Bonjour ! J'espère que vous ne mourrez pas de chaud chez vous (sauf si vous aimez bien : alors go on!), que tout se passe bien ^^ bonne lecture !
Lorsqu'elle sortit de ses songes, Maxance fut d'abord quelques secondes déstabilisée. Il lui fallut un instant pour se rappeler pourquoi elle n'était pas dans son appartement. Un coup d'œil sur les alentours et elle nota que son voisin s'était tourné vers elle dans son sommeil. Sans geste brusque, elle se recula jusqu'à se retrouver dos contre son torse.
Une poignée de secondes plus tard, il gigotait dernière elle, signe que ce changement l'avait réveillé. Curieuse de voir sa réaction, elle fit mine d'être toujours endormie. Elle le sentit s'étirer pour être plus confortable et finit par juste poser un bras sur sa taille. Assez pour reconnaître sa présence, mais pas pour l'empêcher de partir.
Son regard capta l'heure et elle en vint à la conclusion qu'il fallait qu'elle se lève. Une seule salle de bain était disponible, donc il fallait prendre en compte le temps que tous les deux mettraient à se préparer. Et elle n'était pas d'humeur à courir ce matin. Lentement, elle commença à s'extirper de sous son bras, sans grand succès. Il n'avait pas l'air de vouloir inconsciemment bouger à nouveau. Elle choisit donc quelque chose de plus direct : elle le saisit avant de le retirer de sur elle. Ce fut à ce moment qu'il rouvrit les yeux pour comprendre la situation. Dans un chuchotement, elle lui demanda si elle pouvait utiliser la salle de bain. Dans un hochement paresseux de la tête, il se retourna sous les couvertures.
Elle fila donc prendre une douche et se brosser les dents. En une demi-heure elle revint prête dans la chambre, propre et habillée. Quand il prit sa place, il l'informa qu'il venait de faire du café si ça l'intéressait. Le temps de sa douche, elle en dégusta un avant de retourner dans la chambre rassembler ses dernières affaires traînantes. Puis pour aussi satisfaire sa curiosité sur la décoration. Elle n'irait pas jusqu'à fouiller, mais elle appréciait la découverte de cette facette plus intime de sa vie. Alors qu'elle reprenait son téléphone qu'elle avait laissé sur la commode, il rouvrit la porte donnant sur la salle de bain. Ses pupilles s'éternisèrent plus que nécessaire sur lui. Elle aimait bien le voir en costume. C'était une tenue qui sciait à son caractère.
- Tu as récupéré tout ce qu'il te faut ?
- C'est une façon de me mettre dehors ?
Elle ne le prenait pas mal du tout. Elle mima simplement d'être choquée par son attitude. À sa réaction, elle su qu'il n'en crû rien. Il s'avança même dans sa direction jusqu'à la forcer à entamer un repli vers l'arrière.
- Tu aurais fini dehors il y a quelques heures si je l'avais voulu.
- Tu es tellement méchant.
Elle fit sa réplique sous le ton de la provocation. À l'éclair d'intérêt qui traversa son regard, elle comprit que ça lui plaisait. Il eut même une touche de malice dans son expression.
- Et tu ne trouves rien de plus attirant.
- D'accord, je sais ce que j'ai oublié ici.
- Je t'écoute.
- Un Hippolyte très vilain qui ne sait pas tenir sa langue dans sa poche en terme d'auto-glorification.
Il pouffa ironiquement. Amusée, elle passa un bras autour de sa nuque dans une tentative de l'attirer vers elle. Ce qui ne fonctionna pas. Il força pour se maintenir droit et donna de petits coups très léger du bout de ses doigts au niveau de ses côtes. Sensible de ce côté-là, elle tenta à plusieurs reprises de s'éloigner de sa main. Sans succès, évidemment. Elle s'essaya donc à attraper son poignet pour l'arrêter mais il copia sa stratégie.
Ils se chamalièrent jusqu'à ce qu'il fasse en sorte qu'elle perde l'équilibre et tombe sur le lit. Enfin, ce n'était pas forcément volontaire mais elle n'y croyait que très peu à cette option. Elle était certaine qu'il l'avait fait exprès, surtout avec ce qui suivit. À peine eu-t-elle le temps de se rattraper qu'elle le voyait la rejoindre. En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, il avait totalement tourné la situation à son avantage. La surplombant comme une cage le ferait, il ne lui laissa pas d'issu de secours. Elle ne pouvait même plus se détourner de son regard sournois. Lorsqu'elle tenta un mouvement à la suite de ce constat, il la doubla encore une fois.
Au départ, elle souhaitait se redresser. Au final, elle finit les deux poignets bloqués à la même hauteur que sa tête. Contrariée, elle tenta de tirer pour se libérer mais il affirma sa pression pour la bloquer bien plus contre le matelas. Un léger stresse la prit lorsqu'elle réalisa être prise au piège. Avant de se concentrer sur lui et non sur l'idée de fuite. Ça ne la mènerait à rien. Il l'observa se débattre, sans n'agir plus que ce qu'elle avait sentit. Il ne lui sembla pas qu'il cherchait à profiter de la situation. Juste la maintenir ainsi paraissait le contenter. En somme, juste gagner le sentiment de se sentir la dominer. Sa propre voix se fit exigeante, un peu précipitée.
- Lâche-moi.
- Non.
Il eut un sourire digne du sadique qu'il était. Elle fut soulagée qu'il ne possédait pas ses pouvoirs, sinon il agirait beaucoup trop souvent comme ceci pour profiter d'une situation.
- Tu me fais mal.
- Excuse refusée. Nous savons tous les deux très bien que ce n'est qu'un mensonge.
Certes, ce n'était peut-être pas la meilleure stratégie à adopter. C'était un avantage remarquable pour lui de pouvoir faire varier le poids qu'il exerçait sur elle tout en sachant exactement ce qu'elle ressentait. Ce point-ci, elle lui accordait. Cependant, ce qu'il ajouta la déstabilisa vis-à-vis de ses intentions réelles. Il s'était penché un peu plus vers elle, le temps de lui glisser d'une voix plus basse ces mots.
- Puis, sois honnête avec toi-même, est-ce que ça te dérangerait tant que ça ?
Elle voulut répliquer en prenant part à son jeu, avant d'interpréter véritablement le sens de sa question. Ça lui donnait matière à réfléchir. L'effort qu'elle mettait à résister s'effondra. Il parut se rendre plus pointilleux sur ses réactions lorsqu'elle modifia son attitude. Pour ne pas perdre de son influence, elle mit dans ses traits tout le vice dont elle était capable. Puis, elle se redressa comme elle pouvait sans forcer pour rapprocher à son tour son visage du sien.
- Qu'est-ce qui te plairait le plus de me faire, dis-moi ? Qu'est-ce qui te ferait le plus frémir, mes gémissements de douleur que tu me provoquerais ou la sensation de ton corps qui serait fébrile de tant d'énergie à emmagasiner … ?
Ses yeux se baissèrent volontairement une seconde de trop sur son piercing avant de remonter vers ses yeux. Elle eu un petit sourire complice. Elle ne ressentait pas à proprement parler ce que ses émotions lui dictaient. Seulement, elle les devinait avec son langage corporel. Avec ses dents, elle pinça sa lèvre inférieure. Elle jouait d'une innocence feinte, dont tous deux connaissaient l'imposture.
- Tu es sûre de vouloir prendre ce rôle à ce jeu-là ?
Il appuya un peu plus fermement sur ses poignets. Sa poigne fut serrée, cette fois-ci elle sentait très bien sa force. Elle ne perdit pas contenance, se lança même dans de nouvelles tentatives. Elle se tendit du mieux qu'elle pu avec cette nouvelle contrainte pour se rapprocher encore un peu plus. Également pour donner à sa voix un timbre plus suave.
- Certaine. Qu'en est-il de toi, Hippolyto Sempaï ... ?
Elle comprit tout de suite que le jeu s'était terminé sur ce choix de nomination. À la crispation subite de sa mâchoire, elle su qu'il n'était pas très admirateur de son élan imaginatif. Cependant, elle fut surprise lorsqu'il alla jusqu'à se redresser, avant de décider de se lever. La frustration ne vint qu'après. Sa bouche s'entrouvrit quand elle ne le vit même pas lui jeter un regard, préférant aller s'armer de ses effets personnels.
- Fini de s'amuser, aucun de nous deux n'a envie d'arriver en retard au travail. Je t'accompagne jusqu'à la rame de métro la plus proche.
Dans un soupir intérieur, elle prit sa suite. Tant pis, ça ne l'empêchera pas d'utiliser à nouveau ce surnom. Elle trouvait qu'il lui allait bien.
[...]
Assise au sol, contre le mur annexe au bâtiment, ses genoux étaient remontés contre elle. Ce que c'était long d'attendre. Elle se répétait cette idée depuis qu'elle était arrivée. Les employés commençaient à sortir, pas beaucoup à chaque fois. Des visages qu'elle ne connaissait pas, encore et encore. Ceci jusqu'à ce qu'elle lève les yeux pour tomber sur le DRH. Il venait d'arriver à la porte avec un autre homme, inconnu pour sa part. Contrairement aux autres, elle ne passa pas inaperçue. Celui qu'elle connaissait s'arrêta, levant un sourcil perplexe.
- C'est une de tes candidatures spontanées ?
Son voisin venait de se pencher vers lui pour l'interroger, une expression enthousiaste sur le visage. Qu'est-ce qu'elle annonçait ? Un véritable tortionnaire dans son travail. Le concerné n'eut qu'une réaction de fausse politesse.
- Dis-moi Caleb, ne viens-tu pas de me dire que tu attendais avec impatience de rentrer chez toi boire un bon café ?
- Roh, ça va hein. Un petit caprice de temps en temps ça ne fait pas de mal. Allez, à demain Hippolyte. Essaye de pas trop salir.
- Je croirais entendre Trueman …
Cette dernière phrase, il l'avait marmonné tandis que son collègue s'en allait d'un air débonnaire. Ils reposèrent leurs regards l'un sur l'autre. Agacée par sa taille qui la dominait largement plus dans cette position que dans une autre, elle se leva pour se poster face à lui.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? On avait un truc de prévu ?
- Non, je ne crois pas. Ça fait un moment d'ailleurs.
- C'est vrai. Donc ? Ta présence ici ?
- À mon plus grand regret, je suis en mission pour Armand.
Elle venait de presque cracher son nom. Cette idée même l'irritait mais elle n'avait pas le choix. Il l'avait aidé, elle lui en devait une. Le DRH acquiesça, peu intéressé, avant de reprendre la parole.
- Tu fais quelque chose après ?
- Non. Tu as une idée en tête ?
- Ça veut dire aussi que ça fait longtemps que tu n'as pas essayé tes pouvoirs sur moi. Devrais-je croire que tu abandonnes ?
Inconsciemment, sa lèvre inférieure se retrouva prisonnière entre ses dents. Tant son ton que son attitude dénotaient la provocation du prédateur. Elle termina sa réaction d'un pouffement.
- J'y parviendrais.
- J'en doute. Fais-toi à l'idée que je suis un meilleur Super-Vilain.
Elle vit son corps prendre une posture plus prétentieuse. Crispée par ce détail, elle décida d'accélérer les choses. Précipitamment, elle déclencha à fond son pouvoir.
- Qu'en dis-tu de commencer maintenant ?
Elle nota son sourire d'amusement. En quelques pas elle fut à son niveau, sans le quitter du regard. Il n'avait pas bougé d'un centimètre. Ainsi, il la regardait de haut.
- Quelle capacité de t'imposer à quelqu'un. Je suis impressionné.
Son sarcasme la motiva. Sa barrière se faisait toujours aussi forte mais elle forçait. Ses doigts s'armèrent de sa cravate avant de le tirer vers elle. Leurs visages s'étaient rapprochés.
- Tu disais ?
- Tu peux mieux faire pour me convaincre.
Ce fut sur cette phrase qu'elle posa ses lèvres sur les siennes. Ça lui avait manqué, ce petit frémissement le long de son échine. Elle regretterait peut-être, mais elle ne lui laissa pas une seule chance de s'en aller. Même s'il ne semblait pas le vouloir. Ils s'entendaient mieux d'un seul coup, elle trouvait. Ils partageaient le même langage. Leurs corps se rapprochaient quand ils entendirent un raclement de gorge agacé. Immédiatement l'employé se recula et remit sa cravate correctement.
- Vous ne voulez pas non plus vous envoyer en l'air sur mon parking, non ?
- Non, bien évidemment. Par contre sur ton bureau oui, c'est mieux niveau confort.
Le PDG lui lança un regard des plus noir. Elle espérait lui avoir rien que créé une image mentale pour mériter ça. Son voisin n'en disait pas autant.
- Monsieur le directeur. Je ne vais pas vous déranger plus longtemps, vous avez des choses à régler qui ne rentrent pas dans mes honoraires.
- Bonsoir Hippolyte.
Il se retira. Restés seuls, ils se fixèrent d'un air de défi. Après un court instant, le cadet Trueman reprit la parole.
- Tu as ce que je t'ai demandé ?
- Oui. Ça n'a pas été des plus simples.
Elle fouilla dans son sac en bandoulière jusqu'à sortir une disquette. Son vis-à-vis tendit la main vers celle-ci pour la récupérer mais elle la retira de sa portée.
- Qu'est-ce que tu manigances ? Le deal était que je l'ai en ma possession, pas juste un constat de son existence.
- Les choses ont changé, j'en ai également besoin. Ne crois pas que je vais m'en débarrasser comme ça.
Elle le vit glisser les mains dans ses poches, redresser le menton. D'une apparence relâchée mais son regard ne trompait pas. Il était parfaitement concentré. Et contrarié. Elle se mit à jouer avec l'objet entre ses doigts.
- Quel est ton prix ?
- Aucun. J'ai fais quelques petites recherches, c'est une mine d'or ce truc.
L'argent ne serait pas un argument. Pas aujourd'hui. Elle fomentait depuis quelques jours déjà un plan pour en tirer le plus de cette vieillerie. Ça ne sembla toutefois pas convenir à son comparse.
- Ton prix. J'attends.
- Je me libère de ma dette si tu n'acceptes qu'une copie.
- Donne-la moi et je reviens une fois que c'est fait.
Elle pouffa. Pour qui se croyait-il ? C'était évident qu'elle allait refuser.
- Ne me prend pas pour une idiote. Je ne vais pas courir le risque que tu l'égares dans ta tour d'ivoire par «accident».
Elle se délecta de la vision de sa mâchoire qui se crispa. C'était plus que délicieux. Finalement, ce n'était peut-être pas si désavantageux cet accord de lui rendre service. Ils rivalisèrent du regard pour celui qui changerait d'avis.
Seulement, il avait tout à perdre s'il tentait encore de la manipuler. Elle partait et il n'avait plus rien. Adieu ses petits projets personnels. Puisqu'il n'y avait aucun contrat entre eux, c'était purement tacite. Donc aucune arme légale selon le bon vouloir de l'employeur pour faire respecter des engagements. Puis, même s'il réglait ça par hommes de main, elle était capable de se défendre.
Il finit par tourner les talons. Une seconde, elle crû qu'il allait abandonner son gain. Cependant, il composa le code de l'entrée et ouvrit la porte. La retenant un bref instant, il lui laissa juste le temps de l'attraper. Un sourire de victoire étira ses lèvres au premier pas qu'elle fit à l'intérieur.
[...]
Maxance marchait nerveusement vers l'immeuble où elle était attendue. Une femme l'attendait déjà devant, vêtue d'un tailleur. Subitement, elle se sentit de trop. Dans ses converses, son jean et sa petite veste, elle n'était pas tout à fait habillée de la même classe. Fort heureusement, son interlocutrice ne semblait pas en tenir rigueur. Elle l'accueillit d'un sourire amical. Après une brève poignée de main, elle joignit à son expression un accent allemand prononcé.
- Bonjour. Le voyage n'a pas été trop long jusqu'ici ?
- Bonjour. Je viens juste d'atterrir, en fait. J'ai juste eu le temps de faire déposer mon bagage à l'hôtel. C'est pour ça ma tenue …
- Ce n'est pas grave. Veuillez me suivre.
Elle replaça la lanière de son sac à dos et pris sa suite à l'intérieur. Un grand hall l'accueillit, avec un sol impeccable et des pans de mur juste constitués de fenêtres ou de formes de miroir. Au centre, une réception. On lui proposa de boire quelque chose et elle accepta volontier un café. Elle en avait véritablement besoin.
Tandis qu'elle attachait à sa poche le badge «visiteur», la femme lui indiqua le chemin à suivre. Elle ne mit pas de temps à arriver au bon étage. Assit sur un canapé, son collègue vint à son niveau pour la saluer. Après un bref échange, elle apprit qu'ils devaient patienter. Plus loin, les personnes avec qui ils avaient à discuter étaient encore occupées. On lui transmit une pochette avec les informations nécessaires. Tandis qu'elle sirotait sa boisson, elle commença à la consulter.
Alors que son café se finissait, elle sentit son portable vibrer. Elle le sortit de sa poche et constata que le destinataire de l'appel qu'elle recevait se trouvait être le DRH. Une moue se dessina sur ses traits, hésitante. Tandis qu'elle réfléchissait, son collègue lui indiqua une pièce en lui disant qu'elle pouvait s'isoler pour prendre l'appel. De toute façon, ils avaient du temps devant eux. Elle le remercia et fila avec sa pochette. À l'intérieur, elle s'assit sur un canapé pour continuer à regarder ses documents.
- Allô ?
- Tu te rappelles ce livre érotique dont tu m'avais parlé ?
Ce fut plus fort qu'elle, elle eut un sourire en entendant sa voix ; même s'il avait l'air irrité. En plein manque de sommeil, elle n'avait qu'une envie : s'allonger contre lui et le laisser lui raconter pendant des heures tout ce qu'il voudrait dans un murmure apaisant. Seulement, bien évidemment, ce n'était pas possible sur le moment.
- Je t'en ai parlé de plus d'un.
- Le dernier.
- Oui.
Non.
- Tu l'as lu ?
- Je l'ai avec moi. Je ne comprend pas très bien ce qui t'intéresse dans ce qui est décrit.
Elle jeta un coup d'oeil à sa montre. Il ne devait sûrement plus être au travail. Elle chassa l'image que son esprit lui donna. Il n'était pas tout à fait temps de penser à un Hippolyte potentiellement à l'aise sur son canapé, en train de s'intéresser à ce genre de livre. Ou pire : dans sa chambre. Elle sortit un document retraçant la liste des personnes qu'elle devait rencontrer ; tout en essayant de se concentrer sur sa conversation et ses souvenirs de sa lecture.
- Ce n'est pas vraiment ce qu'il se déroule. Plutôt la manière dont c'est présenté.
- … Donc un homme qui plaque une femme contre un mur en lui racontant ce qu'il veut lui faire ?
Il ne semblait pas tout à fait convaincu. Ses lèvres se pincèrent pour retenir un rire.
- Tu ne trouves pas que ça ressemble à quand on était à la Power Party ?
Il y eu une courte pause, où elle entendit du bruit dans le combiné. Elle supposa qu'il venait de s'installer plus confortablement, au soupir discret de satisfaction qu'il poussa. Avant de lui répondre avec ce qu'elle jugea être de la mesquinerie pure et dure.
- Si j'avais fait une liste de ce qui m'aurait plu de te faire, tu aurais pris peur.
La petite prétention dans sa voix ajouté au sens de sa phrase la fit frissonner. C'était exactement de ceci dont elle rêvait actuellement.
- Tes pratiques ne m'effraient pas. Ça fait parti de qui tu es et j'ai tout sauf peur de toi.
Il y eut un nouveau silence avant qu'elle entendit plusieurs bruits de pages tournées.
- Si j'en réfère à un chapitre, ça voudrait dire que … Attend, je retrouve la formulation exacte. Hm … Tu aimes bien la «torture psychologique qu'il m'infligeait à chacun de ses regards. À la sensation d'embrasement à chacun de ses mots. Je me consumais sous l'envie de le supplier d'arrêter, tant que sous celle de rêver qu'à jamais il continue.».
Elle se souvenait à présent précisément du passage qu'il avait sous les yeux. Par contre, elle eu le rouge aux joues lorsqu'il poursuivit. Uniquement parce qu'il prit un ton de voix beaucoup plus dans les basses. Elle n'était pas tout à fait dans le genre d'endroits adapté pour avoir cette discussion.
- Est-ce que je te fais ressentir ça aussi quand on se voit ?
- …
- Tu ne peux pas prétendre ne pas m'avoir entendu. J'attends une réponse, Max.
Elle sentit très nettement le frémissement remonter son échine lorsqu'il ponctua sa phrase d'un «Max». Pourtant, elle n'aimait pas voir son prénom être raccourci. Toutefois, ici il eut la combinaison parfaite pour faire résonner quelque chose en elle juste par ces trois lettres. Elle eu du mal à se contenir.
- Pourquoi tu me dis ça ?
- Tu as mis ce passage en avant.
Elle avait subitement envie de se cogner la tête contre le mur. Elle aurait dû vérifier ce genre de détails avant de lui prêter son exemplaire. Souhaitant calmer le jeu, elle tenta de tempérer les choses.
- Ce n'est pas forcément pour ça que je l'ai mis. C'est bien formulé.
- Vraiment ? J'ai une bien meilleure idée alors.
- Laquelle ?
- Tout d'abord, tu pourrais venir me retrouver chez moi. Puis, on se mettrait à l'aise. Je pourrais te mettre en scène dans un tout nouveau chapitre de ton livre.
Les mots lui manquèrent. Est-ce qu'il essayait vraiment de jouer avec elle sur ce terrain-là ? Face à son silence, il reprit la parole pour ajouter à son supplice.
- À moins que tu préfères que je te raconte en détails tout ce que je planifie déjà de te faire ?
Ce fut à cet instant qu'une femme rentra dans la salle. À l'allure excentrique, mais surtout en train de se plaindre au téléphone en allemand. Peut-être qu'un jour elle fera l'effort de s'intéresser un peu plus à cette langue. Elle se racla la gorge et profita d'un silence de l'autre personne pour reprendre ses esprits.
- La première proposition est plus qu'avantageuse. Seulement, je suis en voyage professionnel à Munich pour quelques jours. Monsieur Kurtzmann, il va falloir reporter cette «entrevue».
- Hippolyte Kurtzmann ?
C'était la femme dans la même pièce qu'elle qui venait de compléter le nom. Stupéfaite, elle se figea. Dans la liste des noms, elle avait effectivement vu une «Hitomi Kurtzmann». Seulement, elle ne s'était pas dit qu'ils pouvaient être de la même famille. Maintenant, elle en doutait. Elle n'eut pas le temps de réagir que la femme ferma son propre téléphone pour s'approcher d'elle.
- De Paris ?
- Euh … Oui. Vous vous connaissez ?
- Hippolyte est mon petit-frère.
Sans prévenir, elle lui arracha l'appareil des mains. Les yeux écarquillés, elle la vit se mettre à s'enthousiasmer dans la langue de Goethe. Ceci à base de «ich bin so glücklich der dich hören» ou «du muss aus Deutschland kommen». Ou encore «Hast du Feiertagen und Ferien, oder ?». C'était plutôt d'ailleurs plus un monologue qu'une discussion. Une personne passa la tête à la porte pour indiquer à la chanteuse de revenir par ici. Elle ajouta un simple «Kommt aus Deutschland mein Bruder !» sous le ton de l'ordre et lui rendit l'appareil. En moins d'une respiration elle avait disparu. Interloquée, elle reprit en écoute son interlocuteur qui semblait irrité.
- Ich komme nur für dem Münchner Oktoberfest.
- Hippo', elle est partie. Repasse en français.
- Scheiße. Qu'est-ce que tu fais à Munich ?
Elle eut un petit sourire en entendant la toute fin d'accent germanique sur le début de sa phrase avant qu'il ne repasse en normal.
- J'y suis pour le travail. Des envies de venir dans ta terre natale en vacances ?
- Ne t'y met pas toi aussi.
- Je ne me venge que de la situation d'il y a deux minutes plus tôt.
- Je te ferais regretter.
- Ouais, ouais.
Elle ne comptait pas le laisser recommencer. C'était bien assez difficile d'être dans un pays où elle ne comprenait pas ce qu'il se disait. Son collègue lui fit signe à travers la vitre qu'ils devaient travailler. D'un hochement de tête, elle lui confirma avoir compris. Il était temps d'abandonner son chevalier noir.
[...]
Elle était rentrée de Munich depuis peu. Quelques jours à peine. Installée confortablement dans son lit, elle échangeait depuis une bonne heure déjà avec le DRH par messages. Depuis la fois précédente, elle cherchait à se venger. Tandis qu'elle en préparait toujours le plan, son portable vibra une nouvelle fois dans sa main.
«Hippolyte, 22h18, dit:
J'avouerais ma faiblesse; et je sentirais en moi un mouvement involontaire, mais délicieux.»
«Max, 22h19, dit:
Mon cher Chevalier, vous n'êtes peut-être qu'un exemple de plus du danger des liaisons.»
«Hippolyte, 22h19, dit:
Plaît-il ?»
«Max, 22h20, dit:
Vous savez que nous ne pouvons nous retrouver avant les prochains jours. Vous êtes d'une tentation sadique dans tout genre.»
«Hippolyte, 22h21, dit:
Pourtant, vos ordres sont charmants. Votre façon de les donner est plus aimable encore. Ne feriez-vous pas chérir le despotisme ?»
«Max, 22h22, dit:
C'est étrange, mais mon cher Hippolyte, vos mots font très particulièrement écho à ceux d'un autre charmeur, un qui n'est autre que le Vicomte de Valmont. Élément qui ne serait qu'un atout de plus à votre vice.»
«Hippolyte, 22h25, dit:
«Ce n'est pas la première fois, comme vous savez, que je regrette de ne plus être votre esclave; et tout monstre que vous dites que je suis, je ne me rappelle jamais sans plaisir le temps où vous m'honoriez de noms plus doux.»»
«Max, 22h28, dit:
««Savez-vous, Vicomte, que votre Lettre est d'une insolence rare, et qu'il ne tiendrait qu'à moi de m'en fâcher ? mais elle m'a prouvé clairement que vous aviez perdu la tête, et cela seul vous a sauvé de mon indignation. Amie généreuse et sensible, j'oublie mon injure pour ne m'occuper que de votre danger ; et quelque ennuyeux qu'il soit de raisonner, je cède au besoin que de vous en avez dans ce moment.»»
«Hippolyte, 22h30, dit:
«Il n'est donc point de femme qui n'abuse de l'empire qu'elle a su prendre !». Et si je devais revenir par mes mots et non ceux d'un autre, je dirais que je répondrais volontiers à ce qui semble être une invitation. Quand seriez-vous disposée à honorer mes côtés de votre présence ?»
«Max, 22h31, dit:
Vous ne regrettez donc pas d'être mon esclave, mais plutôt celui de vos ardeurs ?»
«Hippolyte, 22h32, dit:
Laissez mes ardeurs en dehors de tout ceci.»
«Max, 22h33, dit:
Je ne me permettrais pas de les prendre en otage par mes arguments.»
«Hippolyte, 22h33, dit:
J'avais pourtant cru.»
«Max, 22h34, dit:
Vous vous méprenez.»
«Hippolyte, 22h35, dit:
Très bien. Donc donnez-moi simplement une date et un lieu, je m'y présenterais le cœur battant.»
«Max, 22h36, dit:
Vendredi soir. 19h. Mon appartement.»
«Hippolyte, 22h37, dit:
Je le sens déjà palpiter d'impatience.»
Elle aimait particulièrement ce genre d'échange. Ils avaient le don de parvenir à peu près à s'accorder sur les formulations à employer.
[...]
Aujourd'hui, Maxance était déconcentrée. Elle travaillait sur un dossier important et très risqué. Pourtant, son regard divaguait vers son téléphone. La fin de semaine n'était jamais simple. Après cinq minutes à divaguer dans ses pensées, elle se saisit de l'appareil.
«Max, 15h52, dit:
Je paris que tu penses à moi.»
«Hippolyte, 15h54, dit:
Raté, je pense à Caleb. C'est dommage, hein ?»
«Max, 16h05, dit:
Hippolyte ? Tu n'es qu'une enflure.»
«Hippolyte, 16h06, dit:
Le temps de réponse, c'était le temps d'avoir l'inspiration pour trouver la meilleure insulte ?»
«Max, 16h08, dit:
Non, mon patron venait de passer. Oui, je travail aussi, tu te rappelles ?»
«Hippolyte, 16h10, dit:
Je ne sais pas. Tu penses à moi et ressens le besoin de me parler. Peut-être que tu n'es pas si concentrée que ça dans ton travail.»
«Max, 16h14, dit:
Monsieur Kurtzmann, votre rendez-vous de 19h dans mon salon est reporté.»
«Hippolyte, 16h15, dit:
Vexée ?
16h20, dit:
Max ? Tu boudes ?»
«Max, 16h28, dit:
Non, je suis juste sûre que tu vas venir. Je réfléchis donc dans quelle position t'attendre dans mon salon, avec quelle lanière je vais m'habiller pour recevoir le plus confortablement ma punition. Parce que tu vas me punir avec ce genre d'attitude, n'est-ce pas Hippolyto Sempaï .. ?»
«Hippolyte, 16h29, dit:
Ne prévois rien, je ramène les accessoires pour le dessert. À ce soir.»
Ce fourbe lisait facilement en elle. Trop facilement. C'était supposé être l'inverse. Ce n'était vraiment pas bon signe à son goût.
C'était un chapitre plus tranquille, pas beaucoup d'actions. Il se passera un peu plus de choses au fil du temps, en attendant laissons-nous juste porter par le personnage de Max avant de plonger avec elle dans de l'action ^^ notre prochain rendez-vous est pour le samedi 28 Juillet 2018, à 18h.
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