Commentaire : Coucou ^^ ! Je ne l'espérais plus, mais j'ai finalement réussi à terminer ce chapitre pour aujourd'hui. Alors, bonne lecture, mais surtout : Joyeux Noël à tous =^.^= !


L'ambiance était tendue ce matin-là à la réserve. Car si la veille, Embry et Assline étaient directement rentrés au village, les autres étaient retournés comme prévu chez Emily, où cette dernière et Leah les avaient attendus dans une atmosphère pesante. Emily n'avait plus adressé un mot de la soirée à sa cousine, tant elle était furieuse après elle.
Incapables de retourner s'installer confortablement à l'intérieur, elles étaient restées dans le jardin, dans la nuit et le froid, silencieuses de longues heures, tantôt à s'observer en chiens de faïence, tantôt ignorant à tour de rôle, le regard de l'une, de l'autre. Seule la nouvelle annonçant qu'Assline était finalement rentrée saine et sauve chez elle avait permis à Emily de modérer sa colère lorsqu'elle rapporta les évènements à ceux de la meute. Mais cela ne changea évidemment pas grand-chose à leurs réactions...

- Comment as-tu osé ?!
- Ton comportement est scandaleux ! Tu mériterais qu'on te chasse !
- Mais qu'est-ce qu'il t'a pris de dire une chose pareille ?! Tu as pensé à Embry ? Qu'est-ce qu'il t'a fait, pour mériter ça ? Et Assline, qu'est-ce que tu as à lui reprocher ?!
- Te comporteras-tu enfin décemment un jour ?!

A tous ces reproches, plus sévères et rageurs les uns que les autres, mais qui ne dépassèrent fort heureusement pas le cadre de la parole, Leah n'opposa rien. Pas un mot, pas un regard de défiance. De toute façon, que pouvait-elle dire pour sa défense ? Se mettre à l'écart des autres et ne pas faire preuve d'enthousiasme était une chose – car cela n'avait jamais eu que des répercutions sur l'ambiance – mais là, les conséquences de son comportement avaient pris une toute autre dimension. Leah avait franchi la ligne rouge et en était parfaitement consciente. Elle savait avoir mal fait et été cruelle, mais cela avait été plus fort qu'elle. Elle vivait dans la souffrance depuis des années - alors un peu plus ou peu moins...

- Ça suffit maintenant !, s'écria Sam. On a récupéré Assline ; elle est saine et sauve, et c'est bien le plus important !
- C'est peut-être le plus important, mais tu te rends compte de ce qu'elle a..., commença Quil, scandalisé.
- Oui !, le coupa fermement Sam. Je m'en rends parfaitement compte et Leah le sait aussi !

Sur quoi il se tourna vers la jeune femme qui ne put soutenir son regard et se détourna, ses yeux noirs brillant étrangement. De colère, Paul ragea, cracha par terre puis s'en alla.

- Où vas-tu ?, l'interpella Jared.
- Je rentre ! Je vais voir Rachel. Vaut mieux que je me calme, sinon je vais dire des choses que je risquerais de regretter !

Jacob et Quil échangèrent un sombre regard, fixèrent un instant Leah, déçus et écœurés, puis s'en allèrent à leur tour. Ils n'avaient plus rien à dire ni à entendre pour le moment. Restèrent seulement Sam, Emily, Leah, Jared et Seth. Le plus jeune de la meute était choqué par l'attitude de sa sœur. Comme les autres, il était très furieux après elle, mais en même temps, son cœur saignait. Il l'avait vue souffrir – terriblement souffrir – et par la suite, peu à peu, changer, devenir froide, distante. Une écorchée refermée dans sa carapace de haine qui n'attendait plus rien depuis qu'elle avait perdu son seul amour.

- Tu devrais y aller aussi, Jared, dit Sam d'un ton las avant de se tourner vers Seth, qui paraissait éteint. Seth ?

Seth chercha un instant sa sœur du regard, mais elle refusa de répondre.

- Je vais y aller aussi, soupira-t-il, peiné.

Sam resta seul avec Leah. Car se doutant de ce qui allait suivre, Emily préféra rentrer pour les laisser seuls.
Leah était toujours debout, les bras croisés, figée contre l'encadrement de la porte d'où elle ne semblait pas avoir bougée depuis que Sam et les autres étaient partis à la recherche d'Assline dans la plus grande précipitation. Sam s'approcha de la table de jardin et tira une chaise. Il s'y laissa tomber avant d'enfouir son visage dans ses mains. C'était l'un de ces moments où, malgré sa position d'alpha, il ne savait quoi faire et ne trouvait pas de solution à ses problèmes. Si seulement Leah avait pu tourner la page, accepter, comprendre et passer à autre chose. Mais non. Elle était restée amoureuse et comble de malheur, elle avait vu celui qu'elle aimait par-dessus tout s'en aller sans explication, pour n'avoir ensuite que sa véritable condition à lui donner pour justifier que le seul et véritable amour qu'il pourrait avoir dans sa vie n'était pas elle, mais sa cousine. Ce jour-là, le monde s'était effondré pour Leah et lui, avait commencé à se haïr pour ça. Mais là, maintenant, que pouvait-il faire d'autre que lui répéter une fois de plus ce qu'il lui avait déjà dit des dizaines et des dizaines de fois ? Il ne se sentait même pas le droit de lui faire la morale alors qu'elle la méritait tant.
Sam dégagea ses mains et regarda Leah, incertain. Jusqu'où irait-elle ?
Leah releva légèrement la tête et le fixa. Ses yeux étaient noirs, vides, dénués du moindre sentiment. Ils n'exprimaient plus rien. En vérité, de tous ceux qui s'étaient retrouvés chez Emily en cette fin de soirée, Leah semblait être la plus traumatisée.

Leur face-à-face prit rapidement fin. Et lorsqu'il estima que le malaise avait assez duré, Sam se leva et passa devant Leah pour aller retrouver Emily, lui murmurant seulement : « Rentre chez toi maintenant... ».


Assline était restée un moment à regarder tendrement Embry dormir. Quel contraste il y avait entre la détresse qu'elle avait ressentie la veille et la sérénité qu'elle éprouvait alors.
… Mais une sérénité qui fut malheureusement entachée par la colère d'Embry, lorsqu'il apprit ce qu'il s'était passé.
Car à peine réveillé, il insista auprès d'Assline pour connaître la vérité.

- Eh bien, marmonna la jeune fille, subitement embarrassée. Je pense que j'ai un peu trop pris à cœur certaines choses...
- Mais encore ?, demanda Embry en fronçant les sourcils.

Assline hésita. D'un côté, elle savait qu'Embry s'attendait à ce qu'elle mentionne tôt ou tard le prénom de Leah - et gare alors à sa réaction. Mais d'un autre, elle ne parvenait pas à lui en vouloir – ou plus exactement, vu comment les choses s'étaient terminées, elle ne lui en voulait plus et avait davantage pitié d'elle. Se mettre ne serait-ce qu'un instant à sa place avait suffi à Assline pour lui trouver des circonstances atténuantes.
Le problème, c'est qu'elle doutait qu'Embry se montre aussi indulgent.

- Hier matin, j'ai entendu Jacob parler d'imprégnation, dit Assline en remarquant l'air soupçonneux que prit tout à coup Embry. Alors, j'ai demandé à Emily ce que c'était...
- Ah… Et ?

Assline sourit, rêveuse.

- Elle m'a expliqué la « chose » et je pense avoir plus ou moins compris. Même si mettre des mots sur des sentiments n'est pas toujours évident.

Embry parut soulagé, mais il attendait toujours de savoir ce qui avait cloché pour provoquer sa fuite. Assline se racla la gorge.

- Emily en avait pour ainsi dire fini quand Leah est arrivée. Elle n'était pas d'accord avec ce qu'Emily venait de dire. Alors, elles se sont d'une certaine manière disputées – par rapport à Sam et tout ce que l'imprégnation avait fait de mal dans la vie de Leah.
- Hum..., grogna Embry en croisant les bras. Et quel est le rapport avec toi ?
- Eh bien... Leah était vraiment très triste... et très en colère. Forcément, d'entendre quelqu'un dire que c'était merveilleux alors que ça avait ruiné sa vie...
- Sam ne l'a pas quittée pour Emily, précisa Embry. Ça s'est passé bien avant – je te l'ai déjà dit.
- Oui, je sais. Mais s'il l'a quittée parce qu'il ne pouvait pas lui dire qu'il était un loup-garou, peut-être serait arrivé plus tard le moment où il aurait pu le lui dire et reprendre avec elle là où ils en étaient restés… Mais ça ne s'est pas produit parce qu'il s'est imprégné d'Emily – et ça, Leah le vit comme une injustice.
- Assline, soupira Embry en se frottant le front. Rien ne dit qu'ils se seraient remis ensemble et de toute façon, telles que sont faites les choses, ça n'a pas eu lieu et ça ne se produira jamais. Leah doit passer à autre chose ! Le problème, c'est qu'elle ne veut pas et nous remplit le crâne à longueur de journée avec sa rancœur et ses souvenirs qu'elle se régale à faire remonter en surface pour torturer Sam. C'est une sadique, cette fille !

Assline soupira. Comme s'il était facile et courant de modifier ses sentiments...

- Quoi qu'il en soit, reprit Embry, j'aimerais vraiment que tu me dises ce qu'a fait Leah pour que tu sois partie comme ça. Alors, s'il te plait, cesse de préparer le terrain et dis-moi plutôt ce qu'il s'est passé.

Assline se sentit rougir. Elle venait de se faire non-seulement démasquer, mais elle se retrouvait maintenant sous pression. Parce qu'entre le regard perçant d'Embry et le petit rictus qu'il affichait désormais, elle était persuadée que la fin de leur discussion ne serait pas facile. Alors tant pis, en tentant de ménager au mieux les choses,

- Il s'est passé que si Emily m'a présenté l'imprégnation comme une forme d'amour irrationnel et indestructible, Leah, elle, l'a assimilée à une forme d'obligation que vous aviez et qui ne vous était pas dictée par les sentiments, mais plutôt dans un but salutaire pour la meute.
- Pardon ?, s'étrangla Embry. Qu'est-ce qu'elle a dit ?

Il regardait Assline avec des yeux ronds. Mais son incrédulité dégénéra rapidement en indignation. Il est vrai que les dernières paroles d'Assline auraient pu être interprétées de différentes manières, mais en connaissant Leah et aux vues de ce qu'il s'était passé ces dernières heures, le doute n'était que peu permis.

- Qu'a-t-elle dit exactement ?, demanda Embry qui sentait déjà monter en lui une vague de colère.
- Oh... Je ne me souviens plus très b...
- Assline, tu t'en souviens très bien, la coupa-t-il avec impatience. Alors ?
- Mais je ne m'en souviens pas mot pour mot, enfin, Embry !, se défendit Assline.
- Très bien, dit-il alors en faisant mine de se lever. Si tu préfères que j'aille demander à Emily... Je sais qu'elle a une excellente mémoire...
- Embry, reste ici !, s'écria Assline en lui attrapant le bras. Tu n'as pas à aller voir Emily, ni même à continuer à la mêler à tout ça ! Elle a peut-être été témoin, mais c'est moi que ça regarde. Leah et moi, c'est tout !
- Ah…, fit Embry en levant un sourcil, dédaigneux. Autrement dit, je n'ai pas mon mot à dire alors que je t'aime et que j'ai cru te retrouver éventrée, et les autres, qui ont mis également leur vie en danger pour te retrouver coûte que coûte, n'ont pas non-plus à savoir, c'est bien ça ?

Assline le mitrailla du regard.

- Tu n'as pas honte de dire des choses pareilles ? Dis aussi que je n'en ai rien à faire de vous, tant que tu y es !
- Comme si j'avais envie de dire ce genre de choses, soupira Embry, boudeur. Comme si tout ce qui pouvait te concerner n'avait pas plus d'importance pour moi que ma propre vie...

Ils restèrent quelques instants silencieux à méditer sur ces paroles. Une fois calmés, Assline se plaça face à Embry et le regarda avec ses yeux de chien battu.

- Je sais bien que tu veux prendre soin de moi et je vous suis vraiment reconnaissante pour tout le mal que vous vous êtes donnés pour me retrouver. Et tu sais aussi que je suis désolée de vous avoir causé tant de soucis. Seulement...
- Seulement ?
- J'ai l'impression que tu n'attends qu'un mot qui te donne une bonne excuse pour aller étrangler Leah - et je ne veux pas. Ce n'est pas mon amie et je ne pense pas qu'on le soit un jour – en tout cas, pour le moment, elle ne semble pas intéressée par ce genre de relations. Mais... je pense que ça suffit. Si tu veux, va voir tes amis – eux l'ont vue, hier soir – et demande leur comment elle était : si elle a continué à faire sa tête de cochon et se foutait de ce qu'elle avait (involontairement) provoquée. Mais je suis persuadée qu'elle est loin d'être aussi insensible et horrible qu'on le dit.

Embry se gratta la tête et considéra Assline un instant.

- Je ne veux plus que ce genre de choses puisse se reproduire, dit-il calmement mais très sérieusement.
- Je sais...
- Et je ne vais pas lui pardonner aussi facilement.
- Je m'en doute...

Embry soupira puis se leva, l'air entendu.

- De toute façon, je vais commencer par aller voir les autres - on avisera ensuite.
- D'accord, répondit Assline, assez satisfaite de la tournure qu'avaient finalement prise les choses.
- Bon. Et toi, qu'est-ce que...

Mais Embry s'interrompit dans sa phrase. Quelqu'un venait de toquer à la porte. Étonné, il regarda Assline qui haussa les épaules puis se dépêcha d'aller ouvrir.

- Leah ?, souffla Assline, incrédule de la trouver là à une heure pareille.

Enfin, « à une heure pareille » ou « là » tout court, vu que Leah n'était encore jamais venue chez elle depuis qu'Assline avait aménagé à la Push.

- Qu'est-ce que tu fais là ?, balbutia Assline, alors qu'Embry venait d'apparaître juste derrière elle et regardait Leah durement.
- Je suis venue te présenter mes excuses, dit Leah d'une voix morne, le regard fuyant. Je n'aurais jamais dû te dire tout ça… Et je suis désolée de t'avoir fait encourir des dangers par la suite. Ce n'est pas ce que je voulais…

Assline devina ce qu'il devait lui coûter de venir s'excuser de la sorte. Quant à Embry, il se contenta de pousser un grognement mécontent.

- Je sais que ce n'est pas ce que tu voulais, dit doucement Assline en essayant de sourire. Ce… ce n'est pas grave. Je ne t'en veux pas.

Sur quoi elle fit un geste pour inviter Leah à rentrer chez elle, mais celle-ci se dégagea d'un mouvement brusque et regarda Assline droit dans les yeux. Ils étaient rouges et gonflés, comme si elle avait pleuré de longues heures.

- Tu as beaucoup de chance si tu ne trouves pas ça grave… et si tu ne m'en veux pas. Parce que ce n'est pas mon cas.

Elle tourna les talons et partit en courant, laissant Assline sur le pas de sa porte, navrée. Elle y resta quelques secondes, silencieuse, puis se tourna vers Embry qui attendait patiemment.

- Si ce n'est pas trop te demander, je voudrais que tu la laisses tranquille avec ça. Ça a été dur pour tout le monde, mais en fin de compte, je crois bien que c'est elle qui en souffre le plus.

Embry soupira bruyamment et s'approcha, la prenant dans ses bras.

- Si tu y tiens, je le ferai. Mais ne me demande pas de ne pas lui en vouloir. Ça, c'est impossible.
- Je comprends..., dit tristement Assline.

Quelqu'un toqua soudain de nouveau. Cette fois, c'était Jacob et Quil qui venaient aux nouvelles – et qui en eurent bien plus qu'ils ne l'avaient de prime abord pensé. Car en quelques coups d'œil bien placés, ils devinèrent où leur ami avait passé la nuit et ils se donnèrent un malin plaisir à taquiner le jeune couple.
Au bout d'un moment, alors qu'elle pensait ne jamais avoir autant rougi de sa vie, histoire de les faire enfin taire, Assline eut l'idée de préparer un énorme petit-déjeuner composé de muffins, pancakes et autres petits pains. Et ça fonctionna ! Satisfaite du résultat, Assline se promit donc de retenir que rien ne pouvait égaler la boustifaille pour calmer ces spécimens.

- Bon ! J'aimerais bien retourner sur les lieux de l'attaque, dit Embry après avoir avalé son septième petit pain.
- Pourquoi ?, demandèrent en chœur Jacob et Quil.
- Pour m'assurer que l'autre n'est pas revenu y rôder après notre départ.
- Pas de problème pour moi, dit Quil en attrapant un autre pancake. Tu me fais passer la confiture, Jake, s'te plait ?
- Tiens, dit Jacob en donnant le bocal à Quil avant de se tourner vers Embry. C'est ok pour moi aussi. On passe prévenir Sam et on y va. Vous êtes prêts ?
- V'arrive, s'étouffa Quil qui dut boire un verre de lait pour faire passer la trop grosse bouchée qu'il essayait d'avaler. Ah, ça va mieux ! Ceci-dit, après ce qu'il s'est passé, à moins qu'il ne soit suicidaire, ça m'étonnerait que l'autre ait eu envie de traîner dans les parages…


- Alice... Qu'est-ce qu'il se passe ?

Alors qu'elle s'apprêtait à s'assoir dans le canapé pour lire un magazine de décoration, Alice s'était brusquement arrêtée dans son mouvement et son regard s'était perdu dans le lointain de manière caractéristique. Les membres de sa famille, rassemblés autour d'elle, ne dirent plus rien et attendirent avec une certaine inquiétude que sa vision s'achève. Quelques secondes plus tard, Alice recouvra ses esprits, mais la mine qu'elle afficha en se laissant tomber dans le canapé ne laissa rien présager de bon.

- Alice...?, demanda doucement Esmée. Qu'as-tu vu ?
- Une succession d'images. D'abord interrompue, comme des flashs. Ensuite, plus nette et régulière. Des mouvements..., murmura Alice, troublée.
- De quoi ? Où ça ?, l'interrogea Edward qui vint de placer à côté de Bella, qui fixait Alice avec la même intensité que les autres.
- Dans la forêt, dit Alice en se concentrant, car ces images-là n'étaient pas nettes. Il y avait une traque, un vampire qui pourchassait quelqu'un ou quelque chose – je n'ai pas réussi à voir. Mais ce vampire..., ajouta-t-elle en relevant la tête pour regarder les autres, effrayée, c'était un Volturi.
- Un Volturi ?, souffla Edward, qui serra la main de Bella sous l'effet de la surprise. Les Volturi vont venir ?

Leur pire crainte.

- Oui, soupira Alice. J'ai également vu Félix dans la forêt - mais je ne sais pas ce qu'il y faisait. Ensuite, quand tout est devenu clair, j'ai vu les Volturi ici - chez nous.
- Chez nous..., répéta Carlisle en échangeant un regard inquiet avec Esmée. As-tu vu ce qu'ils venaient y faire ?

Alice allait répondre quand elle se figea à nouveau. Elle venait d'avoir une nouvelle vision qui dévoilait un peu plus les intentions des Volturi...


Cinq minutes plus tard, le calme qui avait habité la maison des Cullen tout au long de la journée s'était envolé pour laisser place à un sentiment d'angoisse. Bella tournait en rond sans qu'Edward ou n'importe qui d'autre ne parvienne à la calmer.

- Mais tu ne te rends pas compte ? Vous ne vous rendez pas compte ?!, s'écria-t-elle en regardant tour à tour tous les membres du clan qui l'observaient, calmement assis sur les canapés ou autres chaises qui habillaient la pièce. Ils viennent pour moi ! Pour voir si j'ai été transformée ! Félix devait être là pour ça et maintenant, il va aller faire son rapport à Aro, Caïus et Marcus, et ils vont tous venir pour s'en prendre à vous ! Edward, le supplia-t-elle en se précipitant sur lui, je t'en prie : accepte. Que ce soit maintenant ou à la fin de mes études, de toute façon, ce n'est qu'une question de temps. Alors transforme-moi maintenant, que je cesse de vous faire courir des risques !

Mais Edward afficha la même expression que d'ordinaire, lorsque Bella lui parlait de la transformer en vampire.

- Ça ne sera certainement pas fait comme ça, dit-il fermement. Ta transformation ne sera jamais une solution à nos problèmes.
- Edward a raison, Bella, intervint Alice en venant s'assoir à côté de son frère. Et puis, peut-être nous alarmons-nous trop vite. Si Carlisle a correctement interprété mes visions, ta situation ne serait qu'un prétexte et les informer qu'une date a été fixée leur sera suffisant.
- Et si ce n'est pas le cas ?, s'inquiéta Bella.
- Dans ce cas, nous nous battrons, répondit avec évidence Emmet, déjà prêt au combat. Tu peux compter sur nous.
- Calmez-vous, dit Carlisle en levant ses mains. Nous n'en sommes pas encore là et j'espère que nous n'aurons pas à y arriver. Cela-dit, Bella, Emmet et Edward ont raison : ta transformation, même si je sais que tu la languis, ne doit pas être décidée pour ce genre de motifs. Et si besoin il y avait, nous serions tous là pour te défendre – et nous défendre aussi, par la même occasion, ajouta-t-il avec un sourire léger.

Il balaya alors la pièce et tout le monde, depuis Jasper à Rosalie – même si elle montrait son exaspération habituelle – acquiesça d'un mouvement de tête.

- Plus concrètement, reprit Carlisle en regardant Alice, d'ici combien de temps les Volturi devraient arriver ?
- Moins d'un mois.
- Hum, ça risque d'être un peu court, mais ça reste jouable, songea Carlisle en se frottant le menton. Bella, dit-il ensuite en se tournant vers elle, il faut impérativement que tu joignes Jacob et lui dises que j'ai besoin de rencontrer Sam. C'est très important et ça nous concerne tous.
- Je vais l'appeler de suite.

Sur quoi Bella alla chercher son portable et se mit à l'écart sur le balcon pour passer son coup de fil. Quelques minutes plus tard, elle revint, l'air satisfaite.

- C'est bon. Ils attendent à la Push.
- Parfait, dit Carlisle.
- Je viens aussi, dit Edward en se levant.

Mais...

- Non, l'avertit Bella. Jacob m'a dit que seul Carlisle – et moi, si je le souhaitais – était attendu.

Edward souffla, contrarié.

- Je ne vois pas ce qui t'étonne, lui dit alors son père, pragmatique. De toute façon, ne vous inquiétez pas : dans ces situations-là, j'ai confiance en nos alliances... même si elles sont temporaires. Allons-y, Bella !


Une vingtaine de minutes plus tard, Carlisle et Bella arrivaient à la Push, où ils furent reçus chez Billy par la meute au grand complet. Peu étonnés par un tel comité d'accueil, Carlisle et Bella échangèrent un petit sourire complice.

- Docteur Cullen, Bella, les salua Billy. Je vous en prie, asseyez-vous.

Ils prirent place autour de la table de la cuisine sous le regard attentif et méfiant de bon nombre de présents – qui, suite à la demande de Sam, assisteraient à la rencontre sans pour autant y participer.

- Alors, commença Sam en fixant Carlisle, que se passe-t-il ?

Carlisle regarda tout d'abord qui se trouvait dans la pièce.

- Pour commencer, et vues les circonstances, il serait utile – et même essentiel – qu'Assline soit également présente à cette rencontre.

Sam anticipa aussitôt la réaction d'Embry et lui lança un regard de mise en garde avant qu'il n'ait eu le temps de bouger.

- Pour quelle raison devrait-elle être là ?, demanda Sam en fronçant les sourcils.

Carlisle prit un instant de réflexion et décida de ne pas tourner autour du pot.

- Parce que les Volturi seront bientôt ici. Et à moins que je ne me trompe – ce dont je doute, malheureusement – ils viennent car ils sont très intéressés par le pouvoir de cette jeune fille. Il serait donc utile qu'elle soit au courant.

Sa révélation eut l'effet qu'il craignait – à savoir : de la stupéfaction balayée par une vague de colère chez les Quileutes. Sam se leva d'un bon et prit appui de ses deux mains sur la table, fixant Carlisle d'un regard enflammé.

- Qu'est-ce que vous avez dit ?, articula-t-il lentement, menaçant.
- C'est un fait et croyez bien que j'en suis désolé, assura Carlisle qui resta d'un grand calme alors que Bella se raidit subitement sur sa chaise. Et d'autant plus qu'ils prendront l'inspection de ma famille comme prétexte pour venir et que tout cela pourrait trop facilement dégénérer d'un côté ou de l'autre – voir de tous les côtés à la fois.
- Que veulent-ils exactement ?, demanda Billy.
- Il semblerait que l'un de leurs gardes, qui était ici il y a peu de temps, ait été témoin d'une chasse entre un vampire et une humaine, dans la forêt, dit Carlisle. Il aurait alors assisté à des manifestations pour le moins inhabituelles – celles que nous connaissons désormais tous.

Les loups se regardèrent entre eux, alarmés. Ils comprirent enfin qui était le second vampire qui avait pris la fuite.

- Et...?, dit Sam, toujours tendu.
- Et il faut que vous sachiez que les Volturi, ou plutôt les chefs du clan des Volturi, sont friands de nouveautés, reconnut tristement Carlisle. Ils aiment avoir auprès d'eux des personnes dotées de pouvoirs extraordinaires qui renforcent leur image de souverains et les rendent encore plus puissants.
- Assline n'est pas l'une des vôtres, déclara froidement Sam.
- Ce genre de considérations n'affecte pas les Volturi, balaya sombrement Carlisle. S'ils veulent quelque chose, ils s'arrangeront pour l'avoir. Et même si elle n'est pas l'une des nôtres, ils leur suffiraient de la transformer pour qu'elle le devienne – qu'elle le veuille ou non.

Une explosion retentit brusquement dans la petite cuisine. Tous les loups se dressèrent d'un bond et s'en suivit un tollé général. Sam mit un moment avant de réussir à rétablir l'ordre et imposer le silence. Une fois chose faite, tout le monde se rassit enfin, excepté Embry qui fixait Carlisle. Ses yeux lançaient des éclairs. Sa haine des vampires pouvait se lire jusqu'au plus profond de ses pupilles et n'avait jamais été aussi grande.
Sam se rassit et consulta fugacement Billy du regard.

- Embry, dit-il ensuite. Va chercher Assline.
- Quoi...?, dit Embry en dévisageant Sam, incrédule. Tu n'as pas l'intention de…
- Fais ce que je te dis, le coupa Sam d'un ton calme mais sans réplique.

Carlisle fit alors un signe de tête confiant à Bella. Quelques minutes plus tard, Embry revint avec Assline qui marqua un temps d'arrêt en découvrant tant de monde rassemblé chez Jacob. Elle s'avança lentement, restant soigneusement derrière Embry, s'inquiétant de la mine sombre que chacun affichait, et prit place entre Embry et Jacob près du frigo. Une fois installée, elle porta son attention sur la jeune fille qui l'observait en se mordant une lèvre de l'autre côté de la table.

- Bella…, dit Assline en guise de salut, avant de regarder avec curiosité l'homme qui était assis à côté d'elle.
- Salut, dit Bella. Euh... Je te présence Carlisle Cullen, le père d'Edward.
- Oh..., fit Assline en replaçant correctement Carlisle à sa place. Le père d'Edward et donc également... un vampire ?, demanda-t-elle en réfrénant une grimace.
- C'est cela, sourit cependant aimablement Carlisle en se levant pour lui tendre la main. Mais un vampire qui entretient aussi les meilleures relations qui soit avec les humains, ajouta-t-il.
- Je n'en doute pas, répondit Assline qui fut soulagée d'entendre ces paroles, prononcées d'une voix suave qui mettait en confiance.

Spontanément, elle se leva et lui serra timidement la main, surprise de la froideur qu'elle dégageait, sous le regard méfiant d'Embry.

- Bien, dit ensuite Sam en se tournant vers Assline, qui sentit subitement le regard de tous les autres tomber sur elle. Tu dois te demander pourquoi tu es ici…

Assline approuva d'un mouvement de tête.

- C'est parce qu'il semblerait que l'agression que tu as subie dans la forêt ait des conséquences inattendues et pour le moins ennuyeuses, dit Sam.
- Lesquelles ?, demanda Assline, embarrassée, qui s'imagina tout d'abord que les attaques envers les Cullen avaient depuis redoublées.

Cela aurait expliqué la présence de l'un d'entre eux chez Jacob. Toutefois,

- Te souviens-tu de la seconde personne qui a fui sans t'attaquer, ce soir-là ?, demanda Sam.
- Euh... oui. Enfin, vaguement, réfléchit Assline. Elle était loin, il faisait noir et je ne l'ai vue que durant quelques secondes.
- Malgré cela, aurais-tu remarqué quelque chose de particulier chez elle ?, intervint Carlisle. N'importe quoi. Que cela soit dans sa posture, son accoutrement ou autre.
- Ah !, se rappela Assline. J'ignore si on peut qualifier ça de particulier pour un vampire, mais il portait une cape – je l'ai distinguée quand il est parti. Après, niveau corpulence, il était plutôt grand et massif. C'est tout ce que je pourrais vous dire.

Carlisle regarda Bella et souffla :

- C'était donc bien Félix et il s'agit d'Assline...
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?, dit Assline en regardant Carlisle avec inquiétude.

Elle sentit un nœud se former dans son ventre. Son hypothèse selon laquelle un vampire serait venu se plaindre d'elle chez les indiens s'envola brusquement, mais ce fut pour laisser place à une très désagréable impression. Assline continuait de fixer Carlisle quand Sam lui répondit.

- Il se trouve que ce vampire, contrairement à ce que nous avions tout d'abord supposé, n'avait en réalité aucun lien avec le premier. Il n'était pas là dans le but de chasser. Le hasard de son parcours l'a mené à cet endroit, à ce moment, et il a vu ce qu'il s'est passé lorsque tu as été agressée… et surtout, la manière dont tu t'es défendue.
- Et… ?, demanda Assline en cherchant de la main le bras d'Embry pour s'y accrocher.
- Et d'après les dires du docteur Cullen, poursuivit Sam en désignant Carlisle d'un mouvement de tête, ce vampire serait le serviteur d'un clan puissant auprès de qui il serait retourné sitôt disparu pour rapporter la scène à laquelle il venait d'assister.

Le nœud d'Assline se serra encore plus fort dans son ventre. Elle crispa ses doigts sur le bras d'Embry et ressentit en retour la chaleur de sa main qui se posa délicatement sur la sienne.

- Et… ?, répéta-t-elle en redoutant la réponse.

Sam la regarda droit dans les yeux. Assline fut parcourue d'un frisson.

- Et il semblerait – d'après les visions que le docteur Cullen nous a fait partager -, que ceux qu'il sert, les Volturi comme on les nomme, puissent bientôt venir ici pour… pour…

Sam eut du mal pour trouver les mots justes qui ne seraient pas trop brutaux. Mais :

- Pour moi ?, dit Assline d'une voix tremblante.

Le bref mouvement de tête de Sam lui suffit pour se sentir nauséeuse. Elle eut soudain l'impression de manquer d'air, ignorant si son corps préférait partir dans les pommes ou se vider de ses larmes.
C'était un véritable cauchemar. Chaque fois que les choses allaient mieux, c'était encore pire derrière. Des vampires – et elle le devina, des vampires qui ne ressemblaient en aucun cas à celui qui la regardait avec gravité à cet instant – allaient venir ici… pour elle. Mais qu'est-ce qu'ils lui voulaient ? Et qu'est-ce qu'elle avait fait ?
Sa gorge nouée au point qu'aucun son ne put en sortir, elle regarda Embry, les yeux larmoyants, complètement perdue. Il passa un bras autour de ses épaules et la serra contre lui.

- Ne t'en fais pas. Les choses ne se passeront pas ainsi, dit-il. Je te le promets : on ne les laissera pas s'approcher de toi. Ils ne te feront aucun mal.
- Et c'est justement la raison pour laquelle je suis ici ce soir, assura Carlisle. Le but de ma visite n'est pas simplement de vous mettre en garde – pour cela, un coup de fil aurait été suffisant. Je suis ici parce qu'il faut que nous collaborions.

Les Quileutes restèrent un instant tout à la fois sensibles et sceptiques sur le terme employé. La collaboration entre les loups-garous et les vampires n'était pas chose courante ou aisée. Et même si les Cullen et les Quileutes avaient su, il y a très longtemps de cela, trouver des terrains d'entente pour que chacun vive le mieux possible sur son territoire, ce n'est pas pour cela qu'ils en étaient devenus amis – loin de là, même. Pourtant, Carlisle avait raison et ils le savaient. Face à la menace des Volturi, ils n'avaient guère le choix.

- Et en quoi consisterait cette « collaboration » ?, demanda avec une réticence non feinte Sam, tandis que les autres approuvaient du bout des lèvres cet accord de principe.
- Comprenez tout d'abord que les Volturi sont les garants du respect et de l'application des lois qui régissent le monde des vampires, dit Carlisle. Pour eux, rien n'a plus d'importance que ce respect-là. C'est grâce à cela que nous pourrons peut-être nous en sortir sans dommage.
- Expliquez, dit Sam sous l'attention maintenant pleine de la meute et d'Assline.
- D'après les visions d'Alice, leur véritable objectif est de s'emparer du pouvoir de cette jeune fille, commença Carlisle.

Il regarda alors Assline avec bienveillance.

- Mais ils ne peuvent pas non-plus arriver en disant ouvertement cela – parce que c'est contraire à nos lois et à leurs façons « officielles » d'agir.
- Officielles ?, relava Sam, intrigué.
- Je vous ai dit tout à l'heure que les Volturi ne s'encombraient pas, par exemple, de savoir si telle ou telle personne qu'ils transformaient le désirait ou non. C'est dans ce sens qu'il y a l'officiel et l'officieux. S'ils veulent quelque chose et que c'est contraire aux lois qu'ils protègent, ils s'arrangeront autrement, à couvert. Ils savent que ce pouvoir n'est pas dû à l'un de ma famille, parce qu'ils nous connaissent tous. Ils savent également que Bella n'est pas un vampire, donc, elle n'a pas de pouvoir non-plus.

A ces mots, Jacob grogna imperceptiblement. Seule Bella le regarda, désolée de voir qu'il n'accepterait jamais sa décision de vouloir devenir un vampire.

- Ainsi, dit Carlisle, ils en ont déduit que ce pouvoir émanait de quelqu'un, un humain, qui se trouvait ici.
- Que vont-ils faire, alors ?
- Les visions d'Alice ne sont malheureusement pas toujours complètes – de plus, en fonction de la situation, elles peuvent évoluer. Mais là, Félix – le vampire qui était ici – ayant rapporté qu'il n'a pas vu l'un des nôtres, les Volturi sont certains que les Cullen n'ont rien à voir dans cette histoire et qu'ils n'ont donc pas à nous compter comme de potentiels opposants. La seule chose qui pourrait faire basculer cette position serait que leur prétexte prenne une mauvaise tournure. Ainsi, pour nous assurer qu'ils ne se méfieront pas de nous – vu qu'ils savent que grâce à Alice, nous serons tôt ou tard au courant de leur venue – il nous suffira de défendre uniquement le cas de Bella et feindre de ne pas savoir ce qu'il se passe dans la forêt.
- Et pour le cas d'Assline ?, ne put se retenir de demander Embry – que Sam ne reprit pas.
- Déjà, l'un des nôtres sera avec vous dans la forêt, pour vous aider.
- Pour nous aider à quoi ?, demanda Sam.
- Alice a vu une traque. Elle a vu au moins un vampire, mais pas ce qui était traqué. Mais compte tenu de ce qu'il se prépare et dans la mesure où elle est incapable de voir ce qui concerne les loups et Assline, je pense que la personne traquée était justement Assline.

La nausée menaça à nouveau la jeune fille qui était devenue blanche comme un cachet.

- Chose que nous ne laisserons pas faire, déclara fermement Sam.

Mais Carlisle remua la tête.

- Les Volturi ignorent votre existence et c'est là une grande force. Il faut impérativement que vous évitiez de vous exposer trop tôt et inutilement - que vous ne vous montriez que si vous n'avez pas le choix ou que le combat se termine assurément à votre avantage. Car si les Volturi apprennent votre existence, ils feront tout pour vous éliminer, croyez-moi, affirma Carlisle.
- Attendez un peu, dit Jacob en pointant Assline du pouce. Vous êtes en train de nous dire que l'on doit la laisser se débrouiller seule ?

Mais plutôt que réponde, Carlisle se tourna vers Assline.

- A quel point maîtrises-tu ton pouvoir ?, lui demanda-t-il.

A sa grande surprise, malgré la terreur éprouvée, elle parvint à répondre.

- Je ne le maîtrise pas du tout, dit Assline tout bas, un peu honteuse. Tout ce qu'il se passe, je n'ai pas l'impression que ce soit moi qui le contrôle. Sans doute ma présence permet-elle à des « choses » de se mettre en place, mais...
- Il va pourtant falloir que tu acquières ce contrôle, même un minimum. Il en va de ta survie et de celle de la meute, déclara gravement Carlisle.

Encore un poids qui lui tombait dessus sans qu'elle n'ait rien demandé. Embry la sentit faiblir.

- Ne la menacez pas avec ce genre de paroles !, s'énerva-t-il après Carlisle. Les Quileutes savent se défendre et n'ont pas pour habitude d'attendre pour protéger ceux qui en ont besoin ! Ce n'est pas là notre façon d'agir !

Paroles qui furent validées par tous les autres.

- J'essaie simplement de vous expliquer, reprit patiemment Carlisle, que foncer droit dans les Volturi, pour bien les connaître, n'est pas la bonne solution. Et que si Assline parvient à un tant soit peu maîtriser son pouvoir, les choses pourraient être bien plus simples.
- Comment cela ?, demanda Billy.

Carlisle se tourna vers lui.

- Les Volturi n'agiront pas de manière flagrante, comme je vous l'ai déjà expliqué, donc ils viendront certainement en petit comité officiel pour nous voir, tandis que d'autres s'occuperont de traquer la personne détentrice de ce pouvoir. Et tout ça se fera dans l'ignorance feinte et générale.
- Donc si on arrive à se débarrasser discrètement de ceux qui en veulent à Assline, les autres ne pourront pas se plaindre qu'ils auront disparu parce qu'ils n'étaient pas censés être là, c'est ça ?, interrogea Jacob, sceptique.
- C'est ça, confirma Carlisle.
- Vous êtes en train de nous dire qu'après avoir fait un long chemin pour s'emparer d'une chose qu'ils convoitent, si leur plan ne marche pas, ils feront simplement machine arrière ? Ils ne vont pas foncer dans le tas, quitte à faire un carnage pour obtenir ce qu'ils veulent ?, insista Jacob.
- C'est complètement débile. Ils sont bêtes ou quoi ?, s'agaça Paul.
- Non, ils ne sont pas bêtes, dit Carlisle en remuant lentement la tête. Mais ils ne viendront probablement pas seuls. Et même si les membres de leur garde rapprochée partagent leur façon de faire, les autres non. Donc ne serait-ce que par rapport à eux, ils sont obligés de s'en tenir à la version officielle. De plus, ils savent que nous ne resterions pas spectateurs s'ils décidaient de s'en prendre à des innocents pour leurs bons plaisirs. Et si une bataille avait lieu entre eux et nous, même s'ils gagnaient, ils savent qu'ils auraient trop à perdre en respectabilité – chose qui a encore plus d'importance à leurs yeux.
- Et vous seriez prêts à vous lancer dans la bataille s'ils s'en prenaient à nous, même si ça ne touche pas vos intérêts personnels ?, interrogea Billy en haussant les sourcils.
- Oui.
- Pourquoi ?
- Parce que nous sommes ainsi, répondit simplement Carlisle. Se nourrir du sang des animaux plutôt que des humains est un choix de vie difficile. On finit par s'y faire, mais on sait aussi que l'on vivra toute sa vie dans la frustration. Mais ceci n'est qu'une conséquence du choix que nous avons fait : vivre en bonne entente avec les humains. Ainsi, cela comprend aussi de les défendre contre ceux de notre race qui s'en prendraient à eux sans raison.

Le haussement de sourcils de Billy disparut pour laisser place à un air sage.

- Vous êtes décidément une bien curieuse personne, docteur Cullen, dit-il alors, appréciateur.
- Dit de la sorte, je vous en remercie, sourit Carlisle.
- Donc, revint sur le sujet Paul, si vos Volturi n'attaqueront pas à découvert et qu'il faut se débarrasser de ceux qui courront après Assline dans les bois, vu qu'on restera dans les bois nous aussi, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas les attaquer directement, ceux-là.
- Vous ne le pourrez peut-être pas, parce que les Volturi disposent de gardes qui possèdent des pouvoirs spéciaux face auxquels vous ne pourrez rien. Et il n'est pas dit que certains d'entre eux ne participent pas à la traque.
- Quels pouvoirs ?, demanda Sam.
- Torturer par la pensée... Priver de ses sens... Inspirer la confiance pour mieux vous atteindre... Et tant d'autres face auxquels on ne peut que difficilement lutter. Mais elle, si, assura Carlisle en regardant Assline. Si les vampires ne peuvent l'approcher en deçà d'une certaine distance, ils ne pourront rien contre elle - si tant est que ceux qui se lanceront à sa poursuite soient dotés de pouvoirs, évidemment. Mais ça, nous ne pouvons encore le dire. Nous le pourrons seulement quand nous y serons. Et comme nous ne disposerons alors d'aucun moyen pour vous le faire savoir, afin d'assurer au maximum la sécurité de tous, Assline devra acquérir d'ici leur arrivée la maîtrise de son pouvoir et vous devrez attendre le dernier moment pour vous montrer.
- Quand doivent-ils arriver ?
- Dans moins d'un mois.

Embry regarda Assline, soucieux et silencieux. Elle le savait : elle n'avait pas le choix. Le compte à rebours était lancé, elle avait moins d'un mois pour être prête. C'était ça ou faire encourir des risques mortels à tous ceux qui avaient décidé de veiller sur elle…