The fairytale's contest.

Titre : Dream girl

Disclaimer : Les personnages appartiennent tous à l'univers de Stephenie Meyer, je ne fais que m'amuser avec eux.

Dream girl

Isabella Swan était une princesse.

Comme toute princesse qui se respecte, Isabella avait un royaume. Le sien se nommait New-York.

Elle avait également une cour, composée des gens qui l'entouraient et l'admiraient, ainsi que de nombreux prétendants.

Laissez-moi vous conter son histoire…

Isabella n'était pas n'importe qu'elle princesse. C'était une princesse guerrière. Pas comme Xéna, évidemment. Elle ne déambulait pas dans les rues, vêtues simplement d'une microscopique robe bustier en cuir, avec un glaive accroché à la ceinture. Elle n'était pas non plus une icône gay, à la sexualité ambiguë, même si elle recevait énormément de compliments sur son look et qu'elle avait très régulièrement l'une des ses meilleures amies accrochées à ses talons vertigineux.

Isabella Swan était une amazone des temps modernes. Ses armes étaient affutées et prêtes à être dégainées en toutes occasions : push-up pour un décolleté pigeonnant, jupe crayon moulant ses courbes avantageuses, regard fumé et mascara allongeant mettant ses yeux bruns en valeur, escarpins de 10 centimètres fuselant ses jambes, cascade de boucles auburn coulant dans son dos, un soupçon de gloss pour des lèvres ourlées… Tels étaient les outils de bataille d'Isabella.

A 30 ans, Isabella Swan était passée maître dans l'art de la séduction. Elle en avait d'ailleurs fait son fond de commerce. Il y a huit ans, alors qu'elle était encore à la fac, elle s'était interrogée sur son avenir professionnel.

Quel métier était susceptible de mettre à profit ses talents particuliers ?

Aucun doute quelle était une femme extrêmement cultivée. N'arrivant pas à se décider, Isabella avait opté pour un double cursus, littérature et physique-chimie.

En plus de ces deux diplômes, Isabella, en boulimique de savoir, suivait, lorsque son emploi du temps le lui permettait, d'autres cours, tels que l'histoire de l'art, les sciences-humaines, un peu de psycho…

C'est ainsi qu'elle avait rencontré ses trois meilleures amies : Alice, Angie et Rose. Alice, lors d'une impro de théâtre, Angie en biologie moléculaire et Rose en management des entreprises.

Toutes ces femmes avaient de nombreux points communs : l'intelligence, la beauté, un sens de l'humour aiguisé, et une furieuse envie de prouver de quoi elles étaient capables.

Lors d'une soirée entre filles un peu trop arrosée, une idée avait germé entre elles quatre…

Aucune ne se souvenait exactement de qui avait lancé le sujet en premier. Cependant, elles se rappelaient toutes qu'à 7 heures du matin, alors qu'elles émergeaient péniblement en sirotant une tasse de café serré, un business plan s'étalait devant elles, gribouillé sur un tas de serviettes en papier à l'effigie du bar qu'elles avaient fréquenté plus tôt dans la nuit.

Une agence d'escort-girls. Voilà le concept. Bien évidemment, il ne se résumait pas à cela. Le petit groupe visait le haut de gamme et il était hors de question de vendre son corps, il s'agissait uniquement de fournir une compagnie agréable à des hommes riches, pour un dîner d'affaires, un gala de charité, un cocktail ou un séminaire. Rien de plus, rien de moins.

Il était effectivement curieux de voir à quel point il était parfois dur pour des millionnaires de trouver de la compagnie féminine acceptable dans leur milieu. Ce n'était évidemment pas les petites bimbos arrivistes qui manquaient, mais cela faisait toujours tâche dans le paysage d'emmener une hyène en chaleur à un évènement mondain.

Isabella, en jeune femme avisée, avait investi une bonne partie de l'héritage qu'elle avait reçu de sa grand-mère, dans l'affaire, baptisée Dream girls (*), finançant ainsi la location des locaux et le matériel de base dont elles avaient besoin. Jamais elle n'avait regretté cet investissement. Aujourd'hui, il lui permettait d'être propriétaire d'un grand appartement dans Tribeca, avec parquet en chêne et mur en briques.

En effet, avec le temps, la société qu'elles avaient montée avait prospéré, énormément. Elles avaient recruté d'autres filles, répondant à leurs critères d'exigence. A présent plus d'une cinquantaine d'escorts œuvraient pour elles. Alice s'occupaient de leur relooking. Elle les emmenait en virée shopping, au spa, chez le coiffeur et le maquilleur. Une fois passée entre ses mains expertes, les filles étaient comme des diamants parfaitement façonnés, étincelants de mille feux, élégantes et sexys, sans jamais être vulgaires. Rosalie s'occupait de la gestion financière de leur business, et Angela des relations avec les clients.

Lorsque ses trois associés avaient fini par rencontrer leur fiancé respectif, elles avaient toutes les trois décidé de raccrocher et de ne plus aller sur le « terrain ». Malgré les relances de certains clients fidèles, elles s'en étaient tenues à leur résolution.

Seule Bella, en éternelle célibattante continuait de temps à autre à monnayer ses compétences, pour peu qu'on y mette le prix. Elle s'occupait également de choisir les nouvelles recrues qu'elle jugeait les plus prometteuses.

Isabelle adorait le pouvoir qu'elle avait sur les hommes, ça la faisait se sentir incroyablement puissante et libre en même temps.

Depuis son plus jeune âge, elle avait appris à verrouiller son cœur, afin de le protéger des attaques de pirates en tout genre. Cela avait commencé très jeune, lorsqu'elle était en première année de maternelle et que Jacob Black avait essayé de lui faire ingurgiter un gâteau à la boue, en lui disant qu'il s'agissait d'un cookie au chocolat, ses préférés… Immonde petit salaud…

En cours élémentaire, Tyler Crowley avait soulevé sa jupe lors d'une récréation, devant tout le monde. Humiliation suprême, il y avait la tête d'un ourson jaune bien connu brodé sur sa culotte rose. Isabella avait refusé de retourner à l'école, pendant presque une semaine et elle avait été surnommée Winnie pendant les 3 années suivantes.

Au collège, Isabella avait tenté de ranger au placard ses aprioris, pour échanger son tout premier baiser. De l'heureux élu, Eric Yorkie, tout ce qu'elle avait récolté c'était une mononucléose, la clouant au lit pour un mois entier et signant la fin de leur idylle naissante. Eric n'avait pas attendu pour fourrer sa langue dans une autre bouche. Merci Laureen Mallory. Point positif de cette tragique expérience, Isabella avait pu lire l'œuvre complète de Lewis Caroll.

A son entrée au lycée, les choses avait encore empiré. Son nouveau cauchemar se prénommait Mike Newton. Il s'était découvert un béguin pour Isabella, et croyait malin de la poursuivre en lui pinçant les fesses. Non seulement cela s'apparentait à une forme primaire de harcèlement sexuel (précoce, le gamin) mais en plus cela l'avait condamnée à subir la haine irrévocable de Jessica Stanley, qui elle se languissait de subir les assauts libidineux de Mike le pervers.

Une fois à la fac, Isabella avait cru avoir fait son deuil du prince charmant. Puis, elle avait craqué pour James Hunter. Joli garçon, instruit, drôle, sympa, pas trop entreprenant… Bref l'attirail du petit-ami idéal. La candide Isabelle était tombée dans ses filets et lui avait offert sa virginité. Moralité, le lendemain matin, James avait déserté son appartement et le nom d'Isabella Swan avait été placardé sur un tableau des scores dans le living de l'une des fraternités du campus. Un bonus pour celui qui s'était tapé une vierge… La classe…

A cause de toutes ses pathétiques expériences, Isabella Swan ne croyait pas aux contes de fées ou aux fins heureuses. Pour elle, le sacrosaint « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants » n'avait aucun sens. C'était une pure foutaise qu'on racontait aux petites filles, afin de préserver le peu d'illusions qu'elles avaient en rentrant au jardin d'enfants et qu'elles étaient confrontées pour la première fois à ces être cruels et répugnants qu'étaient les garçons.

Malgré son aversion profonde pour la gent masculine, elle n'était jamais contre une bonne partie de jambes et l'air.

Si Isabella avait dû se choisir une devise, ça aurait plutôt été « Elle vécut seule et eut une multitude d'orgasmes ».

Isabella était une femme lucide, elle avait des besoins et la frustration, particulièrement sexuelle, n'était jamais quelque chose de sain.

C'est ainsi, qu'Isabella avait réussi, tant bien que mal à déjouer la malédiction que de méchantes fées avait jeté sur son berceau, à sa naissance. En effet, la seule explication qu'avait trouvé Isabella à cette accumulation de loosers dans sa vie, c'était qu'elle avait été envoutée.

Acceptant son sort, Isabella n'en avait pas moins tiré le meilleur parti. A force de se colleter des hommes de tout bord, elle avait appris à les connaître, à savoir ce qui leur plaisait, ou au contraire ce qui leur faisait horreur. Isabella s'était résolue à mettre à profit sa science et à la faire partager au plus grand nombre.

Elle avait déjà écrit plusieurs livres dévoilant son art de la séduction et donnant aux femmes les clefs pour obtenir et garder le cœur d'un homme. C'était assez ironique, puisqu'elle n'avait jamais été capable de bâtir une relation constructive avec le sexe opposé. Elle s'inspirait donc grandement de ce que lui détaillaient ses amies, alors de leurs soirées du jeudi, réservées à leur petit quatuor.

Avec ses deux travails, Isabella avait appris qu'il valait privilégier la discrétion. Aucun homme n'avait envie que ses collègues et amis apprennent qu'il payait la compagnie d'une femme. De plus, il était exclu qu'elle mêle le nom de son père à ses activités. Elle naviguait sous les radars, depuis plusieurs années. Elle était Isabella Dwyer en société et signait ses ouvrages de son nom de plume, Mary Swan.

Avec ses identités secrètes, Isabella se sentait un peu comme wonder-woman, sans la ridicule tenue en spandex, cousue dans un drapeau américain.

Cette supercherie avait un autre atout : lui permettre de repousser les avances de certains hommes. Le charme d'Isabella faisait tourner bien des têtes, mais elle était déterminée à ne plus croire aux fadaises de l'amour. Dans la vie quotidienne, pour sa famille, ses amis, et ses voisins, elle restait simplement Bella Swan, DRH dans une boîte de consulting new-yorkaise.

C'est ainsi que la vie s'écoulait paisiblement pour Isabella Swan, mais cela n'allait pas durer...

En un beau matin d'avril, Angie lui téléphona, pour évoquer avec elle un épineux dossier.

Rendez-vous avait été pris au siège de l'entreprise, pour le lendemain matin.

En arrivant, dans le bureau de son amie, Isabella avait été surprise de tomber nez à nez avec une femme, la cinquantaine épanouie, assise dans l'un des confortable siège en cuir. D'un innocent sourcil arqué vers Angela, elle lui avait fait part de ses interrogations silencieuses, avant de s'asseoir à son tour.

- Bella, je te présente, Esmé Cullen. Exposa la toujours très professionnelle Angela. Elle voudrait avoir recouvrir à tes services concernant son fils.

Immédiatement, une dizaine de scénarios ébranlèrent le cerveau fertile de la belle brune : Un Tanguy refusant de quitter le confort de la maison familiale, alors qu'il gagne bien sa vie ? Un Œdipe des temps modernes, amoureux de sa maman ? Un geek boutonneux de trente ans fan de porno et squatteur de sous-sol ?

Toutes ses questions avaient dû transparaître sur son visage, car la cliente crut bon de devoir se justifier.

- Je sais ce que vous devez vous dire, Mademoiselle. Encore une mère inquisitrice et névrosée, une vilaine sorcière qui ne supporte pas de voir son petit garçon quitter le nid.

- A vrai dire, pour être honnête, ce n'est qu'une des possibilités que j'ai envisagée, Madame Cullen.

- J'aime beaucoup votre franchise, Bella. Vous permettez que je vous appelle ainsi ? S'enquit-elle poliment. Et appelez-moi Esmé, s'il vous plaît.

- Bien sûr, Esmé.

L'heure suivante Esmé Cullen raconta à la jeune femme comment elle en était arrivée à recourir aux services de son agence. Son fils unique Edward était un homme à qui visiblement tout réussissait. Il était parvenu à faire fortune dans l'immobilier, très peu de temps après sa sortie de l'université. Il habitait actuellement à Los Angeles et devait prochainement emménager à Manhattan, afin d'y suivre l'avancement de son dernier projet.

Or, il s'avérait que depuis son divorce, Edward Cullen menait une vie des plus dissolues, faisant régulièrement la une des journaux à scandales de la côte ouest. Sa marque de fabrique : sortir chaque soir avec une femme différente. De préférence jeune, écervelée, tapageuse et bourrée de silicone.

A sa décharge, Esmé reconnaissait que l'ex-femme d'Edward avait tout fait pour détruire la confiance qu'il portait aux femmes. Tanya s'était révélée être une garce manipulatrice et coureuse de dot patentée. Elle avait trompé son mari avec à peu près tout ce qui portait un pantalon dans son entourage et qui avait plus de 18 ans, et ce, avant et après leur mariage, y compris l'assistant personnel de ce dernier, prétendument homo.

Néanmoins, autant Esmé et son mari aimaient profondément leur fils, autant ils ne souhaitaient pas que les frasques de leur progéniture viennent ternir leur excellente réputation. Madame Cullen était effectivement l'unique héritière d'un grand groupe industriel, ce qui faisait d'elle et de son époux l'un des couples les plus en vue de la haute société newyorkaise.

Leur plan d'Esmé et Carlisle était donc simple : ils voulaient présenter à Edward une femme qui lui feraient reprendre confiance et l'assagirait enfin. C'était en quelque sorte une remise sur les rails.

- Je comprends votre requête Esmé, mais je dois vous avouer qu'elle sort quelque peu de notre champ d'intervention habituel.

- Votre prix sera le mien. L'argent n'est vraiment pas un problème, Bella. Et puis c'est du bonheur futur de mon garçon, dont il est question.

La gentillesse d'Isabella n'était plus à prouver, elle accepta par conséquent la mission. Son sens du dévouement n'avait pas de limite, mais il fallait admettre que les 100.000 $ à la clef du contrat étaient un argument non négligeable, dans sa prise de décision. A vrai dire, elle aurait même accepté de le faire gratuitement. Elle pouvait déjà s'imaginer en train de faire ramper Edward Cullen à ses pieds. Les trois mois dont elle bénéficiait pour tenir son engagement seraient amplement suffisants.

Ça allait être bon, vraiment bon, jouissif peut-être, si elle avait de la chance.

D'habitude, son job consistait à passer pour la femme idéale, le temps d'une soirée : être charmante en société, séduisante, bien élevée, spirituelle, cultivée… Cependant, à chaque fois les hommes qu'elle accompagnait savait qu'elle n'était qu'un mirage, une vision parfaite mais qui restait à jamais inaccessible.

Si son business marchait si bien, c'était surtout parce qu'elle appliquait à la lettre un principe rudimentaire : ne mêler sous aucun prétexte professionnel et personnel. De temps en temps, il fallait qu'elle remémore cette règle à certaines de ses salariées. A la première incartade, il y avait un avertissement, à la seconde, c'était la porte et si une fille tombait amoureuse, elle devait démissionner.

C'est pourquoi Isabella avait tenu à clarifier la situation avec Esmé. Elle était d'accord pour flirter avec son fils, lui montrer les avantages qu'il aurait à sortir avec une vraie femme plutôt qu'avec une de ses poupées gonflables, mais elle ne coucherait pas avec lui. En temps voulu, il reviendrait à Isabella de rompre avec lui en douceur.

Il avait été convenu que Bella ferait la connaissance de sa cible, dans 7 jours, lors de la réception que les Cullen donnaient tous les printemps. Elle aurait ainsi le temps de faire quelques recherches et de peaufiner sa stratégie.

Le jour J, Isabella s'était faite une idée assez précise du personnage. Edward Cullen était un homme beau, brillant et charismatique. Un cocktail détonnant, lorsqu'il était mis entre de mauvaises mains. Or, il ne faisait nul doute qu'Edward Cullen utilisait les dons que la nature lui avait confiés, à mauvais escient. Il agissait clairement en pourfendeur de petites culottes. Un peu comme le vaillant petit tailleur, qui inscrivait le nombre de ses proies, sur sa ceinture, Isabella se représentait assez bien Edward Cullen avec « 7 d'un coup » gravé sur sa boucle en argent massif.

En fine stratège, Isabella avait fourbi ses armes. Alice lui avait dégoté un long fourreau, en soie rose poudré. Cette merveille avait un profond décolleté en V drapé, qui se nouait dans le cou et laissait son dos dénudé. Les plis de la jupe et la coupe du vêtement soulignaient sa taille fine et ses jambes interminables, grâce à la fente qui remontait jusqu'en haut de sa cuisse.

Des pendants en diamant et une paire de talons aiguilles argentés agrémentaient sa tenue. Sa longue chevelure brune avait été remontée, par son lutin de copine, en un chignon compliqué, donc quelques boucles s'échappaient, afin de mettre en valeur sa nuque gracile. Son maquillage était sobre, du fard taupe pour accentuer son regard, deux couches de mascara, une touche de blush pour rehausser ses pommettes et un soupçon de rouge carmin, pour contraster avec la pâleur de son teint.

Après des heures de préparation, Isabella était sortie sous les sifflets d'encouragement de ses meilleures amies. Alice avait fait des prouesses, comme toujours. Elle était une sorte de bonne fée marraine, digne de Cendrillon, bien que nettement plus fashion. Une limousine était, ensuite, passée prendre la belle pour la conduire au bal donné par les Cullen.

La soirée avait lieu dans la salle de réception de l'hôtel Mandarin Oriental. A diverses occasions Isabella avait fréquenté cet endroit, mais elle était toujours fascinée par la vue imprenable qu'il offrait sur la ville et ses lumières artificielles.

Esmé avait salué l'arrivée de la jeune femme d'un signe de tête entendu, avant de retourner à ses attributions de maîtresse de cérémonie. Il devait y avoir environ 400 personnes parmi les plus influentes de la côte est. Isabella reconnaissait d'ailleurs certains clients de sa société au milieu de cette assemblée fortunée. New-York était certes une grande ville, mais le monde était vraiment petit, parfois…

Une coupe de champagne à la main, Isabella contemplait le spectacle qui s'étalait à ses pieds, au travers des vastes baies vitrées. Derrière elle, un murmure s'éleva lentement de la nuée. Elle observa la scène, sans se retourner, grâce à la paroi translucide.

Un homme en complet noir fendait la foule, tout en arborant un sourire énigmatique. Il avançait apparemment en terrain conquis, comme s'il était un souverain honorant ses sujets de sa présence.

Isabella ne put réprimer plus longtemps la moue narquoise qui menaçait se s'épanouir sur son visage. C'était donc lui, Edward Cullen, l'effroyable dragon qu'elle allait devoir dompter à coup de cravache.

Une peau tannée par le soleil californien, des iris scandaleusement verts, une mâchoire carrée et virile, des cheveux qui transpiraient le sexe, un nez aquilin, une carrure d'athlète. Cet homme possédait une beauté prodigieuse et les photos qu'elle avait grappillées sur internet ne lui rendaient pas justice. Son charme ténébreux irradiait de lui et se propageait à travers la salle, tel une onde magnétique. Sous d'autres cieux et vêtu différemment Edward Cullen aurait facilement pu être confondu avec un prince touareg, ayant le désert pour seul horizon.

Elle pouvait aisément comprendre pourquoi il avait autant de succès auprès des femmes. Edward Cullen était, sans conteste, un des plus beaux spécimens de la gent masculine qui ait croisé sa route.

Edward Cullen était lassé des mondanités. Il avait toujours eu en horreur cet univers d'apparences et de convenances. Depuis son divorce, il avait enfin décidé de vivre pour lui. Avant, il s'était toujours comporté en parfait gentleman, faisant la fierté de ses parents. C'est ainsi qu'il avait épousé une femme en pensant vieillir à ses côtés et tout ce qu'il avait récolté, c'est un coup de poignard dans le dos.

Moralité, il avait décidé de moins s'occuper de ce que pensait les autres et de privilégier la recherche de son plaisir. Il réussissait plutôt bien jusqu'à présent, accumulant les aventures d'un soir. Ses conquêtes ne brillaient pas par leur intelligence, certes, mais cette superficialité présentait certains avantages, pour les activités classées X qu'il pratiquait avec elles.

En réalité, depuis sa rupture, tout ce qui importait à Edward Cullen c'était de rendre aux femmes, ces êtres viles et perfides, la monnaie de leur pièce. Elles méritaient toutes de souffrir, comme lui avait souffert. Elles étaient des démons, dissimulés sous des costumes de séraphins, et il se faisait fort de les démasquer.

A Los Angeles, Edward était comme un poisson dans l'eau, dans chaque boîte de nuit qu'il fréquentait, il y avait au moins une douzaine de pin-up qui faisaient la queue pour finir la nuit avec lui. Au matin, il se faisait une joie de les mettre dehors, avec perte et fracas.

Il poussait d'ailleurs le vice jusqu'à ne jamais coucher deux fois avec la même conquête. Cela avait donné lieu à pas mal de lamentations, quelques lettres de menaces et un ou deux cas de chantage au suicide. Toutefois, cet homme restait inflexible. Il avait enterré son cœur en même temps qu'il avait fait le deuil de son mariage avorté.

Depuis qu'il était revenu à New-York, les choses étaient néanmoins un peu différentes. Pas qu'il manquait de propositions, bien au contraire, mais il savait que ses parents n'appréciaient pas son style de vie. C'est pourquoi, il faisait profil bas, pour l'instant.

En pénétrant dans l'immense pièce, Edward remarqua immédiatement cette femme sculpturale, qui lui tournait obstinément le dos. Sa robe rose pâle laissait apparaitre une chute de rein fabuleuse. Elle semblait imperméable aux individus qui la cernaient, comme hypnotisée par les splendeurs de la ville.

Après avoir répondu à diverses sollicitations, Edward se dégagea finalement, afin d'aller accoster cette énigmatique créature, escomptant bien lui faire visiter son penthouse plus tard dans la nuit et en faire sa prochaine victime.

Elle n'avait presque pas bougé de la soirée, se bornant à éconduire rapidement les quelques hommes qui avaient osé l'aborder, en dégustant son verre de champagne.

C'était un défi à la mesure d'Edward Cullen. Il était véritablement intriguée par cette beauté brune, comme il ne l'avait jamais été auparavant par une femme, même pas par son ex. Il aspirait tout particulièrement à l'admirer de plus près, afin de se délecter de son charme incomparable.

- Bonsoir Mademoiselle. Murmura Edward à l'oreille de la jeune femme.

Lorsqu'elle daigna lui jeter un coup d'œil, elle n'eut pas le regard subjugué qu'il anticipait et dont il avait l'habitude. Edward fut légèrement ébranlé par ce constat. Il n'avait pas coutume de susciter un tel manque de réaction.

- Bonsoir. Répondit-elle, avant de revenir à sa contemplation.

Bien que désarçonné, Edward persévéra… Enfin un adversaire à sa mesure…

- Edward Cullen, enchanté. Poursuivit-il en lui tendant la main.

La jeune femme parut hésiter, avant de s'en saisir. Un courant électrique parcourut alors le corps des deux protagonistes, les laissant un instant interdits.

- Isabella Swan.

Aussitôt, Bella se mordit la langue. C'était la première fois que son vrai nom lui échappait, lors d'une de ses missions.

Evidemment, Edward interpréta mal l'attitude gênée de la jeune femme, pensant qu'elle était enfin sensible à son sex-appeal. Un sourire satisfait s'étira sur le visage de l'homme. Cela serait peut-être facile, en fin de compte…

Isabella Swan avait une beauté naturelle qui avait spontanément troublé Edward. Malgré une sophistication affichée, elle conservait une candeur indéniable.

Encore une vipère déguisée en chérubin ! Se rappela-t-il intérieurement, alors que dans le même temps cette pensée l'affligeait curieusement.

Edward ne relâcha pas la main de Bella. Sans lui demander son consentement, il l'entraîna sur la piste de danse. Au cours des heures suivantes, le couple virevolta au milieu des autres danseurs. Beaucoup les observaient captivés par l'alchimie qui émanait du tandem.

Peu de phrases furent échangées, chacun se contentant de la présence de l'autre. Les heures passèrent ainsi et ce fut Isabella qui reprit conscience la première, notant que la salle s'était considérablement vidée.

- Merci pour cette danse Edward, mais je dois partir à présent.

Assurément, Edward n'était pas près à la voir s'éloigner. Cela aurait été s'avouer vaincu. Il tenta donc de la retenir, en la ramenant contre lui, mais Isabella se dégagea sur le champ. Toutefois, sa peau frissonnante trahit son émoi.

- Aurait-on peur, Mademoiselle Swan ? Se moqua-t-il.

L'arrogance du jeune homme venait de reprendre le dessus. Ce fut le déclic qui permit à Isabella de retrouver une certaine contenance et jouer de nouveau son rôle de femme imperturbable, qu'elle avait oublié lors des dernières heures.

- J'espère que vous plaisantez. Si quelqu'un doit trembler, c'est plutôt vous, mon cher petit chaperon. Il n'y a qu'un seul « grand méchant loup », ici et c'est moi ! Ajouta-t-elle, avec un clin d'œil entendu.

Le sourire d'Edward s'agrandit encore. Il avait toujours été joueur et les enjeux venaient d'augmenter sensiblement.

- Je n'ai jamais eu peur de me brûler les ailes. Et vous, Isabella, pouvez-vous en dire autant ?

A coup sûr, Isabella ne pouvait pas s'étendre sur le sujet, sans se dévoiler. Aussi elle rétorqua simplement :

- Quelque chose me dit que vous n'avez pas l'habitude qu'on vous refuse quoique ce soit, je me trompe ?

- Disons que je suis une personne extrêmement tenace et qui sait ce qu'elle veut. Asséna-t-il sûr de lui, gardant pour lui le fait qu'il escomptait sa perte.

- Alors cela nous fait un point commun, même si j'ai bien peur que ce soit le seul. Sur ce, bonsoir.

- Que dois-je faire pour vous avoir ? Lança l'homme alors qu'Isabella tournait déjà les talons.

- Il faut me mériter. Concéda-t-elle.

Isabella n'attendit pas qu'Edward lui réponde et quitta la réception.

Le but de cette première approche était de piquer l'intérêt d'Edward Cullen. Isabella pouvait aisément dire que son objectif avait été rempli au-delà de ses espérances. En effet, dès le lendemain, elle reçut à son appartement un somptueux bouquet de roses blanches et rouges ainsi qu'une invitation à dîner, pour le soir même.

La tardiveté de la proposition obligea Bella à la décliner poliment, en mentionnant simplement « d'autres projets ». Elle savait comment se faire désirer. Bien évidemment, Edward rongea son frein, déstabilisé par ce comportement. La fin de non recevoir que cette femme lui avait adressé avait encore fait grimper les enchères entre eux.

A partir de ce moment, un habile jeu du chat et de la souris se noua entre Isabella et Edward, ce dernier poursuivant de ses assiduités la magnifique jeune femme, qui, de son côté prenait un malin plaisir à se dérober.

Edward et Isabella apprirent à se découvrir et à se connaître, sans même s'en rendre compte. La jolie brune était omniprésente dans les pensées de l'homme d'affaires, occultant totalement les autres filles qui continuaient de lui tourner autour.

Malgré les préjugés qu'elle avait à son égard, Bella se surprit à apprécier la compagnie d'Edward Cullen. Il s'avérait être prévenant, sarcastique et doué pour l'autodérision. Des traits de caractère qu'aimaient Isabella. Leurs conversation étaient faciles et leurs débats enflammés. Le plus surprenant pour elle avait été d'apprendre qu'il était un musicien de génie, doué d'une grande sensibilité, ce qu'il cachait sous des airs nonchalants.

Néanmoins, Bella parvenait toujours à maintenir une distance de sécurité vis-à-vis de sa cible, ne souhaitant pas que les choses dérapent. Sans se l'avouer, car cela reviendrait à admettre ses sentiments pour Edward Cullen, elle préservait également son cœur trop souvent mis à mal par le passé. Isabella avait déjà eu son compte de déception et cet homme superbe représentait la tentation ultime et une authentique menace, pour le fragile organe de la jeune femme.

Esmé Cullen, quant à elle, était ravie de la tournure que prenait la situation. Son fils était envouté par la grâce de la jeune femme et il rayonnait de bonheur depuis leur rencontre.

Edward était effectivement ensorcelé par Isabella Swan, depuis qu'il l'avait vue pour la première fois. Bien au-delà de son apparence divine, il était fasciné par son tempérament combattif, son intelligence et son sens de l'ironie. A dire vrai, il aurait facilement pu passer des heures à s'extasier devant chacun des mots qui sortaient de sa bouche pulpeuse ou simplement à admirer de ses mimiques adorables.

Une chose qu'il aimait par-dessus tout, les rougeurs délicieuses qui paraient ses joues, lorsqu'il la frôlait. Sous des allures belliqueuses, elle était innocente et pure. Sa candeur, qui transparaissait lorsqu'elle baissait les armes, était sublimée par sa beauté naturelle.

Au fur et à mesure que se succédaient leur rendez-vous, il devenait de plus en plus dur à Isabella de repousser Edward. Elle mourait d'envie de succomber, comme le papillon qui est inexorablement attiré par la flamme, au risque de se brûler les ailes. De plus, elle savait que la fin de sa mission arrivait, et ce, bien trop vite à son goût. Chez le jeune homme, la rancœur et le mépris avaient laissé place à des sentiments plus tendres et plus sincères, comme il ne pensait plus être capable d'en éprouver.

Le terme du contrat était finalement arrivé. Cela faisait exactement 100 jours qu'elle avait accepté la mission confiée par Esmé Cullen. A de nombreuses reprises, Isabella avait envisagé de tout arrêter, mais cela signifiait immanquablement renoncer à Edward et c'était inconcevable pour elle, jusqu'à présent.

Pour leur dernière soirée, elle avait décidé de donner dans la simplicité, en invitant Edward chez elle, pour la première fois. Isabella laissait ainsi tomber ses dernières défenses, en permettant à cet homme énigmatique de pénétrer dans son havre de paix personnel.

En règle générale, la jeune femme ne ramenait jamais ses amants chez elle. Cela évitait d'avoir à les congédier le lendemain matin, ou qu'ils reviennent la harceler, lorsqu'elle les éconduisait. Elle préférait nettement avoir l'initiative dans la relation. C'est elle qui choisissait qui, où, quand et comment !

C'est avec anxiété, qu'elle attendait l'arrivée du jeune homme, vérifiant une dernière fois que tout était en place. Le champagne était au frais, des mets succulents attendaient sagement d'être dégustés, Miles Davis résonnait en fond sonore, des bougies éparpillées un peu partout conféraient au loft une ambiance feutrée.

Alice avait, comme toujours, mis sa patte. Bella avait revêtu une robe en satin noir. L'étoffe sombre moulait chaque courbe de la belle, comme si elle avait été cousue à même sa peau. Son maquillage était léger. Ses cheveux étaient relevés à l'aide de quelques pinces savamment placées. Aucun doute que le self-control d'Edward serait mis à rude épreuve.

Elle avait tout prévu, pour que la soirée soit parfaite. Il ne manquait plus que le principal protagoniste.

Justement, la sonnette de Bella retentissait annonçant sa venue. Un somptueux bouquet de pivoines, les fleurs préférées de Bella. Elle fut immédiatement touchée par l'attention d'Edward qui s'était visiblement souvenu d'une de leur conversation, datant de quelques semaines.

La soirée se déroula comme dans un rêve, mais plus l'heure avançait, plus la tension dans la pièce augmentait. Etrangement, l'un comme l'autre espérait la même chose, sans oser le formuler à haute voix. Ils se désiraient puissamment et souhaitaient uniquement laisser libre cours à la passion qui les habitait. Isabella se consumait littéralement sous le regard de braise d'Edward, pendant que ce dernier rêvait de s'emparer de la bouche de la belle, pour ne plus la lâcher.

Personne ne saurait dire qui fit le premier pas, mais en moins d'une minute la situation bascula.

Il n'y avait plus rien de doux entre eux ou de romantique, il n'y avait que du désir brut et une passion dévorante, trop longtemps contenue.

Bella avait envie de hurler de joie et Edward exultait également, tandis qu'ils s'embrassaient férocement. La jeune femme se laissa petit à petit aller dans les bras de son compagnon, appréciant chacun de ses gestes.

Elle ne put retenir un gémissement de frustration, lorsqu'il se détacha d'elle, afin de se redresser. Isabella leva un sourcil interrogateur vers lui. Pour toute réponse, Edward lui offrit son sourire le plus enjôleur, tout en lui tendant sa paume. Saisissant l'invitation, Bella l'attrapa et l'emmena jusqu'à sa chambre.

Arrivés à destination, les mains d'Edward enserrèrent sa fine taille et l'attirèrent fermement contre son torse, mais avant de s'abandonner totalement, Isabella ressentit le besoin de clarifier les choses.

- Edward. Regarde-moi, s'il te plaît. Cette nuit, c'est juste toi et moi. Aucune promesse, aucune contrainte, aucune exigence. Expliqua-t-elle, dans un souffle. Tu es d'accord.

- Juste toi et moi. Acquiesça-t-il, sans vraiment comprendre la portée de cet engagement.

Soulagée, Bella vînt plaquer ses lèvres douces contre celles du jeune homme, avec une détermination peu commune. Elle était bien décidée à tirer profit de chaque seconde de cette unique nuit.

Elle traça du bout des doigts la mâchoire carrée de son amant, calant sa tête dans son cou, et inspirant l'odeur enivrante de sa peau, ambre, menthe et citron. Tous les sens en alerte, Bella sentait chaque parcelle de son corps s'électriser sous l'effet des caresses de son partenaire. Les paumes d'Edward parcouraient avidement chaque once de peau accessible.

Leurs lèvres complices se retrouvaient fréquemment, pour un baiser tantôt doux, tantôt pressant, parfois même vorace. Un frisson d'envie secoua Bella, qui se perdait dans cette étreinte. Ses ongles griffèrent le cuir chevelu d'Edward, lui arrachant un grondement. Mû par une bouffée indescriptible d'excitation, il resserra alors un peu plus l'étau de ses bras autour de la taille fine de la jeune femme, comme s'il voulait plus faire qu'un avec elle.

Enfin, ils prenaient le temps de se découvrir. Pour la toute première fois de sa vie, Edward tremblait en déshabillant une femme. C'était l'effet Isabella Swan. Elle était trop précieuse, pour qu'on ne prenne pas le temps de la vénérer comme il se doit.

Lentement, il posa ses doigts sur les fines bretelles qui retenaient le vêtement de Bella en place, se délectant de la douceur de son épiderme.

Isabella n'était pas en reste. Elle déboutonnait la chemise de son partenaire avec une frénésie certaine, tandis que sa robe glissait lentement sur son corps souple, pour s'échouer sur l'épais tapis. Les yeux d'Edward s'obscurcirent à la vue d'une telle beauté. Le coordonné de dentelle noire qu'elle arborait contrastait merveilleusement avec la couleur diaphane de sa peau.

Sans perdre un instant, Bella s'attaqua au pantalon du jeune homme, pour le laisser seulement vêtu de son boxer, déformé par son impressionnante érection. La nature joueuse de la brunette reprit un instant le dessus et elle ne put s'empêcher de taquiner Edward.

- Alors Monsieur Cullen, on a perdu sa langue ? Aurait-elle été dévorée par le grand méchant loup ?

Un éclair traversa son regard et la seconde suivante il la soulevait, dans un geste ample, pour l'allonger sur son lit.

Edward planait au dessus d'elle, tel un prédateur en chasse, les coudes de part et d'autre de sa tête. Elle était une prisonnière consentante entre les bras de cet Apollon, tressaillant sous l'effet du désir insoutenable qui la tenaillait. De toute son existence, elle n'avait jamais été autant attirée par un homme.

Edward contemplait la divine créature qui se tortillait sous lui. Il s'estimait le plus chanceux des hommes, ce soir. Bella avait réussi un tour de force : réanimer son cœur qu'il croyait mort. Un miracle, en somme… mais quoi de plus normal, de la part d'un ange…

Ils s'embrassèrent à nouveau, prenant le temps d'explorer la bouche de l'autre, laissant monter un peu plus la température. Quand le manque d'oxygène se fit sentir, ils s'écartèrent à regret.

Après l'avoir admirée pendant un moment, Edward commença à déposer de légers baisers dans le cou d'Isabella, avant de tracer une ligne de feu jusqu'à la vallée de ses seins. Il mordilla les mamelons dressés de la belle, à travers son soutien-gorge. N'en pouvant plus, il dégrafa rapidement l'encombrant dessous, avant de reprendre à l'endroit exact où il avait stoppé sa délicieuse torture.

Edward descendit doucement sur le ventre de la jeune femme. De temps à autre, il laissait courir sa langue sur sa peau tendre. Puis, négligemment, les doigts du jeune homme s'aventurèrent encore plus bas, pour atteindre la terre promise.

Un grognement rauque sorti de la gorge d'Edward lorsqu'il constata l'état d'excitation de sa partenaire. Bella était complètement trempée, sa moiteur humidifiant ostensiblement son shorty. Il ne résista pas à l'envie de plonger un doigt en elle, pour sonder ses plis intimes, très vite suivi d'un second.

Lorsqu'il toucha un point très sensible, Bella s'arqua sous l'effet du plaisir, collant la poitrine généreuse contre le torse ciselé de son Adonis personnel. La jeune femme remercia intérieurement les longues heures d'entrainement que requerrait la pratique du piano. Nul doute que cela avait contribué à l'agilité des doigts d'Edward, lesquels faisaient actuellement des merveilles en elle.

Isabella remarqua que son compagnon se plaisait à l'amener au bord du précipice, sans lui permettre d'atteindre la délivrance, qu'elle réclamait à corps et à cris.

De son côté, Edward ne s'en rendait pas vraiment compte, tellement il était subjugué par le plaisir évident que prenait sa sublime partenaire. Sans aucune pudeur, elle offrait à lui, ondulant les hanches contre sa virilité tendue à l'extrême.

- Edward… Arrête de jouer… S'il te plaît. L'implora-t-elle.

- Que veux-tu mon ange ? Répondit-il en esquissant un sourire empreint de tendresse.

- Fais-moi l'amour, tout de suite. Je n'en peux plus. Ordonna-t-elle.

Sans attendre sa réaction, elle lui ôta son caleçon, tout en lui resserrant la prise sur les fesses musclées de son amant. Avec moult précautions, Edward fit de même avec son shorty, dernier rempart l'empêchant de se délecter de la perfection d'Isabella. Il tomba sur le sol tel une plume.

Ils étaient enfin à égalité, mais comme à leur habitude, leur union était empreinte de provocation, chacun cherchant à dominer l'autre.

Isabella attrapa alors un préservatif dans le tiroir de la table de chevet. Elle prodigua à Edward quelques caresses bien étudiées, le faisant bruyamment gémir, avant qu'elle ne déroule la protection sur sa longueur engorgée.

Avant de pénétrer son amante, Edward chercha dans son regard chocolat la moindre trace d'hésitation. N'en décelant aucune, il s'enfonça en elle, d'un seul mouvement.

Leur connexion était parfaite. Cette réalité frappa Edward. S'il était tombé sous le charme de la Bella déterminée et angélique, il comprit à cet instant précis, qu'il était en train de tomber fou amoureux de la Bella sensuelle et charnelle qui vibrait sous ses assauts.

Afin d'accroitre la profondeur de ses va-et-vient, il saisit la cuisse de la jeune femme, afin de la faire remonter jusqu'à sa hanche. Dans cette position, Edward sentait les parois intimes de Bella se refermer petit à petit autour de son sexe. Elle était tellement chaude et étroite, qu'il ne tiendrait plus très longtemps à cette cadence effrénée.

Les mouvements d'Edward devenaient de plus en plus intenses. A chaque coup de rein, les deux amants se rapprochaient de l'orgasme le plus fulgurant de leur vie. Isabella étouffait ses cris dans le cou de son partenaire et en écho à sa voix, la respiration d'Edward devenait erratique.

Lorsque la jouissance les frappa, Bella enfonça ses ongles dans les épaules de son compagnon, tandis qu'il mordait sa nuque, pour la marquer. Edward chancela sous l'effet des endorphines qui déferlaient dans ses veines, manquant de s'effondrer sur sa belle.

Ne voulant pas l'écraser, il tenta de se dégager, mais elle le retint contre elle. Isabella adorait sentir le poids de son corps peser sur le sien. C'était étonnement rassurant et réconfortant de laisser la chaleur de cet homme l'imprégner jusqu'au tréfonds de son cœur.

Tous deux venaient de comprendre la différence entre coucher avec quelqu'un et lui faire l'amour. Ils venaient de trouver leur paradis sur terre.

Dans un geste tendre, elle balaya une mèche de cheveux du front en sueur d'Edward. Ils se sourirent et se comprirent, sans avoir besoin de se parler. Le jeune homme bascula sur le dos, emportant sa belle avec lui. Ils s'embrassèrent une dernière fois, puis Bella posa sa tête sur le torse de son homme tandis qu'il lissait sa chevelure.

Alors qu'elle savourait la main d'Edward dans ses boucles, Isabella replongeait dans la douceur des limbes post-coïtales et s'endormit. Heureux et léger, Edward sombra à son tour.

Le lendemain matin, il s'éveilla le premier. Ils n'avaient que peu dormi, tous les deux. La passion était trop forte et les amants n'avaient pu se contenter de s'aimer une seule fois.

Tandis qu'il l'admirait endormie dans ses bras, le jeune homme crut percevoir un voile de tristesse ternir le visage de sa belle. Cette réaction l'affola d'autant plus, qu'ils venaient de partager un moment de communion extraordinaire.

Au même moment Bella s'éveilla, pour tomber sur les pupilles tourmentées de son compagnon.

La jeune femme savait que l'instant de vérité était venu.

- Bonjour mon ange. Bien dormi ? La questionna-t-il.

- Oui, et toi ?

- Merveilleusement, mais qu'y-a-t-il ? Tu as l'air soucieuse, ce matin ? S'inquiéta-t-il.

- Edward, il faut que je t'avoue quelque chose. Et tu ne vas pas aimer ce que j'ai à te dire, mais j'aimerais que tu n'écoutes sans m'interrompre.

Pas de préambule, c'était la manière d'agir de Bella. La franchise avant tout, mais ici, dans cette chambre, dans ce lit, pour cet homme, le jeu en valait la chandelle.

Edward s'était tendu comme un arc dès que les mots étaient sortis de la bouche de sa compagne. Etait-elle mariée ? Que pouvait-elle lui cacher, et qui la tracasse autant ?

Rassemblant tout son courage, Bella se redressa et commença à dévider le fil de l'histoire. Son vrai métier, sa rencontre avec Esmé, les inquiétudes de sa mère pour son avenir, le contrat…

Contrat qu'elle avait d'ailleurs rompu la veille en rendant à Esmé son argent. La quinquagénaire avait compris depuis longtemps qu'elle avait fait le bon choix en recourant aux services de Bella. Cette jolie brune, elle en était persuadée, était destinée à devenir sa belle-fille, si tant est que son fils ne se montre pas trop borné.

Mais avant qu'Isabella n'en arrive à cette partie de ses explications, un Edward fulminant l'avait coupé.

- Tu m'as menti. Tu t'es moqué de moi. J'espère au moins que tu as pris ton pied, à jouer avec mes sentiments. Siffla-t-il en tentant de s'extirper du matelas.

- Comment oses-tu dire ça ? Gronda-t-elle en s'asseyant à califourchon sur ses cuisses, afin de le retenir. Je croyais que tu me connaissais mieux que ça à présent, sombre crétin. Tu me prends pour la dernière des garces ? Une de ces filles que tu sautes habituellement et qui confond Ronald Mac Donald et Ronald Reagan ?

- Tu inverses les rôles là ! Ragea-t-il.

- Non ! Tu n'es qu'un connard imbu de toi-même, je me demande bien comment j'ai pu tomber amoureuse d'un être aussi prétentieux, misogyne et buté. Bordel. Plutôt que de tirer des conclusions hâtives, tu ferais mieux de prendre du recul et de considérer la situation. Protesta-t-elle, blessée par les accusations du jeune homme. C'est vrai, putain. J'aurais pu sortir de ta vie, empocher mon argent et le tout sans jamais rien t'avouer, mais je ne l'ai pas fait ! Tu as réfléchi à ça, une demi-seconde, tête de nœud ? Non évidemment, pas une seule seconde, parce que dans ce genre de moment, tu laisses ta biroute prendre le contrôle des opérations, abruti. Franchement, penser avec le cerveau qui se trouve sous ta ceinture, c'est pas ce que tu fais de mieux. Renchérit-elle, de plus en plus furieuse. Tu confonds tout et tu mets toutes les femmes dans le même panier. Un peu réducteur, pour un soi-disant génie sorti d'Harvard, mon cul ! T'as certainement eu ton diplôme dans une pochette surprise, pas possible autrement !

Sans suivi une longue litanie du même acabit.

Au cours de son monologue, Isabella se félicita d'avoir la chance d'avoir rencontré Emmett, le fiancé de Rose. Grâce à lui, le vocabulaire de la belle brune s'était enrichi de nombreuses expressions toutes plus imagées les unes que les autres et de noms d'oiseaux particulièrement évocateurs, qui aurait pu faire rougir un camionneur.

Ce langage peu châtié avait d'ailleurs le mérite de couper la chique de son interlocuteur qui la dévisageait stupéfait, pendant qu'il passait par toutes les couleurs de l'arc en ciel. La crise d'apoplexie n'était pas loin.

- Je t'aime ! Articula-t-elle. Mais merde à la fin, tu vas dire quelque chose au lieu de rester à me regarder comme deux ronds de flan, espèce de crétin ?

A bout de souffle, Bella se tut enfin, ses larmes menaçaient de la submerger à tout instant. Cette minute de répit permit à Edward de parler à son tour.

- Moi aussi je t'aime et rien ne changera ça. Malgré tout ce que je viens de découvrir et tout ce que tu viens de dire, malgré ton caractère exécrable, ta tête de mule, ta façon de jurer comme un charretier. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme toi. Tu me rends dingue, tu me prends la tête, tu m'obsèdes, je ne vois que toi…

A court de mots, Edward se jeta sur la bouche de la jeune femme, afin d'être définitivement certain qu'elle avait bien saisi le sens de ses paroles…

Contrairement à Shéhérazade lorsqu'elle séduisit le roi de Perse, il ne fallut pas à Isabella Swan 1001 nuits pour apprivoiser Edward Cullen, mais seulement 101 jours.

En se réveillant plus tard ce jour là dans les bras de l'homme qu'elle aimait, Bella savait qu'il y aurait encore des cris, des embûches, des engueulades et des pièges embusqués sur le chemin qu'ils emprunteraient tous les deux, mais elle savait aussi qu'elle ne serait jamais seule pour les affronter. Elle avait foi en l'avenir.

Isabella regardait les deux merveilles, qui illuminaient son existence, jouer dans le salon : ses jumeaux de 6 ans, Emma et Anthony. Elle posa un regard attendri sur eux, des diablotins aux visages d'anges.

- Allez-vous deux, c'est l'heure d'aller au lit.

- Déjà ? Soufflèrent-ils, ensemble.

- Et oui, il est 21 heures, alors pas de discussion et en route.

Après que les jumeaux aient revêtu leurs pyjamas et qu'Isabella les aient bordés, elle leur demanda quel livre ils voulaient qu'elle leur lise. Comme presque tous les soirs, Isabella eut droit à la même requête.

- Maman, Maman, tu nous racontes comment tu as rencontré Papa. S'écrièrent-ils enthousiastes.

- Vous avez entendu cette histoire au moins 100 fois.

- Mais c'est notre préférée.

- D'accord, mais après dodo !

- Yes !

- Il était une fois, une princesse du nom d'Isabella, qui habitait dans une Grosse Pomme…

La morale de cette histoire s'il devait y en avoir une : Lorsque deux cœurs meurtris et désabusés se rencontrent et découvrent leur âme sœur, tout est possible, surtout le meilleur !

(*) Filles de rêves