Note : Ceci est la traduction d'une fic absolument exceptionnelle de She's A Star. L'originale Lamentations of a Starry Eyed Twit, est merveilleuse et si cela vous intéresse, l'auteur a écrit plusieurs autres fic qui valent la peine d'êtres connues.

Lamentations d'une idiote dérangée

Les confessions d'Auriga Sinistra

Chapitre 14

Auriga Sinistra, Voyante

-

Vendredi, 1er novembre 1991

Salle des professeurs

12:02 P.M.

Je ne suis pas certaine de pouvoir continuer à vivre comme ceci.

Tout autour de moi, mes collègues commèrent sur le fait qu'Harry Potter, Ron Weasley et Hermione Granger ont battu un troll des montagnes la nuit dernière et ont gagné un grand total de 5 points pour Gryffondor. Oooh, ahh. Ils ne comprennent pas. Ils n'ont aucune idée du véritable monstre qui rôde parmi nous!

Il est assit, à l'autre bout de la table, entrain d'écrire. Occasionnellement, il hausse la tête et ricane devant tout le monde. Et, laissez-moi vous dire, que se sont des ricanements sinistres – il est probablement entrain d'envisager de tous nous pendre par les ongles au plafond du donjon, de nous faire crier à l'agonie et de nous regarder le supplier pour qu'il nous laisse descendre. Ce qu'il ne fera pas, naturellement (salaud démoniaque) – à la place, il ne fera que rire triomphalement en faisant les cent pas, très lentement, et en tapant ses doigts ensemble. (C'est ce que les salauds diaboliques font, vous savez. Fait prouver scientifiquement.)

"Vous voulez que je vous libère?" demandera-t-il, d'une voix dégoulinante de malice. "Comme c'est charmant."

Et puis, tout le monde tournera son attention sur moi parce que, avouons-le, ma relation avec Rogue est beaucoup plus avancée que toutes les autres. Sauf pour Dumbledore, mais je doute que même Rogue ai le courage de pendre Dumbledore par les ongles au plafond du donjon. Il lui achètera probablement un billet pour la Jamaïque en lui disant qu'il a travaillé trop fort ces derniers jours et qu'il mérite des vacances. "Vas-y, mec, prend une fin de semaine de congé. Je vais m'occuper de tout en ton absence."

Et Dumbledore, bien entendu, va l'écouter parce ce vieille homme ridiculement STUPIDE ne réalise pas qu'il a engagé un tueur psychotique. Il sera probablement trop occupé à sucer ses bonbons moldus, qu'il ne prendra même pas la peine de lever la tête pour voir que les yeux de Rogue sont devenus rouges et qu'il n'arête pas de rire diaboliquement.

"Oui, bien sûr, Severus. N'oubli pas de rappeler à Hagrid de chasser les jumeaux Weasley hors de la forêt une fois de temps en temps."

"Tu ce que vous voudrez, Dumbledore. MWHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAAAA!!!"

"Avez-vous dit quelque chose?"

"Non."

"Merveilleux. Tout semble en ordre, alors."

Oh, merde. Nous n'avons aucune chance. Cet homme à beau être le sorcier le plus puissant au monde, mais Rogue connait sa plus grande faiblesse. Dumbledore ne tente pas exactement de le cacher, non plus. Je doute que quelqu'un dans ce château ignore qu'il serait prêt à vendre sa propre tante Bertha pour une boîte de Smarties. (Je ne sais pas si Dumbledore à véritablement une tante Bertha. En fait, je suppose que même s'il en avait une, elle serait morte depuis un moment. Mais c'est une tante Bertha figurative, ça illustre mes propos.)

Oh Merlin – je ne serais même pas surprise si c'était Rogue qui fournissait Dumbledore en bonbons moldus, tout en sachant à quel point ils le rendent docile!

(Sans mentionner que ça l'amuse probablement au point de non retour de voir le vieux garder les smarties rouges pour la fin. Attendez de voir – il va rendre le meilleur directeur de Poudlard accro au paparmanes roses. Salaud!)

Donc, bien entendu, Dumbledore sera parti en Jamaïque en nous laissant seuls avec Rogue. Sauf que les autres ne sont pas au courant de sa nature diabolique – je suis la seule! Et je suis loin d'être capable de battre un puissant mage noir. Je veux dire, je n'ai jamais proprement maitrisé les sortilèges de stupéfaction, pour l'amour de Merlin.

Oh mon dieu.

Dumbledore va disparaître, et Rogue va probablement faire quelque chose de grotesque à tous les élèves. Je ne veux même pas y penser. Sauf, bien sûr à Draco Malfoy, pour lequel il a tellement d'affection qu'il lui achètera probablement un collier et un coussin confortable pour qu'il le suive comme une sorte de…chien de poche étrange, ou quelque chose dans le genre.

Et puis, nous – humbles enseignants – allons être enfermés dans les donjons où Rogue va réussir d'une quelconque façon à nous pendre par les ongles. Ce qui va probablement entrainer la perte de tous nos ongles, ce qui est très déplaisant, mais si on regarde le bon côté des choses, je vais arrêter de mordre les miens. Mais bon, ça a peu d'importance comparé au règne de terreur de Rogue.

Et…de quoi est-ce que je parlais au début?

Attendez. Je vais voir.

12:10 P.M.

D'accord, je l'ai.

"Vous voulez que je vous libère?" demandera-t-il, d'une voix dégoulinante de malice. "Comme c'est charmant."

Et puis, il va s'arrêter en face de moi, et nous échangerons un regard. Et pas un regard dans le sens 'oh, hum deed dum, c'est Auriga; je me demande de quoi ses cuticules auront l'air après ça, ha ha!' mais un vrai, un authentique regard. Peut-être même un Regard.

…Oui, définitivement un Regard.

Parce que nous avons une relation enchevêtrée et passionnée, lui et moi. En dessous de toute la haine et des commentaires cinglants et des tasses de café occasionnelles, il y a toujours eu une connexion entre nous. Et au-delà du fait que nous nous détestons mutuellement, il m'aime vraiment – le seul vrai bon sentiment qu'il possède parmi toute la noirceur de son âme et les attaques aléatoires de 'mwahahah!'

Après tout, il a fait une dance de la victoire.

Donc, il va s'arrêter pendant un moment, et je vais le regarder du haut du plafond du donjon, sachant que c'est mon devoir de le charmer au meilleur de mes capacités pour ainsi sauver mes collègues, les étudiants et la totalité de Poudlard. (Où est Harry Potter durant tout ce temps reste un mystère. Un peu cruel de sa part de laisser ce genre de responsabilité sur mes épaules, vraiment.)

"Auriga," dira Rogue, très doucement, et il y aura, pour la première fois, un soupçon de doute dans ses yeux sombres.

"Severus," vais-je répliquer d'un ton de voix qui implique que, moi aussi, je sens le désir sous-jacent qui existe entre nous deux.

Et il continuera à me fixer, hésitant entre les ténèbres et la lumière, le paradis et l'enfer, entre la dépendance aux pouvoirs noirs du Seigneur des Ténèbres et la gentillesse naïve de mes yeux.

"Auriga," répétera-t-il, sa voix rauque d'émotions. "Je…"

12:20 P.M.

"n'oserai certainement jamais insinuer que tu n'es pas entrain d'écrire quelque chose…" rictus, "d'extrêmement important, mais au cas où tu étais trop absorbée par la description de tes exploits avec ton dernier" autre rictus, "oh-si-charmant soupirant, le directeur vient de demander que nous quittions la salle des professeurs."

Je le déteste.

Chambre

12:26 P.M.

Et je n'ai honnêtement aucune idée d'où je sors toutes ces choses. Probablement de mon manque de sommeil de la nuit dernière. Après tout, lorsqu'une personne découvre que son ennemi juré de longue date est, en fait, un serviteur du mal, ça devient un peu plus difficile de disparaître dans le monde paisible des rêves.

Mais, vous savez, ça pourrait arriver.

12:27 P.M.

D'accord, ça ne pourrait pas arriver.

12:28 P.M.

Parfait, je l'admets. Je suis complètement cinglée.

12:29 P.M.

De toute façon, je ne vois pas en quoi ça te concerne, stupide journal.

12:30 P.M.

Et tu peux arrêter de rester là, docilement, comme si tu n'avais rien fait.

12:31 P.M.

Quoi, as-tu prit des leçons de Comment être un parfait salaud avec Rogue?

12:32 P.M.

Qu'est-ce que tu insinues???

Oui, et bien, ta mère l'es aussi, espèce de pourriture!

12:33 P.M.

Er.

12:44 P.M.

Um. Je viens de relire ce que j'ai écrit aujourd'hui et…

Oh, merde. Je suis pire que folle.

… ou, peut-être…

12:45 P.M.

Oh, Merlin.

12:46 P.M.

Je pourrais être Moira K. Mockridge.

12:47 P.M.

(Toutefois, avec des cheveux beaucoup plus hideux.)

12:48 P.M.

(Et oui, je suis au courant que ça ne justifie pas le petit… épisode avec le journal.)

12:49 P.M.

(Oh, laisse-moi tranquille.)

Tour d'astronomie

9:23 P.M.

Je décidé, après beaucoup de délibérations, qu'il serait mieux si j'arrêtais d'écrire dans mon journal pour un moment.

Je pense que la découverte de la véritable nature de Rogue m'a ébranlé plus que je ne l'imaginais. Je ne peux pas être blâmée – après tout, c'est une révélation horrible.

Mais ça ne change simplement pas le fait que j'ai eu un argument avec un journal inanimé.

Et il semble que j'ai composé un mini-roman d'amour mettant en vedette Rogue, moi-même et Dumbledore – qui serait potentiellement en overdose de Smarties.

Ça ne présage rien de bon.

Merlin, j'ai besoin qu'Algernon revienne. Je me sentais honnêtement cent fois plus saine d'esprit quand il était dans les parages.

9:30 P.M.

Soupir.

Mercredi, 6 novembre 1991

Chambre

5:52 P.M.

D'accord. Je pense que je suis moins cinglée maintenant. J'ai eu le temps d'accepter que Rogue est un monstre, et de passer à autre chose.

J'ai aussi réalisé que ce n'est pas son genre de pendre ses collègues de travail par les ongles au plafond du donjon.

Parce que, voyez-vous, je l'ai surveillé ces derniers jours. Je me suis dit que si personne d'autre ne savait ce qu'il prépare, ça devenait deux fois plus important que je le connaisse mieux – toutes ses habitudes, son comportement, la façon dont il réagit à certaines choses. De cette façon, s'il décide un jour de tous nous tuer, je serai peut-être capable de le prédire. Un peu comme avec la divination.

Auriga Sinistra, voyante de Rogue.

… Okay, oublions le titre officiel. Il est un peu stupide.

Mais, bref, je l'ai observé durant toute la semaine en annotant mentalement certaines choses. Premièrement, il boite à la place de marcher normalement, ce qui veut dire qu'il n'a pas passé indemne devant Fluffy – ou, plus vraisemblablement, il n'a tout simplement pas réussi à passer devant Fluffy – ou il veut avoir de la sympathie et de l'attention de la part du reste du monde et est près à s'automutilé pour l'obtenir.

Ce qui semble plutôt improbable.

J'ai aussi remarqué qu'il est encore plus de mauvaise humeur que d'habitude. Lorsque je marchais de manière désinvolte derrière lui dans le corridor (et non, je ne le traquais pas. Être une voyante de Ro – ahem, faire ce travail particulier – nécessite de telles activités) j'ai été témoin de sa colère, ainsi que de la perte d'un total de cent quatre-vingt deux points par différentes maisons. Il a même réprimandé des élèves de Serpentard, ce qui est nettement anormal. Voldemort lui met peut-être de la pression : un genre de délai avant le vol de la pierre pour qu'il puisse ressusciter et créer l'enfer sur terre avant noël.

N'est-ce pas fantastique.

Finalement, j'ai noté que Rogue semble garder un œil sur Quirrell dernièrement, Il n'arrête pas de lui lancer des regards menaçants durant les repas et lorsqu'ils se croisent dans les corridors. Quirrell, bien entendu, semble terrifié. Je n'ai pas la moindre idée de ce qui se passe entre eux. La seule solution possible est que Quirrell le suspecte aussi et qu'il a – d'une quelconque façon – trouvé le courage d'aller lui dire.

Dans ce cas, je ne suis pas aussi seule que je ne le croyais.

Quirrell, lui-aussi, souffre du même fardeau que moi, complètement ignorant que je sais exactement ce qu'il ressent. Je suppose que nous pourrions joindre nos forces – partager les horreurs d'être séparer du reste des autres habitants de l'école; tenter de déterminer exactement quand est-ce que Rogue va frapper, en grandissant chaque jour de plus en plus proches…

6:03 P.M.

Ugh.

6:04 P.M.

Laissez-moi au célibat pour le reste de mes jours, merci.

Vendredi, 8 novembre 1991

Salle des professeurs

10:12 A.M.

Oh, Merlin. C'était terriblement proche. Trop proche.

Ce mode de vie ne marche honnêtement pas pour moi. Je pense sérieusement que le stress m'affecte étrangement. En dehors des arguments psychotiques occasionnels avec mon journal, je pense que mes cheveux sont également entrain de devenir plus frisés. Oui, je sais que cela semble absolument ridicule. Qui a déjà entendu parler que le stress causait des frisottis? Je jure devant Merlin que c'est mon cas. Je veux dire, même Rogue l'a remarqué. Il a fait un de ses commentaires cinglants sur leur état ce matin au déjeuné.

Bien sûr, ça pourrait aussi être parce que j'ai tourné ma tête brusquement et que j'ai accidentellement réussi à le frapper dans le visage avec ma magnifique chevelure, mais quand même. Je croyais que les hommes étaient complètement ignorants pour ce genre de chose à moins que cela ne soit douloureusement flagrant?

Au rythme où vont les choses, je vais avoir un afro avant la fin du mois.

J'espère qu'Algernon ne viendra pas ici pour une visite romantique surprise, parce que s'il me voyait comme ceci, il serait probablement mort sur le coup. Et je ne pourrais pas vraiment le blâmer.

Mais de retour à l'horrible situation qui a rendu mes cheveux encore plus frisés.

Donc, j'étais simplement assise entrain de profiter de ma tasse de café et du nouveau livre de Moira K. Mockridge, lorsque Victoria est entrée, déclarant qu'elle avait besoin de caféine pour affronter ses élèves de cinquième année.

Ce qui, bien sûr, était complètement normal. Les choses allaient parfaitement bien – elle m'a même demandé si le livre valait la peine avant de se mettre à décrire à quel point elle avait aimé Un sortilège dangereux (tu sais, celui où il y avait plein de parallèles avec Algernon et Narcissa Malefoy), et nous avons eu une conversation plaisante avant qu'elle ne se taise.

Je suis retournée à mon livre, pensant qu'elle allait partir d'une minute à l'autre, mais à la place, elle a continué de me fixer en silence. Ça m'a fait paniquer un peu – j'ai cru qu'elle avait remarqué que j'espionnais Rogue et qu'elle voulait me demander si je contemplais tromper Algernon avec lui ou quelque chose d'aussi ridicule, et puis je me suis sentie obligée de partager la vraie histoire parce qu'elle n'aurait pas abandonné l'histoire d'infidélité autrement et elle ne m'aurait pas cru de toute façon. Puis elle serait allée dire à McGonagall que j'ai finalement craqué, qui l'aurait dit à Dumbledore, et…

Ouais…

"Aur," a-t-elle finalement dit, "est-ce que ça va?"

Considérant le processus mental que je venais de subir, je n'étais pas exactement capable de répondre nonchalamment. "De quoi parles-tu? Je vais très bien. Tout est splendide. Absolument parfait!"

Il y a des jours où je suis une imbécile finie.

Victoria, toutefois, n'a pas semblé s'en rendre compte. "C'est juste que tu me sembles distante depuis quelques jours."

"Euh, oui…"

Malheureusement, j'ai manqué d'inspiration après le 'euh, oui', tout simplement parce que je ne voulais pas continuer avec 'Rogue est passé au côté obscure de la force et je suis la seule qui est au courant, alors naturellement, je le surveille pour le bien de cette école.'

Victoria, heureusement, n'a pas comprit mon désir silencieux de lui avouer toute l'affaire. À la place, elle a prit ma main dans la sienne et la serré avec sympathie. "Tu t'ennuis d'Algernon, n'est-ce pas?"

C'est à ce moment que j'ai réalisé, extrêmement heureuse, qu'elle venait de me donner l'excuse parfaite.

"Oui, oui," ai-je dis, en hocha furieusement de la tête. "Parce que, tu sais, il est parti, et je suis ici, et il me manque beaucoup, parce qu'il est vraiment un homme fantastique."

Victoria a sourit d'une façon rassurante. "Oui, il l'est." Puis, elle s'est levée en serrant ma main une dernière fois. "Reste forte, Aur."

Vous savez, je l'aime vraiment lorsqu'elle n'est pas obsédée par le sex ou entrain de rire de ma vie perpétuellement embarrassante.

Ça m'a frappé soudainement alors que je la voyais passer le cadre de porte, et pendant une seconde j'ai eu une irrésistible envie de lui dire exactement tout ce qui se passait. Après tout, elle déteste Rogue et je suis sa meilleure amie – pourquoi est-ce qu'elle ne m'aurait pas cru?

Mais je n'ai pas pu, pour une quelconque raison.

Je suppose que je ne veux pas entrainer d'autres personnes dans cette affaire.

Merlin sais que ça me rend suffisamment folle comme cela.

Chambre

1:11 P.M.

Vous savez, peut-être qu'il n'est pas si diabolique que ça.

Je veux dire, oui, il est horrible comme il est. Aider Vous-Savez-Qui à revenir à la vie est généralement une excellente raison pour être considéré comme une dégoutante excuse d'être humain. Mais juste parce qu'il a fait quelques mauvais choix dans sa vie ne veut pas nécessairement dire que son âme est irrécupérable.

Parce que si c'était le cas, les événements qui viennent de prendre lieu n'auraient pas pu se produire.

Toutefois, je suis peut-être entrain de devenir folle à nouveau. Merlin sait que ça arrive fréquemment ces derniers temps. Je marchais tranquillement hors de la salle des enseignants, ayant terminé le roman de Moira K. Mockridge (absolument excellent, en passant) avant de m'apercevoir que Rogue se dirigeait vers moi, l'air terriblement agacé.

"Auriga," a-t-il dit d'une voix horriblement tendue, "je dois te parler."

Et avant même que j'aille la chance de répondre, il avait agrippé mon bras et a commencé à me traîner énergiquement vers la cour extérieure. Il y avait des étudiants qui flânaient partout, parlant et profitant de leur temps libre avant les cours d'après-midi. Ce qui était assez incompréhensible parce qu'il faisait horriblement froid dehors, au point où je pouvais voir la buée sortir de ma bouche et mes doigts geler. Bien sûr, je n'avais pas de cape, mais c'est difficilement surprenant, considérant que Rogue s'en foutait complètement.

Quand même, il continuait d'avancer et ne s'arrêta que lorsque nous atteignirent un petit coin perdu de la cour, presque entièrement bloqué par des plants de vigne. C'est, bien entendu, l'endroit universellement reconnu comme étant le second lieu le plus romantique de Poudlard (le premier étant la tour d'astronomie. Qu'elle chance, hein?) et donc, naturellement, j'ai commencé à paniquer un peu.

Cependant, pas autant que Marcus Flint et Tara Nott quand ils ont vu Rogue arriver.

"Dehors!" a-t-il dit d'un ton cassant.

Ils étaient parti avant que je puisse proprement réaliser à quel point c'est perturbant de voir deux des mes étudiants apparemment tenter de manger la bouche de l'autre.

Rogue les regarda partir pendant un moment avant de se retourner vers moi.

Je me suis vaguement demandé s'il allait me kidnapper et me pendre par les ongles au plafond du donjon.

"Maintenant," commença-t-il.

Distraitement, je me mis à ronger l'ongle de mon pouce droit. Autant profiter de nos derniers moment ensemble, après tout.

"Je--," il s'interrompit et fixa ma main. "Que fais-tu?"

Je retirai ma main de ma bouche instantanément. "Rien."

Il me lança un regard qui indiquait clairement qu'il se questionnait au sujet de ma santé mentale – rien de nouveau – avant de recommencer son discours.

"Premièrement – Je sais que tu es apte à sauter à des conclusions ridicules, Auriga, mais tente de te contrôler pour cette fois-ci."

Je clignai des yeux. "Er."

Ma seconde réaction, après la confusion totale, fut de nier ce qu'il venait de dire – qu'est-ce qui donnait le droit à ce salaud de faire de telles accusations??

Mais je me suis rappelé qu'il est, en fait, du côté du mal, et donc, j'ai été capable de rester silencieuse.

(Vous voyez? Je suis capable d'être non-ridicule quand je le veux.)

"La façon dont tu ruines ta vie m'importe peu," m'informa-t-il. "C'est ta vie, après tout. Je ne t'arrêterais certainement pas si tu décidais de sauter en bas de ta précieuse tour d'astronomie." (Sur ce point, je fus incroyablement tentée de marmonner 'wow, merci,' mais je me suis retenue parce qu'il est un serviteur du diable, et tout.) "Je ne prendrais même pas la peine de te parler et, par conséquent, de perdre mon temps, si ce n'était que du fait que le problème concerne… d'autre… personnes."

C'est à ce moment que j'ai commencé à soupçonner que c'était lui qui était dérangé mentalement.

Malheureusement, j'ai aussi commencé à soupçonner que j'allais mourir d'hypothermie.

"De plus --" il s'arrêta et me fixa une seconde fois. Je me mis à souhaiter qu'il arrête de faire ça : le plus vite il finirait son discours psychotique, le plus vite je pourrais rentrer à l'intérieur. Chaque seconde qu'il gaspillait en s'interrompant, me rapprochait de la mort. Mais bon, se n'est pas comme si ça l'aurait particulièrement dérangé.

Du moins, c'est ce que je croyais.

"Tu as froid," observa-t-il, donnant l'impression que ça l'agaçait terriblement.

"Oui," ai-je répliqué, incapable de cacher mon niveau d'irritation. Un peu malavisé, oui, mais j'étais entrain de mourir, pour l'amour de Merlin! Je pense que j'avais le droit d'être un peu bête. "C'est souvent ce qui arrive aux gens qui sont piégés à l'extérieur l'HIVER, sans leur cape."

Il plissa des yeux et une grimace plutôt horrible fit sont apparition sur son visage. J'avoue, j'ai honnêtement cru qu'il allait me tuer sur place. J'ai essayé de me rassurer en me rappelant qu'il ne tenterait probablement pas de m'assassiner dans une cour extérieure replie de jeunes enfants influençables, même si aucun d'entre eux ne pouvaient exactement nous voir à cause de la vigne. Toutefois, je fus figée sur place lorsqu'il étira sa main vers sa cape, évidemment sur le point de saisir sa baguette magique et de me massacrer pour mon insolence. Au diable les témoins! Il allait…

…enlever sa cape et la placer sur mes épaules.

"Oh, pour l'amour de Merlin, Auriga," dit-il en réussissant à avoir l'air exaspéré, malgré le fait qu'il agissait (oserais-je le dire?) galamment. "Ça ne t'arriverait probablement pas si tu étais suffisamment intelligente pour porter des robes appropriées."

J'étais consciente que c'était à mon tour d'offrir une remarque cinglante, mais j'étais quelque peu sous le choc de ne pas être morte. À la place, je me mis à le fixer stupidement.

"J'aimerais la récupérer éventuellement, tu sais," m'informa-t-il après un moment, en tentant d'avoir l'air cruel et inhumain, mais en réalité, qui ne le semblait pas vraiment.

J'hochai faiblement de la tête, légèrement perturbée pas le fait que la cape d'un serviteur du mal était sur mes épaules, avant de réaliser quelque chose.

"Oui, et bien," dis-je en m'autorisant un sourire malicieux. "Tu pourras la récupérer lorsque tu me redonneras mon chandail."

Il cligna des yeux, totalement déstabilisé. Pendant ce temps, je fus submergée par le triomphe d'avoir réussi, pour une fois – moi, Auriga Sinistra – à rendre Severus Rogue sans voix, et non vice versa!!

…et oui, je suis au courant que d'écrire nos noms en gras n'était pas nécessaire, mais ça ajoutait à la gloire du moment et donc, tu peux te la fermer.

Journal.

"Maintenant," ai-je dis en souriant – être dans le rôle de la personne intelligente de la conversation à un pouvoir incroyablement satisfaisant. "De quoi voulais-tu parler, déjà?"

Il grimaça. "De rien qui me concerne encore, sois en certaine."

Et puis, il se tourna brusquement et disparu jusqu'à l'autre côté de la cour. Je le regardai partir, encore ébranlée par toute la conversation étrange que je venais d'avoir, lorsque je le vis tempêter vers le groupe d'Harry Potter et commencer à les harceler. Puis il saisit un livre directement des mains d'Harry et boita jusqu'au château.

Honnêtement. C'était plutôt ridicule, même de sa part. J'imagine qu'il leur a dit que la lecture était interdite, ou quelque chose dans le genre.

Ce qui est vraiment une attitude fabuleuse pour un professeur.

Et donc, me voici, de retour dans ma chambre et me demandant ce qui se passe dans la tête tordue de Severus Rogue. Parce que, oui, il est l'esclave de Vous-Savez-Qui, mais il m'a aussi donné sa cape. Il ne peut pas être entièrement corrompu, non?

Pas que ça m'importe vraiment.

Je veux dire, je ne suis certainement pas encore entrain de la porter.

Hah!

Ha.

…ha.