La Moria chapitre 14

Les hurlements lugubres des loups s'entendirent de nouveau, les rides de l'eau grandirent et s'approchèrent de plus en plus. Certaines léchaient déjà la rive. Toute cette atmosphère rendait les sorciers-elfes de plus en plus nerveux. Ils sentaient que le véritable danger ne venait pas des loups, mais du fond du lac. Harry se tourna vers Hermione, Ron et Alia et leur dit :

-Vous vous souvenez de la fin notre sixième année ?

-Harry, Hermione et moi sommes morts au début de la sixième année, lui fit remarquer Ron.

-Oh ! Pour moi, vous étiez toujours là, avec moi, soupira tristement Harry.

-RON ! Tu as autant de diplomatie qu'une PASSOIRE, rugit Hermione pour le plus grand amusement de tous les autres.

Alors que Ron rougissait, Alia s'exclama :

-Je me souviens, il y avait eu une terrible vague de froid en juin et une bonne partie du lac a gelé... Non , tu n'as pas fais ça ?!

-Fais quoi ? demanda Ron.

-T'as osé ?!

-Mais vous allez me répondre oui ? Fais quoi ? s'écria Ron alors que les adultes regardaient les plus jeunes avec perplexité.

-Et bien voilà, Poudlard a eu une vague de froid les derniers jours de cours et une partie du lac s'est retrouvée avec une couche de cinq centimètres de glace. Personne n'a jamais compris ce qu'il s'était passé, raconta Alia.

-En fait, j'ai lâché ma magie sur le lac après la mort de Sev. J'avais perdu mon frère et mon mentor , c'était trop. J'étais furieux, perdu et malheureux alors j'ai rassemblé toute ma magie et je l'ai lancée sur le lac.

Severus sentit ses yeux picoter en entendant Harry le reconnaître pleinement comme faisant partie de sa famille. Le sombre ex-mangemort posa sa main sur l'épaule de Harry, manifestation silencieuse et pudique de son émotion. Hermione toussota un peu, puis détourna le regard vers le lac, calcula mentalement la surface puis dit :

-Cela ne fonctionnera jamais. Le lac est trop grand et tu es épuisé. Mais tous ensemble, ça pourrait marcher.

Les neuf sorciers-elfes se placèrent dos au mur et s'exclamèrent en même temps :

-Glacius !

La surface mouvante du lac fut immédiatement gelée devant la Communauté stupéfaite. Pendant ce temps, Gandalf avait trouvé le mot de passe, impossible à trouver de part sa simplicité :

-Mellon (ami)

L'étoile brilla un court instant, puis s'estompa. Et alors que la Communauté regardait le lac gelé, les portes de la Moria s'ouvrirent. Le craquement sinistre fit se retourner tout le monde qui furent ravis. Cependant, leur ravissement cessa rapidement quand un son terrible résonna. Les sorciers-elfes se tournèrent vers le lac et virent que la glace était fissurée par une créature sous-marine qui la percutait avec la même délicatesse qu'une voiture bélier. James hurla faisant sursauter tous les autres :

-DANS LES MINES !

Ils se précipitèrent tous dans la Moria, puis neuf sorciers-elfes hurlèrent :

-LOCOMOTOR PORTA !

Les deux immenses battants se refermèrent lentement et les membres non sorciers de la Communauté de l'Anneau virent la glace sur le lac exploser pour laisser apparaître un monstre aquatique tout en tentacules et en ventouses. Ils poussèrent un soupir de soulagement quand les portes se refermèrent dans un claquement secs. Les sorciers-elfes cessèrent le sort, puis crièrent :

-COLLAPORTA !

La porte se scella dans un bruit de succion, et enfin, ils lancèrent un sort rendant la pierre incassable. Maintenant que nul ne pouvait briser les portes et entrer pour leur faire la tête au carré, le silence se fit et les membres premiers de la Communauté de l'Anneau purent entendre les respirations sifflantes des sorciers-elfes. Ce qu'ils avaient ressenti les avait terrorisés, c'était pire que Voldemort. James tenta de faire de l'humour en disant d'un ton tremblant :

-Je viens de faire quelque chose de pas propre.

Les seuls qui sourirent furent les mortels, Legolas et Gandalf, les autres étaient encore pétrifiés de terreur. Ils étaient adossés contre le paroi et tremblaient de tous leurs membres. Les sorciers-elfes avaient en tête leurs pires souvenirs. Étant bourrés de magie, ils étaient plus sensibles aux sensations maléfiques. Gandalf ne voyait rien et il décida de faire un peu de lumière. Il tendit son bâton et une douce et discrète lumière apparut. C'est à ce moment là qu'ils virent les sorciers-elfes tétanisés dans leurs coins. Ceux qui avaient vu les pires horreurs dans leur vie étaient évanouis. Sirius, Severus et Harry étaient tombés dans les pommes. Les non sorciers-elfes se précipitèrent vers eux et les aidèrent à se relever. Legolas, Aragorn et Boromir réveillèrent les trois sorciers-elfes à la Moria dormante. Au bout de quelques instants, ils ouvrirent les yeux encore marqués par ce qu'ils avaient revu. Aragorn, Boromir et Legolas les aidèrent à se relever et les poussèrent à partir à la suite de la Communauté de l'Anneau. Après une vingtaine de minutes de marche, ils arrivèrent en haut de l'escalier qu'ils montaient et découvrirent un passage voûté qui donnait sur une effrayante obscurité. Frodon, épuisé par les émotions, proposa :

-Nous pourrions nous asseoir ici et y casser la croûte ?

Tous acceptèrent la proposition avec joie. Ils s'assirent sur les dernières marches et préparèrent la volaille avada kedavrisée par les sorciers-elfes et ils les dévorèrent sans état d'âme. Après cette courte pause, ils repartirent, ils voulaient finir cette traversée avant les quatre jours donnés par Gandalf et donc acceptèrent de reprendre la marche malgré leur fatigue.

Gandalf menait la marche en tenant son bâton qui brillait doucement de la main gauche et Glamdring de la main droite. Suivaient tous les autres tout aussi armés. James regarda l'épée de son fils et lui chuchota :

-Elle est étrange ton épée, Harry.

-Elle est vieille, elle appartenait à Godric Gryffondor.

-QUOI ?! s'exclamèrent James, Lily et Alia.

-Chuuuuuut !! les orques sont en maraude, lança Aragorn.

-Des maraudeurs ? murmura Hermione.

Les autres sorciers-elfes rigolèrent discrètement avec trois d'entre eux faisant des courbettes, fiers d'être des Maraudeurs. La CANS (Communauté de l'Anneau Non Sorcière) soupira devant les bêtises des Maraudeurs. Tous continuèrent à marcher silencieusement, il n'y avait pas d'autre son que celui de leurs pas, le clopinement sourd des bottes de nains de Gimli, le pas lourd de Boromir, le trottinement doux et à peine perceptible des hobbits, la marche légère de Legolas et de Gandalf, le pas ferme et lent d'Aragorn et le pas silencieux et félin des sorciers-elfes. Aragorn et Gandalf voyaient bien que les sorciers-elfes étaient nerveux et de temps en temps, l'un d'entre eux se retournaient ce qui confortaient le magicien et le dunadan dans le fait qu'ils étaient suivis et qu'ils avaient bien fait d'avoir accepté les sorciers-elfes auprès d'eux. Les heures passaient aux rythmes des trop brèves haltes qui jalonnaient leur parcours.

Cependant, leur avancée s'arrêta quand ils arrivèrent devant leur première réelle difficulté. Devant eux se dressait une large et sombre arche donnant sur trois passages. Tous les trois menaient vers la même direction générale, vers l'Est. Mais, celui de gauche plongeait, celui de droite montait et celui du milieu paraissait continuer droit devant et était très étroit.

-Je n'ai aucun souvenir de cet endroit ! dit Gandalf en hésitant debout devant l'arche.

-Vous vous moquez de nous ? demanda Severus.

-Je ne crois pas Sev, remarqua Sirius.

Gandalf leva son bâton dans l'espoir de trouver une indication quelconque qui lui permettrait de trouver le bon chemin, mais en vain.

-Je suis trop fatigué pour décider. Et je pense que vous l'êtes tous autant ou même davantage. Mieux vaut s'arrêter ici pour ce qu'il reste de la nuit. Vous savez ce que je veux dire. Ici, il fait toujours noir mais dehors, le lune gagne l'ouest et la nuit est passée.

-Pauvre Bill. Quand est-ce qu'il pourra sortir de là ? demanda Sam en soulevant le pendentif qu'il portait à son cou.

-Quand nous serons hors de cette mine et pas avant, car il nous retardera trop, répondit froidement Severus.

Sam soupira tristement alors que Gandalf et les grands observaient les lieux. À gauche de l'arche se trouvait une porte de pierre à demi-fermée. Cependant, elle s'ouvrit facilement sous une légère poussée. Au delà, on pouvait voir une grande pièce taillée dans la roche. Merry et Pippin s'avançaient joyeusement, heureux de trouver un endroit où ils pourraient se reposer sans risquer de se faire voir par des ennemis quand brusquement, Gandalf les retint en disant :

-Attendez, vous ne savez pas encore ce qu'il y a dedans. Je vais y entrer en premier.

Il pénétra avec attention dans la salle et les autres entrèrent derrière lui. Ils explorèrent la pièce et découvrirent un trou profond qui ressemblait à un puits. Ils virent aussi des chaînes rouillées qui gisaient près du bord et même dans le puits. Il y avait des fragments de pierre tout autour du trou. Gandalf le leur montra tandis qu'Aragorn disait à la troupe, enfin, surtout aux deux hobbits insouciants :

-L'un d'entre vous aurait pu tomber dedans et se demander encore quand il toucherai le fond. Laissez le guide passer en tête, tant que vous en avez un.

-Cela semble avoir été une salle de garde destinée à la surveillance des trois passages. Ce trou était clairement un puits à l'usage des gardiens, avec un couvercle en pierre. Mais avec le couvercle de brisé, il va falloir faire attention dans le noir, leur dit Gimli.

Pippin se sentit curieusement attiré par le puits. Alors que les sorciers-elfes utilisaient les cailloux et les transformaient en lits à baldaquins magnifiques et très confortables, ainsi qu'une longue table, des chaise et un magnifique service en porcelaine, le plus loin possible du trou dans le sol, Harry prit une dernière pierre de disponible et la transforma en un large couvercle qu'il plaça sur le puits afin d'empêcher quiconque de tomber dans le trou au cas où il y aurait des somnambules. Quand tout fut prêt, ils se mirent à table et dévorèrent joyeusement ce que les sorciers-elfes avaient préparé. Ils papotaient tous joyeusement, parlant de choses et d'autres ne se rendant plus compte qu'ils étaient dans un endroit dangereux rempli de gobelins et d'orques. Après ce fastueux repas, Ron s'exclama :

-On a marché toute la journée. Et si on s'amusait un peu avant d'aller dormir ?

-Et qu'est-ce que tu veux faire ? demanda Hermione.

-Ça vous dit « Action ou vérité » ? répondit Ron avec un large sourire.

Tous les sorciers acceptèrent avec joie alors qu'Aragorn demandait intrigué et assez intéressé :

-Qu'est-ce que c'est comme jeu ? On peut y jouer ?

-Hé bien, on est tous dans la même galère, alors oui, vous pouvez jouer avec nous. Quant aux règles du jeu, elles sont simples. On va faire tourner une baguette celui qui sera pointé par elle commencera et tournera la baguette pour pointer un autre. Là il lui posera une question, « action ou vérité ». S'il choisit « action », il devra faire ce que l'autre lui a dis de faire, s'il réussit il fait tourner la baguette et questionne un autre joueur, mais s'il échoue ou qu'il refuse de le faire, il a un gage. S'il choisi « vérité », il devra répondre honnêtement à la question posée, s'il ne veut pas répondre, il a un gage. Vous avez compris ?

-Oui.

Tous se mirent en cercle y compris Gandalf qui voulait un peu oublier son rôle une petite soirée, et puis avec Lui, il n'avait rien à craindre. Sirius prit un verre, le retourna, posa sa baguette dessus et la fit tourner. Tous observèrent la tige de bois tourner sur elle-même, puis ralentir pour s'arrêter en pointant Ron. Sirius s'exclama :

-A toi petit, choisit ta victime.

A suivre