Caldwell était arrivé depuis un peu plusieurs heures au Sgc, il avait enfin fini toutes les transmissions d'atlantis à la Terre et s'accordait enfin le temps de prendre un café dans la salle de repos des officiers. Il commença à se verser une tasse mais s'arrêta brusquement en sentant l'odeur ignoble que dégageait le breuvage. Il laissa échapper quelques mots d'exaspération « comment peut-on autoriser ce jus de chaussette ? » plus quelques jurons, il avait prononcé les derniers mots en français, il adorait cette expression. Il reposa le tout, vida la cafetière et commença à préparer du « vrai café ». Depuis que Crysla lui avait appris à préparer le café à la française, c'est-à-dire avec beaucoup plus de goût, il était devenu intraitable sur le sujet.

« il est toujours aussi mauvais ? », demanda un voix masculine derrière lui.

Le militaire se retourna et sourit à l'homme, il n'avait entendu personne entrer tellement il était absorbé par sa tâche.

« Même les Wraiths ne voudraient pas de moi si j'en buvais… »

Il s'approcha du nouvel arrivant et le prit dans ses bras quelques secondes pour le saluer.

« Jacob, ça fait plaisir de te revoir… »

« Ca fait tellement longtemps que le hasard de nos missions ne nous a pas permis de se voir… »

« Oui, en effet. Selmak, je vous salue également. »

« Bonjour Colonel Caldwell », répondit la bouche de Jacob avec une voix différente.

La cafetière faisait le bruit caractéristique signalant la fin de l'attente pour les deux militaires. Jacob Carter s'était assis à la table, et Caldwell versa deux tasses du fameux nectar, ça sent quand même meilleur que tout à l'heure, tu avais raison Crys les américains ne connaissent rien au café… La porte s'entrouvrit à l'insu des deux hommes. Une jeune femme bonde passa la tête.

« Papa, est-ce qu'il reste du café pour…oh, excusez-moi je croyais que tu étais seul », dit-elle en apercevant Steven.

« Entre Sam, si tu veux du vrai café c'est le moment... » Dit Jacob

Elle pénétra dans la pièce. Le militaire posa le café pour saluer Carter.

« Colonel Carter, je présume. Ravi de faire enfin votre connaissance, Jacob m'a beaucoup parlé de vous. »

« Oh » (la jeune femme se retourna vers son père qui lui sourit.)

« Colonel Steven Caldwell… »

« Le commandant du Dédale, finit Sam. J'ai également entendu parler de vos exploits sur Atlantis ! »

« Prends un café, dit Jacob. Il en vaut vraiment la peine… »

La jeune femme accepta et s'installa à côté de son père, l'autre militaire en face.

« Où as-tu appris à faire du café comme ça? » demanda le Tok'ra.

« Quelqu'un m'a enseigné l'art du café. Alors quoi de neuf au pays des Tok'ras ? »

« Oh toujours la même chose, tu sais, des histoires de grands maîtres, de territoires…la routine. Et toi, tu pars ou tu arrives ? »

« J'arrive juste. Et dans quelques jours, je repars. »

« Papa m'a dit que vous aviez servi ensemble ? » dit Sam curieuse de rencontrer enfin un militaire qui avait travaillé avec son père.

« Oui, dans une autre vie, dit Steven. J'ai l'impression que c'était il y a une éternité… »

« On n'a pas simplement été soldat ensemble, dit Jacob, il m'a sauvé la vie. J'ai toujours une dette envers toi à ce propos. »

« Tu ne vas pas recommencer avec ça, je t'ai déjà dit que tu ne me devais rien et que j'avais simplement fait mon job ! »

Sam suivait l'échange avec intérêt, et appréciait le café.

« Qu'est ce qu'il s'est passé ? » demanda-t-elle.

« J'avais été envoyé pour détruire plusieurs cibles, mais mon avion avait été touché avant que je n'achève la mission et je me suis écrasé en plein territoire ennemi, mon copilote était mort dans le crash. »

« A l'époque, les ordres étaient de ne pas récupérer les militaires blessés ou morts au combat, on courait ainsi le minimum de risques de perdre d'autres hommes » expliqua Caldwell.

« Je savais donc que personne ne viendrait me chercher, et que pour m'en sortir je ne pouvais compter que sur moi seul. Mais je m'étais fracturé une jambe dans le crash, et j'avais plusieurs côtes de cassées. J'ai réussi à survivre plusieurs jours avec les rations de survie que j'avais dans mon appareil et les fruits locaux. Mais je savais que si je ne trouvais personne d'ici quelques jours, je mourrais certainement d'une infection locale. »

« J'ai été envoyé survoler une zone proche du crash pour une autre mission. »

« Vous étiez aussi pilote ? »

« D'hélicoptère. Je devais déposer des hommes pour infiltrer et détruire une batterie ennemie. J'ai effectué ma mission, puis j'ai bifurqué vers la l'endroit présumé du crash. J'ai aperçu un morceau de forêt totalement détruit, j'ai réussi à trouver une clairière pour me poser le plus discrètement possible, et je suis parti à la recherche de Jacob. »

« Tu désobéissais aux ordres, tu risquais le renvoi immédiat et ta dégradation. »

« Je savais, mais je ne pouvais pas t'abandonner là. Je n'ai jamais compris qu'on pouvait laisser les siens aux mains de l'ennemi se faire torturer et tuer. Tu étais mon officier supérieur c'était mon devoir de récupérer celui qui était un modèle pour moi à l'époque. Ma formation première était recherche et secours, après j'étais un militaire. Et c'est toujours d'actualité… »

« Vous l'avez retrouvé ? »

« Au bout de plusieurs heures, heureusement, il n'avait pas pu aller très loin. Il était en très mauvais état, il souffrait déjà du paludisme et était inconscient. »

« Il m'a porté sur plusieurs kilomètres. On a retrouvé l'hélico avec des passagers clandestins. »

« J'ai réussi à les descendre ou les faire fuir. On a décollé, j'ai récupéré les hommes précédemment déposés et on est rentré. »

« Tu dis ça comme si ça avait été une promenade de santé. Tu t'es pris plusieurs balles… »

« Dans les bras et les fesses, ça ne m'empêchait pas de piloter ! Tu as survécu, la mission était réussie, c'est tout ce qui importait. »

« Et le retour c'est passé comment ? Vous avez dû être sanctionné durement. »

« Tu étais un jeune lieutenant d'à peine 20 ans, et tu as risqué ta vie et ta carrière uniquement pour moi. Je te dois la vie et bien plus. »

« Je crois que j'ai eu l'engueulade de ma vie. Mais ils ont considéré que s'être posé en plein territoire ennemi, récupéré un mourrant et accomplir la mission ne devait pas être simplement dû à la chance »

« Tu étais lemeilleur pilote de toutes les forces engagées, ils ont donc juste retardé ton changement de grade. Ils ne pouvaient pas se passer de toi, tu étais déjà très prometteur autant pour le pilotage que le commandement. »

« En attendant si je n'étais pas revenu te chercher, nous n'en serions pas arrivé où nous en sommes aujourd'hui. »

Carter avait écouté avec attention l'histoire, elle n'en savait rien jusqu'à aujourd'hui, et savoir que la vie de son père n'avait tenu qu'à l'audace et au sens du devoir de l'homme assis en face d'elle forçait son admiration.

« Colonel Carter vous êtes demandées à la porte des étoiles. »

Elle soupira. Zut. Elle aurait beaucoup aimé poursuivre la conversation et connaître d'autres anecdotes sur son père. Soumis au secret, il n'avait jamais pu ni voulu lui révéler son passé.

« Désolée, je dos y aller. »

Elle se leva.

« Colonel Caldwell, ce fut un réel plaisir de faire votre connaissance, j'espère que nous nous reverrons bientôt au gré de vos escales au Sgc. »

Steven se leva et lui serra la main.

« Avec joie. »

Samantha Carter disparut ensuite. Caldwell regarda son ami.

« Elle ressemble beaucoup à sa mère », dit-il.

« Oui. Sauf pour le caractère. Parfois ça fait des étincelles, et les militaires ne sont pas réputés pour être d'une ouverture d'esprit immense... »

« Je pense que de ce côté-là, elle peut faire confiance au caractère de chien qu'elle a donc hérité de toi! »

Le Tok'ra sourit, c'est vrai qu'il n'avait pas été toujours facile à vivre pendant sa carrière dans l'air force. Ils parlèrent encore quelques minutes du « bon vieux temps ». Caldwell glissa sa main dans une poche de sa combinaison et en ressortit une photo qu'il ne montra d'abord pas à son ancien responsable.

« J'aimerais te demander quelque chose, si tu veux bien me répondre. »

« Oui, je n'ai pas grand-chose à te cacher maintenant ! »

« Tu te souviens de cette histoire qui se racontait qui se racontait nous étions sur les porte-avions, à propos d'un navire plus ou moins officiel avec son amiral. »

« Oui je me souviens de cette histoire », acquiesça Jacob en fronçant imperceptiblement les sourcils à l'évocation de cela.

« Quel âge penses-tu que cette personne aurait aujourd'hui ? »

« Je ne sais pas, c'est une légende tu sais, personne n'a jamais pu prouvé l'existence du début de l'hélice de quoi que ce soit. »

« Réponds moi, s'il te plait », insista Steven.

« Environs 30-35 ans je dirais, si on en croit l'histoire. Pourquoi t'intéresses-tu tant à cela ? »

Caldwell marqua une pause avant de répondre.

« L'histoire est connue de la plupart des marins, très peu savent ceci : à savoir que ce serait un amiral assez jeune qui commandait un bâtiment, surnommé le poséidon à cause du tatouage de l'amiral, de l'armée classée secret avec tout son équipage, et qu'il accomplissait des missions assez spéciales. Mais tu as été la seule personne que j'ai rencontrée au cours de ma carrière de pilote à me donner deux détails, la localisation du tatouage, le dos, et surtout le fait que l'amiral soit en réalité une amirale ! »

Jacob resta silencieux, attendant la suite, car il savait qu'il y en aurait une.

« Je crois que tu as servis sur ce bâtiment, et (il montra la photo en en cachant la partie gauche avec son pouce) je crois que c'est elle. »

Le Tok'ra regarda le cliché avec beaucoup d'intérêt, cela faisait plusieurs mois qu'il n'avait pas vu la personne de la photo.

« Qui est à côté ? »

« Réponds moi avant. Je ne te demande pas de trahir, je veux juste une confirmation de ce que je me doute. »

« Pourquoi crois-tu que c'est elle ? »

« Je veux juste que tu me dises oui ou non. Rien de plus. »

« De quand date cette photo ? »

« Environs 3 semaines. »

Le Tok'ra marque une pause, il ne pouvait rien lui dire, c'était la règle qui leur avait permis de survivre toutes ses années sans trop de problèmes.

« Je ne peux te donner une réponse. »

Alors Steven enleva le doigt qui masquait l'autre personne, et Jacob ouvrit de grands yeux vers son ami et lui sourit. Le cliché enfin totalement dévoilé représentait Crysla dans les bras de Caldwell. Carter baissa le tête puis la releva aussitôt, ce n'était plus lui, mais Selmak qui avait pris la parole :

« Jacob pense que Wind sera très soulagée d'appendre que vous êtes au courant du passé. »

« Merci Selmak. »