Jeudi 13 décembre
Percy arriva chez lui de bonne heure ce soir-là, étant arrivé plus tôt le matin pour s'occuper d'un requin un peu mal en point. Il eu à peine le temps d'enlever ses converses qu'on toquait déjà à sa porte et le sentiment qui lui vrilla l'estomac ne lui disait rien qui vaille. Ouvrant doucement la porte d'entrée, il se retrouva face à face avec Clarisse et une bouteille de Margarita pré-faite qu'elle lui fourra dans les bras en entrant dans son appartement.
« Bonjour à toi Clarisse, comment vas-tu ?
- Bien. T'as des chips ? J'ai une envie de salée depuis lundi, quelque chose de bien.
- J'ai sûrement ça dans mon placard. Pourquoi tu as ramené de l'alcool ? Tu sais que je bosse demain ?
- Et ? C'est un cocktail, pas des shot de vodka.
- Hum. »
Le brun ne dit plus rien et alla chercher deux verres qu'il installa sur sa table basse alors qu'elle revenait avec un bol de chips qu'elle était déjà en train de grignoter sur le chemin. Percy se servit un verre et tendit le sien à Clarisse, ne sachant toujours pas ce qu'elle fichait là.
« Et sinon, pourquoi t'es là ?
- Ton canapé est plus confortable que le mien.
- C'est nul comme excuse. J'ai jamais vu aussi nul et pourtant on est ami avec Léo.
- Bon, et bien j'avais envie de chips.
- Toujours pas.
- Il se passe quoi avec Annabeth ?
- Là je te reconnais, sourit Percy avant de se rendre compte qu'elle venait de lui poser une question. Rien.
- À d'autres Jackson, je l'ai vu votre petit manège avec tes gants, jamais vu une tentative de drague aussi pourri, tu attends quoi pour sortir le grand jeu ?
- Alors déjà, je la drague pas ! s'outra le brun. Et puis je veux être sûr de moi.
- Hum, et tu fais quoi si tu la dragues pas ? Tu joues aux dés ?
- Pas du tout, on… je…
- Tu la dragues. C'est d'ailleurs pas une question mais une affirmation et d'ailleurs, fit la brune en levant son verre et son index d'un même geste. D'ailleurs elle aussi.
- Hein ? rougit le brun. Pas du tout, Annabeth ne me drague pas.
- Si. Et comme y'a un truc chez toi qui fait que tu ne vois pas ou ne comprends pas ce genre de signes, bah elle va galérer comme personne. Enfin… Comme toutes les autres qui ont tentés leurs chances avant elle et que tu as rembarré sans même t'en rendre compte. Vraiment fascinant d'ailleurs, j'ai toujours aimé y assister.
- T'es… je… Attends ! s'interrompit Percy tout seul. Elle me drague ?
- Oui.
- Mais depuis quand ?
- Je dirais depuis le début du mois, mais toi aussi d'ailleurs et donc ma question est : pourquoi maintenant ? »
Percy rougit soudainement et réfléchit à cent à l'heure sur quels genre de signes il avait bien pu passer à côté. Et tout se mit en place dans sa tête. Le rapprochement soudain d'Annabeth au niveau physique, ses baisers sur ses joues, ses mains dans les siennes, et puis LE baiser au coin de ses lèvres. Percy amena ses doigts à sa bouche, touchant de la pulpe de son index là où elle l'avait embrassé.
« Jackson ? T'es avec moi ?
- Hein ? Oui… oui je suis avec toi.
- Alors ?
- Alors quoi ?
- Pourquoi maintenant ? soupira Clarissa agacée.
- Oh, j'ai discuté avec Grover après le défilé Macy's. Il m'a dit qu'il fallait que je lui dise et je suis d'accord, terrorisé mais d'accord alors je vais le faire…
- Quand ?
- Je me donne jusqu'à Noël, fit Percy avec un élan de détermination.
- Pourquoi pas avant ? demanda la brune en grignotant des chips.
- Comment ça ? Tu veux que je fasse ça quand ? Non… Je vais me foirer si je fais ça sur un coup de tête, alors que là je me suis donné une date et c'est organisé et…
- T'as un plan ?
- Oui ! s'écria Percy. Non. Mince j'ai absolument pas de plan Clarisse ! paniqua le brun d'un coup. J'ai rien, je me suis juste dit que j'allais lui dire comme ça le jour de Noël, et peut-être même briser notre amitié le jour de Noël, mais c'est quoi ce plan bon sang ? J'ai quoi dans la tête ? Je vais jamais y arriver. Je retire ce que j'ai dit, je vais garder ça pour moi jusqu'à la fin des temps et rester son meilleur ami. C'est bien ça aussi ? Je reste avec elle toute sa vie, je la rend heureuse de loin, c'est franchement pas mal.
- Et tu la verras tomber amoureuse d'un autre gars, tu vas tomber en dépression et finir ta vie, seul, parce que la fille de tes rêves est dans les bras d'un autre que toi. Super Jackson, vraiment. Bon, soupira Clarisse en se réservant un verre. Demain on va tous au Half-Blood, c'est l'anniversaire d'Hazel la semaine prochaine et on ne peut pas le fêter un lundi soir, du coup, boum, c'est demain.
- Ça se fait pas de fêter les anniversaires en avance.
- Je m'en tape, c'est juste une excuse pour faire la fête, dit Clarisse en haussant les épaules. T'as un cadeau ?
- Oui. Non, mince, j'ai oublié l'anniversaire d'Hazel…
- Parfait, j'ai une idée mais elle est trop chère, tu vas participer. Cadeau à deux ça te va ?
- Tu me sauves, soupira Percy.
- Bien. Demain, demain on fête l'anniversaire d'Hazel et demain Jackson, demain tu vas voir Annabeth et tu lui dis que tu veux plus.
- Je veux plus. »
Clarisse fixa Percy et le brun ouvrit la bouche pour continuer dans son élan mais rien. Aucun son, aucun mot, aucune phrase. Rien. Le vide intersidéral. Son cerveau avait décidé de tomber en panne pile à cet instant, une panne sèche et non réparable avant un moment.
« Va falloir qu'on bosse ton discours, annonça la brune en finissant son verre cul-sec. »
Percy acquiesça vivement, espérant au fond que Clarisse, aussi cru et froide soit-elle, pouvait l'aider dans sa démarche et peut-être même le pousser un peu. La brune n'était pas à son coup d'essai avec lui, il en était conscient. Clarisse l'avait toujours épaulée d'une manière bien différente d'Annabeth, car là où la blonde le soutenait et l'encourageait, la brune attaquait pour lui donner la rage et la force de continuer, là où Annabeth était douce et compréhensive, Clarisse le faisait se remettre en question jusqu'à trouver une solution à son problème. Les deux femmes étaient importantes pour Percy, et même si le brun aimait beaucoup Piper, Hazel, Rachel, Thalia et Calypso, aucunes d'elles ne faisaient le poids face aux deux forces de la nature qui l'entouraient comme une barrière de protection.
« Tu vas commencer par arrêter de paniquer, parce que je te préviens que si tu me fais une crise d'angoisse, je t'abandonne sur ce canapé, siffla la brune.
- Parce que tu crois que je maîtrise ?
- Ta respiration Jackson, comme dans l'eau. »
Percy se mit à atténuer sa respiration, fermant les yeux pour s'imaginer en train de nager et reprendre un rythme plus normal.
« Bien. Qu'est-ce que tu voudrais lui dire à Annabeth, demanda Clarisse d'une voix douce qui le détendit autant qu'elle l'inquiéta.
- Qu'elle est belle, magnifique, fabuleuse, intelligente, gentille…
- Je te demande pas une liste des qualités de sa personne, mais ce que tu aimerais lui avouer, soupira la brune plus durement.
- Que je l'aime. Depuis longtemps maintenant mais je n'arrivais juste pas à me l'avouer parce que j'avais peur de la perdre. Parce que mon monde sans elle n'existe pas, que sans elle je m'écroule et que sans elle je ne serais pas celui que je suis aujourd'hui. Je veux lui dire que je l'aime et que ça me bouffe de ne pas pouvoir la prendre dans mes bras, la serrer fort contre mon cœur pour qu'elle sente à quel point elle me fait sentir vivant. »
Percy ouvrit les yeux en finissant sa phrase, les joues rouges et le regard fuyant, s'imaginant déjà l'air amusé de Clarisse scotché sur son visage et les remarques qu'elle allait lui faire sur son romantisme en carton. Un reniflement lui fit relever les yeux vers son amie et il se figea lorsqu'il remarqua son nez coulant et ses yeux embués. Clarisse, une main tenant son verre, l'autre tirant sur le collier qu'elle arborait tous les jours, fixait Percy sans rien dire, seuls son nez et ses yeux trahissant la montée d'émotion que son discours avait provoqué chez elle. Elle posa finalement son verre sur la table basse et hocha la tête en fixant le plafond pour se donner une contenance.
« Je pense que c'est plutôt pas mal.
- Tu pleures.
- Non.
- Mais si, insista Percy abasourdie.
- Tu le répètes à quelqu'un et t'es un homme mort, siffla la brune en le menaçant de son index. »
Percy leva les mains en l'air, la menace était bien comprise et prise au sérieux. Motus et bouche cousu. Cependant, il n'oublierait jamais qu'il avait réussi à faire pleurer d'émotion Clarisse LaRue avec un discours d'amour pour Annabeth. Jamais.
