Chapitre 14 : Dernière Danse
Le mois de décembre venait de commencer et avec lui les premières neiges. Le parc de Poudlard était recouvert d'une fine couche de neige lui donnant un aspect encore plus féerique que d'habitude. A la bibliothèque, assise juste à côté de la fenêtre, le regard pensif, Fauve jouait avec sa plume en sucre tandis que Remus continuait d'écrire son devoir de potion. Son ami avait plus de courage qu'elle, à cet instant Grey n'avait pas la folle envie de travailler mais plus de flâner. Elle adorait la neige, c'était juste beau et apaisant.
Noël approchait à grand pas ainsi que le bal qui se déroulerait dans deux petites semaines. Etonnamment, elle commençait à avoir hâte même si quelque part au fond de cœur, elle angoissait un peu. Pourquoi ? Eh bien toujours à cause de sa sœur qui serait sans doute présente au bal. Elle le savait, elle allait lui en faire baver, non seulement parce que leur mère était à l'hôpital mais aussi parce qu'il avait dû tout lui révéler. Désormais, elle devait tout savoir, c'était obligé et c'était presque étrange qu'elle n'ait pas encore eu les représailles d'Eileen.
Si seulement tout pouvait être plus simple, si seulement tout avait été différent, mais si ça avait été le cas, elle ne serait pas ici, face à Remus. Elle ne serait jamais venue au monde, alors au final, devait-elle remercier où non sa mère pour son erreur de jeunesse ? Elle n'en savait rien. Elle ne savait plus. Depuis son retour de chez ses parents et la triste vérité, elle se sentait perdue même si cela lui avait permis de comprendre cette douce haine qu'ils avaient envers elle. Cette comparaison perpétuelle avec sa sœur, lui reprochant tous les défauts du monde ou bien le fait qu'elle ne soit jamais assez bien à leurs yeux, tout cela avait un sens.
Néanmoins, à cause d'eux et de leurs agissements, elle se sentait mal, elle avait perdue confiance et maintenant elle se sentait comme une idiote, terriblement stupide. Elle n'aurait jamais dû les croire. Remus avait raison depuis le début, mais c'était trop tard, le mal était fait. Ils l'avaient peu à peu détruite et maintenant ils avaient finit de l'achever avec cette horrible histoire. Elle n'avait plus rien, point final. Elle n'avait plus de raisons d'espérer, un jour, avoir l'amour de ses parents. C'était terminé et cette cruelle désillusion la rendait amer. Oui, sa naissance était sans aucun doute maudite.
Elle fut alors sortit de ses pensées en entendant les portes de la bibliothèque s'ouvrir en grand et Sirius accourir vers eux sans tenir compte des occupants qui recherchaient le calme.
« Vous venez avec moi dehors ? On pourrait faire une bataille de boules de neige ! Proposa enjoué Sirius.
- Peu pour moi, je n'ai pas fini mon devoir de potion, marmonna Remus s'en relever la tête de son parchemin, d'ailleurs tu ferais bien de faire pareil, il est à rendre dans deux jours, avertit Lupin.
- Oh allez relax, deux jours sont amplement suffisant pour rendre ce devoir, dit-il en essayant d'attraper la plume de son meilleur ami pour le faire stopper.
- Laisse tomber, tu n'y arriveras pas, dit Remus avec un sourire malicieux, mais si tu veux de la compagnie, demande à Fauve, elle sera ravie de faire une bataille de boules de neige avec toi, n'est-ce pas ? Ajouta t-il à son encontre en la surprenant.
- Euh…C'est-à-dire que, pourquoi tu ne demanderais pas à James et Peter ? S'enquit la concernée.
- James est à son entrainement de Quidditch et Peter l'a suivi pour le regarder dans les tribunes, répondit Sirius. Je me sens esseulé tel une âme vagabondant sans but, tu serais charmante si tu venais à mon secours, souffla t-il en lui faisant les yeux du chiot battu.
- D'accord, soupira-t-elle en se retenant de sourire devant les expressions de Sirius. Allons –y pour cette bataille de boules de neige, déclara Fauve en rangeant ses affaires. Tu me dois une tablette de chocolat Remus, dit-elle en apercevant son petit air malicieux.
- Bien sûr compte sur moi, déclara t-il en lui faisant un clin d'œil, bonne après-midi. »
Espèce de traître, elle n'aurait jamais cru cela de Remus. Il l'avait lâchement abandonné aux mains de Sirius. Elle observa du coin des yeux Black qui paraissait tout joyeux et content d'avoir réussi à débaucher quelqu'un pour lui tenir compagnie. Il était incroyable et terriblement sociable derrière son air un peu aristocratique. Sirius n'était pas le genre de personne à supporter la solitude, il devait toujours faire quelque chose, bouger, agir sinon il déprimait. Plus les semaines et les jours passaient et plus elle appréciait sa personne. Oui, malgré tout ce qu'il avait pu lui dire et lui faire, elle avait réussi à lui pardonner, à tourner la page, alors pourquoi n'y arrivait-elle pas avec ses parents ? Pourquoi ?
« C'est magnifique toute cette neige, non ? Déclara Sirius en se retournant vers elle.
- J'adore la neige, entendre celle-ci craquer sous nos pas, la nature semble tellement en paix que c'est juste reposant, confia-t-elle en avançant doucement dans le parc.
- Miss Grey serait-elle légèrement rêveuse ? Nota Black en marchant plus rapidement qu'elle dans la neige.
- Peut-être, murmura-t-elle avec un doux sourire en rougissant légèrement, et vous Mr Black seriez vous un brin curieux ?
- Un brin ? Hum, sans doute, mais après tout c'est normal, je suis un Maraudeur dans l'âme et tu sais quoi ? Moi aussi j'adore la neige, juste pour ça… »
Fauve reçut alors une boule de neige en plein dans le visage, la laissant pantoise avant d'entendre le rire si typique de Sirius, ressemblant à un aboiement de chien. Alors comme ça il souhaitait débuter les hostilités. Elle se mordit quelque peu les lèvres tout en manipulant sa baguette pour créer plusieurs boules de neiges qu'elle envoya sans remord sur Sirius qui à son tour cessa de rire, s'étant fait surprendre.
« Hey ! Pas de baguette !
- Ah bon ? Je ne connaissais pas cette règle, s'étonna-t-elle d'un air innocent.
- Espèce de friponne tu vas me le payer ! Cria t-il en sortant sa propre baguette. »
C'est ainsi que commença leur bataille de boules de neige, leurs rires résonnèrent dans le parc tels des enfants retournant en enfance, se coursant l'un après l'autre dans la joie et la bonne humeur. Le souffle court, les cheveux remplis de parcelles de neiges, les pommettes rouges, Sirius s'amusait comme un petit fou avec elle, surprit qu'elle se soit prise au jeu avec lui.
Fauve le vit caché derrière un arbre, la cherchant du regard mais celle-ci était juste dans son dos en train de constituer une énorme boule de neige.
« Sirius, l'appela-t-elle avant de le lui lancer en plein dans le visage tandis qu'elle éclata de rire devant son air abasourdit.
- Décidément Miss Grey, je crois qu'une punition s'impose, attend que je t'attrape ! Déclara le concerné en se mettant à courir après elle. »
Seulement elle galopait incroyablement vite et il avait du mal à la suivre. C'est alors qu'il eut une idée ingénieuse et digne d'un Maraudeur. Un fin sourire s'étira sur ses lèvres avant qu'il ne fit semblant de trébucher et de tomber à la renverse dans la neige. Il l'entendit alors l'appeler et revenir sur ces pas pour s'agenouiller face à lui.
« Tu t'es fait mal ? Demanda-t-elle inquiète en lui tendant une main pour l'aider à se relever.
- Non pas du tout, la rassura-t-il en attrapant sa main, non pas pour se remettre debout mais pour l'attirer vers lui, la poussant à son tour dans la neige. Alors ? Qui à gagné ?
- Espèce de fourbe, tu as triché, déclara Fauve en faisant la moue, allongée dans la neige. »
Elle vit alors Sirius se relever, heureux d'avoir réussit mais c'était sans compter sur Grey qui ne souhaitait pas en rester là ! Elle attrapa son bras pour tenter de le faire tomber à nouveau malheureusement il avait plus de force qu'elle et celui-ci l'entraîna dans sa chute. Fauve se retrouva au dessus de lui, toute essoufflée par ses efforts.
« Désolée, murmura-t-elle se retrouvant face à ces yeux rieurs.
- Ça ira, la neige à bien amortit notre chute, certifia le concerné en prenant le temps de la regarder, de détailler son visage rougit par le froid.
- On se rentre, on va attraper froid…
- Attend, lui demanda t-il en la voyant se relever. Tes yeux ?
- Oui ? Qu'ont-ils mes yeux ?
- Ils sont marrons avec des reflets ambrés, c'est joli, avoua-t-il en surprenant son amie.
- Oh, bah merci, les tiens sont pas mal aussi, rétorqua-t-elle en finissant par se relever, quelque peu gênée. On rentre à la tour pour se changer ? »
Pour seule réponse Sirius hocha de la tête, étonné qu'elle réagisse aussi simplement devant un compliment. Elle était rigolote avec ces réactions surprenantes. Parfois elle se mettait à rougir pour très peu comme toute à l'heure avec sa remarque sur le fait qu'elle était rêveuse et là, absolument rien. C'était mignon. Oui, décidément elle devenait de plus en plus intrigante et il avait vraiment envie de pousser plus loin son exploration sur ces petites mimiques. Peut-être que Remus, la connaissant depuis plus longtemps, en avait-il noté d'autres chez elle ? Il allait devoir lui en parler. En attendant, un retour à leur dortoir s'imposait avec leurs vêtements mouillés.
« Fauve, l'appela t-il, tu as de la neige dans tes cheveux, la prévint-il en la voyant rougir à nouveau tandis qu'elle tentait de retirer la neige. »
Sirius sourit quelque peu amusé par son comportement, oui, décidément Fauve Grey était une personne vraiment unique en son genre et il aimait cela…
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Deux semaines étaient passées, le bal de noël était pour ce soir, tout le monde se préparait, s'habillant de leurs plus belles tenues, se pomponnant, se coiffant un peu plus différemment que d'habitude, se maquillant, se parfumant.
Pendant ce temps-là, Sirius, James, Remus et Peter attendaient patiemment dans la salle commune leur cavalière respective. Celles de Peter et James ne tardèrent pas, élégamment habillées, elles passèrent leurs bras sous celui de leur cavalier qui les emmenèrent vers la grande salle. Au passage, James fit un clin d'œil à ses amis qui attendaient toujours Fauve.
Sirius tournait en rond tel un lion en cage, ne cessant de jeter des regards furtifs vers l'escalier infranchissable qui menait au dortoir des filles. Que faisait-elle ? C'était la dernière des filles de la tour, à tous les coups elle n'allait pas venir et leur poser un lapin au dernier moment.
C'est alors qu'ils entendirent la porte s'ouvrir dans un petit grincement laissant passer une tête qu'ils connaissaient très bien. La jeune fille ne cessait de tirer sur le rebord de sa robe noire comme ci elle allait se rallonger. La tête basse, elle s'avança dans l'escalier en colimaçon qu'elle descendit gracieusement. Remus donna un coup de coude dans les côtes de Sirius en voyant son ami la bouche grande ouverte.
Fauve arriva à leur hauteur, n'osant pas relever la tête, se triturant les doigts ou bien replaçant une mèche de cheveux qui se voulait rebelle. Elle ne portait aucun maquillage. Elle était au naturelle comme à son habitude mais la voir dans cette robe courte, les épaules dénudées, le cou libre de tout cheveux avec son chignon relevé suffisait à le perturber. Sa peau était laiteuse et paraissait si douce. La robe bustier laissait entrapercevoir la naissance de sa poitrine et Sirius se sentait de plus en plus prit au dépourvu. Il pouvait sentir son sang pulser et son cœur battre à tout rompre. Il déglutit à moitié, replaçant une mèche de ses cheveux comme pour se donner de la contenance.
Elle était juste belle.
Son regard glissa sur ces jambes découvertes et il dût se mettre une gifle mentalement quand des images et des idées saugrenues commencèrent à s'installer dans son esprit. Pardi ! Qu'avait-il ? Etait-ce ses hormones qui travaillaient ?
Il se racla alors la gorge faisant relever la tête de son amie qui plongea son regard noisette dans le sien et là, s'en fut finit de lui. Il se sentit défaillir.
Elle était juste délicieuse.
A croquer.
Il devait dire quelque chose, émettre un son, la rassurer, l'encourager à venir avec eux mais Remus le devança en s'avançant vers elle.
« Tu es magnifique Fauve ! »
Quelque part cela rassura Sirius d'entendre son ami le dire, son attitude était donc normal. Il n'y avait rien d'étrange à ce qu'il la trouve belle. Un soupir de soulagement s'échappa d'entre ses lèvres avant qu'il ne rejoigne la Gryffondor, lui offrant à son tour son bras.
« Merci, murmura-t-elle en rougissant sans qu'il ne comprenne. Je, désolée du temps que j'ai mis à descendre, c'est juste que, je trouvais la robe un peu courte…
- Tu es parfaite, assura Sirius en souriant, tout le monde va nous envier d'avoir une aussi jolie cavalière. »
Pour seule réponse il la vit se mordre les lèvres lui donnant une envie irrésistible d'y toucher. Qu'est-ce qu'il lui prenait à la fin ?
« C'est moi qui aie beaucoup de chance de vous avoir, dit Fauve en alternant son regard entre Remus et Sirius, vous êtes beaux, confia-t-elle en déposant un baiser sur leur joue, chacun leur tour. »
C'est ainsi que tous les trois se dirigèrent vers la grande salle magnifiquement décorée de sculptures de glace ici et là ou bien de grands sapins. Les tables étaient dispersées de chaque côté de la pièce pour laisser place à une grande piste de danse et une scène pour le groupe à venir. Fauve releva la tête vers le plafond magique qui laissait tomber des flocons de neiges fondant à leur contact. C'était juste sublime. Elle sentit alors un souffle chaud contre son oreille et la voix de Black lui murmurer :
« Compte sur nous ce soir pour te faire des souvenirs irremplaçables. »
Elle se l'était promit, ce soir, au diable les soucis, au diable sa sœur, elle voulait profiter, croquer à pleine dent cette soirée avec eux, juste oublier un temps. Etre une jeune fille comme toutes les autres, danser, boire, rire, discuter et surtout rêver.
Sirius lâcha subitement Fauve pour rejoindre James et Peter installés à une table, la cavalière de James semblait quelque peu désappointée et pour cause, il ne cessait de regarder un point fixe qui n'était autre que Lily Evans. En même temps, la plupart des garçons de cette école paraissaient tourner la tête vers elle. Lily était juste sublime dans cette robe verte faisant ressortir ces yeux et la couleur de ces cheveux. Elle était au bras d'un Serdaigle et celui-ci semblait particulièrement ravit de l'attention portée sur sa partenaire, bombant légèrement le torse.
Elle sentit alors Remus l'emmener vers la dîtes table, ne baissant pas la tête contrairement à son habitude, elle put clairement voir plusieurs regards se retourner sur son passage la mettant mal à l'aise. Elle raffermit sa prise autour du bras de son ami, se blottissant quelque peu contre lui comme pour se redonner du courage, sentant toutes ses bonnes résolutions s'envoler à chaque pas effectués.
Le trajet entre les portes de la grande salle et leur table lui parut interminable, arriver à celle-ci, Fauve put clairement sentir le regard des deux cavalières alterner entre elle, Sirius et Remus. Il était évident que sa place faisait des envieuses. Mauvaise idée, elle allait s'attirer les foudres des filles en s'affichant de la sorte avec eux. Elle aurait dû y penser. D'autant plus qu'à côté d'elles, voir même de Lily qui avait un charme inexplicable, elle faisait petite fille.
Elle fut alors sortit de ses pensées par la voix de Dumbledore qui ouvrit le bal de noël en invitant le groupe à venir sur scène. Sans tarder, ils débutèrent une valse très connue le Beau Danube Bleu de Johann Strauss.
« Miss Grey, m'accorderiez-vous cette première danse ? Demanda Sirius en la surprenant. Désolé mon ami, mais je te devance, ajouta-t-il à l'encontre de Remus.
- Eh bien, je crois que je n'ai pas le choix, répondit le Maraudeur en se tournant vers la jeune fille. Fauve, je te laisse en sa compagnie mais la prochaine est pour moi, affirma Lupin en se retirant.
- Attend Sirius, dit-elle en lui attrapant le bras, je ne sais pas danser la valse, le prévint-elle en apercevant quelques couples entrer en piste, comme par hasard des Sangs-purs.
- Et alors ? Peu importe, tu n'auras qu'à suivre mes pas, répondit-il avec un sourire encourageant.»
Sans qu'elle ne puisse rajouter quoi que ce soit, Sirius l'emmena vers la piste, prenant sa main dans la sienne, posant son autre main dans le creux de son bassin. Il avait fier allure et tout d'un aristocrate au sang-pur à cet instant. Droit comme un I, la tête légèrement relevée, il s'élança progressivement avec elle. Au commencement, elle était tendue comme un arc dans ses bras, elle finit par se relaxer et ne plus penser aux pas, se laissant emmener par Sirius qui prenait soin de ne pas y aller trop vite ou presque…
Black posa alors deux mains autour de sa taille et se prépara à la soulever. Ils tournèrent ainsi sur eux même avant de la reposer au sol, reprenant leur précédente pose. Néanmoins, plus le temps s'écoulait et plus Fauve commençait à trouver cela divertissant d'être ainsi soulevée, riant sous les yeux amusés de Sirius qui prenait un grand plaisir à danser avec elle. Se moquant des regards réprobateurs qu'ont pouvaient leur porter. C'était cela qu'il aimait en Fauve son naturel. Il aimait voir ses yeux pétiller de bonheur plutôt que ce regard triste et vide. Il voulait la faire rire et sourire, c'était son défi de la soirée et foi de Maraudeur, il réussirait parce qu'il lui devait bien cela.
« Ils ont l'air de s'entendre de mieux en mieux ces deux là, constata James à l'encontre de Remus qui les observait.
- En effet, affirma Lupin avec un sourire sur les lèvres en les voyant autant s'amuser.
- Je me suis toujours dis qu'ils se ressemblaient énormément, confia le jeune Potter les bras croisés. Ne dit-on pas qui se ressemble s'assemble ?
- Voilà que tu te mets aux dictons, ria Remus en se retournant vers son ami. Serait-ce Lily qui te met en émoi ? Remarqua-t-il en touchant droit au cœur.
- Rappelle-moi que tu es sans doute le pire de nous tous, vil Maraudeur, marmonna James sans sa barbe naissante. Je ne suis pas le seul à la…
- Dévorer des yeux ? Le coupa Remus en s'attirant l'ébahissement du Gryffondor. Non sans doute pas, mais au point de délaisser ta cavalière qui semble bouillir sur place, oui, tu es le seul.
- J'y peux rien, elle est tellement, enfin tu vois, fit James en passant une main dans ses cheveux qu'il mit plus en bataille si cela était possible.
- Non je ne vois pas, Lily est une amie pour moi, rien de plus, je peux reconnaître qu'elle est très jolie ce soir mais toi, je peux t'assurer que tu sembles totalement sous son charme, avoua Lupin en continuant d'observer ses deux meilleurs amis en train de danser.
- J'ai bien envie d'aller l'inviter à danser, avoua James enjoué à cette idée qu'il trouva brillante.
- Je serais toi, je m'occuperais de ta cavalière et laisserait Lily tranquille, tu vas t'attirer ces foudres, avertit Remus anxieux.
- Oui mais elle n'est pas avec Servilus, peut-être ais-je une chance ? Nota le brun à lunettes en décroisant ses bras prêt à mettre son idée en action.
- Euh, je ne suis pas aussi sûr que toi, je te rappel qu'elle te déteste, ce sont ces mots, précisa le loup garou.
- Oui mais c'était sur le coup de la colère, je suis certain qu'elle regrette maintenant, allez souhaite moi bonne chance ! Lança t-il en s'en allant vers la rouquine. »
Remus entendit alors une chaise tomber violemment derrière lui, cela sembla de trop pour la cavalière de James qui s'en alla sans prévenir rejoindre un groupe de filles. Au même moment, le Maraudeurs entendit des cris venant du fond de la salle, ce n'était pas faute de l'avoir prévenu. C'est alors qu'il vit Fauve et Sirius s'arrêter de danser, se dirigeant vers lui, le sourire aux lèvres et les yeux brillants. Cela faisait du bien de les voir ainsi tous les deux. Oui, James avait peut-être raison pour une fois.
« Hey Rem's je te confie notre cavalière, dit Sirius en lui donnant sa main.
- Mais moi aussi je veux boire quelque chose, tenta Fauve en se faisant de nouveau emmener sur la piste par Lupin.
- Pas de repos pour toi très chère, ricana Sirius en lui faisant un clin d'œil. »
C'est ainsi que pendant une bonne partie de la soirée, la jeune Grey alterna ces danses entre Remus et Sirius, ne lui laissant aucun répit. Elle devait avouer que ces chaussures commençaient à lui faire mal aux pieds mais elle prenait tellement de plaisir avec eux. Riant aux éclats quand Sirius la faisait tourner jusqu'à en perdre l'équilibre. Elle voulait que cette soirée ne s'arrête jamais. Elle resterait à jamais graver dans sa mémoire.
De la valse, ils passèrent à du Rock endiablé puis à du Disco pour au final arriver sur des Slows. Fauve demanda alors un temps mort pour se reposer, heureusement ils acceptèrent à son plus grand soulagement. C'est ainsi qu'elle se dirigea pieds nus, toute guillerette, le chignon lâche vers la table où James semblait s'apitoyer sur son sort tandis que Peter discutait avec sa cavalière. Elle posa ces chaussures au sol puis s'installa sur une chaise où elle prit un grand verre de jus de citrouille ainsi que quelques mignardises. Remus et Sirius firent de même se retrouvant ainsi tous autour de la table.
« Allez James ne soit pas aussi dépité, une de perdue, dix de retrouvée ! S'écria Sirius en mangeant un gâteau. Il y en a plein qui attendent d'être ta cavalière.
- Je m'en moque que ma cavalière soit partit, bougonna le concerné. Je voulais que Lily accepte de danser avec moi au lieu de ça, elle m'a giflé.
- Tu parles d'Evans ! S'étrangla Sirius scandalisé en l'entendant l'appeler Lily. Tu es tombé sur la tête, on parle bien de la même fille ? Celle qui est amie avec l'autre graisseux et qui nous fait la morale à tout va ? Non parce que là, j'ai dû manquer un chapitre et l'auteur va devoir m'en informer très rapidement s'il ne veut pas que je fasse un arrêt cardiaque et que…
- Bien entendu que je parle de Lily Evans ! S'insurgea James en lançant un regard assassin à son meilleur ami.
- C'est une blague ! Supplia Black choqué de voir son ami dans cet état pour la rouquine.
- Non ! Rétorqua Potter avec assurance.
- Elle est rouquine ! Dit Sirius dans une tentative désespérée.
- Et alors ?
- Eh bien, je ne sais pas, mais, mais, mais enfin, merde quoi ! On parle de Lily Evans c'est tout ton opposé !
- Je connais un dicton qui dit que les opposés s'attirent, révéla Remus amusé en voyant le regard noir de Sirius et James, mais pas pour les mêmes raisons.
- C'est sérieux là Rem's ! Rappela Black.
- Je le suis aussi, assura Remus en ne perdant pas de sa superbe.
- Non mais franchement, de toute façon tu finiras par te lasser d'elle et de son tempérament de feu, c'est évident ! Affirma Sirius sûr de lui en se goinfrant d'un autre gâteau.
- Arrête de t'égosiller, James fait ce qu'il veut, dit Fauve en buvant tranquillement son verre.
- Je ne m'égosille pas, répéta le concerné doublement plus choqué que leur amie s'y mettre aussi. Je dois rêver, ça doit être cela, se rassura Sirius en se pinçant la peau mais cela ne fonctionna pas. Fichtre ! Alors c'est la réalité ? »
Ils éclatèrent tous de rire en voyant la mine dépitée de Sirius. Qu'il était bon de rire et d'être insouciant. Malheureusement toutes les bonnes choses avaient une fin et celle-ci arriva prématurément quand Fauve entendit une voix derrière elle. Une voix qu'elle aurait pu reconnaître entre-mille Eileen.
« Tu n'as vraiment aucune moralité ! Cracha-t-elle en faisant retourner Fauve et le reste des Maraudeurs. Comment peux-tu autant t'amuser espèce de sale bâtarde ! Révéla son aînée en blessant au plus haut point Fauve qui perdit tout sourire.
- Dégage de là Grey ! Ordonna Black en se levant.
- Notre mère est à l'hôpital et toi, tu ries aux éclats avec eux, n'as-tu aucune fierté ? Continua-t-elle malgré l'avertissement de Sirius.
- Qui es-tu pour me faire la morale ? Rétorqua la concernée en se levant pour toiser la Serdaigle. Toi aussi tu participes au bal, je te retourne donc la question Eileen, que fais-tu ici, si tu juges que je n'ai aucun droit de m'amuser ? Qu'est-ce qui te le permets à toi ?
- Un jour, je te ferais ravaler tes paroles de petite garce. Je te remettrais à la place qui te prévaut, tu sembles l'avoir oublié, mais moi non, tu es une tâche sur le tableau de famille, lui murmura-t-elle à l'oreille, le sourire machiavélique.
- Si tu crois m'insulter, sache qu'au passage tu insultes aussi notre mère, alors mesure tes paroles, ma très chère sœur ! Siffla Fauve en fermant ses poings.
- Je ne suis pas ta sœur ! Cingla-t-elle en poussant violemment Fauve sur la table qui la fit basculer, tombant à terre alors que les morceaux de verre égratignèrent sa peau.
- Dégage ! Murmura sombrement Sirius en attrapant son poignet qu'il tordit. Je n'ai pas pour habitude de faire mal aux filles, mais tu n'es pas la bienvenue ici, toi et ta langue de vipère, ajouta t-il en accentuant sa prise autour de son bras.
- Lâche-là Sirius, soufflèrent Remus et James en chœur en le voyant perdre pied.
- Ais-je été clair cette fois-ci ? Dit-il en ignorant les conseils de ces amis.»
Pour seule réponse Eileen s'arracha de s'en emprise, ne pouvant s'empêcher de frissonner quelque peu, là à cet instant précis, il faisait peur. Ses yeux étaient aussi durs que de l'acier. Non décidément, Black n'était pas à prendre à la légère, elle le sentait capable de protéger cette petite bâtarde. Ce n'est pas grave, elle aurait d'autres occasions, ce n'était que partie remise. Elle lança un dernier regard mauvais au groupe totalement stupéfait du revirement de situation tandis que Remus aidait Fauve à se relever, la faisant asseoir pour regarder ces plaies au niveau des jambes et des avants bras.
« Je pense qu'il vaudrait mieux aller à l'infirmerie, certaines coupures paraissent profondes et du verre semble s'y être logé, confia Lupin. Te sens-tu capable de marcher ?
- Je suis tellement désolée, chuchota-t-elle perdue dans ses pensées. J'ai encore tout gâché, pardon…
- Hey, dit Sirius en s'agenouillant à sa hauteur, ne dit pas pareille bêtise, c'est ta sœur qui a tout gâché, pas toi !
- Ce n'est pas ma sœur, réfuta-t-elle douloureusement.
- Je te comprends, moi aussi je ressens parfois la même chose avec Regulus mais…
- Non, dit-elle en se relevant brusquement. Vous ne comprenez pas, je, je, je suis née d'un adultère, révéla-t-elle en laissant sans voix ses amis. Eileen est ma demi-sœur. Je, je ne suis pas une Grey, je, je ne suis rien, lâcha-t-elle subitement en sentant sa gorge se serrer.
- Miss Grey ? Appela MacGonagall en posant une main sur son épaule qui la fit sursauter. On m'a avertit qu'un incident s'était produit, vous semblait avoir besoin de soins, Mme Pomfresh va s'en occuper, dit-elle en observant son élève qui paraissait interdite. Eh bien, aidez-là, dit-elle à l'encontre des Maraudeurs qui réagirent un tant soit peu à l'ordre de leur directrice. Je veux savoir ce qu'il s'est produit et… »
Fauve ne put entendre la suite en sentant une main envelopper la sienne et l'emmener loin de la grande salle, la main de Remus. Elle put entendre très distinctement qu'une autre personne les suivait, sans aucun doute Sirius. La tête basse, elle n'osait pas relever la tête pour rencontrer le regard de Remus ou celui de Sirius.
Non, elle ne voulait pas voir leur déception.
Elle ne voulait pas voir leur visage emplit de pitié.
Encore une fois, elle avait interrompu une soirée qui se déroulait merveilleusement bien.
Encore une fois, ils prenaient de leur temps pour être avec elle.
Combien de temps cela durerait avant qu'ils ne se lassent d'elle ?
Pourquoi le sort s'acharnait-il ainsi sur elle ?
« Fauve ? Fauve ? L'appela Remus s'étant arrêté en l'entendant respirer avec difficulté. »
La concernée croisa alors le regard ambré de son meilleur ami, elle n'y vit aucune déception, aucune pitié, aucun jugement, juste une grande sincérité, de l'inquiétude et de l'amour. Elle était stupide, terriblement idiote de douter ainsi de Lupin. Un rire rauque s'échappa d'entre ses lèvres, portant une main sur ses yeux, ses jambes tremblaient et les larmes coulaient silencieusement sur son visage. Elle sentit alors une main se poser sur sa tête, la forçant à s'appuyer contre son épaule à lui. Elle reconnaîtrait son odeur entre mille pour avoir danser tant de fois avec lui ce soir. Il ne disait rien depuis tout à l'heure mais ce simple geste la libéra et pour la première fois depuis longtemps, elle craqua.
Elle pleura, réellement.
Elle sanglota contre son torse, s'accrochant à la chemise de Sirius tandis que la main de Remus lui frottait gentiment le dos.
« Allez viens, rendons nous à l'infirmerie, encouragea le loup-garou. »
Pour seule réponse, elle hocha la tête, ne pouvant se détacher de Sirius, trop honteuse de montrer son visage. Celui-ci cru le comprendre car elle sentit ces mains la soulever et la porter lui demandant de mettre ses mains autour de son cou. Sans réfléchir, elle le fit et enfouit son visage dans le cou de celui-ci jusqu'à ce qu'ils arrivent au lieu médical. Mme Pomfresh leur sauta littéralement dessus en leur ordonnant de l'installer sur un lit pour examiner ces blessures. Sirius la posa délicatement sur le lit tandis qu'il prit place sur celui d'en face avec Remus. Le silence était total. Chacun d'eux étant dans leurs pensées pendant que la sorcière s'agitait dans tous les sens pour soigner Fauve avec des baumes tout en retirant quelques petits morceaux de verres dans ses avants bras.
Remus était choqué.
Il comprenait enfin pourquoi ces parents faisaient tant de différence entre Fauve et Eileen. Cette façon de se conduire et d'agir avec elle. Cette vérité était si cruelle et si logique. Après tout, Eileen était blonde ainsi que ces parents. Fauve était auburn. Certes la génétique pouvait faire des surprises mais là, tout paraissait si évident. Le pire, c'est qu'elle avait gardé ça pour elle jusqu'à maintenant. Comment avait-elle fait pour ne pas être dévastée durant ces dernières semaines ? Quand allait-elle apprendre à se reposer sur eux ? Quand allait-elle leur faire définitivement confiance ? Combien de temps leur aurait-elle caché la vérité si cette pimbêche n'était pas venue cracher son venin ? Combien de temps ? Lupin tourna alors la tête vers Sirius qui paraissait bouillir intérieurement. Il avait ce regard dur qui démontrait à quel point il était en colère.
Sirius était furieux.
En colère après Eileen qui avait tout gâché de cette soirée qu'il avait voulue mémorable pour elle. Elle aurait mérité qu'il la gifle cette petite blondasse ! Encore une fois c'était Fauve qui en pâtissait et celle-ci reprenait de nouveau tout sur ces épaules. Pourquoi était-elle ainsi ? A cet instant, il s'était vu en elle. Il avait compris ce dont elle avait besoin de réconfort, de contact, de chaleur humaine. Les mots ne servaient à rien. Quoi lui dire ? Que tout irait mieux ? Qu'elle devait tout oublier ?
Non, se serait lui mentir, rien n'irait en s'améliorant parce qu'elle allait devoir retourner chez elle aux vacances et ce reprendre cette sordide histoire dans le visage. Elle n'oublierait pas, parce que c'était le genre de blessure qui ne se refermait jamais. Elle allait devoir apprendre à vivre avec, comme lui, comme Remus. Cependant, désormais il la savait courageuse, elle réussirait. Peut-être pas de la meilleure façon qui soit, mais avec eux à ces côtés, ils l'aideraient à aller de l'avant.
Sirius croisa alors le regard de Remus et comme un accord tacite, ils s'en firent la promesse.
Promesse de Maraudeur.
« Voilà, si vous le souhaitez, vous pouvez retourner au bal, il faudra juste passer de cette pommade durant trois jours pour que tout se referme intégralement, déclara l'infirmière en tendant le petit pot de crème à Fauve qui le prit.
- Merci, dit-elle en faisant un maigre sourire. »
Pour seule réponse Mme Pomfresh lui rendit son sourire. Grey se releva, suivit de Remus et Sirius, ils sortirent du lieu médical, marchant dans le couloir menant à la grande salle. Arrivés devant les grandes portes, ils étaient tous les trois perplexes, ne sachant que faire. Un malaise persistait entre eux.
Fauve était gênée d'avoir pleuré contre Sirius et salit sa chemise, souhaitant rentrer à son dortoir pour y dormir et oublier cette fin soirée désastreuse.
Remus, lui, avait des questions plein la tête, il voulait savoir ce que les parents de Fauve lui avait dit et révélé lors de ce séjour, mais il doutait que se soit le moment, encore faille-t-il qu'il y en est un…
Sirius, lui, souhaitait retourner dans la grande salle, il ne voulait pas laisser cette soirée se terminer sur un mauvais souvenir. Il voulait lui offrir une dernière danse.
« Je ! Dirent-ils en chœurs en s'interrompant tous embarrassés. »
Contre toute attente, surprenant Remus et Fauve, Sirius prit les devant en prenant la main de son amie dans la sienne, l'emmenant dans la grande salle où la musique résonnait encore. Il ne restait plus que deux ou trois couples sur la piste et bons nombres d'élèves s'étaient déjà dispersés. S'il lui avait demandé, elle lui aurait dit non. Sauf que lui, en avait envie et ne souhaitait pas lui laisser le choix. Sans préavis, il stoppa net sur la piste et se retourna vers elle, plongeant ses yeux gris dans les siens en lui murmurant
« Accorde-moi cette dernière danse, tu me dois un slow, dit-il en enveloppant sa taille de ces mains. »
A cet instant Fauve sembla trop abasourdit pour répondre quoi que se soit. Sirius avait ce don de surprendre constamment avec son impulsivité hors du commun. Elle n'avait pas cru que Black lui demanderait une dernière danse. Certes ils n'avaient pas encore dansé de slow mais quelle importance ? Les slows étaient pour les couples, ils n'en étaient pas un.
Juste des amis.
Rien de plus.
Alors pourquoi son cœur tambourinait étrangement dans sa poitrine ? Pourquoi se sentait-elle subjuguée par ces yeux ? Par sa voix ? Ou bien était ce le fait de sentir ses mains sur sa taille ? Dans tous les cas, il semblait y tenir, son regard était déterminé, après tout, elle pouvait bien lui céder cette demande, il avait été là pour elle, sans lui poser aucune question. Elle hocha simplement de la tête glissant ces mains autour de sa nuque.
(Where Is My Love - Album My Indigo Sharon den Adel)
My mama said he'd love me, right down to the bone
My mama said he'd hold me, and never let me go
but no more, no no more, no more
Pour la dernière fois, elle se laissa emmener par Sirius et la musique. Elle ferma les yeux, savourant ce moment que lui offrait son ami. Elle voulait juste oublier un instant, un court instant ce week-end. Les paroles de son père. Les paroles de sa mère sur son lit d'hôpital lui demandant de comprendre son mari, de comprendre leur comportement avec elle. Seulement c'était cruelle, terriblement cruelle. Jusqu'au bout ils s'étaient moqués de ses sentiments, ne se souciant pas de ce qu'elle avait pu ressentir durant ces années.
Why am I here to protect you,
here to defend you,
I don't know anymore
no I don't know no, no I don't know
Why I'm here to perfect you,
here to believe you
I don't know anymore
where is my love,
where is my love…..yeah
my mama said, my mama said my, my mama said, my mama said
Fauve plongea alors son regard noisette dans celui de Sirius, glissant ses mains sur son visage, cherchant à s'accrocher à lui, tel une bouée de sauvetage. Oui, sa mère lui avait dit des choses horribles, la martelant un peu plus que nécessaire, que sa naissance n'était qu'une erreur de parcours, de jeunesse. Un égarement de sa part pendant que son couple battait de l'aile après la naissance d'Eileen, puis elle était revenue vers son mari, elle s'était alors rendu compte qu'elle était enceinte, pensant que cela pouvait être de lui. Erreur, encore une fois.
My mama pushed my head up and said never let it show
My mama said loves fooled me, but you're not alone
So no more, no no more, no more
Sirius la rapprocha de lui, collant leur corps l'un contre l'autre, pouvant parfaitement sentir sa chaleur, son odeur, la douceur de sa peau quand il remonta ces mains dans le milieu de son dos. Il l'avait vu, son regard tourmenté. Il voulait lui faire sentir qu'il était là. Qu'elle n'était pas seule. Elle ne le serait jamais, plus jamais. Il voulait juste la protéger avec Remus.
Why am I here to protect you, here to defend you
I don't know anymore, no I don't know.. no
no I don't know..
Why I'm here to perfect you, here to believe you
I don't know anymore, where is my love
my mama said, my mama said my, my mama said, my mama said my,
Fauve se sentait en sécurité dans ses bras, comme à chaque fois, appréciant chacun des pas effectués avec lui. Il pouvait être si tendre quand il le voulait. Si affectueux, s'en rendait-il compte ? Elle en doutait, elle ne regrettait pas de lui avoir accordé cette danse, il la faisait se sentir bien alors que si elle était retournée à son dortoir, elle aurait encore pleuré, fait une crise d'angoisse. Encore une fois, il était là pour elle. Quand le serait-elle pour lui ? Quand pourrait-elle lui rendre ce qu'il lui donnait ?
It's a man's world that where we are living in
and it's careless and it's cold
Our children will reap, reap what we sow
To every father and son,
every brother and friend
bring this curse to an end...
my mama said, my mama said my, my mama said, my mama said my,
Oui, Sirius avait mérité son pardon contrairement à sa famille qui ne pourrait jamais l'obtenir. Elle en était incapable, trop blessée. Sa mère avait même eu l'audace de lui dire de se méfier des hommes et de leur amour. Sauf qu'elle n'avait aucune leçon à recevoir de sa part. Elle qui avait trompé, mentit puis haït sa propre chair. Elle pouvait être sur un lit d'hôpital entrain d'agoniser parce qu'elle l'avait mise au monde, c'était de sa faute. Tout était de sa faute. C'était son erreur pas la sienne malgré ce qu'ils essayaient de lui faire croire.
Why am I here to protect you, here to defend you
I don't know anymore, no I don't know.. no, no I don't know..
Why I'm here to perfect you, here to believe you
I don't know anymore, where is my love
where is my love…..yeah
my mama said, my mama said my, my mama said, my mama said my,
Fauve avait enfoui son visage dans le cou de Sirius tandis que celui-ci humait le parfum délicat de ses cheveux. Il n'avait pas envie que la chanson cesse, comme la dernière fois. Parfois, il se sentait troublé par sa présence sans en saisir le sens. Elle n'était qu'une amie et pourtant, elle avait ce don de le faire défaillir quand elle venait à poser ses yeux sur lui. Etait-ce normal ? Est-ce que Remus ressentait aussi cela ?
Where is my love
My mama said he'd love me
La musique cessa, le groupe commença à ranger leurs instruments tandis que les derniers couples s'en allaient. Fauve et Sirius restèrent un moment front contre front, yeux dans les yeux, ses mains posées sur son torse, les siennes entourant sa taille, souffle contre souffle. La magie semblait pétiller dans l'air, ne se souciant aucunement de ce qui les entourait. Ils étaient dans leur bulle, dans leur monde propre à eux, elle le savait, elle le sentait, tant qu'elle était dans ses bras, rien ne pouvait lui arriver. Elle était juste bien.
« Je ne voulais pas que tu quittes ce bal sur un mauvais souvenir, confia Sirius en ne la lâchant pas du regard. Tu n'es pas seul, lui souffla t-il, désormais nous sommes ta famille. Tu n'es pas rien, tu es Fauve et peu importe ton nom, ce n'est pas cela qui retire ton existence à nos yeux, assura Black en glissant un doigt sur sa joue.
- Je…Merci, murmura-t-elle en fermant les yeux comme pour mieux apprécier le contact.
- Remus n'en pense pas moins, ajouta t-il en observant Lupin non loin de la piste. Alors, ne nous cache plus rien, nous serons toujours là pour toi, n'en doute jamais, jamais…
- Promis, dit-elle en croisant ses yeux gris, émue par ces paroles. »
Sirius hocha de la tête, l'emmenant rejoindre Remus qui l'enlaça comme pour lui montrer son réconfort et son soutien. Non, elle n'était plus seule, désormais elle avait des amis, des amis en or…
•o•o•o•o•o•o•o•o•o•o•o•o•
Plusieurs mois étaient passés depuis le bal de noël, la neige avait fondue laissant place aux fleurs, aux arbres en feuille et la douce chaleur du soleil. Suite à l'incident du bal, Eileen avait été convoquée par la directrice de Gryffondor, lui retirant une centaine de point et l'envoyant en colle avec Rusard durant les trois semaines suivantes pour son comportement qualifié « d'inacceptable ».
Autant dire que la demi-sœur de Fauve était littéralement furieuse contre les Maraudeurs pour l'avoir dénoncé. Seulement, Sirius et Remus n'avaient absolument pas peur d'elle et s'ils venaient à savoir qu'elle s'était à nouveau défoulée sur Fauve, ils se feraient un plaisir de lui faire une petite blague dont ils avaient la connaissance. L'un comme l'autre était devenu protecteur envers la jeune fille. Ils n'avaient pas osé lui reparler de ce qu'elle avait pu leur confié le jour du bal pour avoir de plus amples explications. Ils en savaient déjà bien assez pour comprendre son état d'esprit. Sirius avait remarqué que plus ils se rapprochaient des vacances d'été, plus elle semblait morose, comme lui.
Assis derrière son bureau, écoutant vaguement le cours de sortilèges, il porta son regard vers la fenêtre. La pleine lune était pour ce soir et comme à chaque fois, ils fileraient vers leur repaire pour y faire leur apprentissage d'Animagus. Il s'apercevait bien que Remus se posait de plus en plus de questions quant à leur étrange comportement, mais ils n'avaient pas le choix que de le lui cacher. Sinon, il aurait été capable de les en dissuader comme quoi c'était trop dangereux.
Oh bien sûr, ça l'était mais pour Remus ça en valait la chandelle. D'autant plus qu'ils s'approchaient de plus en plus de leur but, James avait pu, lors de leur dernière séance, apercevoir sa forme plus ou moins distinctement. Ils étaient sur la bonne voie, ce soir ils connaîtraient enfin leur forme animale. Sirius se l'était promit. Il en avait marre de méditer comme un crétin, il voulait passer à la pratique.
Soupirant une énième fois au cours de Sortilèges, James glissa un papier sous les yeux de Sirius qui put y lire Arrête de soupirer ainsi, qu'est-ce que tu as à la fin ?
Le concerné prit une plume et lui répondit J'en ai marre de ce cours, je veux être à ce soir.
Parle pour toi, je doute que Remus te réponde la même chose.
Sirius jeta un œil à son ami qui paraissait bien mal en point, lui arrachant une grimace. Il n'aimait pas voir Remus ainsi, ça lui faisait mal. Lui non plus, ne méritait pas ça.
Combien de temps pourra-t-il encore supporter ça ?
C'est pour cela que nous faisons ce projet, soit patient, on va y arriver !
James avait raison, en deux ans, ils avaient quand même bien avancé, mais sa patience n'était pas sa principale qualité. Vivement ce soir !
Et justement, le soir ne tarda pas, comme à son habitude Remus partit vers l'infirmerie pour y subir sa malédiction tandis que les trois garçons se rendirent à leur repaire. Dire que Sirius était excité comme une puce aurait été un euphémisme. La méditation se prévoyait délicate. Néanmoins comme à chaque fois, Black se mit en tailleur, fermant les yeux après avoir bu une potion que Peter réussissait à faire. Potter et Pettigrow firent de même.
Cette fois-ci, il ne fallut qu'une demi-heure à James avant qu'un cri de victoire retentisse dans la salle, il avait enfin vu son animal venir à lui. Il ne fallut que quelques minutes de plus pour que Sirius vienne à découvrir sa forme tandis que Peter peinait comme à son habitude pour au final abandonné, repoussant cela à la prochaine séance, malgré les encouragements de ces amis. James et Sirius assistait beaucoup leur ami qui commençait à désespérer d'y arriver un jour. Cependant, aucun des deux ne souhaitaient le mettre à l'écart et l'abandonner, ils y arriveraient tous ensemble. Unis. Black se tourna alors vers James en sautillant à moitié sur place, curieux de connaître l'Animagus que sera son meilleur ami.
« Alors ? Attends laisse-moi deviner, dit-il en posant un doigt sous son menton, je pari pour….
- Un cerf, le coupa James avec un grand sourire.
- Un cerf ? Répéta Sirius surprit. Tu crois que les cornes que tu auras représenteront tes cheveux en batailles ? »
Pour seule réponse Sirius se prit un coussin dans le visage tandis que Peter félicita James, émerveillé de son Animagus.
« Tu deviens susceptible, taquina Black en lui tirant la langue comme un gosse.
- Et toi ? Dit Potter curieux de connaître sa forme, ignorant le petit commentaire de son ami.
- Un chien, un grand chien noir ! Déclara Sirius fier de lui, prouvant qu'il était loyal.
- Comme le Sinistros ? Remarqua Peter.
- Eh ! Qu'est-ce que tu insinues Pet'? Que ma forme annonce un funeste présage ? Je vois, dit-il en imitant la voix du professeur de divination, un grand chien qui va vous sauter dessus et….
- C'est bon, c'est bon, l'interrompit Potter en se retenant de rire. En tous cas, je comprends mieux pourquoi ton rire ressemble à un aboiement de chien, lança James un petit sourire en coin.
- Cessez de vous liguer contre moi ! S'exclama Sirius en faisant la moue. Tu peux te moquer, tu ne seras pas plus malin avec la marque de tes lunettes, un cerf à lunettes, se sera unique en son genre ! Ria –t-il.
- Qui te dit que je l'aurais ? S'insurgea James en croisant les bras.
- MacGonagall a la marque de ces lunettes sous sa forme de chat, dit Peter en haussant des épaules.
- Merci pour ta solidarité Pet', marmonna James en déclenchant un éclat de rire chez Sirius, dont le regard tomba sur la pleine lune, le faisant se tarir.
- La pleine lune est là, à votre avis combien de temps avant de pouvoir maîtriser nos formes ? S'inquiéta Black d'un air grave.
- Je n'en sais rien mais le plus rapidement possible, on s'entraînera plus souvent, même si Remus nous soupçonne de quelque chose, il ne sait pas quoi, répondit James d'un air sérieux
- J'aimerais que l'année prochaine on puisse au moins l'accompagner, révéla Sirius en fixant la lune.
- Je sais bien, on fera notre maximum, je te le promets, en attendant on va devoir aidé Peter à trouver son Animagus, déclara James en se relevant.
- Je vous ralentis, ne vous occupez pas de moi, confia Peter la mine basse.
- Nous te rappelons que les Maraudeurs sont quatre, unis pour la vie, alors non, nous te laisserons pas derrière nous ! Affirma Potter en le fixant droit dans les yeux.
- Merci James, répondit Pettigrow. Sinon, peut-être pourrions-nous trouver des surnoms à nos formes ? Proposa-t-il en s'attirant le regard de ces amis qui sourirent, enchantés à cette suggestion.
- Bonne idée Peter ! On peut toujours compter sur toi pour détendre l'atmosphère, se réjouit Sirius en enroulant son bras autour de ces épaules. Moi je propose Porc épic pour James, ça lui correspond bien… »
Le concerné lui envoya dix coussins dans la figure, déclenchant un rire chez Peter tandis que Sirius bougonna. Ce soir là, le loup tourna en rond dans la cabane hurlante, cherchant une proie et quelque chose pour se défouler, ne sachant pas que prochainement il aurait trois compagnons pour l'accompagner lors des prochaines pleines lunes.
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Quand j'y repense, nous n'avons finalement pas pu tenir nos promesses envers Fauve. Elle était à nouveau seule, quelque part dans ce monde, partit pour je ne sais quelles raisons. J'espère qu'elle réussit à prendre soin d'elle. Qu'elle ne se laisse pas envahir par le chagrin et la tristesse. Pense-t-elle encore à moi ? Que peut-elle faire à cet instant ? Elle me manque terriblement.
Et Remus ? Lui aussi, que peut-il faire ? Seul à nouveau pour affronter les pleines lunes. J'aimerais tellement pouvoir sortir de cette prison, courir les rejoindre comme au bon vieux temps, entendre leurs éclats de rires, mais seul mon rire amer résonne dans cette cellule et me répond.
Je me transforme à nouveau en chien pour me protéger des Détraqueurs, espérant encore et encore. Combien de mois se sont-ils écoulés depuis leurs morts ? Combien de temps vais-je encore rester ici ? La vie est si courte, je veux au moins la revoir, les revoir, une fois, juste une fois…
Soit maudit Peter !
Et voilà pour ce nouveau chapitre assez long, en même temps, il y a tellement de choses à développer que parfois je dois faire un peu le tri dans mes idées, essayant de ne pas trop vous perdre en cours de route. Après tout, c'est sensé être une romance entre Sirius et Fauve, donc j'essaie de faire plus de passage entre eux tout en continuant de faire vivre les Maraudeurs à côté. Pas toujours facile.
J'espère qu'il vous aura plus ? Les révélations sont enfin tombées ! Au début beaucoup de lecteurs pensaient que les parents de Fauve avaient juste une préférence envers l'aîné, ça aurait pu, après tout, nous connaissons tous des familles à plusieurs enfants, ou l'un est plus mis sur un piédestal. Cependant, je considère qu'on aime tous nos enfants de la même façon, peu importe leurs différences c'est ce qui les rends uniques. Sauf que là, il était clair que les parents de Fauve, lui vouait une haine, et une méchanceté sans égal. Ce n'était plus une question de préférence, c'était un problème relationnel entre les parents de Fauve qui ont fait de sa naissance un exécutoire. Elle n'a rien demandé, elle n'y est pour rien et pourtant, sa mère et son beau père, ne peuvent la supporter parce qu'elle leur rappelle cette impasse de leur vie. Je pense faire un passage assez dure entre la mère de Fauve et sa fille, mais ça reste à voir.
Bon après, vous me direz, mais pourquoi accuse t'il Fauve de la mauvaise santé de sa mère, c'est vrai, la pauvre n'était qu'un bébé. Encore une fois, elle n'y ait pour rien, mais tellement simple de lui reporter la faute quand on est incapable de se remettre en question et quelque part Eileen ressemble beaucoup plus à sa mère que Fauve. Enfin, vous serez tout cela dans le chapitre 16.
J'espère que le bal vous a plu ? Personnellement, je me suis éclatée à l'écrire, faire évoluer le couple Sirius et Fauve est un pure délice. Sirius est le premier à se rendre compte qu'il commence à avoir des drôles de sentiment envers sa partenaire et amie. En faite, se sera le premier à comprendre qu'il est amoureux de Fauve. Quant à elle, c'est une autre histoire, dans sa tête, qui peut bien tomber amoureux d'elle ? Personne voyons. Alors je vous laisse imaginer, quand le moment viendra ou Sirius fera le premier pas vers elle...
Heureusement, notre Mumus national est là, pour les aider à se rapprocher et grâce à lui, ils vont prendre conscience de leurs sentiments respectifs.
Ah ce Remus. Je l'aime lol D'ailleurs, si cela vous dit, j'écris une fanfiction sur lui avec The Shadow Of The Love.
Des petits commentaires ?
