Merci pour tous les messages et encouragements (qu'ils soient pour la fiction ou pour mon mémoires ^^) ça fait plaisir !

Voici le chapitre suivant, bonne lecture !

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Chapitre 14

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- Est ce que tu te rends simplement compte de ce que tu dis ? Est ce que tu te rends simplement compte de ce qui aurait pu arriver ?

Les deux sorciers se hurlaient dessus depuis au moins une demi-heure et ni Snape ni Lupin ne voulaient lâcher du terrain. Ils répétaient sans cesse les même arguments, de façon différente, s'injuriant de tous les noms.

- JE suis encore le maître des potions ici ! JE m'occupe de gamins toute la journée autour de chaudrons !

- Et tu laisses un enfant seul dans ton laboratoire alors qu'il est déstabilisé par sa transformation et nu qui plus est !

- Il ne bougeait pas ! Et il n'y avait rien de dangereux dans la salle ! Je te signale que mes étagères sont toutes protégées ! Avec les cornichons incapables que j'ai en cours, crois-tu vraiment que ma salle ne comporterait pas un minimum de protections ?

- Mais Harry n'en savait rien lui ! Il était mort de peur ! Il ne comprenait rien ! Il était perdu ! Il ne comprend rien, c'est si difficile pour lui … C'est un enfant ! Par Merlin ! Rien qu'un enfant !

- Il a onze ans ! Je ne vois pas pourquoi les « première année » peuvent être autonomes et pas lui !

Rémus resta bouche bée.

- Tu es d'une mauvaise foi désespérante, Severus, souffla-t-il accablé. Je …

Il ne réussit pas à finir pas sa phrase. Il tourna les talons de colère et se dirigea vers la sortie des cachots. Avant de quitter la pièce, cependant, il assena d'une voix plus lasse que vraiment dure :

- Mûris un peu, Severus. Harry a besoin de nous. De nous deux. Réfléchis, ne t'approche pas de lui tant que tu n'auras pas mis tes idées au clair. Il n'a pas besoin d'être plus déstabilisé qu'il ne l'est déjà, mais fait un pas de travers et je ne réponds plus de rien.

Et sur ce dernier avertissement, il rejoignit ses appartements.

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Le loup-garou soupirait pour la énième fois. Il s'était avachi sur un fauteuil devant la cheminée éteinte et fixait le vide, ressassant la « discussion » qu'il avait eu plus tôt avec son ami. Il espérait que Severus, malgré les mots, allait se ressaisir et était encore son ami. La langue du maître des potions avait toujours été acérée et il n'avait jamais d'état d'âme. Surtout lorsqu'il était en colère et c'était le cas avant même qu'il ne vienne dans son bureau. Il sortait du double cours des « première année » Serpentard – Gryffondor et ça ne l'avait pas mis dans de bonnes conditions.

Il espérait sincèrement que son ami reprendrait ses esprits rapidement. Il ne voulait pas que Harry pâtisse de son comportement.

Oui, il reconnaissait que Severus avait largement de quoi en vouloir à James, mais Harry n'était pas son père. Oui, il pouvait être choqué par la ressemblance frappante entre les deux, mais il ne pouvait pas blâmer le fils. Faire ce qu'il avait fait était intolérable pour un adulte. Et, vraiment, Severus pouvait être d'une mauvaise foi …

Rémus soupira encore. Il jeta un œil à son protégé qui dormait sous sa forme de renard, contre son père « adoptif ». Après son passage à l'infirmerie, il l'avait porté directement sur la couverture qui leur servait de couche et le renardeau n'avait pas bougé depuis. Peut-être que le jeune Drago viendra après ses cours, lui rendre visite.

Il ne savait pas trop quoi penser de cette fréquentation. Bien sûr il connaissait de réputation la famille Malfoy et il pensait devoir le surveiller, ou du moins garder un œil sur les propos qu'il pouvait tenir, ou gestes qu'il pouvait avoir, mais les deux rencontres qui avaient déjà eu lieu laissaient présager une bonne entente. Il espérait bien que son influence ne tende pas à le rendre fermé, mais Harry était très ouvert et fréquentait, en dehors de lui même, certes peu de monde, mais d'horizons très variés.

Cependant, Drago était le seul de son âge et c'était bien qu'ils puissent s'amuser ensemble de temps en temps. Il était même persuadé que Dumbledore souhaitait que cette relation joue sur la façon de penser du jeune aristocrate. Il était certain que le jeune garçon ne devait pas avoir eu une enfance des plus joyeuse, si la moitié de ce qu'il avait entendu de cette famille était vrai.

En parlant du loup – Rémus avait toujours trouvé cette expression très à propos – la porte venait de réclamer son attention. Il se leva et alla répondre et, comme attendu, l'ouvrit sur le petit blond.

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Monsieur Lupin les avait conduit dans la pièce qui ne servait à rien, du moins pour l'instant puisqu'elle était destinée à être la chambre de Harry quand il serait redevenu un humain, et les avait laissé seuls. Drago s'était installé sur le lit à baldaquin aux drapés pourpres et avait pris le renardeau sur ses genoux.

- Tu en as de la chance, Mini-patte, tu sais ? De pouvoir rester dormir toute la journée. Moi, je dois me lever à 6h.

Harry qui était assis sur son ventre le regarda, penchant sa tête sur le côté. Monsieur Lupin lui avait dit qu'il comprenait de mieux en mieux et que lui parler était un bon exercice.

- Et bien oui, lui expliqua-t-il. Il faut que je me douche, que je me coiffe, que je choisisse mes vêtements et les passe. Puis il faut que j'attende ces deux gorilles, deux abrutis que mon père me force à supporter, grogna-t-il en fourrageant le poil de sa petite charge.

Il souffla, leva les yeux au ciel et continua :

- Et ce n'est pas tout ! Il faut aller manger dans la grande salle, c'est si … bruyant ! Il y a tant de monde, et ils n'ont même pas de Da hong pao ! Enfin, heureusement qu'ils proposent suffisamment en quantité parce qu'avec mes deux colla-gorilles il ne me resterait rien à manger.

Il énuméra tous les aliments qui composaient son repas et qui correspondaient, bien évidemment, aux mets les plus fins. Puis il lui décrivit sa journée complète, en commentant chaque cours.

- Et c'est là que Weasley s'est retrouvé comme un strangulot hors de l'eau, c'était à mourir de rire !

Il pouffa au souvenir de l'humiliation qu'avait subi son camarade de classe.

- Tout de même, si cet imbécile avait, ne serait-ce, qu'ouvert son livre il aurait su la réponse à cette question des plus simple ! Enfin, après la petite interro de début de cours, nous avons pu faire notre potion. Ce n'était pas une première pour moi, bien sûr, Severus me les enseigne depuis quelques années déjà.

Harry aboya au nom du maître des potions.

- Oui, tu sais de qui je parle, sourit Drago. C'est assez comique de le voir en cours, il y est assez différent qu'en dehors. Oh, bien sûr, il est toujours froid et stoïque en toutes circonstances, mais en classe, il devient presque irascible. Heureusement, il favorise plutôt notre maison … contrairement aux Gryffondor.

Drago se perdit un instant dans ses pensées et n'en sortit que quelques minutes plus tard par des coups de langues appliqués avec vigueur sur son visage.

- Beurk ! S'exclama-t-il en repoussant la boule de poils baveuse.

Harry émit un petit couinement en atterrissant sur le sol dur de la chambre.

- Non mais ça va pas ? Tiens toi correctement !

Le blondinet s'essuya la figure et regarda de travers le renardeau recroquevillé à ses pieds. Il s'était redressé et le toisait avec un air faussement sévère. Son regard se braqua dans celui vert brillant et, comme la première fois, n'y résista pas.

- Tu feras un bon Serpentard, dit-il, se retenant difficilement de pouffer. M'amadouer si bassement …

Il se pencha finalement et le récupéra, puis le replaça sur ses genoux. Il l'observa un moment, le caressant et le grattouillant d'un air absent. Harry ne réitéra pas son action pour le tirer de ses pensées et se contenta de se laisser papouiller.

Drago ouvrit la bouche une fois, mais la referma. Il semblait hésiter car il répéta son geste encore une fois avant de se lancer.

- Mon père … Mon père a des principes, comment dire … Il est …

Il souffla, ne trouvant pas de formulation poli et respectueuse qui correspondent à ce qu'il voulait dire.

- De toute façon ce n'est pas comme si tu pouvais répéter ce que je vais te dire.

Il prit une grande inspiration et annonça :

- Quand mon père a su que tu serais là, le grand Harry Potter à Poudlard, il m'a immédiatement donné des directives. « Tu en feras ton ami et il devra dépendre de toi et te faire confiance pour que tu puisses me l'amener sans qu'il ne se doute de rien », imita-t-il avec la grosse voix de son père.

Il prit Harry dans ses bras et le serra contre lui avant de finir sa citation :

- « Si tu ne réussis pas, en plus de recevoir une correction exemplaire, tu devras alors le détruire et faire de son quotidien un enfer, le mener plus bas que terre ». Puis il a fait mention d'un Seigneur … mais je n'ai pas compris la suite, il marmonnait.

Drago repensait à cette discussion qu'il avait eu la veille de la rentrée et en regardant sa petite charge. Il se pencha à son oreille et lui murmura :

- Mais tu sais quoi, Mini-patte ? Il n'est pas là et il en saura rien. Et de toute façon, tu es déjà mon ami alors je m'en fiche.

Ils continuèrent à papoter sur le lit, enfin, Drago monologua et Harry écoutait.

Une bonne heure était passée quand Monsieur Lupin vint frapper à la porte de la chambre et leur indiqua que c'était l'heure du banquet.

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La semaine passa sans que la situation ne change. Severus les évitait et Rémus ne faisait aucun effort pour l'approcher, il estimait que c'était au maître des potions de venir s'excuser. Drago n'était pas revenu rendre visite à Harry, le renardeau évitait de se rendre dans les couloirs par peur de la foule et il s'entraînait régulièrement à se transformer. Il y arrivait de mieux en mieux, de plus en plus vite, mais n'avait toujours pas réussi à former un mot et ça le frustrait au plus haut point.

Le petit renard commençait à s'ennuyer et Rémus lui avait promis un petit quelque chose qu'il allait accomplir ce matin là. Il attendit que les élèves entament leurs premiers cours pour que les couloirs soient libres, entraîna Tinypaw et se dirigea vers le troisième étage.

Quand Harry comprit leur destination, il en sauta de joie et prit de l'avance.

- Et bien, au moins il y en a un qui s'amuse !

Ils arrivèrent rapidement devant la porte scellée. Harry aboyait déjà avec enthousiasme et Rémus sursauta lorsqu'un autre, beaucoup plus grave, lui répondit. Il avait eu l'autorisation, bien sûr, d'installer une chatière à la taille du petit renard et il en avait demandé le sortilège.

Les deux canins continuaient à discuter tandis que le sorcier agita sa baguette pour dessiner les contours de la petite trappe. Cependant, avant de l'ouvrir, il voulait s'assurer que leur rencontre physique se passe bien. Pour cela, il déverrouilla la porte et l'ouvrit en grand, baguette prête au cas où ça se passerait mal.

Son inquiétude fut vaine car, si lui fut extrêmement surpris, voire un peu apeuré, par Touffu, Harry fonça dans les pattes du géant qui lui appliqua une énorme léchouille de l'une de ses trois têtes. Rémus resta un peu coi devant la scène que lui offraient inconsciemment les deux compères.

Il resta les observer un petit peu avant de regagner ses appartements et s'amusa de les voir jouer ensemble, le plus gros chatouillant le plus jeune avec ses trois langues. Décidant que son petit protégé ne risquait rien, il s'en alla. Il prit garde à bien reverrouiller la porte et descella la chatière. Puis il se dirigea vers la bibliothèque. Il avait entamé des recherches en éducation et pédagogie de la petite enfance afin de palier le réapprentissage de Harry. Après avoir constaté ses problèmes d'élocution, il s'était aussi renseigner en orthophonie.

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Albus avait lui aussi franchi la porte de Touffu, une petite demi-heure avant Rémus et Harry. Il avait passé le filet du diable prêté par le professeur Chourave, sortait de l'épreuve du professeur Flitwick et pénétrait maintenant dans la salle de l'échiquier géant. Il voulait s'assurer de la bonne protection de la pierre philosophale.

Tout en jouant sa partie, il réfléchissait à une ultime épreuve. Il n'en avait pas encore trouvé et voulait quelque chose de particulier qui lui assurait que personne de mauvais ne réussisse à récupérer l'artefact.

Quand le roi blanc laissa tomber son épée et que les pièces lui cédèrent le passage, il se dirigea vers la porte qui devait le conduire au troll du professeur Quirrell. Il avait été un peu déçu par sa proposition, mais n'avait pas insisté. Il ne voulait pas que son nouveau professeur de défense contre les forces du mal pense qu'il y avait trop de difficultés dans son parcours. Ça n'aurait pas jouer à son avantage.

Le directeur de la célèbre école de sorcellerie vainquit facilement le gardien de l'avant dernière salle et passa à la suivante qui, à son avis, était l'une des plus corsée. Il lu attentivement l'énigme du maître des potions, observa longuement les fioles sur la table et réfléchit. Il n'avait pas voulu demander la solution au professeur Snape, préférant tester lui même la difficulté de l'épreuve. Et il n'était pas déçu. Severus était autant un maître en potion que dans le maniement des mots.

Il finit tout de même par se décider et franchir les flammes qui, heureusement, ne lui firent rien, sans oublier de garder la fiole qui lui permettrait de passer au retour. Il entra alors dans la dernière pièce où, pour l'instant, un mur de pierres sèches qui paraissait infranchissable et était indestructible empêchait d'atteindre la gemme, simplement posée sur un piédestal.

D'un Wingardium Leviosa, Dumbledore fit léviter les pierres qui reposaient au sommet de l'édifice et les disposa une à une à son pied pour former un escalier. La ruse dont il fallait faire preuve suffisait, selon lui, à ralentir quiconque voulait voler la substance légendaire abritée derrière en attendant de trouver mieux.

Il finit par terminer le parcours et atteindre son but. Il regarda sa montre à gousset, quatre heures et demi s'étaient écoulées entre le moment où il avait quitté le couloir du troisième étage et maintenant. Le plus long avait été de gagner la partie d'échec. Le reste s'était déroulé en à peine une heure.

Il sourit, satisfait.