Auteur: Lou des bois
Genre: Flash back géant, romance, biographie
Couple: MelloxNear sur, et potentiellement (j'y réfléchis : MelloxMatt?, BBxOC?). Attention quand je dit couple, je parle pas forcément d'une histoire d'amour mais parfois juste de relations ambigüe.
Disclaimer: Aucuns de ses persos ne sont à moi (Sauf S), mais un jour j'aurais assez d'argent pour acheter au moins une tablette de chocolat dans laquelle Mello aura croqué et je ferait des clones en utilisant son ADN.
Note: Ça faisait longtemps que j'avais envie d'écrire sur Mello et Near. Pour note, même si cette fic est radicalement tournée sur eux, mon OC Somni aura quand même un peu de texte à elle (J'en avais marre des persos féminins de DN, fallait que je tente de faire un peu mieux). Je pense aussi parler des autres enfants de la Wammy. Mattounet bien sûr, mais aussi A et B.
Bon je pensais être en retard sur mon habituel post du dimanche mais comme en général je poste une fois par semaine et que le dernier était mercredi dernier, je retombe sur mes pattes.
Enfin, pardon quand même mais avec les fête et mon (futur) déménagement, c'était pas de la tarte.
Nous retombons cette fois dans mon plus long chapitre jusqu'ici, et je n'en dirais pas plus...
Ah si...
Joyeux Noël à vous tous!
Chapitre 14: Marché malsain
Stairway to heaven - Led Zepplin
Après que Mello m'eut repoussé, je n'avais plus aucun courage. Je ne me sentais pas ni de jouer, ni de nettoyer le sol de ma chambre. Je sortis de la pièce, hébété, et descendis dans une salle de jeux. Elle était vieille et il n'y avait personne, ainsi que je l'avais espéré. Je me roulais en boule sur le canapé défoncé en vieux velours brun. Un feu ronflait dans la cheminé et se réverbérait sur le tapis.
Je pensais un instant à la scène que j'avais contemplé il y a maintenant longtemps sur un tapis semblable et éclatais de nouveau en sanglots.
Je pleurais trop longtemps. Comme si je devais évacuer la peine de toute une vie où je m'étais retenu.
Je pleurais Mello. Je l'évacuai de mon corps à coup de spasmes et de râles.
Combien de temps cela dura, je ne saurai le dire. Le temps que j'oublie l'heure du diner. Le temps que les rires s'effacent des couloirs. Le temps que la cloche sonne le couvre-feu.
Finalement, j'étais bien.
Pleurer m'avait anesthésié. Je me sentais absent de mon propre corps. Presque mort.
Quiconque m'aurait contemplé aurait eu peur. Mon regard absent entouré de lourdes cernes, les joues couvertes de trainées de sel. Parfois mon nystagmus se déclenchait tout seul à cause de la fatigue, me donnant un air encore plus décalé.
Le silence s'est fait progressivement. Uniquement brisé par le craquement des bûches.
J'aurais pût rester là jusqu'au matin si une ombre ne s'était pas penchée sur moi.
-Near... Near, tu m'entends?
Cette voix. L'ombre me toucha l'épaule et me secoua.
-Bon Dieu, tu fais peur...
Mello était là. Est-ce qu'il était venu pour moi?
Le blond soupira. Puis il se pencha par dessus moi et me saisit les bras pour aller les accrocher derrière son cou. Ceux-ci retombèrent mollement dès qu'il les lâcha.
Il soupira encore avant de protester:
-Fais un effort s'il te plait. Essaye de te tenir un peu.
Il se ré-exécuta et cette fois mes doigts s'accrochèrent ensemble en tremblant. Sans efforts, il me souleva. Un bras derrière mes épaules et un autre en dessous de mes genoux.
-Tu vas attraper froid, espèce d'albinos imbécile.
Sa voix était glaciale. Comme d'habitude. Je n'osais pas regarder son visage, de crainte d'y lire son dégout, alors j'enfouis mon visage dans son col.
Il me porta sans difficultés jusque dans le couloir avant de commencer l'ascension des escaliers.
-Near, il serait temps de te mettre à manger! Tu pèse le poids de l'air.
Il se moquait de moi ou quoi? Il était maigre comme un coucou.
Mello me ramena dans ma chambre. Je laissais trainer mon regard terne sur le sol. Le vomi avait été nettoyé et mon puzzle reposait sur le bureau. Impeccablement fait.
Je me demandais si Mello s'en était chargé lui-même où bien si c'était un membre X du personnel.
Mon rival souleva ma couette et me déposa dans le creux de mon lit. Je me roulai en boule de façon à lui tourner le dos tandis qu'il rabattait la couverture sur mon corps crispé.
-Bonne nuit Near...
Il voulu s'en aller mais avant qu'il ait eu le temps de s'éloigner ma main attrapa le bas de son tee-shirt sans même que je l'ai décidé.
-Near... Lâche-moi. Articula sèchement ce garçon qui me hantait.
-Non, articulais-je avant de me remettre à sangloter malgré moi.
Je savais pourquoi je n'avais jamais pleuré jusqu'à présent. C'était si humiliant. Je ne voulais pas avoir l'air d'un môme reniflant. Je voulais qu'il me désire.
Sa main décrocha mes doigts tandis que je me repliai davantage sur moi-même.
-Oh merde! Ne pleure pas maintenant.
Il agrippa mon visage et me força à me tourner vers lui. Je résistais un peu pour finalement me laisser faire.
-Near, Near... Regarde moi!
Mes prunelles grises rencontrèrent les yeux bleus et sombres de Mello. Comme je m'y attendais, son regard n'était pas chaleureux, mais il n'avait plus l'air répugné qu'il avait abordé plus tôt.
Il se laissa tomber sur le sol à coté du lit en passant ses doigts dans ses cheveux. Finalement, ce fut lui qui évita mes yeux qui ne pleuraient plus mais qui devaient être enflés et rouges.
-Écoute-moi juste, tu veux bien?
Il prit une grande inspiration et continua:
-Je suis désolé de t'avoir dit que tu me répugnais. Ce n'est pas vraiment ça.
Pas vraiment.
-Et puis à quoi tu t'attendais? Hein... Après toutes ses années où je t'ai haïs. Est-ce-que tu sais à quel point j'ai dût prendre sur moi pour muer tout ce que tu m'inspirais en indifférence? Pour brider ma putain de jalousie? Tu ne sais rien de tout ça. Tu étais toujours au sommet, toujours le plus intelligent, avec ton visage parfait de statue Grecque. Même moi je me suis laissé prendre au début. T'adorer. Te déchirer. Comment choisir? Et au moment où j'arrivais à te fuir et à me construire -Enfin!-, te voilà. Tu me dis que tu m'aimes. Que dois-je te répondre? Mais tu n'attendais pas de réponses, tu m'as agrippé de tes mains. Comment étais-je censé voir que derrière ton indifférence, tu étais capable de ressentir quelque chose? Et puis tu aurais pût m'envoyer quelques signes! Je ne sais pas. Essayer de m'approcher...
Il laisse passer un silence avant de reprendre:
-Je suis navré mais je ne peux pas répondre. Déjà, je ressens à nouveau à ton encontre cette colère que j'avais enfouit si profondément. Pour moi, tu es intouchable. Je ne te considère pas comme un être humain désirable de ce point de vue là...
Arrête, je t'en prie... Ça fait trop mal...
-D' un autre coté, je crois que je haïrais quiconque te toucherais. Voilà, intouchable. C'est le mot. Tu dois rester comme tu es. Innocent et pur, tant que tu restes cet idéal que je dois atteindre. Je n'ai pas la force de désirer un être qui m'humilie constamment.
J'ose lui répondre, d'une voix épuisée:
-Et si je n'étais plus cet idéal?...
-Qu'est ce que tu veux dire?
-Déjà je ne suis plus le premier incontesté. Si j'abandonnais cette place, ça changerait quelque chose pour toi?
Il me répond par un regard moqueur:
-Tu me laisserais ta place avec autant de facilité, Near?
-Je me fiche d'être le successeur de L. C'était une chose qui étais un peu intéressante jusqu'ici. Mais ce n'est pas quelque chose d'important pour moi. La seule chose que j'ai jamais voulu, c'est toi...
La nuque de Mello devient plus raide. Il se retourne à moitié et touche mes cheveux. Il a l'air mélancolique, un peu ailleurs:
-C'est un accord que tu me propose, Near? Si c'est ce que tu veux alors je l'accepte. Si je te bas un jour, alors j'accepterais de te salir.
Je le fixe et je sens mon regard ce durcir. J'articule à voix basse, un peu saccadée:
-N'oublie pas cette promesse Mello. Moi j'y penserai.
-Bien.
-Et Matt?
-Quoi Matt?
-Tu comptes lui dire?
-Ça ne le concerne en rien.
Et sur ce, Mello ôta sa main de mes cheveux et se leva:
-J'ai trop parlé ce soir. Bonne nuit N.
-Tu vas dormir?
-Non, je vais réviser. Nous avons des examens la semaine prochaine. Penses-y Near.
Et il referma la porte.
Je ne savais pas quoi penser. Je n'étais plus aussi désespéré que tout à l'heure. Mais étais-je plus heureux?
POV Matt
slow love slow - Nightwish
J'aspire.
Le chocolat chaud remonte toute ma paille pour finir par s'étaler sur mes papilles. Ce gout me fait penser à Mello. Enfin, je me demande bien pourquoi...
Somni est assise sur le canapé du salon à coté de moi. Il fait nuit et un bon feu ronfle dans la cheminée.
J'écoute avec nonchalance. Ce soir, elle m'a promit qu'elle acceptait de parler de A, alors je ne tiens surtout pas à l'interrompre. Pour se donner du courage, elle sirote un verre de vin chaud. Et enfin, elle se penche en avant et s'appuie sur ses coudes pour se rapprocher du feu:
-A... Commence t-elle.
Elle semble embarrassée, comme si elle ne savait pas trop par quoi commencer. Je reste silencieux, de peur qu'elle perde le court de ses pensées.
-Quand nos parents sont morts, nous avons survécus en nous alliant à d'autres enfants comme nous. Des adolescents aussi et parfois des ennemis du régime. Très vite, Adam... Aslant a comprit que nos identités étaient dangereuses pour nous. Il a prit l'habitude de nous donner des faux noms. Et je ne l'appelais jamais grand frère... Quand nous avons été recueillit par la Wammy's, ça a été pire.
-C'est à dire?
-A était pressenti pour devenir le nouveau L. Mon existence même était une gène pour lui. Avec une petite sœur, on pouvait faire du chantage, on pouvait retracer un passé, créer un profil affectif. Alors notre lien filial a été nié. Comme Aslant refusait de ne pas pouvoir garder un œil sur moi, je resterai à la Wammy's. En plus, j'étais assez grande pour en dire trop, c'était un avantage pour eux de pouvoir m'avoir à l'œil au cas où, mais je n'étais pas assez mature pour que mes souvenirs soit fiables.
-Tu as eu un droit à un lavage de cerveau en règle?
-Hum, on peut dire ça... Dorénavant, A n'était officiellement plus mon grand frère. Il avait juste pris soin de moi parce que nos parents étaient morts dans les même conditions politiques. De son coté, il a reçu les instructions d'éviter de garder des liens affectifs avec moi. Il ne me parlait plus. Il était tout le temps avec B et H, un autre type assez médiocre.
-... Mais tu es quand même tombée amoureuse de lui? Tout en ignorant qu'il avait été ton frère?
-Il était le premier d'entre nous tous. Mais il était sans orgueil. Je l'admirais tant. Et puis je me souvenais de lui, tel qu'il avait été avant. De son coté, il ne pouvait perpétuellement rester indifférent avec moi. Quand j'avais huit ans, il s'est arrangé pour que ce soit lui qui me donne des cours supplémentaires en mathématiques. Dans ses moments là, il restait distant avec moi mais je sentais qu'il faisait de son mieux pour que j'arrive à maintenir mon niveau.
Elle se tord les mains et son regard s'éclaire, elle reprends la parole avec plus d'enthousiasme:
-C'est pendant un de ses cours que je lui ai dit qu'il avait de belles mains. C'était la première fois que j'osais lui parler de quelque chose de plus intime que les divisions qui étaient sur ma feuille. Mais je n'ai pas réussis à me taire. Il avait des mains merveilleuses. Très fines, très blanches. Comme celles d'un pianiste. C'est à cause de ça qu'il a commencé la musique. Le lendemain du jour où je lui ai dit ça, il a joué pour la première fois, pendant la récréation, au moment où j'étais près de la fenêtre ouverte. Après je suis revenue l'écouter tous les jours.
Elle rit:
-Il jouait vraiment très mal. Mais ça m'a fait tellement plaisir. Maintenant, je sais que à sa façon il essayait de contourner les barrières que l'on avait placé entre nous. Je ne sais pas à quel moment mon admiration s'est muée en amour. Pour moi ça relevait de l'évidence. A n'était pas seulement intelligent, il était si droit. Il essayait toujours de faire au mieux. Rien à voir avec les sale gosses qu'ont été Mello et Near.
Elle avait prononcés ses derniers mots avec tendresse avant que son regard ne se voile un peu.
-Mais Aslant... Il était fragile. Trop sensible. Il était toujours souriant et calme. Beau et droit dans ses chemises remontées aux coudes. Et puis parfois, c'est comme si tout se cassait. Il faisait des crises d'angoisse et de colères. Dans ses moments-là il s'enfermait dans une pièce et il pouvait tout casser. On l'entendait pleurer des larmes de terreur. Ça me faisait si peur. Il était comme ça. Quand on lui faisait un reproche, il rougissait jusqu'à la pointe des cheveux. Trop fragile pour notre usine à monstres. C'est cette pression qui l'a détruit.
-Le travail?
-Oui, mais aussi les autres. Nos regards sur lui. Le mien aussi. Celui de Beyond surtout. Il essayait toujours d'être gentil avec tout le monde, d'être parfait. Moi j'étais tellement touchée par cette gentillesse. Quand il arrivait à faire plaisir, il était surnaturellement beau. Son visage s'éclairait et ses yeux riaient. Si j'avais été plus intelligente, j'aurais compris qu'il se nourrissait de ça -et de fraises tagada-. Il ne s'aimait pas, je suppose. Seul l'affection des autres et leur reconnaissance pouvaient lui apporter du réconfort.
-Pourquoi ne s'aimait-il pas?
-Il pensait qu'il m'avait abandonné, à sa façon. Finalement, nous avons pût recommencer à nous parler normalement. Il parlait avec tout le monde, bien que de sujets anodins. Ça aurait été bizarre qu'il m'ignore.
-Et personne n'avait de doute sur votre filiation?
-Oh si... Beyond savait tout. Depuis le début.
-Grâce à l'œil du Dieu de la mort, c'est ça? Je l'ai lu dans le compte rendu écrit par Mello.
-Oui, c'est moi qui l'ai apprit à Mello quand il a écris Another note pour le compte de L. Beyond m'avait dit, pour l'œil du Dieu de la mort. C'est lui qui m'a appris que Aslant était mon frère, dans le funérarium. Ou disons plutôt qu'il a levé le loquet de mes souvenirs. Il a juste eu besoin de quelques mots pour me le faire comprendre. Pour lui, c'était clair comme le jour, il voyait nos noms au dessus de nos têtes. De plus, je n'y avait pas fait attention alors, mais Aslant et moi, nous avions la même fossette quand nous sourions.
-Et il n'a rien fait pour sauver A?
-Non. Il savait qu'il ne pourrait rien y faire, je suppose. Mais à sa façon, il a été très malheureux. Je crois... Je crois que B aimait A lui aussi. Même s'il s'y prenait mal avec lui.
-Qu'est ce que tu veux dire?
-Beyond a toujours été remplit de violence. Il n'arrivait pas à montrer son affection. Plus que tous les autres, il blessait Aslant sans cesse. Il le taquinait toujours. Il ressemblait à ses gamins qui balancent du sable sur la fille qui leur plait dans le bac sable. Ça pesait à A plus que le reste. Et puis une fois, ce fut une fois de trop. Une crise de plus, une pression plus importante. L'angoisse de A dépassait tout ce qu'il pouvait imaginer. J'avais quatorze ans. Ce jour là, j'avais décidé d'essayer d'être sincère avec lui.
Il est sortit de sa chambre où il avait pleuré pendant toute l'après midi. Parce qu'il était quatre heure. C'était l'heure de mon morceau de piano. Et je l'attendais. J'étais assise sur le haut de l'instrument, les chaussettes sur les touches. Il était plus âgé que moi, mais j'avais finit ma puberté et j'étais très jolie...
-Vantarde...
-Je ne le suis pas?
-... Si... Mais tu ne devrais pas le dire.
-Ça m'aurait aidé de l'être moins. J'aurais eu moins confiance en moi. Quand il m'a trouvé dans la salle de musique, il s'est assis en silence sur le tabouret sans me regarder et il est resté silencieux pendant plusieurs minutes. Il était pâle comme la mort et ses yeux étaient très cernés. Il m'a demandé si je voulais partir. Il a dit que j'étais la seule chose qu'il aimait et qui le retenait ici. Il voulait qu'on s'en aille tout les deux, qu'on aille faire notre vie ailleurs. Il était assez grand pour travailler, on aurait eut du mal à joindre les deux bouts au début bien sûr, mais on se serait débrouillé... Si tu savais comme j'étais heureuse. Ça a été le plus beau moment de ma vie. Mais comment aurions nous pût savoir... Savoir...
Sa voix s'éteignit et je finis la phrase pour elle:
-Savoir que vous ne parliez pas de la même chose...
Elle mit ses mains devant ses yeux et continua d'une voix atone:
-Nous étions dans les bras l'un de l'autre. Il me serrait si fort. Mais quand je l'ai embrassé... Quand je l'ai embrassé... Il n'a même rien fait. Il avait l'air si stupéfait. Je lui ai tout balancé. Que moi aussi je l'aimais. Qu'il était le seul garçon dans mon cœur. Que même si j'étais jeune, je voulais faire l'amour avec lui. Quelle petite idiote! Quelle petite idiote!
La voix de Somni prenait une inflexion hystérique:
-Il s'est levé comme un zombie. Il m'a repoussée tout en douceur et il a quitté la salle de musique. Je ne comprenais plus rien... C'est Beyond qui l'a décroché. Pendu... Pendu dans sa chambre avec une cravate. Nuque brisée. Beyond qui savait...Qui attendait le jour.
Elle se mit à pleurer des larmes amères, silencieuses et gémit:
-Je l'aime... Je l'aimais... Savoir qu'il est mon frère ne change plus rien. Je l'aimais et je lui ai porté le dernier coup.
2 octobre 2004
Les examens sont passés.
Sans vouloir me vanter, je me sens assez confiant. Cela veut-il dire que je pourrais battre Near cette fois? J'en ressens une certaine joie.
J'ai rêvé que je le touchais cette nuit. Cela me répugne toujours, mais ce n'est pas lui qui me fait ressentir ça. C'est mon désir malsain à son égard.
Je me sens ivre. Comme si je ne contrôlais plus mon destin et cela m'effraie.
A cette pensée que je désire le toucher, je me dégoute et l'envie de vomir me prend à nouveau.
Comme il y a longtemps, il me met en colère. Je ne supporte plus son air suffisant, ses manières précieuses. Moi qui croyais que sa fierté était en miette, je me trompais. Il affiche son visage de porcelaine impassible -sauf que je revois ses lèvres blanches me dire «je t'aime»-. Et il est toujours le chéri de tout le monde, ce petit con.
Je ne dois plus y penser. Le six octobre au matin, nous aurons les résultats.
Mello
POV Near:
Mello et moi attendions les résultats chacun de notre coté. Nous avions repris nos habitudes et notre froideur respectives. Nous ne nous parlions pas. Mello me jetait même des regards furibonds qui me rappelaient l'époque où il me jouait de sales tours. J'avais définitivement fait craquer sa carapace. Il grinçait des dents quand un professeur me complimentait. Il était même très désagréable avec Matt qui semblait ressentir confusément que quelque chose lui échappait et avait un air relativement malheureux. Ça m'était égal. Il m'irritait davantage quand il cherchait à attirer l'attention de Mello. Et c'était le cas maintenant qu'il sentait que le blond se détournait de lui.
Mais cette fois, l'essence de Mello était pour moi. De nouveau il me regardait. Notre jeu avait reprit. Nous nous disions sans cesse:
Je t'ignore. Je ne te regarde pas. Tu n'existes pas.
C'était pour mieux se crier:
Il n'y a que toi et moi au monde.
Finalement le bonheur était venu. Plus mon visage était vierge d'émotion, plus j'exultais à l'intérieur. Avais-je jamais ressentit ça avant. Cette satisfaction d'avoir quelque chose que je désirais vraiment?
Peut-être que Mello ne m'aimait pas. Mais j'étais de nouveau l'objet de son obsession.
Je m'attendais à ce qu'un nouveau tournant nous marque Mello et moi lorsque les résultats allaient tomber.
Mais il allait en être autrement.
La chance allait tourner. Et aucun d'entre nous deux n'aurait pût prévoir ce qui allait se passer. Tout simplement parce que cet évènement nous semblait si inimaginable que le sujet en était presque tabou.
C'était le 5 octobre au soir et Mello était d'une humeur particulièrement massacrante en vue des résultats qui devaient sortir le lendemain matin.
Roger nous convoqua lui et moi dans son bureau pour nous annoncer que L était mort.
Mad World - Michael Andrews
5 octobre 2004
L est mort et c'est comme si le monde se brisait en deux.
Combien de temps pensais-je avoir pour devenir le successeur n°1 de L. Nous jouions à nos petits jeux stupides pendant que Kira tuait celui que j'avais toujours admiré.
Mais malgré tout, c'était et reste notre jeu.
J'en ai honte mais je dois le dire, au risque d'en rougir.
Je me contrefous de Kira. Moi ou Near -Moi de préférence- le conduirons à l'échafaud. Mais uniquement parce qu'il avait tué notre idole.
Le jeu n'est pas terminé. Pas encore.
A peine suis-je sortit, en criant que je partais, à peine ais-je été dans ma chambre, la valise ouverte sur le lit, que déjà Near était derrière ma porte.
Il avait pourtant l'air si calme quand on nous avait annoncé la mort de notre mentor.
Quand je lui ai ouvert le battant, je me suis sentie saisit au cœur. Il était debout dans l'embrasure, et ses cheveux voilaient son regard.
Il m'a regardé par en dessous et ses yeux plongés dans l'ombre ont eu un éclat sournois.
Il m'a dit:
«Tu ne peux pas partir. Pas avant demain. Tu dois attendre demain pour savoir lequel d'entre nous sera vraiment le successeur de L et si oui ou non tu me feras l'amour.»
Il y avait quelque chose de nouveau dans sa façon de me regarder. Son visage était sous l'emprise d'une colère froide et farouche.
Parce que L était mort ou parce que je m'en allais?
En réponse, j'ai jeté mon pantalon à lacet bien plié dans la valise et Near s'est avancé.
«Nous avons un accord Mello. Pas avant demain.»
Son ton avait beau avoir le même timbre monocorde, je lui ai prêté une inflexion menaçante.
Je n'ai pas pût m'empêcher d'être vulgaire.
«Très bien Near. Demain, je serais le premier, je te baiserai et après je m'en irais.»
«Si tu es le premier, tu seras officiellement le successeur de L.»
«Même si c'est le cas, je m'en irais quand même.»
Il est temps que je réalise un certains nombre de choses. Depuis combien de temps est-ce-que devenir le successeur m'était devenu égal dans le fond?
Même pendant les années où je l'ignorais, le plus important n'était-il pas juste de prouver ma valeur en étant le premier?
Finalement, je voulais juste vaincre une des rares personnes que je reconnaissais pour son intelligence.
Je voulais vivre ma vie.
Je voulais fuir.
La Wammy's.
Et Near surtout.
quelque part dans mes affaires, j'avais encore l'adresse de la boite postale de Somni.
J'espère que demain sera comme je l'attends.
Mello
Wight Spider - Marilyn Manson
Quand Mello a descendu les escaliers le lendemain matin, en croisant H dans l'escalier, celui-ci lui a donné une bourrade dans l'épaule en l'accompagnant d'un «félicitation mec!» retentissant.
Et ce ne fut pas le dernier, il reçut trois autres remarques d'admiration avant d'arriver devant les résultats.
Mello 800/800
Score maximal. Il sentit son cœur se gonfler de fierté et chercha du regard le score de Near.
Il se figea et l'envie de tuer emplit son estomac comme si toute la haine qu'il avait ressentit jusque-là avait crevée sa bulle.
Ce n'était pas possible. Pas possible!
Near 804/800 (bonus de +4)
Jusqu'ici, l'albinos avait déjà atteint le score maximal plusieurs fois. Mais ça c'était quelque chose qu'il n'avait jamais vu. Son rythme cardiaque monta en flèche. Pourtant ce n'étais pas la première fois que Near l'écrasait. Il aurait dût savoir, il aurait dût être préparé.
Mais non, inconsciemment, il avait été sûr de gagner cette fois. Parce que la manière dont Near l'avait embrassé lui avait fait croire que l'albinos l'aimait pour de vrai. Parce que ses larmes lui avaient fait imaginer que Near allait s'écraser pour pouvoir passer une nuit avec lui.
Quel immonde imbécile il avait été. Aurait-il même été satisfait de cette victoire?
Peut-être que oui. Ce n'était pas le chemin habituel mais n'importe quel moyen étais bon pour anéantir Near.
Mais une fois de plus, c'était l'autre qui s'était joué de lui. Lui faisant croire qu'il gagnait enfin, pour mieux le faire tomber. Il imaginait Near sourire. Son sourire fourbe.
Se vengeait t-il maintenant d'avoir été vu dans une position de faiblesse?
Et il savait. Il savait que le blond ne gagnerait pas, une fois encore. Alors pourquoi l'avoir retenu. Pourquoi l'avoir forcé à rester?
Il voulait le voir partir perdant. Définitivement plus en adolescent rebelle comme il l'avait été hier mais comme un rival évincé et fuyant?
Il avait mal au ventre. La colère se répandait dans tout son corps. Elle lui piquait la peau.
L'acide lui brulait l'œsophage.
Oh Near. Ses doigts sur ses vertèbres . Le craquement de ses os. Son cou à tordre. Sa bouche qui étouffe.
Il le tuerait. Il le voulait mort.
Il fit demi-tour et hurla:
-Où est NEAR?
Et sans plus réfléchir, sous les regards atterrés des autres, il monta en courant les marches jusqu'à la chambre de l'albinos. Il ouvrit la porte d'un coup de pied:
-NATE RIVER!
La chambre était vide. Mello regarda dans toutes les directions, comme s'il était un chien enragé. La haine le faisait trembler. Ses dents brillaient.
Near était quelque part dans la Wammy's House.
Et il l'attendait.
Et en final: Vas t-en crève - Mademoiselle K
A suivre...
Que dire à part que le prochain chapitre... Je n'en dit pas plus...
Near: J'en ai marre de pleurer.
Moi: *relit le scénario* Je crois que c'est finit pour cette fois...
Near: (voix inexpressive): Excellent.
Moi: Te réjouis pas trop tôt.
Mello: Y'a aucune raison de se réjouir, L est mort...
Somni: Tant mieux.
Near: Oh, l'incestueuse là...
Matt: *joue à GTA*
Quelques notes en plus:
A propos du fait que Somni dise à Mello qu'elle était au courant pour l'oeil du Dieu de la mort. Alors d'abord on en saura plus plus tard. Je ne penses pas que B.B. soit du genre à dévoiler ça donc bref, avant de hurler à la Mary-sue qui arrache les secrets en un clin d'oeil... Bref...
Ensuite, pour le même passage, j'en avais vraiment besoin parce que Bordel, comment Mello peut-il être au courant pour l'oeil de B.B. étant donné que B est mort avant que l'affaire Kira soit résolue. Et je suppose qu'il n'a pas tout balancé à Mello avant. Enfin bref, il fallait un intermédiaire qui ne soit pas dans les petits papiers de L et qui n'avait pas envie de cafter.
Et sinon, pour la remarque qui dit que Somni est jolie. J'avais très envie de faire un OC qui serait une fille déplaisante et belle (donc doublement déplaisante XD). C'est de la justification. et Matt a répondu Oui, parce que son cerveau est capout.
Et une dernière chanson qui est juste "parfaite" pour Mello en cette fin de chapitre: A cause de toi de Végastar
