Suggestion musicale pour le chapitre:
Beyoncé - Run the world (Girls), (l'audition de Clarke)
L'heure du déjeuner arrivait au Polis High School. Clarke n'avait toujours pas regagné la classe, et son entrevue avec Mrs Porter semblait bien longue. Lexa ne s'en inquiétait pas plus que cela. Elle savait parfaitement que le retour de Clarke allait être rude et au centre de nombreux questionnements. Elle ne cessait de jeter quelques coups d'œil à la chaise vide qui se trouvait à ces côtés, déviant son regard de temps à autre en direction de la porte qui refusait de s'ouvrir pour laisser apparaître une certaine blonde qui avait le pouvoir de lui couper le souffle à chaque fois qu'elle lui souriait.
Octavia sembla se saisir ce regard un peu perdu et lui sourit pour la rassurer. Après tout, elle n'avait pas de raison de s'inquiéter… Il était parfaitement normal que cette entrevue tourne à l'interrogatoire. Oui, Lexa pensa qu'il s'agissait juste d'un mauvais moment à passer et elle savait que Clarke disposait de tous les atouts pour s'en sortir. Un fin sourire gagna ses lèvres, finalement, hormis le fait qu'ils allaient sûrement tous mourir, tout allait bien : Clarke était revenue.
– Et bien Woods, c'est la première fois que je vous vois sourire il me semble ! L'apostropha Mrs Slavery.
Lexa, perdue dans ses pensées sursauta. C'était le premier cours depuis la rentrée et elle s'était déjà fait remarquer. Deux fois, c'était trop. Elle s'accordait à dire que la première elle ne l'avait pas volé, mais la remarque de Slavery était purement gratuite.
– En tout cas vos notes ne me font pas sourire, depuis que Miss Griffin a disparu, vous creusez et je pense bien que vous allez finir par trouver du pétrole, j'espère que je ne serais plus là pour assister à cela…
Tous se mirent à rire. Woods a bon dos, Woods par ci, Woods par là, ils ont de la chance que je ne sois pas aussi tarée que Bill, et puis de toute manière je m'en fous on va tous mourir… pensa la brune alors que les autres continuaient à se moquer d'elle. Et puis finalement, elle se dit que Mrs Slavery pouvait bien la descendre en flèche, lui parler de ses notes catastrophiques, l'exhiber comme une bête de foire, elle n'en avait rien à faire car il y avait bien une seule chose en laquelle elle croyait : Clarke lui disant qu'elle n'était pas une idiote, qu'elle était intelligente et belle à sa manière. Les mots auraient pu paraître maladroits s'ils avaient été prononcés par une autre personne que la Coelumie, mais lorsqu'ils avaient franchi ses lèvres avec tendresse, elle n'avait pu penser qu'on ne lui avait jamais fait de plus beau compliment. Clarke avait le pouvoir de lui redonner confiance en elle, un peu tard dans sa courte vie certes, mais l'effort de la blonde était noble. Alors Lexa se ressaisit, releva la tête et le menton et lui dit un sourire sarcastique :
– Je ne crois pas non… Bien que les réserves soient presque épuisées, je pense que votre grand âge vous empêchera d'assister à l'extraction des dernières gouttes de pétrole.
Les rires se turent immédiatement, chacun restant souffler par l'audace de la réponse de Lexa. Son regard plein de défi ancré dans celui de la professeure de philosophie, elle ne pouvait pas voir que tous ses camarades arboraient une moue plus que surprise, prêts à se décrocher la mâchoire et voir leur yeux sortir de leur orbite, seules Octavia et Raven eurent le courage ou plutôt l'indécence de laisser s'échapper un rire jaune, dont Mrs Slavery ne fit pas cas. Ses yeux noirs plantés dans les émeraudes de Lexa elle avança près d'elle une moue hargneuse accrochée au visage. Elle s'approcha si près que la lycéenne pu aisément sentir son eau de Cologne trop agressive pour ses jeunes narines, et sentir ses yeux la transpercer de toute part. Mais Lexa ne se démonta pas. Elle allait bientôt mourir et, au moins une fois dans sa vie elle voulait tenir tête à celle qui l'avait martyrisée durant ses quatre années.
– Vous êtes collée jusqu'à la fin de l'année, siffla-t-elle alors que Lexa la regardait toujours de manière hautaine.
– Que de changement… répondit insolemment la brune avant d'être sauvée par la sonnerie.
Soufflée par la rébellion de cette élève qu'elle adorait malmener, Mrs Slavery ne releva pas et Lexa quitta la salle en lui jetant un regard plein de dédain. En réalité, Lexa n'en menait pas large : elle pouvait sentir le sang battre dans ses temps, son souffle lui manquer et son coeur battre de manière déraisonné. Durant quelques instants, l'adrénaline avait gagné ses veines. Quelle agréable sensation elle venait d'expérimenter. Dans un état second, elle se sentait presque flottée, revigorée et légère. Un sourire aux lèvres elle poussa un long soupir et avança dans le couloir la tête haute.
– C'était quoi ça ?! s'exclama Octavia.
Il fallait bien que je le fasse un jour…
– Rien, elle me tapait sur le système depuis trois ans…
– Wooow l'adrénaline t'as carrément explosé les pupilles, souffla Raven en examinant ses yeux verts à la recherche d'une quelques traces de drogue.
– Lexa, t'as jamais fait ça ! Dit Octavia inquiète.
– Ouais bah c'est finit maintenant, et je te parie qu'elle me laissera tranquille maintenant…
– Moi j'aime bien la nouvelle Lexa ! s'écria Raven en riant.
Les filles continuèrent de marcher jusqu'à atteindre la cafétéria, Octavia continuant de harceler Lexa sur son soudain changement d'attitude et Raven continuant de vanter ses mérites pour avoir enfin remis à sa place la terrible Mrs Slavery. Elle commencèrent leur déjeuner sur le même ton, Raven et Octavia se livrant à de nouvelles joutes verbales alors que Lexa resta pour le coup silencieuse, pignochant dans son assiette et émiettant son pain comme une enfant. Seule la vision d'une chevelure aussi blonde que les blés encadrant un regard aussi bleu que l'océan la tira de son soudain repli. Clarke avait séché ses larmes, et était en train de faire une entrée fracassante dans la cafétéria. La dernière fois qu'elle y avait mis les pieds les corps jonchaient le sol, et celui de Lexa se tenait sous le sien. Elle ne devait pas y penser, Lexa était en vie, et cette simple pensée lui réchauffa le coeur.
La chaleur qui la rongeait douloureusement et délicieusement était de plus en plus difficile à contrôler, surtout lorsque Lexa passait la main dans ses cheveux, lorsqu'elle souriait à Octavia, lorsqu'elle se pinçait ses lèvres, lorsqu'elle l'écoutait attentivement quand elle lui racontait une histoire, lorsqu'elle s'approchait d'elle et l'enivrait de son odeur de jasmin mélangé à celle du lilas, lorsqu'elle se blottissait contre elle, lorsqu'elle entremêlait ses jambes nues aux siennes partageant la chaleur de leur peau, lorsqu'elle posait ses lèvres sur les siennes et passait la main sur son ventre… Stop… pensa Clarke alors qu'elle sentait son poignet la brûler de nouveau.
L'arrivée de Clarke n'était pas passée inaperçue. Lorsque Octavia avait vu Lexa relever la tête alors que celle-ci semblait se trouver à des milliers de kilomètres de là, elle savait qu'une seule personne était à l'origine de cette soudaine reconnexion avec la Terre ferme. La cheerleader n'eut qu'à se tourner pour confirmer ses pensées et observer Clarke s'approcher de leur table, son regard à la fois tendre et enflammé planté dans celui de Lexa.
– Elle te regarde comme si t'étais son repas, souffla Raven qui avait elle aussi remarqué l'arrivée de la blonde.
– En même temps, elle n'a jamais rien mangé en trois mille ans… blagua Octavia.
– Comment ça ?
Le jeu de sourcil et le regard libidineux de la cheerleader mirent la latina sur la voie.
– Blake dis-moi que tu fais cette tête parce que tu trouves ta pomme très… attirante.
– Nope… lui répondit-elle en croquant dedans et en haussant les sourcils de manière suggestive.
– Oh mais nooooooooon ! Lexa tu… Jamais… Clarke… Han ! s'exclama Raven choquée.
– Qu'est-ce que vous êtes bêtes… soupira Lexa son regard toujours ancré dans celui de Clarke et écoutant d'une oreille la conversation qui se tenait juste à côté d'elle.
Soudain le regard de la brune se fit triste lorsqu'elle perçut un rictus de douleur gagner le visage de sa petite-amie. Ses yeux ne lui mentaient pas, elle savait à quoi elle pensait lorsqu'elle la regardait ainsi, et elle savait aussi quel en était le prix. Les traces sur le poignet de la blonde voulaient tout dire. Elle aussi avait beau laisser vagabonder son esprit vers des pensées qui réchauffait tout son être et créait dans son bas ventre un fourmillement caractéristique qui ne demandait qu'à être tut, elle ne pouvait pas se laisser aller. La dernière fois que Clarke avait déposé des baisers sur son corps et effleuré sa peau du bout de ses doigts, Thélonius l'avait puni, lui faisant souffrir le martyr alors qu'elle n'avait jamais connu la douleur. Elle devait se fermer, elle ne devait pas tenter Clarke, même si chaque nuit, lorsqu'elle s'endormait dans ses bras elle rêvait que la blonde la touche d'une manière dont personne ne l'avait jamais touchée, comblant ce vide qu'elle ressentait de plus en plus.
Ne saisissant pas pourquoi le regard de Lexa s'était soudainement teinté de tristesse, Clarke activa le pas pour combler la distance entre elles. Tendrement, elle déposa un baiser sur ses lèvres et contre son front sous le regard attendrit d'Octavia et dégoûtée de Raven.
– Il y a des chambres pour ça… souffla la latina.
– Ton cours s'est bien passé ? Ça n'a pas l'air d'aller ? demanda Clarke à Lexa en ignorant tout bonnement la petite geek à lunettes.
– Je…
– Elle est juste collée jusqu'à la fin de l'année pour avoir remballer royalement Slavery… soupira Octaiva.
– C'était du génie, surtout quand elle lui a dit qu'elle serait trop vieille et sûrement morte pour la voir extraire les dernières gouttes de pétrole… finit Raven sur un ton dramatique.
Clarke regarda Lexa de manière attendrie, alors que cette fois-ci, la brune accusait le coup en réalisant sa punition. Collée jusqu'à la fin de l'année… Et puis après tout… Elle n'irait pas. Jamais. Quelle pourrait être sa sanction alors que leurs jours étaient comptés ? Cela n'apparaîtrait même pas dans son dossier pour l'université. De toute manière, la mort l'emporterait avant même qu'elle n'aille à l'université.
– Tu as fait ça ? Demanda Clarke étonnée et avec un grand sourire aux lèvres.
Lexa enfonça un peu sa tête dans ses bras, finalement peu heureuse de ce qu'elle avait fait.
– Et ouais… Ça c'est ma fille ! S'exclama Octavia en lui ébouriffant les cheveux, bon c'est pas tout, mais j'ai rendez-vous avec la Principale pour le « petit problème » de Clarke, poursuivit-elle en se levant et en mimant des guillemets.
La cheerleader quitta la table et alors qu'elle s'apprêtait à déverser tous ses déchets dans la même poubelle, une voix la héla et lui rappela à quel point les habitudes avaient la vie dure.
– Oh Tontita ! Ne mélange pas le plastique avec ta bouffe si tu veux avoir une chance de sauver ton âme !
Raven avait dit cela en plaisantant, et pourtant… Elle ne croit pas si bien dire, pensa Lexa.
C'est le coeur battant qu'Octavia abattit précautionneusement son poing sur la porte du bureau de la Principale. Les yeux fermés et un rictus de peur sur le visage, elle s'attendait à ce que Porter lui hurle une nouvelle fois dessus, mais il n'en fut rien. La Principale lui ouvrit la porte calmement, le visage néanmoins fermé. A quoi s'attendait-elle de toute manière ?
Sans un mot, elle l'invita à entrer et à s'asseoir, consciente de sa doléance. Elle avait parfaitement connaissance de ce que Blake s'apprêtait à lui demander, après tout, elle lisait dans ses pensées. Elle aurait pu écourter cette entrevue et lui répondre un « oui » avant même que la brune aux yeux hazel n'ait posé la question, mais elle avait envie de la voir se bagarrer et surtout de ne pas se découvrir.
– Donc vous êtes en train de me demander de débloquer un budget de 500$ afin de changer tous les hauts d'uniformes de l'équipe parce que vous en avez assez qu'on regarde votre nombril ? récapitula sérieusement Porter alors qu'Octavia venait d'exposer son projet.
– Oui Mrs. Porter.
La Principale soupira et se leva avant de commencer à marcher de manière nonchalante dans son bureau.
– Qui que vous soyez, quittez le corps d'Octavia Blake.
– Mrs Porter ! l'interpella la cheerleader. Je ne plaisante pas !
– Pourquoi devrais-je vous accorder ce budget alors que le club jardinage me demande la même chose pour leur histoire de légumes « oubliés », et que le club de peinture veut des pinceaux en fibres synthétiques.
– Car il n'y a pas si longtemps que ça un Président à la perruque jaune pisse…
– Ce n'était pas une perruque, malheureusement… la coupa la Principale.
– Peu importe ! Il a obligé toutes les équipes de cheerleader à porter des tenues dévoilant leur ventre ! Pourquoi ?! Pour son bon plaisir ! Parce que Monsieur rêvait d'attraper nos mères par la ch…
– Langage Blake.
– Par là où vous savez ! On ne nous a pas laissé le choix, ni à ma mère, ni à moi et j'en ai ma claque de cette société patriarcale de mes deux !
– Justement vous n'en n'avez pas deux…
– Encore une fois, peu importe ! Je veux m'habiller comme je veux ! Si je ne suis pas assez couverte on me traite de fille facile et de cheerleader écervelée, si je le suis trop, on me traite de sainte-nitouche ou alors d'intégriste féministe ! Or aujourd'hui je veux que ma tenue de cheerleader ne dévoile pas mon ventre ! Et je veux que l'équipe de Polis soit la première à aller à l'encontre de cette loi affreuse et sexiste ! #laissemonnombriltranquil ! Okay ?!
Octavia avait dit tout cela d'une seule traite. Se rendant compte de ses derniers mots qui avait pu se révéler irrespectueux, la cheerleader, soudainement embarrassée, inspira une grande bouffée d'air et dit :
– Désolée, je me suis un peu emballée.
La Principale Porter qui avait porté un stylo à ses lèvres, le retira, lui sourit et reprit place dans son fauteuil capitonné.
– Budget accordé. J'ai toujours su que vous feriez des grands choses Miss Blake, mais qui aurait crut qu'un jour vous nous feriez une tirade digne des plus grandes activistes féministes de notre pays…
Le sourire d'Octavia s'agrandit : elle était ravie d'avoir gagné cette bataille grâce à de simples mots.
– Peut-être qu'il faudra changer nos pompoms aussi… tenta-t-elle.
– Ne vous sentez pas poussez des ailes Blake et sortez de mon bureau.
Octavia se leva gaiement, et c'est la tête haute qu'elle quitta le bureau de la Principale.
– Et Blake ! N'oubliez pas que vous êtes collée samedi matin, lui rappela-t-elle un sourire sadique aux lèvres.
Quelques jours plus tard…
Lexa… Lexa… Lexa… Voilà le seul prénom qui venait à l'esprit de Clarke à chaque heure, chaque minute, chaque seconde des journées qui passaient. Depuis quelques jours, la brune au regard émeraude se comportait de manière étrange, autorisant tout juste Clarke à s'endormir auprès d'elle. La blonde pensait que son retour au lycée allait être la plus grande des épreuves, mais c'était sans compter ce changement chez Lexa. Que lui arrivait-il ? Est-ce que tout cela lui était passé ? Est-ce qu'elle ne voulait la plus la toucher, l'embrasser, lui sourire, ni même la regarder ? Sans tout ces contacts aussi simples qu'ils pouvaient être, Clarke se sentait lentement décliner. Pourquoi Lexa la fuyait-elle ? Pourquoi ce soudain changement ? Les questions fusaient dans son cerveau sans pour autant qu'elle ne puisse y répondre. Si l'esprit de Lexa lui était totalement impénétrable, cette fois-ci elle ne la ressentait même plus, c'était comme si la lycéenne lui échappait.
Clarke fut tirée de ses pensées lorsqu'Octavia la rejoignit dans les vestiaires du grand gymnase du Polis High School, ouvrant violemment la porte avant de la verrouiller à double tour.
– Tiens ! Enfiles ça, lui dit-elle en lui jetant le nouvel uniforme de l'équipe.
Clarke s'exécuta, aujourd'hui était le jour où les autres élèves la verraient comme la nouvelle coqueluche de l'équipe et cessaient leur question sur son retour impossible. Octavia passa derrière elle et remonta le zip de sa tenue, elle ébouriffa ses cheveux, et l'analysa des pieds à la tête.
– Okay bébé, je te trouve tellement sexy que je pourrais être homo juste pour toi, mais le cheerleading c'est aussi de la performance, je sais à quel point tu es athlétique, or vois tu, pour un soucis d'image et d'équité, tu devras passer le test comme tout le monde.
– D'accord, répondit simplement Clarke.
Octavia saisit rapidement que quelque chose n'allait pas chez la blonde, sa voix légèrement tremblante en était la preuve.
– Ça n'a pas l'air d'aller…
Devait-elle lui dire ? Devait-elle lui parler du comportement de Lexa ? A quel point elle pouvait être inquiète, à quel point elle avait l'impression que Lexa lui filait entre les doigts et à quel point cela pouvait lui faire mal ? Oui, sûrement. Après tout peut-être qu'Octavia lui apporterait des réponses…
– C'est juste que Lexa…
Lexa, bien évidemment, pensa Octavia. Seule une personne était capable de mettre Clarke l'impassible et l'indifférente dans un tel état. Hum concentre-toi, concentre-toi, tu lui en parleras plus tard, ce n'est absolument pas le moment, ce n'est absolument pas une discussion de quelques minutes.
Clarke saisit chacune de ses pensées et baissa le regard, laissant Octavia lui dire à voix haute tout ce qu'elle pensait ou presque.
– Je sais. On en parle plus tard. Pour l'instant, concentre-toi. Tu as choisis une musique ?
Clarke lui tendit une petite clef que Lexa lui avait prêté. Elles écoutaient souvent cette chanson avec Lexa, surtout lorsque la lycéenne décidait de faire la pitre de bon matin. La Blake tiqua quant au choix : une vieille musique des années 2000 au rythme quasi militaire et qui parlait d'émancipation féminine. Finalement elle n'était pas choquée, Lexa aimait tous ces vieux sons et ne s'intéressait guère à ce qu'on pouvait produire aujourd'hui.
– Okay, rejoins-moi dans le gymnase dans cinq minutes, lui indiqua Octavia en lui pressant amicalement l'épaule.
Les sélections pour l'équipe de cheerleading étaient toujours un événement au Polis High School. Les gradins du grand gymnase étaient archi-plein de possibles nouvelles recrues. Des petites, des grandes, des athlétiques, des moins athlétiques, des brunes, des blondes, des rousses, des amis venues soutenir les futures recrues, chacune était prête à tenter sa chance pour entrer dans le cercle très privé d'Octavia Blake, la capitaine de l'équipe depuis son entrée au lycée.
Un soudain silence envahi le gymnase lorsque les grandes portes s'ouvrirent laissant apparaître la cadette des Blake dans son uniforme, suivie par sa petite troupe. Bellamy qui était en charge de la surveillance du lieu depuis la fusillade la regarda passer et s'installer derrière la grande table avec fierté. Octavia y trônait comme une reine, prête à déterminer l'avenir lycéen de toutes ces jeunes filles.
– Bonjour à toutes ! Vous savez que Smith et Johnson ne font plus partie de l'équipe du fait de leur comportement à l'égard de certains de nos camarades. Je ne tolère aucune violence verbale, et physique. Aimons-nous… Mais un seul poste est à pourvoir pour cette deuxième partie d'année : que la meilleure gagne, annonça-t-elle d'un ton solennel.
Lexa sourit au ton employé. En tant qu'amie d'Octavia Blake, elle faisait aussi partie du jury et avait trouvé une place de choix juste à côté de la cheerleader.
Les filles s'enchaînèrent, dévoilant leur talent ou leur manque de talent. Octavia, ne cessait de répéter « suivante » et commençait à se lasser de cette mascarade attendant néanmoins patiemment le tour de Clarke. Oui, il fallait que tout cela paraisse plus vraie que nature, et que chacune ait l'illusion de tenter sa chance.
– Suivante ! appela une nouvelle fois Octavia.
Clarke qui n'avait cessé de tripoter la jupe de la tenue qu'Octavia lui avait prêté se leva, le regard rivé vers le sol. La blonde avança jusqu'à la petite croix marquée sur le parquet du gymnase, et s'y posta, ne sachant ni quoi dire, ni quoi faire. Un peu perdue elle chercha le regard de Lexa, puis celui de Raven et enfin celui d'Octavia. En réalité elle ne savait pas du tout ce qu'elle faisait ici.
Bah qu'est-ce qu'elle attend ?
Elle est quand même bizarre…
J'avais jamais remarqué qu'elle était aussi musclée…
Zéro traces de brûlure c'est fou !
Face au mutisme de Clarke, Octavia posa son stylo, soupira, et se décida de voler à son secours. D'un pas rapide elle s'avança près d'elle, la pris la par les épaules et ancra son regard hazel dans le sien.
– Danse pour elle, lui dit-elle d'une voix ferme. Tu dois tout déchirer. Tu vas les exploser. Tu es une machine de guerre Griffin.
Clarke soudainement plus confiante releva le menton et lui sourit. Elle se foutait de réintégrer le lycée, en réalité elle ne souhaitait qu'impressionner Lexa pour qu'elle continue de la regarder de cette manière, pour que ses yeux s'assombrissent à chacun de ses mouvements. Peut-être qu'en l'impressionnant, la brune au regard émeraude retrouverait la parole.
Octavia retourna s'asseoir à la place centrale et adressa un sourire réconfortant à Lexa. Sa petite-amie allait leur en mettre plein la vue, elle le savait.
– Quand tu veux Clarke, l'informa la Blake.
La Coelumie acquiesça, signifiant à Octavia qu'elle pouvait lancer la musique. Elle s'était préparée à cette audition toute la journée de la veille et s'était acharnée à apprendre une chorégraphie de l'équipe de l'État.
La musique commença sur l'appel d'une voix féminine. Clarke, concentrée, enchaîna quelques mouvements francs et saccadés à l'aide de ses bras et de ses jambes. Elle avança jusqu'à la table du jury de manière féline, passa les mains sensuellement sur son corps avant de repartir à sa place initiale en enchaînement quelques vrilles et quelques saltos. Clarke laissait l'assistance bouche bée tandis qu'Octavia mimait quelques mouvements pour se faire de l'air : effectivement, la blonde n'avait beau rien connaître de la sensualité, il faisait désormais quelques degrés de plus dans le grand gymnase, surtout lorsqu'elle bougeait son bassin de cette manière. Clarke enchaîna les derniers mouvements en faisant valser sa chevelure blonde de manière luxurieuse et en décochant quelques sourires à Lexa. Les derniers sons de la musique retentirent et la blonde termina sa chorégraphie par une dernière vrille arrière avant de retomber en grand écart sans même paraître essoufflée.
Le coeur de Lexa battait à tout rompre, ses yeux s'étaient largement assombris, une multitude de papillon semblaient voler dans son ventre, tandis que des milliers de picotements gagnaient son bas ventre. Il allait être décidément bien plus difficile que cela de s'éloigner de Clarke. Elle n'en avait jamais douté, son amour pour la blonde étant déjà démesuré, mais le désir qui naissait en elle et qui la perdait au plus profond de ses instinct ne cessait de la pousser vers elle. Clarke sembla saisir cet étincelle qui illumina le regard de la brune, ce regard qui s'était fait fuyant ses derniers jours, depuis la nuit où Thélonius l'avait sévèrement punie… Comme à chaque fois qu'elle regardait Lexa, les yeux de Clarke se teintaient d'un bleu profond, paisible, annonçant l'arrivée d'une douce tempête. Oui, c'était cela qu'elle ressentait à chaque fois qu'elle voyait cette lueur dans le regard de Lexa : tout devenait tempête, ses sentiments, ses émotions, ses sensations, mettant son coeur et tout son être sans dessus-dessous, et elle adorait ça. La chaleur qui gagnait sa poitrine à ses instants était encore plus douce que celle de ses plus beaux souvenirs de voyage, du sable d'Egypte contre sa peau, de l'odeur si caractéristique de ces draps flottant aux balcons de Rome, de ses nuits où elles pouvaient contempler la pleine Lune se refléter dans l'Océan Indien…
– Lexa je vais épouser ta copine ! s'exclama Octavia en refermant son carnet et en se levant promptement. Nous avons notre championne ! Désolée pour les déçues, continuez de croire en vous, vous êtes formidables toute autant que vous êtes…
– Qu'est-ce qui lui prend à être si gentille ? chuchota une des cheerleader qui faisait partie du jury.
– Je ne sais pas… C'est comme si elle était possédée… lui répondit la fille à côté d'elle.
– Et que ne pas faire de l'équipe n'est pas un échec, vous êtes toutes belles et intelligentes et je suis sûre que vous serez plus utiles ailleurs ! Merci à toutes.
Même Bellamy fut surpris par le discours si bienveillant d'Octavia. Il savait parfaitement que sa sœur était terrible à l'égard de ceux qui ne faisaient pas partis de la classe « populaire » du lycée, lui même avait été comme ça d'ailleurs. L'aîné des Blake se demandait de qui pouvait bien venir ce changement. Dans un déclic, il comprit que la réponse était sous ses yeux et prenait l'allure d'une blonde, résistante aux flammes, à l'entraînement athlétique sur-poussé et qui était en train de se voir gratifier par sa sœur et Lexa.
Quelque chose cloche chez cette fille…
Clarke saisit non sans mal cette pensée et capta le regard du Lieutenant Blake qui s'était fait suspicieux. Mal à l'aise, elle détourna les yeux et se concentra sur Octavia qui terminait de la féliciter et sur Lexa qui avait enfin décidé de s'approcher d'elle.
– Comment tu…
– Il y avait ce film qui s'appelait Flashdance et puis j'ai regardé quelques vidéos…
– Je déteste quand tu réponds sans que je finisse ma phrase, j'ai l'impression que tu lis dans mes pensées… soupira Lexa amusée.
– Tu sais bien que ça n'est pas prêt d'arriver… lui répondit Clarke en lui rendant son sourire et en prenant sa main dans la sienne.
A ce contact, Lexa se tendit. Qu'arriverait-il si le maître de Clarke l'apprenait ? La brûlerait-il encore une fois ? De quelle manière lui ferait-il encore du mal ? Elle aussi avait son propre dilemme, se laisser aller à Clarke et la voir souffrir, ou réprimer son amour pour la blonde et souffrir elle-même… Elle l'aimait tellement que le choix était en réalité une évidence pour elle. Alors, délicatement elle retira sa main de celle de sa petite-amie, et déposa un baiser sur sa joue là où elle l'aurait par habitude déposé sur ses lèvres.
– A plus tard, lui souffla-t-elle avant de la laisser seule dans le gymnase sous le regard interrogateur de Bellamy.
Hé voilà pour le chapitre 14... Avec une audition de folie bien truquée et une Lexa qui fuit...
Petit mot, alors comme Earth n'a pas le succès escompté, et que je suis pas mal occupée à la fac eeeeeeet que... Je vous prévois un petit cadeau de Noël :D, j'ai décidé de faire une petite pause pour cette FF (mais toute petite petite hein ! Ne vous inquiétez pas, c'est juste la régularité des publications qui sera un peu hasardeuse).
Au plaisir de vous lire encore et toujours, et de vous répondre, passez une bonne semaine :D
