Soupirs
Chapitre 14
NDA 1 : Merci à Delphine pour ses précieux conseils et sa bétalecture impeccable .
NDA 2 : ... Je n'arrive pas à croire que j'ai mis plus de 6 mois à accoucher de ce chapitre... C'est p't'ète à cause du Lemon...
NDA 3 : WARNIG LEMON DANS CE CHAPITRE (et pas fameux, en plus) ! Si cela vous dégoûte, ou si votre sens estéthique de la littérature est heurté face à mes formulations maladroites (je ne suis pas douée pour le lemon), passez votre chemin...
Ton regard sur moi me donne l'impression de n'être qu'une créature vile et infâme. Ce que je suis, très certainement.
Je me sens minable de te faire subir ça et, si je n'y prends garde, je vais finir par renoncer à mes vœux pieux.
Pourquoi voulais-je rompre avec toi, déjà ?
oO§Oo
Nous nous vîmes pendant six mois avec gêne et maladresse, ne sachant pas trop quoi nous dire, n'osant nous toucher.
Plus d'une fois, j'hésitais à partir en courant mais j'étais incapable de faire un geste.
Par commodité, il me recevait chez lui. Il m'avait donné un sac de poudre de cheminette en me disant que je le rembourserai quand j'en aurai les moyens. Une partie de moi avait envie de lui dire qu'il pouvait toujours attendre pendant qu'une autre, terriblement fière, me démangeait de lui jeter le « cadeau » à la figure. Le compromis fut de ne rien dire.
Potter prenait apparemment beaucoup de plaisir à faire la cuisine. Il me recevait toujours le sourire aux lèvres et s'empressait de me faire goûter les plats qui étaient en train de mijoter, quelle que fut l'heure de la journée.
Son appartement, situé dans une vieille maison de maître dans la périphérie de Pré-au-lard, était plus grand et plus beau que le précédent, mais il était simple et meublé avec sobriété.
La seule faute de goût que je notais était la pléthore de photos décorant les murs et les meubles. De vieilles photos de ses parents, de Sirius Black, d'autres plus récentes de Lupin, et beaucoup trop de clichés de l'intégralité de la famille Weasley additionnée de Sang-de-bourbe-Granger.
Je n'étais pas à l'aise, craignant partiellement que ne vienne sur le tapis la question d'une rétribution sexuelle des faveurs qu'il me faisait, regrettant à posteriori que cela ne fut pas le cas tout en étant soulagé de n'avoir jamais rien fait sous les images mouvantes de la « famille » de Potter.
Il ne m'embrassait pas, me touchait encore moins et m'observait avec une adoration croissante.
Pourtant, peu à peu mon mutisme me quittait et je déployais des trésors de sarcasmes à son égard. Et l'imbécile me souriait davantage, apparemment heureux de me voir redevenir un peu l'adolescent arrogant que j'étais. Je m'efforçais de penser que je ne faisais que profiter de lui et de sa cuisine qui m'épargnait le coût d'un repas par semaine.
Je venais de l'insulter copieusement lorsqu'il m'embrassa pour le première fois depuis cette fameuse nuit en haut de la tour.
Je n'eu pas le temps de me demander si les insultes jouaient sur lui comme un aphrodisiaque ni, dans ce cas, dans quel état il se trouvait après quelques heures en compagnie de Rogue. Oh non. A cet instant précis, mon existence entière se limitait à mes lèvres et à mon sexe qui se rappelait à mon bon souvenir.
Sans savoir vraiment comment j'en étais arrivé là, je me retrouvais à le plaquer contre le mur, lui enserrant les poignets comme un étau jusqu'à sentir le plâtre s'effriter contre mes articulations alors que je lui dévorais littéralement les lèvres de baisers.
Et j'entendais des gémissements plaintifs terriblement sensuels.
Vaguement, je priais Morgane de ne pas en être l'auteur car j'aurais pu en mourir de honte à posteriori.
Dieu que c'était bon de le sentir entre mes bras.
Encore aujourd'hui, je ne pense pas pouvoir être jamais rassasié de ses baisers pas plus que de sa chaleur.
Jamais.
J'imagine que j'ai dû lâcher ses poignets à un moment ou un autre, car désormais je lui enserrais possessivement la taille et sa main commença à dénouer ma ceinture, alors qu'il me chuchotait à l'oreille : « Je suis content que tu l'aies gardée, cette robe. Je l'avais choisie pour toi. Je ne connaissais pas tes goûts, alors j'ai pris le plus simple possible. Tu n'imagines pas ce que ça me fait à chaque fois que je te vois la porter… »
La robe que je portais…
La robe qu'il m'avait donnée et dont je n'avais jamais pu me débarrasser…
Il l'avait achetée pour moi ?
Avait-il pensé que j'allais m'installer chez lui, à l'époque ?
Avait-il déjà des idées derrière la tête ?
Avait-il planifié toute notre vie, la taille de notre future maison, la couleur du papier peint de la cuisine, le nombre de chiens que nous allions avoir ?
Mes lèvres se figèrent contre sa gorge et je le repoussais avant que sa main ne touche ma peau enfiévrée et ne m'ôte toute capacité de raisonner de façon cohérente.
« Wow, on se calme, Potter ! Si tu me dis que tu as une armoire pleine de vêtements à ma taille et que tu comptes jouer à la poupée avec moi, je me barre en courant ! »
Il rajusta ses lunettes sur son nez, clignant des yeux et me sourit. Comme il était beau, avec ses cheveux en bataille, ses joues roses d'excitation et ses lèvres brillantes de baisers. Sans un minimum de self control je me serais jeté à nouveau sur lui pour achever de le ravager de mon désir.
« Non, » me dit-il, « je n'ai pas non plus aménagé une chambre secrète où je pourrais t'enchaîner pour la fin des temps, rassure toi. J'avais juste pensé à l'époque que tu sortirais de prison sans rien avoir à te mettre et que tu serais plus à l'aise avec des vêtements propres, c'est tout. »
Je me sentais soulagé que cette robe ne soit pas un emprunt à la garde robe de Weasley mais la prévenance du geste m'inquiétait quand même.
Je posais les mains sur ses épaules dans le but évident de le mettre à distance et celui, plus discret, de continuer à le toucher.
« Potter, il faut qu'on parle. »
« Tiens ? D'habitude c'est moi qui dis ça. »
« Et d'habitude c'est moi qui fuis la conversation, mais c'est parce que je suis un Serpentard. Toi, en revanche, en bon Gryffondor, tu vas affronter l'adversaire, je me trompe ? »
Il se tortilla un peu sous ma poigne, clairement ennuyé.
« Disons que je préférerai reprendre là où nous en étions. Les Gryffondors sont plus enclins à l'action qu'à la discussion, tu te souviens ? »
« Tu ne t'en sortiras pas comme ça. »
Il soupira et s'écarta de moi.
Je l'observais un instant, chassant le sentiment de perte que je ressentais à avoir les mains vides de sa chaleur.
« Qu'est-ce que tu attends de tout ça ? » Fis-je en faisant un large geste de la main.
Il fronça les sourcils.
« Qu'est-ce que j'attends de quoi ? »
« De nous deux. De cette relation. Jusqu'où veux tu aller ? »
Il rougit légèrement.
« Hum. Je crois que c'est assez évident, mais si tu ne veux pas, je ne te forcerai pas. »
« Non, ce n'est pas ce que je veux dire, Potter, arrête de penser avec ton lobe cérébral inférieur. Je ne parle pas de sexe. »
Il rougit davantage et je levai les yeux au ciel.
« Oh, quelle sainte-nitouche ! Non, je n'ai rien contre le fait d'avoir des relations sexuelles avec toi, bien au contraire. Seulement, te connaissant comme je te connais maintenant, ce n'est pas pour toi un geste vide de sens, n'est-ce pas ? »
Il se mordilla les lèvres.
« Ça te gêne ? »
Je clignais des yeux.
Je ne m'étais même pas posé la question.
En acceptant de venir le voir toutes les semaines, j'avais capitulé face à ce que je ne pouvais que qualifier comme étant de l'amour. Mon amour pour lui, brûlant et douloureux, qui me taraudait depuis la nuit de mes 17 ans.
Mais jamais je n'admettrai mes sentiments face à lui.
Et Potter venait quasiment de me faire sa propre déclaration d'amour.
Avait-il décodé la mienne ?
Apparemment pas, s'il posait encore la question.
« C'est à toi qu'il faut le demander. »
Je regardais les cadres accrochés aux murs où m'observaient les Weasley d'un air désapprobateur. Weasel était hors champ, apparemment en train de vomir alors que Granger lui tirait la manche avec l'air de lui dire d'arrêter de faire l'enfant. Quand à Mme Weasley, elle nous tournait le dos, se cachant le visage dans les mains.
Potter suivit mon regard.
« Tu n'es pas le genre à te 'taper des coups d'un soir', » dis-je crûment. « Tu as dis vouloir faire partie de ma vie, mais veux tu que je fasse partie de la tienne ? »
« Mais, oui, » répondit-il, sans comprendre où je voulais en venir, apparemment.
« Dans ce cas, que leur diras tu ? » Je pointais les photos du doigt. Des jumeaux Weasley en noir et blanc montrèrent le poing dans ma direction.
La réalisation le frappa de toute force. Il blanchit et jeta un regard ennuyé vers les photos.
« Ah… J'avais oublié que tu les détestais. Mais tu n'es pas obligé de… »
« Non, non, non, triple buse ! Je me contrefous de ta foutue famille d'adoption ! Je suis incapable de m'entendre avec ces gens là, ce n'est même pas la peine de rêver que je puisse avoir un début de conversation civile avec eux ! Mais je refuse de les voir te houspiller, te maltraiter ou rompre les ponts avec toi simplement à cause de moi. Il est hors de question que j'en porte la responsabilité et que tu viennes me le reprocher d'ici quelques années ! »
Il resta bouche bée un moment.
« Oh… Draco. » Il secoua la tête d'un air navré. « Je ne pensais pas que cela te préoccupait autant. »
« Ça ne me préoccupe pas, je dis juste que je ne veux pas que tu me l'envoies dans la figure d'ici 20 ans. »
Il me sourit tendrement.
Qu'avais-je encore dit ?
« Je fais mes propres choix. Je les considère comme ma famille, mais je n'agis pas en fonction d'eux. Ils devront bien accepter ce que je veux. C'est comme ça, une famille… »
« Tu… Tu es d'une naïveté affligeante ! » M'exclamais-je, absolument ébahi.
Ma propre mère m'avait tourné le dos pour être devenu un mangemort alors comment pouvait-il espérer que de parfaits étrangers puissent accepter de le voir sortir avec un ancien mangemort, fils d'un homme les ayant humilié des années plus tôt, ayant même faillit faire tuer leur fille, et lui même bête noire de leur propre descendance ?
« Je les connais, Draco. »
« Tu connais que dalle, oui ! Je suis un moins que rien pour des gens comme ça. Imagine ce que va dire Weasel ! Et ta sang-de-bourbe ! »
« Ne les appelle pas comme ça. » Il fronça les sourcils, mécontent.
« Tu vois, on ne parle pas d'eux depuis 5 minutes que cela tourne au vinaigre. »
« C'est parce que tu mets mes amis sur le tapis et que tu les insultes. Je ne dis rien sur ta famille. Je ne dis pas que ton père était un arriviste, un hypocrite et un pédant ! Ni que ta tante était une meurtrière ! »
« Je te rappelle que tu l'as tuée, ma tante ! »
« Là n'est pas la question ! »
« Non, la question est que toutes ces histoires de famille vont ruiner… Quoique ce soit que tu souhaites voir se produire entre nous. »
« Alors laissons les de côté. »
« Non, nous ferions mieux d'en rester là. »
Il ouvrit de grands yeux et se mit à rougir.
« Mais bien sûr ! Fuis, encore une fois ! Si je te dégoûte à ce point, pas la peine de te chercher des excuses et dis le clairement ! »
« Oh, mais je ne me cherche pas d'excuse. »
« Ah non ? Alors pourquoi à CHAQUE fois qu'on a une discussion sur nos relations et comment on souhaite les voir évoluer tu cherches tous les moyens possibles pour te défiler et que tu disparais pendant des mois ? »
Je sentis le sang me monter aux joues.
« Je n'ai jamais… »
« Oh, c'est ça, joue l'innocent. »
« Je ne me défiles PAS, » contestai-je, piqué au vif.
« Non ? Alors tu ne vois pas d'inconvénient à ce que je parle de toi à ma famille ? » Déclara-t-il en levant le menton.
« … QUOI ? »
Il me regardait d'un air de défi. Le rouge de ses joues et l'éclat de ses yeux ne devaient plus rien au désir. Il continua, le ton cassant :
« Oui, histoire d'éviter tout malaise entre nous : je parle de nous à ma famille et mes amis comme ça cette épée de Damoclès ne sera plus au dessus de nos têtes. Et comme ça, tu auras la preuve que ma famille m'accepte tel que je suis. »
« Et comment saurai-je ça ? Tu vas m'emmener avec toi ? Il est HORS DE QUESTION que je mette UN pied dans le taudis des Weasley ! »
La colère de Potter sembla s'accroître à mesure que la rougeur parant ses joues s'assombrissait.
Il saisit sa baguette et la pointa sur l'écran de la télévision (cet étrange objet moldu diffusant des images animées pourvues de son… Je n'ai jamais compris pourquoi Harry s'encombre de ce truc) en prononçant quelques mots.
« Voilà, c'est réglé. »
« Quoi ? Qu'est-ce qui est réglé ? »
« Demain je fais le tour de ma famille pour leur parler de toi et tu pourras assister à toute la scène. »
Ce fut mon tour d'être bouche bée.
« Comme ça, on pourra peut être aller de l'avant. » Son regard se fit solennel. « Je ne veux plus que tu me fuis. »
Je ne savais que répondre.
Il se remit à se mordiller les lèvres, pâle et misérable tout d'un coup.
« Tu… » Il avala sa salive. « Tu veux bien rester dormir ici ce soir ? »
J'eus l'impression de me faire doucher.
« Hein ? »
Il se remit en position accroupie et se saisit de mes mains.
« Non, pas pour… » Il rougit. Pouvait-on être prude à ce point ? « Je veux juste… Juste être avec toi encore un peu. »
Oh, je savais ce qu'il voulait, car nous avions très certainement pensé la même chose. Il voulait être sûr que je sois encore là demain matin, que je ne me sois pas enfui en courant. Il savait bien que si j'étais là, près de cette télévision, au moment où il partirait, ma curiosité serait tellement aiguisée que je ne pourrais plus me défiler et que je resterai afin de regarder la scène.
Et c'est bien ce que je fis.
Ce fut la nuit la plus étrange de ma vie.
Potter était allongé à côté de moi dans son lit. Je ne sais s'il dormi mais moi je ne pus fermer l'œil, obsédé par le moindre de ses mouvements, le moindre son qu'il émettait.
Nous n'échangeâmes pas une parole le matin suivant, pas même un baiser. Juste un long regard.
Etrange.
Irritant.
Frustrant.
Rageusement, je m'installais dans le fauteuil face à la télévision et triturais les boutons jusqu'à ce que l'engin infernal daigne fonctionner.
Potter venait de transplaner dans un appartement passablement décati.
Je ricanais en constatant que Weasel portait des bas de pyjamas aussi rouges que ses cheveux. Mon hilarité s'accentua en voyant Granger émerger de ce qui semblait être la chambre à coucher, revêtue du haut des pyjamas susnommés. Elle rougit et détala dans la chambre aussi sec en claquant la porte.
Au passage, je constatais que mon homosexualité latente était toute relative. Contempler le corps de Weasel ne me faisait pas plus d'effet qu'un lampadaire par une nuit de pleine lune. Il était grand, mince, les muscles longs et déliés, et peu de poil sur la poitrine. Oubliez les cheveux roux et les infâmes tâches de rousseur et vous obtenez un homme qui, selon les standards sorciers, était empiriquement très bien fait de sa personne. Et pourtant je n'arrivais pas à le trouver un tant soit peu attirant.
Je me demandais vaguement si ces avantages physiques étaient ce qui attirait Granger chez cet abruti, car ce n'était manifestement ni son intellect, ni sa brillante personnalité qui avaient fait le déclic.
Mon amusement ne dura pas.
Cela se passa mal.
Apparemment, Weasley comprenait enfin l'obsession qu'avait Potter me concernant. L'imbécile avait mis sa sollicitude sur le compte de la reconnaissance.
« Si j'avais su que tu… Qu'il te… Raaaaaah ! Jamais je ne t'aurai aidé à le retrouver si j'avais su ! »
« Ron, tu ne comprends pas. »
« Ah ça non ! Si je n'étais pas sûr et certain que ce fumier est incapable d'utiliser la magie, je t'emmènerai illico à Ste Mangouste te faire faire un dépistage d'imperius ! Mais qu'est-ce que je raconte, on y va de ce pas ! Tu n'as plus toute ta tête ! »
« Je suis parfaitement sain d'esprit, Ron ! »
« C'est pas l'impression que tu me donnes ! Tu te rends compte que c'est de Draco Malfoy qu'on parle ? MALFOY ! Tu le détestes, il te déteste, c'est contre nature que vous soyez ensemble !»
« Actuellement, nous ne sommes PAS ensemble, vu que… »
« Qui est avec qui ? » Demanda Granger en sortant de la chambre vêtue plus honorablement d'un peignoir.
« Harry s'imagine être avec Malfoy. »
« Pour la dernière fois nous ne sommes PAS ensemble. Pas encore. »
« Malfoy ? Oh, Harry, ce n'est pas sérieux, si ? Enfin, je veux dire, je te croyais hétéro !»
Potter lui jeta un regard madré et elle eut la décence de rougir.
« Si c'était le cas, tu penses que Ron t'aurait laissé te balader en petite culotte devant mon nez tout ce temps ? »
« Hé ! Je ne me suis JAMAIS baladé en petite culotte devant toi ! Attends une minute… RON était au courant ? Et pas MOI ?»
J'éclatais de rire malgré moi. Ça se disait un génie et c'était incapable de remarquer ce qui était devant son nez.
« 'Mione, c'est pas le genre de chose dont je me sens discuter avec une fille, tu vois… »
« Ron ! Tu savais que Harry était amoureux de Malfoy ? »
« Non, pas du tout ! Quand môssieur a daigné s'ouvrir à moi quant à ses inclinations sexuelles, il s'est bien gardé de citer des noms. » Weasel jeta à Potter un regard mauvais.
« Parce que ça n'a rien à voir avec Malfoy ! »
« Ah non ? Pourtant tu viens m'annoncer de but en blanc que tu es tombé amoureux d'une saloperie de mangemort ! D'un mec qui a passé toute sa jeunesse à essayer de te faire renvoyer de l'école. Il a même essayé de te tuer, je te rappelle. » Il était aussi rouge que ses cheveux et que son pyjama. Il jeta un coup d'œil à Granger. « Son père a failli faire tuer ma petite sœur, que tu considères, au passage, comme TA propre sœur. Et il a traité Hermione de Sang-de-bourbe. Et il a attaqué et tué je ne sais combien de personnes du temps où il servait Voldemort. Tu t'imagines VRAIMENT qu'on va accepter de te voir sortir avec ce type là ? »
Ma bouche s'assécha.
Ce n'était plus drôle du tout.
Harry semblait aux bords des larmes.
« Oui… Parce que vous êtes mes amis. J'espère que je n'ai pas tort à ce sujet, » murmura-t-il, clairement blessé.
« Si on n'était pas tes amis, on ne te donnerait pas notre avis et on te laisserait faire la connerie de ta vie, » répondit Granger. « Or, nous sommes tes amis, nous t'aimons, donc c'est notre devoir de te le dire : on ne veut pas que tu sortes avec Malfoy, il ne t'attirera que des problèmes. »
Harry inspira profondément et les regarda droit dans les yeux, l'un après l'autre.
« Je comprends votre point de vue. Mais je ne l'accepte pas. »
Et il partit.
Je me mordillais l'intérieur des joues.
Les autres visites se passèrent dans la même atmosphère.
Si Lupin demeura relativement neutre et se contenta d'avis paternalistes et directifs, Dumbledore désapprouva fortement. J'ignore s'il avait conscience du charme que Harry avait jeté et me permettant de suivre son périple. Si oui, il en profita certainement pour me faire la morale en même temps qu'à Harry, qui en sortit anéanti.
La mère Weasley fut certainement le coup de grâce.
Si je pouvais, je la fusillerai d'un avada kedavra bien senti, encore maintenant.
La garce utilisa toutes les techniques possibles de manipulation, passant de la menace tacite au chantage émotionnel. Apparemment, la brave femme nourrissait toujours l'espoir de marier sa fille à Harry et n'admettait pas l'idée même de l'homosexualité.
Pas de concession chez les Gryffondor purs et durs.
Lorsque Harry rentra, je ne l'accueilli pas avec un « je te l'avais bien dit » comme je l'avais prévu initialement.
Non.
Je lui ouvris mes bras et il vint s'y réfugier.
Son visage trahissait le soulagement.
Avait-il craint que je m'enfuie après tout cela ?
J'y avais pensé.
Mais j'étais égoïste.
Et je ne pouvais déjà plus me passer de lui.
Cette nuit là fut la première où je lui fis l'amour.
oO§Oo
Ses yeux me semblaient immenses, débarrassés de ces hideuses lunettes. C'était étrange, car vu son degré de myopie, les verres grossissants lui permettant de voir auraient dut avoir le même effet sur ses yeux et pourtant ils ne faisaient que les cacher. Je me mis à détester ces lunettes qui m'avaient privées d'une telle vue pendant si longtemps.
De peur de me perdre dans son regard, je contemplais le reste de son exquise personne, délicieusement nue, déployé sur son lit comme une fleur ouverte, blanche, lisse et parfaite. Parfait…
Il était parfait, avec ses cheveux en bataille répandus sur son oreiller, avec ces artères qui battaient fiévreusement à sa gorge comme autant d'invitations à la débauche. Parfait… Je n'avais même pas envie de le critiquer pour le goût épouvantable qui l'avait poussé à acheter des draps rouges.
Parce que sa peau pâle se détachait presque douloureusement sur le tissu.
Parce qu'il était si maigre, si malingre, si fragile que j'osais à peine le toucher.
Je pouvais compter chacune de ses côtes tant elles saillaient sous sa peau.
Impulsivement, repoussant mes craintes, j'effleurais chacune du bout des doigts, lui tirant des hoquets de surprise.
Comme ses pupilles étaient dilatées ! Il semblait incapable de me quitter des yeux alors même qu'il ne pouvait matériellement voir rien de plus que de vagues tâches de couleur dans cette demi pénombre…
Alors que mes doigts glissaient sur son ventre et son nombril, il se cabra.
« Draco… » Soupira-t-il.
J'obéis à sa demande, incapable de lui dire non, incapable de lui dénier le moindre de ses désirs, posant ma bouche sur la sienne et plongeant ma langue dans cet espace brûlant qui semblait être là pour me donner un avant goût de la chaleur qui n'attendait que moi, là, plus bas.
Alors que mains continuaient de glisser sur sa peau, je le sentis se tendre contre mon ventre et je quittais à regret ses lèvres, juste le temps de lui tirer un reproche inarticulé et de lui poser une question.
« Comment me veux tu ? »
Ses pupilles se dilatèrent, son souffle fébrile se bloqua dans sa gorge et je le sentis grossir davantage. Puis il ferma les yeux. Je ne résistais pas à déposer un baiser sur ses lèvres entrouvertes.
J'avais tellement envie de lui que j'étais sûr d'être incapable de me retenir longtemps.
J'avais envie de plonger en lui.
J'avais envie qu'il se glisse en moi.
J'avais envie de tout, pourvu qu'on fasse quelque chose, n'importe quoi. Et vite. Et qu'il aime.
« Potter ? » L'interrogeais-je encore. « Comment me veux tu ? Je ferai ce que tu veux. Tout ce que tu veux…»
Je lui embrassais la joue, la gorge, lui mordillais l'épaule et lui restait comme une statue, immobile mis à part sa respiration explosive.
« Potter… » Insistai-je, soudain inquiet. C'était une erreur. Il ne voulait pas de moi, il…
« Comme ça… » Chuchota-t-il. « Prends moi comme ça. » Sa voix n'était plus qu'un soupir.
Je le sentais pulser contre moi, à la vitesse de ses battements de cœur, comme dans une course effrénée.
Je déglutis.
Savait-il seulement ce qu'il disait ?
C'était sa première fois et cela allait être très douloureux dans cette position.
Et c'était ma première fois et je ne savais pas le menu de ce que je m'apprêtais à faire.
J'avais lu, oui, mais rien à voir avec…
« S'il te plait. Prends moi comme ça. S'il te plait. Prends moi dans tes bras. »
Comment pouvais-je ne pas lui obéir ?
J'avais cédé, il était trop tard pour revenir en arrière.
J'ose croire avoir été doux, pour cette première fois. Lui faire mal en cet instant m'était paradoxalement insupportable.
Je le torturais de mes doigts préalablement huilés, longuement, sans merci, sourd à ses protestations et ses demandes de plus en plus urgentes de le prendre là, tout de suite, préférant le voir se tordre de désir inassouvi plutôt que de douleur.
Et, enfin, je me glissais lentement en lui, tellement lentement que je cru en mourir.
Sous mes paupières fermées, des étoiles blanches et débilitantes éclatèrent, me coupant la respiration. Tout ce que j'avais lu, tout ce que j'avais pensé des relations sexuelles ne m'avait en rien préparé à ce que je vivais en cet instant.
Si chaud.
Si bon.
« Draco ! » Explosa-t-il sous moi, tremblant. Ses bras se nouèrent autour de mon cou, m'attirant pour un baiser maladroit et insistant. « Draco… Draco… » Répéta-t-il contre mes lèvres.
Je n'osais pas bouger, de peur de briser cet instant parfait, de peur de le blesser. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il était si étroit, si je bougeais j'allais emporter sa chair avec moi, j'allais le blesser et il allait me repousser et l'instant magique allait se briser.
Ses jambes se resserrèrent davantage et ses hanches se contractèrent et son bassin bougea juste ce qu'il fallait pour que je vois à nouveau des étoiles et soit incapable de m'empêcher de bouger en réponse.
OH, MERLIN !
Je crois que nous poussâmes un même cri.
« Draco… S'il te plait… » Quémanda-t-il, renouvelant ce petit mouvement du bassin qui menaçait de me rendre fou. Aussi cédai-je…
Harry…
Harry…
Harry… Harry… Harry… HARRY !
A suivre…
Réponse aux reviews :
Onalurca : Voilà la suite . Désolée pour cette si longue attente…
Lemoncurd : oh là là, qu'est-ce qu'il était bien ce film (Brockeback). Pas le film de l'année (très contemplatif) mais j'ai bien aimé aussi.
Picadilly : Ne jamais présumer de rien, c'est tout ce que je dirais… Je n'aime pas Ron de manière empirique donc avec logique je cherche à améliorer l'image que j'ai de lui. Il n'empêche que je me dis qu'il y a de fortes chances qu'il sorte de son caractère emporté de jeune ado basique pour devenir un adulte responsable. Voilà le pourquon de mon Ron.
Fantasy 112 : Oui, Draco est un tête de mule, on ne va pas le changer, non plus…
Leviathoune : Ne me mets pas au défi, tu pourrais avoir de mauvaises surprises ;p. Désolée pour le Harry kawaii, c'était pas volontaire ;;;. Disons que je le vois bien en petite boule d'amour prêt à se raccrocher à la première personne lui montrant de la gentillesse… Ouais, bon, OK ça ne cadre pas trop avec Draco, ça… Harry peut être adorable, mais cela n'entache en rien son tempérament.
Love Draco Malefoy : Désolée pour l'attente. Je me rends compte que j'ai posté pour la dernière fois il y a 6 mois ;;;…
Eiwazenh : Désolée pour l'update version 56k ;;;;.
Ange-Jedusor : malgré son orgueil et sa mauvaise foi, Draco se sent coupable et ne pense pas mériter l'amour de Potter. Oui, je sais, c'est du Angst de bas étage, pardon -- ;.
Griselle : Non, tu as tout à fait raison. Harry ne fait pas preuve de générosité pour écraser Draco mais bien parce qu'il est comme ça, généreux. Il l'aime, il s'en fout du reste. Mais Draco vit tous ces gestes désintéressés comme des camouflets. Il ne pense pas mériter une telle clémence et se sent insulté. Un peu comme Snape qui détestait Potter père encore plus pour lui avoir sauvé la vie…
Oxaline : contente que ça t'ai plu !
Originee : Merci. J'espère updater plus vite la prochaine fois (on peut rêver d'avoir de l'inspiration…).
Yza : Merci. J'espère que la suite te plaira aussi.
Nami : Draco ment à Harry pour le protéger. Et, oui, c'est un gros crétin, je suis d'accord…
Serdra : ben si Draco s'était tué, on n'aurait plus de fic, non plus…
