Après avoir attendu 5 minutes pour être sûr de ne pas le croiser sur le chemin, je décide d'aller voir le match de Fred malgré tout. Après tout, je me suis rattrapé niveau devoirs et je n'ai pas grand-chose d'autre à faire. Je m'installe à côté d'Anna, qui avait gardé une place pour moi à ses côtés.
Les joueurs s'avancent sur le terrain. Tout le monde autour de moi se met à applaudir avec engouement et je me rends compte que ce n'est peut-être pas ma place. Seulement, j'apprécie de venir supporter mon ami, et ça, même s'il n'est pas d'accord. J'aperçois Frédéric, anxieux, il regarde dans les gradins à la recherche de sa sœur probablement et, quand ses yeux rencontrent les miens, son air change. Loin d'avoir l'air paniqué, il semble déborder d'énergie et saute sur son balai pour faire ses acrobaties. Je ne peux m'empêcher de me demander qu'est-ce qui l'a rendu si sûr de lui et soudain, je me rend compte que je ne sais même pas à quel poste il joue.
« Il est gardien » m'informe Anna. « Il va tous les massacrer aujourd'hui ! Vas-y Fred, casse leur la tronche ! », hurle-t-elle alors, m'obligeant à couvrir mes oreilles. Les Poufsouffles s'avancent alors à leur tour. Le gradin situé en face du nôtre se met alors à exploser en cris, acclamations et encouragements.
Le match commence alors et les Serdaigles marquent les premiers. Les poufsouffles contre-attaquent et égalise. Fred me jette un regard, inquiet et lorsque je lui fait signe en souriant bêtement, il semble alors se réveiller et commence à faire le tour de ses trois goals. Les poursuiveurs se mettent alors en tête de marquer le plus possible pour éviter de mettre la pression sur Fred. De son côté, il arrête de nombreux tirs adverses, s'attirant à chaque fois les acclamations de la maison entière.
En définitive, les serdaigles récupèrent le vif d'or et le score s'immobilise avec 280-50. Les coéquipiers de Fred s'élancent alors sur lui pour le soulever, symbolisant son important rôle dans la victoire.
Anna soupire de soulagement.
« Au début, il ne voulait pas que tu viennes » me confie-t-elle. « Il était vraiment nerveux pour son premier match et sa première idée, c'était de ne pas te décevoir. Tu sais, il a sa fierté. Mais tu comprends, il pensait qu'il lui aurait été impossible de se concentrer correctement sur le match avec cette idée-là en tête. Malgré tout, tu as bien fait de venir. Tu as pu le voir triompher, comme il le souhaitait. Je ne comprends pas pourquoi ça lui tenait tant à cœur alors que tu n'y connais rien au Quidditch enfin bon, l'important c'est que tu ais pu venir le soutenir, n'est-ce pas ?», finit-elle par avouer.
Dire que j'aurais pu faire tout rater. Je m'en veux, à quel point puis-je être égoïste. Ce sport ne m'intéresse même pas et j'aurais pu faire rater les chances de réussite de Fred. Quel abruti je fais.
Je remercie Anna pour tout et file dans le dortoir.
J'entends les cris d'acclamations venant d'en bas mais je ne peux pas m'arrêter, pas maintenant. Fred n'a pas nettoyé la chambre cette semaine, c'est ma chance de me rattraper. La fête en l'honneur de la victoire des Serdaigles ne fait que commencer et je suis à quatre pattes, passant le balai sous le lit de Frédéric pourtant, quelqu'un ouvre la porte, sans prévenir. Me laissant mourir de honte pendant de longues secondes, Fred finit par fermer la porte derrière lui et me demande.
« Mais, qu'est-ce que tu fais ? La fête bat son plein en bas. Je sais que je ne t'ai pas prévenu mais je suis content que tu sois venu au match », dit-il, le sourire prêt à se transformer en fou rire au prochain faux pas de ma part.
« Je suis occupé à nettoyer la chambre, vois-tu. »je lui dis sur un ton condescendant.
Je finis par soupirer, fatigué par mon propre comportement.
« Je savais que tu voulais pas de moi au match, et je suis venu quand même. Je-J'aurais pu tout faire rater pour toi. Anna m'a expliqué tout à l'heure à quel point tu étais nerveux et je-je voulais faire en sorte de me rattraper vis-à-vis de cela. »
Entendant cela, Fred s'est approché de moi et a posé sa main sur ma tête. C'est vrai qu'il avait fort grandi pendant l'été, il avait bien une tête en plus que moi. Il me dit alors :
« Tu n'a pas besoin de faire ça, viens t'amuser avec tout le monde, en bas. De plus, c'est de ma faute, j'aurais dû te dire clairement ce qui n'allait pas et, en fin de compte, c'est à toi que je dois ma victoire.
Devant mon air interrogateur, il ajoute :
« Si ce n'était pas pour toi, je n'aurais sûrement pas rattraper tout ces souaffles tout à l'heure. » Puis, en s'éloignant, il me dit :
« Maintenant, range ce balai et descends dans la salle commune. » et il ferma la porte derrière lui.
Décidément, ce fut une drôle de journée.
