Chapitre 13: Réveil

Un vrombissement lointain résonna dans ses oreilles, en même temps qu'elle sentit une odeur de fraîcheur et de propreté lui monter au nez. Elana bougea légèrement, tentant de donner un sens à cette sensation étrange qui lui était pourtant si agréable. Alors elle réalisa. La pression de l'air était redevenue normale. Tout ici était si douillet et lumineux. Elle n'était restée sur Bestine que durant quelques jours. Cela voulait donc dire qu'elle était de retour sur Coruscant et que...

Soudainement, quelque chose se remit en place dans son esprit, et elle se redressa d'un bond paniqué. Ou plutôt elle essaya. Car aussitôt qu'elle bougea, une douleur lacérée lui traversa l'abdomen, et elle retomba sur son lit, un lit d'hôpital nota t-elle, frappée d'horreur. Les médecins avaient probablement vu ce qui se cachait sous sa lourde tunique. Ils avaient dut voir ce qu'elle était vraiment. Elle allait être renvoyée de l'ordre, et allait devoir affronter l'expression de profond dégoût sur le visage de son maître...

« Restes couché, Caleb. Tu ne vas arriver qu'à qu'aggraver tes blessures! »

Elana papillonna des yeux, tentant de s'habituer à cette nouvelle lumière, puis tourna la tête. Elle était allongé dans l'infirmerie du Temple, reliée à un électrocardiogramme. Mace était assit sur une chaise à côté de son lit. Il s'était pratiquement redressé d'un bond et avait redressé une main pour l'obliger à se tenir immobile, comme pensant qu'elle allait soudainement sauter de son lit, et se ruer dans la salle d'entrainement pour faire une série d'exercices de sabre-laser... Enfin, quelques soit les pensées qu'il avait à son sujet, ce n'était certainement pas le profond dégoût auquel elle s'était préparée.

« Caleb! Tu as mal? »

« Hein, euh... nan. » Puis brusquement, Elana réalisa. Tout les soins intensifs étaient prit en charge par les droïdes. Bien sure! Comment avait-elle put l'oublier? Ils n'étaient certainement pas programmés pour observer et noter les différences qui existaient entre le corps d'un homme et d'une femme. Ainsi, son secret était sauf. Éreinté, elle se sentit envahie par une vague de soulagement.

« J'ai bien cru que tu n'allais jamais te réveiller. » Mace secoua doucement la tête, se rasseyant lourdement sur sa chaise. La confusion d'Elana fut rapidement remplacée par un besoin pressant de savoir ce qui s'était passé juste après qu'elle se soit évanouie. Également, et c'était le plus important encore, elle fut saisit d'une sensation étrangement fiévreuse aux mots de Mace. Il s'inquiétait pour elle!

« Évidemment que j'allais me réveiller! » dit-elle, soucieuse de le faire sortir de son malaise.

« Je parlais d'un point de vu purement médical. »

« Ah, d'accord. » Elana jeta un coup d'œil à la machine à laquelle elle était rattachée. « Est-ce que tout ça est nécessaire? Je ne savais pas que mon cas était si désespéré. »

A présent, Mace arborait un air penaud. « Souvent, l'un trouvera que les plus petits maux peuvent rapidement se transformer en un plus grand s'ils ne sont pas soignés à temps avec précaution. » dit-il avec sa voix contemplative. Que voulait-il dire par là exactement? « Tu m'as fichu une sacré frousse, à tourner de l'œil comme ça. »

« Je suis désolé. »

« Ce n'est pas à toi de t'excuser, Caleb! » Mace secoua la tête avec incrédulité. Elana décida de changer de sujet, avant de dire autre chose qui puisse pousser Mace à se sentir mal.

« Donc... juste après que j'ai perdu connaissance, que s'est-il passé? »

« Eh bien, nous avons remportés la bataille. » Mace se lança dans le récit des évènements avec une nouvelle ferveur. « Après que nous ayons détruit l'unité de contrôle, tous les droïdes se sont désactivés, et les rares soldats vivants qui restaient se sont alors presque aussitôt rendus. Il y avait des centaines de milliers de droïdes, Caleb. Si tu n'avais pas trouvé et détruit ce centre de commande, qui sait ce qui aurait put arriver. Sans doute la victoire n'aurait pas été l'issue de notre combat. » Il fit une pause, puis dit doucement: « Tu es un héros, Caleb. »

« Euh, vous savez en fait ce n'était qu'un accident. » Elana tenta subitement de baisser la tête, mais c'était une manœuvre assez difficile à exécuter, pour quelqu'un qui se trouvait couché sur le dos.

« Je pensais plutôt qu'il s'agissait d'une initiative prise sous un coup de tête, » dit Mace. « mais un accident? Penses-tu réellement que nous remporté cette bataille grâce à la chance, Caleb? »

« Vous pensez que la Force était de notre côté? »

« Rien n'arrive par accident. » Mace se rapprocha plus près, ses yeux fixant son visage. « Je crois que si tu es tombé de cette moto, c'est parce que tu le devais. Aussi, cette réaction en chaine que j'ai provoqué... par accident, n'aurait put se produire si tu n'avais pas déjà fait tout le travail dans la station. Accident ou pas, tu as été malgré tout incroyablement courageux. Tu as suivis mes ordres sans broncher, et tu as conservé ton sang-froid, ce qui est une chose impressionnante pour un apprenti si jeune. Je n'ai jamais vraiment été emballé par cette idée de conscrits, mais je dois admettre que moi... et l'Ordre, nous avons de la chance de t'avoir parmi nous.

« Merci. » souffla Elana.

« Peu de Padawan avec ton entrainement auraient put survivre à cette épreuve. » L'espace d'un instant, les yeux de Mace se voilèrent. Elana prit tout à coup conscience combien il semblait usé et épuisé, tout comme un vétéran revenant de la guerre, à qui il manquait de nombreuses nuits de sommeil... « J'ai crus que j'allais te perdre. » Il tendit le bras et lui prit la main, agrippant celle-ci fermement comme s'il pouvait l'enlacer par ce simple geste. « Tu n'aurais jamais dut être obligé te battre, mais tu as surmonté les épreuves. »

« Je suis seulement soulagé de savoir que nous avons gagnés. » chuchota Elana. « C'est aussi pour protéger mon peuple que je suis là, il ne faut pas l'oublier. »

« Et c'est ce que tu as fait. » Mace sourit, dégageant ses cheveux de son front. « Remporter cette bataille nous a donné un avantage stratégique. C'est comme si on était capable maintenant de donner un coup d'accélérateur à toutes nos initiatives, cela va nous permettre enfin d'avancer et d'en finir avec cette menace. Le chancelier nous en est extrêmement reconnaissant. Lorsque tu iras mieux, il a éprouvé avec enthousiasme le souhait de te rencontrer. »

La mâchoire d'Elana s'en décrocha, et elle resta ahurit, la bouche ouverte. Lorsque l'information parvint finalement jusqu'à son cerveau, elle ne parvint qu'à balbutier:

« Moi? Rencontrer le Chancelier Suprême? »

« Oui, toi. » Mace souriait à présent, mais c'était plus de joie que d'amusement. « Dés que tu te sentiras mieux. Le Sénat doit bientôt se rassembler pour discuter de notre prochaine action. Il y aura un bal d'honneur avant cela, et tu es invité. »

Chancelier! Bal d'honneur? Évidemment, Elana avait déjà eu son gain de soirées, mais jamais encore elle n'en avait connue une avec quelqu'un d'aussi important que le Chancelier Suprême! Par ailleurs, elle n'avait aucune idée du comportement que les garçons étaient sensés adopter dans ce genre de circonstances. Elle allait se ridiculiser. Elle avait juste à espérer que Mace ne lui en tiendrait pas trop rigueur...

« Attendez. Vous viendrez avec moi, quand même? » couina Elana. Mace ne put contenir son rire.

« Oui, mais si j'étais toi je ne compterais pas sur moi pour t'apprendre les subtilités de l'art et des plaisirs de la conversation. » Alors nous sommes deux.

« Ne vous inquiétez pas, je me contenterais de me cacher derrière vous. »

« Pendant que le bol de semoule volera sur ma tête. »

« Ouais, entre autre. »

Mace laissa échapper un nouveau petit rire, mais alors son sourire s'effaça, et il se pencha en avant pour la regarder dans les yeux. Elana sentit soudainement sa poitrine s'oppresser. « Je suis heureux que tu sois de retour parmi nous, Padawan. » dit-il plus bas d'une voix douce.

Mace avala sa salive, fixant pendant un moment ses genoux. Caleb avait l'air tellement fragile étendu là. Bien que les droïdes lui aient certifiés qu'il était en bonne santé, on avait l'impression en le regardant qu'il allait d'un instant à l'autre se briser. Il réalisa alors d'un coup que son visage n'était pas agaçant, comme celui qu'il avait toujours voulut voir, mais qu'il était agréable et avenant, et même séduisant. Il fut prit d'une irrésistible envie de le toucher, comme pour s'assurer qu'il était toujours vivant. Il leva de nouveau les yeux, dissipant les pensées lugubres dans sa tête. Il y avait à présent une rougeur écarlate sur les joues de Caleb, qui n'avait pas été là lorsque celui-ci était encore sous sédatif; ses yeux alertes étaient grand ouverts. Il reprenait des forces. Bientôt il serait sur pied, aussi en forme et en bon état de marche qu'avant son accident. Mace se pencha en avant et saisit sa main.

« Je crois que ton ami Qui-Gon attends avec impatience de te voir. » dit-il. « Donc, je vais m'en aller. Que la Force soit avec toi. »

« Et avec vous, maître. » murmura Elana d'une voix chevrotante. Elle l'observa tandis qu'il se hâtait vers la sortie de l'infirmerie, s'arrêtant devant la porte pour laisser passer Qui-Gon.

Le visage de son ami exultait, et elle n'eut pas à chercher bien loin pour connaître la raison de sa joie.

« Ah, l'amouur... » soupira Qui-Gon, s'écroulant sur la chaise que Mace venait tout juste de quitter.

« Ne commences pas. »

« Désolé. » Qui-Gon prit un air contrit. Il garda le silence pendant quelques secondes. « Eh, on peut dire que tu as une meilleure mine que quand je t'ai vu arriver. »

« Tu m'as vu? Mais alors, que s'est-il passé après que j'ai perdu connaissance sur Bestine? »

« Eh bien, ils t'ont évacué sur un transport léger avant même d'embarquer le plus gros des troupes. Ils t'ont amenés directement ici, les droïdes t'ont donnés quelques soins médicaux sur le chemin. Et tu sais que je travaillais avec les guérisseurs, pendant que la plupart d'entre vous étaient à l'extérieur et j'étais en train de faire les trucs habituels... tu sais, refaire les bandages des entorses, changer les draps des lits, des trucs comme ça... quand deux d'entre eux t'ont amenés sur un brancard, toi à moitié mort avec un masque à oxygène sur le visage. Ça m'as foutu une sacré trouille, je dois dire. »

« Mumh oui, je m'en doute. »

« Et Mace suivait, et on aurait dit que... eh ben, pour être honnête, il avait l'air de carrément flipper. Sans rire, Caleb, je pense qu'il tient vraiment à toi. »

« Ouais, Qui... » balbutia Elana, mal à l'aise.

« Sans rire. Écoutes, je sais que tu es inquiet, mais tous les maîtres ne sont pas comme maître Dooku. Un grand nombre de personnes désapprouvent la façon dont il me forme, pour dire la vérité. Mais ce n'est pas parce que ton maître est un peu rude avec toi, que ça ne veux pas dire que tu ne comptes pas pour lui, autant que moi je compte pour maître Dooku. »

« Ouais. » Elana se tut. « Merci, Qui. »

« Aucun problème. J'aurais juste aimé que tu sois réveillé, parce que quand maître Mace (Elana souligna la réutilisation de ce surnom exaspérant) m'a vu, j'ai bien crus qu'il allait m'estropier. J'aurais préféré que tu sois là pour calmer ses ardeurs. »

« Désolé, j'espère que mon enveloppe corporelle t'a envoyée des vibrations positives. »

« Ça a dut marcher. Je suis toujours en vie, pas vrai? »

Elana rit.

« Oh, et tant qu'on y est, » continua Qui-Gon. « quand on parle du loup. Tu vas avoir grand besoin de ses talents en matière de relation sociale. Qu'est ce que c'est que cette histoire de rencontrer le Chancelier? »

« Oh, Force, j'ai oublié! Comment est-ce que je vais faire? »

« Ça ne peut pas être aussi difficile que ça, tu as juste à sortir des phrases du genre à quel point tu es reconnaissant, et que tu n'as eu qu'un coup de bol dans cette histoire, et tout ça. » Elana fut piqué au vif. Depuis quand Qui-Gon insinuait-il que sa réussite n'était dut qu'à de la chance? Enfin, c'était vrai, mais...

« Je dois me rendre à un bal, Qui. Sais-tu ce que ça veut dire, ou es-tu si ignorant que ça? »

Qui-Gon haussa un sourcil. « Non. Éclaires moi. »

« C'est la manière distingué pour parler d'une grande, et extraordinaire, » Elana fit une pause pour accentuer l'effet dramatique « soirée. »

« Force, Cal. » Qui jeta la tête en arrière et soupira. « Tu es irrécupérable. »


Finalement, se comporter comme un garçon ne fut pas si difficile que ça. Il s'agissait simplement de rire fortement aux blagues hilarantes de son auditoire, se promener, saluer poliment les dames et manger un peu. En fait, elle était plutôt contente de ne pas avoir à se mêler aux conversations lorsqu'elle allait grignoter... Eh, quoi ? Après tout, elle était un ado. A quoi s'attendaient-ils?

« Caleb? » Elana fit volte face, la bouche pleine d'un de ces fameux et délicieux gâteaux.

« Mhumph? »

« Avales-moi ça vite, on dirait un castor. Le chancelier vient par ici. »

Un homme élancé aux cheveux blancs s'approchait d'eux, les gratifiants même avant de les avoir rejoints d'un sourire.

« Maître Windu! C'est un plaisir de vous voir ici! »

Mace sourit et tendit une main pour le saluer. Le chancelier la serra chaleureusement, puis se tourna vers Elana.

« Et je suppose qu'il s'agit de votre Padawan, est-ce exacte? »

« Oui, voici Caleb. » Mace lui fit signe qu'elle devait parler au chancelier.

« Bonsoir, chancelier. » amorça Elana.

« Bonsoir, Caleb Sango. » répondit le chancelier avec un sourire bienveillant, allongeant la main. Elle la prit, et ils se serrèrent la main. Elle fut surprise; elle s'était attendue à ce qu'il lui soit plus intimidant, comme Mace, ou Yoda, ou bien même son père l'était lorsqu'il était de mauvaise humeur.

Mais sa figure était amicale et avenante. Une part d'elle-même s'était déjà prise de sympathie pour lui, mais au fond d'elle, elle se sentit mal à l'aise. Il ne l'impressionnait pas du tout. Un leader devait être plus effrayant que ça. Il ne devrait pas être le genre d'homme, que n'importe quel Padawan intimidé de dix neuf ans, pouvait regarder dans les yeux.

« Nous vous sommes entièrement redevables à vous et à votre maître. » disait le chancelier. « Sans votre aide nous n'aurions pas remportés la victoire. Je dois admettre que j'avais au début des doutes concernant l'utilisation d'êtres sensibles à la Force comme soldats, mais maintenant je suis plutôt heureux de m'être montré favorable à cette décision. »

« La Force nous guide en chacun de nous, monseigneur. » répondit Elana solennellement. « Je lui suit reconnaissant d'avoir choisit d'éclairer nos leaders dans ces temps troublés. »

Le chancelier acquiesça. Il paraissait à la fois ennuyé et satisfait. C'était sensé être la manière avec laquelle les Jedi s'exprimaient. Elle devait être à la hauteur.

« En effet. » répondit-il. « Voici la preuve d'un franc succès de votre programme de recrutement, maître Windu. » Puis, en disant ceci, il s'éloigna ensuite vers un autre groupe de délégués. Elana en fut ébahit; c'est tout? Elle était presque déçue qu'un si bref et court échange soit tout ce qui avait été demandé d'elle.

« Ah, c'est ce à quoi on devait s'attendre. » Mace haussa les épaules.

« Ils ne nous aiment pas beaucoup, nous les Jedi, pas vrai? »

« Ils ne nous comprennent pas. » Le visage de Mace s'assombrit légèrement, mais il paraissait plus résigné qu'en colère. « Pour eux, la Force est imprécise, et aberrante comparé au canon d'un bon pistolaser. La moitié du temps ils pensent que la Force est une sorte de tour de magie infaillible, ou que maître Yoda est un vieux charlatan arrogant qui passe son temps à parler à son chapeau. » Elana gloussa à cette dernière phrase, et le visage de Mace se détendit dans un grand sourire hésitant. « Pardonnes-moi, mais d'où vient ce discours sur la Force? »

« J'ai écouté mon maître. »

« Ah. Alors, tu as certainement renforcé son image de parfait Jedi. Je ne sais pas en revanche si c'est une bonne ou mauvaise chose... »

Elana n'écoutait plus grand chose, bien qu'elle entende toujours le murmure de sa voix velouté. Elle repensait aux mots du chancelier: Voici la preuve d'un franc succès de votre programme de recrutement.

Est-ce que ce n'était que de ça dont Mace se préoccupait? Qu'elle avait fait de son travail une réussite? S'intéressait-il à elle par simple souci de sa réputation; après tout ce qu'ils avaient vécus?

Mace vit le sourire de son Padawan progressivement s'évanouir, et s'en inquiéta. Qu'est ce qui pouvait le contrarier? N'était-il pas heureux qu'ils aient gagnés et que le Sénat leur en soit infiniment redevable?

« Caleb, tu vas bien? » Mace devait savoir ce qui n'allait pas avec le garçon. Il arborait un air abattu qui s'accentuait à chaque nouvelle seconde.

Caleb leva les yeux, l'inquiétude disparaissant légèrement de ses grands yeux bruns. A présent qu'ils étaient revenus de Bestine, ses yeux étaient d'une couleur normale, et non plus de cet incroyable vert éclatant que la pression élevé avait crée. « Oui, maître. Je vais bien, merci. » Il détourna à nouveau les yeux. « Juste un peu fatigué. »

Mace se maudit intérieurement d'avoir laissé Caleb venir à cette soirée. Il aurait dut le laisser se reposer plus longtemps, jusqu'à ce qu'il ait entièrement récupéré, au lieu de l'embarquer à nouveau dans une autre de leurs péripéties.

« Je suis désolé, » commença t-il. « tu ne devrais probablement pas resté éveillé si tard... »

« S'il vous plait, maître. » coupa Caleb, avec un sourire resplendissant. « Je n'ai plus douze ans. »

« Tu parais troublé. » dit finalement Mace, à voix basse.

« Non. Non... »

« Je vois. »

« Je pensais juste, » dit Elana. « que nous devrions nous entraîner ensemble plus souvent. Je n'ai pas le sentiment d'avoir développé aussi bien que j'aurais dut ma compréhension des techniques de combat. » C'était en gros ce qu'elle pouvait le plus rapprocher de Je pense que tu ne passes pas assez de temps avec moi, parce que tu t'en fous et que tu m'utilise pour booster ta côte auprès du conseil.

Mace eut un moment l'air de percevoir quelques bribes de ses pensées.

« Bien sûr. » Il posa une main sur l'épaule de Caleb. « Tu es mon Padawan, je devrais passer du temps avec toi. Ton intérêt pour ton propre apprentissage est remarquable. » Caleb baissa vivement la tête, avec une expression gênée mais en même temps ravie, qui donna à Mace l'envie de tendre la main, et de...

Oh non. Oh, non, non, non, non, non.

Comment cela a t-il put arriver? Comment?

Il devait s'éloigner, tout de suite.

Il se tourna vers Caleb, mais ne regarda pas son visage.

« Padawan, peux-tu te débrouiller seul pendant une minute? Je dois... » il laissa sa phrase en suspension, puis marcha, bien trop rapidement vers la sortie du hall.

Mace se hâta le long d'un corridor jusqu'à ce qu'il parvienne à trouver une fenêtre ouverte, et un balcon donnant sur le paysage urbain de Coruscant. Il prit une grande bouffée d'air, et s'accouda à la balustrade puis enfouis sa tête dans ses mains. Il ne pouvait pas se permettre d'avoir ce genre de sentiment. Pas maintenant. Pas pour Caleb. Mais c'était aussi clair que de l'eau de roche, qu'ils étaient bien là. Il fracassa son poing sur la balustrade et balaya d'un regard désespéré les lumières de la cité, comme s'il pouvait y trouver certaines réponses cachées.


Elana entendit des chuchotements derrière elle.

« Lequel? »

« Celui-là. »

« Quoi... tu veux dire le Padawan? Tu sais, ils n'ont pas le droit de... »

« Je sais, je sais. Mais il est craquant ! »

D'accord, à présent elle commençait sérieusement à avoir peur. Des filles la trouvait craquante! Force, que c'était déroutant! Combien de fois avait-elle eut la même conversation avec Behra, lorsqu'elles épiaient de jeunes soldats ou des fils de politiques?

Et immédiatement après, Behra allait toujours aborder le garçon. Elle devait se sortir de là avant qu'elles n'entament la prochaine étape! Si seulement elle parvenait à trouver son maître!

Elana balaya du regard le hall bondé, se demandant par la Force ce que son maître faisait. Peut-être qu'il avait reçut un appel urgent, ou quelque chose dans le genre; Il avait parut complètement déboussolé...


Depuis le début, il avait trouvé Caleb irritant. Et à présent, il réalisait que c'était parce que le garçon, lorsqu'il était en sa présence, lui donnait ce sentiment qu'il ne pourrait pas se sentir serein, et qu'il pouvait à tout moment perdre le contrôle. Puis tout s'était accéléré: Caleb découvrant la Force, l'accident de la piscine, Caleb devenant son Padawan. Même le Sith avait sentit qu'il devenait trop attaché à son Padawan... bien qu'il n'ait jamais soupçonné que ce soit de ce type d'attachement.

Et enfin, ensuite, Caleb avait perdu connaissance. Et il y avait eut ces longues journées passées à son chevet à attendre, attendre que son Padawan se réveille, incapable de penser à ce qui pourrait se passer si cela ne se produisait jamais...

… puis sa joie lorsque le garçon s'était réveillé. Le besoin qu'il avait eut de le toucher pour s'assurer qu'il était réel, et bien d'autres choses encore qui jusque là ne lui étaient pas venues à l'esprit. Toutes les pièces s'emboitèrent. Et Mace n'aima pas, mais alors, pas du tout le résultat.

Mace Windu était amoureux de son Padawan, Caleb Sango.