Mark répondit au message de Callie, puis, glissa son portable dans la poche de sa blouse, avant de croiser les bras, et de se re-concentrer sur l'opération. Le chirurgien plastique était assis dans la galerie du bloc 5, occupé à regarder avec plus ou moins de concentration, une laminectomie effectuée par Derek.
Mark repensa à sa "dispute" avec Lexie, une petite semaine plus tôt, au mariage de Meredith et Derek. Après réflexion, il se demandait ce qui lui avait pris. Il n'étais pas comme ça, ce n'était pas ce genre de mec ! Il avait même fais mal à Lexie, en la saisissant par le bras, et ce souvenir le faisait se maudire lui même. Il aurait voulu tout arranger, s'excuser. Mais à la place de ça, qu'avais-il fait ? Il s'était encore plus pris de tête avec Karev et avait été odieux avec tout le monde, y compris Lexie, alors qu'il l'aimait.
Non, il n'avait décidément pas compris son comportement de crétin, de toute cette semaine. Mark regarda sa montre. 19h35. Il avait encore une heure, avant sa rhinoplastie. C'était assez, largement assez, pour se réconcilier avec Lexie, s'excuser, lui dire tout ce qu'il voulait qu'elle sache.
Aussi, Mark se leva, quitta la galerie, et parcourut l'hôpital, cherchant Lexie. Elle n'étais pas à la cafétéria, ni dans aucune salle de garde, ni dans les vestiaires des internes, ni dans aucun bloc, ou aucune galerie. Il alla même vérifier si elle n'étais pas en entretien avec le Dr. Webber, dans son bureau, mais la petite Grey semblait introuvable.
Cela commençait à énerver Mark, et il la bipa. Deux fois. Mais elle ne répondait pas.
- Torres ! s'exclama-Mark.
Callie, qui discutait avec Teddy, un café à la main, se retourna.
- Hey Mark ! sourit-elle. Qu'est-ce qu'il y a ?
- Vous n'auriez pas vu Lexie ? demanda-Mark, essoufflé.
- Je ne l'ai pas vue, non, répondit-Callie.
- Teddy ?
- Nope..répondit-la chirurgienne en cardio, en haussant les épaules. Désolée...
- Il faut que je la trouve ! s'exclama-Mark.
- Qu'est-ce qui est si important ? demanda-Callie.
- Rien. Il faut que je la trouve, c'est tout.
Mark marmonna quelques paroles indistinctes, puis, refit un tour complet de l'hôpital. Il alla même vérifier, mais Lexie n'était pas en congé. La petite fiche collée dans le vestiaire des internes annonçait même qu'elle était de garde ce soir.
Il était déjà 20h30, et Mark était en retard pour sa rhinoplastie. Il résolut d'abandonner les recherches. Il bipa Lexie une dernière fois, puis, alla en vitesse à son bloc. Tout le monde était déjà prêt. Dès que l'anesthésiste, le Dr. Warren, vit Mark qui se désinfectait dans le sas, il endormit la patiente.
- Je suis désolé du retard, s'exclama-Mark en entrant dans le bloc, présentant ses bras pour qu'une infirmière enfile ses équipements stériles.
Mark chassa Lexie de ses pensées, pour ne pas foirer son opération, puis, fit la première incision. L'opération se déroula sans accroc, mais Mark était soucieux, alors qu'il se désinfectait les mains, et jetait son masque.
Il s'appuya, le dos aux lavabos, et bipa deux fois Lexie. C'était une interne ! Elle était supposée passer sa vie à l'hôpital !
Une pensée horrible vint alors effleurer l'esprit du chirurgien plastique. Et si elle l'évitait ? Non ! Il fallait qu'il lui parle...Mark sortit du bloc, lorsqu'il croisa le Dr. Webber, chargé d'une pile de paperasse.
- Ah, ! s'exclama-Webber, en s'arrêtant. Vous tombez bien.
- Chef ? fit-Mark. Que puis-je faire pour vous ?
- Vous pourriez, s'il vous plaît, cesser de biper Lexie Grey, répondit-Webber. Son biper va être réassigné bientôt, mais en attendant, c'est moi qui le garde, et c'est franchement pénible, de l'entendre vibrer sans cesse..
- Je..comment ? fit-Mark, complètement perdu. Quoi, son biper, réassigné ? Pourquoi ?
- Vous n'êtes pas au courant, c'est vrai, se rappela-Webber. Le Dr. Grey m'a exprimé le voeu d'être transférée, dans un autre CHU. Elle est partie hier soir, il me semble.
- Vous..rigolez ? fit-Mark, regardant Webber avec des yeux ronds.
- Je n'oserais plaisanter sur ce sujet, Sloan, fit-Webber en secouant la tête.
Le Chef de chirurgie s'éloigna, dans le couloir, laissant Mark planté là, hébété. En voyant Meredith, qui sortait d'une salle de garde en baillant, Mark l'interpella.
- Grey ! lança-t-il.
Meredith se retourna, avec un regard interrogatif.
- C'est vrai, que Lexie est partie ? demanda-Mark.
Meredith hocha la tête, sans un mot.
- Quand..? Où ?! demanda-Mark, confus.
- Elle est partie hier après-midi, répondis-Meredith. Pour Phoenix. Elle travaille désormais au Phoenix Children's Hospital.
- Pourquoi est-elle partie ?! s'exclama-Mark.
- Il faut avouer que ses conditions de travail n'étaient pas idéales...répondit-Meredith en haussant les épaules.
Mark capta la nuance de reproche dans la voix de Meredith.
- Tu..tu me blâmes moi ? s'exclama-Mark.
- Je ne blâme personne, répondit-Meredith. Lexie m'a juste dit qu'elle partais parce qu'elle ne supportait plus les disputes, entre elle, toi, et Karev.
- Mais..je voulais m'excuser ! s'exclama-Mark. Je..
- On dirais que tu te réveille trop tard..fit-Meredith. Elle t'en veut, tu sais. Et je ne pense pas qu'elle soit prête à revenir bientôt.
Mark tournait en rond dans le couloir. Meredith le regardait, indécise, ne sachant trop quoi lui dire.
- Mark, tu pourrais profiter de cette occasion pour...l'oublier ? suggéra-maladroitement Meredith.
- Cette occasion ?! s'exclama-Mark avec un rire jaune. Cette occasion ? Ce..cette ! Non ! Je..je n'ai pas..! Ce n'est pas..
Meredith, en voyant l'état de confusion, et presque de panique de Mark, jugea plus prudent de biper Derek. Après tout, c'était son meilleur ami.
- Je n'arrive pas à le croire ! s'exclama-Mark. Lexie est partie ? Et elle ne me l'a même pas...elle n'a pas eu la décence de venir me le dire ?!
- Mark, elle est partie à cause de toi et Alex ! s'exclama-Meredith. Tu crois vraiment qu'elle allait se pointer pour te dire qu'elle partait ?
- Je voulais m'excuser..fit-Mark.
- C'est trop tard, Mark. Elle est partie..répondit-Meredith, directement.
- Je voulais m'excuser..!
Mark s'appuya d'une main, sur un chariot contenant diverses boîtes, et matériel de soin, comme des pansements, de la gaze, des bouteilles et boîtes de médicaments. Le chirurgien plastique semblait en pleine réflexion. Finalement, violemment, il envoya valser le chariot contre le mur opposé. Les boîtes et les pansements s'éparpillèrent. Tous ceux qui passaient dans le couloir à ce moment jetèrent des regards inquiets vers Mark.
- Je voulais m'excuser...répéta-Mark, penaud, tremblant.
Le chirurgien plastique ouvrit la porte de la salle de garde la plus proche, et la claqua derrière lui. A ce moment, Derek arriva.
- Tu m'as bipé 9-1-1 ? demanda-Derek. C'est quoi l'urgence ?
- Mark..répondit-Meredith.
- Qu'est-ce que c'est que tout ça ? s'étonna-Derek en voyant le chariot renversé.
- Mark, répondit-une fois de plus Meredith. Il sait, pour Lexie.
- Je vois..où est-il ?
Meredith désigna d'un coup de tête la salle de garde. Derek alla ouvrir, et trouva effectivement Mark. Le neurochirurgien ferma la porte, et s'approcha de son meilleur ami et collègue.
- Mark ? fit-Derek. Mark ?
Le chirurgien plastique était appuyé contre l'armoire, silencieux.
- Je voulais m'excuser...répéta-une fois de plus Mark, à mi-voix.
- Tu sais, même si Lexie est partie, cela ne signifie pas qu'elle ne t'aime plus, tenta-Derek.
- Non, tais-toi, Derek ! s'exclama-Mark. Je ne veux pas parler de ça! Je n'ai pas envie de conseils, de réconfort, rien. Je ne veux..je veux juste..partir.
Sous le regard impuissant de Derek, Mark sortit de la salle de garde.
ETAPE 1: LE DENI
Moi [23h59]: salut, Lexie. J'viens d'essayer de t'appeler, tu réponds pas. Je vais pas te laisser un message vocal alors..tu peux me rappeler ?
Moi [1h02]: Ok, Lexie, je sais que tu ne dors probablement pas. ça se trouve tu as déjà lu mon message précédent, mais s'te plaît, réponds moi au moins !
Moi [1h30]: Je suis désolé, Lex'.
Moi [2h05]: Je voudrais pas te harceler mais..tu peux répondre ? j'ai encore essayé d'tappeler maistu..réponds pas! j'ai laissé un mesage et je crois que tu d'vrais pas lécouter. parce que j'ai un peu bu et..voilà quoi.
Moi [2h08]: Ouais, je suis un peu bourré mais je le suis pas aassez pour dire des conneries et même en étant bourréj'peux te dire qu je suis désolé..lex..
Mark s'apprêtait à envoyer un autre texto, lorsqu'on lui prit son portable.
- Hé ! protesta-t-il.
Derek.
- Qu'est-ce que je t'ai dis, il y a quelques heures à peine ? grommela-Mark. Je ne veux pas..parler ! de ça ! de rien du tout ! du tout ! du tout !
- Hem, j'aurais dû me douter que tu allais être ivre, soupira-Derek en s'asseyant au comptoir, près de Mark.
Le bar "Chez Joe", étais assez rempli. Comme chaque soir. Les verres vides étaient nombreux, devant Mark.
- Ça, pour être ivre, il est ivre, fit-Joe, derrière son comptoir. Salut Derek.
- Salut Joe, sourit-Derek.
Mark pendant ce temps, était occupé à vider son verre.
- Tu me sers la même chose ? grogna-Mark.
- Je ne suis pas certain que ça soit une bonne idée, protesta-Joe.
Mark sortit un billet.
- Je peux payer, je t'ai donné mes clés ! grommela-Mark. Alors tu dois me servir..
- Va-y, Joe, fit-discrètement Derek.
- Merci Joe ! fit-Mark, bruyant, en recevant son verre.
Le chirurgien plastique vida ce deuxième verre rapidement, et puis sauta du tabouret - ou plutôt, s'affaissa, et se rétablit de justesse, manquant de s'écraser sur le sol. Puis, il tituba vers la piste, joyeux.
- J'vais danser ! Viens Derek !
- Non, merci, déclina-le neurochirurgien. Qu'est-ce qu'il boit depuis tout à l'heure ?
- Vodka, répondit-Joe. Il a commencé raisonnablement, par des bières mais après..
- Ne t'inquiète pas, je vais le ramener après sa..danse.
Derek et Joe regardèrent Mark, qui "dansait", et eurent du mal à se retenir de rire.
- Bon, à plus Joe.
- Bon courage avec lui, ricana-Joe.
Derek se leva, et gagna la piste. Il embarqua Mark par le bras.
- Non ! Derek, quel rabat-joie ! s'exclama-Mark. on s'amusais bien, non ?
- Tu te rendais franchement ridicule, répondit-Derek, amusé. Un ami digne de ce nom se devait d'intervenir, ce que j'ai fait. Tu danses très mal.
- Faux ! Quand je suis sobre, j'assure! répondit-Mark.
- Oui, si tu le dis !
Ils sortirent dehors tout deux.
- Alors, tu es toujours résolu à ne pas en parler ?
- Parler de quoi ? demanda-Mark, avec un hoquet. Excuse. En même temps, avec tout ce que j'ai bu..
- Parler de Lexie, répondit-Derek, sérieux.
Ils prirent le chemin de l'hôpital.
- Faut pas se prendre la tete, Derek ! voyons ! Amuse toi, bois un peu et tu verras, t'oublieras touuut ! C'est magique.
- C'est aussi mauvais pour la santé, ricana-Derek. Tu vas te réveiller demain matin avec une sale gueule de bois.
- M'en fous. Je fais ce que les romains ont dit. Carpe Diem, Derek, Carpe Diem.
- On a pas la même notion de Carpe Diem, alors, répondit-Derek en haussant les épaules. Tu devrais te ressaisir. Faire plus d'opérations, bosser plus, pour réfléchir moins.
- Mais Lexie..
- Est hors de portée actuellement, répondit-Derek.
- Je pourrais m'escu..m'exu...c'est quoi le verbe déjà ? fit-laborieusement Mark.
- T'excuser ? proposa-Derek avec une patience infini.
- Voilà ! M'excuser ! acquiesça-Mark.
- Et tu comptes faire comment ? répondit-Derek. Prendre un vol pour Phoenix, faire irruption dans le Phoenix Children's Hospital ? La forcer à t'écouter ?
- Pourquoi pas ?! acquiesça-Mark.
- Complètement stupide, fit-Derek en secouant la tête. Nous ne sommes pas dans un mauvais feuilleton, ou un roman, Mark ! Réveille-toi ! Nous sommes dans la réalité, le monde réel ! Dans le monde réel, on ne fais pas de chose aussi idiotes.
- On devrait...répondit-Mark.
- Oh non..fit-Derek. Ça serait un fiasco total.
Ils étaient arrivés à l'hôpital.
- Viens, on va te désaouler avec une perf et après tu rentreras chez toi, ordonna-Derek en le tirant vers l'entrée, pour ne pas qu'il se prenne la baie vitrée.
- Si tu le dis..
ETAPE 2: LA COLERE
- Dr. Sloan, Dr. Sloan !
Mark se retourna, vers Pierce, un interne arrogant, sûr de lui, prétentieux, qui lui ressemblait un peu, quand lui même était interne.
- Quoi ? aboya-le chirurgien plastique.
- J'ai entendu dire que vous allez participer à une séparation de siamois, dans quelques jours ? fit-l'interne, surexcité.
- Et alors ? grommela-Mark.
- Je me demandais quel interne allais assister, répondit-Pierce, avec aplomb. Parce que..vous savez j'ai besoin d'heures en plastique et je suis plutôt doué..
- Dégage, répondit-Mark.
- Mais...fit-Pierce.
- Je t'ai dit dégage ! répondit-Mark en haussant le ton. Quoi, t'es sourd ? Allez, hors de ma vue ! Aucun interne ne m'assisteras, pour la partie plastique ! Je suis seul ! Capté ?
Pierce compris en tout cas que l'humeur du chirurgien plastique était exécrable, et s'empressa de filer.
- Dr. Sloan, s'il vous plaît, un peu de calme, fit-Richard Webber, qui remplissait un dossier. Nous sommes dans une aile chirurgicale, remplie de patients en convalescence.
- Vous croyez que je ne le sais pas ? maugréa-Mark.
Il ferma le dossier qu'il remplissait et l'abattit sur le comptoir, violemment.
- Ces internes, maugréa-Mark en s'éloignant.
Le chirurgien plastique alla jeta un coup d'oeil au tableau de chirurgie, franchement de mauvaise humeur. Tellement de mauvaise humeur qu'il n'avait même pas envie d'aller traîner dans la galerie du bloc 3, où Teddy laissait Yang gérer son replacement de valve seule, pour la première fois. En temps normal, il aurait sauté sur une occasion de voir Yang se planter.
Mais il passa son chemin, errant dans les couloirs, jetant des coups d'oeil furieux à tout le monde. Il gagna finalement la salle des titulaires. Arizona et Callie y étaient déjà. Callie était assise dans le canapé, souriante, et Arizona se faisait un café.
- Salut, Mark, fit-Callie avec un sourire pour le chirurgien plastique.
Pas de réponse. Callie et Arizona échangèrent un coup d'oeil éloquent. Depuis que Lexie était partie, Mark semblait vivre les étapes du deuil. Du moins, c'était la théorie que soutenait Derek. Pas beaucoup n'adhéraient à cette thèse, et Derek, sûr de lui avait répondu: "Il a déjà expérimenté le déni. Maintenant, il est en plein dans la colère. Vous verrez, qu'il va ressentir toutes les étapes. Il vit le départ de Lexie comme un deuil. Vous verrez".
- Ça va ? tenta-timidement Callie.
- Ouais, grommela-Mark en se laissant tomber sur le canapé.
- Tu as mauvaise mine, pourtant, répondit-Arizona.
- Comment veux tu que j'aies une bonne mine ? répondit-Mark.
Au bout de quelques minutes d'un silence tendu, Callie éclata.
- Bon, Mark, stop ! Il faut te ressaisir..
Mark lui jeta un coup d'oeil.
- D'accord, Lexie est partie à Phoenix, ce n'est pas la fin du monde ! s'exclama-Callie. Vous n'étiez même plus ensemble, elle est parti, c'est bon. Remets-toi, tu vas pas non plus te laisser aller..elle n'est pas morte.
- Elle n'est pas morte, je le sais merci! s'exclama-Mark. Mais tu ne sais pas ce que ça me fais alors n'essaie surtout pas de me faire la moral !
Callie fut surprise par les mots et le ton employés. Durs. Mark semblait dans une rage sans fin, une colère noire.
- Elle m'a trahie ! s'écria-Mark. Elle est partie, m'a abandonné et je sais, je sais qu'on étais pas ensemble mais...j'avais toujours espoir. Et je l'aimais toujours et je voulais m'excuser, j'ai été un crétin mais elle...elle m'a lâchement abandonné ! Elle est parti sans me le dire, ne réponds plus à mes coups de fil ou mes textos ou mes mails. Tu ne sais pas ce que ça fais aucune de vous, personne ne le sait !
La tirade s'était achevée en un cri. Mark se leva d'un bond et Callie sursauta. Mark alla vers la sortie, en faisant au passage, sauter le café d'Arizona de ses mains. Le gobelet s'écrasa par terre.
- Mark ! s'exclama-Callie, outrée devant ce geste de violence inutile.
- Mon café ! s'exclama-Arizona avec une moue de désespoir. Mon café que j'attendais depuis trois heures !
Mark ne les regarda même pas, et partit en claquant la porte.
- Il est incroyable ! s'exclama-Callie.
- C'est peut-être Derek, qui a raison, répondit-Arizona, en allant se chercher un nouveau café. Peut-être qu'il vit le départ de Lexie comme un deuil.
- Ça alors, son étape de colère est forte, alors, si c'est ça...grommela-Callie.
ETAPE 3(ET 4): LA CULPABILITE (ET LA DEPRESSION)
Le mois de juillet était déjà là, au plus grand plaisir de tous. Le soleil et la chaleur étaient au rendez-vous. Callie, Arizona et Derek en avaient profité pour remonter un peu le moral de Mark. Ils étaient tous allés frapper à son appartement, en ce beau jeudi matin, munis de pots de peinture et de pinceau. A présent, ils étaient tous occupés, Arizona, Callie, Mark et Derek, à peindre avec des couleurs gaies, les murs de l'appart.
- Heu..Arizona ? fit-Callie, en entrant dans la chambre de Mark. Tu es sûre que Mark va apprécier que tu peignes les murs de sa chambre en rose ?
- C'est bon pour le moral ! répondit-Arizona. Et puis, il n'a plus d'avis depuis un bon moment.
Callie elle, préféra se cantonner au gris très clair dans la cuisine. Derek lui, avait choisi du bleu foncé pour le salon. Tout ça formait un mélange un peu disparate, mais au moins ça les occupait et ils pouvaient garder un oeil sur Mark.
Sa phase colère s'était peu à peu résorbée. Heureusement, parce qu'il avait été pendant plusieurs semaines, d'une agressivité et d'une violence incroyables. Maintenant, il s'en voulait. Il se sentait coupable, non seulement des dégâts qu'il avait causé durant sa phase colère, mais aussi coupable du départ de Lexie.
- Qu'est-ce que c'est ? fit-Derek avec intérêt.
Il était occupé à examiner avec intérêt sa trouvaille. Il avait décidé de peindre également l'armoire de la chambre de Mark en bleue, et l'avait donc vidée. Il avait trouvé à ce moment, ce qu'il était en train d'examiner : un chemisier, blanc, bien trop petit pour Mark, et bien trop féminin aussi.
- Je ne savais pas que tu portais ce genre de choses, Mark, ricana-Derek en le lui montrant.
Mark saisit le vêtement.
- Oh,ce n'est pas à moi, c'est à Lexie, répondit-Mark. Quand on étais encore ensemble.
- Ah, fit-Derek.
- J'aurais dû lui rendre...regretta-Mark. J'ai été un crétin, j'aurais dû lui rendre..elle serais peut-être là, à peindre avec nous.
Derek s'empressa de reprendre le chemisier des mains de Mark, et Callie s'approcha.
- Bon, de 1, ce n'est pas parce que tu as gardé son chemisier, qu'elle est partie, ok ? fit-Callie. Lui rendre n'aurais rien changé. Et de 2, nous ne sommes là que pour te remonter le moral. Si Lexie était là, tu n'en aurais pas besoin, et on ne serais pas en train de peindre. Compris ? Arrête la culpabilité, à la fin.
Mark acquiesça, silencieux.
- Au fait, Arizona, je suis vraiment désolé..enchaîna-Mark.
- Heu..pour quoi ? répondit-Arizona, en quittant la chambre pour les rejoindre au salon.
- Pour ton café...
- Mon café ?
- Son café ? reprit-Callie.
- Tu sais, je t'ai fait tomber ton café, dans la salle de garde, il y a un moment..je suis désolé. Et je suis désolé aussi, Callie, pour t'avoir hurlé dessus.
- Mais Mark..! s'exclama-Callie. C'était il y a une éternité. Arrête de t'excuser !
- Si je m'étais excusé plus rapidement avec Lexie, je serais avec elle..fit-Mark haussant les épaules, perdu. Alors dorénavant, je préfère m'excuser souvent.
- C'est bon, Mark, arrête de te prendre la tête! fit-Callie. Allez, peignons, ça vaut mieux !
- Enfin, Callie, ce n'est pas vraiment peindre, ce que tu fais, ricana-Derek.
- Pourquoi ? fit-la chirurgienne orthopédique en se tournant méfiante vers un Derek hilare.
- Regarde toi !
Derek lui désigna la glace, et Callie se regarda. Elle s'en étais mise partout, elle était toute grise. Jusqu'au visage !
- Bon, d'accord, je ne sais pas peindre..! ricana-Callie. Et alors ?
Derek affichait une expression tellement moqueuse, que Callie saisit son pot de peinture grise, trempa son pinceau dedans, et vint peindre une grande bande grise sur le visage de Derek, qui avait fermé les yeux juste à temps.
- Tu n'as pas osé ?! s'exclama-Derek.
- Tiens, tu t'en es mis partout aussi ! ricana-Callie.
Arizona elle, bien décidée à égayer Mark, saisit un pot de peinture jaune. Elle trempa son pinceau dedans et vint le secouer devant Mark. Ce qui eut pour résultat de rendre le chirurgien plastique constellé de petites tâches jaunes.
- C'est bien plus esthétique fait par moi, tu ne trouves pas ? fit-Arizona en narguant Callie.
La dernière chose que vit Arizona avant d'être recouverte de gris, fut Callie qui s'approchait avec son pot. Bientôt, l'appartement fut bariolé. Le sol était complètement taché, de toutes les couleurs ce qui donnait quelque chose d'assez..spécial. Au moins, Mark souriait. C'était l'avantage de cette bataille de peinture.
ETAPE 5: L'ACCEPTATION.
Derek étudiait une tumeur maligne, sur l'écran d'un ordinateur, lorsqu'il vit passer la chirurgienne pédiatrique.
- Robbins ! s'exclama-le neurochirurgien. Tu me dois 50$.
- Pourquoi ? s'étonna-la jeune femme.
- J'avais raison, à propos de Mark, répondit-Derek. Tu te souviens de notre pari ? J'avais dit qu'il expérimentait les étapes du deuil, tu ne m'avais pas cru, on avait parié. Il vient d'atteindre l'acceptation.
Arizona jeta un coup d'oeil ennuyé à Derek, puis, à contre-coeur, lui donna ses 50$.
- Merci, fit-le neurochirurgien avec un grand sourire.
Derek regagna sa tumeur, amusé. C'était bien vrai. Mark avait atteint l'acceptation. La fin du mois d'août était là. Cela faisait trois mois que Lexie était partie, et Mark avait finalement tourné la page. Il avait bien sûr été forcé par Callie, d'aller voir une psy, le Dr. Wyatt, la même que Meredith. Cela l'avait aidé, même s'il ne l'aurait pas admis, à gérer sa colère exagérée et son sentiment d'abandon. Maintenant, il n'allait plus la voir. Il n'en avait plus besoin.
Le chirurgien plastique admettait qu'il aimait toujours Lexie, mais il avait cessé de se torturer. N'ayant plus de petite amie, ni d'ex petite amie, et ne s'intéressant plus aux infirmières, Mark avait trouvé un intérêt soudain à l'enseignement et avait pris Jackson Avery sous son aile. Il enseignait beaucoup au résident.
Il vivait toujours dans le même appartement, toujours tâché par terre, de peintures de toutes les couleurs.
Il allait mieux.
Dans une semaine, c'était la rentrée. Septembre serait là, amenant une vague de nouveaux internes. Une réunion eut lieu, pour les points importants concernant l'accueil des nouveaux internes. Les résidents, c'est à dire Meredith, Alex, Cristina, Jackson, April et tous ceux de leur année, allaient avoir un groupe d'interne qui leur serait affecté, cette année.
Les plannings avaient déjà été faits, et comme toujours, la liste de tout le personnel médical du SGH fut affichée dans le grand hall. Y était indiquée le nom et le prénom, le poste de la personne et également son numéro de biper. C'était très utile pour les nouveaux internes qui se perdaient !
Mark, curieux de voir les nouvelles recrues, s'approcha. Il y avait plusieurs colonnes, comme "Infirmiers", "Anesthésistes", "Titulaires", "Résidents".. etc. Le chirurgien plastique, en arrivant à la colonne "Internes 2ème année", sentit son coeur faire un bond en voyant le nom de Lexie Grey.
Puis, la colère le prit. Il s'empressa d'aller trouver Richard Webber.
- Dr. Webber ! s'exclama-Mark en l'apercevant. Chef !
- Qu'y a-t-il Sloan ? demanda-Webber.
- Vous avez publié une liste non à jour, répondit-Mark. Il y a encore le nom de Lexie, vous avez dû oublié de l'effacer des archives...ce n'est pas que ça me gêne, mais poster une liste fausse ce n'est pas une très bonne publicité pour l'hôpital et les internes vont..
- Dr. Sloan ! le coupa-Webber. La liste est vraie.
- Mais..
Webber quitta Mark, le laissant là, n'osant pas y croire.
- Non Mark ! Je te l'ai dit !
Mark était au téléphone avec Meredith, un peu agacé.
- Mais..!
- Non ! fit-la jeune femme. Tu ne viens pas à l'aéroport !
- Je ne vais pas lui sauter dessus ! maugréa-Mark.
- Tu l'aimes encore ?
- C'est quoi cette question ?
- Tu l'aimes encore ? demanda-Meredith, insistante.
- Oui, répondit-Mark à contrecœur.
- Alors tu ne viens pas.
- J'aurais dû répondre non, grogna-Mark.
- La question est réglée, fit-Meredith. Je te préviens que son avion a atterri, mais c'est tout. Tu la verras à l'hôpital, c'est à dire demain. Tu peux patienter quand même ?
- Très bien ! fit-Mark en raccrochant.
Mark était nerveux. Il était posté au bureau d'admission central, dans le hall, et attendait Lexie. Il était là depuis 5h, ne voulant pas la louper. Il n'avait pas l'intention d'avouer à Lexie qu'il l'aimait toujours, ni lui demander de se remettre ensemble. Il voulait juste s'excuser. Pour ne pas rester dans l'esprit de Lexie, le gros con qui l'avait fait souffrir.
L'attente était longue. Finalement, Mark vit la silhouette de Meredith, d'abord. Elle était accompagnée de Derek, aussi, et finalement, de Lexie. Mark la distinguait de loin. Ils franchirent les portes de l'hôpital. Meredith tenait le bras de sa soeur...Etrange..
Derek, qui marchait plus vite, arriva aux côtés de Mark.
- Ne pique pas de crise, lui souffla-Derek.
- Pourquoi je piquerais une crise ?
Finalement, Mark aperçut le visage de Lexie. Le chirurgien plastique sentit la colère exploser dans sa poitrine, et son visage de tordit en une grimace horrifiée.
Un énorme hématome marquait la joue gauche de Lexie. Il remontait sur son oeil gauche, à demi-fermé, et touché lui aussi, et descendait bas, jusqu'au menton, en traversant sa bouche.
Zo: Merci de la review :) Et je suis d'accord, Alex est génial, et il forme un super couple avec Lexie mais...Mark/Lexie c'est sacré ^^
GA: Voilà, j'update. J'espère juste que tu n'es pas mort :p
LittleGrey: Oui, Grey's Anatomy sans eux, ça créé un grand manque../: Thanks, pour la review !
