait y avoir entre les sorciers et les autres espèces. Lui, Harry, avait toujours respecté les êtres vivants qu'il avait rencontré.

« Votre venue ici constitue déjà une infraction sévère de l'accord que nous avons avec votre espèce. » Répondit Bane. « Nous vous avions prévenu, nous vous avons dit que nous n'accepterions aucun humain sur nos terres ! Vous devez en payer le prix ! »

« Non ! » Cria Harry alors que d'autres Centaures se détachaient de l'obscurité. « Vous ne pouvez pas ! Vous ne vous attaquez pas aux innocents ! »

« Nous ne nous attaquons pas aux enfants, quelque soit leur espèce. » Répondit Bane en dégainant une flèche. « Vous n'êtes clairement plus des enfants. »

Harry lança un regard circulaire au groupe de Centaures, tous avaient dégainé leurs flèches et les tenaient en joue. Ils étaient condamnés. Il savait que les Centaures n'auraient aucune pitié pour eux. La seule personne adulte à jamais leur échapper fut Dolores Ombrage, et ce fut uniquement grâce à Dumbledore, qui s'était aventuré seul dans la forêt pour la chercher. Mais Dumbledore n'était plus.

Il sentit quelque chose tirer sur sa robe de sorcier et il baissa les yeux. La main de Malfoy s'était agrippée à lui fermement. Sans réfléchir, il saisit la main du blond et la serra dans la sienne. A nouveau, cette sensation étrange, ce besoin de protéger le blond l'envahit et sembla le consumer de l'intérieur. Il devait faire quelque chose, n'importe quoi, pour les sortir de là.

Il leva la tête au moment où une vingtaine de flèches furent lancées à toute allure vers eux. Sans réfléchir, il leva sa main libre devant lui.

« PROTEGO ! »

Il vit les flèches rebondir sur la bulle protectrice qui s'était aussitôt érigée devant eux, certaines se brisant. La potion que lui avait donné Malfoy semblait renforcer ses sorts. Autour d'eux, Harry entendit des cris de surprise et il en profita pour agir. Il leva deux doigts et dessina une figure, comme il l'aurait fait avec sa baguette, puis il posa ses deux doigts au sol.

« INCENDIO ! »

Une trainée de flammes zébra le sol, fonçant droit vers Bane qui cabra. La ligne enflammée se divisa et deux et fit le tour du groupe de Centaures qui bondirent en arrière, effrayés.

« Cours ! » Hurla Harry.

Les deux hommes se mirent à courir entre les Centaures avant de rapidement disparaître. Harry courut à en perdre haleine, ne se retournant que pour être sûr que Malfoy le suivait, mais le blond ne semblait rester en retrait que pour s'assurer qu'Harry s'en sortirait. Et le brun comprit pourquoi. Il sentait les effets de la potion s'évaporer et il sentait déjà la douleur revenir sur son flanc droit. Il secoua la tête pour se concentrer sur sa course et se faisant, il s'aperçut que la forêt était moins dense et que le ciel était à nouveau visible. Il jeta un coup d'œil aux étoiles et corrigea légèrement sa trajectoire avant de foncer à toute allure.

Au bout de plusieurs minutes, il vit enfin la sortie et il lança un cri de joie en débouchant sur l'espace ouvert et plus éclairé que constituait le jardin arrière de Poudlard. Il ralentit, ils avaient réussi, ils s'en étaient sortis.

Il se tourna vers le blond, s'attendant à croiser un regard triomphant, mais le blond ne s'était pas arrêté de courir.

« Potter ! »

Harry fronça légèrement les sourcils avant de suivre le regard du blond. Il baissa les yeux vers son buste et ceux-ci s'écarquillèrent en apercevant l'immense tâche rougeâtre qui s'étendait jusqu'à son cou.

Malfoy le rattrapa in extremis alors qu'il basculait sur le côté et l'allongea sur l'herbe.

« Potter ! Potter ! Reste avec moi, tu m'entends ! Tu restes avec moi ! »

Harry acquiesça légèrement, puis tout devint noir.


Il ouvrit les yeux avec l'impression d'avoir été piétiné par un Troll obèse et enragé. Il poussa un grognement en remuant dans son lit. Il reconnut le plafond blanc et fissuré en une demi seconde, l'ayant vu à plusieurs reprises au cours de ses six années Poudlard. Il tourna la tête vers sa table de chevet pour attraper ses lunettes et aperçut Malfoy allongé dans le lit d'à côté. Son visage semblait serein et Harry suspecta les effets d'une potion sans rêves.

Alors qu'il observait le blond, un objet long et sombre posé près de ses lunettes attira son attention. Une fois ses lunettes sur le nez, il sursauta : sa baguette !

Quelqu'un du ministère s'était-il rendu au Terrier et avait récupéré les baguettes ? Avaient-ils eu des nouvelles de Ron ?

Il tenta de se relever mais une main se posa sur son épaule.

« Wow, on se calme, tu es en sécurité. »

Harry fut tellement surpris d'entendre cette voix qu'il failli tomber de son lit. Il tourna brusquement la tête vers sa droite, ne prenant même pas la peine de remarquer que ce geste ne lui arrachait plus la moindre grimace. Il se fichait de la fatigue, il se fichait de la douleur.

« Ron ! »

Face à lui, le roux sourit.

« En chair et en os. »

« Qu'est-ce que tu fais là ? » S'écria Harry, tentant à nouveau de se lever. « Je…tu…tu étais dans la maison et elle a explosé ! »

Ron grimaça.

« Ouais…maman était hors d'elle quand elle a vu ça… »

« Qui d'autre y-avait-il ? Quelqu'un est blessé ? »

« Oui, quelqu'un a été blessé mais on ne va pas pleurer pour elle. » Répondit Ron avec dédain, puis, voyant le regard d'Harry, il reprit. « Daphné Greengrass a mal encaissé un de mes sorts. Elle est tombée dans les escaliers et s'est cassée un bras et quelques côtes. Je leur ai dit au ministère de ne pas la rafistoler avant de l'avoir interrogée, mais bon, apparemment ce n'est 'pas dans la morale du ministère de pratiquer la torture.' Comme si quelqu'un allait se… »

« Attends, attends. » Le coupa Harry. « Au ministère ? Tu veux dire que… »

« Que j'ai capturé Daphnée Greengrass. » Répondit Ron, souriant à nouveau.

Harry le regarda, éberlué.

« Tu...tu l'as capturée ? »

« J'ai profité qu'elle se remettait de sa chute pour l'attraper et j'ai Transplané directement au ministère. Elle avait perdu sa baguette en tombant donc il n'y avait rien à craindre. Je suis ensuite revenu pour t'aider et il n'y avait plus personne…et la maison était en flammes bien sûr. »

« Tu n'as vu ni Zabini, ni Goyle ? » Demanda Harry ?

« Goyle ? » S'exclama Ron. « Il était là ? »

« Oui. » Répondit Harry. « Malfoy avait perdu sa baguette alors j'ai préféré fuir. »

« Tu as bien fait. » Répondit Ron. « Mais dis-moi, comment avez-vous fait pour Transplaner sans baguette ? »

Harry soupira.

« C'est une longue histoire. »

Ron leva les yeux pour les poser sur Malfoy, toujours endormi.

« Il avait l'air…inquiet. » Murmura-t-il presque.

« Quoi ? »

« Malfoy. Mc Gonagall m'a appelé pour que je vienne. On venait de t'emmener à l'infirmerie et Malfoy ne te lâchait pas d'une semelle. Il a insisté pour s'occuper de tes blessures. Madame Pomfrey n'arrêtait pas de lui dire que lui aussi avait besoin d'être soigné… »

Le roux sembla se perdre dans ses pensées et Harry tourna la tête vers le blond. Malfoy. A nouveau, il ne l'avait pas laissé tomber, il l'avait sauvé. Combien de dettes avait-il accumulées envers le blond ? Et qu'avait-il fait pour lui ?

« Il faut que je parle à Kingsley. » Lâcha-t-il sans vraiment s'en rendre compte.

« Pourquoi ? » Répondit Ron.

« J'ai besoin d'un laisser-passer. »

« Un…quoi ? Pour aller où ? »

Les yeux toujours fixés sur Malfoy, Harry répondit.

« Azkaban. »


Et voilà pour ce chapitre! Merci d'avoir patienté, j'attends vos réactions/commentaires avec impatience!

Le chapitre 15 est en cours d'écriture...dans ma tête!

a bientôt,

Elendil-sama