Auteur : Sayuri Nobara

Auteur : Sayuri Nobara
Base : Nightmare x Merry x Vidoll x the GazettE
Pairing : Sakito x Gara ; Sakito x Ni-Ya ; Hitsugi x Nori ; Tero x Uruha ; Ni-Ya x Megumi
Genre : AU / Adolescence / Amitié / Romance / Yaoi…
Titre : Dear Close Friends

Chapitre 14 : Nameless Liberty (1)


Sakito commençait à se faire à l'idée de se réveiller chaque matin dans les draps de ce lit qui sentait bon l'homme et la peinture, bien qu'il ait eu du mal à se faire à la forte odeur de térébenthine qui parfois venait enveloppait la chambre de son odeur puissante et désagréable, après que Gara est eu envie de troquer ses pinceaux contre des pastels. Le portrait qu'il avait fait de lui, le tout premier tableau qui représentait tellement plus à leurs yeux que la simple reproduction de l'image de l'adolescent, avait été accroché au mur, au dessus de la petit table de chevet où se trouvait presque tout le temps un bol de thé vide. Quand Sakito n'était pas dans la chambre, Gara y laissait parfois traîner son regard. Il s'y arrêtait sans le vouloir, et le peintre était à nouveau pris d'une violente envie d'avoir le corps chaud près de lui. Cela faisait quatre jours maintenant qu'ils avaient fait l'amour pour la première fois. Au début, Gara rechignait à quitter le lit de leur première nuit, mais Sakito le prenait par les sentiments pour le pousser à lui accorder le sommeil dans ses draps quotidiens. Gara avait du mal à ne pas lui céder tout ce qu'il voulait. De même qu'il était incapable de repousser ses avances, quand bien même il aurait été fatigué. C'était au dessus de ses forces. Il lui arrivait parfois de craindre être mené par le bout du nez, alors il reprenait parfois un statut plus autoritaire et de poser son opinion, pour ne pas avoir l'air de rester béatement à hocher la tête à toutes ses requêtes. Sakito était plus jeune, il se fatiguait moins vite, et le handicape de Gara était aussi en soi un frein au reste. Bien vite, il s'était aperçu que son protégé réclamait les caresses et les baisers les plus ardents, comme toujours en quête d'une passion enflammée. Ils avaient bien du mal à en rester là, et souvent, cela dérapait en érotisme incontrôlable. Il lui semblait voir comme quelque chose de fascinant par sa noirceur dans leur relation. Lorsque Sakito lui gémissait de lui faire mal, Gara était un peu secoué par les sensations. L'adolescent semblait rechercher le plaisir que lui procurait la douleur… Ou l'inverse. Ce masochisme effrayait parfois l'homme qui rechignait à lui faire consciemment du mal. De même que Sakito s'amusait de plus en plus à retarder l'apogée, alors que lui-même en était aussi victime. Bien qu'éperdument amoureux et plus que désireux de ne faire qu'un avec lui, il avait du mal à accepter ce côté-là de son amant. Son ange si fragile et si pur prenait des allures de démon de luxure qui parfois le plongeait dans un état d'anxiété à lui filer des maux de tête. Pourtant… Pourtant, l'instant d'après, Sakito s'avançait vers lui et posait sa main fraîche sur sa joue, le regard inquiet et les sourcils en accents. Comment après ça ne pas oublier les tourments qui l'assaillaient et ne semblaient pas fondés ?...

Cette après-midi là, Gara trouva Sakito debout sous la véranda, le regard concentré fixé au dehors, à travers les ombrages des feuilles végétales. Il ne quittait plus la grande chemise que Gara lui avait prêté, l'avait sur lui de nuit comme de jour sur le pantalon de l'uniforme qu'il avait lui-même lavé, et la portait de manière négligée, dénudant constamment son épaule. Il y avait quelque chose d'effronté et d'attirant dans cette attitude, quelque chose qui donnait à Gara l'impression de rajeunir, malgré qu'il ne soit pas si âgé que ça.

En revenant des toilettes, Sakito n'était pas directement remonté à l'étage. En passant près de la véranda, il s'y était arrêté, et Gara avait eu beau l'appelé, manifestement l'adolescent ne voulait pas répondre.

- Ah ! Tu es là ! Pourquoi ne disais-tu rien ? Je m'inquiétais…

- Je t'ai dis que j'étais en bas, se justifia Sakito en haussant les épaules, l'air toujours absorbé.

- Oui mais… Même… Qu'est-ce que tu regardes comme ça ?

- Le jardin.

- Oh, il n'y a pas grand-chose à y voir…

- Moi je pense que si, au contraire, fit Sakito en se retournant, une moue sérieuse sur le visage. Pourquoi n'y vas-tu jamais ?

Gara parut désarçonné par cette question incongrue. Il écarquilla les yeux sans savoir quoi répondre.

- Et bien… Pour quoi faire ? Je n'en ai pas la nécessité… Et puis je ne dois pas sortir du manoir.

- Tu n'es pas censé étouffer entre ces quatre murs, sans pouvoir vivre comme les autres ? N'est-ce pas ce que tu m'as dit lorsque l'on s'est rencontré ? Lorsque tu m'as fait l'aveu sur tes origines familiales ?

- Je ne vois pas où tu veux en venir, répondit Gara sur un ton un peu embarrassé et mal à l'aise.

- Bien sûr que si, je le vois rien qu'à la façon que tu as de regarder autre part qu'en face de toi alors que je suis en train de te parler.

Sakito posa les paumes de ses mains sur les accoudoirs du fauteuil, se penchant en avant pour empêcher Gara de fuir encore.

- Tu n'as pas envie d'aller voir ce qu'il y a dans le jardin ? De sortir un peu ? De t'aérer autrement qu'en restant à ta fenêtre ? De puis combien de temps n'as-tu pas simplement senti l'herbe sous tes doigts ? Ce sont des choses aussi simples que ça qui te manquent.

- Mais je ne peux pas ! Si quelqu'un me voyait…

- Qui pourrait bien discerner quoi que ce soit entre les arbres qui bordent la propriété ? Et qui y ferait attention ?

- On peut nous surprendre !

- Qui pourrait nous surprendre ? Ne sois pas buté… Viens avec moi dehors, et après tu pourras me donner ton opinion.

Le peintre n'était pas sûr de lui. Il ne cessait de lancer de petits coups d'œil par-dessus son épaule comme s'il s'attendait à ce que Kanagure survienne à tout instant, les coupant dans leur conversation, le visage réprobateur « Tu ne dois jamais sortir du manoir, tu m'entends ? ». Il lui semblait entendre d'ici sa fureur si elle découvrait ce qu'ils avaient fait. Mais… Sakito avait raison. Et il avait envie de se retrouver dehors, véritablement ailleurs que dans le silence quotidien de la bâtisse.

Comme s'il surprenait ses pensées, Sakito tourna le visage de son amant vers lui et lui baisa tendrement les lèvres. Il y avait quelque chose de tellement rassurant au fond de ses yeux… Peut-être simplement… de l'amour ?

- D'accord mais… Ne lui dis rien…

- Quelle idée ! répondit joyeusement l'adolescent, plein d'espièglerie.

- Mais on… on ne peut pas sortir par devant…

- Tu n'as pas vu la porte ?

- Quelle porte ?

- Celle qui donne sur le jardin.

- Il n'y a aucune porte qui mène sur le jardin.

- Oh que si, il y en a une. Cachée derrière la tenture qui se trouve elle-même derrière la petite table ornementée d'un vase chinois dans le couloir qui mène au salon. Je me doutais que tu ignorerais qu'il y en avait une. Peu avant que Kanagure ne me donne les clefs du manoir, je suis arrivé inopportunément dans la cuisine, et j'ai bien vu qu'elle tentait de retirer une petite clef au gros trousseau, mais elle a abandonné lorsqu'elle m'a vue. Elle semblait contrite, je me suis dit que si l'occasion venait, j'essaierai de trouver ce qu'elle ouvrait. Et j'ai trouvé.

- Mais comment as-tu su qu'il y avait une porte cachée derrière… ?

Sakito sembla gêné par la question, se redressant en triturant le bas de la chemise.

- Ne le prends pas mal… Je suis tellement curieux que… Que dès que je me retrouve seul dans un endroit inconnu, j'en explore tous les recoins. Je n'avais réellement entrevu le couloir que de nuit, alors j'ai décidé de voir s'il n'y avait pas quelque chose d'autre de plus rassurant pour que je ne me retrouve pas surpris si je devais une nouvelle fois m'y aventurer les yeux pour ainsi dire aveugles.

- Je n'avais jamais… jamais soupçonné…

- Que Kanagure te prive de ta seule porte de sortie vers l'extérieur ? Elle ne pourra pas deviner ce que nous allons faire, et même si elle le pouvait, l'interdit est excitant, non ?...

- L'interdit ?... Ce que tu dis me fait peur parfois.

Gara s'autorisa tout de même un sourire en réponse à celui arboré innocemment par son ange, et le laissa passer derrière son fauteuil pour le conduire jusqu'au couloir.

OoO

Sakito tira de sa poche le trousseau de clefs de Kanagure, et chercha la petite clef pour l'introduire dans la serrure. Gara le regarda faire avec une petite appréhension, comme une boule coincée dans sa gorge. Ça n'arrivait rien de très extraordinaire de sortir dans un jardin, mais lorsque c'était après plusieurs années qu'on mettait réellement le nez dehors, la chose prenait une toute dimension. Il y eut un petit cliquetis, indiquant que la porte était enfin déverrouillée. Sakito repoussa encore un peu la table d'où il avait enlevé le vase pour plus de précaution, et posa la main sur la poignet. Il hésita un petit moment avant de se retourner vers son compagnon comme attendant confirmation. Les yeux rivés devant lui, Gara semblait surveiller cette ouverture vers l'extérieur comme si elle pouvait se révéler extrêmement dangereuse. Prenant soudainement conscience du regard pesant sur lui, il opina du chef comme pour se donner du courage et retint son souffle lorsque la porte commença à lentement s'ouvrir sur l'extérieur. D'une main tremblante, il commença à pousser ses roues vers l'avant.

OoO

Il avait l'impression qu'en à peine quelque jour, quelque chose de solide aux yeux de tous s'était installé entre eux. Elle lui avait dit qu'elle n'avait plus peur maintenant de s'exposer devant Nori, si par le plus grand des hasards ils venaient à la croiser, ce qui n'était pas encore arrivé. Elle ne voulait plus jouer la fausse amie qui espionne, elle était sûre du choix qu'elle avait fait et comptait s'opposer à présent ouvertement à leur ennemie commune. Ni-Ya s'émerveillait chaque jour un peu plus de son incroyable courage. Elle était une de ces filles qui n'avaient pas besoin de répéter plusieurs fois ce en quoi elles ont foi pour marquer les esprits. Et il y avait quelque chose comme un orgueil fier d'avoir choisi d'assumer pleinement leur relation amoureuse comme amicale, de se montrer digne d'un aussi beau garçon que Ni-Ya. Assise sur le banc à ses côtés, elle souriait sans raison en regardant les passants, une glace à la main. Le blond la regardait tout en se faisant ces réflexions là, un air tendre et amoureux peint sur le visage. Sa propre gourmandise finie, sa main glissa à la recherche de la main gauche de la jeune fille, et lorsqu'elle la trouva, elle emmêla ses doigts avec les siens dans un geste devenu presque automatique. Megumi tourna une expression légèrement interrogative vers lui, mais il secoua la tête en souriant, puis l'embrassa sur la joue. Elle passa une langue discrète sur ses lèvres tâchées de chocolat et fit mine de se lever pour que Ni-Ya la suive. Ils passaient presque tout leur temps ensemble depuis que les vacances avaient commencé. Comptant sur le soutien de sa grand-mère, Megumi avait chargé celle-ci d'expliquer son absence à ses parents, tout en lui ayant raconté toute son histoire. Elle n'avait pas été déçue puisque peu de temps après, la jeune fille avait eu confirmation de sa couverture. Tout allait pour le mieux. Leur histoire d'amour débutait, les problèmes étaient absents de leurs préoccupations présentes… Seul le rappel de Tero resurgissait parfois pour inquiéter l'adolescent. Il ne voulait presque pas partir à Tôkyô, alors que quelque mois avant, il aurait tout donné pour fuir au plus loin. Ses sentiments pour Megumi, sentiments réciproques, avaient considérablement changé la donne. Il prenait des nouvelles de Sakito mais ne pensait plus autant à lui qu'avant, tout comme de son côté Sakito était plus absorbé par Gara que par les autres. Ni-Ya ne lui avait pas encore dit qu'il sortait avec Megumi. Il attendait qu'il se retrouve tout les deux pour en parler, ce qui ne manquerait pas d'arriver à la reprise des cours. Quant à Hitsugi, c'était bien le seul qui fusse, contre toute attente, noyé par le doute et l'incompréhension. Nori était très changeante avec lui. Parfois, elle semblait se retenir d'exploser et paraissait franchement effrayante, mais ce n'était rien comparé au mal qu'Hitsugi ne soupçonnait pas implanté au plus profond du cœur la jeune fille. Nori perdait parfois patience, et elle se maudissait d'avoir de plus en plus de mal à jouer son rôle d'adolescente transie d'amour. A cause de son père, elle n'avait pas pu avoir ce qu'elle voulait, et elle était furieuse rien que de s'en souvenir. Elle s'efforçait de paraître la plus douce et innocente possible jusqu'au moment où elle choisirait de terminer cette mascarade, après avoir obtenu une partie de ce pour quoi elle était réellement sortie avec Hitsugi. Mais ce n'était pas encore la fin de tout ceci…

- Tu aimes les enfants, Ni-Ya ?

- Quelle drôle de question ! fit l'intéressé en haussant les sourcils. Pourquoi me demandes-tu ça ? Tu ne vas pas me demander de t'en faire un, hein ? Je suis trop jeune pour être père…

- T'es bête ! s'exclama Megumi en éclatant de rire. Je voulais juste savoir comme ça. Moi plus tard j'aimerai bien en avoir…

- On verra ça dans quelques années…

Elle lui lança un regard amusé tout en resserrant sa main dans la sienne. Son regard se porta à nouveau devant elle tandis que le sourire de Ni-Ya s'affaissait petit à petit. Elle parlait d'avenir sans savoir qu'il ne serait sûrement plus là pour le vivre avec elle… Mais il voulait tenir sa main le plus longtemps possible. Kami sama, mou sukoshi dake… (2)

OoO

Il ne vit d'abord rien d'autre qu'une vive lumière blanche l'empêchant d'embrasser la totalité du paysage d'un regard. Une main rassurante se posa sur la sienne, et la voix de Sakito s'éleva à sa gauche pour l'enjoindre à avancer. A sa grande surprise, les roues de son fauteuil ne rencontrèrent pas la terre meuble du jardin, mais bien de larges dalles grises collées les unes aux autres formant comme une sorte de terrasse assez étendue, invisible depuis l'autre côté du manoir. Le sol était aussi propre que l'on puisse en juger, malgré que personne ne soit venu le balayer depuis un bon moment. Kanagure avait du le faire juste avant de partir. A gauche et à droite de la terrasse, sur les largeurs, des bordures de fleurs aux couleurs vives s'étiraient avant de rejoindre la limitation de la vaste étendue d'herbes hautes. A l'autre extrémité de celle-ci, loin au fond du jardin, on apercevait les troncs massifs des arbres mêlant leurs branches et leurs feuilles pour former un épais rideau végétal impénétrable du regard.

Tandis que Gara était pétrifié d'émotion sur son fauteuil, Sakito leva les yeux vers les fenêtres du manoir. Astucieux, vraiment très astucieux. Gara n'aurait jamais pu apercevoir cette terrasse puisque la fenêtre de sa chambre donnait sur une des largeurs du bâtiment ; c'est pour cette raison qu'il avait pu se rendre compte de sa présence sur le chemin. Quand à la chambre que lui-même occupée, elle n'était éclairée que par une fenêtre qui s'encastrait dans un angle du mur, et ne donnait donc pas sur le jardin. C'était comme si Kanagure avait tout prévu à l'avance. Il se souvient de la pièce à côté de celle qu'il occupait. Elle était fermée à clef elle aussi, mais il n'avait pas tenté de l'ouvrir, ne trouvant aucun intérêt à le faire. En réalité, si Kanagure ne lui avait pas donné cette chambre-là, il se doutait que c'était parce qu'elle était la seule à donner sur le jardin. Elle semblait vraiment avoir tout fait pour que Gara ne soit pas tenté de sortir. Ça partait d'un bon sentiment en vérité, mais elle ne se rendait pas compte que la vie de Gara lui coulait entre les doigts comme des filets de sable.

- Je… ne savais pas… Elle m'avait dit que… qu'ici, il y avait un potager, mais qu'elle n'y cultivait pas grand-chose parce que ça l'obligeait à sans arrêt faire le tour du manoir. En y repensant, je ne l'ai jamais vu passer beaucoup de temps dans le couloir…

- Il y en a effectivement un, regarde.

Tendant l'index, Sakito désigna un petit carré de terre où aucune fleur n'avait été plantée, et des feuilles vertes sortaient de terre, alignées les unes à côté des autres. Cela n'avait rien de bien étrange en soi. En revanche, ce qui l'était un peu plus, c'était la palissade de bois dressée juste derrière.

- C'est peut-être pour protéger les légumes des intempéries ?... fit Gara d'une voix peu assurée.

- Je crois plutôt que c'est pour couper le regard de celui qui serait tenté de jeter un coup d'œil par là depuis les fenêtres du haut.

- Mais c'est ridicule, aucune fenêtre ne donne ici ! Sauf celle de la chambre d'amis qui se trouve à côté de la tienne.

- Une précaution en plus. Kanagure est une vieille femme, et malgré tout le respect que j'ai pour elle, je pense, après avoir fait toutes ses découvertes, qu'elle est paranoïaque.

- Tu crois ? s'exclama le peintre en jetant un regard surpris à son amant.

Celui-ci acquiesça et s'avança vers la pelouse, qui ressemblait davantage à un champ sauvage qu'à autre chose, puis se retourna vers son compagnon.

- Tu veux t'allonger dans l'herbe ?

Gara semblait complètement perdu dans ce nouvel élément. Il avait presque l'impression de pouvoir se lever et courir pour faire le tour du terrain. Il ne pouvait pas, bien entendu, mais il se sentait soudainement ivre de liberté, libre de pouvoir cueillir une fleur ou sentir les rayons du soleil directement sur son visage, ou même le vent dans ses cheveux sans être contraint de rester prostré derrière sa fenêtre. Il n'avait plus de limites à son regard, il pouvait embrasser le ciel d'un seul sourire.

Ses roues butèrent contre la fin de la terrasse. Comme la verdure était dense et haute tout de suite après cette limite, Sakito n'eut pas beaucoup à le soutenir avant de tomber avec lui, allongé dans l'herbe à ses côtés. Les bras légèrement écartés, l'handicapé ferma les yeux, savourant le frôlement des mèches brunes sur son visage, agitées par une légère brise. Le soleil chauffait agréablement sa peau, qui frémit au contact des lèvres de l'adolescent. Redressé sur un coude, celui-ci n'avait pas résisté à l'expression de quiétude et de bonheur dans les traits de son aimé.

- C'est si bon d'être dehors avec un si beau temps !

Sa voix tremblait d'émotion, et la simplicité même de ce sentiment toucha le cœur du jeune garçon, qui fut ému de constater qu'il n'avait pas commis une erreur en faisant sortir Gara.

- Le ciel est si bleu… Si grand… Immense…

Sakito glissa contre lui, enfouissant son visage dans son cou pour y déposer de multiples baisers tandis que Gara continuait de regarder au dessus de lui. Il passa une main protectrice dans ses cheveux en soupirant de bien-être, souhaitant rester ainsi des heures et des heures à juste savourer cette impression de flottement tranquille qu'il n'avait pas ressenti depuis très longtemps. L'avait-il seulement déjà vécu ? Jamais il ne s'était senti aussi libre et aussi aimé à la fois. L'extrémité d'une tige feuillue vint lui chatouiller la joue. Sakito la fit caresser son visage en souriant avec espièglerie, le regard légèrement provocateur.

- Dis… On est obligés de rentrer après ?...

- Pourquoi tu penses déjà à rentrer ? s'exclama Sakito en faisant une boue bougonne.

- J'ai tellement envie que ce moment dure…

- Alors il durera ! Si tu veux, je veux ramener la table de la véranda dehors, et on la mettra sur la terrasse pour manger dehors…

- Oh ! Ce serait génial ! lança Gara d'un air plus qu'enthousiaste.

- Et on regardera le soleil se coucher, ça fera tellement... romanticu (3) !

- Romanticu ?

Sakito opina du chef et revint poser ses lèvres sur les siennes. Il lui était devenu vital de partager cette façon de s'étreindre avec son peintre. Il se serra fort contre lui, sans pratiquement s'en rendre compte. Allongés dans les hautes herbes, personne n'aurait pu leur voler cette libre intimité que seule la nature pouvait se permettre de commenter, en faisant quelques fois passer au dessus d'eux le vol d'un oiseau ou d'un papillon, ou en permettant à la végétation de venir les toucher du bout de leurs tiges vertes et vivaces. Le foisonnement de la vie autour d'eux faisait comme un tout dont ils faisaient partie, à s'embrasser un peu plus fiévreusement, comme deux hommes fous l'un de l'autre que rien ne pourrait séparer.

Ou presque…

OoOoO

(1) Le titre s'y prêtait plutôt bien, mais ça fait comme un clin d'œil à Saizo xB

(2) "Seigneur, accordez-moi un peu plus de temps" Ce drama est magnifique.

(3) Qui a cru un seul instant que j'étais fan de Gackt ?... QUI ?! xD Cf. Gackt dans Moon Child

Note de fin : Remarquez que je n'ai pas supprimer le pairing « Sakito x Ni-Ya »… x3 Je suis bien généreuse de vous dévoiler un petit bout de la fin, sauf que, bien entendu, la fin entière ne vous sera pas dévoilée.

PS : Je ne me suis pas relu, alors pardonnez s'il y a des fautes de syntaxe ou d'orthographe... Je suis à la bourre.

A SUIVRE...