Fanfic Crows Zero: Michishirube
Alors voilà le nouveau chapitre !
Hmmm je dois vous prévenir qu'on approche comme vous le savez de la fin du premier film et cela suscite quelques difficultés dans la suite de l'écriture...
Comme vous vous en doutez il reste encore de nombreuses choses à creuser, et évidemment je compte ensuite basculer sur le second volet CZ ^^
Donc ne vous en faites pas, encore de beaux chapitres à venir !
J'attends vos impressions sur celui-ci en tout cas ! ;) Car je dois avouer ne pas être sûre de ce que j'ai fait et avoir hésité à le poster...
Bonne lecture^^
Au cœur de la bataille
Peu de temps après être rentrée chez elle, Amako reçut un coup de téléphone. Un coup de fil qu'elle attendait mais qui l'a surprise malgré tout.
La voix à l'autre bout était douce et grave, d'un ton calme. Elle reconnut aussitôt Serizawa et elle sentit son cœur battre subtilement un peu plus vite.
- Salut. Désolé de te déranger à cette heure, mais… On peut se voir ?
- Bien sûr.
C'est tout ce qu'elle trouva à lui répondre. Il faut dire qu'elle n'avait pas prévu ce cas de figure. En réalité elle n'avait même rien envisagé de précis. C'est sous l'impulsion de l'instant qu'elle lui avait donné son numéro, sans même savoir où cela pourrait aboutir.
Elle lui indiqua alors où elle habitait, lui spécifiant qu'elle l'attendrait en bas de son immeuble.
Elle venait de terminer sa cigarette, accroupie contre le mur adjacent à son hall d'entrée, lorsqu'une silhouette apparut face à elle.
Tamao.
Il arborait un air étrange.
Alors qu'elle s'apprêtait à se relever, il lui tendit la main pour l'y aider. En temps normal, elle aurait refusé. Mais pas ce soir. Elle se saisit de son invitation et se retrouva tout prés de lui, à peine à quelques centimètres l'un de l'autre. Elle sentit à nouveau son cœur faire une embardée et resta plongée dans les yeux de Serizawa l'espace de quelques brèves secondes qui lui parurent pourtant une éternité, tellement cet échange brûlait d'une intensité particulière. Puis elle fit un pas en arrière, établissant ainsi une certaine distance entre eux qui vint la rassurer.
- Ca va ? lui demanda-t-elle alors.
Elle se doutait que sa venue et son air grave devait avoir un rapport avec GPS et avec les récents évènements de la soirée.
- Tu voulais que je te tienne au courant… Eh bien, ça aura lieu demain. A 5h.
- A 5h ? Mais…
- Je sais…
J'avais besoin de… me changer les idées. Ca ne t'ennuie pas si j'ai pensé à toi ? J'avais pas envie de rester avec les autres…
Le regard de Tamao semblait dissimuler une certaine amertume. Il avait dû se passer quelque chose.
- Aucun souci. De toute manière, je n'arrivais pas dormir. Tu veux peut-être entrer… prendre un café, on sera mieux pour discuter. Proposa-t-elle, tentant de cacher cette tension qui la parcourait.
Elle n'était pas sûre d'elle, comme souvent lorsqu'il était là.
- D'accord.
Tandis qu'Amako s'attelait à faire couler du café, elle suggéra à Serizawa de s'installer sur le canapé et faire « comme chez lui ».
Cette scène lui rappela étrangement, sans le vouloir, le jour où elle avait amenée Izaki chez elle. Tamao se tenait presque à la même place que celle qu'Izaki avait alors occupée.
Pourquoi pensait-elle à lui ? Il semblait toujours y avoir un fil invisible reliant les deux hommes, sans qu'elle ne sache vraiment pourquoi.
Elle chassa rapidement le blondinet de ses pensées et servit deux tasses qu'elle vint déposer sur la table basse, avant de s'asseoir à son tour, à une distance raisonnable de Serizawa.
Ce dernier lui raconta alors ce qui s'était passé ce soir. La venue inattendue de GPS et la découverte pour le moins révoltante des agissements de ces gars en son absence. Ils avaient comploté dans son dos et mis en œuvre un kidnapping, tout ça pour pencher la balance en leur faveur dans la guerre qui les opposait à Genji.
- Quels enfoirés… Ils n'ont rien compris… Je préfère encore perdre plutôt que faire ce genre de saloperies !
Il avait, à juste titre, mal encaissé cette réalité. Ceci dit, cela confirma ce qu'Amako savait déjà. Elle avait toujours clamé que Serizawa ne trempait pas dans ces pratiques de lâche.
- J'aurais dû t'écouter… Tu m'avais prévenu pourtant. Quel abruti je fais !
Elle sourit à cette remarque.
- Tu es trop sévère avec toi-même ! Plaisanta-t-elle.
Cela eu au moins le mérite d'arracher un bref sourire à Tamao, elle n'en demandait pas davantage. Puis elle ajouta, d'un ton plus sérieux cette fois.
- Entre nous, je ne porte pas vraiment Tokaji en haute estime… mais je peux te dire une chose, c'est qu'il t'es entièrement dévoué. Ca c'est certain. Après je pense que ça partait d'une bonne intention, mais il n'est pas très doué pour employer les bonnes méthodes, c'est tout.
Elle n'en revenait pas de tenir un tel discours, prenant limite la défense de cet enflure. Pourtant elle le pensait.
- Ouais. Je sais qu'il n'a pas un mauvais fond. Mais ça m'a mis les nerfs.
- Ya de quoi. Je pense que j'aurais réagi pareil à ta place.
Serizawa prit une profonde inspiration et s'adossa contre le canapé.
- Après ça, j'avais besoin de prendre l'air et me voilà…
- Du coup comment ça s'est passé avec Genji ?
- La suite s'imposait d'elle-même. Il m'a fixé le rendez-vous pour notre affrontement.
- Et pour Tokio ?... Tu n'aurais pas préféré être auprès de lui ?
- Il sera avec moi quoi qu'il en soit...
Et puis, je me vois mal ruminer dans une salle d'attente, je préfère me décharger l'esprit.
- Je comprends.
Amako s'adossa à son tour sur le canapé.
- Alors tu seras là ? demanda Serizawa d'une vois douce, tournant le visage vers elle.
- Evidemment !
- Et tu es de quel côté ?
Il avait posé cette question sans être vraiment sérieux. Simplement par curiosité. Amako osa même y entrevoir en filigrane une autre question sous-jacente, celle qui suscitait véritablement son interrogation, à savoir de quel côté penchait son intérêt dans cette histoire.
Elle se contenta de sourire, laissant toujours planer le mystère.
- Aucun. Cette lutte ne me concerne pas en définitive. J'y vois juste l'occasion d'assister à un beau combat. Et je trouverais fort dommage de manquer ça !
Serizawa sembla satisfait de cette réponse.
Ils passèrent le reste de la nuit à discuter en toute complicité. Chacun se dévoilant encore un peu plus à l'autre. Ils échangèrent des histoires du passé. Elle lui narra notamment comment elle s'était érigé une mauvaise réputation dès le collège, ce qui ne manqua pas d'amuser Tamao. De son côté il lui expliqua qu'il avait dès son plus jeune âge dû apprendre à faire face et à se battre pour survivre.
Amako évoqua même sa rencontre avec Hiroshi, se gardant bien néanmoins d'évoquer la possibilité de retrouver son père.
Cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas parlé comme ça avec quelqu'un. Et elle ressentait que pour lui c'était un peu pareil.
Les heures s'écoulèrent puis la fatigue commença à les gagner. D'autant que Serizawa avait une rude journée qui l'attendait, il aurait besoin de toutes ses aptitudes physiques pour combattre. Une nuit blanche n'était donc guère conseillée.
Ils s'étaient donc levés et dirigés vers la porte d'entrée, mais une certaine tension était palpable.
Amako ressentait comme l'étrange envie de le retenir, de lui dire de rester. Pourtant elle n'avait pas pour habitude de se montrer aussi entreprenante, d'autant que cela faisait facilement un an qu'elle n'avait pas noué de relation aussi poussée avec un mec. Elle avait en effet quitté le dernier avec qui elle était quelques mois avant la disparition de sa mère et depuis elle n'avait pas eu la tête à ce genre de préoccupations. De plus cette dernière relation lui avait laissé un goût amer.
Néanmoins Serizawa semblait bien différent et elle se sentait prête à lui donner sa chance. Mais ressentait-il vraiment la même envie qu'elle.
Il fallait bien reconnaitre qu'il ne semblait pas pressé de partir.
- Eh bien, je suppose que je dois te souhaiter bonne nuit…
Il lui avait dit ça sur un ton laissant supposer autre chose.
Au final, Amako ne savait pas faire taire son regard, qui trahissait à lui seul le tourbillon qui l'enlaçait.
Leurs yeux se rencontrèrent, se scrutèrent, s'abaissèrent furtivement sur les lèvres de l'autre.
Puis Serizawa se rapprocha d'elle, toujours la même danse effectuait par leurs regards. Elle fit un pas en arrière malgré tout, se retrouvant contre sa porte d'entrée. Elle sentit le contact de la main douce et chaude de Serizawa lui effleurait tendrement la joue, tandis que leurs pupilles s'électrisaient l'une dans l'autre. Ses doigts caressèrent son visage avant de se glisser dans sa nuque. Puis le toucher délicat de ses lèvres se posa sur les siennes. Leurs langues flirtèrent timidement ensemble avant de s'insinuer plus encore au creux de l'autre, s'enroulant, se caressant avec délectation. Ils s'abandonnèrent tout deux à ce baiser, qui se fit plus passionné. Leurs corps s'étant rapprochés, leur offrant plus d'intimité pour cet instant particulier. Ils perdirent la notion de temps et d'espace, il n'y avait plus qu'eux et leur étreinte.
Puis après un échange long et intense, leurs bouches se délaissèrent avec regrets. Leurs corps demeurèrent légèrement collés l'un à l'autre. Ils se sourirent.
- Je devrais peut-être y aller, murmura finalement Serizawa.
Cette fois, c'est Amako qui fit le pas vers lui.
- Reste. Souffla-t-elle.
Elle avait besoin de connaitre à nouveau la chaleur apaisante d'un être auprès de soi, quelqu'un en qui elle pouvait avoir confiance, qui sera là sans rien demander en échange. Quelqu'un qui saurait à nouveau faire battre son cœur meurtri.
Il la regarda tendrement, plongeant intensément ses yeux noisette dans les siens.
- D'accord.
Elle le conduisit alors jusqu'à sa chambre, le tenant par la main à sa suite.
Elle s'allongea sur le lit et il la rejoint, se calant sur le dos juste à côté d'elle et lui offrant son bras. Elle se posa contre son épaule, près de son cou, ramenant sa main sur son torse et la faisant glisser sous sa chemise. Sa peau était douce et chaude. Il déposa sa main sur ses cheveux, les caressant et pencha légèrement sa tête contre la sienne.
Ils s'endormirent ainsi ensemble, paisiblement.
Il n'y avait rien besoin de plus cette nuit là. Un réconfort mutuel. Une alchimie spéciale.
Le lendemain, lorsqu'Amako se réveilla, elle était seule dans son lit. Elle posa sa main sur le creux qui avait pris forme juste à côté d'elle, venant lui confirmer qu'elle n'avait pas rêvé et qu'ils avaient bel et bien passé la nuit ensemble. Après quelques minutes à flemmarder, elle se redressa enfin dans son lit et tourna la tête pour voir l'heure indiquée sur son réveil. Mais le cadran était dissimulé par une feuille blanche pliée en deux. Elle la saisit, y découvrant un mot laissé par Serizawa. Il expliquait qu'il n'avait pas osé la réveiller, qu'il avait apprécié cette nuit ensemble et qu'il était parti voir Tokio à l'hôpital avant d'aller au lycée. Il lui proposait de s'y retrouver.
Lorsqu'elle vit enfin l'heure qu'il était, elle n'en revint pas d'avoir dormi autant. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas connu de sommeil aussi paisible.
16h. Amako était sortie afin de se rendre à Suzuran et il s'était mis soudainement à pleuvoir à flot. Elle n'avait pas emporté de parapluie et se retrouva donc rapidement trempée.
Etrangement, elle avait toujours apprécié ce temps, sombre et pluvieux. Comme si ces gouttes tombées du ciel pouvaient tout purifier, tout balayer.
Elle-même était née un soir de pluie, son prénom venait d'ailleurs de là : "enfant de la pluie". Et maintenant qu'elle y songeait, de nombreux évènements importants de sa vie s'étaient déroulés alors qu'il pleuvait…
Elle arriva enfin dans l'enceinte du lycée, y découvrant des élèves postés devant les fenêtres donnant sur la cour, venus manifestement pour assister au spectacle.
Dans les salles opposées, d'autres élèves qu'elle estima faisant parti de la bande de Serizawa, attendaient impatients le moment de se diriger sur le champ de bataille.
Elle trouva Serizawa et ses fidèles dans une autre salle à l'étage supérieur où ils attendaient eux-aussi que sonne l'heure.
Elle fut surprise cependant de ne pas y voir Tokaji.
Les frères Mikami, comme à leur habitude vinrent la gratifier d'un accueil chaleureux.
- Hé, Amako ! Content de te voir !
- Tu viens assister à l'éblouissante branlée qu'on va leur donner !
Elle leur offrit un large sourire, puis adressa un regard pétillant à Serizawa qui le lui rendit.
Les frères stoppèrent alors leur élan, passant de l'un à l'autre. Manabu réalisa soudain dans un éclair de génie qu'il se passait un truc, mais avant d'avoir eu le temps de dire quoi que ce soit son imagination fut paralysée par Serizawa qui le fixait d'un air de dire « ferme-la ».
Ils restèrent alors en retrait, tandis qu'Amako s'adressait à leur chef.
- Pas trop nerveux ? lui demanda-t-elle.
- Non, ca va.
Il sortit une clope, histoire de s'en griller une avant d'aller combattre.
- Shoji, allez en bas prévenir les autres de se mettre en place. Il est bientôt l'heure. Je vous rejoint.
- Ca marche.
Il ne termina même pas sa cigarette et se tourna vers Amako.
- Désolé d'être parti comme ça ce matin.
- Pas de souci.
Tamao avait franchi les quelques pas qui les séparaient encore, profitant du fait qu'ils étaient enfin seuls.
- En tout cas c'était sympa…
- Ouais.
Ils se rapprochèrent mutuellement l'un de l'autre, Serizawa passant sa main sur la joue d'Amako afin de l'embrasser.
Puis il arbora de nouveau son sourire en coin, lui aussi impatient de combattre.
- On y va.
Elle le suivit jusqu'en bas où il retrouva les autres. Mais le plus gros de ses hommes étaient déjà réunis dans la cour.
Amako se posta au niveau des escaliers de sortie. Elle vit Tokaji un peu en retrait et Serizawa venir vers lui. Elle aperçut également au loin le clan GPS arrivé en masse, même si à vue d'œil il semblait moins nombreux que l'Armée de Serizawa. Ce dernier s'avança à son tour de quelques pas, suivi du reste de sa meute. Des chiens enragés qui ne demandaient qu'à se battre.
L'entrée en scène était déjà pour le moins impressionnante. D'un côté l'Armée de Serizawa, couverts de parapluies noirs au dessus de leur tête, seul celui transparent de leur chef venait contraster cette étendue funeste. Et de l'autre, GPS, déjà trempé jusqu'aux os qui faisait pâle figure en face d'eux mais qui dégageait néanmoins une aura menaçante.
Ils s'observèrent de loin. Puis le signal fut donné, dans un cri de guerre, Genji s'élança, les autres à sa suite. La bande de Serizawa lâcha ses parapluies pour en faire de même. Seul Tamao demeura immobile, comme savourant cet instant. Il replia son parapluie, le déposant à terre, puis s'étira, poussant lui aussi un cri de guerre avant de s'élancer à son tour, le sourire aux lèvres.
Amako ne put y résister plus longtemps, elle descendit les escaliers afin de se rapprocher du champ de bataille et de mieux voir son effervescence, quitte à se faire remarquer.
La cour était tellement en vrac qu'elle dénicha une table, à "une distance de sécurité" suffisante, sur laquelle elle vint s'asseoir en tailleur, ne sachant où diriger son regard tellement les coups volaient dans tout les sens.
Elle s'amusa à observer les frères Mikami en pleine action, balançant à deux un mec au sol avant de s'attaquer à quelqu'un d'autre, toujours en duo.
Puis son regard dévia sur Genji qui se retrouvait encerclé par de nombreux gars. Mais c'était sans compter sur Izaki qui vint lui prêter main forte. Les deux acolytes se retrouvèrent dos à dos, échangeant quelques mots avant que Genji ne s'élance à nouveau, manifestement dans le but de faire une percée jusqu'à Serizawa, Izaki couvrant ses arrières.
Maintenant qu'elle les voyait, elle se demandait bien comment ils pouvaient se reconnaitre, tous de noirs vêtus !
Puis elle vit Serizawa enchainait les coups, rétamant ainsi plusieurs adversaires d'affilée. Elle fut totalement subjuguée par sa façon de combattre. Car au final, c'était bien la première fois qu'elle le voyait en action. Ce qui la fascina le plus fut cette joie qu'il paraissait éprouvé et qui semblait animé tout son être. Jamais elle n'avait vu ça auparavant, une telle étincelle émergeant du plus profond de son âme et auréolant toute sa personne. Il arborait par moment un sourire carnassier qui venait contraster avec la violence de ses coups. Il était totalement emporté par l'instant présent du combat, c'est comme s'il évoluait dans un autre monde, oubliant tout le reste.
L'armée de Serizawa menait clairement la danse. Il se ne gêna même pas pour faire une pause et s'asseoir sur un casier qui trainait dans la cour. Shoji allant même ramasser son parapluie transparent pour le tenir au dessus de son chef.
Serizawa avait lui aussi l'étoffe d'un vrai meneur d'hommes, indéniablement.
Il provoqua ouvertement Genji, s'amusant de le voir ainsi se démener.
Puis des bruits distinctifs de moteur vinrent attirer l'attention de certains, avant de figer tout les combats.
Une quinzaine de motards, au bas mot, ralentissaient leur allure en direction de la cour de Suzuran.
Amako, et tous les autres, reconnurent évidemment Bandô et ses hommes. Celui-ci descendit de sa moto, échangeant un regard lourd de sens avec Genji. Puis il s'avança d'un pas décidé, réclamant la tête de Serizawa. Loin de le surprendre ou même de le révolter, cette nouvelle sembla au contraire revigorer l'intéressé qui se releva, un large sourire aux lèvres.
Cela venait néanmoins chambouler toute l'équation, les forces en présence étaient désormais modifiées, rendant l'issue bien moins évidente.
Amako fut de son côté à moitié surprise de voir Bandô débarquer et se ranger du côté de GPS. Après la scène à laquelle elle avait assisté dans leur repaire, cela semblait même aller de soi.
Les festivités avaient bien évidemment repris de plus belle.
Amako sortit une clope de sa poche intérieur de veste et s'abrita en dessous afin de l'allumer. Elle savoura la première bouffée et reporta à nouveau son attention sur la bataille.
Non loin de sa position, elle vit les frères Mikami défiaient Makisé de la façon la plus originale qui soit. Ces deux là n'avaient pas leurs langues dans leurs poches et aimaient à compléter les phrases de l'autre dans des répliques détonantes, ce qui ne manqua pas d'amuser Amako, qui laissa échapper un rire sincère, D'autant plus avec l'arrivée de Chuta et sa tête d'ahuri.
En définitive, il est vrai qu'elle aurait été incapable de choisir un camp si elle avait dû le faire. Même si elle était forcée de reconnaitre que les évènements de la nuit dernière faisaient forcément pencher un peu la balance.
Quelques instants plus tard, elle aperçut Tokaji appelait Izaki. Elle ne perdit pas une miette de leur duel, voyant Izaki déversait toute la hargne qu'il éprouvait contre son rival. Il était temps de remettre les pendules à l'heure et de lui rendre la monnaie de sa pièce. Œil pour œil, dent pour dent. Au final, Izaki lui porta le coup de grâce dans un bel uppercut, semblable à celui qu'il avait donné au Yakuza lorsqu'il avait sauvé la mise à Amako dans cette ruelle.
Shoji se retrouva face à Bandô et contre toute attente ce fut Bandô qui en ressortit vainqueur.
La bataille touchait à son apogée. La très grande majorité, de chaque côté, peinait à terre et ne se relèverait pas avant un moment. Genji et Serizawa se tenaient face à face à peine quelques mètres l'un de l'autre, au milieu de toute cette désolation. Ils se fixèrent, ayant stoppé leur avancée. Tout autour d'eux sembla alors se figer. Même la pluie cessa de déferler.
Amako avait sans le faire exprès choisit la bonne place, car de là où elle était elle se tenait pile entre les deux adversaires, pouvant ainsi aisément les contempler tout les deux.
Le coucher du soleil perça les nuages dans un dernier éclair rougeoyant, baignant la cour et les deux rivaux d'une aura écarlate, aux allures apocalyptiques. Le tableau ainsi dépeint était somptueux, tout simplement sublime.
Puis ils marchèrent l'air grave et décidé en direction de l'autre, sous les yeux de Bandô et de leurs lieutenants respectifs, les seuls à être restés à peu prés debout. Ces derniers se situant quasiment en face d'Amako. Mais elle ne leur prêta aucune attention, ne voulant rater aucun moment de ce combat qui restera sans doute dans les annales de Suzuran.
Ils se donnèrent simultanément la première attaque qui les repoussa légèrement. Un bref avant goût avant de passer aux choses sérieuses.
Ils échangèrent des coups assez semblables s'entremêlant dans un ballet quasi parfait.
On pouvait dire en les observant qu'ils se ressemblaient beaucoup sur le fond, seuls les coups employés étaient, dans la forme, assez différents. Amako ne put s'empêcher de préférer le style de Serizawa, toute considération mise à part, dont la palette de coup était bien plus impressionnante que celle de Genji.
Mais ils étaient indéniablement de force équivalente, si bien que leur duel dura un long moment, bien après la tombée de la nuit. Ce n'était plus maintenant qu'une question d'usure, de mental et surtout de motivation. Celui qui avait le plus a gagné serait celui qui sortirait vainqueur. Ni plus, ni moins.
Puis vint le moment fatidique, où chacun avait tout autant morflé que l'autre, couvert de sang et de boue, et tenant à peine sur ses jambes. Lorsque Tamao mis genou à terre, Amako retint son souffle. Il avait de plus en plus de difficultés à rester debout. Genji face à lui, n'était guère plus brillant ceci dit. Pourtant Serizawa dans un effort surhumain se releva et poursuivit le combat, si on pouvait encore appeler cela ainsi à ce stade. Malgré tout les coups fusèrent encore, bien qu'ils fussent tout deux pliés en deux. Finalement, dans un dernier coup de poing où Genji mit tout le peu de force qu'il lui restait, il envoya Serizawa au tapis. Celui-ci s'effondra sur le sol, sans demander son reste, tandis que Genji avait toute la peine du monde à demeurer ferme sur ses jambes, tenant coûte que coûte à ne pas flancher afin de bien marquer sa victoire.
Cette finalité laissa planer un silence de mort dans la cour pendant de très brèves secondes, chacun prenant conscience de ce qui venait de se passer.
Bandô n'avait alors plus de raison de s'attarder plus longtemps ici. Il fit un signe à Amako, dont il avait bien sûr remarqué la présence puis s'en alla comme il était venu avec sa bande.
Makisé poussa un cri de victoire, prononçant le nom de son chef dans un râle de joie.
Amako, quand à elle, descendit rapidement de son siège de fortune et se précipita vers Serizawa. Elle glissa à terre et l'aida à se redresser, avec le soutien de Shoji. Les frères Mikami les avaient également rejoints, ainsi que Tokaji, le téléphone en main apportant des nouvelles de Tokio.
Shoji colla alors le combiné près de l'oreille de Serizawa.
- Tokio… Tokio a gagné ! Murmura-t-il après avoir terminé la communication.
Puis il pivota la tête vers Amako, les yeux emplis de joie. Elle lui sourit, avant qu'il ne retombe dans ses bras.
Genji se tenait encore non loin de là et avait lui aussi entendu la nouvelle. Makisé, Chuta et Izaki étaient également de leur côté venus rejoindre leur chef, qui manqua de s'effondrer mais qui fut retenu par Izaki.
Amako rencontra alors le regard de ce dernier, qui semblait perplexe quand à sa présence ici, ici avec Serizawa dans ses bras. Ils se fixèrent un moment avant qu'Izaki ne détourne les talons avec les autres, aidant Genji à marcher.
Amako en fit de même avec Serizawa, aidé à nouveau par Shoji.
Ils avaient tous pas mal morflés, mais Serizawa était le plus amoché. Alors qu'ils s'étaient rendus dans une des salles de classes. Shoji revint les mains vides, indiquant que l'infirmerie ne contenait rien d'utile. Il faut dire qu'avec toutes les bastons qui avaient lieu régulièrement du côté de Suzuran, elle avait rapidement vu ses stocks dilapidés.
Amako proposa alors de conduire Tamao chez elle. C'était en effet son logement qui se situait le plus près d'ici.
Cela surprit quelque peu les autres, venant cependant confirmer leurs soupçons sur la relation qu'entretenait leur chef avec elle.
Ils l'aidèrent à le transporter jusqu'à son appartement, puis retournèrent chacun de leur côté chez eux afin de s'occuper de leurs propres blessures.
Une fois seuls dans son appartement, Serizawa ôta sa veste et ses chaussures tandis qu'Amako installait un linge sur le canapé. Il s'y posa enfin, totalement éreinté. Elle revint ensuite avec la trousse de soin et s'assit sur le rebord de la table basse afin de commencer à soigner ses contusions.
Encore une fois, cela sonnait comme un air de déjà vu.
Elle nettoya consciencieusement et délicatement les plaies et s'attela à les panser.
Tamao la contemplait durant toute la manœuvre, reconnaissant de ce qu'elle faisait pour lui et d'être là.
- Pas trop amer d'avoir perdu ? Osa-t-elle demander alors.
- Non. Le plus important, c'est que Tokio s'en soit sorti.
Et puis tu sais, on finit toujours par trouver plus fort que soit, un jour ou l'autre...
Ce n'était pas mon jour ; on peut pas tout avoir. Sourit-il en la regardant.
- Si tu veux mon avis, c'était un coup de « pas de chance ». Le combat, c'est aussi une question de moment. Inconsciemment, tu devais aussi penser à Tokio.
- Peut-être.
Quoiqu'il en soit, Genji a beau avoir gagné, ce n'est pas pour autant que je vais le considérer comme notre chef. Ce n'est qu'un gamin de riche. Il n'en a rien à foutre de Suzuran, tout ce qui l'intéresse c'est sa petite satisfaction personnelle. Ce n'est pas ce que j'appelle un chef. Tant qu'il agira ainsi, jamais il ne dominera Suzuran, et jamais je ne me rangerais de son côté, même s'il m'a battu.
- Tu vas faire quoi alors ?
- Rien. Je vais rester dans mon coin et attendre de voir...
- Tu veux pas ta revanche ?
- Non.
Elle fut étonnée de la maturité dont il faisait preuve, et termina de soigner ses blessures, sans rien ajouter d'autre.
Alors voilà ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Notamment concernant la relation entre Tamao et Amako :p
Je me suis dit qu'il était temps de faire un peu avancer les choses^^
N'hésitez pas à me donner vos avis ! :p
