LE MIROIR DE PEUT-ÊTRE
- Vérité, Confiance et Veritaserum--
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Après une semaine qui inclut le comportement étrange de Sev, une conversation typiquement bizarre avec Albus et ensuite toute l'excitation et l'émotion de rencontrer les versions non-du miroir de Ly'haniir et Silver, Harry décida sommairement qu'il avait gagné le droit de se permettre de faire la grasse matinée dimanche matin et d'ignorer la pile de rouleaux de devoirs l'attendant dans son bureau. En conséquence, il manqua l'arrivée du hibou qui livrait habituellement son journal du matin à la salle à manger.
Rétrospectivement, cela s'avéra plutôt être une bonne chose, puisque - s'il avait été à l'heure - il aurait probablement été au milieu d'une bouchée d'œufs et de toast quand il aurait vu la première page.
En fait, il lui fut épargné l'embarras de cracher son petit déjeuner partout sur la table, simplement parce que la Gazette du Sorcier était déjà là quand il arriva finalement. Le journal à l'air inoffensif était proprement plié, le couverture vers le bas, à côté de son assiette et aussitôt que Harry fut assis, il le ramassa automatiquement et le retourna.
' MAGES DE GUERRE À POUDLARD' criait le titre en gros caractères. Et au-dessous de cela, dans un texte seulement marginalement plus petit : ' Des douzaines de Mages de Guerre mystérieux ont été signalés à l'École de Sorcellerie et de Magie de Poudlard- réunions secrètes tenues! '
Choqué, Harry parcourut l'article à la hâte. Il devint rapidement clair que la capacité de la Gazette du Sorcier à exagérer avait été travaillée en heures supplémentaires. À proprement parler, le mot 'signalés' rendait le style d'écriture gonflée complètement précise. Harry n'avait aucun doute que pas mal de premières années jeunes et excitables avaient griffonné des lettres décrivant l'arrivée de plusieurs Mages de Guerre étranges et inconnus au château hier. Cependant, la Gazette du Sorcier avait employé ces 'rapports' prétendus pour faire sonner cela comme si cela avait été une invasion grandeur nature par un bataillon entier de soldats fous de bataille et dangereux.
Mais même ce morceau désagréable de désinformation pâlissait en comparaison des implications des quelques derniers paragraphes de l'histoire.
Vers la fin de l'article, le journaliste de la Gazette du Sorcier déclarait manifestement qu'une organisation secrète de Mages de Guerre existait évidemment quelque part dans le monde et qu'une armée si formée et cohésive de guerriers pourrait bien poser une menace sérieuse à la sécurité et à la sûreté de la Grande-Bretagne des Sorciers. La propre apparition de Harry en tant que Ash n'était pas passée non plus inaperçue, et on laissait fortement comprendre que ce n'était aucunement une coïncidence s'il s'était montré peu de temps après que M. Harry Potter ait disparu. La mention de ' réunions secrètes tenues derrière des portes fermées' servait seulement à achever l'image d'une organisation diabolique avec buts sinistres, se cachant sur les bords du monde sorcier.
La déclaration finale de l'auteur appelait essentiellement à une enquête grandeur nature sur les activités des Mages de Guerre par le Ministère.
Il apparut que Harry n'aurait pas de petit déjeuner après tout.
Il se sentait maintenant décidément malade.
Reposant doucement le journal sur la table, Harry prit délibérément quelques respirations profondes pour se calmer. Une fois que le sens initial de désastre menaçant se fut effacé un peu, il essaya de regarder la situation rationnellement.
Cela avait toujours été son intention de cacher l'existence du cercle au monde sorcier - et le plus particulièrement à Voldemort - aussi longtemps que possible.
Les raisons de Harry pour cela étaient nombreuses et variées, avec la plus évidente étant que vous ne révéliez pas votre vraie force à un ennemi avant d'être sûr que vous pourriez l'utiliser pour gagner - ou avant que vous ne soyez assez désespérés pour en avoir besoin pour survivre. Mais une autre raison moins évidente était que dans le Miroir de Peut-être Voldemort n'avait pas su encore à propos du cercle.
Les plans présents du Seigneur des Ténèbres tournaient tous autour du fait qu'il pensait que ses ennemis étaient les Aurors du Ministère, Albus Dumbledore et les membres de l'Ordre du Phœnix - tous d'entre qui étaient des sorciers et sorcières humains. Même l'inclusion de Harry en tant que 'Ash' n'avait pas été trop mauvaise puisqu'il était, après tout, seulement un homme et son intérêt en Severus donnait au Seigneur des Ténèbres une façon possible de gagner de l'influence et/ou du contrôle sur lui.
Mais maintenant Voldemort faisait face à la possibilité que ses ennemis soient plus variés et puissants que ce à quoi il s'était attendu et Harry avait désespérément peur que cette tournure d'événements aiguillonne le Seigneur des Ténèbres à agir prématurément. Si c'était le cas, alors Harry perdrait deux grands avantages : du temps pour préparer sa propre base de puissance; et l'avantage de savoir ce que les plans de Voldemort étaient en se rappelant ce qu'il avait fait dans le Miroir.
Et comme si tout cela n'était pas assez mauvais, le désastre de première page de la Gazette du Sorcier causait aussi à Harry encore un petit mal de tête...
... La pensée d'une 'organisation' de Mages de Guerre était maintenant fermement implantée dans l'esprit du public et il était très peu probable qu'elle en parte.
Harry n'était que trop bien conscient que les gens avaient tendance à craindre l'inconnu - particulièrement les inconnus qui étaient potentiellement dangereux et magiquement puissants. Le cercle de mages était qualifié des deux et si l'opinion publique était montée contre eux, cela rendrait les choses très difficiles dans l'avenir où il aurait besoin de l'appui du cercle.
D'une façon ou d'une autre, Harry se trouvait devant le besoin d'appliquer un contrôle des dégâts à ce désordre - et rapidement.
Il ne se donna pas même la peine de penser nier simplement l'existence du cercle. Harry était assez sûr que personne ne le croirait de toute façon et absolument sûr qu'un tel mensonge détruirait complètement n'importe quelle crédibilité et confiance qu'il avait créée une fois que la vérité deviendrait évidente.
Non, les dégâts étaient déjà faits. Ce qu'il avait besoin de faire maintenant était de le réduire au minimum d'une façon ou d'une autre.
A l'idéal, il pourrait trouver une façon de rassurer à la fois Voldemort et le public sorcier que le cercle n'était pas leur ennemi. Il serait même mieux s'il pouvait d'une façon ou d'une autre faire le cercle avoir l'air plus faible et moins cohésif qu'il l'était vraiment . Et bien sûr, le public - et Voldemort - devraient croire ce qu'il allait inventer.
S'il y avait quoi que ce soit qu'il puisse inventer...
Peu de temps après, Harry se rendit soudain compte qu'il était toujours assis dans le réfectoire, regardant fixement et aveuglement son journal et ne prenant manifestement pas son petit déjeuner. À la hâte, il plia la Gazette du Sorcier en deux, se leva de la table et partit pour la privauté de ses propres appartements.
Il avait quelque pensée sérieuse à faire.
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Environ deux heures plus tard, Harry décida qu'il avait pu inventer une idée réalisable - et le premier pas de son plan demandait un rendez-vous avec Albus Dumbledore.
La décision prise, Harry ne gaspilla pas de temps et regardait bientôt fixement la ressemblance d'Albus dans les flammes de la cheminée de son salon. Il fut amusé de remarquer que le Directeur portait encore son bonnet de nuit. Apparemment Harry n'était pas le seul qui se permettait parfois un peu de paresse le dimanche matin.
Amusé par la vue ridicule d'un petit pompon déchiré pendant au bout du couvre-chef d'Albus, Harry raconta rapidement le contenu du journal du matin au vieux sorcier et demanda ensuite une réunion privée. Albus consentit immédiatement, mais suggéra une heure plusieurs heures plus tard pour qu'il puisse lire sa propre copie de la Gazette du Sorcier d'abord et entrer ensuite en contact avec quelques personnes pour avoir une idée de la réaction générale.
Albus termina leur conversation avec le commentaire : "Si c'est aussi mauvais que vous le dites, alors nous avons probablement de la chance que l'article ait paru dans l'édition du dimanche. Si c'était arrivé pendant la semaine, j'ose dire que nous aurions déjà le Ministre et une douzaine d'Aurors à camper sur notre pas de porte. Dieu Merci pour le week-end!"
Harry passa alors l'heure suivante ou à peu-près ce temps là à écrire une lettre à Ly'haniir et Silver. Il décrivait l'article de presse en termes généraux et ensuite ses conclusions et soucis. Il suggérait fortement qu'il n'y ait plus de visites inattendues ou publiques et mentionna poliment que quiconque avait besoin de le voir devait envoyer un hibou d'abord. Il arracha aussi la première page de la Gazette du Sorcier et l'épingla à la lettre, avec sa recommandation que Silver traduise le morceau offensif de journalisme à l'avantage du conseil.
Après cela, il écrivit une lettre séparée à Silver - en Anglais - lui disant de trouver ce nuage de brouillard pollué s'appelant 'Effie' et d'y jeter des bombes puantes jusqu'à ce qu'il explique exactement comment maudit enfer exposer les Mages de Guerre à cette sorte de publicité - et en ce moment - pourrait probablement être utile à qui que ce soit, sauf Voldemort.
Lorsqu'il eut fini la deuxième lettre, son rendez-vous avec Albus approchait rapidement .
Harry scella les deux messages avec une touche de magie et appela Dobby pour qu'il les emmène à la Volière pour lui. L'elfe de maison enthousiaste était seulement trop heureux d'être utile, ce qui permit à Harry d'éviter une visite à la Volière lui-même et le rappel douloureux que son propre hibou, Hedwige, n'était plus avec lui. Il ne savait pas si elle était vraiment dans la Volière, ou si Albus l'avait donnée à quelqu'un, mais si elle était là, alors c'était probablement mieux pour lui d'en rester loin. Il y avait toujours une chance qu'elle puisse le reconnaître à travers le sort de déguisement d'une façon ou d'une autre et il ne pouvait pas se permettre d'avoir le hibou de Harry Potter à le suivre, essayant de délivrer son courrier.
Et puis il était temps de voir Albus.
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// Parfois, // réfléchit Harry en se tenant debout à l'extérieur du bureau du Directeur, // je pense que je passe ma vie à courir vers cet homme pour m'aider. // Mais Albus était le seul à qui il pouvait penser qui ait l'influence politique et le respect presque universel qui seraient nécessaire pour exécuter son idée.
Il devait juste espérer qu'Albus était aussi assez honorable pour ne pas abuser du pouvoir qu'il était sur le point d'offrir à cet homme.
Il frappa une fois pour donner quelque avertissement à Albus et puis prononça le mot de passe et entra.
Il trouva le Directeur - maintenant habillé de ses robes habituelles - se tenant devant la cheminée, finissant une conversation avec le père de Ron Weasley. Le plus vieux des Weasley était un membre de l'Ordre du Phœnix et un des plusieurs contacts qu'Albus entretenait au Ministère.
"... Devriez attendre les Aurors demain, Albus," disait M. Weasley. "Les gens ont été effrayés par cela et puisque Fudge ne peut pas les protéger de Vous-Savez-Qui, il voudra se donner l'air d'un héros en 'les protégeant' des Mages de Guerre."
"Oui," acquiesça Albus sérieusement, "je vois ce que vous voulez dire Arthur."
"Je regrette de ne pas pouvoir vous donner de meilleures nouvelles," soupira M. Weasley.
"Je préférerais avoir votre avis honnête," lui dit franchement Albus. "D'autant plus que nous pouvons encore réussir à sauver quelque chose de la situation."
"Vous avez un plan ?"
"Pas encore," répondit Albus. "Mais je soupçonne que notre Mage de Guerre résident peut avoir quelque chose dans sa manche. En fait, il vient d'arriver, alors je ferais mieux d'aller découvrir ce que c'est."
L'image de M. Weasley sembla frissonner dans les flammes. "Vous et un Mage de Guerre complotant ensemble - quelle idée terrifiante!"
"Arthur!" objecta le Directeur d'un ton blessé, mais l'image de dignité blessée était ruinée par le scintillement de rire dans ses yeux. "Votre confiance en mes capacités est vraiment tout à fait flatteuse. Je ferai de mon mieux pour assurer qu'elle n'est pas mal placée."
"Je ne veux pas le savoir," déclara M. Weasley. "Fred et George vivent encore à la maison - et c'est vraiment tout ce à quoi un homme devrait avoir à faire face à la fois." Le Directeur rit comme Arthur partait et que le feu revenait à son état normal.
Harry se sentit momentanément sourire avec le rire d'Albus. C'était assez effrayant d'imaginer les deux d'entre eux complotant ensemble. Mais alors son sourire s'effaça lorsqu'il se souvint pourquoi ils complotaient ensemble.
Son expression sobre n'échappa pas à Albus et le Directeur les fit bientôt s'asseoir tous les deux devant son service à thé favori. Étonnamment cependant, ce fut presque immédiatement suivi par l'apparition d'une cafetière et d'un plateau de sandwichs.
L'estomac de Harry gronda de manière embarrassante. Il avait manqué à la fois petit déjeuner et déjeuner. "Comment saviez-vous ?" demanda-t-il comme Albus lui versait une grande tasse de café sombre et chaud et poussait ensuite les sandwichs dans sa direction.
"J'ai quelque connaissance de passage de l'accoutumance à la caféine de Xiomara," répondit Albus avec un sourire, "et plus qu'assez d'expérience avec l'habitude de Severus d'oublier de manger quand il est distrait par une potion ou un problème. J'ai pensé qu'il pourrait être mieux si vous ne souffriez pas d'un mal de tête dû au manque ou des tourments de la faim tandis que nous décidons de que faire de la petite surprise de ce matin dans le journal."
Harry pouvait seulement hocher la tête avec reconnaissance comme il buvait à petits coups son café et continuait à démolir l'assiettée de sandwichs.
Tandis qu'il mangeait, Albus récapitula la situation. D'abord le Directeur décrivit ce que l'article avait exposé et puis ce qu'il avait impliqué. Après cela, il continua avec une liste des problèmes résultants. La liste d'Albus était pratiquement identique à celle de Harry à part la partie où Harry ne serait plus capable de prévoir ce que Voldemort allait faire.
Mais alors, Albus ne savait toujours pas à propos du Miroir, alors on devait seulement s'y attendre.
Harry ne fut pas été étonné qu'Albus prenne la question si au sérieux. Le Directeur savait déjà que 'Ash' avait l'intention de s'opposer à Voldemort et il avait évidemment supposé que l'apparition très publique des elfes hier signifiait que le cercle pourrait désirer suivre où leur collègue humain les menait. C'était donc tout aussi important pour Albus que cela l'était pour Harry qu'un air aussi inoffensif que possible pour le bénéfice du public et du Seigneur des Ténèbres fut donné à un groupe si puissant d'alliés potentiels .
Harry finissait juste son café quand Albus termina son analyse avec le commentaire : "Je suis curieux de savoir comment vous aviez à l'origine projeté de présenter vos semblables mages au monde sorcier."
Harry cligna des yeux. "Qu'est-ce qui vous fait penser que j'avais un plan ?" demanda-t-il. "J'avais pensé vous avoir parlé de la politique de non-intervention du cercle."
Albus le regarda simplement.
"Ça va, ça va," bougonna Harry, "oui, j'avais un plan - et oui, j'étais assez sûr que je pourrais les convaincre de s'impliquer. Mais ce n'était pas supposé arriver avant encore un ou deux ans!"
"À l'origine," expliqua-t-il, "j'allais permettre au monde sorcier de s'habituer à l'idée de Mages de Guerre en les laissant s'habituer à moi d'abord. Et tandis qu'ils devenaient habitués à moi, j'aurais appris la Défense Contre les Forces du Mal à leurs enfants. Ces gosses seraient alors retournés à leurs parents et dans le monde avec la connaissance immédiate du fait que je ne suis pas quelque démon de combat invincible, mais seulement un homme avec un peu plus de capacité et de formation."
"Hmm," réfléchit Albus. "Je suppose que vous voir jouer à la Marelle et voler avec Xiomara aurait aidé, mais je ne pense pas que cela aurait été assez pour surmonter le problème entier."
Harry sourit d'un air satisfait. "Si cela aurait été assez," contredit-il "Une fois que vous ajoutez le fait que j'avais l'intention d'attendre que vous et les Aurors n'ayez besoin de leur aide. En attendant le moment juste, j'aurais pu faire ressembler l'existence du cercle à un cadeau des Dieux."
"Oh," Albus hocha la tête, "Bien sûr. Et après cela, vous leur auriez expliqué leur répugnance à s'impliquer dans les affaires strictement humaines. Nous aurions en réalité dû demander leur aide et essayer ensuite de les convaincre de nous rejoindre."
Harry sourit. "Lorsque la population générale aurait découvert le cercle," dit-il, "les Mages de Guerre auraient déjà une histoire établie d'amitié et d'appui parmi les forces de la Lumière - aussi bien qu'une sorte de respect et de confiance qui vient de survivre à des batailles mortellement graves ensemble."
"Brillant," le complimenta Albus.
"Et maintenant complètement envoyé au diable," termina Harry.
"Mais vous avez un nouveau plan," contra Albus, "ou nous ne serions pas assis dans mon bureau un dimanche après-midi à discuter calmement de ce qui aurait pu être."
Harry grimaça. "C'est risqué," soupira-t-il, "et je ne sais pas combien cela va être efficace." Il fit une pause d'un instant, avant d'ajouter, "Nous allons aussi avoir besoin de l'aide du Professeur Rogue."
Albus leva simplement un sourcil interrogateur.
"Je vais avoir besoin de veritaserum," admit Harry, "et de quelqu'un pour l'administrer."
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Le matin suivant Fudge et son entourage arrivèrent presque avant que Harry n'ait fini de prendre son petit déjeuner.
Ils marchèrent avec arrogance directement au milieu des élèves et se rangèrent devant la haute table. De la place de Harry à côté de Xiomara, il pouvait voir qu'au moins une des personnes accompagnant Fudge n'était pas un Auror. En fait, l'homme avait plutôt l'air d'un journaliste qu'autre chose. Harry aurait parié sa dernière Noise que c'était l'homme qui avait écrit l'article d'hier pour la Gazette du Sorcier.
Le reste des gens de Fudge - tous des Aurors - le regardaient avec soupçon et une hostilité légèrement voilée. Harry les ignora calmement et se concentra sur Fudge.
"Cornelius!" s'exclama Dumbledore avec une surprise apparente. "Quel plaisir inattendu! Voulez-vous vous joindre à nous pour le petit déjeuner ?"
Le Ministre - qui avait essayé d'avoir l'air sévère et interdisant - fut momentanément embarrassé. "Euh ... non ... euh, merci quand même."
"Êtes-vous sûrs ? Les harengs fumés sont particulièrement bons aujourd'hui."
"Quoi ? Non, non - je ..." Et ensuite Fudge fit une pause et se reprit visiblement. D'un ton beaucoup plus puissant, il dit, "Maintenant écoutez moi, Albus, je n'ai pas fait tout le chemin depuis Londres à cette heure impie du matin juste pour prendre le petit déjeuner! Je suis ici pour une question de sécurité nationale!"
"Sécurité nationale! Mon Dieu," dit Albus, caressant sa longue barbe. "Et ma matinée allait être prise avec cette idiote conférence de presse. Mais pour une question de sécurité nationale, je suppose que je ferais mieux de l'annuler."
"C-conférence-de-presse ?" bégaya Fudge.
"Oh oui," confirma Albus. "Plus d'une douzaine de journalistes prennent leur petit déjeuner dans la salle des professeurs pendant que nous parlons. J'ai peur qu'ils soient terriblement fâchés contre moi - les traîner tout le chemin jusqu'ici et ensuite annuler tout. Mais si c'est une question de sécurité nationale..."
Fudge commençait à sembler un peu nerveux quand l'Auror à côté de lui décida de parler. "Directeur Dumbledore," gronda l'homme, "nous sommes ici en réponse aux rapports sur un groupe entier de Mages de Guerre apparaissant soudainement sur les terrains de l'école. Nous n'avons aucune information sur qui ces gens sont, d'où ils sont venus, de comment ils sont arrivés ici, ou de ce qu'ils faisaient ici. Il y d'autres rapports de réunions secrètes s'étant tenues pour des raisons inconnues et les rumeurs d'une armée entière de Mages de Guerre rassemblant des informations par l'intermédiaire de leur éclaireur avancé - votre professeur de Défense actuel."
Albus regarda fixement l'homme avec une surprise apparente. Vers le bout de la table, Harry lança l'étape suivante de leur plan et éclata de rire. Chaque oeil dans la salle était tourné vers lui - et son amusement évident fit soudain ressembler la litanie de suspicion de l'Auror au délire d'un fou.
Tandis que Harry continuait à rire - avec pas mal d'autres dans la salle - Albus soupira simplement et dit, "Et bien, il semble que je ne devrai pas annuler la conférence de presse après tout."
Maintenant complètement confondu, Fudge demanda simplement, "Pourquoi pas ?"
"Parce que," répondit Albus, "cette rumeur ridicule que la Gazette du Sorcier a publié hier est pourquoi j'ai organisé la conférence de presse."
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Peu après Harry se trouva à traîner derrière Albus et Fudge, entouré par cinq Aurors qui essayaient d'avoir l'air de le tenir en détention préventive, tout en étant en même temps très prudents ne pas mettre une main sur lui. Cela aurait été ridicule si ce n'était pas si sérieux.
Quand ils parvinrent finalement au couloir correct, ce fut avec quelque soulagement que Harry vit du coin de l'œil que Severus les attendait. Conformément à sa nouvelle habitude d'éviter le Mage de Guerre résident, Severus avait été absent du petit déjeuner ce matin. Cependant, Albus avait assuré Harry que le Maître de Potions était tout à fait d'accord pour fournir et administrer le veritaserum et qu'il serait sous la main quand ils auraient besoin de lui.
// Comme s'il aurait dit "Non", // pensa Harry aigrement. // La curiosité de Sev doit le dévorer vivant. // Dans le Miroir, Sev ' faisait de temps en temps remarquer que qui que ce soit qui permettait volontairement qu'on le dose de veritaserum était fou à enfermer.
"Tout le monde a quelque chose à cacher," avait-il expliqué cyniquement .
"Que fait cela ici ?" demanda un des Aurors d'un ton de dégoût. Il avait une expression sur le visage comme s'il venait d'avaler quelque chose de désagréable. Il pointait aussi directement vers Severus. Harry remarqua que l'Auror braillard était le même homme de qui il avait ri dans le réfectoire. Harry sentit ses yeux se rétrécir légèrement comme il prit prudemment note du visage de l'homme. Il y avait des fanatiques parmi les Aurors qui assassineraient gaiement Severus à cause de son passé. Harry avait l'intention de s'assurer qu'aucun d'entre eux ne soient jamais en position d'en avoir l'occasion.
"Ce serait le Professeur Rogue," répondit Albus avec la plus fine note d'acier dans sa voix, "qui - à la différence de vous - a en fait été invité ici ce matin." Harry dut pratiquement se mordre la langue pour s'empêcher de sourire d'un air satisfait comme Albus donnait verbalement une claque dans le visage à l'Auror très désagréable.
"Allons, Allons, Albus," tranquillisa Fudge - essayant d'apaiser l'homme qui allait s'adresser à une douzaine de journalistes dans quelques minutes, "je suis sûr que l'Auror Whitcombe ne voulait rien dire par cela. Vous avez parfaitement le droit d'avoir qui que vous vouliez à votre conférence de presse. C'est simplement que cela semble un peu étrange d'inviter un professeur de Potions à une telle fonction. C'est tout ce qu'il a voulu dire."
Un souvenir poussa du coude les pensées de Harry. // Whitcombe ... // réfléchit-il. // Maintenant où ai-je entendu dire ce nom auparavant ? //
"Oui," disait Whitcombe d'un ton faux, "Un... professeur de potions ... semble difficilement nécessaire. Eh bien, la prochaine fois, nous inviterons des Mangemorts pour que Vous-Savez-Qui puisse tout découvrir de l'armée des Mages de Guerre. Mais je suppose que ce ne sera pas nécessaire si vous êtes resté en contact avec tous vos vieux camarades, hein Professeur ?"
Fudge avait l'air de vouloir donner un coup de pied à Auror 'Grandegueule' Whitcombe. Harry savait qu'il le voulait certainement. Mais ce fut la réaction d'Albus qui attira en fin de compte son attention. Les yeux du Directeur donnèrent un petit coup bref en direction de Sev, avant de venir s'installer sur le visage de Harry avec un air de faible souci.
Perplexe, Harry regarda derrière lui vers le Maître de Potions, seulement pour être salué par un masque blanc qui ne révélait absolument rien.
Pour un parasite si désagréable, Whitcombe était étonnamment perceptif.
"Oh," dit l'Auror avec une malice badine en se tournant vers Harry, "ils ne vous l'ont pas dit, Mage de Guerre ? Et bien, je suppose que non après ce que vous avez fait au dernier. Professeur Rogue est ancien Mangemort - et il a même la Marque Sombre pour le prouver!"
"Whitcombe!" cria Fudge. "Qu'est-ce qui ne va pas avec vous, homme ?! Essayez-vous de vous faire renvoyer-"
Harry ne l'écouta plus. Le besoin de Fudge de trouver de meilleurs lèche-bottes n'était pas son problème. Son problème était le Maître de Potions aux cheveux sombres, debout juste derrière les traits fâchés de Fudge, attendant l'acceptation ou la condamnation de Harry sans tenter de dénier ou justifier la dénonciation rancunière de Whitcombe.
Avec un petit choc, Harry se rendit compte que c'était ce qu'Albus avait essayé de lui dire vendredi dernier au soir. C'était ce que 'Ash' n'aurait pas su, mais que 'Harry' avait su depuis des années.
Severus Rogue avait autrefois été un Mangemort et portait encore la Marque Sombre sur son bras gauche.
// Et bien pas maudit étonnant du tout qu'il n'ait pas arrêter de tergiverser! // pensa Harry, hébété. // Pour lui, la dernière fois que j'ai rencontré des sorciers avec la Marque Sombre, j'ai tué l'un d'entre eux! // Harry se sentait un tel imbécile. Pour lui, la Marque Sombre était tellement une partie de Severus qu'il ne pouvait pas imaginer ne pas savoir qu'elle était là.
Ce qui était précisément pourquoi il avait été incapable de trouver la question-mystère d'Albus vendredi dernier au soir.
Soudainement la voix de Whitcombe ramena Harry à la réalité en un éclair.
"-devrait être à Azkaban! Tout le monde le sait!" criait Whitcombe. "Juste parce qu'il a échappé la justice il y a dix-huit ans-"
// Oh. Échappé. // Harry se souvint soudain d'où il avait entendu le nom de Whitcombe auparavant. Wallace Whitcombe - Whitcombe, Wallace - l'Auror qui avait autrefois été connu comme ' Wally le Sot '.
Dans le Miroir, Wallace Whitcombe avait été un excellent Auror avec une haine fanatique des Mangemorts. Cela avait été cette haine - et donc sa menace potentielle envers Severus - qui avait à l'origine apporté le nom de l'homme à l'attention de Harry, bien qu'ils ne se soient jamais vraiment rencontrés .
"Que se passe-t-il ici au nom de Merlin! ?"
Whitcombe et Fudge sursautèrent tous les deux et se turent comme la porte de salle des professeurs fut ouverte brusquement. Se tenant dans l'entrée était Deveroe Styloplume - le meilleur reporter Britannique pour le Monde Sorcier d'Aujourd'hui. L'homme cligna des yeux en remarquant la présence du Directeur, du Ministre de la Magie, du Mage de Guerre Ash, de cinq Aurors, d'un Maître de Potions et...
Avec un énorme petit sourire satisfait, Styloplume dit, "Salut toi Edouard. Je ne savais pas que tu avais été invité. Mais alors, je suppose que c'est seulement juste après le radotage que ton équipe a imprimé dans le chiffon d'hier. Dois le rattraper d'une façon ou d'une autre, hein ?"
Le journaliste de la Gazette du Sorcier - dont le nom était apparemment 'Edouard' - commença à haleter d'indignation, mais fut coupé lorsqu' Albus décida de prendre le contrôle de la situation. Il y avait plusieurs visages curieux dans l'embrasure de la porte maintenant et la dernière chose dont tout le monde avait besoin était d'une conférence de presse dans les couloirs un lundi matin.
" Bonjour M. Styloplume," sourit le Directeur en s'avançant. "J'espère que vous avez aimé le petit déjeuner. Je sais que c'était une bien petite récompense pour vous avoir fait faire tout ce chemin avec si peu de préavis."
"Oh, oui," acquiesça Styloplume - le regard maintenant fixé fermement sur le Ministre et Whitcombe. Comme il étudiait le tableau devant lui, Deveroe ajouta distraitement, "Les harengs fumés étaient excellents."
Remarquant qu'Albus avait maintenant la situation bien en main, Harry se permit de se concentrer sur Severus. Silencieusement, il se tourna et accrocha délibérément son regard à celui du Maître de Potions. Severus, bien sûr, n'avait pas quitté Harry des yeux. Tandis que Whitcombe pouvait être le plus verbal, c'était le Mage de Guerre Ash qui était de beaucoup plus dangereux, et qui - autant que Severus le savait - venait de recevoir un choc désagréable.
Harry permit à son visage de se ramollir dans un demi-sourire amical et fut récompensé par un clignement étonné des yeux, suivi par une diminution presque imperceptible de la tension dans les épaules de Sev. Mais mieux que tout, l'opacité disparut de ses yeux et l'homme lui-même fut une fois de plus présent derrière le visage presque sans expression.
Mais Harry n'avait pas encore fini.
Sans bouger, il fit rapidement glisser ses yeux sur Whitcombe et permit à un vraiment mauvais sourire de submerger momentanément son visage. Alors il regarda de nouveau Sev et leva un sourcil comme pour dire 'J'ai une idée - tu veux jouer ? '
Le coin des lèvres de Sev se tira d'un coup sec. 'Peut-être', lui disaient-elles. ' Montre-moi d'abord ton idée . '
Calmement, Harry se retourna vers Albus. Le Directeur suggérait actuellement tout le monde recule de l'embrasure de la porte pour permettre au Ministre et aux Aurors d'entrer. "Directeur", l'interrompit Harry en s'excusant. "J'ai peur de devoir élever une objection à la présence de l'Auror Wallace Whitcombe ici aujourd'hui."
"Wally le Sot est là ?" Demanda une voix de derrière la mer de visages entourant Deveroe Styloplume. Whitcombe vira au pourpre et fit une imitation impressionnante d'un nuage d'orage.
Ignorant la question anonyme, Albus tourna un regard amusé, mais interrogateur sur son professeur de Défense. "Pour quelle raison, Professeur Ash ?" demanda-t-il poliment.
"L'Auror Whitcombe semble avoir un problème avec la présence du Professeur Rogue," répondit Harry. Quelqu'un dans la foule de journalistes pouffa de rire. "Puisque le Professeur va m'administrer du veritaserum dans quelques minutes et comme il contrôlera aussi ma santé au cours de l'entrevue, vous comprendrez que je préférerais qu'il ne soit pas distrait par ... euh..." Harry permit à la phrase de s'estomper, sachant que la plupart des personnes rempliraient le blanc par quelque variation de ' un idiot rancunier '.
Tandis que 'l'Auror Whitcombe ' pouvait ne pas être trop bien connu, ' Wally le Sot ' était une petite tranche d'histoire pour les vieilles mains du jeu de la presse. En tant que cadet Auror arrogant, présomptueux et persistant, on avait autrefois donné à Whitcombe le travail relativement facile d'escorter un également jeune Mangemort de sa cellule à une pièce d'interrogation. D'une façon ou d'une autre, dans la courte distance entre la cellule et la salle, le Mangemort s'était échappé. Whitcombe avait par la suite été trouvé assis sur le sol de la cellule, se marmonnant à lui-même et essayant de pousser sa baguette dans son nez.
Le sort utilisé sur Whitcombe l'avait laissé dans un état d'arrêt mental partiel pendant presque deux semaines. Quand il avait finalement été guéri et était retourné au travail, il avait été appelé ' Wally le Sot ' - un surnom qu'il avait gagné parce qu'il était un type arrogant autant que parce qu'il avait loupé si spectaculairement un travail si simple. Depuis lors, il avait méprisé tous les Mangemorts avec passion - en particulier ceux-là qu'il sentait avoir 'échappé' à leur punition méritée.
Et Fudge voulait amener cet homme dans la même pièce que Severus Rogue?
"Hmm," Albus hocha la tête. "Vous avez un bon argument. Je ne voudrais pas moi-même être sous la garde de quelqu'un dont l'attention n'était pas complètement concentrée sur mon bien-être."
Ce qui fut le moment exact où le mot 'veritaserum' s'ancra finalement dans le cerveau de Fudge. "Vous ... vous allez vraiment prendre du v-veritaserum ?" balbutia le Ministre. Si le Mage de Guerre était si confiant, alors il pourrait être dans de grands ennuis ici.
Quelque sérieux sauvetage des apparences pourrait être exigé.
"Et bien," répondit Harry, "je ne pouvais pas penser à une autre façon de convaincre tout le monde qu'une visite de deux vieux amis n'était pas un prélude à l'invasion."
"Deux .. ?!" s'exclama Fudge . "Mais ... mais le journal a dit..."
Harry lui sourit simplement.
Quelqu'un dans la salle des professeur rit.
"Peut-être," suggéra Harry après un instant, "que je ne devrais pas parler pour le Professeur Rogue." Et il se tourna pour lever un sourcil interrogateur vers le Maître de Potions.
Invisibles pour ceux derrière lui, les yeux de Harry brillèrent avec malveillance. 'Ton tour, ' offrit-il silencieusement.
Froidement, le Maître de Potions considéra Whitcombe. Il regardait l'homme comme s'il appartenait à une espèce de vermine qui exigeait d'être disséquée avant de pouvoir mener une existence utile en tant qu'ingrédients de Potions.
Whitcombe rougit et Harry rit presque tout haut comme le Ministre de la Magie lui-même marcha discrètement sur le pied de l'Auror. "Oh, non," dit Fudge avant que Severus puisse dire un mot. "Je suis sûr qu'il n'y en a aucun besoin. Substance délicate, le veritaserum. Même la pensée d'une distraction... Whitcombe, je suis sûr que vous voyez ce qu'il en est. Vous n'objectez pas, n'est-ce pas ? Bien sûr que non. Allez juste attendre à l'extérieur, hein ? Jamieson, pourquoi ne lui tiendriez-vous pas compagnie ? Encore mieux, pourquoi n'iriez-vous pas tous les deux apprécier une bièraubeurre à Pré-au-Lard ? A mon compte, d'accord ? Aucune idée de combien de temps cela nous prendra. Aucun sens de vous faire poiroter."
Fudge était pratiquement babillard. Il poussait aussi Whitcombe et le plus jeune des Aurors le long du couloir. Une fois qu'ils bougèrent tous les deux, il les lâcha simplement et leur élan sembla les porter vers avant.
Whitcombe avait l'air d'être sur le point d'éclater, mais l'Auror le plus jeune le tirait activement par le bras lorsqu'ils atteignirent le coin et disparurent de la vue.
Souriant et essuyant subtilement ses mains sur sa veste, Fudge revint d'un pas de promenade. "Bien alors," dit-il vivement, "Qu'est ce que c'est que tout ce non-sens à propos d'une armée de Mages de Guerre ?"
----Oo00oo----
Quinze minutes plus tard, Harry était assis sur une chaise au milieu de la salle des professeurs avec un demi-cercle de sorcières et de sorciers le regardant tous fixement.
// Je dois être fou, // pensa-t-il pour lui-même - un sentiment qui était reflété dans l'expression de Sev comme il s'approchait avec une petite bouteille de liquide et une tasse à mesure minuscule.
Ils avaient déjà subit la question ' Comment savons-nous que c'est vraiment du veritaserum ? '. Severus avait simplement demandé un volontaire pour le tester. Assez étrangement, Deveroe Styloplume avait même pensé à apporter à son propre volontaire - un jeune sorcier qui travaillait dans la pièce de copie au journal. Le fait que Styloplume ait su que du veritaserum allait être employé ce matin n'était aucunement une surprise pour qui que ce soit, sauf Fudge et son groupe. Albus avait utilisé la promesse d'un Mage de Guerre sous influence pour les attirer tous là du jour au lendemain.
Severus avait alors dilué la drogue et en avait administré seulement assez pour durer quelques minutes. L'honnêteté suivante du garçon et son embarras mineur furent assez pour convaincre tout le monde que le veritaserum était véritable.
Et maintenant c'était le tour du Mage de Guerre Ash.
Après avoir vérifié le poids de Harry, ce qu'il avait mangé au petit déjeuner et s'il avait de quelconques allergies connues, Severus mesura soigneusement une petite quantité de veritaserum concentré et lui passa la tasse.
Essayant d'avoir l'air confiant, Harry offrit une prière silencieuse à n'importe quel Dieu qui pouvait écouter ... et but.
Alors ils attendirent tous.
----Oo00oo----
// L'esprit humain est une chose étonnamment complexe, // pensa Harry tandis que le veritaserum faisait son chemin dans son système.
Et bien en réalité, il avait probablement fait effet presque immédiatement. Ils attendaient maintenant pour voir s'il allait avoir une réaction défavorable.
Complètement en dehors du fait que certaines personnes étaient violemment allergiques au veritaserum, c'était aussi une drogue difficile à administrer si vous ne saviez pas ce que vous faisiez. Il marchait en détériorant la capacité du cerveau à traiter pensées et mémoires avant de commencer à parler. Ainsi, ce qui sortait de la bouche de quelqu'un venait directement de son avis ou souvenir personnel honnête d'un événement. Le point auquel de telles choses pouvaient être changées ou altérées était entièrement dépassé.
A basse dose, le veritaserum était inutile parce qu'il forçait seulement quelqu'un à dire la vérité s'ils voulait répondre à la question. Cependant, une trop haute dose était aussi mauvaise, puisque cela détériorait alors la capacité d'une personne à distinguer entre ce qui avait rapport à la question et ce qui était futilités injustifiées. Dans les cas extrêmes de surdosage, il y avait eu des gens qui disaient la vérité sur tout ce qu'ils avaient jamais fait simplement parce qu'ils croyaient que tout avait rapport à la question de quelque façon obscure. Peu étonnamment, des traumatismes psychologiques significatifs étaient généralement associés à de tels cas.
Quelque part au milieu se trouvait l'idéal, où une personne serait forcée de répondre à n'importe quelle question qu'on posait, mais aurait encore assez de contrôle pour ne pas prendre des tangentes inutiles. C'était ce minuscule bout de contrôle qui signifiait que Harry serait en réalité capable de penser à une question avant d'y répondre.
Et c'était vraiment tout ce dont il avait besoin.
Brièvement, les pensées de Harry revinrent à son temps en tant qu'apprenti Mage de Guerre. Au début, ses leçons sur comment traiter avec les drogues de vérité et les sorts d'interrogation avaient plutôt été un cours de philosophie qu'autre chose.
La première chose qu'il avait apprise était qu'il devrait toujours considérer la nature de la question qu'on lui posait. Par exemple, si quelqu'un demandait ' Où est votre centre de commandement ? ', Harry devait d'abord décider s'ils demandaient dans quel pays il était, quelle était son adresse, ou si ' à deux portes de la poste ' serait suffisamment d'information. Mais bien sûr, une réponse comme 'en Grande-Bretagne' ou 'en Europe' ferait seulement qu'un ennemi exprimerait ses questions plus soigneusement.
Ainsi avec une question comme celle-là, la chose correcte à faire était de vous demander 'quel centre de commandement ? '. Si l'interrogateur ne spécifiait pas vraiment lequel, alors Harry était tout à fait libre de débiter à toute allure l'emplacement de n'importe quel centre de commandement qu'il pouvait légitimement considérer comme étant 'le sien'. En tant que citoyen Britannique, Harry connaissait pas mal de tels centres dispersés dans le monde entier - en particulier ceux de laissés par la Deuxième Guerre mondiale moldue.
Après tout, ce n'était pas comme si quelqu'un avait spécifié un centre de commandement toujours en utilisation.
La chose suivante que Harry avait apprise était que le fait qu'on vous pose une question ne signifiait pas que vous deviez fournir une réponse compréhensible. Par définition, les Mages pouvaient penser avec des concepts qui étaient complètement étrangers à leur propre espèce. Cela signifiait que si Voldemort devait lui demander comment détruire le sort qu'il avait placé sur les Pierres de Fondation de Gringotts, alors il devrait donner au moins une partie de sa réponse en gobelin. L'Anglais n'avait simplement pas de mots pour décrire les composants gobelins du sort.
En réalité, Harry pouvait théoriquement fournir chaque réponse dans des combinaisons de langues diverses s'il le choisissait. Mais faire quelque chose comme ça faisait généralement que votre ennemi augmentait le dosage de la drogue, ou renforçait n'importe quel sort qui était employé contre vous. Cela réduisait votre capacité de penser à comment mieux répondre à une question et vous faisait généralement terminer à parler dans votre langue maternelle de toute façon.
La meilleure idée était de coller à une langue que vos ravisseurs comprenaient et de fournir simplement la traduction la plus précise que vous pouviez faire. C'était toujours une réponse véridique - simplement inutile. Mais alors, la réponse correcte en gobelin n'aurait pas été utile non plus, ainsi il n'y avait aucun conflit.
Après cela, les instructeurs de Harry lui apprirent que 'la vérité' était en réalité très difficile à définir exactement. Terriblement de choses dépendaient de vos croyances personnelles et des suppositions que vous faisiez sur la nature de la réalité. Par exemple, si quelqu'un devait lui demander ' Combien êtes-vous puissant? ", il pourrait honnêtement dire qu'il n'était pas très puissant du tout. Il pourrait aussi dire qu'il était extrêmement puissant. Les deux réponses étaient vraies, selon votre point de vue.
Comparé à une éruption volcanique, il n'était pas très puissant. Mais comparé à une souris, il pourrait aussi être Dieu.
Mais n'importe quelle réponse qu'il donne, Harry n'était pas responsable des suppositions qu'un ennemi pourrait faire, basées sur ce qu'ils pensaient qu'il disait.
Et là-dedans était l'art de répondre à des questions sous veritaserum.
La partie finale de la formation de Harry sur ce sujet avait simplement été la pratique - et bien sûr, incorporer le temps-rapide dans le processus entier. Les potions et les sorts d'interrogation étaient supposés desserrer la langue d'un prisonnier. Si vous preniez votre temps pour penser comment répondre à une question, alors votre ennemi saurait que quelque chose allait de travers. En passant dans et en dehors du temps-rapide, Harry pouvait considérer sa réponse sans aucune pause discernable entre la question et sa réponse.
Vers la fin de cela tous, Harry avait gagné une expérience considérable avec le fait d'être drogué et ensorcelé.
Et pourtant...
Trop de veritaserum, ou une question exprimée trop précisément, ou même juste un moment de stupidité de la part de Harry - et le désastre suivrait. Personne ne se soumettait à une drogue comme le veritaserum sans risque.
Harry savait qu'il jouait avec le feu dès le moment où il avait mentionné la potion à Albus - mais il n'avait pas été capable de penser à une autre façon de convaincre le monde sorcier 'de la vérité' à laquelle il avait besoin qu'il croie.
Harry fut brusquement tiré de sa rêverie interne quand Severus se pencha et plaça ses doigts sur le poignet de Harry.
Le Maître de Potions vérifiait son pouls.
Harry était bien conscient que son rythme cardiaque était un peu élevé - et cela n'était pas entièrement en raison du stress de savoir qu'il était sur le point d'être questionné sous veritaserum.
C'était la première fois depuis que Harry avait apparu du Miroir que Sev ' avait vraiment mis ses mains sur lui.
L'avait vraiment touché.
Même sans le veritaserum, son pouls aurait été rapide.
"Fixez ma main," ordonna Sev et Harry observa docilement le mouvement de va et viens de la main de Sev tandis que le Maître de Potions vérifiait les blancs de ses yeux et la dilatation de ses pupilles.
Quand Severus fut finalement satisfait, il recula et dit, "Votre pouls est un peu rapide, mais pas de manière dangereuse. Si vous sentez un quelconque vertige, engourdissement, picotement, des démangeaisons, ou une étroitesse dans votre poitrine - dites-le immédiatement. Comprenez-vous ?"
"Oui, je comprends," répondit automatiquement Harry et il y eut un bruissement léger comme les journalistes réunis notaient la vitesse et la droiture de sa réponse.
Sev ' partit de côté et s'assit dans une position d'où il pourrait contrôler 'Ash' et surveiller n'importe quel signe d'une mauvaise réaction au veritaserum. Harry comptait la présence de Sev comme sa dernière ligne de défense si l'entretien commençait à virer à l'aigre.
Tandis que Harry ne pouvait pas mentir - et ne voulait pas avoir l'air d'avoir quelque chose à cacher en répondant en une autre langue - il était tout à fait capable de truquer un tremblement léger de ses mains, ou de limiter sa respiration jusqu'à ce qu'il en ait vraiment le vertige. À ce point Sev interviendrait et arrêterait les choses. Que le Maître de Potions comprenne ou non que Harry faisait semblant n'était d'aucune gravité, puisque à ce moment-là il serait à l'Infirmerie et en sécurité loin de la curiosité publique.
Aussitôt que le Professeur Rogue fut assis, Albus s'avança et tira sa baguette avec un geste théâtral. Il y eut une confusion mineure derrière le Directeur lorsqu'il dirigea sa baguette vers Harry et dit "Auris Silencio Ego Exceptum".
"Hé!" "Vous ne pouvez pas faire cela!" "Qu'est-ce qui se passe ici ?!" réclamèrent à cor et à cri un certain nombre de voix outragées et fâchées venant du groupe de journalistes les regardant.
Mais Harry n'en entendit rien.
En effet, tout ce qu'il serait capable d'entendre jusqu'à ce que Albus enlève le sort, était la voix du Directeur.
Harry risqua un regard en direction de Severus et vit une combinaison de surprise et d'admiration pour le sort peu orthodoxe que Albus venait d'employer.
"Mesdames et Messieurs," annonça le Directeur, "pour ceux qui auraient pu ne pas reconnaître le sort que je viens de jeter, je vais l'expliquer." Harry pouvait voir les gens bouger nerveusement, mais il n'entendit rien jusqu'à ce que Albus continue. "Auris Silencio est un sort qui rend sa cible complètement sourde. Cependant, j'ai ajouté une exception au sort par lequel le Professeur Ash sera toujours capable d'entendre ma voix."
Harry vit plusieurs regards fâchés à cette annonce, mais pouvait seulement imaginer les commentaires outragés qui furent lancés autour de la pièce.
Cela ainsi, était le pouvoir que Harry avait librement remis au vieux sorcier - la capacité de demander à 'Ash' n'importe quelle question et d'être assuré qu'il serait forcé de répondre - et de répondre honnêtement. Harry ne se faisait aucune illusion sur la précision des questions que quelqu'un comme Albus Dumbledore poserait. Il était un maître pour fourvoyer et donner des vérités relatives lui-même. Harry plaçait une énorme foi en l'intégrité d'Albus, car si le Directeur posait même en partie ce qu'il devait soupçonner en privé, ce serait un désastre qui signifierait la fin de plusieurs des espoirs et des plans de Harry.
Finalement, Albus fut capable de calmer son auditoire pour pouvoir continuer.
"Non," l'entendit dire Harry en réponse au commentaire de quelqu'un, "je ne considère pas cela comme une fraude ou une feinte, puisque je n'ai pas fait cela pour la protection du Professeur Ash. En effet, le Mage de Guerre Ash n'a pas besoin d'une telle protection! J'ai plutôt fait cela pour protéger sa famille, ses amis et sa vie privée."
Il y eut quelques regards surpris.
"Considérez si vous le voulez," leur dit Albus, "le fait qu'un Mage de Guerre - n'importe quel Mage de Guerre - doit inévitablement acquérir des ennemis." Albus regarda alors sévèrement le groupe amassé de journalistes par dessus ses lunettes. "Par exemple, vous êtes tous bien conscients que le Professeur n'aime pas Voldemort." Et Harry vit la plupart des gens dans la pièce tressaillir à la mention du nom du Seigneur des Ténèbres. "Une simple question négligente," leur dit Albus, "et vous pourriez facilement être responsables de la mort ou de l'enlèvement de n'importe quel membre de la famille du Professeur."
Le Directeur leur donna une seconde ou deux pour absorber cela et ajouta ensuite, "Il y a aussi la question de sa vie privée. Combien parmi vous auraient demandé le nom privé du Professeur Ash ?" Plusieurs journalistes détournèrent le regard d'embarras. "Et vous l'auriez fait," les réprimanda Albus, "bien que les rapports historiques - que je suis certain que vous avez tous examiné - indiquent clairement que c'est la pire insulte que d'utiliser ce nom sans permission formelle du Mage."
"S'il y en a parmi vous," continua Albus, "qui sont prêts à poser une telle question, alors quoi d'autre pourriez-vous être prêts à demander ? Son moment le plus embarrassant ? Son échec le plus épouvantable ? Son premier rendez-vous amoureux ? Sa pointure ? Où vous arrêteriez-vous ?"
Plusieurs personnes remuaient maintenant et regardaient le sol. Harry avait toujours été stupéfié par la capacité d'Albus à retransformer des hommes et femmes cultivés en enfants turbulents qui avaient été attrapés leurs mains dans le bocal à biscuit.
"Et finalement," conclut Albus, "j'ai jeté le sort pour empêcher le Professeur Ash de perdre la raison en essayant de se rappeler une douzaine de questions différentes et d'y répondre à la fois."
La plupart des journalistes semblèrent surpris de nouveau. Ils n'y avaient à l'évidence pas pensé.
"Souvenez-vous," avertit Albus, "que le Mage de Guerre Ash a volontairement pris du veritaserum. Il sera contraint de répondre à toute question qui lui sera posée, indépendamment de combien lui sont posées en même temps." Alors, avec une note d'amusement, le Directeur ajouta, "Je pense que vous constaterez que c'est la raison pour laquelle le veritaserum n'a jamais été utilisé à une conférence de presse auparavant - et aussi pourquoi nos salles de tribunal sont enchantées pour que les participants ne puissent entendre personne assis dans les galeries publiques."
Il y eut un hochement général de têtes et Harry pouvait dire que bien qu'ils n'aiment pas cela, la foule de journalistes avait à peu près accepté le besoin de ce qu'Albus avait fait.
"Ainsi," déclara Albus, "sans plus de cérémonie, commençons, n'est-ce pas ?"
----Oo00oo----
Sous la direction d'Albus, ils établirent d'abord quelques faits essentiels.
Harry déclara que 'Ash' était très certainement son nom - bien que pas son nom entier - et qu'il était vraiment un Mage de Guerre et était actuellement employé comme le professeur de DCFM à Poudlard. Il assura aussi à tout le monde qu'il était - autant qu'il le savait - humain à 100 %.
L'acte de répondre avait une sensation très particulière pour Harry et quelque chose de cette sensation dut s'être montrée sur son visage.
"Ça va, mon garçon ?" lui demanda tranquillement Albus.
"Je vais très bien, Albus," répondit-il. "C'est juste un peu étrange de ne pas pouvoir entendre ma propre voix."
"Oops," murmura Albus. "Désolé pour cela." Alors il fronça un peu les sourcils. "Je pourrais probablement inventer quelque chose..."
"Non," répondit Harry. "Ne vous donnez pas cette peine - ce n'est pas si important."
Et donc ils continuèrent.
Albus pensa que la question suivante avoisinait le personnel, alors au lieu de demander il déclara simplement, "Ils voudraient savoir où vous êtes né et quel âge vous avez." Harry considéra cela. Ils essayaient essentiellement de découvrir qui il était en rétrécissant le temps et l'emplacement de sa naissance. Il décida de répondre à la question de toute façon et déclara volontairement qu'il avait 29 ans - ce qu'il était de son propre avis - et qu'il était né et avait été élevé en Grande-Bretagne. Alors il ajouta que si n'importe lequel d'entre eux pensait que son accent était Écossais ou Gallois, ils devraient probablement faire vérifier leur audition.
Harry nota les regards amusés et se demanda si quelqu'un avait en fait ri à haute voix.
Après cela, ils passèrent aux questions sérieuses.
"Combien y a t'il de Mages de Guerre ?"relaya Albus.
"Je ne sais pas." // Bien que, // pensa Harry, // je puisse probablement faire une estimation raisonnablement précise. Dommage que personne n'en ait demandée une. //
"Pourquoi ne le savez-vous pas ?"
"Le cercle de Mages de Guerre ne tient pas de registre d'adhésion. J'ai aussi été absent du cercle assez longtemps, donc de nouveaux mages pourraient avoir étés Acceptés en mon absence, de même que des Mages existants pourraient avoir été tués." D'un ton légèrement triste, Harry ajouta, "Être un Mage de Guerre ne nous rends pas immortels, vous savez."
Il y eut quelque débat sur ce que devait être la question suivante. Finalement Albus demanda, "Vous avez mentionné ' le cercle de Mages de Guerre' - est-ce que c'est une organisation militaire ?"
Et là Harry devait être prudent. "Oui et non," répondit-il. "Oui, c'est une organisation militaire dans le sens où nous apprenons la stratégie militaire, la tactique, les armes et la magie. Nous sommes des Mages de Guerre après tout. Mais non, ce n'est pas une organisation militaire dans le sens où nous n'avons pas de structure militaire. Il n'y a aucun soldat, capitaine, général et bien que nous travaillions parfois ensemble, il n'y a aucune chaîne formalisée de commande et personne qui soit 'responsable' d'un autre."
Cette réponse causa un peu de débat. Le ministre Fudge semblait particulièrement avoir quelque difficulté avec le concept de personne n'étant 'responsable'. Finalement, Albus se tourna simplement vers Harry et dit, "En termes généraux, comment marche le cercle de Mages de Guerre ?"
"Essentiellement," répondit Harry. "Nous avons un système d'apprentis. Quand quelqu'un avec le potentiel de Mage de Guerre est découvert, le mage qui l'a trouvé devient responsable de son éducation. Si cette personne ne peut pas accomplir cette obligation - disons par exemple, s'il a déjà un apprenti, ou s'il pense que quelqu'un d'autre accomplirait mieux ce devoir - alors il remettra l'apprenti à un autre Mage de Guerre.
Finalement, quelqu'un acceptera le nouveau mage comme son apprenti et cette personne deviendra le Guide de Cours du mage-en-formation."
"Un Guide de Cours," continua Harry, "est responsable de l'intégralité de la formation de son apprenti jusqu'à ce qu'il soit Accepté comme un plein Mage de Guerre, ou jusqu'à ce qu'il décide qu'il ne veut pas être un Mage de Guerre. Cependant, il est très peu commun qu'un Guide de Cours fasse beaucoup de l'enseignement réel. C'est parce que chaque mage a des capacités différentes. Il serait simplement dommage si vous aviez une affinité pour la magie elfique et que votre Guide de Cours n'en avait pas. Et puis aussi, la meilleure personne pour enseigner la magie elfique est un elfe. Ainsi ce qui a tendance à arriver est qu'un apprenti est envoyé à une variété d'enseignants pour découvrir s'ils ont des capacités dans une gamme de magies différentes. Alors ils recevront une formation plus poussée dans les magies pour lesquelles ils montrent une aptitude."
L'auditoire de Harry montra de la surprise à cette information, mais Harry n'avait pas encore tout à fait fini. "Le même système," ajouta-t-il, "s'applique aussi à toutes les études non-magiques. Quand nous apprenons le combat en corps à corps, nous l'apprenons de quiconque notre Guide de Cours pense être le meilleur pour nous l'apprendre. Dans quelques cas cela peut être le Guide de Cours lui-même, mais la plupart du temps ce n'est pas le cas. Le travail réel d'un Guide de Cours est de s'assurer que son apprenti a les opportunités d'apprendre autant de sortes différentes de magie qu'il est capable d'exécuter et de s'assurer qu'il est compétent dans toutes les études non-magiques qui sont exigées d'un plein Mage de Guerre. Donc un Guide de Cours surveille essentiellement le programme scolaire entier d'un apprenti."
"En même temps," termina Harry , "un Guide de Cours peut aussi avoir plusieurs 'élèves' qui lui ont été envoyés par d'autres Guides de Cours. C'est particulièrement vrai si ce Mage de Guerre est connu pour être notamment habile à quelque chose. Surtout, il prendra des élèves quand son propre apprenti est parti étudier avec quelqu'un d'autre."
"Donc vous n'avez aucun programme standardisé du tout ?" demanda Albus avec curiosité. En tant que Directeur d'école lui-même, son intérêt professionnel avait évidemment été réveillé.
"Pas en théorie," répondit Harry. "Mais en pratique il y a un certain nombre de compétences fondamentales qui doivent être maîtrisées avant d'être Accepté. Tout le monde étudie la tactique et la stratégie par exemple - qu'ils aient une aptitude pour cela ou non. Cependant à la fin, c'est à votre Guide de Cours de décider quand vous êtes prêt à être évalué. À ce point, ils choisiront trois Mages de Guerre qui n'ont rien eu à voir avec votre formation précédente et leur demanderont de vous évaluer." Harry sourit avec une ironie désabusée et ajouta, "Bien sûr ils ne vous disent pas que vous êtes évalués. Vous tombez juste par hasard dans certaines des pires situations que vous pouvez imaginer. C'est une plaisanterie commune parmi les apprentis que si vous avez un manque de chance abyssal, alors vous êtes probablement en train d'être évalués."
"Finalement," termina Harry, "vous serez seulement Accepté si ces trois Mages de Guerre différents reconnaissent tous que vous êtes assez bon pour vous tenir à leur côté quand vous êtes dans la merde jusqu'au cou et quand les sortilèges pleuvent autour de vous."
Les visages regardant fixement Harry avaient pris une expression quelque peu abasourdie.
"Ainsi," demanda le Directeur après une petite pause, "il n'y a aucune armée de Mages de Guerre ?"
"Non," répondit Harry succinctement, "et je doute sincèrement qu'il y en ait jamais une puisqu'il n'y a pas deux Mages de Guerre qui aient jamais eu exactement les mêmes compétences et capacités. En fait, vous ne pourriez pas même nous faire marcher au pas! Pouvez-vous honnêtement imaginer un elfe marcher à grands pas à côté d'un nain ? Le nain aurait besoin de trois pas pour chacun de ceux de l'elfe! Et pire encore, en ce qui concerne un canis qui a quatre pieds ? Ou un naga qui n'en a aucun ?" Soudainement, Harry rit. "Et ne me faites pas même commencer sur les uniformes! Vous ne pouvez pas faire porter à un elfe quoi que ce soit qui ne ressemble pas à une forêt, tandis que les Kyriis portent à peine quelque chose du tout!" D'un air piteux, Harry ajouta, "j'ai peur que le cercle de Mages de Guerre soit bien trop diversifié et individuel pour qu'il puisse jamais former quelque chose d'aussi structuré qu'une armée."
Bien sûr, ce que Harry ne leur disait pas était que les Mages de Guerre n'avaient pas besoin de former une armée. Ce qu'ils étaient quand ils travaillaient ensemble était tellement extérieur à la compréhension humaine qu'il n'y avait pas même de mot pour cela.
Les Mages de Guerre travaillant de concert maintenaient une liaison mentale sous-jacente l'un avec l'autre qui leur permettait d'être inconsciemment conscients de ce que chaque autre mage dans la liaison faisait. Si quelqu'un mourrait, ou pour quelque autre raison ne pouvait pas achever sa partie d'un assaut projeté, alors les autres mages en étaient conscients et pouvaient contourner la perte, ou changer le plan en en prenant compte. De la même façon si l'un d'entre eux découvrait un avantage inattendu pendant la bataille, alors les autres prenaient immédiatement conscience du fait et le groupe entier pouvait se déplacer pour en profiter. En effet, les Mages de Guerre liés fonctionnaient comme des êtres conscients séparés et comme un unique esprit subconscient. Cela prenait assez de temps pour s'habituer à cette sorte d'individualité cohésive et c'était une raison de plus pour laquelle Harry devrait être Accepté avant de pouvoir travailler efficacement avec d'autres du cercle.
Après un peu plus de débat, que Harry ne pouvait pas entendre, Albus demanda finalement, "Si une personne ou un groupe voulait traiter avec le cercle entier de Mages de Guerre, comment le feraient-ils ?"
Maintenant ça c'était une question très intelligente. Harry sourit presque en admirant silencieusement la manière avec laquelle quelqu'un avait réussi à demander s'il y avait une personne ou un groupe qui ne dirigeait pas vraiment, mais que tous les Mages de Guerre écouteraient néanmoins . Avec un peu d'attention, c'était l'ouverture parfaite pour que Harry puisse mener ses interrogateurs à une petite information très importante qu'il voulait désespérément que le monde sorcier ait.
"Ils s'adresseraient au conseil," répondit-il. // Et maintenant que vous connaissez l'existence du conseil, // pensa Harry avec satisfaction, //l'un d'entre vous ferait mieux d'avoir assez d'intelligence pour demander s'il pose des politiques concernant tout le cercle. //
Il y eut beaucoup de confusion et de mouvement. Fudge rebondissait pratiquement sur son siège et Harry pouvait seulement l'imaginer ne pas arrêter de dire qu'il savait que quelqu'un devait être responsable après tout. Ce ne fut pas longtemps avant que Albus lui demande, "Comment peut-il y avoir un conseil quand vous nous avez dit que personne n'était responsable du cercle des Mages de Guerre ?"
"Le conseil n'est pas un conseil de gouvernement," répondit facilement Harry. "Son but est d'informer les membres du cercle des choses qu'ils doivent savoir. Il est aussi responsable du stockage de n'importe quelle information ou équipement qui doit être généralement disponible et agit comme un point de contact pour tous ceux qui veulent traiter avec le cercle dans son ensemble. Le conseil est plus pour l'administration qu'autre chose, bien qu'il fasse des recommandations de temps en temps. La politique du cercle et ses règles sont votées par un scrutin majoritaire des membres eux-mêmes."
Deveroe Styloplume sauta pratiquement sur Albus pour fournir la question suivante.
Albus se tourna vers Harry et demanda, "Les Mages de Guerre suivent-ils généralement les recommandations du conseil ?"
"Oui," répondit Harry. "Il est très peu commun que le cercle prenne une décision que le conseil n'approuve pas."
"Alors," dit Albus avec un froncement de sourcils léger, "bien qu'ils ne soient pas un gouvernement de nom, est-ce que le conseil n'est pas de fait l'autorité dirigeante pour le cercle ?"
Harry aurait pu l'embrasser. C'était l'ouverture parfaite. "Non", répondit-il. "Et la raison pour cela est que le conseil ne met nullement en application de quelque manière, moyen ou forme que ce soit la politique du cercle sur n'importe quel Mage de Guerre. Si c'était le cas, je ne serais pas assis ici maintenant."
"Que voulez-vous dire ?"
Harry sourit avec une ironie désabusée. "Je vous ai dit que j'ai été absent du cercle quelque temps. Une des raisons pour laquelle j'enseigne à Poudlard est que je n'estimais pas pouvoir être intimement impliqué avec le cercle tandis qu'il maintenait encore une politique de non-intervention dans des affaires humaines."
Les sorciers et sorcières environnants semblèrent abasourdis de nouveau. Rapide à souligner cette information, Albus demanda, "Dites-vous que les Mages de Guerre ne s'impliqueront pas dans quelque conflit que ce soit avec le monde sorcier ?"
Harry fronça les sourcils, bien qu'intérieurement il acclamât. "Je ne peux pas dire ce que le cercle pourrait ou ne pourrait pas faire dans l'avenir. Je ne suis pas un voyant. Ce que je dis est que la politique de non-intervention - qui était en effet longtemps avant que je ne rejoigne le cercle - a jusqu'ici découragé les membres de s'impliquer avec les mondes sorcier et moldu de quelque façon, manière ou forme que ce soit. Cela signifie que tant que la politique est en place, ils ne commenceront pas de conflit, ne déplaceront pas pour mettre fin à un conflit et ne participeront certainement pas à un conflit - même si vous le leur demandez."
Et cela était l'information que Harry voulait faire passer au monde sorcier. Il voulait que le public sache qu'ils étaient en sécurité de hordes déchaînées de Mages de Guerre les envahissant, en leur permettant en même temps - ainsi qu'à Voldemort - de croire qu'il n'y aurait aucune aide pour l'un ou l'autre côté dans n'importe quelle guerre que des humains commencent entre eux.
Harry pouvait voir à l'expression sur un ou deux visages que le concept de Mages de Guerre comme alliés venait d'être pensé par certaines personnes.
Albus posa une autre question. "Pensez-vous qu'il pourrait être possible de gagner l'aide des Mages de Guerre dans notre tentative de vaincre Voldemort ?" Harry pouvait pratiquement voir tout le monde souhaiter qu'Albus arrête de dire ce nom.
"Vous avez déjà l'aide d'un Mage de Guerre," répondit Harry. "Comme je l'ai dit auparavant, je ne suis pas d'accord avec la politique de non-intervention. Cependant, si vous voulez dire d'autres Mages de Guerre que moi, alors je pense que ce serait fort peu probable tant que la politique de non-intervention est en effet. Et à propos, elle a été en effet depuis au moins un ou deux siècles maintenant." Ce que Harry ne disait pas était que cette politique serait abandonnée très bientôt, si cela n'avait pas été déjà le cas. Au lieu de cela - et juste pour enfoncer le clou - Harry regarda directement Édouard le journaliste de la Gazette du Sorcier et ajouta, "Cet article dans le journal d'hier n'a certainement pas aidé. Le seul message que cela a envoyé au cercle en était un de défiance et de paranoïa."
Édouard bougea inconfortablement dans son siège.
Un des Aurors posa une question. Albus sembla douter un peu à ce propos, mais la fit passer de toute façon. "Vous avez dit que vous aideriez dans le combat contre Voldemort. Êtes-vous, ou avez-vous jamais été en coalition avec lui - ou considéreriez-vous vous joindre à lui pour une raison quelconque à quelque point dans l'avenir ?"
Harry fit un effort pour rester calme. Cela n'aiderait pas de laisser tout le monde voir combien de cette question l'offensait. Une haine générale et éloignée pour Voldemort pourrait être surmontée en utilisant beaucoup de sorts et potions différents. Un dégoût personnel spécifique et enraciné serait plus dur à traiter. Harry ne voulait pas donner à Voldemort quelque raison que ce soit de penser que Sev ' pourrait avoir des difficultés à le mettre sous contrôle. Soigneusement, il répondit, "Je n'ai jamais été en en coalition avec Voldemort. Quant au reste - il y a peu de temps, un de ses Mangemorts m'a posé presque la même question. Ma réponse était la même alors qu'elle le serait aujourd'hui. Je lui ai dit d'aller se faire foutre. Comme je l'ai dit auparavant, je ne suis pas un voyant - donc je ne sais pas ce que tient l'avenir. Mais ce que je peux dire est que je ne peux pas imaginer une situation ou une circonstance où je consentirais jamais à travailler avec lui ou pour lui."
Albus fit passer une autre question : "Travaillerez-vous avec le Ministère sur le problème Voldemort ?"
// 'Le problème' Voldemort ? // pensa Harry, incrédule. // Quelqu'un a simplement fait sonner le sorcier le plus puissant et mauvais depuis Grindelwald comme une infestation de rats! // Mais à haute voix, il répondit simplement, "Non je ne le ferai pas. Pour le moment, je suis commis à l'enseignement pour une année entière ici à Poudlard - et en plus, le Ministère ne m'a pas demandé mon aide. Je ne suis pas un Auror et je ne pense pas qu'ils sauraient que faire avec quelqu'un comme moi, pas plus que je saurais comment travailler avec leurs méthodes et procédures." Les Aurors dans l'auditoire semblaient quelque peu soulagés de l'entendre. "Et en plus," continua Harry, "comme vous le savez tous je suis seulement revenu à la maison récemment, donc je ne suis pas encore aussi familier avec ces choses que je devrais l'être. Pour le moment, je m'attends probablement à faire rater une opération du Ministère plutôt qu'à être de n'importe quelle aide réelle." Tout cela était vrai, mais n'incluait pas le reste de la raison de Harry - qu'il avait ses propres plans auxquels travailler dans l'année à venir et pas de temps pour être dérangé par le Ministère ou ses Aurors. Cependant, les Aurors dans l'auditoire inclinaient la tête avec sagesse d'accord et semblaient tout à fait heureux de l'évaluation modeste du Mage de Guerre quant à ses propres capacités.
Harry été sévèrement tenté de leur rire au nez.
Après cela, le reste de l'interview ne fut de loin pas aussi plein de tension et de soupçon. Le cercle de Mages de Guerre était maintenant accepté comme un groupe de personnes lâchement associées sans signification particulière pour les mondes sorcier ou moldu. Ils n'étaient évidemment pas une organisation 'convenable' du tout, étant peu plus qu'un club social avec un système d'éducation au petit bonheur et aucun standard définis pour l'adhésion professionnelle. Même certains d'entre eux n'étaient très probablement pas bien meilleurs qu'un sorcier ou une sorcière ordinaire!
Pendant l'heure et demi suivante, Harry répondit à plusieurs questions d'importance variable. Il expliqua que ses visiteurs elfiques avaient été son Guide de Cours et un vieil ami du cercle. Le troisième elfe avait simplement été l'élève actuel de son ami. Ils étaient venus lui rendre visite parce qu'ils n'avaient pas su où il était depuis qu'il avait quitté le cercle et ils voulaient reprendre contact.
De nouveau, c'était la vérité complète puisque Ly'haniir et Silver n'avaient pas su qu'il existait - sans parler d'où il était - à partir du moment où il était sorti du Miroir. Et personne ne pouvait nier qu'ils avaient certainement voulu lui parler une fois qu'ils avaient découvert où - et qui - il était. Cela était rendu d'autant plus plausible puisque les trois elfes n'avaient pas fait de tentative pour cacher leur présence.
Harry expliqua aussi que ' les réunions secrètes' avaient en fait simplement été trois vieux amis discutant de choses comme comment le Mage de Guerre Silver avait gagné son Nom et ce que Ash avait fait depuis qu'il avait rejoint le monde sorcier.
De nouveau, tout était complètement vrai et induisait entièrement en erreur.
La seule question de quelque réel intérêt après cela, fut celle où un journaliste voulut savoir pourquoi Ash était le seul Mage de Guerre à défier la politique de non-intervention du cercle.
"Je ne peux pas vous dire ce qu'en pense un autre," avait répondu Harry. "Mais je peux vous dire qu'autant que je le sais je suis actuellement le seul Mage de Guerre humain en existence. Je vous laisserai en tirer vos propres conclusions." Ce qui cimenta l'idée dans un certain nombre d'esprits que le cercle de Mages de Guerre ne se souciait vraiment pas du monde sorcier.
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Il était bien passé la mi-matinée lorsque le veritaserum cessa de faire effet et que l'interview se termina. Albus annula le sort Auris Silencio et Fudge - qui offrait à tous les journalistes en vue la chance de l'interviewer aussi - se rendit finalement utile en proposant une tournée générale de boissons là-bas à Pré-au-Lard.
Quelques minutes plus tard, Albus, Harry et Severus étaient les seuls restés dans la salle des professeurs silencieuse.
"Merci Merlin c'est terminé," soupira Albus. "Ce genre de chose est toujours si épuisant."
Harry savait exactement ce que le Directeur voulait dire. Il chancelait pratiquement sur sa chaise et il se sentait comme s'il venait de réchapper d'un assaut général - un où quelqu'un avait réussi à le frapper avec un sortilège de mal de tête. Après une telle longue période de temps sans un son en dehors de la voix d'Albus, même le bruit de fond le plus tranquille semblait maintenant fort aux oreilles de Harry.
"Mes chers confrères professeurs," dit Albus avec lassitude, "n'hésitez pas s'il vous plaît à prendre le reste de la matinée de libre. J'ai pris des dispositions pour que vos classes soient couvertes jusqu'après déjeuner." Et avec cela, il se tourna et laissa Harry et Severus seuls.
Seuls.
Ensemble.
Pour la première fois depuis que Harry avait fait sa proposition à l'homme.
Trop fatigué pour s'engager dans un conflit verbal, Harry regarda vers Sev et dit simplement, "Je sais pour votre passé Professeur. Et je sais ce que je verrais si vous deviez rouler la manche de chemise couvrant votre bras gauche. Allez-vous continuer à m'éviter ?"
Severus - qui n'avait pas passé les quelques dernières heures à être grillé par un groupe de journalistes - regarda vers Harry avec quelque chose qui pourrait presque avoir été de la sympathie. "Voulez-vous vraiment discuter de cela maintenant ?" demanda-t-il d'un ton neutre. "Vu votre aspect, je hasarderais une conjecture selon laquelle vous êtes à peine capable de converser logiquement à l'heure actuelle."
Harry lui fit un sourire faible. "J'ai simplement besoin de savoir que n'est maintenant n'est pas la dernière chance que j'aurais jamais de vous parler."
Il y eut un moment d'hésitation avant que Sev ' ne réponde tranquillement, "Ce ne le sera pas."
"Merci," fit Harry avec reconnaissance.
Severus renifla. "Je n'ai consenti à rien, vous comprenez."
Harry rit. "Bien sûr," répondit-il tendrement. Alors il se pencha en avant et se poussa pour se lever de la chaise. Il vacilla un peu sur ses pieds avant de se stabiliser.
"Avez-vous besoin d'assistance ?"
"Seulement si vous vous retournez dans le direction de notre couloir," répondit Harry.
"Je pense que je prendrai environ deux heures de sommeil avant de devoir faire face à mes classes cette après-midi."
"Cela ... ne serait pas hors de mon chemin," répondit Sev ' et il glissa ensuite une main stabilisante sous le bras gauche de Harry.
Quelque peu soupçonneux Harry demanda, "Pourquoi êtes-vous si agréable envers moi tout à coup ?"
"Peut-être que j'apprécie converser avec vous tandis que vous êtes trop épuisé pour surveiller votre langue."
"Le veritaserum a cessé de faire effet, Professeur."
"Alors," répondit Severus d'un ton étrange, "peut-être que les événements de ce matin m'ont simplement rappelé quelqu'un d'autre dans votre situation - quelqu'un à qui l'on n'a pas offert une telle aide quand il en avait besoin."
// Quelqu'un comme vous pendant les Procès de Mangemorts, // pensa Harry tristement.
Comme ils se dirigeaient vers la porte, Harry dit soudain, "Vous vous rendez compte que je savais, n'est-ce pas ? Je veux dire, avant que Whitcombe ne me le dise. Même avant que je ne trouve votre livre de potions, en fait."
Severus ne semblait pas étonné. "Je ... l'ai pensé probable. Mais je ne pouvais pas en être certain." Ils étaient dans le couloir avant qu'il n'ajoute finalement, "Qui vous l'a dit ?"
"Hermione Granger et Ron Weasley. Drago aussi, en y réfléchissant."
"Drago Malfoy ?"
"Oui." Alors Harry ajouta, "Il ne va pas le raconter à tout le monde si vous êtes inquiet. C'est ... umm... Drago et moi parlons de temps en temps ... et quelque part au cours de cela il s'est rendu compte que je le savais."
Severus était silencieux et Harry se demanda ce qu'il pensait. Finalement, l'homme plus grand que lui dit, "Drago avait besoin de parler à quelqu'un depuis asse longtemps. Je suis son Directeur de Maison, mais pour des raisons diverses je ne peux pas remplir ce besoin particulier. Je suis ... satisfait ... qu'il semble que vous le pouvez."
Ils passèrent le reste du chemin de retour aux quartiers de Harry en silence. Ce n'est que quand ils atteignirent la porte que Severus demanda avec hésitation, "Qu'est-ce que ... précisément ... Drago a dit de moi ?"
Fermant la porte derrière eux, Harry décida de donner à Sev ' la réponse la plus honnête qu'il ait donnée à qui que ce soit jusqu'ici aujourd'hui. "Il a dit que vous étiez - et êtes toujours - un des Mangemorts de Voldemort et que vous êtes actuellement sous les ordres de me séduire et de me livrer à Voldemort."
Severus se tenait cloué sur place dans l'entrée derrière lui. Après une seconde ou deux, il se détendit et s'avança plus loin dans le salon. "Vous ne le croyez pas," dit Severus.
"Albus a confiance en vous," répondit Harry. "Cela seul me dit que vous n'êtes pas un Mangemort - ou du moins que vous ne l'êtes plus. Je crois personnellement que vous êtes l'espion d'Albus, alors c'est logique que le fils de Lucius Malfoy pense que vous soyez toujours loyal envers Voldemort."
Il y eut un petit silence. "Et les ordres quant à votre séduction ?"
"Oh," dit négligemment Harry, "c'est assez réel. Drago a reçu l'instruction de nous surveiller tous les deux et de guetter les signes 'd'une amitié' en développement."
"Et le fait que je n'aurais aucun choix dans la question ne vous dérange pas," dit Severus d'un ton plat.
"Si," répondit Harry, "sauf que vous aurez le choix parce que j'offre de feindre d'être votre amant - même si vous décidez de ne pas transformer cette tromperie en réalité."
"Vous... Pourquoi le feriez-vous ?" demanda Severus, confus.
Amusé, Harry dit, "Je vous l'ai dit - que je suis fatigué des encoches. Je veux le truc réel et je veux que cela dure." Alors Harry fit une pause un instant avant d'ajouter, "Mais j'admettrai que la pensée de vous faire marcher avec cela a traversé mon esprit."
Severus lui lança un regard de considération. "Qu'est-ce qui a provoqué ce changement d'avis soudain ?"
"Un,"cocha Harry sur ses doigts, "je suis fatigué-et comme vous l'avez observé plus tôt, il est probable que je ne pense pas très bien." Le coin de la bouche de Severus se tira d'un coup sec vers le haut d'amusement. "Deux", continua Harry, "après due considération, je crois que je serais royalement emmerdé si quelqu'un me faisait cela. Et trois, vous m'avez fichu une trouille bleue à m'éviter pendant deux semaines. Si vous désiriez vraiment risquer la colère de Voldemort à ce propos ...et bien ... Simplement je... Oh par l'enfer, j'ai juste décidé de me rappeler qu'un rapport durable n'est pas basé sur le chantage."
"Oh, je ne sais pas," sourit Severus d'un air satisfait, "cela dépendrait de combien vous êtes habile en tant que maître-chanteur."
"Pas très," répondit Harry sèchement. Alors il se dirigea vers la cuisine pour prendre un verre d'eau. Le veritaserum avait laissé un drôle de goût dans sa bouche et répondre aux questions toute la matinée l'avait assoiffé.
Il avait déjà bu la moitié du verre quand Severus demanda soudainement, "Étiez-vous sérieux ? Vous ... feindriez ... D'être mon amant ? - Sans contrepartie ? Sans .. conditions ?"
"Je jure cela sur ma parole de Mage de Guerre," répondit Harry très sérieusement. "Oui - je suis sérieux. Aucune condition attachée."
Severus sembla y réfléchir .
"Écoutez," soupira finalement Harry, "personne ne doit décider quoi que ce soit tout de suite, d'accord ? Et si... Que diriez-vous de dîner avec moi samedi prochain ? Cela vous donnera le reste de la semaine pour penser à ce que j'ai dit et cela vous donnera aussi quelque chose favorable à annoncer si Voldemort décide de demander."
"Tout de suite cependant," termina Harry avec un énorme bâillement, "je pense que j'ai besoin de tomber quelque part de confortable pour quelques heures." Et laissant son verre pile là où il l'avait fini, Harry se dirigea vers la chambre à coucher. "Vous êtes plus que bienvenu de vous joindre à moi..."
Derrière lui, Severus renifla.
"Ouais, ouais ... c'était juste une idée..." Marmonna Harry . "Oh", dit-il, revenant de la porte de la chambre à coucher, "puisque le chantage est hors de question maintenant, la corruption serait-elle convenable ?"
Severus cligna des yeux et puis sembla amusé de nouveau. "Vous m'avez déjà offert vos …charmes ... physiques. Que pourriez-vous probablement avoir d'autre par quoi je serais intéressé ?"
"Un livre de potions légèrement utilisé ?" demanda Harry avec bon espoir et il fut récompensé par un rire véritable du grand Maître de Potions.
"Apportez-le avec vous samedi prochain," lui dit Severus. Alors un remous de robes noires signala son départ.
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A suivre...
- Vérité, Confiance et Veritaserum--
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Après une semaine qui inclut le comportement étrange de Sev, une conversation typiquement bizarre avec Albus et ensuite toute l'excitation et l'émotion de rencontrer les versions non-du miroir de Ly'haniir et Silver, Harry décida sommairement qu'il avait gagné le droit de se permettre de faire la grasse matinée dimanche matin et d'ignorer la pile de rouleaux de devoirs l'attendant dans son bureau. En conséquence, il manqua l'arrivée du hibou qui livrait habituellement son journal du matin à la salle à manger.
Rétrospectivement, cela s'avéra plutôt être une bonne chose, puisque - s'il avait été à l'heure - il aurait probablement été au milieu d'une bouchée d'œufs et de toast quand il aurait vu la première page.
En fait, il lui fut épargné l'embarras de cracher son petit déjeuner partout sur la table, simplement parce que la Gazette du Sorcier était déjà là quand il arriva finalement. Le journal à l'air inoffensif était proprement plié, le couverture vers le bas, à côté de son assiette et aussitôt que Harry fut assis, il le ramassa automatiquement et le retourna.
' MAGES DE GUERRE À POUDLARD' criait le titre en gros caractères. Et au-dessous de cela, dans un texte seulement marginalement plus petit : ' Des douzaines de Mages de Guerre mystérieux ont été signalés à l'École de Sorcellerie et de Magie de Poudlard- réunions secrètes tenues! '
Choqué, Harry parcourut l'article à la hâte. Il devint rapidement clair que la capacité de la Gazette du Sorcier à exagérer avait été travaillée en heures supplémentaires. À proprement parler, le mot 'signalés' rendait le style d'écriture gonflée complètement précise. Harry n'avait aucun doute que pas mal de premières années jeunes et excitables avaient griffonné des lettres décrivant l'arrivée de plusieurs Mages de Guerre étranges et inconnus au château hier. Cependant, la Gazette du Sorcier avait employé ces 'rapports' prétendus pour faire sonner cela comme si cela avait été une invasion grandeur nature par un bataillon entier de soldats fous de bataille et dangereux.
Mais même ce morceau désagréable de désinformation pâlissait en comparaison des implications des quelques derniers paragraphes de l'histoire.
Vers la fin de l'article, le journaliste de la Gazette du Sorcier déclarait manifestement qu'une organisation secrète de Mages de Guerre existait évidemment quelque part dans le monde et qu'une armée si formée et cohésive de guerriers pourrait bien poser une menace sérieuse à la sécurité et à la sûreté de la Grande-Bretagne des Sorciers. La propre apparition de Harry en tant que Ash n'était pas passée non plus inaperçue, et on laissait fortement comprendre que ce n'était aucunement une coïncidence s'il s'était montré peu de temps après que M. Harry Potter ait disparu. La mention de ' réunions secrètes tenues derrière des portes fermées' servait seulement à achever l'image d'une organisation diabolique avec buts sinistres, se cachant sur les bords du monde sorcier.
La déclaration finale de l'auteur appelait essentiellement à une enquête grandeur nature sur les activités des Mages de Guerre par le Ministère.
Il apparut que Harry n'aurait pas de petit déjeuner après tout.
Il se sentait maintenant décidément malade.
Reposant doucement le journal sur la table, Harry prit délibérément quelques respirations profondes pour se calmer. Une fois que le sens initial de désastre menaçant se fut effacé un peu, il essaya de regarder la situation rationnellement.
Cela avait toujours été son intention de cacher l'existence du cercle au monde sorcier - et le plus particulièrement à Voldemort - aussi longtemps que possible.
Les raisons de Harry pour cela étaient nombreuses et variées, avec la plus évidente étant que vous ne révéliez pas votre vraie force à un ennemi avant d'être sûr que vous pourriez l'utiliser pour gagner - ou avant que vous ne soyez assez désespérés pour en avoir besoin pour survivre. Mais une autre raison moins évidente était que dans le Miroir de Peut-être Voldemort n'avait pas su encore à propos du cercle.
Les plans présents du Seigneur des Ténèbres tournaient tous autour du fait qu'il pensait que ses ennemis étaient les Aurors du Ministère, Albus Dumbledore et les membres de l'Ordre du Phœnix - tous d'entre qui étaient des sorciers et sorcières humains. Même l'inclusion de Harry en tant que 'Ash' n'avait pas été trop mauvaise puisqu'il était, après tout, seulement un homme et son intérêt en Severus donnait au Seigneur des Ténèbres une façon possible de gagner de l'influence et/ou du contrôle sur lui.
Mais maintenant Voldemort faisait face à la possibilité que ses ennemis soient plus variés et puissants que ce à quoi il s'était attendu et Harry avait désespérément peur que cette tournure d'événements aiguillonne le Seigneur des Ténèbres à agir prématurément. Si c'était le cas, alors Harry perdrait deux grands avantages : du temps pour préparer sa propre base de puissance; et l'avantage de savoir ce que les plans de Voldemort étaient en se rappelant ce qu'il avait fait dans le Miroir.
Et comme si tout cela n'était pas assez mauvais, le désastre de première page de la Gazette du Sorcier causait aussi à Harry encore un petit mal de tête...
... La pensée d'une 'organisation' de Mages de Guerre était maintenant fermement implantée dans l'esprit du public et il était très peu probable qu'elle en parte.
Harry n'était que trop bien conscient que les gens avaient tendance à craindre l'inconnu - particulièrement les inconnus qui étaient potentiellement dangereux et magiquement puissants. Le cercle de mages était qualifié des deux et si l'opinion publique était montée contre eux, cela rendrait les choses très difficiles dans l'avenir où il aurait besoin de l'appui du cercle.
D'une façon ou d'une autre, Harry se trouvait devant le besoin d'appliquer un contrôle des dégâts à ce désordre - et rapidement.
Il ne se donna pas même la peine de penser nier simplement l'existence du cercle. Harry était assez sûr que personne ne le croirait de toute façon et absolument sûr qu'un tel mensonge détruirait complètement n'importe quelle crédibilité et confiance qu'il avait créée une fois que la vérité deviendrait évidente.
Non, les dégâts étaient déjà faits. Ce qu'il avait besoin de faire maintenant était de le réduire au minimum d'une façon ou d'une autre.
A l'idéal, il pourrait trouver une façon de rassurer à la fois Voldemort et le public sorcier que le cercle n'était pas leur ennemi. Il serait même mieux s'il pouvait d'une façon ou d'une autre faire le cercle avoir l'air plus faible et moins cohésif qu'il l'était vraiment . Et bien sûr, le public - et Voldemort - devraient croire ce qu'il allait inventer.
S'il y avait quoi que ce soit qu'il puisse inventer...
Peu de temps après, Harry se rendit soudain compte qu'il était toujours assis dans le réfectoire, regardant fixement et aveuglement son journal et ne prenant manifestement pas son petit déjeuner. À la hâte, il plia la Gazette du Sorcier en deux, se leva de la table et partit pour la privauté de ses propres appartements.
Il avait quelque pensée sérieuse à faire.
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Environ deux heures plus tard, Harry décida qu'il avait pu inventer une idée réalisable - et le premier pas de son plan demandait un rendez-vous avec Albus Dumbledore.
La décision prise, Harry ne gaspilla pas de temps et regardait bientôt fixement la ressemblance d'Albus dans les flammes de la cheminée de son salon. Il fut amusé de remarquer que le Directeur portait encore son bonnet de nuit. Apparemment Harry n'était pas le seul qui se permettait parfois un peu de paresse le dimanche matin.
Amusé par la vue ridicule d'un petit pompon déchiré pendant au bout du couvre-chef d'Albus, Harry raconta rapidement le contenu du journal du matin au vieux sorcier et demanda ensuite une réunion privée. Albus consentit immédiatement, mais suggéra une heure plusieurs heures plus tard pour qu'il puisse lire sa propre copie de la Gazette du Sorcier d'abord et entrer ensuite en contact avec quelques personnes pour avoir une idée de la réaction générale.
Albus termina leur conversation avec le commentaire : "Si c'est aussi mauvais que vous le dites, alors nous avons probablement de la chance que l'article ait paru dans l'édition du dimanche. Si c'était arrivé pendant la semaine, j'ose dire que nous aurions déjà le Ministre et une douzaine d'Aurors à camper sur notre pas de porte. Dieu Merci pour le week-end!"
Harry passa alors l'heure suivante ou à peu-près ce temps là à écrire une lettre à Ly'haniir et Silver. Il décrivait l'article de presse en termes généraux et ensuite ses conclusions et soucis. Il suggérait fortement qu'il n'y ait plus de visites inattendues ou publiques et mentionna poliment que quiconque avait besoin de le voir devait envoyer un hibou d'abord. Il arracha aussi la première page de la Gazette du Sorcier et l'épingla à la lettre, avec sa recommandation que Silver traduise le morceau offensif de journalisme à l'avantage du conseil.
Après cela, il écrivit une lettre séparée à Silver - en Anglais - lui disant de trouver ce nuage de brouillard pollué s'appelant 'Effie' et d'y jeter des bombes puantes jusqu'à ce qu'il explique exactement comment maudit enfer exposer les Mages de Guerre à cette sorte de publicité - et en ce moment - pourrait probablement être utile à qui que ce soit, sauf Voldemort.
Lorsqu'il eut fini la deuxième lettre, son rendez-vous avec Albus approchait rapidement .
Harry scella les deux messages avec une touche de magie et appela Dobby pour qu'il les emmène à la Volière pour lui. L'elfe de maison enthousiaste était seulement trop heureux d'être utile, ce qui permit à Harry d'éviter une visite à la Volière lui-même et le rappel douloureux que son propre hibou, Hedwige, n'était plus avec lui. Il ne savait pas si elle était vraiment dans la Volière, ou si Albus l'avait donnée à quelqu'un, mais si elle était là, alors c'était probablement mieux pour lui d'en rester loin. Il y avait toujours une chance qu'elle puisse le reconnaître à travers le sort de déguisement d'une façon ou d'une autre et il ne pouvait pas se permettre d'avoir le hibou de Harry Potter à le suivre, essayant de délivrer son courrier.
Et puis il était temps de voir Albus.
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// Parfois, // réfléchit Harry en se tenant debout à l'extérieur du bureau du Directeur, // je pense que je passe ma vie à courir vers cet homme pour m'aider. // Mais Albus était le seul à qui il pouvait penser qui ait l'influence politique et le respect presque universel qui seraient nécessaire pour exécuter son idée.
Il devait juste espérer qu'Albus était aussi assez honorable pour ne pas abuser du pouvoir qu'il était sur le point d'offrir à cet homme.
Il frappa une fois pour donner quelque avertissement à Albus et puis prononça le mot de passe et entra.
Il trouva le Directeur - maintenant habillé de ses robes habituelles - se tenant devant la cheminée, finissant une conversation avec le père de Ron Weasley. Le plus vieux des Weasley était un membre de l'Ordre du Phœnix et un des plusieurs contacts qu'Albus entretenait au Ministère.
"... Devriez attendre les Aurors demain, Albus," disait M. Weasley. "Les gens ont été effrayés par cela et puisque Fudge ne peut pas les protéger de Vous-Savez-Qui, il voudra se donner l'air d'un héros en 'les protégeant' des Mages de Guerre."
"Oui," acquiesça Albus sérieusement, "je vois ce que vous voulez dire Arthur."
"Je regrette de ne pas pouvoir vous donner de meilleures nouvelles," soupira M. Weasley.
"Je préférerais avoir votre avis honnête," lui dit franchement Albus. "D'autant plus que nous pouvons encore réussir à sauver quelque chose de la situation."
"Vous avez un plan ?"
"Pas encore," répondit Albus. "Mais je soupçonne que notre Mage de Guerre résident peut avoir quelque chose dans sa manche. En fait, il vient d'arriver, alors je ferais mieux d'aller découvrir ce que c'est."
L'image de M. Weasley sembla frissonner dans les flammes. "Vous et un Mage de Guerre complotant ensemble - quelle idée terrifiante!"
"Arthur!" objecta le Directeur d'un ton blessé, mais l'image de dignité blessée était ruinée par le scintillement de rire dans ses yeux. "Votre confiance en mes capacités est vraiment tout à fait flatteuse. Je ferai de mon mieux pour assurer qu'elle n'est pas mal placée."
"Je ne veux pas le savoir," déclara M. Weasley. "Fred et George vivent encore à la maison - et c'est vraiment tout ce à quoi un homme devrait avoir à faire face à la fois." Le Directeur rit comme Arthur partait et que le feu revenait à son état normal.
Harry se sentit momentanément sourire avec le rire d'Albus. C'était assez effrayant d'imaginer les deux d'entre eux complotant ensemble. Mais alors son sourire s'effaça lorsqu'il se souvint pourquoi ils complotaient ensemble.
Son expression sobre n'échappa pas à Albus et le Directeur les fit bientôt s'asseoir tous les deux devant son service à thé favori. Étonnamment cependant, ce fut presque immédiatement suivi par l'apparition d'une cafetière et d'un plateau de sandwichs.
L'estomac de Harry gronda de manière embarrassante. Il avait manqué à la fois petit déjeuner et déjeuner. "Comment saviez-vous ?" demanda-t-il comme Albus lui versait une grande tasse de café sombre et chaud et poussait ensuite les sandwichs dans sa direction.
"J'ai quelque connaissance de passage de l'accoutumance à la caféine de Xiomara," répondit Albus avec un sourire, "et plus qu'assez d'expérience avec l'habitude de Severus d'oublier de manger quand il est distrait par une potion ou un problème. J'ai pensé qu'il pourrait être mieux si vous ne souffriez pas d'un mal de tête dû au manque ou des tourments de la faim tandis que nous décidons de que faire de la petite surprise de ce matin dans le journal."
Harry pouvait seulement hocher la tête avec reconnaissance comme il buvait à petits coups son café et continuait à démolir l'assiettée de sandwichs.
Tandis qu'il mangeait, Albus récapitula la situation. D'abord le Directeur décrivit ce que l'article avait exposé et puis ce qu'il avait impliqué. Après cela, il continua avec une liste des problèmes résultants. La liste d'Albus était pratiquement identique à celle de Harry à part la partie où Harry ne serait plus capable de prévoir ce que Voldemort allait faire.
Mais alors, Albus ne savait toujours pas à propos du Miroir, alors on devait seulement s'y attendre.
Harry ne fut pas été étonné qu'Albus prenne la question si au sérieux. Le Directeur savait déjà que 'Ash' avait l'intention de s'opposer à Voldemort et il avait évidemment supposé que l'apparition très publique des elfes hier signifiait que le cercle pourrait désirer suivre où leur collègue humain les menait. C'était donc tout aussi important pour Albus que cela l'était pour Harry qu'un air aussi inoffensif que possible pour le bénéfice du public et du Seigneur des Ténèbres fut donné à un groupe si puissant d'alliés potentiels .
Harry finissait juste son café quand Albus termina son analyse avec le commentaire : "Je suis curieux de savoir comment vous aviez à l'origine projeté de présenter vos semblables mages au monde sorcier."
Harry cligna des yeux. "Qu'est-ce qui vous fait penser que j'avais un plan ?" demanda-t-il. "J'avais pensé vous avoir parlé de la politique de non-intervention du cercle."
Albus le regarda simplement.
"Ça va, ça va," bougonna Harry, "oui, j'avais un plan - et oui, j'étais assez sûr que je pourrais les convaincre de s'impliquer. Mais ce n'était pas supposé arriver avant encore un ou deux ans!"
"À l'origine," expliqua-t-il, "j'allais permettre au monde sorcier de s'habituer à l'idée de Mages de Guerre en les laissant s'habituer à moi d'abord. Et tandis qu'ils devenaient habitués à moi, j'aurais appris la Défense Contre les Forces du Mal à leurs enfants. Ces gosses seraient alors retournés à leurs parents et dans le monde avec la connaissance immédiate du fait que je ne suis pas quelque démon de combat invincible, mais seulement un homme avec un peu plus de capacité et de formation."
"Hmm," réfléchit Albus. "Je suppose que vous voir jouer à la Marelle et voler avec Xiomara aurait aidé, mais je ne pense pas que cela aurait été assez pour surmonter le problème entier."
Harry sourit d'un air satisfait. "Si cela aurait été assez," contredit-il "Une fois que vous ajoutez le fait que j'avais l'intention d'attendre que vous et les Aurors n'ayez besoin de leur aide. En attendant le moment juste, j'aurais pu faire ressembler l'existence du cercle à un cadeau des Dieux."
"Oh," Albus hocha la tête, "Bien sûr. Et après cela, vous leur auriez expliqué leur répugnance à s'impliquer dans les affaires strictement humaines. Nous aurions en réalité dû demander leur aide et essayer ensuite de les convaincre de nous rejoindre."
Harry sourit. "Lorsque la population générale aurait découvert le cercle," dit-il, "les Mages de Guerre auraient déjà une histoire établie d'amitié et d'appui parmi les forces de la Lumière - aussi bien qu'une sorte de respect et de confiance qui vient de survivre à des batailles mortellement graves ensemble."
"Brillant," le complimenta Albus.
"Et maintenant complètement envoyé au diable," termina Harry.
"Mais vous avez un nouveau plan," contra Albus, "ou nous ne serions pas assis dans mon bureau un dimanche après-midi à discuter calmement de ce qui aurait pu être."
Harry grimaça. "C'est risqué," soupira-t-il, "et je ne sais pas combien cela va être efficace." Il fit une pause d'un instant, avant d'ajouter, "Nous allons aussi avoir besoin de l'aide du Professeur Rogue."
Albus leva simplement un sourcil interrogateur.
"Je vais avoir besoin de veritaserum," admit Harry, "et de quelqu'un pour l'administrer."
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Le matin suivant Fudge et son entourage arrivèrent presque avant que Harry n'ait fini de prendre son petit déjeuner.
Ils marchèrent avec arrogance directement au milieu des élèves et se rangèrent devant la haute table. De la place de Harry à côté de Xiomara, il pouvait voir qu'au moins une des personnes accompagnant Fudge n'était pas un Auror. En fait, l'homme avait plutôt l'air d'un journaliste qu'autre chose. Harry aurait parié sa dernière Noise que c'était l'homme qui avait écrit l'article d'hier pour la Gazette du Sorcier.
Le reste des gens de Fudge - tous des Aurors - le regardaient avec soupçon et une hostilité légèrement voilée. Harry les ignora calmement et se concentra sur Fudge.
"Cornelius!" s'exclama Dumbledore avec une surprise apparente. "Quel plaisir inattendu! Voulez-vous vous joindre à nous pour le petit déjeuner ?"
Le Ministre - qui avait essayé d'avoir l'air sévère et interdisant - fut momentanément embarrassé. "Euh ... non ... euh, merci quand même."
"Êtes-vous sûrs ? Les harengs fumés sont particulièrement bons aujourd'hui."
"Quoi ? Non, non - je ..." Et ensuite Fudge fit une pause et se reprit visiblement. D'un ton beaucoup plus puissant, il dit, "Maintenant écoutez moi, Albus, je n'ai pas fait tout le chemin depuis Londres à cette heure impie du matin juste pour prendre le petit déjeuner! Je suis ici pour une question de sécurité nationale!"
"Sécurité nationale! Mon Dieu," dit Albus, caressant sa longue barbe. "Et ma matinée allait être prise avec cette idiote conférence de presse. Mais pour une question de sécurité nationale, je suppose que je ferais mieux de l'annuler."
"C-conférence-de-presse ?" bégaya Fudge.
"Oh oui," confirma Albus. "Plus d'une douzaine de journalistes prennent leur petit déjeuner dans la salle des professeurs pendant que nous parlons. J'ai peur qu'ils soient terriblement fâchés contre moi - les traîner tout le chemin jusqu'ici et ensuite annuler tout. Mais si c'est une question de sécurité nationale..."
Fudge commençait à sembler un peu nerveux quand l'Auror à côté de lui décida de parler. "Directeur Dumbledore," gronda l'homme, "nous sommes ici en réponse aux rapports sur un groupe entier de Mages de Guerre apparaissant soudainement sur les terrains de l'école. Nous n'avons aucune information sur qui ces gens sont, d'où ils sont venus, de comment ils sont arrivés ici, ou de ce qu'ils faisaient ici. Il y d'autres rapports de réunions secrètes s'étant tenues pour des raisons inconnues et les rumeurs d'une armée entière de Mages de Guerre rassemblant des informations par l'intermédiaire de leur éclaireur avancé - votre professeur de Défense actuel."
Albus regarda fixement l'homme avec une surprise apparente. Vers le bout de la table, Harry lança l'étape suivante de leur plan et éclata de rire. Chaque oeil dans la salle était tourné vers lui - et son amusement évident fit soudain ressembler la litanie de suspicion de l'Auror au délire d'un fou.
Tandis que Harry continuait à rire - avec pas mal d'autres dans la salle - Albus soupira simplement et dit, "Et bien, il semble que je ne devrai pas annuler la conférence de presse après tout."
Maintenant complètement confondu, Fudge demanda simplement, "Pourquoi pas ?"
"Parce que," répondit Albus, "cette rumeur ridicule que la Gazette du Sorcier a publié hier est pourquoi j'ai organisé la conférence de presse."
----Oo00oo----
Peu après Harry se trouva à traîner derrière Albus et Fudge, entouré par cinq Aurors qui essayaient d'avoir l'air de le tenir en détention préventive, tout en étant en même temps très prudents ne pas mettre une main sur lui. Cela aurait été ridicule si ce n'était pas si sérieux.
Quand ils parvinrent finalement au couloir correct, ce fut avec quelque soulagement que Harry vit du coin de l'œil que Severus les attendait. Conformément à sa nouvelle habitude d'éviter le Mage de Guerre résident, Severus avait été absent du petit déjeuner ce matin. Cependant, Albus avait assuré Harry que le Maître de Potions était tout à fait d'accord pour fournir et administrer le veritaserum et qu'il serait sous la main quand ils auraient besoin de lui.
// Comme s'il aurait dit "Non", // pensa Harry aigrement. // La curiosité de Sev doit le dévorer vivant. // Dans le Miroir, Sev ' faisait de temps en temps remarquer que qui que ce soit qui permettait volontairement qu'on le dose de veritaserum était fou à enfermer.
"Tout le monde a quelque chose à cacher," avait-il expliqué cyniquement .
"Que fait cela ici ?" demanda un des Aurors d'un ton de dégoût. Il avait une expression sur le visage comme s'il venait d'avaler quelque chose de désagréable. Il pointait aussi directement vers Severus. Harry remarqua que l'Auror braillard était le même homme de qui il avait ri dans le réfectoire. Harry sentit ses yeux se rétrécir légèrement comme il prit prudemment note du visage de l'homme. Il y avait des fanatiques parmi les Aurors qui assassineraient gaiement Severus à cause de son passé. Harry avait l'intention de s'assurer qu'aucun d'entre eux ne soient jamais en position d'en avoir l'occasion.
"Ce serait le Professeur Rogue," répondit Albus avec la plus fine note d'acier dans sa voix, "qui - à la différence de vous - a en fait été invité ici ce matin." Harry dut pratiquement se mordre la langue pour s'empêcher de sourire d'un air satisfait comme Albus donnait verbalement une claque dans le visage à l'Auror très désagréable.
"Allons, Allons, Albus," tranquillisa Fudge - essayant d'apaiser l'homme qui allait s'adresser à une douzaine de journalistes dans quelques minutes, "je suis sûr que l'Auror Whitcombe ne voulait rien dire par cela. Vous avez parfaitement le droit d'avoir qui que vous vouliez à votre conférence de presse. C'est simplement que cela semble un peu étrange d'inviter un professeur de Potions à une telle fonction. C'est tout ce qu'il a voulu dire."
Un souvenir poussa du coude les pensées de Harry. // Whitcombe ... // réfléchit-il. // Maintenant où ai-je entendu dire ce nom auparavant ? //
"Oui," disait Whitcombe d'un ton faux, "Un... professeur de potions ... semble difficilement nécessaire. Eh bien, la prochaine fois, nous inviterons des Mangemorts pour que Vous-Savez-Qui puisse tout découvrir de l'armée des Mages de Guerre. Mais je suppose que ce ne sera pas nécessaire si vous êtes resté en contact avec tous vos vieux camarades, hein Professeur ?"
Fudge avait l'air de vouloir donner un coup de pied à Auror 'Grandegueule' Whitcombe. Harry savait qu'il le voulait certainement. Mais ce fut la réaction d'Albus qui attira en fin de compte son attention. Les yeux du Directeur donnèrent un petit coup bref en direction de Sev, avant de venir s'installer sur le visage de Harry avec un air de faible souci.
Perplexe, Harry regarda derrière lui vers le Maître de Potions, seulement pour être salué par un masque blanc qui ne révélait absolument rien.
Pour un parasite si désagréable, Whitcombe était étonnamment perceptif.
"Oh," dit l'Auror avec une malice badine en se tournant vers Harry, "ils ne vous l'ont pas dit, Mage de Guerre ? Et bien, je suppose que non après ce que vous avez fait au dernier. Professeur Rogue est ancien Mangemort - et il a même la Marque Sombre pour le prouver!"
"Whitcombe!" cria Fudge. "Qu'est-ce qui ne va pas avec vous, homme ?! Essayez-vous de vous faire renvoyer-"
Harry ne l'écouta plus. Le besoin de Fudge de trouver de meilleurs lèche-bottes n'était pas son problème. Son problème était le Maître de Potions aux cheveux sombres, debout juste derrière les traits fâchés de Fudge, attendant l'acceptation ou la condamnation de Harry sans tenter de dénier ou justifier la dénonciation rancunière de Whitcombe.
Avec un petit choc, Harry se rendit compte que c'était ce qu'Albus avait essayé de lui dire vendredi dernier au soir. C'était ce que 'Ash' n'aurait pas su, mais que 'Harry' avait su depuis des années.
Severus Rogue avait autrefois été un Mangemort et portait encore la Marque Sombre sur son bras gauche.
// Et bien pas maudit étonnant du tout qu'il n'ait pas arrêter de tergiverser! // pensa Harry, hébété. // Pour lui, la dernière fois que j'ai rencontré des sorciers avec la Marque Sombre, j'ai tué l'un d'entre eux! // Harry se sentait un tel imbécile. Pour lui, la Marque Sombre était tellement une partie de Severus qu'il ne pouvait pas imaginer ne pas savoir qu'elle était là.
Ce qui était précisément pourquoi il avait été incapable de trouver la question-mystère d'Albus vendredi dernier au soir.
Soudainement la voix de Whitcombe ramena Harry à la réalité en un éclair.
"-devrait être à Azkaban! Tout le monde le sait!" criait Whitcombe. "Juste parce qu'il a échappé la justice il y a dix-huit ans-"
// Oh. Échappé. // Harry se souvint soudain d'où il avait entendu le nom de Whitcombe auparavant. Wallace Whitcombe - Whitcombe, Wallace - l'Auror qui avait autrefois été connu comme ' Wally le Sot '.
Dans le Miroir, Wallace Whitcombe avait été un excellent Auror avec une haine fanatique des Mangemorts. Cela avait été cette haine - et donc sa menace potentielle envers Severus - qui avait à l'origine apporté le nom de l'homme à l'attention de Harry, bien qu'ils ne se soient jamais vraiment rencontrés .
"Que se passe-t-il ici au nom de Merlin! ?"
Whitcombe et Fudge sursautèrent tous les deux et se turent comme la porte de salle des professeurs fut ouverte brusquement. Se tenant dans l'entrée était Deveroe Styloplume - le meilleur reporter Britannique pour le Monde Sorcier d'Aujourd'hui. L'homme cligna des yeux en remarquant la présence du Directeur, du Ministre de la Magie, du Mage de Guerre Ash, de cinq Aurors, d'un Maître de Potions et...
Avec un énorme petit sourire satisfait, Styloplume dit, "Salut toi Edouard. Je ne savais pas que tu avais été invité. Mais alors, je suppose que c'est seulement juste après le radotage que ton équipe a imprimé dans le chiffon d'hier. Dois le rattraper d'une façon ou d'une autre, hein ?"
Le journaliste de la Gazette du Sorcier - dont le nom était apparemment 'Edouard' - commença à haleter d'indignation, mais fut coupé lorsqu' Albus décida de prendre le contrôle de la situation. Il y avait plusieurs visages curieux dans l'embrasure de la porte maintenant et la dernière chose dont tout le monde avait besoin était d'une conférence de presse dans les couloirs un lundi matin.
" Bonjour M. Styloplume," sourit le Directeur en s'avançant. "J'espère que vous avez aimé le petit déjeuner. Je sais que c'était une bien petite récompense pour vous avoir fait faire tout ce chemin avec si peu de préavis."
"Oh, oui," acquiesça Styloplume - le regard maintenant fixé fermement sur le Ministre et Whitcombe. Comme il étudiait le tableau devant lui, Deveroe ajouta distraitement, "Les harengs fumés étaient excellents."
Remarquant qu'Albus avait maintenant la situation bien en main, Harry se permit de se concentrer sur Severus. Silencieusement, il se tourna et accrocha délibérément son regard à celui du Maître de Potions. Severus, bien sûr, n'avait pas quitté Harry des yeux. Tandis que Whitcombe pouvait être le plus verbal, c'était le Mage de Guerre Ash qui était de beaucoup plus dangereux, et qui - autant que Severus le savait - venait de recevoir un choc désagréable.
Harry permit à son visage de se ramollir dans un demi-sourire amical et fut récompensé par un clignement étonné des yeux, suivi par une diminution presque imperceptible de la tension dans les épaules de Sev. Mais mieux que tout, l'opacité disparut de ses yeux et l'homme lui-même fut une fois de plus présent derrière le visage presque sans expression.
Mais Harry n'avait pas encore fini.
Sans bouger, il fit rapidement glisser ses yeux sur Whitcombe et permit à un vraiment mauvais sourire de submerger momentanément son visage. Alors il regarda de nouveau Sev et leva un sourcil comme pour dire 'J'ai une idée - tu veux jouer ? '
Le coin des lèvres de Sev se tira d'un coup sec. 'Peut-être', lui disaient-elles. ' Montre-moi d'abord ton idée . '
Calmement, Harry se retourna vers Albus. Le Directeur suggérait actuellement tout le monde recule de l'embrasure de la porte pour permettre au Ministre et aux Aurors d'entrer. "Directeur", l'interrompit Harry en s'excusant. "J'ai peur de devoir élever une objection à la présence de l'Auror Wallace Whitcombe ici aujourd'hui."
"Wally le Sot est là ?" Demanda une voix de derrière la mer de visages entourant Deveroe Styloplume. Whitcombe vira au pourpre et fit une imitation impressionnante d'un nuage d'orage.
Ignorant la question anonyme, Albus tourna un regard amusé, mais interrogateur sur son professeur de Défense. "Pour quelle raison, Professeur Ash ?" demanda-t-il poliment.
"L'Auror Whitcombe semble avoir un problème avec la présence du Professeur Rogue," répondit Harry. Quelqu'un dans la foule de journalistes pouffa de rire. "Puisque le Professeur va m'administrer du veritaserum dans quelques minutes et comme il contrôlera aussi ma santé au cours de l'entrevue, vous comprendrez que je préférerais qu'il ne soit pas distrait par ... euh..." Harry permit à la phrase de s'estomper, sachant que la plupart des personnes rempliraient le blanc par quelque variation de ' un idiot rancunier '.
Tandis que 'l'Auror Whitcombe ' pouvait ne pas être trop bien connu, ' Wally le Sot ' était une petite tranche d'histoire pour les vieilles mains du jeu de la presse. En tant que cadet Auror arrogant, présomptueux et persistant, on avait autrefois donné à Whitcombe le travail relativement facile d'escorter un également jeune Mangemort de sa cellule à une pièce d'interrogation. D'une façon ou d'une autre, dans la courte distance entre la cellule et la salle, le Mangemort s'était échappé. Whitcombe avait par la suite été trouvé assis sur le sol de la cellule, se marmonnant à lui-même et essayant de pousser sa baguette dans son nez.
Le sort utilisé sur Whitcombe l'avait laissé dans un état d'arrêt mental partiel pendant presque deux semaines. Quand il avait finalement été guéri et était retourné au travail, il avait été appelé ' Wally le Sot ' - un surnom qu'il avait gagné parce qu'il était un type arrogant autant que parce qu'il avait loupé si spectaculairement un travail si simple. Depuis lors, il avait méprisé tous les Mangemorts avec passion - en particulier ceux-là qu'il sentait avoir 'échappé' à leur punition méritée.
Et Fudge voulait amener cet homme dans la même pièce que Severus Rogue?
"Hmm," Albus hocha la tête. "Vous avez un bon argument. Je ne voudrais pas moi-même être sous la garde de quelqu'un dont l'attention n'était pas complètement concentrée sur mon bien-être."
Ce qui fut le moment exact où le mot 'veritaserum' s'ancra finalement dans le cerveau de Fudge. "Vous ... vous allez vraiment prendre du v-veritaserum ?" balbutia le Ministre. Si le Mage de Guerre était si confiant, alors il pourrait être dans de grands ennuis ici.
Quelque sérieux sauvetage des apparences pourrait être exigé.
"Et bien," répondit Harry, "je ne pouvais pas penser à une autre façon de convaincre tout le monde qu'une visite de deux vieux amis n'était pas un prélude à l'invasion."
"Deux .. ?!" s'exclama Fudge . "Mais ... mais le journal a dit..."
Harry lui sourit simplement.
Quelqu'un dans la salle des professeur rit.
"Peut-être," suggéra Harry après un instant, "que je ne devrais pas parler pour le Professeur Rogue." Et il se tourna pour lever un sourcil interrogateur vers le Maître de Potions.
Invisibles pour ceux derrière lui, les yeux de Harry brillèrent avec malveillance. 'Ton tour, ' offrit-il silencieusement.
Froidement, le Maître de Potions considéra Whitcombe. Il regardait l'homme comme s'il appartenait à une espèce de vermine qui exigeait d'être disséquée avant de pouvoir mener une existence utile en tant qu'ingrédients de Potions.
Whitcombe rougit et Harry rit presque tout haut comme le Ministre de la Magie lui-même marcha discrètement sur le pied de l'Auror. "Oh, non," dit Fudge avant que Severus puisse dire un mot. "Je suis sûr qu'il n'y en a aucun besoin. Substance délicate, le veritaserum. Même la pensée d'une distraction... Whitcombe, je suis sûr que vous voyez ce qu'il en est. Vous n'objectez pas, n'est-ce pas ? Bien sûr que non. Allez juste attendre à l'extérieur, hein ? Jamieson, pourquoi ne lui tiendriez-vous pas compagnie ? Encore mieux, pourquoi n'iriez-vous pas tous les deux apprécier une bièraubeurre à Pré-au-Lard ? A mon compte, d'accord ? Aucune idée de combien de temps cela nous prendra. Aucun sens de vous faire poiroter."
Fudge était pratiquement babillard. Il poussait aussi Whitcombe et le plus jeune des Aurors le long du couloir. Une fois qu'ils bougèrent tous les deux, il les lâcha simplement et leur élan sembla les porter vers avant.
Whitcombe avait l'air d'être sur le point d'éclater, mais l'Auror le plus jeune le tirait activement par le bras lorsqu'ils atteignirent le coin et disparurent de la vue.
Souriant et essuyant subtilement ses mains sur sa veste, Fudge revint d'un pas de promenade. "Bien alors," dit-il vivement, "Qu'est ce que c'est que tout ce non-sens à propos d'une armée de Mages de Guerre ?"
----Oo00oo----
Quinze minutes plus tard, Harry était assis sur une chaise au milieu de la salle des professeurs avec un demi-cercle de sorcières et de sorciers le regardant tous fixement.
// Je dois être fou, // pensa-t-il pour lui-même - un sentiment qui était reflété dans l'expression de Sev comme il s'approchait avec une petite bouteille de liquide et une tasse à mesure minuscule.
Ils avaient déjà subit la question ' Comment savons-nous que c'est vraiment du veritaserum ? '. Severus avait simplement demandé un volontaire pour le tester. Assez étrangement, Deveroe Styloplume avait même pensé à apporter à son propre volontaire - un jeune sorcier qui travaillait dans la pièce de copie au journal. Le fait que Styloplume ait su que du veritaserum allait être employé ce matin n'était aucunement une surprise pour qui que ce soit, sauf Fudge et son groupe. Albus avait utilisé la promesse d'un Mage de Guerre sous influence pour les attirer tous là du jour au lendemain.
Severus avait alors dilué la drogue et en avait administré seulement assez pour durer quelques minutes. L'honnêteté suivante du garçon et son embarras mineur furent assez pour convaincre tout le monde que le veritaserum était véritable.
Et maintenant c'était le tour du Mage de Guerre Ash.
Après avoir vérifié le poids de Harry, ce qu'il avait mangé au petit déjeuner et s'il avait de quelconques allergies connues, Severus mesura soigneusement une petite quantité de veritaserum concentré et lui passa la tasse.
Essayant d'avoir l'air confiant, Harry offrit une prière silencieuse à n'importe quel Dieu qui pouvait écouter ... et but.
Alors ils attendirent tous.
----Oo00oo----
// L'esprit humain est une chose étonnamment complexe, // pensa Harry tandis que le veritaserum faisait son chemin dans son système.
Et bien en réalité, il avait probablement fait effet presque immédiatement. Ils attendaient maintenant pour voir s'il allait avoir une réaction défavorable.
Complètement en dehors du fait que certaines personnes étaient violemment allergiques au veritaserum, c'était aussi une drogue difficile à administrer si vous ne saviez pas ce que vous faisiez. Il marchait en détériorant la capacité du cerveau à traiter pensées et mémoires avant de commencer à parler. Ainsi, ce qui sortait de la bouche de quelqu'un venait directement de son avis ou souvenir personnel honnête d'un événement. Le point auquel de telles choses pouvaient être changées ou altérées était entièrement dépassé.
A basse dose, le veritaserum était inutile parce qu'il forçait seulement quelqu'un à dire la vérité s'ils voulait répondre à la question. Cependant, une trop haute dose était aussi mauvaise, puisque cela détériorait alors la capacité d'une personne à distinguer entre ce qui avait rapport à la question et ce qui était futilités injustifiées. Dans les cas extrêmes de surdosage, il y avait eu des gens qui disaient la vérité sur tout ce qu'ils avaient jamais fait simplement parce qu'ils croyaient que tout avait rapport à la question de quelque façon obscure. Peu étonnamment, des traumatismes psychologiques significatifs étaient généralement associés à de tels cas.
Quelque part au milieu se trouvait l'idéal, où une personne serait forcée de répondre à n'importe quelle question qu'on posait, mais aurait encore assez de contrôle pour ne pas prendre des tangentes inutiles. C'était ce minuscule bout de contrôle qui signifiait que Harry serait en réalité capable de penser à une question avant d'y répondre.
Et c'était vraiment tout ce dont il avait besoin.
Brièvement, les pensées de Harry revinrent à son temps en tant qu'apprenti Mage de Guerre. Au début, ses leçons sur comment traiter avec les drogues de vérité et les sorts d'interrogation avaient plutôt été un cours de philosophie qu'autre chose.
La première chose qu'il avait apprise était qu'il devrait toujours considérer la nature de la question qu'on lui posait. Par exemple, si quelqu'un demandait ' Où est votre centre de commandement ? ', Harry devait d'abord décider s'ils demandaient dans quel pays il était, quelle était son adresse, ou si ' à deux portes de la poste ' serait suffisamment d'information. Mais bien sûr, une réponse comme 'en Grande-Bretagne' ou 'en Europe' ferait seulement qu'un ennemi exprimerait ses questions plus soigneusement.
Ainsi avec une question comme celle-là, la chose correcte à faire était de vous demander 'quel centre de commandement ? '. Si l'interrogateur ne spécifiait pas vraiment lequel, alors Harry était tout à fait libre de débiter à toute allure l'emplacement de n'importe quel centre de commandement qu'il pouvait légitimement considérer comme étant 'le sien'. En tant que citoyen Britannique, Harry connaissait pas mal de tels centres dispersés dans le monde entier - en particulier ceux de laissés par la Deuxième Guerre mondiale moldue.
Après tout, ce n'était pas comme si quelqu'un avait spécifié un centre de commandement toujours en utilisation.
La chose suivante que Harry avait apprise était que le fait qu'on vous pose une question ne signifiait pas que vous deviez fournir une réponse compréhensible. Par définition, les Mages pouvaient penser avec des concepts qui étaient complètement étrangers à leur propre espèce. Cela signifiait que si Voldemort devait lui demander comment détruire le sort qu'il avait placé sur les Pierres de Fondation de Gringotts, alors il devrait donner au moins une partie de sa réponse en gobelin. L'Anglais n'avait simplement pas de mots pour décrire les composants gobelins du sort.
En réalité, Harry pouvait théoriquement fournir chaque réponse dans des combinaisons de langues diverses s'il le choisissait. Mais faire quelque chose comme ça faisait généralement que votre ennemi augmentait le dosage de la drogue, ou renforçait n'importe quel sort qui était employé contre vous. Cela réduisait votre capacité de penser à comment mieux répondre à une question et vous faisait généralement terminer à parler dans votre langue maternelle de toute façon.
La meilleure idée était de coller à une langue que vos ravisseurs comprenaient et de fournir simplement la traduction la plus précise que vous pouviez faire. C'était toujours une réponse véridique - simplement inutile. Mais alors, la réponse correcte en gobelin n'aurait pas été utile non plus, ainsi il n'y avait aucun conflit.
Après cela, les instructeurs de Harry lui apprirent que 'la vérité' était en réalité très difficile à définir exactement. Terriblement de choses dépendaient de vos croyances personnelles et des suppositions que vous faisiez sur la nature de la réalité. Par exemple, si quelqu'un devait lui demander ' Combien êtes-vous puissant? ", il pourrait honnêtement dire qu'il n'était pas très puissant du tout. Il pourrait aussi dire qu'il était extrêmement puissant. Les deux réponses étaient vraies, selon votre point de vue.
Comparé à une éruption volcanique, il n'était pas très puissant. Mais comparé à une souris, il pourrait aussi être Dieu.
Mais n'importe quelle réponse qu'il donne, Harry n'était pas responsable des suppositions qu'un ennemi pourrait faire, basées sur ce qu'ils pensaient qu'il disait.
Et là-dedans était l'art de répondre à des questions sous veritaserum.
La partie finale de la formation de Harry sur ce sujet avait simplement été la pratique - et bien sûr, incorporer le temps-rapide dans le processus entier. Les potions et les sorts d'interrogation étaient supposés desserrer la langue d'un prisonnier. Si vous preniez votre temps pour penser comment répondre à une question, alors votre ennemi saurait que quelque chose allait de travers. En passant dans et en dehors du temps-rapide, Harry pouvait considérer sa réponse sans aucune pause discernable entre la question et sa réponse.
Vers la fin de cela tous, Harry avait gagné une expérience considérable avec le fait d'être drogué et ensorcelé.
Et pourtant...
Trop de veritaserum, ou une question exprimée trop précisément, ou même juste un moment de stupidité de la part de Harry - et le désastre suivrait. Personne ne se soumettait à une drogue comme le veritaserum sans risque.
Harry savait qu'il jouait avec le feu dès le moment où il avait mentionné la potion à Albus - mais il n'avait pas été capable de penser à une autre façon de convaincre le monde sorcier 'de la vérité' à laquelle il avait besoin qu'il croie.
Harry fut brusquement tiré de sa rêverie interne quand Severus se pencha et plaça ses doigts sur le poignet de Harry.
Le Maître de Potions vérifiait son pouls.
Harry était bien conscient que son rythme cardiaque était un peu élevé - et cela n'était pas entièrement en raison du stress de savoir qu'il était sur le point d'être questionné sous veritaserum.
C'était la première fois depuis que Harry avait apparu du Miroir que Sev ' avait vraiment mis ses mains sur lui.
L'avait vraiment touché.
Même sans le veritaserum, son pouls aurait été rapide.
"Fixez ma main," ordonna Sev et Harry observa docilement le mouvement de va et viens de la main de Sev tandis que le Maître de Potions vérifiait les blancs de ses yeux et la dilatation de ses pupilles.
Quand Severus fut finalement satisfait, il recula et dit, "Votre pouls est un peu rapide, mais pas de manière dangereuse. Si vous sentez un quelconque vertige, engourdissement, picotement, des démangeaisons, ou une étroitesse dans votre poitrine - dites-le immédiatement. Comprenez-vous ?"
"Oui, je comprends," répondit automatiquement Harry et il y eut un bruissement léger comme les journalistes réunis notaient la vitesse et la droiture de sa réponse.
Sev ' partit de côté et s'assit dans une position d'où il pourrait contrôler 'Ash' et surveiller n'importe quel signe d'une mauvaise réaction au veritaserum. Harry comptait la présence de Sev comme sa dernière ligne de défense si l'entretien commençait à virer à l'aigre.
Tandis que Harry ne pouvait pas mentir - et ne voulait pas avoir l'air d'avoir quelque chose à cacher en répondant en une autre langue - il était tout à fait capable de truquer un tremblement léger de ses mains, ou de limiter sa respiration jusqu'à ce qu'il en ait vraiment le vertige. À ce point Sev interviendrait et arrêterait les choses. Que le Maître de Potions comprenne ou non que Harry faisait semblant n'était d'aucune gravité, puisque à ce moment-là il serait à l'Infirmerie et en sécurité loin de la curiosité publique.
Aussitôt que le Professeur Rogue fut assis, Albus s'avança et tira sa baguette avec un geste théâtral. Il y eut une confusion mineure derrière le Directeur lorsqu'il dirigea sa baguette vers Harry et dit "Auris Silencio Ego Exceptum".
"Hé!" "Vous ne pouvez pas faire cela!" "Qu'est-ce qui se passe ici ?!" réclamèrent à cor et à cri un certain nombre de voix outragées et fâchées venant du groupe de journalistes les regardant.
Mais Harry n'en entendit rien.
En effet, tout ce qu'il serait capable d'entendre jusqu'à ce que Albus enlève le sort, était la voix du Directeur.
Harry risqua un regard en direction de Severus et vit une combinaison de surprise et d'admiration pour le sort peu orthodoxe que Albus venait d'employer.
"Mesdames et Messieurs," annonça le Directeur, "pour ceux qui auraient pu ne pas reconnaître le sort que je viens de jeter, je vais l'expliquer." Harry pouvait voir les gens bouger nerveusement, mais il n'entendit rien jusqu'à ce que Albus continue. "Auris Silencio est un sort qui rend sa cible complètement sourde. Cependant, j'ai ajouté une exception au sort par lequel le Professeur Ash sera toujours capable d'entendre ma voix."
Harry vit plusieurs regards fâchés à cette annonce, mais pouvait seulement imaginer les commentaires outragés qui furent lancés autour de la pièce.
Cela ainsi, était le pouvoir que Harry avait librement remis au vieux sorcier - la capacité de demander à 'Ash' n'importe quelle question et d'être assuré qu'il serait forcé de répondre - et de répondre honnêtement. Harry ne se faisait aucune illusion sur la précision des questions que quelqu'un comme Albus Dumbledore poserait. Il était un maître pour fourvoyer et donner des vérités relatives lui-même. Harry plaçait une énorme foi en l'intégrité d'Albus, car si le Directeur posait même en partie ce qu'il devait soupçonner en privé, ce serait un désastre qui signifierait la fin de plusieurs des espoirs et des plans de Harry.
Finalement, Albus fut capable de calmer son auditoire pour pouvoir continuer.
"Non," l'entendit dire Harry en réponse au commentaire de quelqu'un, "je ne considère pas cela comme une fraude ou une feinte, puisque je n'ai pas fait cela pour la protection du Professeur Ash. En effet, le Mage de Guerre Ash n'a pas besoin d'une telle protection! J'ai plutôt fait cela pour protéger sa famille, ses amis et sa vie privée."
Il y eut quelques regards surpris.
"Considérez si vous le voulez," leur dit Albus, "le fait qu'un Mage de Guerre - n'importe quel Mage de Guerre - doit inévitablement acquérir des ennemis." Albus regarda alors sévèrement le groupe amassé de journalistes par dessus ses lunettes. "Par exemple, vous êtes tous bien conscients que le Professeur n'aime pas Voldemort." Et Harry vit la plupart des gens dans la pièce tressaillir à la mention du nom du Seigneur des Ténèbres. "Une simple question négligente," leur dit Albus, "et vous pourriez facilement être responsables de la mort ou de l'enlèvement de n'importe quel membre de la famille du Professeur."
Le Directeur leur donna une seconde ou deux pour absorber cela et ajouta ensuite, "Il y a aussi la question de sa vie privée. Combien parmi vous auraient demandé le nom privé du Professeur Ash ?" Plusieurs journalistes détournèrent le regard d'embarras. "Et vous l'auriez fait," les réprimanda Albus, "bien que les rapports historiques - que je suis certain que vous avez tous examiné - indiquent clairement que c'est la pire insulte que d'utiliser ce nom sans permission formelle du Mage."
"S'il y en a parmi vous," continua Albus, "qui sont prêts à poser une telle question, alors quoi d'autre pourriez-vous être prêts à demander ? Son moment le plus embarrassant ? Son échec le plus épouvantable ? Son premier rendez-vous amoureux ? Sa pointure ? Où vous arrêteriez-vous ?"
Plusieurs personnes remuaient maintenant et regardaient le sol. Harry avait toujours été stupéfié par la capacité d'Albus à retransformer des hommes et femmes cultivés en enfants turbulents qui avaient été attrapés leurs mains dans le bocal à biscuit.
"Et finalement," conclut Albus, "j'ai jeté le sort pour empêcher le Professeur Ash de perdre la raison en essayant de se rappeler une douzaine de questions différentes et d'y répondre à la fois."
La plupart des journalistes semblèrent surpris de nouveau. Ils n'y avaient à l'évidence pas pensé.
"Souvenez-vous," avertit Albus, "que le Mage de Guerre Ash a volontairement pris du veritaserum. Il sera contraint de répondre à toute question qui lui sera posée, indépendamment de combien lui sont posées en même temps." Alors, avec une note d'amusement, le Directeur ajouta, "Je pense que vous constaterez que c'est la raison pour laquelle le veritaserum n'a jamais été utilisé à une conférence de presse auparavant - et aussi pourquoi nos salles de tribunal sont enchantées pour que les participants ne puissent entendre personne assis dans les galeries publiques."
Il y eut un hochement général de têtes et Harry pouvait dire que bien qu'ils n'aiment pas cela, la foule de journalistes avait à peu près accepté le besoin de ce qu'Albus avait fait.
"Ainsi," déclara Albus, "sans plus de cérémonie, commençons, n'est-ce pas ?"
----Oo00oo----
Sous la direction d'Albus, ils établirent d'abord quelques faits essentiels.
Harry déclara que 'Ash' était très certainement son nom - bien que pas son nom entier - et qu'il était vraiment un Mage de Guerre et était actuellement employé comme le professeur de DCFM à Poudlard. Il assura aussi à tout le monde qu'il était - autant qu'il le savait - humain à 100 %.
L'acte de répondre avait une sensation très particulière pour Harry et quelque chose de cette sensation dut s'être montrée sur son visage.
"Ça va, mon garçon ?" lui demanda tranquillement Albus.
"Je vais très bien, Albus," répondit-il. "C'est juste un peu étrange de ne pas pouvoir entendre ma propre voix."
"Oops," murmura Albus. "Désolé pour cela." Alors il fronça un peu les sourcils. "Je pourrais probablement inventer quelque chose..."
"Non," répondit Harry. "Ne vous donnez pas cette peine - ce n'est pas si important."
Et donc ils continuèrent.
Albus pensa que la question suivante avoisinait le personnel, alors au lieu de demander il déclara simplement, "Ils voudraient savoir où vous êtes né et quel âge vous avez." Harry considéra cela. Ils essayaient essentiellement de découvrir qui il était en rétrécissant le temps et l'emplacement de sa naissance. Il décida de répondre à la question de toute façon et déclara volontairement qu'il avait 29 ans - ce qu'il était de son propre avis - et qu'il était né et avait été élevé en Grande-Bretagne. Alors il ajouta que si n'importe lequel d'entre eux pensait que son accent était Écossais ou Gallois, ils devraient probablement faire vérifier leur audition.
Harry nota les regards amusés et se demanda si quelqu'un avait en fait ri à haute voix.
Après cela, ils passèrent aux questions sérieuses.
"Combien y a t'il de Mages de Guerre ?"relaya Albus.
"Je ne sais pas." // Bien que, // pensa Harry, // je puisse probablement faire une estimation raisonnablement précise. Dommage que personne n'en ait demandée une. //
"Pourquoi ne le savez-vous pas ?"
"Le cercle de Mages de Guerre ne tient pas de registre d'adhésion. J'ai aussi été absent du cercle assez longtemps, donc de nouveaux mages pourraient avoir étés Acceptés en mon absence, de même que des Mages existants pourraient avoir été tués." D'un ton légèrement triste, Harry ajouta, "Être un Mage de Guerre ne nous rends pas immortels, vous savez."
Il y eut quelque débat sur ce que devait être la question suivante. Finalement Albus demanda, "Vous avez mentionné ' le cercle de Mages de Guerre' - est-ce que c'est une organisation militaire ?"
Et là Harry devait être prudent. "Oui et non," répondit-il. "Oui, c'est une organisation militaire dans le sens où nous apprenons la stratégie militaire, la tactique, les armes et la magie. Nous sommes des Mages de Guerre après tout. Mais non, ce n'est pas une organisation militaire dans le sens où nous n'avons pas de structure militaire. Il n'y a aucun soldat, capitaine, général et bien que nous travaillions parfois ensemble, il n'y a aucune chaîne formalisée de commande et personne qui soit 'responsable' d'un autre."
Cette réponse causa un peu de débat. Le ministre Fudge semblait particulièrement avoir quelque difficulté avec le concept de personne n'étant 'responsable'. Finalement, Albus se tourna simplement vers Harry et dit, "En termes généraux, comment marche le cercle de Mages de Guerre ?"
"Essentiellement," répondit Harry. "Nous avons un système d'apprentis. Quand quelqu'un avec le potentiel de Mage de Guerre est découvert, le mage qui l'a trouvé devient responsable de son éducation. Si cette personne ne peut pas accomplir cette obligation - disons par exemple, s'il a déjà un apprenti, ou s'il pense que quelqu'un d'autre accomplirait mieux ce devoir - alors il remettra l'apprenti à un autre Mage de Guerre.
Finalement, quelqu'un acceptera le nouveau mage comme son apprenti et cette personne deviendra le Guide de Cours du mage-en-formation."
"Un Guide de Cours," continua Harry, "est responsable de l'intégralité de la formation de son apprenti jusqu'à ce qu'il soit Accepté comme un plein Mage de Guerre, ou jusqu'à ce qu'il décide qu'il ne veut pas être un Mage de Guerre. Cependant, il est très peu commun qu'un Guide de Cours fasse beaucoup de l'enseignement réel. C'est parce que chaque mage a des capacités différentes. Il serait simplement dommage si vous aviez une affinité pour la magie elfique et que votre Guide de Cours n'en avait pas. Et puis aussi, la meilleure personne pour enseigner la magie elfique est un elfe. Ainsi ce qui a tendance à arriver est qu'un apprenti est envoyé à une variété d'enseignants pour découvrir s'ils ont des capacités dans une gamme de magies différentes. Alors ils recevront une formation plus poussée dans les magies pour lesquelles ils montrent une aptitude."
L'auditoire de Harry montra de la surprise à cette information, mais Harry n'avait pas encore tout à fait fini. "Le même système," ajouta-t-il, "s'applique aussi à toutes les études non-magiques. Quand nous apprenons le combat en corps à corps, nous l'apprenons de quiconque notre Guide de Cours pense être le meilleur pour nous l'apprendre. Dans quelques cas cela peut être le Guide de Cours lui-même, mais la plupart du temps ce n'est pas le cas. Le travail réel d'un Guide de Cours est de s'assurer que son apprenti a les opportunités d'apprendre autant de sortes différentes de magie qu'il est capable d'exécuter et de s'assurer qu'il est compétent dans toutes les études non-magiques qui sont exigées d'un plein Mage de Guerre. Donc un Guide de Cours surveille essentiellement le programme scolaire entier d'un apprenti."
"En même temps," termina Harry , "un Guide de Cours peut aussi avoir plusieurs 'élèves' qui lui ont été envoyés par d'autres Guides de Cours. C'est particulièrement vrai si ce Mage de Guerre est connu pour être notamment habile à quelque chose. Surtout, il prendra des élèves quand son propre apprenti est parti étudier avec quelqu'un d'autre."
"Donc vous n'avez aucun programme standardisé du tout ?" demanda Albus avec curiosité. En tant que Directeur d'école lui-même, son intérêt professionnel avait évidemment été réveillé.
"Pas en théorie," répondit Harry. "Mais en pratique il y a un certain nombre de compétences fondamentales qui doivent être maîtrisées avant d'être Accepté. Tout le monde étudie la tactique et la stratégie par exemple - qu'ils aient une aptitude pour cela ou non. Cependant à la fin, c'est à votre Guide de Cours de décider quand vous êtes prêt à être évalué. À ce point, ils choisiront trois Mages de Guerre qui n'ont rien eu à voir avec votre formation précédente et leur demanderont de vous évaluer." Harry sourit avec une ironie désabusée et ajouta, "Bien sûr ils ne vous disent pas que vous êtes évalués. Vous tombez juste par hasard dans certaines des pires situations que vous pouvez imaginer. C'est une plaisanterie commune parmi les apprentis que si vous avez un manque de chance abyssal, alors vous êtes probablement en train d'être évalués."
"Finalement," termina Harry, "vous serez seulement Accepté si ces trois Mages de Guerre différents reconnaissent tous que vous êtes assez bon pour vous tenir à leur côté quand vous êtes dans la merde jusqu'au cou et quand les sortilèges pleuvent autour de vous."
Les visages regardant fixement Harry avaient pris une expression quelque peu abasourdie.
"Ainsi," demanda le Directeur après une petite pause, "il n'y a aucune armée de Mages de Guerre ?"
"Non," répondit Harry succinctement, "et je doute sincèrement qu'il y en ait jamais une puisqu'il n'y a pas deux Mages de Guerre qui aient jamais eu exactement les mêmes compétences et capacités. En fait, vous ne pourriez pas même nous faire marcher au pas! Pouvez-vous honnêtement imaginer un elfe marcher à grands pas à côté d'un nain ? Le nain aurait besoin de trois pas pour chacun de ceux de l'elfe! Et pire encore, en ce qui concerne un canis qui a quatre pieds ? Ou un naga qui n'en a aucun ?" Soudainement, Harry rit. "Et ne me faites pas même commencer sur les uniformes! Vous ne pouvez pas faire porter à un elfe quoi que ce soit qui ne ressemble pas à une forêt, tandis que les Kyriis portent à peine quelque chose du tout!" D'un air piteux, Harry ajouta, "j'ai peur que le cercle de Mages de Guerre soit bien trop diversifié et individuel pour qu'il puisse jamais former quelque chose d'aussi structuré qu'une armée."
Bien sûr, ce que Harry ne leur disait pas était que les Mages de Guerre n'avaient pas besoin de former une armée. Ce qu'ils étaient quand ils travaillaient ensemble était tellement extérieur à la compréhension humaine qu'il n'y avait pas même de mot pour cela.
Les Mages de Guerre travaillant de concert maintenaient une liaison mentale sous-jacente l'un avec l'autre qui leur permettait d'être inconsciemment conscients de ce que chaque autre mage dans la liaison faisait. Si quelqu'un mourrait, ou pour quelque autre raison ne pouvait pas achever sa partie d'un assaut projeté, alors les autres mages en étaient conscients et pouvaient contourner la perte, ou changer le plan en en prenant compte. De la même façon si l'un d'entre eux découvrait un avantage inattendu pendant la bataille, alors les autres prenaient immédiatement conscience du fait et le groupe entier pouvait se déplacer pour en profiter. En effet, les Mages de Guerre liés fonctionnaient comme des êtres conscients séparés et comme un unique esprit subconscient. Cela prenait assez de temps pour s'habituer à cette sorte d'individualité cohésive et c'était une raison de plus pour laquelle Harry devrait être Accepté avant de pouvoir travailler efficacement avec d'autres du cercle.
Après un peu plus de débat, que Harry ne pouvait pas entendre, Albus demanda finalement, "Si une personne ou un groupe voulait traiter avec le cercle entier de Mages de Guerre, comment le feraient-ils ?"
Maintenant ça c'était une question très intelligente. Harry sourit presque en admirant silencieusement la manière avec laquelle quelqu'un avait réussi à demander s'il y avait une personne ou un groupe qui ne dirigeait pas vraiment, mais que tous les Mages de Guerre écouteraient néanmoins . Avec un peu d'attention, c'était l'ouverture parfaite pour que Harry puisse mener ses interrogateurs à une petite information très importante qu'il voulait désespérément que le monde sorcier ait.
"Ils s'adresseraient au conseil," répondit-il. // Et maintenant que vous connaissez l'existence du conseil, // pensa Harry avec satisfaction, //l'un d'entre vous ferait mieux d'avoir assez d'intelligence pour demander s'il pose des politiques concernant tout le cercle. //
Il y eut beaucoup de confusion et de mouvement. Fudge rebondissait pratiquement sur son siège et Harry pouvait seulement l'imaginer ne pas arrêter de dire qu'il savait que quelqu'un devait être responsable après tout. Ce ne fut pas longtemps avant que Albus lui demande, "Comment peut-il y avoir un conseil quand vous nous avez dit que personne n'était responsable du cercle des Mages de Guerre ?"
"Le conseil n'est pas un conseil de gouvernement," répondit facilement Harry. "Son but est d'informer les membres du cercle des choses qu'ils doivent savoir. Il est aussi responsable du stockage de n'importe quelle information ou équipement qui doit être généralement disponible et agit comme un point de contact pour tous ceux qui veulent traiter avec le cercle dans son ensemble. Le conseil est plus pour l'administration qu'autre chose, bien qu'il fasse des recommandations de temps en temps. La politique du cercle et ses règles sont votées par un scrutin majoritaire des membres eux-mêmes."
Deveroe Styloplume sauta pratiquement sur Albus pour fournir la question suivante.
Albus se tourna vers Harry et demanda, "Les Mages de Guerre suivent-ils généralement les recommandations du conseil ?"
"Oui," répondit Harry. "Il est très peu commun que le cercle prenne une décision que le conseil n'approuve pas."
"Alors," dit Albus avec un froncement de sourcils léger, "bien qu'ils ne soient pas un gouvernement de nom, est-ce que le conseil n'est pas de fait l'autorité dirigeante pour le cercle ?"
Harry aurait pu l'embrasser. C'était l'ouverture parfaite. "Non", répondit-il. "Et la raison pour cela est que le conseil ne met nullement en application de quelque manière, moyen ou forme que ce soit la politique du cercle sur n'importe quel Mage de Guerre. Si c'était le cas, je ne serais pas assis ici maintenant."
"Que voulez-vous dire ?"
Harry sourit avec une ironie désabusée. "Je vous ai dit que j'ai été absent du cercle quelque temps. Une des raisons pour laquelle j'enseigne à Poudlard est que je n'estimais pas pouvoir être intimement impliqué avec le cercle tandis qu'il maintenait encore une politique de non-intervention dans des affaires humaines."
Les sorciers et sorcières environnants semblèrent abasourdis de nouveau. Rapide à souligner cette information, Albus demanda, "Dites-vous que les Mages de Guerre ne s'impliqueront pas dans quelque conflit que ce soit avec le monde sorcier ?"
Harry fronça les sourcils, bien qu'intérieurement il acclamât. "Je ne peux pas dire ce que le cercle pourrait ou ne pourrait pas faire dans l'avenir. Je ne suis pas un voyant. Ce que je dis est que la politique de non-intervention - qui était en effet longtemps avant que je ne rejoigne le cercle - a jusqu'ici découragé les membres de s'impliquer avec les mondes sorcier et moldu de quelque façon, manière ou forme que ce soit. Cela signifie que tant que la politique est en place, ils ne commenceront pas de conflit, ne déplaceront pas pour mettre fin à un conflit et ne participeront certainement pas à un conflit - même si vous le leur demandez."
Et cela était l'information que Harry voulait faire passer au monde sorcier. Il voulait que le public sache qu'ils étaient en sécurité de hordes déchaînées de Mages de Guerre les envahissant, en leur permettant en même temps - ainsi qu'à Voldemort - de croire qu'il n'y aurait aucune aide pour l'un ou l'autre côté dans n'importe quelle guerre que des humains commencent entre eux.
Harry pouvait voir à l'expression sur un ou deux visages que le concept de Mages de Guerre comme alliés venait d'être pensé par certaines personnes.
Albus posa une autre question. "Pensez-vous qu'il pourrait être possible de gagner l'aide des Mages de Guerre dans notre tentative de vaincre Voldemort ?" Harry pouvait pratiquement voir tout le monde souhaiter qu'Albus arrête de dire ce nom.
"Vous avez déjà l'aide d'un Mage de Guerre," répondit Harry. "Comme je l'ai dit auparavant, je ne suis pas d'accord avec la politique de non-intervention. Cependant, si vous voulez dire d'autres Mages de Guerre que moi, alors je pense que ce serait fort peu probable tant que la politique de non-intervention est en effet. Et à propos, elle a été en effet depuis au moins un ou deux siècles maintenant." Ce que Harry ne disait pas était que cette politique serait abandonnée très bientôt, si cela n'avait pas été déjà le cas. Au lieu de cela - et juste pour enfoncer le clou - Harry regarda directement Édouard le journaliste de la Gazette du Sorcier et ajouta, "Cet article dans le journal d'hier n'a certainement pas aidé. Le seul message que cela a envoyé au cercle en était un de défiance et de paranoïa."
Édouard bougea inconfortablement dans son siège.
Un des Aurors posa une question. Albus sembla douter un peu à ce propos, mais la fit passer de toute façon. "Vous avez dit que vous aideriez dans le combat contre Voldemort. Êtes-vous, ou avez-vous jamais été en coalition avec lui - ou considéreriez-vous vous joindre à lui pour une raison quelconque à quelque point dans l'avenir ?"
Harry fit un effort pour rester calme. Cela n'aiderait pas de laisser tout le monde voir combien de cette question l'offensait. Une haine générale et éloignée pour Voldemort pourrait être surmontée en utilisant beaucoup de sorts et potions différents. Un dégoût personnel spécifique et enraciné serait plus dur à traiter. Harry ne voulait pas donner à Voldemort quelque raison que ce soit de penser que Sev ' pourrait avoir des difficultés à le mettre sous contrôle. Soigneusement, il répondit, "Je n'ai jamais été en en coalition avec Voldemort. Quant au reste - il y a peu de temps, un de ses Mangemorts m'a posé presque la même question. Ma réponse était la même alors qu'elle le serait aujourd'hui. Je lui ai dit d'aller se faire foutre. Comme je l'ai dit auparavant, je ne suis pas un voyant - donc je ne sais pas ce que tient l'avenir. Mais ce que je peux dire est que je ne peux pas imaginer une situation ou une circonstance où je consentirais jamais à travailler avec lui ou pour lui."
Albus fit passer une autre question : "Travaillerez-vous avec le Ministère sur le problème Voldemort ?"
// 'Le problème' Voldemort ? // pensa Harry, incrédule. // Quelqu'un a simplement fait sonner le sorcier le plus puissant et mauvais depuis Grindelwald comme une infestation de rats! // Mais à haute voix, il répondit simplement, "Non je ne le ferai pas. Pour le moment, je suis commis à l'enseignement pour une année entière ici à Poudlard - et en plus, le Ministère ne m'a pas demandé mon aide. Je ne suis pas un Auror et je ne pense pas qu'ils sauraient que faire avec quelqu'un comme moi, pas plus que je saurais comment travailler avec leurs méthodes et procédures." Les Aurors dans l'auditoire semblaient quelque peu soulagés de l'entendre. "Et en plus," continua Harry, "comme vous le savez tous je suis seulement revenu à la maison récemment, donc je ne suis pas encore aussi familier avec ces choses que je devrais l'être. Pour le moment, je m'attends probablement à faire rater une opération du Ministère plutôt qu'à être de n'importe quelle aide réelle." Tout cela était vrai, mais n'incluait pas le reste de la raison de Harry - qu'il avait ses propres plans auxquels travailler dans l'année à venir et pas de temps pour être dérangé par le Ministère ou ses Aurors. Cependant, les Aurors dans l'auditoire inclinaient la tête avec sagesse d'accord et semblaient tout à fait heureux de l'évaluation modeste du Mage de Guerre quant à ses propres capacités.
Harry été sévèrement tenté de leur rire au nez.
Après cela, le reste de l'interview ne fut de loin pas aussi plein de tension et de soupçon. Le cercle de Mages de Guerre était maintenant accepté comme un groupe de personnes lâchement associées sans signification particulière pour les mondes sorcier ou moldu. Ils n'étaient évidemment pas une organisation 'convenable' du tout, étant peu plus qu'un club social avec un système d'éducation au petit bonheur et aucun standard définis pour l'adhésion professionnelle. Même certains d'entre eux n'étaient très probablement pas bien meilleurs qu'un sorcier ou une sorcière ordinaire!
Pendant l'heure et demi suivante, Harry répondit à plusieurs questions d'importance variable. Il expliqua que ses visiteurs elfiques avaient été son Guide de Cours et un vieil ami du cercle. Le troisième elfe avait simplement été l'élève actuel de son ami. Ils étaient venus lui rendre visite parce qu'ils n'avaient pas su où il était depuis qu'il avait quitté le cercle et ils voulaient reprendre contact.
De nouveau, c'était la vérité complète puisque Ly'haniir et Silver n'avaient pas su qu'il existait - sans parler d'où il était - à partir du moment où il était sorti du Miroir. Et personne ne pouvait nier qu'ils avaient certainement voulu lui parler une fois qu'ils avaient découvert où - et qui - il était. Cela était rendu d'autant plus plausible puisque les trois elfes n'avaient pas fait de tentative pour cacher leur présence.
Harry expliqua aussi que ' les réunions secrètes' avaient en fait simplement été trois vieux amis discutant de choses comme comment le Mage de Guerre Silver avait gagné son Nom et ce que Ash avait fait depuis qu'il avait rejoint le monde sorcier.
De nouveau, tout était complètement vrai et induisait entièrement en erreur.
La seule question de quelque réel intérêt après cela, fut celle où un journaliste voulut savoir pourquoi Ash était le seul Mage de Guerre à défier la politique de non-intervention du cercle.
"Je ne peux pas vous dire ce qu'en pense un autre," avait répondu Harry. "Mais je peux vous dire qu'autant que je le sais je suis actuellement le seul Mage de Guerre humain en existence. Je vous laisserai en tirer vos propres conclusions." Ce qui cimenta l'idée dans un certain nombre d'esprits que le cercle de Mages de Guerre ne se souciait vraiment pas du monde sorcier.
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Il était bien passé la mi-matinée lorsque le veritaserum cessa de faire effet et que l'interview se termina. Albus annula le sort Auris Silencio et Fudge - qui offrait à tous les journalistes en vue la chance de l'interviewer aussi - se rendit finalement utile en proposant une tournée générale de boissons là-bas à Pré-au-Lard.
Quelques minutes plus tard, Albus, Harry et Severus étaient les seuls restés dans la salle des professeurs silencieuse.
"Merci Merlin c'est terminé," soupira Albus. "Ce genre de chose est toujours si épuisant."
Harry savait exactement ce que le Directeur voulait dire. Il chancelait pratiquement sur sa chaise et il se sentait comme s'il venait de réchapper d'un assaut général - un où quelqu'un avait réussi à le frapper avec un sortilège de mal de tête. Après une telle longue période de temps sans un son en dehors de la voix d'Albus, même le bruit de fond le plus tranquille semblait maintenant fort aux oreilles de Harry.
"Mes chers confrères professeurs," dit Albus avec lassitude, "n'hésitez pas s'il vous plaît à prendre le reste de la matinée de libre. J'ai pris des dispositions pour que vos classes soient couvertes jusqu'après déjeuner." Et avec cela, il se tourna et laissa Harry et Severus seuls.
Seuls.
Ensemble.
Pour la première fois depuis que Harry avait fait sa proposition à l'homme.
Trop fatigué pour s'engager dans un conflit verbal, Harry regarda vers Sev et dit simplement, "Je sais pour votre passé Professeur. Et je sais ce que je verrais si vous deviez rouler la manche de chemise couvrant votre bras gauche. Allez-vous continuer à m'éviter ?"
Severus - qui n'avait pas passé les quelques dernières heures à être grillé par un groupe de journalistes - regarda vers Harry avec quelque chose qui pourrait presque avoir été de la sympathie. "Voulez-vous vraiment discuter de cela maintenant ?" demanda-t-il d'un ton neutre. "Vu votre aspect, je hasarderais une conjecture selon laquelle vous êtes à peine capable de converser logiquement à l'heure actuelle."
Harry lui fit un sourire faible. "J'ai simplement besoin de savoir que n'est maintenant n'est pas la dernière chance que j'aurais jamais de vous parler."
Il y eut un moment d'hésitation avant que Sev ' ne réponde tranquillement, "Ce ne le sera pas."
"Merci," fit Harry avec reconnaissance.
Severus renifla. "Je n'ai consenti à rien, vous comprenez."
Harry rit. "Bien sûr," répondit-il tendrement. Alors il se pencha en avant et se poussa pour se lever de la chaise. Il vacilla un peu sur ses pieds avant de se stabiliser.
"Avez-vous besoin d'assistance ?"
"Seulement si vous vous retournez dans le direction de notre couloir," répondit Harry.
"Je pense que je prendrai environ deux heures de sommeil avant de devoir faire face à mes classes cette après-midi."
"Cela ... ne serait pas hors de mon chemin," répondit Sev ' et il glissa ensuite une main stabilisante sous le bras gauche de Harry.
Quelque peu soupçonneux Harry demanda, "Pourquoi êtes-vous si agréable envers moi tout à coup ?"
"Peut-être que j'apprécie converser avec vous tandis que vous êtes trop épuisé pour surveiller votre langue."
"Le veritaserum a cessé de faire effet, Professeur."
"Alors," répondit Severus d'un ton étrange, "peut-être que les événements de ce matin m'ont simplement rappelé quelqu'un d'autre dans votre situation - quelqu'un à qui l'on n'a pas offert une telle aide quand il en avait besoin."
// Quelqu'un comme vous pendant les Procès de Mangemorts, // pensa Harry tristement.
Comme ils se dirigeaient vers la porte, Harry dit soudain, "Vous vous rendez compte que je savais, n'est-ce pas ? Je veux dire, avant que Whitcombe ne me le dise. Même avant que je ne trouve votre livre de potions, en fait."
Severus ne semblait pas étonné. "Je ... l'ai pensé probable. Mais je ne pouvais pas en être certain." Ils étaient dans le couloir avant qu'il n'ajoute finalement, "Qui vous l'a dit ?"
"Hermione Granger et Ron Weasley. Drago aussi, en y réfléchissant."
"Drago Malfoy ?"
"Oui." Alors Harry ajouta, "Il ne va pas le raconter à tout le monde si vous êtes inquiet. C'est ... umm... Drago et moi parlons de temps en temps ... et quelque part au cours de cela il s'est rendu compte que je le savais."
Severus était silencieux et Harry se demanda ce qu'il pensait. Finalement, l'homme plus grand que lui dit, "Drago avait besoin de parler à quelqu'un depuis asse longtemps. Je suis son Directeur de Maison, mais pour des raisons diverses je ne peux pas remplir ce besoin particulier. Je suis ... satisfait ... qu'il semble que vous le pouvez."
Ils passèrent le reste du chemin de retour aux quartiers de Harry en silence. Ce n'est que quand ils atteignirent la porte que Severus demanda avec hésitation, "Qu'est-ce que ... précisément ... Drago a dit de moi ?"
Fermant la porte derrière eux, Harry décida de donner à Sev ' la réponse la plus honnête qu'il ait donnée à qui que ce soit jusqu'ici aujourd'hui. "Il a dit que vous étiez - et êtes toujours - un des Mangemorts de Voldemort et que vous êtes actuellement sous les ordres de me séduire et de me livrer à Voldemort."
Severus se tenait cloué sur place dans l'entrée derrière lui. Après une seconde ou deux, il se détendit et s'avança plus loin dans le salon. "Vous ne le croyez pas," dit Severus.
"Albus a confiance en vous," répondit Harry. "Cela seul me dit que vous n'êtes pas un Mangemort - ou du moins que vous ne l'êtes plus. Je crois personnellement que vous êtes l'espion d'Albus, alors c'est logique que le fils de Lucius Malfoy pense que vous soyez toujours loyal envers Voldemort."
Il y eut un petit silence. "Et les ordres quant à votre séduction ?"
"Oh," dit négligemment Harry, "c'est assez réel. Drago a reçu l'instruction de nous surveiller tous les deux et de guetter les signes 'd'une amitié' en développement."
"Et le fait que je n'aurais aucun choix dans la question ne vous dérange pas," dit Severus d'un ton plat.
"Si," répondit Harry, "sauf que vous aurez le choix parce que j'offre de feindre d'être votre amant - même si vous décidez de ne pas transformer cette tromperie en réalité."
"Vous... Pourquoi le feriez-vous ?" demanda Severus, confus.
Amusé, Harry dit, "Je vous l'ai dit - que je suis fatigué des encoches. Je veux le truc réel et je veux que cela dure." Alors Harry fit une pause un instant avant d'ajouter, "Mais j'admettrai que la pensée de vous faire marcher avec cela a traversé mon esprit."
Severus lui lança un regard de considération. "Qu'est-ce qui a provoqué ce changement d'avis soudain ?"
"Un,"cocha Harry sur ses doigts, "je suis fatigué-et comme vous l'avez observé plus tôt, il est probable que je ne pense pas très bien." Le coin de la bouche de Severus se tira d'un coup sec vers le haut d'amusement. "Deux", continua Harry, "après due considération, je crois que je serais royalement emmerdé si quelqu'un me faisait cela. Et trois, vous m'avez fichu une trouille bleue à m'éviter pendant deux semaines. Si vous désiriez vraiment risquer la colère de Voldemort à ce propos ...et bien ... Simplement je... Oh par l'enfer, j'ai juste décidé de me rappeler qu'un rapport durable n'est pas basé sur le chantage."
"Oh, je ne sais pas," sourit Severus d'un air satisfait, "cela dépendrait de combien vous êtes habile en tant que maître-chanteur."
"Pas très," répondit Harry sèchement. Alors il se dirigea vers la cuisine pour prendre un verre d'eau. Le veritaserum avait laissé un drôle de goût dans sa bouche et répondre aux questions toute la matinée l'avait assoiffé.
Il avait déjà bu la moitié du verre quand Severus demanda soudainement, "Étiez-vous sérieux ? Vous ... feindriez ... D'être mon amant ? - Sans contrepartie ? Sans .. conditions ?"
"Je jure cela sur ma parole de Mage de Guerre," répondit Harry très sérieusement. "Oui - je suis sérieux. Aucune condition attachée."
Severus sembla y réfléchir .
"Écoutez," soupira finalement Harry, "personne ne doit décider quoi que ce soit tout de suite, d'accord ? Et si... Que diriez-vous de dîner avec moi samedi prochain ? Cela vous donnera le reste de la semaine pour penser à ce que j'ai dit et cela vous donnera aussi quelque chose favorable à annoncer si Voldemort décide de demander."
"Tout de suite cependant," termina Harry avec un énorme bâillement, "je pense que j'ai besoin de tomber quelque part de confortable pour quelques heures." Et laissant son verre pile là où il l'avait fini, Harry se dirigea vers la chambre à coucher. "Vous êtes plus que bienvenu de vous joindre à moi..."
Derrière lui, Severus renifla.
"Ouais, ouais ... c'était juste une idée..." Marmonna Harry . "Oh", dit-il, revenant de la porte de la chambre à coucher, "puisque le chantage est hors de question maintenant, la corruption serait-elle convenable ?"
Severus cligna des yeux et puis sembla amusé de nouveau. "Vous m'avez déjà offert vos …charmes ... physiques. Que pourriez-vous probablement avoir d'autre par quoi je serais intéressé ?"
"Un livre de potions légèrement utilisé ?" demanda Harry avec bon espoir et il fut récompensé par un rire véritable du grand Maître de Potions.
"Apportez-le avec vous samedi prochain," lui dit Severus. Alors un remous de robes noires signala son départ.
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A suivre...
