Chapitre 14
La course continua toute la journée et ils arrivèrent devant les plaines du Rohan. Aragorn d'un air ébloui et respectueux murmura :
-Le Rohan, pays des seigneurs des chevaux !
-Quelque chose d'étrange est à l'œuvre ici. Une force maléfique donne des ailes à ses créatures et se dresse contre nous. Dit il en observant le paysage d'un air songeur. Puis il cria à Legolas : Legolas que voit vos yeux d'elfe.
-Les traces dévient au Nord Est. Ils conduisent les hobbits en Isengard.
-Saroumane. AINATAL ?
-Oui ?
-Que voyez vous ?
-Et bien, ils vont bien vers l'Est. Ils sont accompagnés par des orcs du Mordor. Ils portent d'étranges épées et rares sont ceux qui ont des arcs. Elle fronça des sourcils, plissa des yeux et dit :
-Merry et Pippin ont l'air inconscient, ils sont accrochés à leur dos.
Tous ceux qui parlaient elfique se tournèrent vers elle complètement stupéfait. Ereinion lui demanda :
-Comment fais-tu pour les voir ? Nous même ne voyons qu'un nuage de poussière !
-Dix millénaire de combats sans merci contre des orcs silencieux, imprévisibles, intelligents et immortels. Voilà la raison de nos sens plus développés.
-Qu...
-Bon. On a pas que ça a faire, il faut aller chercher les deux petits. Pffuuu ! J'me d'mande encore c'que peut trouver Aragorn à ce pays pourri. Moi j'le trouve trop rocheux, y a que des cailloux ! J'ai compris. Aragoooorn, petit fripon ! Tu cherches ta fiancée parmis les cailloux ? Le problème, c'est qui va emmener la promise à l'autel ? Je sais, Gimli, il adore les cailloux, il sera ravi de la faire rouler jusque devant Elrond. Faudra pas en parler à Arwen, elle risque de ne pas le prendre bien et Elrond, il va être furax. Mais l'amour ne se commande pas, hein ?
Elle se tut quand elle remarqua le silence et surtout une ombre s'approcher lentement d'elle. Elle éclata de rire et partit en courant vers la direction qu'avait prise les orcs, Aragorn derrière elle, faussement énervé qui remerciait quand même l'elfe de mettre de l'humour dans cette aventure périlleuse. Elbereth aboya joyeusement et suivit les deux amis sur la trace des orcs. Tous les autres se mirent aussi à courir. La chasse se poursuivait, mais l'inquiétude était moins vive, altérée par la pointe d'humour lancée par Ainatal. Elle pouffait de rire en entendant Gimli marmonner en courant :
-Il faut respirer, c'est la clé. Respirer !
-Ouais et ben alors respire en silence ! Lui lança Ainatal.
Legolas tout à sa course lança :
-Ils courent comme si les fouets de leur maître étaient à leur trousse.
Le soleil commença à se coucher, mais ils continuaient à courir et Ainatal trouvait cela lassant. Quoique regarder les petites fesses musclés de son elfe se tremousser c'était très intéressant. Mais ils ne pouvaient plus s'arrêter. Elle poussa un lourd soupire de découragement et décida de chanter une chanson de son monde. Elle y réfléchit une bonne dizaine de minutes, puis avec un sourire démoniaque, elle se lança :
J'étais
dans mon village, à réparer des chaises en bois
Mais
l'aventure m'appelait, l'ennui était en moi
J'avais ouï
d'une tour, siégeant un peu plus loin
J'ai attrapé
mon canasson, mes bottes et mon gourdin
A
l'aventure, compagnons
Je suis parti vers l'horizon
J'aurais
mieux fait de rester chez moi
La suite vous le dira
Je suis
arrivé au lieu-dit, trempé par un orage
Ma monture
s'est enfuie, mais j'ai gardé mon courage
Contournant
l'édifice, dont la porte était fermée
J'ai
glissé dans la boue et puis les chiens sont arrivés
A
l'aventure, compagnons
Je suis parti vers l'horizon
J'aurais
mieux fait de rester au lit
Ce donjon, il est pourri
Ils ont
bouffé ma cape, mes sandwiches et mon boudin
J'ai dû
abandonner mon sac et fuir comme un vilain
Poursuivi par les
bêtes, je suis tombé dans un trou
C'était
l'entrée secrète qui passait par les égouts
A
l'aventure, compagnons
Je suis parti vers l'horizon
J'aurais
mieux fait de rester au lit
Ce donjon, il est pourri
J'ai rampé
dans la fange, les vermines et les sangsues
J'ai atterri dans un
cachot, où vivaient trois bossus
Ils m'ont piqué ma
veste, mes bottes et mon gourdin
Et ils m'ont balancé
dehors à grands coups de pied dans l'train
A
l'aventure, compagnons
Je suis parti vers l'horizon
J'aurais
mieux fait de rester au lit
Ce donjon, il est pourri
J'ai
traîné dans les corridors, sans arme et déprimé
Egaré
dans la tour, je suis revenu à l'entrée
Les orques
m'ont vu passer, courant vers la sortie
Ils se demandent encore
qui était cet abruti
A
l'aventure, compagnons
Je suis parti vers l'horizon
J'aurais
mieux fait de rester au lit
Ce donjon, il est pourri
L'histoire
était finie et j'ai voulu rentrer chez moi
En courant sous
la pluie, boitant comme un vieux rat
Cherchant pour une auberge,
une paillasse et un cruchon
Je m'suis dit "l'aventure, c'est
pas fait pour les couillons"
A
l'aventure, nom d'un chien
Je n'irai plus faire le malin
J'aurais
mieux fait de rester chez moi
A faire des chaises en bois !
Ereinion explosa de rire en entendant la chanson tandis qu'Aragorn et Legolas secouaient la tête en soupirant bruyamment devant l'immaturité de l'elfe. Aragorn ne comprenait pas comment des elfes aussi puissants et aussi dangereux pouvaient être aussi immatures et gamins. C'était à n'y rien comprendre. Après une nuit difficile où elle se cogna « sans faire exprès » à Ereinion qui pouffait toujours de rire, ils eurent la joie de voir des rochers, de l'herbe et des trous. Comme le prouva Gimli en embrassant passionnément le sol. Enfin, le soleil commença à se lever et Legolas lança une phrase malheureuse :
-Une soleil rouge se lève, beaucoup de sang a dû couler cette nuit.
PAAAAAAAAAAFFFF !!!!!
-AIEUH !!!! Elle m'a frappé ! S'exclama Legolas.
Aragorn, Boromir et Gimli regardèrent l'elfe qui se frotta le crâne alors qu'Ereinion retenait Ainatal par la ceinture. Ainatal beugla :
-Honte à toi ! Nous sommes une race sage et toi en une phrase, tu ruines tout. Et maintenant que vont dire les générations futures, hein ? Que les elfes avaient l'intelligence d'une huître AVARIEE !!!
Aragorn hilare traduisit pour Boromir et Gimli. A part Legolas qui marmonnait des menaces de vengeance et Ainatal qui le menaçait de représailles violentes, la chasse reprit. Vers le milieu de la journée, Aragorn stoppa et observa les traces sur le sol afin de vérifier qu'ils se rapprochaient d'eux. Brusquement, ils entendirent derrière eux des hennissements et ils se précipitèrent derrière un rocher. Ereinion commençant à comprendre la façon de penser des elfes de Phoenix, je tape donc je suis, attrapa Ainatal, la plaça d'office sur son épaule et l'emmena de force se cacher. Elle lui rugissait toutes les insultes qu'elle connaissait et il était très étonné de l'étendue infinie de son vocabulaire. Il aurait pû l'écouter encore longtemps, mais il entendait les chevaux s'approcher, n'ayant plus le choix, il décida de la faire taire et l'embrassa. Aragorn murmura :
-Enfin, je ne pensais pas qu'elle pouvait hurler aussi fort.
Un petit rire vint de la louve :
-Et encore, tu n'as pas entendu ce qu'ils font la nuit.
-Mmmhh mmhhh mmhhhh !!! S'outragea Ainatal.
Elle cessa de marmonner quand Ereinion caressa de sa langue son palais. Elle ferma les yeux et gémit contre les lèvres de son elfe. Elle passa ses bras autour du cou du roi des Noldor et colla son corps contre le sien. Les autres observaient le silence le plus complet jusqu'à ce qu'une grande troupe de cavaliers les dépasse. Aragorn sortit un peu de la protection des rochers, puis il sortit totalement et hurla :
-Cavaliers du Rohan. Quelles nouvelles des hommes de la marche !
Il se tourna vers les rochers et siffla :
-Vous ne voyez pas que ce n'est pas trop le moment là ?!
Ereinion quitta les lèvres d'Ainatal et frissonna de désir. Si les autres n'avaient pas été présents, il l'aurait prise ici et maintenant. Ainatal gronda contre Aragorn et les hommes du Rohan qui avaient osé briser ce moment magique. Les deux elfes s'écartèrent l'un de l'autre et rejoignirent Aragorn et les autres. Pendant ce temps, les cavaliers firent demi-tour et entourèrent la communauté des Masochistes. Ainatal observait avec un mépris évident les cavaliers, mépris réciproque du côté des Rohirrims. L'un des cavaliers s'approcha et cracha :
-Que font deux hommes, trois elfes et un nain dans le Riddermark? Répondez !
Ainatal faillit sauter sur le cavalier pour le faire passer de vie à trépas, mais elle fut retenue par Ereinion et Aragorn. Cependant ils ne purent l'empêcher de hurler :
-ON FAISAIT LA CUEILLETTE DES PAQUERETTES, ESPÈCE DE DÉCHETS DE L'HUMANITÉ, ABRUTI CONGÉNITAL. AU LIEU DE NOUS FAIRE CHIER TROIS BULLES POUR AVOIR OSÉ SHOOTER DANS UN CAILLOU, VA SUCER TON CHEVAL TU FERAS AU MOINS QUELQUE CHOSE D'UTILE DANS TA MISÉRABLE EXISTENCE.
Tous se demandèrent ce qu'elle venait de dire, cependant, d'après la couleur cramoisie des oreilles d'Ereinion, ce n'était pas des gentillesses. Le roi des Noldor hésitait même à traduire. Mais il n'eut pas le choix quand le cavalier ordonna :
-Traduisez ce qu'elle vient de dire !
-Hum ! Elle vient d'exprimer toute sa mauvaise humeur à l'idée d'être ainsi menacée par vos armes !
-Je veux la traduction complète !
-Heu... vous en êtes sûr ?
-Oui, elfe !
-Bien. Alors elle vous a dit : « on faisait la cueillette des paquerettes, espèce de déchet de l'humanité, abruti congénital. Au lieu de nous faire chier trois bulles pour avoir osé shooter dans un caillou, va sucer ton cheval, tu feras au moins quelque chose d'utile dans ta misérable existence ».
Tous observèrent avec stupéfaction l'elfe qui avait vraiment envie d'arracher une ou deux têtes. Aragorn demanda :
-Elle parle toujours comme cela ?
-Avec Pippin, c'est beaucoup plus ordurié.
-Pourquoi lui ?
-Parce qu'elle le trouve vraiment neuneu
-Neuneu
-Stupide, crétin et niais ! Lança Ainatal.
-Allez ma douce, ne sois pas... Commença Ereinion, mais il fut coupé par le Rohirrim.
-On vous gêne pas là ?! Qui êtes vous ? S'énerva le cavalier.
-Mais je vais m'le faire ce pouilleux !
Gimli grogna :
-Donnez moi votre nom dresseur de chevaux et je vous donnerais le mien.
Le cavalier commençait vraiment à perdre patience et il allait bientôt mordre. Il descendit de cheval et répliqua :
-Je vous couperais volontiers la tête nain, si elle sortait un peu plus du sol.
Legolas vif comme l'éclair sortit une flèche l'encocha, menaça l'homme avec, en lui disant d'un ton méprisant :
-Vous seriez mort au moindre geste.
Les cavaliers pointèrent leur lance sur la communauté alors qu'Ainatal était déjà prête à faire un véritable carnage. Aragorn sentant que les choses allaient bientôt dégénérer, s'interposa, abaissa l'arc de Legolas, poussa Ainatal à remettre ses lames dans ses fourreaux et se présenta :
-Je suis Aragorn, fils d'Arathorn. Voici Boromir fils de Denethor, Legolas fils de Thranduil du royaume Silvestre, Ereinion Gil Galad fils de Fingon roi des Noldor du royaume du Lindon et enfin Ainatal chef des Armées des elfes de Phoenix.
Les humains devinrent blêmes, ils avaient menacé le fils de l'intendant du Gondor, le puissant Roi des Noldor et surtout le chef des invincibles elfes de Phoenix. Ces elfes étaient connus pour être indestructibles et leur chef pour être incroyablement puissant. Mais l'homme en face d'eux se méfiait et voyant cela, Aragorn dit :
-Nous sommes les amis du Rohan et de Théoden votre roi.
L'homme retira son casque et répliqua :
-Théoden ne reconnaît plus ses amis de ses ennemis. Pas même les siens
Ses hommes baissèrent leur lance et Ainatal ne se relâcha pas, elle était toujours prête à faire une carnage au moindre mouvement. Les autres écoutèrent le cavalier qui dit :
-Saroumane a empoisonné l'esprit du roi et a revendiqué la suzeraineté de ces terres. Mes cavaliers sont loyaux au Rohan. Et pour cela nous avons été bannis. Le magicien blanc est rusé. Il va et viens à ce que l'on dit, vieillard enveloppé d'un manteau à capuchon. Et ses espions se faufilent partout à travers nos filets.
Aragorn voulant lui prouver sa bonne foi lui dit :
-Nous ne sommes pas des espions. Nous pourchassons un groupe d'Uruk-haï en direction de l'ouest. Ils ont emmené captif deux de nos amis.
-Les Uruks ont été détruits. Nous les avons massacrés pendant la nuit. Répliqua le cavalier.
-Mais il y avait deux hobbits. Avez-vous vu deux hobbits avec eux. Cria Gimli. Voyant l'incompréhension du cavalier, Aragorn les décrivit :
-Ils seraient petits, des enfants à vos yeux.
-Il n'y a pas de survivants. Nous avons empilé les carcasses et les avons brûlé. Au loin, les membres de la communauté de l'Anneau pouvaient apercevoir un nuage noir. Boromir était trop choqué pour réagir, et Elbereth tentait par tous les moyens de le réconforter. Aragorn baissa les yeux, et Gimli murmura :
-Morts !
-Je suis désolé. Répondit sincèrement le cavalier qui regardait Gimli se faire consoler par Legolas et Boromir par Elbereth. Ainatal n'avait pas l'air particulièrement triste, mais plutôt impatiente de repartir. Il siffla en appelant : " Hazufeld, Arod ". Et deux chevaux l'un blanc et l'autre marron s'avancèrent. Il ajouta : Puissent ces chevaux vous apporter meilleur fortune qu'à leurs premiers maîtres. Adieu.
Ereinion marmonna :
-Deux chevaux pour six cavaliers ?
Loin de cette question existentielle, Ainatal se faufilla entre les chevaux, puis bondit sur le rocher qui les avait protégés, puis mit deux doigts dans sa bouche et poussa un sifflement long, fort et terriblement perçant. Les chevaux hennirent de douleur, tandis que les elfes gémissaient en tentant de protéger leurs oreilles. Quand enfin elle cessa, ils entendirent un hennissement aussi strident que le sifflement et un éclair blanc passa devant eux puis l'éclair devint un cheval magnifique. Il mesurait bien un mètre soixante dix au garrot et avait une robe blanche et lumineuse comme de la lumière. Il rua, puis se calma et resta paisiblement près du rocher. Ainatal se jeta à son cou et lui dit :
-Tu m'as manqué mon ami, mais maintenant nous allons pouvoir rester ensemble.
-J'en suis heureux. Où est Elbereth ?
La louve arriva rapidement et les deux amis se firent la fête, ils étaient enfin tous réunis. Ainatal grimpa sur son cheval, Elbereth bondit devant elle, puis elle tendit la main vers Ereinion qui monta en croupe. Les Rohirrims étaient subjugués par la beauté du cheval et surtout par le fait que l'animal parlait. Brusquement, il rua une nouvelle fois forçant Ereinion à se rattraper à la taille de son elfe, puis il partit d'un coup. Tous sursautèrent alors que le cheval était redevenu un véritable éclair. Eomer se tourna vers Aragorn et lui demanda :
-C'est vraiment le chef des elfes de Phoenix ?
-Oui, je l'ai vu combattre et malgré des flèches dans tout le corps, elle ne succombait pas sous le nombre de ses adversaires. Répondit le futur roi du Gondor.
-C'est incroyable. Je vais vous laisser.
Il remit son casque, remonta à cheval, puis dit au reste des compagnons :
-Cherchez vos amis. Mais n'ayez pas trop d'espoir. c'est peine perdu sur ses terres. Puis il cria à ses hommes : " vers le nord ". Et toute la troupe le suivit dans la direction annoncée
La communauté de l'Anneau monta à cheval, Legolas avec Boromir, Aragorn avec Gimli. Ils repartirent et mirent un peu plus de vingt cinq minutes pour arriver au bûcher. Là, ils virent Ainatal à un peu plus de cinq cent mètre du méchoui. Près d'elle se trouvait sa louve, son cheval et Ereinion et d'après son hilarité il était arrivé quelque chose de très amusant.
A suivre
