Cela faisait maintenant trois semaines que nous étions à Longbourn et les préparatifs du mariage avançaient à grand train. Paradoxalement, plus les choses avançaient et plus ma mère devenait bruyante et stressée. Jane et Charles étaient d'avantage stressés par le son de sa voix que par leur propre mariage. Il y avait tellement de chose à faire nous ne savions plus ou donner de la tête et ma mère nous tournait tous en bourriques, aussi Will et moi n'avions pas eu un moment pour se voir en tête à tête.

Les parents de Charles devaient arriver dans la semaine, Georgiana et moi élurent domicile chez les Lucas. Les parents de Charlotte nous proposèrent de nous héberger le temps du mariage afin de libérer un peu de place pour les invités. Ce fut avec joie que j'acceptai, je retrouvai ainsi Charlotte, et surtout le calme. Jane passa dans la journée me déposer ma robe de demoiselle d'honneur. Une vraie merveille … Je serais toujours époustouflée par le gout de ma sœur. Une petite robe bustier tout en soie et en dentelle, d'un rose poudre très léger qui mettait en valeur mes cheveux noir et mes yeux noisette !

_ Elle est parfaite Jane ! Mais elle a du te couter une fortune ! Tu as du engloutir la moitié de ton budget mariage dans ma robe ! Si ça avait été pour tes beaux yeux j'aurais accepté d'être moche pour le jour de ton mariage, tu sais !

_ Ce n'est pas moi qui l'ai payé Lizzie.

_ Un cadeau de Charles ? Nul besoin de me soudoyer, je suis la première supportrice de votre relation ! lui dis-je en souriant

_ C'est Will …

_ Il l'a choisi ?

_ Tout seul comme un grand. Apparemment il connaît bien mieux tes goûts et ta morphologie que moi maintenant !

_ Jane !

Elle rit de bon cœur et me tira la langue comme une enfant avant de me laisser seule dans la chambre. J'emboita rapidement son pas et me retrouva dans le chantier qu'était devenue notre salon. Nappes, couverts, tente, couette, côtoyaient joyeusement cadeaux de mariage, smoking et bouquet de fleur. Ce joyeux bazar me donnait l'impression que tout le voisinage avait déversé leur grenier dans notre salon.

Ma mère était comme toujours au top de sa forme vocale, alors que Jane et Charles la suivaient comme de dociles petits poussins. Elle me vit arrivé et me lança :

Lizzie ne reste pas planté comme un piquet. Aide nous un peu. Il nous reste des centaines de bouquets à confectionner pour la décoration de table.

_ Je m'en charge maman.

Jane me regarda d'un air désolé et me lança un petit merci.

Mes petites mains s'affairèrent pour composer les plus beaux des bouquets pour ma sœur.

Mon père s'installa dans son fauteuil préféré et me dit :

_ Tu as bien de la chance d'avoir émigrer chez les voisins. Si seulement je pouvais faire la même chose.

Mon père me regarda tendrement et me dit :

_ Ta sœur a l'air heureuse avec Charles. Pas autant que ta mère mais bon …

_ A ton avis où maman va-t-elle placé la statut en bronze a la gloire de Charles ? Dans l'entrée ou dans le jardin ?

_ Lizzie … Tu connais mal ta chère maman. Elle la placera dans la chambre pour pouvoir dormir avec !

_ Je vois de qui tu tiens Lizzie.

Mon père et moi levâmes les yeux et tombèrent sur Will.

_ C'est donc de ton papa que tu tiens ton sens de la répartie à toute épreuve.

_ Oh ce n'est pas la seule qualité que je lui ai transmise. Comme moi, elle sait aussi s'éclipser au bon moment. Je vais vous laisser confectionner ses petits bouquets avec elle.

Mon père s'en alla en me faisant un petit clin d'œil, qui n'échappa à Will.

Il sourit narquoisement et me dit :

_ Je crois que ton papa m'aime bien.

_ Mon père ne déteste personne, dis je en rougissant.

Ma mère rentra avec fracas dans le salon et me houspilla sans plus attendre.

_ Active toi Lizzie ! Oh vous êtes là William … Ma mère gloussa bizarrement et me dit Lizzie tu es tellement mal élevée, emmène William se promener. Plus vite, file !

_ Mais les bouquets maman ?

_ Elizabeth Bennet, ne faites pas votre petite fille capricieuse, allez vous oui ou non écouter votre mère ?

_ Je ne fais que ça maman… Et c'est justement ce que tu me reproches. Soupirai-je.

_ Elizabeth à la cuisine tout de suite !

Je m'exécuta, regardant Will d'un air désolé tandis que lui paraissait tout amusé de la situation.

Arrivée dans notre cuisine (encore plus encombrée que le salon), je préférais rester debout pour écouter ma sentence.

_ Lizzie vas tu faire un effort. Regarde moi cette coiffure, et cette chemise, combien de fois dois-je te dire de la jeter ?

_ Maman …

_ Il est riche Lizzie ! Prends exemple sur ta sœur ce n'est pas comme ca que tu trouveras un mari, et encore moins un riche.

_ Maman !

_ En plus je pense que tu ne le laisses pas indifférent. Une mère sens ce genre de chose. Mets toi sur ton 31 le jour du mariage, hors de question que tu sois moins jolie qu'une de tes cousines. Ces petites pestes essayeront de le harponner, surtout Kitty ! Ta tante n'arrête pas de me dire à quel point elle est délicieuse a quel point elle est drôle et féminine. Hors de question que je perde et que Kitty se marie avant toi.

_ Maman ! Ce n'est pas une compétition !

Furieuse je claquais la porte en partant et retrouva Will et mon père dans le salon. Mon père paraissait satisfait et amusé alors que Will était rouge écarlate.

_ On va se promener Lizzie dit-il tout penaud.

_ Oui.

Mon père tout sourire me lança :

_ Filez jeunesse, et profitez du soleil !

A l'extérieur, je regardais Will, et lui dis : toi et mon cher père me faites des cachoteries.

_ Non nous n'oserions jamais. Aucun de nous ne veux a nouveau subir les foudres de ta colère.

_ Dis moi s'il te plaît, lui dis en déposant un léger baiser sur sa joue.

_ Non

Il rougit comme un enfant à cette petite marque d'affection, et me pris délicatement la main.

Les chemins de Longbourn étaient bordés de fleur en ce début d'été et rien n'était plus agréable que de s'y promener. Le parfum des fleurs se mêlaient à celui de l'embrun de et de l'iode et embaumaient délicatement les rues. C'était notre premier moment d'intimité depuis notre réconciliation. Je me sentais nerveuse de me retrouver à nouveau face à lui, je le laissa donc prendre les rennes, et me contenta de me laisser guider.

Will choisit un banc isolé, loin de la maison pour s'installer, et m'invita a le rejoindre.

_ De quoi ta mère a voulu te parler ?

_ De mon look trop débraillé à son goût, elle ne veut pas rougir de moi lors du mariage. Et toi de quoi as-tu parlé à mon père ?

_ De choses et d'autres !

_ S'il te plaît Darcy !

_ Jamais, et surtout pas si tu m'appelles Darcy !

_ Will s'il te plaît.

Il me prit délicatement dans ses bras et me murmura à l'oreille :

_ Cesse d'être têtue, tu le sauras en temps voulu.

_ Mais.

Chut … Dit-il en posant délicatement un doigt sur mes lèvres. Détends toi et profites du paysage.