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Allez ! Un petit chapitre ou tout roule sur des roulettes…
Il en faut bien de temps en temps ! ^^
L'action de va pas tarder à commencer ! =)
Bonne lecture :D
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Chapitre 14 : Idéal
Après ce jour, tout ce déroula comme dans un rêve.
Les vacances scolaires furent annoncées, à la plus grande joie des étudiants, vampires, loups ou non.
Car ces vacances étaient marquées sous le signe de Noël.
Un événement qui en rendait joyeux plus d'un. Même le salon de Charlie empestait la poussière des décorations nouvellement ressorties de leur carton. Je passai d'ailleurs un agréable moment à décorer le sapin avec mon père. C'était une période que nous n'avions jamais réellement passé ensemble. A vrai dire, le dernier Noël que j'avais passé ici, c'était l'année de mes quatre ans. Et il fallait bien admettre que ça datait !
Mais j'allais me faire pardonner cette fois là. Je me l'étais promis. C'est ainsi que le sapin, coupé quelques minutes auparavant par un Charlie maintenant épuisé (dire que j'aurais sans doute mis trois fois moins de temps et d'énergie à déraciner la forêt entière) se retrouva décoré, après de nombreuses chicaneries et autres disputes sur la place de tel ou tel lutin rouge – qui était passablement horrible, soit dit en passant.
Ce fut l'une des meilleures soirées que je passai en compagnie de mon père. On m'avait rarement vu aussi joyeuse. Après tout, pourquoi ne le serai-je pas ? Tous mes rêves s'étaient réalisés. Je vivais en toute sérénité chez mon père, ma mère gardait de fréquents contacts avec moi (presque journaliers entre les mails et les coups de téléphone – où elle ne s'inquiétait plus de ma voix mélodieuse). Des amis – autant humains que surnaturels – géniaux, et un petit ami plus merveilleux que jamais.
En somme, des choses que je n'avais quasiment jamais eu avant. Même au niveau de ma famille, si je n'avais jamais eu l'occasion de me plaindre avant, j'étais un million de fois plus proche de mon père et même l'éloignement de ma mère ne me semblait plus si infranchissable. Bien sur, je n'étais toujours pas en mesure d'aller la voir, d'autant plus qu'elle habitait encore à Jacksonville, et la réciproque était tout aussi impossible. Mais ça ne m'affectait plus autant. Je n'étais plus seule à présent.
Cette évidence m'avait sauté au coup (littéralement), l'avant-veille de Noël, alors que j'entrai dans la villa Cullen, accompagnée de l'amour de ma vie.
- Bella ! avait surgit Alice en s'accrochant à moi.
Pour un peu, j'en serai tombée à la renverse. Heureusement que j'étais plus forte qu'elle.
- Coucou Alice, dis-je en secouant la tête, un large sourire aux lèvres.
Elle se détacha de moi aussi soudainement qu'elle s'y était accroché. Un léger grondement s'échappa de sa gorge.
- Tu étais encore avec les loups… tu sais que c'est dangereux.
- Oui, répondis-je en ouvrant de grands yeux. Ils m'ont torturé au possible, c'était horrible, tu ne peux même pas t'imaginer.
Son visage resta de marbre, ainsi que celui des cinq "jeunes" Cullen.
- Je rigole, soupirai-je.
Toujours aucune réaction.
Convainque de ne pas perdre cette manche, – ils étaient cinq contre une – je renonçai à me disculper, préfèrent me tourner vers le vampire de mon existence. Il affichait cet éternelle grimace renfrognée de quand il revenait de chez moi. Et ne voulait jamais m'en exprimer la raison.
Mais cette fois, je n'allais pas lâcher. Usant de tous mes moyens de persuasion, je parvins finalement à lui faire cracher le morceau.
- Ton père pense que je ne suis qu'un petit manipulateur qui ne te mérite pas, m'avoua-t-il. (Je soupirai… Définitivement, mon père avait saisis la situation) Il a comprit que c'était moi qui t'avais mit dans un tel état, il n'y a pas si longtemps, et…
Je posai un doigt sur sa bouche, comme à chaque fois qu'il ramenait ce sujet sur le tapis.
- Ce n'était pas de ta faute ! le réprimandai-je pour la énième fois. Et cesse de dire le contraire où je risque d'en venir aux mains…
Un sourire angélique s'étala sur ses lèvres.
- Ce qui veut dire, en toute logique, que si je continue à énoncer ces propos, tu resteras près de moi – même si ce n'est que pour me frapper, ça ne me dérange pas tant que ça.
Je soupirai, ne sachant que trop bien où il voulait en venir. Sous ses airs plaisantins se dissimulait une inquiétude profonde, et pourtant infondée.
- Edward, je l'ai promis à Jacob. " Quelle que soit ma relation avec les Cullen, ils ne seront jamais assez influents pour me séparer de toi !"… Je ne veux pas revenir sur ma parole. Et je n'en ai pas envie.
Son sourire se fana aussitôt, je plaçai une main fraiche sur sa joue.
- Tu sais bien que je n'aime pas te voir là bas… Nous n'aimons pas te savoir là bas, grogna-t-il. D'autant plus qu'Alice ne peut pas te voir. (L'intéressée acquiesça)
- Et que nous ne pouvons aller sur leurs terres, finis-je en imitant parfaitement sa voix.
- Non, j'ai bien réfléchis… Traité ou pas, s'ils tentent la moindre chose contre toi,… (Je levai les yeux au ciel)
- C'est le réveillon ! clamai-je un peu trop fort. Qu'est-ce que tu crois ? Qu'ils vont m'empailler pour être leur ange dans le ciel ? Soit sérieux s'il te plait…
Il grogna de plus belle.
- Et puis, je passe Noël ici, c'est le plus important, non ?
Les pas d'Esmée retentirent derrière moi et je me retourner pour saluer son sourire bienveillant.
- Exactement, trancha-t-elle doucement. Noel… l'événement le plus important de l'année pour nous… plus par le symbole que par la religion d'ailleurs.
- Evidement, continua Carlisle en s'approchant pour prendre la taille de sa femme. Quand on à plus de trois siècles d'existence, fêter les anniversaires devient quelque peux inapproprié… et assez déprimant, rajouta-t-il dans un sourire.
C'est pour ça qu'on ne les souhaite quasiment plus. Une fois tout les cinquante ou cent ans, tout au plus. Le dernier en date était celui d'Emmett, en 1939.
Le concerné soupira de contentement.
- Une journée comme on n'en fait plus. Et mon cadeau… enfin notre cadeau, continua-t-il d'une voix pleine de sous entendus.
Il colla sa femme à lui, posant ses mains dans les bas de son dos.
- Encore une villa qui n'as pas fait long feux, s'esclaffa-t-il, badin.
Mais Rosalie n'était pas forcement ravie que leurs ébats soient explicités en public. Elle adressa un tel regard noir à son époux qu'il se calma aussitôt.
Je ravalai un rire, ne souhaitant pas être la prochaine cible de ses yeux assassins, pas si tôt après le retour de notre copinage.
- Enfin, s'empressa-t-on de changer de sujet. Noël, c'est toujours l'occasion familiale.
Le sourire d'Esmée s'illumina.
- C'est notre point de ralliement, continua-t-elle de sa voix bienveillante. Quand il arrive que notre famille se sépare, de temps à autre, nous nous retrouvons toujours ce jour précis. Un moment familial privilégié. Moment dont du fait dorénavant partie, finit-elle en posant sa main sur ma joue.
Je souris, pris d'une incontrôlable envie de pleurer. J'étais tant emplie de bonheur et de sérénité. De certitude. Je ne serai plus jamais seule maintenant. Longtemps encore après la disparition de tous les êtres humains qui m'étaient chers, je ne serai pas seule, pas un monstre errant, sans rien en quoi… et en qui croire. J'aurais toujours les Cullen et Edward. Plus jamais je n'éprouverai le sentiment d'être abandonnée.
Je murmurai un faible "merci" avant de souffler, sous le coup de l'émotion. Mon regard se tourna instinctivement vers mon apollon. Son sourire parfait et la douceur amoureuse qui émanait de son regard me réchauffèrent le cœur. Il déposa un délicat baiser sur mes lèvres.
Il n'y avait besoin d'aucun mot en cet instant. Parler était inutile, nous savions parfaitement ce que chacun ressentait. Et pour rien au monde je n'aurais voulu rater ce moment familial où j'étais si naturellement conviée.
- Je serais de retour demain soir, murmurai-je. Vivante et en parfaite santé.
Sa main se posa sur ma joue. Son regard montrait une détermination que je n'expliquai pas vraiment… sans doute se rendait-il enfin compte que rien ne pourrait jamais me séparer de lui.
- Je t'aime, soufflai-je avant de me hisser sur la pointe des pieds pour l'embrasser.
Il répondit aussitôt à mon étreinte, caressant délicatement mes cheveux, approfondissant le baiser.
Si j'avais pu, j'aurais passé l'éternité à l'embrasser. C'était toujours un moment que je n'arrivais pas à briser. Et il le savait. Il ne le savait que trop bien. Comme toujours, son odeur m'enivra, le goût sucré de ses lèvres me rendirent impuissante à toute séparation. Sans me soucier du monde qui nous entourait, mes mains vinrent s'agripper à sa nuque, me collant à lui, soudant nos lèvres.
Chaque baiser était de plus en plus difficile à briser pour moi, comment se sortir de cette étreinte passionnée.
Ah le traitre ! pensai-je violement.
Sa stratégie m'était apparue clairement.
J'essayai de reprendre mes esprits, retourner la mobilité de mes membres, mais je ne parvins qu'à encourager notre embrassade, comme contrôlée par une force invisible.
Mais je ne pouvais pas… j'avais promis à Jacob…
Ses mains me serrèrent encore plus à lui.
Pense à Jacob, Bella, me criai-je. Jacob, Jacob, Jacob…
Inlassablement, je répétai le nom de mon loup, sans succès. Mes forces paraissaient décliner, comme si la force de mon corps voulait m'empêcher l'accès à la Push, lui aussi.
Jacob, Jacob… Jacob… Jacob… Jac… Ja… Edward…
STOP !
Je m'arrachai si violement à son étreinte que j'en fus projetée en arrière, ébranlant l'un des murs de la maison. Haletante, je tachai de recouvrer l'usage de la parole.
- Tu… soufflai-je, hors d'haleine. Non, c'est totalement déloyal !
Je n'arrivai pas à retrouver mon souffle, encore transie par son odeur sucrée. Même à cette distance, il arrivait à me faire tourner la tête.
Une grimace ironique aux lèvres, il s'approcha de moi.
- Non ! m'écriai-je d'une voix suraigüe. Ne t'approche pas !
J'étais à peux près sure de ne pas résister à une nouvelle offensive de sa part. Ses baisers avaient tendance à être un peu trop convaincants.
Le reste de la famille nous observait, les yeux ronds d'incrédulité.
- Il essaye de m'empêcher d'aller à la Push ! me plaignis-je en ayant l'air d'une gamine trop gâtée, un doigt accusateur pointé sur leur benjamin.
L'accusé se tourna vers eux, affichant le sourire le plus innocent, angélique… et faux ! que je n'avais jamais vu.
- Ce n'est pas vrai, je… Se défendit-il.
Mais il ne put aller plus loin. J'affichai une telle expression choquée sur mon visage qu'il ne put s'empêcher d'éclater de rire, suivit de près par ses frères et sœurs. Même les patriarches Cullen ne purent réprimer un rictus amusé.
- Ce n'est pas juste, me plaignis-je de nouveau, boudeuse. Vous êtes sept contre moi.
- Cinq, en fait, me contredit Carlisle. Esmée et moi n'intervenons pas dans vos histoires… et puis c'est vrai qu'elle ne court pas vraiment de danger, finit-il, soutenant le regard noir de ses enfants (en particulier de son fils).
Edward arriva près de moi. Suspicieuse, et pourtant insatiable, je lui pris seulement la main.
- C'est bon, Edward, renchérit Esmée. Arrête de t'en faire. Bella ne craint rien.
Il soupira, clairement incertain, et me regarda fixement dans les yeux. On l'aurait cru sonder mon âme.
Soudainement, il déposa un léger baiser sur mes lèvres.
- Reviens-moi vite, chuchota-t-il.
- Promis. Tu ne vas pas te débarrasser de moi comme ça.
Une expression heureuse sur le visage, je pris congés des Cullen. C'était la première fois que je rentrai seule d'une visite nocturne chez eux. Habituellement, Alice ou Edward m'accompagnaient et demeuraient jusqu'au lever du jour. Mais il était plus de six heures (j'avais vraiment tardé ce soir) et Charlie ne faisait jamais la grasse matinée. Même en ce jour du vingt-quatre décembre.
Le ciel était couvert, les nuages semblaient former une couche opaque à la moindre lueur lunaire. C'est sans doute pourquoi ma course me sembla durer une éternité. Je ne pouvais contempler sa splendeur, trop inaccessible en cet instant, et des milliers de questions me vinrent en tête, pas assez cependant pour m'embrouiller et m'amener à vider mon esprit. A vrai dire, c'était surtout ma propre pensée qui me chagrinait en même temps. "La disparition de tous les êtres humains qui m'étaient chers."
Je ralentis mon allure. Ce genre de réflexions me meurtrissaient, me détruisaient. Malheureusement, cette conclusion était inévitable.
Charlie, Renée, Angela, Jacob, la meute… tous étaient voués au même futur… à la même fin…
Je franchis la grande route d'un saut, me rattrapant aux branches des sapins et continuait ma course. Il était près de sept heures quand je franchis enfin la fenêtre de ma chambre. Les battements sourds du cœur de mon père retentissaient dans la petite maison.
Distraite, je me dirigeai vers la chambre de mon père, m'arrêtant devant la porte entrouverte. Il dormait paisiblement, pas encore près à se réveiller. Je poussai le battant silencieusement pour entrer dans la pièce, faiblement éclairée, Charlie ne fermait jamais ses volets. D'un pas lent, je vins m'asseoir sur le lit, qui ne crissa même pas. J'étais plus légère qu'une plume. Et, pendant un court moment, j'observai mon père. Lui qui m'avait tant donné. Lui avec qui je m'entendais mieux que jamais je n'aurais pu l'espérer. Pourquoi fallait-il que cet homme meure un jour ? Me pouvait-il pas rester à mes cotés à jamais ? J'avais besoin de lui, comme de ma mère, comme de la meute, comme d'Angela… Ils étaient tous indispensables à ma vie… pourquoi devraient-ils me quitter un jour ? C'était si injuste…
Ma main froide se posa sur les couvertures, au dessus du coup de mon père. Une morsure… et tout pouvait changer… une morsure et plus jamais il ne me quitterait. Une morsure…
J'écartai lentement les draps, laissant dévoiler la nuque de mon père, tellement diaphane que je pouvais apercevoir le sang couler dans ses veines.
Une morsure…
Mon doigt froid se posa sur la base sur coup. Il frissonna, pas assez pour se réveiller cependant.
La lune se dévoila à travers l'épaisse couche de nuages, comme un trou de lumière dans cette obscurité lunaire. Ma peau scintilla de cette lueur divine qui m'avait tant fascinée, le soir où Edward et moi avions révélés nos sentiments. Cette couleur bleutée-argentée était toujours aussi mystérieuse pour moi, indescriptible. Le contraste entre ma peau et la sienne se fit plus évidente pendant un instant. Mais la lune disparut. Pas assez rapidement pour me faire oublier cette différence frappante.
Je replaçai précautionneusement les couvertures sur les épaules de mon père.
Comment avais-je pu, ne serait-ce qu'un instant penser faire ça ? Penser à changer mon père en monstre, condamné à commettre des ignominies chaque seconde de sa vie ? Comment pouvait-on faire ça à quelqu'un qui serait encore en bonne santé… avec encore tant de choses à vivre…
Comme à moi, pensai-je tristement.
Bien sur, sans ça, jamais je n'aurais rencontré Edward, ni les Cullen, les Quileutes, Angela non plus… Sans cette transformation, jamais je ne serai venue m'installer à Forks et mieux connaître mon père.
Quelles choses aurai-je loupé ? De quel bonheur me serai-je privée ?
Mais c'était plus fort que moi… Je n'arrivais pas à comprendre. Qui pouvait faire ça ? Transformer une personne vaillante en vampire… Quel être cruel et sans cœur pouvait faire ça à un être ?
Qui m'avait transformé, moi ?
Je n'arrivais pas à comprendre… et à pardonner pas conséquent. Oh oui… je le haïssais… Plus que tout au monde…
Mais… Qui devais-je détester ?
La question résonnait dans ma tête, comme la pulsation d'un battement de cœur… que je n'avais plus. Comme un marteau frapperai un pieu, gravant à jamais cette question dans la pierre qu'était devenu mon être.
La main de Charlie bougea. Presque imperceptiblement. Ses paupières frémirent. Un coup de vent balaya la pièce. J'étais de retour dans ma propre chambre, assise nonchalamment sur mon lit. A peine cinq minutes plus tard, il était debout, avançant d'un pas lourd vers la salle de bain. Je regardai mon réveil. Presque huit heures. Un record pour lui.
Tournant la tête, je m'aperçus dans le miroir qui ornait mon armoire et décidai de chasser toutes les pensées noires de mon esprit. Aujourd'hui était un jour de convivialité et de joie. Je ne devais pas gâcher ça.
- Charlie, Bella, claironna la voix chaleureuse de Billy. Entrez.
Nous pénétrâmes dans le salon, décoré spécialement pour l'occasion. Un petit sapin recouvert de quelques boules et guirlandes ornait le coin de la pièce encombrée par une table pouvant accueillir huit personnes. A la façon dont les racines du sapin dépassaient du seau, il était évident que Jacob venait de contribuer à cette déforestation.
Je souris, amusée.
Un faible bruissement se fit entendre derrière moi.
- Salut, toi ! lança joyeusement Jacob.
Je me retournai un peu vivement, légèrement surprise par cette arrivée. Je ne l'avais pas entendu arriver. Cette perte d'odorat continuelle, quand j'étais dans les effluves nauséabondes de la réserve, était vraiment handicapante.
- Salut, Jake, répondis-je en lui assenant un léger coup de poing dans le bras.
- Aïe ! mentit-il. En voila une façon de dire bonjour.
- Une vraie brute, rigola mon père en se joignant à la conversation. Les Clearwater arrivent à quelle heure, Billy ? cria-t-il pour se faire entendre de son ami dans la cuisine.
Harry Clearwater, sa femme, Sue, et leurs deux enfants, Leah et Seth étaient des amis de la famille. Charlie m'avait expliqué plus tôt que c'était généralement avec lui et Billy qu'il péchait ou regardait ses matchs à la télévision.
- Ils ne devraient pas tarder, reprit son ami en arrivant dans le salon. Et il amène le poisson, finit-il.
- Ah ! s'exclama mon père. Une éternité que je n'ai pas mangé le bon poisson de chez Harry Clearwater. C'est l'un des mets les plus délicieux du monde. Tu verras, Bella.
Jacob dut retenir son rire.
- Oh oui ! Tu verras, Bella. Il ne faut pas manquer ça.
Nous n'attendîmes pas très longtemps les Clearwater. A peine le temps pour mon père de remarquer la différence de teinte entre l'un des murs et le reste de la maison. Le souvenir de la transformation de Jacob nous fit pouffer, au grand dam de Charlie qui n'y comprit rien.
La famille se joignit à nous aussi naturellement que si nous étions une grande famille. Ils ne pouvaient renier leurs origines indiennes, aussi mates et noirs de cheveux que les Black.
Le repas se déroula dans la joie et la bonne humeur qui seyait à ce genre de journées. Rien ne vint tacher d'ombre ce diner. J'eu même la joie de me faire resservir par Charlie en poisson, pour le plus grand plaisir de Jacob qui était certain de voir atterrir la nourriture dans son assiette peu après.
Mais le petit jeu que nous avions inventé la fois précédente avait gagné en difficulté. En effet, Seth, à peine âgé de plus de treize ans, semblait boire les paroles de Jake et idolâtrer le moindre de ses gestes. Le jeune garçon semblait être l'opposé de sa sœur, qui n'avait pas quitté son téléphone du repas, totalement apathique.
Vers la fin d'après midi, nous eûmes le plaisir de voir arriver Sam Uley et sa fiancée, Emily. Elle avait apporté du pain d'épices sortant tout juste du four. A première vue, il semblait délicieux. J'en éprouvai un pincement d'envie lorsque Jacob se proposa de prendre ma part, un large sourire aux lèvres. Je lui tirai la langue.
Trop tôt, il fut l'heure pour moi de partir. Je devais passer la nuit chez les Cullen, comme l'avait accepté – avec énormément de mal – mon père. Il était clair qu'il avait peur qu'il se passe la moindre chose avec Edward. J'aurais pu rougir de cette pensée. Non pas qu'elle ne m'ait jamais traversé l'esprit (heureusement que mon apollon ne pouvais pas entendre mes pensées), mais...
Partagée entre tristesse et bonheur, je n'arrivai pas à me décider à partir. Quitter mon loup favoris était toujours dur… mais j'allais retrouver la famille Cullen et celui que j'aimais.
Cet instant de doute fut vite balayé quand Jacob me retins quelques instants, avant que je ne monte en voiture.
- Je sais qu'on n'était pas censé se faire de cadeau mais… tiens.
Il déposa un petit sachet de velours noir dans ma main, la texture était douce et agréable au toucher.
- Jacob, grognai-je. Je n'ai rien pour toi moi.
Son rire ensoleillé résonna dans le couloir.
- C'est aussi un cadeau pour moi, se défendit-il en ouvrant le sachet. Que tu ais toujours un peu de moi et de la meute quand tu es avec… eux.
Je souris. C'était la première fois qu'ils ne parlaient pas d'eux en termes offensants.
Il accrocha un bracelet argenté autour de mon poignet. Mais ce n'était pas ce qui me marqua le plus. Au bout de la petite chaine pendait un petit loup, apparemment taillé dans le bois. La couleur n'était pas sans me rappeler le pelage de Jacob, brun-roux. La précision était telle que j'avais moi même du mal à en déceler les minuscules imperfections naturelles dues à la taille.
- C'est magnifique, murmurai-je.
Son sourire s'agrandit.
- C'est mon père qui m'a apprit la technique. Il est d'ailleurs bien plus doué que moi… C'est du chêne, ajouta-t-il après une courte pose. Ton arbre préféré il me semble.
Je cessai de fixer le bracelet pour scruter les yeux de mon loup, interloquée.
- Comment tu le sais ? m'enquis-je.
- Ce sont des arbres rares par ici, mais tu as quand même choisis celui-là pour préféré… J'ai senti ton odeur plus puissamment que pour les autres sur le chêne près de ta maison.
Mon visage s'illumina.
- Très observateur… merci.
- Toujours là pour toi, répondit-il.
Un coup de klaxon retentit.
- Oula, le chef Swan s'impatiente.
Et, comme la chose la plus naturelle du monde, sa main s'empara de la mienne. Je reçus l'équivalant d'une petite décharge. Le feu contre la glace.
Quand il me lâcha, alors que mon père démarrait la voiture, j'avais encore sa chaleur dans la main. Elle était presque entièrement réchauffée. C'était la main à laquelle pendant le petit bracelet. Je la pressai contre ma joue, vaguement distraite. Le même malheur que dans la matinée me revint en pleine figure. Qu'allai-je faire quand mon meilleur ami allait disparaitre ? Saurais-je survivre à ça ? Une boule se forma dans ma gorge alors que je repensai à ce que j'avais faillit faire, un peu plus tôt. Ma tête se tourna instinctivement vers mon père qui commentait l'agréable journée que nous venions de passer. Le peu de vin chaud qu'il avait bu combiné à la chaleur de l'air ambiant avait suffit à laisser apparaitre de légères rougeurs sur ses joues.
Intérieurement, je forgeai un pacte irrémédiable dans mon esprit.
Jamais je ne lui enlèverai ces couleurs. Jamais je ne condamnerais personne à cette nuit éternelle. Surtout pas pour mon propre bonheur. Jamais je ne deviendrai comme l'être ignoble qui m'avait métamorphosée.
Jamais.
Un noël chez les Cullen était bien loin de ce à quoi je m'étais attendue. Ni sapin, ni décorations en tous genres n'agrémentaient la maison familiale. Les cadeaux n'étaient même pas de rigueur.
En réalité, c'était exactement comme ils me l'avaient dépeint. Un agréable moment simplement passé en famille. Oubliant n'importe quel autre problème. Ils ne m'interrogèrent même pas sur les loups. Ce qui était rare. La date du vingt-cinq décembre n'était en réalité qu'un prétexte. Un jour où la majorité des gens sur terre se retrouvaient, il leur était plus commode d'en faire de même.
Jamais je n'avais connu les Cullen aussi joyeux, détendus, et joueurs que ça. A l'exception d'Emmett et d'Alice, pour qui cet état d'esprit était constant. Enfin… constant… sauf en ce moment, pour le mastodonte.
- Revanche, demain, rugissait-il, mi-furieux, mi-vexé.
Toute la famille, attroupée devant un tas de graviers (précédemment rassemblés en un gros rocher) éclata de rire.
- Ma force n'aura pas diminué d'ici là, ris-je. Attend encore quelques temps.
Fulminant, il passait sa rage contre de pauvres et malheureux arbres qui n'avaient rien demandé. Je me mordis la lèvre, un peu coupable de la situation.
Mais... après tout, ce n'était pas de ma faute s'il avait voulu s'essayer au bras de fer contre une nouvelle-née ! Je n'y étais pour rien. Je fis semblant de me masser le bras, comme prise de courbatures. Le regard d'Edward se fixa sur le petit loup de bois, comme à l'instant même où il était venu me chercher, un peu plus tôt. Il était apparemment un peu dérangé de ne pas être représenté plus significativement sur ce bracelet, aussi avais-je réclamé, sur le ton de la rigolade, un cadeau de sa part… en piqure de rappel.
- Emmett, soupira Esmée, me tirant de mes pensées. Il ne restera bientôt plus un arbre dans cette forêt si tu continue.
Mais le colosse n'avait pas l'air prompt à se calmer.
- Il me faut un ours, beugla-t-il. Et maintenant !
Sur ses mots, il s'élança au travers des bois.
Toute la famille explosa de rire, mais ce décida à le suivre. C'était aussi un moment familial, cette chasse collective, même si l'agacement d'Emmett incitait plutôt à le laisser seul.
J'allais m'élancer à leur poursuite quand Edward m'interpella.
- Bella, dit-il doucement.
Je me retournai vers mon apollon, découvrant sur ses lèvres ce magnifique sourire auquel je ne pouvais pas résister.
- Viens avec moi d'abord, me demanda-t-il. On les rejoindra un peu plus tard. J'ai juste quelques choses à te dire.
Ravie de passer un autre moment avec pour seule compagnie l'être que j'aimais le plus au monde, je m'emparai de sa main tendue. Son pouce caressa le dessus de ma main. Je souris.
Nous montâmes jusqu'à sa chambre… enfin, si on pouvait toujours l'appeler come ça, du fait qu'il n'avait pas de lit. Je fus ébahie par la simple beauté de la pièce. La dernière fois qu'Alice m'avait fait visiter la maison, cette porte était restée fermée et je n'avais pas conséquent pas eu le temps d'en admirer la couleur.
Elle était entièrement dorée, comme parsemée d'éclats ambrés. L'or et le noir, tout simplement. Eclairées par des baies vitrées sur deux pans de murs. Les autres étaient encombrés de musique. Allant du plus ancien vinyle au plus récent des disques. A première vue, ils semblaient rangés par années. C'était là une impressionnante collection. Tous les genres étaient représentés, du classique aux morceaux de variété actuels.
J'émis un sifflement impressionnée.
- Tu aimes, demanda-t-il.
- Elle ne manque pas de charme.
Il m'invita à prendre place sur son canapé aux proportions gigantesques avant de se diriger vers une de ses armoires. Inquisitrice, je l'observai avec grande attention. Lorsqu'il se retourna vers moi, une expression ravie éclaira son visage. Sans que le moindre son ait pu sortir de ma bouche, il était de retour à coté de moi, un petit écrin noir dans la main.
Je me figeai. Je… non, c'était impossible… Je… non !
- Edward… murmurai-je, pétrifiée.
- Tu as dit que tu voulais un cadeau, tout à l'heure. Un symbole qui me maintienne toujours auprès de toi…
Ma respiration s'accéléra. Non, c'était impossible ! Comment pouvait-il même y songer ? Je… je ne pouvais pas… mais pourtant… rien ne m'aurait autant meurtrie que de le faire souffrir.
- Oui, soufflai-je. Mais… Edward…
Ma voix était presque inaudible, comme comprimée par ma gorge trop serrée.
- Alors, voila, doit-il simplement en ouvrant l'écrin de velours.
Je retins ma respiration. Un diamant en occupait la place. Mais… rien à voir avec une quelconque bague. C'était un magnifique cœur de diamant, facilement assemblable à mon bracelet.
- Edward… soufflai-je, retrouvant l'usage de mes cordes vocales. C'est…
Mais je n'eu de mots pour décrire mon sentiment en cet instant.
- Il me vient de ma mère, expliqua-t-il en sortant le cœur miroitant de son étuis. C'était en quelque sorte un héritage. Elle me l'a transmit par Carlisle, avant de lui demander de tout faire pour me sauver. Carlisle a d'ailleurs toujours cru que ma mère avait finalement découvert son secret. Enfin… je voudrais qu'il te revienne maintenant… Il n'a sa place qu'a ton poignet.
Il tendit sa paume ouverte pour que je puisse me saisir du petit cœur.
- Edward… Quand je disais que je voulais un souvenir de toi… c'était… enfin… C'est beaucoup trop, Edward.
Il secoua la tête, un sourire heureux s'étalant toujours sur son visage marmoréen.
- Bella, trancha-t-il d'une voix onctueuse en enfilant gracieusement la pierre à mon poignet. Il n'y a personne d'autre qui puisse recevoir ce bijou. Et je ne le veux pas. C'est à toi que j'ai donné mon cœur et il t'appartiendra toujours.
Un long moment, je restai figée sur le diamant pendant à mon poignet. Alors, je relevai les yeux vers mon adonis qui lui, me couvait des yeux.
- Merci, chuchotai-je avant de poser un baiser sur ses lèvres.
Je passai mes bras autour de lui, laissant paraitre tout mon amour dans notre étreinte. Un long moment, nous restâmes ainsi, sans bouger, sans parler.
Mais ces moments ne pouvaient êtres infinis.
- Bella… murmura une voix si meurtrie que j'eu du mal à croire qu'elle venait d'Edward.
Je relevai la tête, tachant de le regarder dans les yeux, mais le regard détourné, il semblait avoir du mal à poursuivre.
- Alice… Alice m'a… raconté… dit-il difficilement.
Je me redressai complètement, m'échappant légèrement à son étreinte. Ses mots n'avaient pas de sens pour moi. Tant d'images de bonheur défilaient dans mon esprit en cet instant que jamais je n'aurais pu m'attendre à ce qu'il dit alors.
- Ton père… souffla-t-il, presque inaudible.
Je me figeai. Bloquant automatiquement ma respiration. Ce moment de doute et de malheur reprit aussitôt la place fondamentale dans mon esprit.
- Bella…
Son ton était indéfinissable. Je sortis instantanément de ma transe.
- Oh, mon dieu. Je me sens si mal, clamai-je d'une voix douloureuse. Je suis désolée, pardonne moi, le priai-je. C'est si affreux, je ne sais pas qu…
Ses mains douces encadrèrent mon visage.
- Calme-toi, Bella, calme-toi. Personne ne t'en veut... Qui pourrait t'en vouloir ? Je sais ce que tu as ressenti… nous le savons tous. Oh, Bella.
Il s'interrompit, je laissai aller mes sanglots incontrôlables contre sa poitrine.
- Edward, me lamentai-je. Comment vais-je faire ? Comment vivre sans lui… sans eux, ajoutai-je, pensant instinctivement à ma mère.
Pendant un moment, j'eu peur qu'il se vexe. Il venait à peine de me certifier que plus jamais je ne serais seule et moi…
Mais je m'étais trompée. Plus tendre que jamais, ses bras s'enroulèrent autour de moi, me serrent plus fortement contre lui.
Longtemps, nous restâmes ainsi enlacés, lui caressant mes cheveux. Sans dire un mot. C'était inutile. Qu'aurions nous pu dire d'ailleurs ?
"Ce n'est rien. Ça va aller. Tout le monde part un jour. Tu n'es pas seule."
Je le savais tout ça. Je savais que je m'en relèverai un jour, même si ça devait durer dix ans, cent ans…
Je m'en remettrais, c'état certain. Mais pour l'instant, cette idée me semblait inconcevable. Je ne pouvais imaginer une vie éternelle sans mon père, sans ma mère… sans tous ces humains qui m'étaient si chers. Tous ces humains que j'aimais.
Après un long moment, mes sanglots s'estompèrent, ma respiration se fit plus lente. Edward caressait toujours mes cheveux, les embrassant par moment.
Lentement, je me redressai, cherchant la douceur de ses lèvres contre les miennes, leur réconfort. Il prit tendrement mon visage entre ses mains, passant ses pouces sur mes joues comme pou y essuyer des larmes invisibles.
- Merci, murmurai-je.
- Je t'aime… Et ce sera pour l'éternité, ajouta-t-il en caressant ma joue.
Doucement, je me saisis de sa main, en embrassant la paume, je me recollai contre son torse. Il releva mon menton pour me donner un long baiser.
J'eu du mal à me détacher de son étreinte, comme à mon habitude. Mais nous ne pouvions pas décemment ne pas rejoindre les Cullen. Pas pour un jour comme celui-ci.
Je lui mordis légèrement la lèvre.
- Si tu continue, je n'aurais pas besoin de feu pour me consumer, plaisantai-je timidement.
Il sourit.
- On va éviter la combustion, alors.
Il déposa un dernier baiser sur mes lèvres avant de prendre ma main.
- Allons-y, dit-il.
Et nous partîmes, main dans la main, rejoindre sa famille.
- Alors ? Ton week-end c'est bien passé ? me demanda un Charlie inquisiteur, me sortant de mes pensées.
J'eu du mal à ne pas sursauter.
- Euh… Oui, très bien. On a passé une excellente soirée.
Le souvenir de la soirée passée me fit sourire. Je revoyais encore Emmett et Alice, leurs vêtements échangé, hilares. Ou encore les petites batailles déclenchées par un Edward venant de se faire piquer son puma par Jasper.
Hier soir, j'avais vu une autre facette des Cullen. Ils avaient perdu leur habituelle réserve, n'hésitant pas à blaguer ou à se chercher. Si je ne l'avais vu de mes propres yeux, jamais je n'aurais cru ça possible.
J'avais même retrouvé une normale complicité avec Rosalie, qui s'était montrée plus naturelle, avec la seule présence de sa famille… et moi, bien sur.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda mon père, me sortant de mes rêveries.
Il avait les yeux braqués à mon poignet.
- Le cadeau de Jacob et… d'Edward
Le dernier nom avait été si faiblement murmuré que j'eu du mal à comprendre comment Charlie avait entendu. Sans doute une intuition paternelle – si tant es que cette chose existe.
Il émit un sifflement impressionné.
- Jolie pierre, dit-il, reconnaissant automatiquement le diamant.
- Trop, je trouve, bougonnai-je.
Il ne répondit pas, mais je vis aussitôt qu'il était d'accord avec moi. Son mutisme pouvait s'avérer très révélateur. Cependant, considérant ce à quoi je m'étais attendue, je devais bien avouer que j'étais bien heureuse qu'il ne se fût s'agit que d'un cœur, pensai-je en sortant de la voiture.
A la maison, deux petits paquets m'attendaient au pied du sapin.
- Le cadeau de Renée, lança-t-il, bien que ce fut inutile – j'avais déjà reconnu le style décoratif de ma mère, beaucoup moins rudimentaire que celui de mon paternel – et le mien là, à coté.
Il s'assit en tailleur devant le petit sapin poussiéreux, qui avait déjà du perdre un bon millier d'épines en moins de quelques jours. Je me joignis à lui, attrapant le premier – celui de mon père – pour y découvrir un appareil photo accompagné d'un album – cadeau de ma mère. Ils avaient du se concerter pour l'achat. Je souris, pesant tous les efforts qu'il avait fournit pour m'offrir un noël plus qu'agréable. C'était étrange de se sentir proche de lui, à l'heure même ou je savais que nos chemins allaient inévitablement devoir se séparer, et probablement plus tôt que je ne le voulais, puisque, forcement, je ne pourrai pas rester indéfiniment jeune aux cotés de mon père, prenant une de ses maudites rides par année. Ma mère aussi… Déjà, je devais déplorer de ne plus pouvoir là voir, ni ici, ni ailleurs, pour l'instant du moins. Et en prime, je devais vivre dans son absence constante d'ici peu.
Il fallait se rendre à l'évidence… La vie était vraiment nulle.
Alors quoi ? Quelle solution ? Que devais-je faire ?
La réponse était claire dans mon esprit… Je m'étais promis de ne jamais mordre un être humain, de ne jamais devenir comme l'être abject qui m'avait fait subir le même sort… il me fallait donc profiter d'eux… profiter un maximum d'eux pendant que j'en avais encore le temps. Ne pas arriver à en regretter le passé.
C'était ça mon devoir. Ne rien chercher à faire. Laisser le temps filer… et faire son œuvre.
Alors, ce fut ce à quoi je m'employai. Profitant de chaque instant avec mon père, mes loups et Angela, les humains qui m'étaient le plus chers dans cette ignoble existence qu'était la mienne.
Pendant des semaines, des mois, je partageai mon temps, profitant de ma famille, mes amis. Même si ce temps semblait s'écouler à une vitesse impossible. Telle journée à la réserve, telle autre au lycée, à la maison puis les soirées chez les Cullen, j'avais l'impression de vivre avec une horloge au dessus de la tête, me soustrayant chaque minute à ceux que j'aimais. Mais, sans ce rappel constant, jamais je n'avais aussi heureuse. Tous les ennuis semblaient m'éviter, comme repoussés par une forme invisible.
J'apprenais petit à petit à mieux connaître ceux qui m'entouraient… Pas forcement pour mon bien. Angela, par exemple, se montrait toujours aussi perspicace, remarquant des détails insignifiants mais qui, dans son esprit si compliqué – comme me l'avais un jour dit Edward – l'amenait souvent à des conclusions un peu trop proches de la vérité. Heureusement, qu'Alice, Edward et Jasper étaient toujours là pour nous prévenir en cas de danger. Mes craintes étaient donc limitées à ce sujet. Au contraire des angoisses que je ressentais pour mon ami loup et sa meute.
- Tiens, quand on parle du loup, avais-je lancé à mon père, un matin, dans les environs de la réserve.
Cette boutade, prononcée plus à son intention, l'aurait habituellement fait rire. Cependant, d'autres troubles hantaient son esprit.
- C'est Embry, un de mes amis, m'avoua-t-il, une fois seuls dans son garage. On a peur qu'il… qu'il se transforme. Sa température à atteint des niveaux invraisemblables d'après sa mère.
Je hochai la tête, vaguement surprise. Je ne me souvenais pas d'avoir entendu Billy prononcer ce nom précis le jour où il m'avait révélé la présence de la meute de loup-garou autour de chez moi.
- Il y a un moyen d'inverser le processus ? demandai-je néanmoins.
Il secoua la tête avec véhémence. A l'évidence, il était trop tard.
- Je suis désolée, chuchotai-je.
Je le pris par les épaules, essayant un maximum de le réconforter. Ce qui n'était pas aisé. Habituellement, c'était plutôt à moi que l'on cherchait à rendre le sourire.
Néanmoins, bien que ses troubles ne soient pas totalement dissipés, j'arrivai à lui redonner assez de contenance pour lui faire relever la tête. Notamment par l'annonce d'un match de baseball qui avait été planifié par Alice – elle prévoyait un grand orage sur la région. Et, même si l'évocation des Cullen provoquait toujours de mécontentes réactions chez Jacob, il ne pouvait nier qu'un match d'une telle envergure ne pouvait que l'intéresser. "Rien que pour étudier leurs… faiblesses" ne cessait-il de clamer, sans pour autant réussir à me convaincre.
La tempête devait avoir lieu dans les premiers jours des vacances d'Avril et annoncerai également la venue d'un clan, apparemment étranger. D'après la lutine, ils seraient trois. Deux hommes bien bâtis et une femme aux cheveux roux flamboyant. Non végétariens, comme il fallait s'en douter. Et, bien que les visions ne puissent gère en dire plus, les hypothèses ne furent pas rares sur l'identité de nos voyageurs, c'est pourquoi nous (enfin, principalement moi, qui n'avais jamais vu de clan à alimentation "normale") étions assez excités le matin de leur arrivée.
Cette euphorie générale s'expliquait d'ailleurs plus de part le match qui devait se jouer un peu plus tard que par la venue de visiteurs. J'adorais voir les Cullen jouer. Rien qu'entre eux, en famille. C'était un moment si agréable, si rare. Ils en étaient différents à ces moments là. Plus simples, moins matures. Plus comme des gens de leurs âges.
C'est donc dans cette ambiance que le match commença, aussi surprenant que tous les autres auquel j'avais eu le plaisir de participer.
Les équipes étaient à peu près équitables. Carlisle, Esmée, Jasper et Rosalie d'un coté et Alice, Emmett, Edward et moi de l'autre. Etant consternante, ma faiblesse rétablissait l'équilibre causée par l'afflux de dons.
La partie jouait son plein et nous menions de quelques points quand Alice cru bon de nous prévenir.
- Ils arrivent ! s'écria-t-elle en interrompant le jeu.
.o0o.
Alors ? Un noel chez les cullen ! =)
Ca vous a plu ?
