Salut tout le monde, vous voyez aujourd'hui je suis gentille je vous le met à l'heure du miam miam. Bon un début de tournage qui va vous surprendre je pense. Oui tout le monde s'imagine que je vais planter Charlie au milieu d'une scène... c'est peut-être au programme mais pas au milieu d'une scène :). Un chapitre un tout petit peu plus court que les autres, mais ne vous en faite pas, il est tout aussi appréciable que les autres.
Catbl2014: C'est pas faux ce que tu dis, puis ça me décrit plutôt bien. Oui Jane n'a pas un caractère facile, mais bon on l'aime comme ça. En effet Aro ne sait plus trop où se positionner. Mais bon, ce n'est pas quelqu'un de méchant. Bisous !
xiu: merci ! La suite est juste en dessous et j'espère bien qu'elle te plaira. Bisous !
Emelyne: Pour la vache je m'en suis douté, mais j'aime bien taquiner les gens. Et oui, j'avais prévu le terrain pour mettre en place Charlie, il était temps qu'il rentre en scène. Bisous.
MC: Pourquoi tu es désolée si tu n'y es pour rien pour le chat...mum ! Suspect ! Effectivement Charlie a intérêt à avoir fait le plein de patience, parce que vu le caractère de sa fille il va en avoir besoin. Bisous !
Voilà ! Nous y sommes, bonne lecture !
Garrett n'arrêtait pas de regarder ses acteurs, puis de se retourner vers Aro, puis vers ses acteurs et à nouveau vers Aro. Ils étaient en extérieur, dans le décor du film, dans une forêt, devant une petite maison en bois. Le scénario était celui d'un père condamné qui voulait faire connaissance avec sa fille qu'il n'avait pratiquement jamais vu. Cette fille lui en voulait à un point inimaginable. Garrett ne savait plus où donner de la tête. Parce qu'ils étaient excellent ! Quand Bella et Charlie jouaient ensemble, ils crevaient l'écran sans que le réalisateur s'explique vraiment comment. Malgré leur animosité, ils étaient très professionnels tous les deux. Au départ, Garrett avait cru que c'était parce que Bella détestait Charlie et que ça se retranscrivait dans leur jeu. Seulement quand était arrivé les scènes un peu plus joyeuses et complices, là encore, ils étaient sublimes à les en faire pleurer. Plus il les regardait, plus Garrett leur trouvait une ressemblance dans leur physique, leur jeu et leur sensibilité, comme s'ils étaient vraiment père et fille. A ses yeux c'était impressionnant.
- Coupez ! Cria-t-il heureux au plus haut point.
Et c'est là que la réalité reprenait ses droits. Le regard de Bella passa de tendre à meurtrier, elle éloigna sans délicatesse la main que Charlie avait posé dans son dos et elle parti sans un regard de plus pour lui. Charlie, quant à lui, baissa les yeux au sol en se désolant une fois de plus de la situation.
- On fait une pause d'une demi-heure et on reprend, annonça Garrett en s'approchant de Charlie.
Bella rejoignit Aro qui l'avait accompagné pour le tournage dans l'état de Washington. En temps normal, il l'aurait laissé partir seule pour plus de discrétion. Mais là, il s'en foutait un peu, Bella avait besoin de lui, il trouverait bien un mensonge pour la presse. Non ce qui l'inquiétait plus, c'était d'avoir laissé les jumeaux seuls dans sa grande maison. Il avait demandé à Marcus d'aller jeter un œil de temps en temps pour être sûr que Jane n'y fasse pas une teuf d'enfer. Malheureusement, il n'allait pas pouvoir rester plus longtemps, parce qu'il était attendu lui aussi sur un tournage. Voilà un moment qu'il n'avait plus fait de film, il était temps de reprendre le rythme.
Aro faisait toujours en sorte d'être très professionnel sur le tournage, prétextant des scénarios à lire avec Bella pour la suite ou tout autre chose nécessitant son manager. Il ne voulait pas que quelqu'un devine quelque chose. Enfin ça ce n'était encore rien comparé aux regards surpris de l'équipe qui faisait le film. Ils se demandaient tous pourquoi c'était aussi tendu entre Charlie et Bella.
- Tu vas tenir le coup ? Demanda Aro en refermant la porte de la loge de Bella.
- Il va bien falloir, siffla Bella en se frottant le visage.
- Tu sais il a peut-être des choses importantes à te dire. Pourquoi tu n'essayes pas de lui parler une bonne fois pour toute et...
- Et rien du tout, si tu as d'autres idées stupides comme celle là, tu peux toujours les garder, lança-t-elle de mauvaise humeur.
Aro se vexa légèrement de son ton, mais il se rappela de ce qu'Alec lui avait dit. Les nerfs de Bella étaient à bout et ce n'était que le début.
- Désolé, s'excusa-t-elle aussitôt. Je suis juste fatiguée et nous n'en sommes qu'à deux semaines de tournage. Je vais pas tenir...
Elle jeta sa tête dans ses mains, les coudes sur les genoux. Le cœur d'Aro se serra en la voyant ainsi. Il s'approcha et la prit dans ses bras.
- Veux tu que je recule mon vol ? S'inquiéta-t-il en lui caressant les cheveux.
- Non, c'est très gentil mais non. D'une tu as un tournage en début de semaine, de deux ta fille est en train de péter un câble sans son père et sa meilleure amie, de trois, si tu restes plus longtemps, les gens vont se poser des questions.
- Les gens je m'en fou Bella, tu as besoin de moi et...
- Et tu te sens coupable de m'avoir fait céder en sachant que tu ne pourras pas être là pour me soutenir, comprit-elle en redressant la tête. Je ne suis pas bête tu sais et je commence à bien te connaître. Ne t'en fais pas, au moindre coup de blues, je t'appelle. Et si tu n'es pas joignable, j'appelle Jane.
- Tu as déjà un coup de blues, se désola Aro impuissant.
- Probablement, mais je suis une battante, c'est pour ça que tu m'as choisi à l'origine.
Le sourire taquin qu'elle lui adressa le tranquillisa, tout du moins pour quelques secondes.
- Effectivement, tu m'as fait l'effet du lionne. J'aime quand tu es sauvage, lança-t-il avec le sourire avant de l'embrasser langoureusement.
- Moi aussi mais pour ce que tu as en tête nous n'avons plus le temps, rit-elle en le repoussant. Par contre, il se peut que je sois libre de 14 à 15 h, quelle chance, ton vol n'est qu'à 16h.
- Vos désirs sont des ordres madame.
Il ne se fit pas prier plus longtemps. Lorsque Bella eut fini toutes ses prises de la journée, Aro l'attendait impatiemment dans sa loge. Personne ne viendrait les chercher ici, pas depuis que Bella s'était mise en mode dragon. Il eu tout de même un pincement au cœur lorsqu'il dut partir. Faisant promettre de l'appeler le plus souvent possible, Aro se décida enfin à rejoindre sa maison. Bella se retrouva tout à coup bien seule. Avec ses questions, ses inquiétudes, sa colère et son caractère de feu qui refusait de s'apaiser. Est-ce que la situation pouvait être pire ? Bien sûr ! Le téléphone de la brune se mit à sonner.
- Oh non..., soupira Bella en voyant « Maman ».
Elle était bien tentée de ne pas répondre, mais après tout, peut être qu'elle manquait à sa mère et qu'elle voulait prendre de ses nouvelles... ouais même en essayant de se remonter le moral, Bella n'y croyait pas une seconde.
- Oui allô maman...
- Dis moi que c'est une farce ! Hurla Renée furieuse. Je viens d'avoir un exemplaire d'un magazine qui dit que tu as commencé un tournage en compagnie de nul autre que Charlie Stone...
- Je n'ai pas envie d'en parler, grogna Bella déjà de méchante humeur.
- Tu te fous de ma gueule ! Des années que tu me rabâches les oreilles du fait que tu hais ton père et là tu t'en vas faire la starlette en sa compagnie. Est-ce que ça t'es venu à l'esprit que ça pouvait me blesser...
- Non désolé, cracha Bella furieuse. J'avais autre chose à penser, comme par exemple le fait que je sois obligé de jouer avec lui alors que j'avais signé un contrat pour jouer avec Arthur Conrad. Vraiment navré que tu ne sois pas ma priorité en ce moment, parce que figure toi que j'ai déjà bien assez à faire avec ma propre colère. Tu veux cassez les couilles de quelqu'un, téléphone à ce connard. Tu veux passer ta colère sur quelqu'un et bien désolé mais je ne suis pas disposée. Je ferai ce film jusqu'au bout pas parce que j'en ai envie mais parce que je n'ai pas le choix.
- Si tu sors ce film avec lui, tu n'es plus ma fille ! Cria Renée furieuse.
- Oh mais réveille toi maman, ça fait déjà des mois que je ne suis plus ta fille. Depuis que tu as préféré défendre un fou qui me tabasse plutôt que moi.
- Bella..., soupira Renée devant le reproche. Ne t'approche pas de cet homme, il ne fera que te décevoir.
- Mais dis moi la vérité ? Qu'est-ce qui te fais si peur ? Que j'arrive à passer au dessus de ma colère pour me prendre d'affection pour un homme qui a toujours manqué à ma vie ? Que je découvre des secrets que tu aurais pu me cacher ? Y a-t-il quelque chose que tu aurais oublié de me dire ?
- C'est lui qui t'a dit ça n'est-ce pas ? Non mais de quoi je me mêle. Après tant d'années, monsieur se réveille et il n'a plus d'yeux que pour sa fille. Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
- Rien, avoua Bella avec un rire amère. Mais tu viens de te vendre toute seule. J'y crois pas, quand je pensais avoir touché le fond, je fini par creuser encore. Je ne sais pas quelle genre de garce tu es maman, mais compte sur moi, je vais bien finir par le savoir à un moment ou à un autre.
Bella ne lui laissa pas le temps de répondre, elle raccrocha avant. Son cœur battait la chamade, parce que malgré ça, sa colère pour Charlie n'arrivait pas à s'amenuiser, pourtant, elle sentait qu'il y avait quelque chose de cacher derrière tout ça et la seule manière qu'elle avait d'en apprendre plus c'était de parler avec son père. Or, elle en était incapable.
Soupirant, elle se dit qu'il fallait qu'elle prenne l'air. Attrapant sa veste, elle enfila ses bottes et sortit de sa loge. Demetri était là à surveiller les environs tout en parlant avec un cameraman qu'il connaissait. Bella s'approcha de lui doucement.
- J'ai besoin de prendre l'air, avoua-t-elle se sentant un peu coupable de le déranger. Seule.
- Tu prends le traqueur, je reste à bonne distance, mais je te surveille quand même, prévint-il avec un sourire tendre. Je ne peux pas faire mieux.
- C'est déjà très bien, merci.
Le garde du corps lui frotta la joue avec tendresse et la laissa partir. Bella savait très bien qu'il ne serait pas loin, mais elle savait aussi qu'elle ne le verrait pas, aussi méticuleuse soit-elle. Demetri savait se montrer discret, pas autant que son frère qui était un vrai ninja, mais assez pour qu'elle oublie sa présence pour réfléchir. Bella prit donc le chemin de la forêt pour aller faire un tour, elle savait qu'il y avait une petite clairière un peu plus loin. L'idée d'aller faire un tour à la mer l'avait tentée, mais la forêt lui semblait bien plus accueillante cette fois ci. Elle n'avait pas fait 100 mètres sur le chemin que Charlie la rejoignit. Au moins de là où ils étaient, personne ne pouvait les voir ou les entendre. Bella ralenti la marche sachant que ça ne servait à rien de fuir et qu'il serait préférable de mettre les points sur les i. Son humeur déjà massacrante ne fit qu'empirer quand elle le vit se mettre à ses côtés.
- Tu n'es pas facile à approcher, avoua Charlie en mettant ses mains dans ses poches.
Elle ne répondit pas, ayant beaucoup trop envie de lui cracher à la figure. Il se mit à marcher à côté d'elle, s'éloignant de plus en plus du lieu de tournage.
- Ton chien de garde a enfin reprit la route...
- Ne vous avisez pas de dire du mal d'Aro, siffla-t-elle froidement. C'est le seul homme qui a été là pour moi dans ma vie, hormis mon grand-père.
- Je sais que...
- Non vous ne savez pas, l'interrompit-elle aussitôt rageusement. Tous ce que vous pouvez vous imaginer n'atteindra pas ce qu'est la réalité. Nous ne sommes pas dans un film. Nous ne sommes pas dans le film que nous sommes en train de tourner. Vous n'êtes pas condamné et même si vous l'étiez je ne suis pas mon personnage. Je n'ai pas son caractère. J'ai déjà bien assez envie de vous foutre mon poing dans la gueule donc évitez à l'avenir de venir me donner votre avis sur ce que vous pensez savoir ou sur Aro.
Charlie se prit le reproche sans broncher, comme souvent. Il était coupable, la seule façon qu'il avait de se faire pardonner s'était de l'écouter déverser sa rancœur.
- Je connaissais tes grands parents. Marie et Paul étaient des gens extraordinaires, lui avoua Charlie essayant de créer un contact.
- Wow ! Quelle joie pour moi ! Vous connaissiez ma mère, mes grands parents maternels mais vous n'étiez pas capable de pousser le lien jusqu'à votre chair et votre sang. Votre propre fille.
Une fois encore, l'acteur se rendit compte que Bella ne lui laissait aucune chance. Pourtant il essayait, mais plus il la regardait, plus elle lui faisait penser à quelqu'un d'autre.
- Tu ressembles énormément à ma mère, Isabella...
- Ah non, c'est bon arrêtez, je vais vomir, s'énerva-t-elle en accélérant le pas. Je ne vois pas pourquoi vous vous acharnez. Je ne veux pas de vous dans ma vie ! Quelque soit la façon dont vous vous y prenez. Je ne veux pas savoir ce que vous avez à dire. J'ai juste envie de vous bousiller. A chaque fois que je vous vois j'ai envie de vous baffer. Cette haine que je nourris depuis que je suis gosse n'a fait qu'enfler avec les années. Parce que vous n'étiez pas là. Jamais ! J'ai espéré toute mon enfance et puis un jour j'ai compris que les illusions c'étaient pour les idiots. Qu'il fallait que j'arrête de m'en faire. D'espérer qu'à mon premier spectacle vous seriez là pour venir me voir, que lorsque je suis tombée malade et que j'ai atterrit à l'hôpital vous viendriez voir si j'étais encore en vie ! Arrêter de croire que du jour au lendemain vous passeriez la porte pour l'un de mes anniversaires. Vous voulez vous racheter ? Vraiment ? Comment comptez vous faire ? Parce que le manque, la solitude et la tristesse ne partiront jamais, vous n'êtes pas magicien et moi non plus. Vous pouvez toujours essayer de vous rattraper, mais rien, rien ne rattrapera vos années d'absence.
Les larmes montèrent aux yeux de Charlie en l'écoutant. Sa fille lui arrachait le cœur et elle avait raison.
- Je suis désolé, déclara-t-il la gorge nouée. J'ai tout fait de travers.
- Mouais, exactement. Parce qu'il y a eu une époque où j'aurais été prête à tout vous pardonner. Cette époque est révolue. Vous ne vouliez pas de moi avant alors que j'étais prête à faire tout ce qui était en mon pouvoir pour être votre fille. Il est à présent venu le temps où c'est moi qui ne veut pas de vous. Mettez vous ça dans le crâne. Je ne veux pas de vos excuses, je ne veux pas de votre compassion, je ne veux rien de vous. Maintenant, je vous en supplie, laissez moi en paix. Je ne veux plus vous entendre.
Elle s'éloigna en vitesse, espérant qu'il avait enfin comprit. Elle entra dans la clairière où elle trouva un arbre mort pour s'asseoir. Une fois encore elle plongea son visage dans ses mains. Puis elle relâcha enfin la pression, celle qu'elle retenait depuis un peu trop longtemps. Une fois qu'elle eut ouvert la vanne, Bella ne trouva plus le moyen de tarir ses pleurs. Elle en avait besoin. Un peu de paix pour pouvoir étancher sa peine. Loin de sa mère, loin de son père et peut être même un peu d'Aro. Elle l'aimait, il était toujours là pour elle, mais parfois la brune avait besoin de la solitude qui l'avait accompagné tant d'années.
Cette solitude qu'elle avait intensifié en se plongeant dans les livres. Bella n'avait jamais eu de vrais amis, pas avant Rosalie et Jane. Trop spéciale et puis à chaque fois qu'elle ramenait quelqu'un à la maison il repartait en courant après avoir rencontré Renée.
Mais maintenant elle se retrouvait face à l'homme sur qui elle voulait jeter tout le blâme de cette solitude. Charlie essayait de se faire pardonner et ça Bella était assez intelligente pour le comprendre. Malheureusement elle n'était pas assez compatissante pour passer au dessus de tant d'années d'inexistence. Parce c'est ce qu'il avait été. Non pas absent mais inexistant. Du jour au lendemain, il se trouvait une conscience. C'était au dessus des forces de Bella.
Tout à coup elle sentit une main se poser sur sa tête. Son premier réflexe fut de se reculer de peur que ce ne soit la catastrophe Mike. Puis elle remarqua que c'était celle de son père et elle se dégagea encore plus violemment. Comment devait-elle lui dire pour qu'il comprenne ?
- Je n'ai jamais été là pour toi et pour de bonnes raisons, mais toi tu n'as jamais été loin de moi, je te gardais toujours près de mon cœur, avoua-t-il en lui tendant une photo.
Dessus elle se vit toute petite, pas plus haute que trois pommes, dans les bras de Charlie. Le choc se peignit aussitôt sur son visage. Il n'y avait aucun doute, c'était bien elle. Dans un parc en train de faire un câlin à son père. Sur la photo il portait des lunettes et un chapeau, mais son sourire était resplendissant.
- C'est la seule que nous ayons eu ensemble. La seule fois où j'ai pu profiter de toi sans mes problèmes et surtout sans ta mère. C'est ta grand mère Marie qui a prit la photo.
Bella caressa le cliché en essayant ses larmes. Son cœur battait la chamade et franchement, fut un temps, cela aurait pu l'attendrir. Mais elle releva le regard vers son père avec un air méprisant.
- Ça ne change rien, cracha-t-elle en lui rendant sa photo. Votre vision des choses n'étaient peut être pas toute rose, mais elle n'empêchera jamais la mienne d'avoir existé. On ne ressuscite pas les fantômes, on les enterre.
Pour la première fois depuis qu'elle l'avait revu, Bella vit un tendre sourire naître sur les lèvres de son père.
- Tu es bien aussi têtue qu'une certaine Isabella que je connais, se marra-t-il en rangeant la photo. J'ai compris le message. Tu as besoin de temps...
- Non j'ai besoin que vous disparaissiez, comme avant, l'interrompit-elle tranchante.
- Plus rien n'est comme avant. Mais promis, je vais te laisser de l'espace. Mon but n'est pas de te faire pleurer ou de te rendre malheureuse.
- Trop tard pour ça, conclut-elle en s'en allant.
Mais que croyait-il au juste ? Qu'une photo allait tout arranger et qu'elle allait lui sauter dans les bras avec joie. Entre sa mère et lui, Bella ne savait plus où donner de la tête. Elle préféra continuer à se promener plutôt que de retourner à sa loge tout de suite. Deux discussions avec Charlie étaient bien amplement suffisantes. Elle finit par sortir des bois et entendre la mer. S'en approchant, elle ne fit pas l'effort de descendre jusqu'en bas de la falaise. Mais elle apprécia la vue tout de suite. Elle ressemblait à son humeur. Tumultueuse et grise. Elles étaient en accort. Son téléphone se mit à sonner et Bella sourit en voyant le nom d'Aro apparaître.
- Tu es déjà arrivé ? Demanda-t-elle surprise.
- Oui ma douce, je viens d'atterrir. Comment vas-tu ?
- On pourrait faire mieux, se marra-t-elle en s'asseyant à même le sol. J'ai un certain acteur qui me colle aux basques. Monsieur s'est senti pousser des ailes depuis ton départ.
- Il ne lui aura pas fallu longtemps, grogna Aro mécontent.
- Il t'appelle mon chien de garde, ricana-t-elle.
Bella essayait de détendre l'atmosphère. Elle en avait besoin et Aro était déjà bien assez stressé comme ça. Elle l'entendit rire doucement ce qui lui allégea le cœur. La brune se rendait bien compte qu'elle lui ajoutait de la pression sur les épaules. Il était tellement adorable alors qu'elle n'était pas tendre en ce moment.
- Bien évidemment que je suis ton chien de garde, ajouta l'acteur fier de lui. Je marque mon territoire.
- Oh comme c'est charmant, toi tu sais parler aux femmes.
Ils se mirent à rire en cœur. Autant Bella avait besoin d'une peu de solitude pour réfléchir, autant Aro lui manquait déjà.
- Il m'a montré une photo de nous deux qui a été prise quand j'étais gosse, avoua enfin Bella que cette histoire travaillé malgré ce qu'elle avait dit. Ma mère m'a toujours certifiée que je n'avais jamais vu mon père.
- Tu sais ce que je pense de ta mère, lui dit Aro avec calme.
- Que c'est une menteuse manipulatrice ?
- En quelque sorte. J'ajouterai égoïste à la liste mais après c'est à toi de voir. Je ne vais pas te dire que Charlie est blanc comme neige. Honnêtement je ne pense pas qu'il le soit. Mais je le pense sincère dans sa démarche. Je sais que tout à l'heure je me suis pris ton mauvais caractère en pleine figure pour t'avoir dit de parler avec lui, mais sincèrement, je pense vraiment qu'il y a beaucoup de non dit entre vous deux.
- Et qu'est-ce que ça changera au fond ? Lui demanda plus calmement Bella réaliste. Est-ce que ça me rendra le père que je n'ai pas eu pendant tant d'années ? Est-ce que ça va adoucir mon caractère ? A part me faire haïr ma mère autant que mon père, je ne vois pas très bien ce que ça pourrait donner.
- Je n'ai pas dit non plus que ta mère était derrière tout ça...
- Mais elle, elle s'est vendue toute seule au téléphone tout à l'heure. J'ai l'impression d'être une cocotte minute qui risque d'exploser à n'importe quel moment.
- Parle à Charlie, sans lui hurler dessus...
- Je ne peux pas, avoua Bella fataliste. Je n'y arrive pas. Même si c'est pour découvrir la vérité, c'est plus fort que moi, il faut que je lui fasse mal autant qu'il m'en a fait.
- Pour arriver où Bella ? Qu'est-ce que ça va t'apporter ?
- On dirait que tu le défends.
- Je le crois sincère, admit son amoureux honnêtement.
- Ok ! Admettons. Demain la mère des jumeaux viens chez vous, repentante comme jamais. Elle pleure toutes les larmes de son corps sur le pas de ta porte en vous suppliant de lui pardonner ses années d'absence. Qu'elle n'était pas la mère qu'ils leur fallait. Que c'était uniquement pour les protéger qu'elle est parti. Dis moi franchement... tu lui pardonnerais ?
Un silence de plomb tomba entre eux. Un sourire naquit aux coins des lèvres de la brune, parce qu'elle savait qu'elle avait fait mouche.
- Ça n'a rien à voir, la mère des jumeaux n'est pas repentante et elle ne le sera jamais...
- Mais imaginons que si, que ferais tu ?
- Je lui ferai payer au centuple ce qu'elle a fait à mes enfants, avoua Aro à contre cœur.
- Bien maintenant que nous sommes sur la même longueur d'onde, j'espère que ce sujet là est clos. Tu me manques déjà...
- Je vois tout à fait ce que tu veux dire. J'ai encore l'odeur de ton parfum sur mon écharpe et je prie pour qu'elle ne parte pas avant ton retour.
- Psychopathe, se marra Bella en l'imaginant sniffer son écharpe.
- Ce sont les courbes de ton corps que me rendent complètement dingue. Cette chute de reins me donne des idées salaces et j'ai envie de toi, encore.
- Il faudra patienter monsieur Volturi, mais tu as intérêt d'être libre quand je vais rentrer.
- Je ferai tout pour que ce soit le cas.
Ils continuèrent à parler comme ça encore un bon moment, jusqu'à ce que la nuit commence à tomber et que Bella se décide à retourner à sa loge pour récupérer ses affaires. Elle savait que le tournage était toujours en cours à cette heure ci, mais ce n'était pas des scènes en sa compagnie. Continuant à se poser des tonnes de question, la brune reprit le chemin en sens inverse. De temps en temps, elle entendait des bouts de bois craquer et elle souriait en se disant qu'effectivement, Demetri n'était jamais loin. Elle croisa Garrett avant d'entrer dans sa loge, qui la félicita de son travail et de son professionnalisme. Bella avait bien envie de lui répondre quelque chose de méchant, mais elle aimait vraiment bien Garrett.
Rentrant dans sa loge, elle eut comme l'impression qu'il y avait une mauvaise odeur. Regardant autour d'elle, Bella ne comprit pas d'où ça pouvait venir. Sans qu'elle s'explique pourquoi, elle eut un frisson dans le dos aussitôt. La brune sût tout de suite que ce n'était pas bon. Elle releva les yeux et vit un mot planté dans son mur en face de l'entrée. Le cœur battant, elle s'en approcha. Les mains tremblantes, elle se mit à lire le texte :
Le Vampire
Toi qui, comme un coup de couteau,
Dans mon coeur plaintif es entrée ;
Toi qui, forte comme un troupeau
De démons, vins, folle et parée,
De mon esprit humilié
Faire ton lit et ton domaine ;
- Infâme à qui je suis lié
Comme le forçat à la chaîne,
Comme au jeu le joueur têtu,
Comme à la bouteille l'ivrogne,
Comme aux vermines la charogne,
- Maudite, maudite sois-tu !
J'ai prié le glaive rapide
De conquérir ma liberté,
Et j'ai dit au poison perfide
De secourir ma lâcheté.
Hélas ! le poison et le glaive
M'ont pris en dédain et m'ont dit :
"Tu n'es pas digne qu'on t'enlève
A ton esclavage maudit,
"Imbécile ! - de son empire
Si nos efforts te délivraient,
Tes baisers ressusciteraient
Le cadavre de ton vampire !"
Le cœur de Bella lui remonta dans la gorge et les larmes aux yeux elle regarda autour d'elle pour savoir ce qu'il avait pu faire de plus. Mike ne se serait pas contenté de ça. Puis c'est là qu'elle vit les gouttes de sang à l'endroit même où elle se tenait une minute plus tôt. Prenant son courage à deux mains, elle ferma sa porte et tomba sur une chauve souris morte plantée dessus par un poignard. Bella ne put retenir son cri de frayeur et son mouvement de recul. Il n'en fallut pas plus pour que Demetri débarque en force, le regard tueur, prêt à mettre une rouste à cet imbécile qu'ils cherchaient tous depuis un bon bout de temps. Bella avait dû crier plutôt fort, puisque quelques secondes après, Charlie fit aussi son entrée dans la loge, paniqué.
- Oh merde, soupira Demetri en voyant l'animal mort. Mais ce type est vraiment siphonné.
- Qu'est-ce qui se passe ici ? S'inquiéta Charlie en grimaçant à la vue de la chauve souris. C'est quoi ce bordel ?
Bella tendit le poème à Demetri qui fronça les sourcils aussitôt.
- Je ne comprend pas ce qui est écrit, admit-il en la prenant dans ses bras.
- C'est du français, ce sont les Fleurs du mal de Charles Baudelaire. C'est là dessus que j'ai passé mon oral pour mon diplôme de littérature. Et Mike le sait très bien.
Bella eut du mal à contenir ses larmes. Quand arriverait-elle à se débarrasser de cette épée de Damoclès ?
- Vas tu m'expliquer ce qui se passe ici ! S'énerva Charlie fou d'inquiétude.
- Rien qui ne vous concerne, alors faite demi-tour, répondit Bella méchamment.
- Je pourrais peut-être t'aider enfin !
- J'ai jamais eu besoin de votre aide ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer...
- Je te prie de mettre nos différents de côté et de me croire quand je te dis que je peux peut-être t'aider, insista l'acteur en panique. Si c'est un fan qui a fait ça, j'ai des amis qui pourraient...
- Occupez vous de votre cul ! Hurla Bella à bout de nerf. Je ne vous ai rien demandé ! Mais putain de merde, lâchez moi la grappe, tous autant que vous êtes !
La brune s'arracha des bras de Demetri et se mit à courir vers l'extérieur sous le regard inquiet de Garrett et de plusieurs personnes du tournage. Le garde du corps appela son frère pour qu'il vienne prendre le relais dans la loge. Lui n'allait pas lâcher Bella d'une semelle maintenant qu'il savait que Mike était dans le coin. Demetri ne savait pas jusqu'où ce fou était prêt à aller, mais il ne lui laisserait pas le loisir de l'apprendre.
Vous savez que j'adore ramener le psychopathe quand on l'attend le moins... Bisous !
