Chapitre 12 : partie 2.

-C'est à nous.

Sasuke opina de la tête et déglutit avec difficulté. La nervosité qu'il s'efforçait de contenir jusqu'alors commençait à se lire sur son visage plus pâle que d'ordinaire. Sa lèvre inférieure saignait légèrement à force d'être mordillée et il avait l'impression que son cœur allait imploser d'une seconde à l'autre tant il battait rapidement. Sakura et Ino s'empressèrent de saluer le public et de rejoindre les coulisses, hâtives d'entendre le duo que Naruto et Sasuke préparaient depuis plusieurs semaines.

En un éclair, le blond accrocha un micro miniature sur le col de sa chemise blanche et vérifia la qualité du son avant de grimper sur la scène, tout sourire et nullement stressé. Sasuke le suivit comme un automate, la démarche lente et les traits crispés. Le rideau était tombé mais un brouhaha assourdissant régnait dans la grande salle, lui donnant une petite idée du nombre de personnes présentes. Un poids lui tomba sur l'estomac et il fut prit de nausée. L'envie de déserter l'école de musique devint plus tentante que jamais. Planté devant son micro, il écoutait d'une oreille distraite les derniers conseils de Kurenai tandis que Naruto sifflotait l'air de piano qu'il interpréterait d'ici une poignée de minutes.

Après moult recommandations tombées dans l'oreille d'un sourd, Kurenai quitta la scène en trottinant et disparut en coulisses, laissant les deux adolescents seuls aux portes de l'Enfer. Les mains moites et les jambes tremblantes, Sasuke s'efforçait de garder le contrôle de sa respiration. Naruto ne put s'empêcher de ricaner discrètement, amusé par la mine déconfite de son petit-ami.

-Hey Sasuke ! l'apostropha-t-il, ça va ?

-Je veux mourir, répondit le concerné d'une voix rauque.

-Mais non arrête, tout va bien se passer.

Un rire nerveux franchit le barrage des lèvres de Sasuke. Non, tout ne se passerait pas bien, il en était intimement convaincu. Rien ne se passait jamais bien en ce qui le concernait. Une salve de scénarios désagréables martelèrent sa tête, accroissant son angoisse déjà grande.

-Je hais la musique, je hais John Lennon, je hais ce foutu spectacle mais surtout, je hais Karin Hozuki pour m'avoir mis dans cette galère, pesta-t-il. Je la maudit, elle et sa putain de musicothérapie. Bordel je me demande vraiment ce que je fous là, déguisé en pingouin et avec un micro devant moi.

Derrière le piano à queue d'un noir luisant, Naruto ne put s'empêcher de pouffer, s'attirant le regard foudroyant de Sasuke.

-T'es drôle quand tu stresses, Sasuke, s'exclama-t-il.

-Oh la fer…

Et le rideau s'ouvrit subitement, lui coupant la parole. Les yeux de Sasuke s'exorbitèrent d'au moins cinq millimètres. Ses prunelles brillantes balayèrent rapidement la salle et il peina à réprimer une grimace d'effroi lorsqu'il aperçut Itachi, un sourire radieux sur le visage, en train de lui faire des grands signes. Naruto donna naissance aux premières notes de piano et le cœur de Sasuke battit une nouvelle fois le record de vitesse. Il regarda par-dessus son épaule. Naruto lui décocha un sourire rassurant et il n'eut plus peur de rien. Comme un automatisme, les paroles d'Imagine défilèrent dans sa tête et ses lèvres se murent naturellement, délivrant une voix douce et mutine.

Imagine there's no heaven
It's easy if you try
No hell below us
Above us only sky
Imagine all the people
Living for today...

Et il y avait ces regards. Tous ces yeux braqués sur lui. Ces yeux qui le regardaient non pas comme un vulgaire criminel mais comme un artiste, un véritable artiste. On le regardait. On le regardait enfin. Tous ces gens s'étaient déplacés pour l'écouter chanter. Lorsqu'ils le contemplaient, ils ne percevaient que l'artiste, l'adolescent à la voix envoûtante, le criminel étant resté au centre de détention. Et pour la première fois depuis des années, il eut enfin le sentiment d'être considéré par ses pairs, d'être vu tel qu'il était vraiment et il ne craignit pas de laisser tomber le masque froid et insensible qu'il s'évertuait à porter continuellement.

La voix rauque de Naruto enchaîna le second couplet tandis que ses mains jouaient toujours cette mélodie gracieuse et reposante.

Imagine there's no countries
It isn't hard to do
Nothing to kill or die for
And no religion too

La voix des deux garçons se superposèrent pour chanter le court refrain. L'union de leurs voix si différentes rendait la mélodie plus belle encore.

Imagine all the people
Living life in peace...

La voix mutine de Sasuke interpréta le couplet suivant. Son timbre était profond, calme, dénué de doute et d'hésitation. Il chantait avec naturel, comme s'il possédait un véritable don. Sa tessiture aigue conquérait le public qui, pendu à ses lèvres, en demandait toujours davantage. Le duo de Gaara et Ino impressionna la foule, l'air entraînant de Telephon interprété par Sakura et la blondinette l'avait faite vibrer mais l'union de ces deux voix masculines l'emportait carrément ailleurs. Ce duo faisait rêver, voyager dans un autre monde, bien plus beau et doux que la réalité quotidienne.

You may say I'm a dreamer
But I'm not the only one
I hope someday you'll join us
And the world will be as one

Naruto reprit possession de la salle. Sa tessiture rauque et profonde saisit une nouvelle fois l'âme de Sasuke. Avec un sourire aux lèvres, Sasuke arracha le micro de son socle et s'approcha de Naruto, indifférent à la mine consternée qu'affichait Kurenai face à ce changement inattendu. Naturellement, Sasuke se laissa tomber aux côtés de Naruto. Un discret sourire naquit au coin des lèvres du blondinet et un agréable frisson hérissa toute la surface de sa peau lorsque la main de Sasuke frôla sa jambe.

Imagine no possessions
I wonder if you can
No need for greed or hunger
A brotherhood of man

Cette scène leur en rappelait une autre : celle de leur premier baiser. Etait-ce pour cette raison que leurs voix tremblaient autant ? Inconsciemment, Sasuke approcha son visage de celui de Naruto à tel point que ce dernier pouvait sentir son souffle tiède heurter sa joue. Il n'osa pas tourner la tête vers le ténébreux, craignant que leurs lèvres ne se rencontrent. Et tandis que leurs voix s'unissaient une dernière fois pour chanter les ultimes couplets de cette musique si particulière, leurs regards s'accrochèrent, dévoilant les sentiments que leurs bouches s'efforçaient de taire.

Imagine all the people
Sharing all the world...

You may say I'm a dreamer
But I'm not the only one
I hope someday you'll join us
And the world will live as one

Sifflements admiratifs, tonnerre d'applaudissements, cris de joie retentirent dans la salle légèrement éclairée mais ils n'en eurent aucune conscience, chacun étant trop absorbé par le regard de l'autre pour s'émerveiller de cet instant de gloire. Aucun des deux ne daigna lever les yeux vers le public en délire qui réclamait une autre chanson. Les doigts de Sasuke s'entremêlèrent à ceux de Naruto et dès le rideau tombé, leurs fronts se rencontrèrent, rendant leur échange visuel plus intense encore.

Sasuke songea qu'il pourrait passer le restant de ses jours à contempler ce visage aux contours harmonieux, à caresser ces cheveux blonds, à l'aimer, tout simplement. Les doigts de Naruto trouvèrent la joue de Sasuke pour la caresser tendrement. Son sourire ne s'était pas effacé et d'une voix tremblante de bonheur, il susurra :

-On a réussi.

-Je t'aime, répondit simplement Sasuke.

Stupéfait, Naruto se figea subitement. Les perles onyx de Sasuke ne le quittèrent pas une seconde, envoûtantes et dépourvues de fond. Le blond cligna des paupières plusieurs fois comme pour se convaincre qu'il ne rêvait pas, que son cerveau ne venait pas de lui jouer un mauvais tour.

-Quoi ? bafouilla-t-il.

-Je t'aime, répéta le brun.

Soit son cerveau était une belle enflure et excellait dans l'art des hallucinations auditives, soit Sasuke venait vraiment de se déclarer. Confus, Naruto ouvrit la bouche sur un silence, le cœur battant et les joues en feu.

-Je… commença-t-il.

-Allez les gars ! C'est l'heure du final ! l'interrompit Ino en lui assénant une tape dans le dos.

-Grouillez-vous de changer de chemise, cria Sakura en leur lançant lesdites chemises.

Naruto réceptionna le vêtement bleu juste avant qu'il ne tombe sur le sol. Les yeux de Sasuke toujours braqués sur lui, il s'empressa de se lever. Sasuke l'imita et ce fut dans un malaise presque palpable qu'ils prirent la direction des coulisses pour changer de chemise. Sasuke ne put s'empêcher de jeter un rapide coup d'œil au torse finement musclé de Naruto. Ce dernier fit de même mais parvint à se montrer plus discret que son petit-ami. En courant, ils rejoignirent leurs amis sur scène.

Ino et Sakura portaient une robe mousseline bleu clair assortie à la couleur des chemises des trois garçons. Ino avait noué ses longs cheveux blonds à l'aide d'un ruban bleu et Sakura avait enduit ses paupières de ce cobalt clair. Chôji s'installa derrière sa batterie, habillé de la même façon que les chanteurs, Kiba attrapa sa guitare et Shikamaru empoigna sa basse.

Encore sous l'effet des mots de Sasuke, Naruto ferma les yeux et inspira longuement afin de se concentrer. Cette chanson était la dernière et il devait mener le spectacle jusqu'au bout. Les lumières s'allumèrent au-dessus de leurs têtes, éclairant la scène. C'était le signal. Le rideau s'ouvrit sur le public et, dans une synchronisation parfaite, fruit de longues heures de travail, ils interprétèrent le refrain en chœur.

Any way you want it
That's the way you need it
Anyway you want it

(whoaaaa oooh)

Gaara entama le premier couplet, sa voix grave et rauque s'éleva dans les airs. Un léger sourire flottait au coin de ses lèvres. Tant de choses s'étaient déroulées depuis le début de l'été. Il y avait eu l'arrivée de Sasuke et ses bagarres incessantes avec Naruto, les larmes d'Ino lorsqu'elle ne parvenait pas à monter sa voix, les blagues nullement drôles de Sakura, et finalement, sans doute le plus important à ses yeux, sa relation avec Tenten. Ils avaient tous donné le meilleur d'eux-mêmes pour mener à bien ce spectacle, palliant le stress et l'angoisse comme ils le pouvaient, s'efforçant de parfaire leur travail et tandis qu'il terminait sa partie, Gaara sentit son cœur bondir dans sa poitrine.

She loves to laugh, she loves to sing
she does everything
she loves to move, she loves to groove
she loves lovin' things

Ino prit le relais avec une assurance qui surprirent ses amis. Ses précédentes prestations l'ayant mise en confiance, elle dévoilait enfin son véritable talent. Dansant au rythme de la musique, elle ne craignait plus le ridicule ou la moquerie du public. Après tout, ses amis se trouvaient autour d'elle, rien ne pouvait lui arriver.

It won't be long yeah til you're alone
When your lover (looove)
Oh he hasn't come home
'Cause he's lovin (lovin) ooh he's touchin' (touchin)
he's squeezin' another (another)

Et leurs voix s'unirent une nouvelle fois pour donner naissance au refrain. Quelques personnes se levèrent pour danser entre les rangées de strapontins. Le regard de Sasuke glissa vers les coulisses et il manqua d'éclater de rire en voyant Sasori danser et rire avec Kurenai. Ce spectacle qu'il avait tant maudit au départ, cette chorale qu'il avait détesté dès son arrivée, ces gens pour lesquels il n'éprouvait que mépris et dédain, voilà qu'il commençait à les aimer. À les aimer sincèrement. Cette stupide chorale lui avait apporté bien plus qu'il n'en demandait. Elle lui offrit la considération, les sourires qu'il lui manquait pour avancer dans la vie, la confiance des autres, l'amitié. Mais surtout, elle lui offrit l'amour. Et comme un réflexe, ses orbes sombres s'arrêtèrent sur Naruto. Le visage rougi par la chaleur, les yeux pétillants de bonheur et la bouche arquée en un sourire rayonnant, l'usuratonkachi était plus beau que jamais.

Any way you want it
That's the way you need it
Anyway you want it
(he said)
Any way you want it
That's the way you need it
Anyway you want it
(ooooooh)

Et ce fut au tour de Sasuke de chanter. Il ne devait interpréter que deux phrases mais cela le rendait étrangement heureux. Ce n'étaient pourtant que deux stupides phrases au milieu d'une chanson.

I was alone I never knew
What good love could do

Souriante, Sakura posa une main sur l'épaule de Naruto et superposa sa voix à celle de son ami. Ensemble ils chantèrent les deux phrases suivantes avant qu'Ino ne leur vole de nouveau la vedette, terminant le couplet.

then we touched then we sang
about the lovely things
'Cause he's lovin (lovin) ooh he's touchin' (touchin)
.com
he's squeezin' another

Désormais, tout le public dansait au rythme de leurs mots. Ils souriaient, oubliant le temps d'une chanson leurs soucis quotidiens, transportés ailleurs pendant quelques minutes. La musique ne cesserait d'unir les gens, de les accompagner dans leur joie ou dans leur tristesse, de s'adapter à leur humeur ou de les faire rêver. C'était pour ça qu'ils chantaient, qu'ils dansaient ou qu'ils jouaient d'un instrument. Le pouvoir de faire rêver, d'aider les autres, ne serait-ce même que pour quelques minutes. Voilà la raison pour laquelle Naruto, Sakura, Ino, Gaara, et maintenant Sasuke s'époumonaient depuis presque trois heures. Malgré leur léger mal de gorge, leur fatigue physique et mentale, malgré les ampoules faisant souffrir les pieds d'Ino et Sakura, malgré ce fichu pantalon noir qui serrait le bassin des garçons, ils continuaient de chanter. Chanter toujours.

Any way you want it
That's the way you need it
Anyway you want it
(he said)
Any way you want it
That's the way you need it
Anyway you want it
(ooooooh)

Tout sourire, Kiba dévoila son talent de guitariste, heureux d'avoir le droit à un bref solo, avant de laisser les chanteurs interpréter l'ultime refrain.

Any way you want it
That's the way you need it
Anyway you want it
(he said)
Any way you want it
That's the way you need it
Anyway you want it

Une salve d'applaudissements et de sifflements suivirent le dernier couplet. Emotive, Ino ne put retenir ses larmes, sanglots emportant avec eux le stress des jours précédents. Emue par la sensibilité de son amie, Sakura la serra contre elle en lui murmurant qu'elle avait superbement chanté mais que jamais elle ne la dépasserait, chose à laquelle la blondinette rétorqua que de toute façon, elle n'avait rien à lui envier. Et les deux amies partirent dans un éclat de rire. Ce jeu de taquineries ne mourrait décidément jamais. Gaara salua le public en compagnie de Kiba et Chôji. Les danseurs, les musiciens, les chanteurs, les professeurs, tous étaient là, souriants et fiers de leur spectacle longuement préparé. Tous saluèrent la foule.

Et prit d'une soudaine impulsion, Naruto attrapa la main de Sasuke, le faisant légèrement sursauter. Les pommettes saillantes et légèrement rougies par la chaleur, Sasuke était attendrissant. Cela faisait du bien de le voir ainsi, innocent et heureux. Avec un sourire tendre sur les lèvres, Naruto se pencha vers lui pour susurrer au creux de son oreille :

-Moi aussi je t'aime, Sasuke.

La surprise déforma le visage du ténébreux durant un court instant avant qu'un sourire timide ne se dessine sur ses lèvres. Naruto fut heureux de constater que pour une fois, ce n'était pas lui qui rougissait. Les élèves de l'école de musique saluèrent une dernière fois le public avant de disparaître dans les coulisses, savourant jusqu'au bout la sensation procurée par la gloire.

-Quel show les amis ! s'exclama Tenten en levant les mains vers le ciel, on a trop assuré !

Epuisé, Shikamaru bailla à s'en décrocher la mâchoire avant de demander d'un ton morne :

-Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

-On picole ! hurla Kiba en brandissant deux bouteilles de vodka.

-Comment t'as fait pour te procurer ça ? s'enthousiasma Lee en les lui arrachant des mains.

-Ben je les ai achetées, répondit laconiquement Kiba, et puis je les ai planquées ici pour qu'on puisse se saouler après le spectacle.

Temari le détailla d'un air soupçonneux avant de rétorquer :

-T'es mineur pourtant. Ils ont quand même accepté de te les vendre ?

En soupirant, Kiba leva les yeux au ciel, dépité par la suffisance de son amie.

-Mais non, j'ai fait appel à Hinata, expliqua-t-il en serrant sa petite-amie contre lui, on donnerait le Bon Dieu sans confession à cette fille vous ne trouvez pas ? Et puis en plus, le caissier était trop occupé à mater son décolleté pour s'occuper de son âge.

-Alors là je suis choqué, souffla Gaara.

Indifférent à la conversation de ses amis, Sasuke s'empressa d'ouvrir les premiers boutons de sa chemise. Naruto l'imita, tout aussi dérangé par cette impression d'étouffement qu'il ressentait à chaque fois qu'il enfilait une chemise. Ils se jetèrent un regard mi-gêné, mi-tendre avant de se prendre la main et de rejoindre les autres élèves qui commençaient déjà à vider les bouteilles apportées par Kiba. À ce rythme, ils finiraient tous ivres morts. Lee proposa un verre de vodka à Sasuke qui refusa, n'ayant pas le droit à l'alcool. Lee le jaugea avec une pointe de pitié avant de vider son verre d'une traite, les joues légèrement rosies et le regard vitreux. L'ambiance était joyeuse, festive. Les élèves décompressaient, se vidaient du stress procuré par le spectacle. Et parmi eux, surtout avec la main de Naruto dans la sienne, Sasuke se sentit plus heureux que jamais.

Dans la salle, les rangées se vidaient lentement. Les gens désertaient leur strapontin et quittaient la pièce d'une démarche traînante, nullement pressés. Encore affalés sur leur siège, Karin et Itachi attendaient patiemment que la foule ne diminue, prétextant que quitte à attendre, mieux valait attendre en étant assis. Pourtant, sans crier gare, Itachi se leva subitement sous le regard surpris de la rouquine.

-Je vais voir mon frère en coulisses, annonça-t-il en s'éloignant.

Karin bondit sur ses pieds, prête à faire de même.

-Hey ! Mais attendez-moi ! cria-t-elle.

Mais Itachi ne lui obéit pas et ses longs cheveux noirs disparurent rapidement du champ de vision de la jeune femme. Sourcils froncés et poings serrés, elle marmonna une quantité insoupçonnable de jurons.

-Non mais quel goujat celui-là ! pesta-t-elle.

Ce fut non sans ricaner un peu qu'elle remarqua la veste sombre d'Itachi qui gisait encore sur le strapontin désert.

-Cet imbécile a oublié sa veste, se moqua-t-elle.

En soupirant, Karin attrapa le blouson d'Itachi et son rire persifleur se transforma en un tendre sourire. Elle ne put s'empêcher de penser que peut-être, il avait fait exprès d'oublier sa veste dans l'espoir qu'elle la lui ramène en coulisses. Cette idée lui semblait aussi ridicule qu'adorable et elle secoua la tête de gauche à droite pour la chasser de son esprit. Itachi Uchiha n'était certainement pas assez intelligent pour imaginer une telle combine et puis de toute façon, elle ne se sentait pas prête à débuter une relation amoureuse avec qui que ce soit.

Pourtant, son sourire ne s'effaçait pas. Elle venait de passer une soirée formidable aux côtés de cet homme taquin et légèrement immature. Pendant plusieurs heures, elle avait ri à ses blagues idiotes et avait apprécié son côté doux et attentionné, tendresse qu'elle percevait aisément dès qu'il commençait à parler de son petit-frère. Elle ne connut ni l'ennui ni l'agacement et elle devait bien avouer qu'il y avait très longtemps qu'elle ne s'était pas sentie si bien auprès d'un homme. Pleine de bonne volonté, elle décida de le rejoindre dans les coulisses afin de lui rendre sa veste mais alors qu'elle s'apprêtait à quitter la salle, une main tapota son épaule.

Karin se retourna à la volée et se figea soudainement face à ce visage familier. Les traits tendus et une lueur d'indécision au fond des yeux, Mikoto Uchiha l'implorait du regard. Le cœur de la jeune psychologue rata un battement tandis qu'elle tentait de se persuader qu'elle ne rêvait pas. Et, après avoir recouvré ses esprits, Karin la prit son épaule et se contenta de chuchoter :

-Venez avec moi.

Ce fut dans un silence voilé de doutes et d'hésitation que les deux femmes gagnèrent les coulisses. Chaque pas était une véritable épreuve pour Mikoto, chaque mètre demandant un courage insoupçonnable pour être franchi. Le cœur battant au rythme de l'angoisse et la respiration irrégulière, elle avançait vers son fils, un fils qu'elle avait abandonné une année auparavant. Une multitude de questions se bousculaient dans sa tête et elle s'interrogea sur la manière de l'aborder. La chaleur de la paume de Karin contre son épaule la rassurait un peu mais ne parvenait pas à calmer l'anxiété qui déferlait en elle.

Sasuke ne se trouvait qu'à quelques mètres d'elle. Discutant avec Itachi, il ne la voyait même pas. Sans qu'elle ne s'en rende compte, Mikoto se mit à sourire. Un sourire doux et tendre, le sourire d'une mère. Ses yeux se remplirent de larmes tandis qu'elle contemplait avec une certaine fierté la beauté de son fils cadet. Sasuke devenait un homme et la gentillesse qu'elle pouvait lire sur son visage la laissait penser qu'elle avait au moins réussi quelque chose au cours de sa misérable vie.

Comment l'approcher ? Que lui dire ? Comment réagirait-il ? Tant d'interrogations qui martelaient son crâne et auxquelles elle ne pouvait répondre. Un entrelacs de regrets et de colère naquit en elle et plus que jamais, elle se détesta. Elle se détesta pour avoir abandonné son enfant, elle maudit sa lâcheté et méprisa son manque de courage. Et tandis que Sasuke éclatait d'un rire discret suite à une blague racontée par Naruto, elle réalisa qu'au fond, elle ne connaissait rien de son propre fils. Le cœur en vrac et les jambes flageolantes, elle souffla d'une voix tremblante :

-Sasuke…

Elle avait prononcé son nom avec un naturel déconcertant. Le concerné cessa immédiatement de rire. De là où elle se trouvait, Mikoto put le voir se raidir. Itachi fut le premier à réagir, surpris de sa présence.

-Maman ? cria-t-il presque, qu'est-ce tu fais ici ?

-Je… je suis venue voir mon fils chanter, répondit Mikoto.

Avec lenteur, Sasuke se tourna vers elle. Les yeux exorbités et la bouche entrouverte, il ne semblait pas croire en ce qu'il voyait. Plusieurs fois, il cligna des paupières afin de se convaincre qu'il n'était pas devenu fou. D'un œil absent, il cherchait une explication sur le visage de Mikoto qui, souriante, ne le lâchait pas du regard. Mère et fils se toisèrent durant des minutes interminables, aucun des deux n'osant faire le premier pas vers l'autre. Une salve de souvenirs douloureux peuplèrent leurs têtes et en une fraction de seconde, Sasuke se retrouva plongé en enfance. Sa mère n'avait pas changé depuis tout ce temps. Elle possédait toujours ces traits délicats et harmonieux, cette bouche aux sourires uniques, ces prunelles à l'éclat singulier, et Sasuke fut tenté de s'approcher d'elle afin de savoir si son parfum était le même qu'autrefois.

Combien de fois avait-il espéré, rêvé, ce moment ? Un million de fois au moins et maintenant qu'il était en train de se produire, il ne savait comment réagir. Il ne ressentait rien sinon de l'angoisse, une angoisse ankylosante qui faisait battre son cœur plus rapidement. Partagé entre le désir de se retrouver dans les bras de cette mère absente pendant plus d'un an et entre celui de s'enfuir en courant, il ne parvenait pas à bouger le moindre membre. Sa mère lui avait beaucoup manqué mais elle l'avait aussi tant fait souffrir qu'il n'osait prendre le risque de la perdre une nouvelle fois. Comme si elle lisait dans les pensées de son fils, Mikoto rassembla tout son courage et combla les quelques mètres qui les séparaient encore.

-Sasuke… chuchota-t-elle à nouveau.

Sans réfléchir davantage, elle le serra contre elle et il tomba littéralement dans ses bras. Sa chaleur unique, son parfum singulier, le timbre de sa voix… rien en elle n'avait changé et Sasuke en fut soulagé. Ils s'étreignirent avec force, à tel point que c'en devint douloureux. Mikoto embrassa avec tendresse les joues de Sasuke, murmura au creux de son oreille qu'elle n'avait cessé de penser à lui durant ces longs mois d'absence. Il ne put lui répondre, la gorge nouée par l'émotion. Les larmes glissèrent sur ses joues pour s'écraser sur l'épaule de Mikoto. À cet instant, il songea qu'aucun mot ne serait jamais assez puissant pour décrire l'étendue de ses émotions.

Car il le savait : il venait de retrouver sa mère.

Itachi, les yeux larmoyants et le menton tremblotant, caressa doucement le dos de Mikoto, espérant ainsi calmer les légers soubresauts qui secouaient son corps frêle. Il était fier d'elle, fier qu'elle ait trouvé seule le courage d'affronter le regard de Sasuke. C'était un pas énorme pour sa famille mais c'en était encore un plus grand pour sa mère qui avait trouvé la force de pousser la porte de sa demeure pour prendre le bus et se rendre à la chorale. Cette femme, qui depuis des années baissait les yeux et n'osait contredire son mari de peur de se prendre un pin en pleine figure, agissait pour la première fois selon sa volonté, sans se laisser influencer par les dires de son bourreau. Enfin, elle reprenait possession de sa vie, trop longtemps contrôlée par Fugaku. Itachi l'examinait d'un nouvel œil et elle lui sembla plus fraîche, plus sereine, comme si elle revivait au contact de Sasuke.

Plantés à quelques mètres des Uchiha, Karin et Sasori contemplaient la scène avec une pointe de douceur au fond des pupilles. Un discret sourire flottait au coin des lèvres du roux lorsqu'il déclara d'une voix évasive :

-Vous savez que nous sommes normalement censés empêcher ce genre de choses, n'est-ce pas ?

-Eh bien regardez ailleurs si cela risque de vous empêcher de dormir cette nuit, répondit Karin. Moi je trouve que c'est une scène magnifique. Ils sont récupérables, Sasori. Ils sont récupérables.

-Pas tous.

-Non, c'est vrai, soupira-t-elle, pas tous. Mais je pense qu'il y a plus de jeunes récupérables que d'irrécupérables. Ce qui leur faut à ces gamins, ce sont des limites, certes, mais aussi une raison d'exister.

Une raison d'exister, une raison de se battre, une raison de respirer. Karin y croyait dur comme fer et même si sa conception des choses lui valait parfois moquerie et outrance, elle ne changerait pas d'avis. Persuadée que les jeunes détenus avaient avant tout besoin d'un moyen d'expression, elle militait avec hargne afin d'aménager une salle de théâtre dans l'un des établissements du centre. Le directeur, la prenant de haut, n'approuvait pas ses méthodes qu'il jugeait trop douces, pas assez sévères, lui rappelant parfois qu'elle ne se trouvait pas dans une colonie de vacances mais dans un centre de détention pour jeunes délinquants.

-Sasuke… c'est grâce à vous s'il en est arrivé là, chuchota Sasori. Il a tant changé depuis son arrivée au centre, vous savez.

-Détrompez-vous, répondit Karin, je n'ai rien fait d'autre que de l'inscrire dans cette école de musique, le reste, Sasuke ne le doit qu'à lui-même. Et il n'a pas changé, Sasori. Il devient simplement celui qu'il s'efforce de dissimuler depuis toutes ces années.

Et le silence reprit son droit entre eux. Karin avait raison, Sasori le savait. Les gamins qui défilaient dans son bureau à longueur de journée, elle les connaissait. Elle les connaissait vraiment et ne les considérait pas comme des détritus ou des détraqués. Même le pire d'entre eux ne parvenait pas à changer la douceur régnant dans ses pupilles brunes. Karin était l'un des piliers du centre IPPJ et tant qu'elle serait là, bon nombre d'adolescents en difficulté retrouveraient certains des repères dont ils avaient besoin.

Après de longues minutes d'étreinte et de murmures maladroits, Sasuke se décolla de sa mère sous le regard à la fois ému et consterné de Naruto qui, un peu à l'écart, n'avait rien perdu de la scène. Avec la douceur propre aux mères, Mikoto glissa une main dans les cheveux sombres de Sasuke et il eut l'impression que toutes ces années de souffrance se trouvaient maintenant derrière lui, comme si elles ne comptaient plus. Il se sentait désormais plus fort, comme si Mikoto avait déversé dans son cœur le courage qui lui faisait défaut.

-J'ai… j'ai quitté votre père, articula Mikoto, je l'ai quitté définitivement. Je vis chez votre tante Uruchi depuis une semaine déjà.

Ces paroles eurent l'effet d'une bombe. Itachi ne put masquer son étonnement et Sasuke fit des yeux ronds, stupéfait lui aussi. Mikoto, elle, ne cessait de sourire, libérée des démons du passé.

-Mais… pourquoi est-ce que tu ne me l'as pas dit ? s'emporta Itachi, tu aurais pu venir chez moi !

-Je ne voulais pas te déranger, répondit-elle.

-Vraiment… j'en ait entendu des conneries dans ma vie mais alors celle-là, elle bat le record, marmonna l'aîné.

Sasuke gloussa discrètement, heureux. Faire partie d'une famille lui avait tant manqué. Sa mère lui avait tant manqué. Il sentait le regard cobalt de Naruto vriller sa nuque et il songea qu'il avait désormais tout ce dont il avait besoin pour avancer. Des personnes à aimer, des personnes de qui se faire aimer… il n'en demandait pas plus. Enfin il se sentait entier, complet. Puisqu'il aimait, il existait. Mikoto, quant à elle, retrouvait la seconde moitié d'elle-même. Ses deux fils étaient sa seule famille.

Mikoto et Sasuke rattrapèrent le temps perdu et discutèrent de longues minutes avec un naturel déconcertant, comme s'ils n'avaient jamais souffert de l'absence de l'autre. Après une bonne demi-heure de bavardage, Sasori vint les interrompre à contre cœur. Il était temps pour Sasuke de regagner le centre IPPJ. Mikoto embrassa son fils et promit de lui rendre visite dès que possible, chose à laquelle il répondit qu'il l'attendrait avec impatience. Le ténébreux s'approcha ensuite de Naruto qui l'accueillit avec un large sourire. Le regard de Sasori posé sur eux, ils ne purent s'étreindre une dernière fois mais leurs yeux s'avouèrent tout.

-Fais attention à toi, hein Sasuke, souffla simplement Naruto.

-T'inquiète, répondit-il en lui envoyant un clin d'œil, je serai là la semaine prochaine.

Naruto se contenta d'opiner de la tête et le regarda disparaître derrière la porte menant à l'extérieur, Sasori sur les talons. Le cœur de Naruto battait au rythme de l'angoisse, comme à chaque fois que Sasuke repartait dans son enfer. Remarquant la mine déconfite de son meilleur ami, Kiba s'empressa de le prendre sous son épaule et de lui proposer un verre de vodka que le blondinet accepta volontiers. Mikoto salua Karin et Itachi avant de s'en aller, les yeux rougis et gonflés par les larmes mais les lèvres étirées en un sourire rayonnant.

La veste noire d'Itachi se trouvait toujours dans les bras de Karin. Cette dernière en prit finalement conscience et se dépêcha de la lui rendre.

-Vous aviez oublié votre veste, dit-elle laconiquement.

Itachi feignit l'étonnement.

-Oh ? répondit-il en attrapant ladite veste, merci. C'est gentil de votre part de vous être déplacée pour me la rendre.

En croisant les bras sur sa poitrine, Karin détourna le regard.

-Détrompez-vous, rétorqua-t-elle, je ne suis pas venue jusqu'ici pour vos beaux yeux mais pour aider votre mère à aborder Sasuke.

Un sourire tendre s'arqua sur les lèvres du jeune homme.

-Parce que vous trouvez que j'ai des beaux yeux ? la taquina-t-il.

La bouche de Karin s'ouvrit sur un silence et en le poussant doucement de l'épaule, elle marmonna un « fichez-moi la paix » amusé.

-Bon… afin de vous remercier, je propose de vous offrir un café, déclara Itachi.

-Je n'aime pas le café, répondit-elle.

La déception se lut sur le visage d'Itachi et elle ajouta d'une voix amusée :

-Mais j'accepte volontiers un bon chocolat chaud.

Itachi pouffa et enfila sa veste. En silence, ils quittèrent la chorale et marchèrent jusqu'au centre-ville. L'air était doux, le ciel dégagé et parsemé d'étoiles. Les rues grouillaient de monde en cette fin de semaine et un léger brouhaha planait dans les airs. Ils achetèrent des boissons chaudes à un marchand ambulant et reprirent leur route, insouciants. Itachi se montrait bavard pour une fois et Karin écoutait d'une oreille attentive tout en sirotant son chocolat. De temps à autre, un petit sourire se dessinait au coin de ses lèvres, souvent elle riait aux blagues ridicules du jeune homme. Plus le temps passait, plus elle le trouvait attendrissant. Plus le temps passait, plus il la trouvait merveilleusement belle.

Bientôt, ils se retrouvèrent dans le parc situé à quelques mètres du centre-ville et se laissèrent tomber sur un banc, les jambes fatiguées par cette longue marche. La douce brise de fin d'été effleura leurs visages, les faisant frissonner. Le silence s'installa entre eux durant une salve de secondes et, les yeux levés vers le ciel d'encre, ils ne pensèrent à rien. La seule présence de l'autre suffisait à apaiser leurs angoisses et leurs craintes, ils n'avaient pas besoin des mots.

-On vous appelle « madame » Hozuki, dit soudainement Itachi. Vous êtes mariée ?

Le regard de Karin s'assombrit et elle ne put retenir un soupir mêlant agacement et nostalgie.

-Plus pour longtemps, répondit-elle. Mon mari a demandé le divorce et a quitté la maison. Bientôt, je redeviendrai Karin Honjoh.

-Karin Honjoh sonne mieux que Karin Hozuki, vous ne trouvez pas ?

Karin ricana et se tourna vers lui avant de rétorquer :

-Je trouve surtout que votre technique de drague est à vomir.

-C'est vrai, avoua Itachi. D'habitude, je me débrouille mieux.

Karin éclata d'un petit rire avant de vider d'une traite son gobelet de chocolat chaud.

-Il n'empêche que votre divorce n'a pas l'air de vous affecter beaucoup, reprit le brun.

Karin haussa les épaules d'un air désinvolte.

-Il a ses raisons et je dois avouer qu'elles sont défendables. Et puis il ne faut pas se voiler la face, ça fait longtemps qu'il n'y a plus rien entre nous.

-Je vois.

Il y eut un silence durant lequel Karin fut en proie à la tristesse. Parler de Suigetsu lui était encore difficile. Bien qu'elle ne l'aimait plus vraiment, elle ne pouvait pas oublier du jour au lendemain son premier grand amour. Souvent, elle s'étonnait à penser à lui, à se demander s'il avait de nouveau quelqu'un dans sa vie. Un petit soupir franchit la barrière de ses lèvres et elle baissa les yeux pour étudier ses ongles vernis de rouge.

Les cordonniers n'étaient décidément pas les mieux chaussés. Elle passait ses journées à conter les mérites de la vie aux jeunes dont elle s'occupait alors qu'elle était incapable de s'occuper de son propre bonheur. Karin était douée pour donner des conseils, elle l'était moins lorsqu'il fallait les appliquer. Elle qui ne cessait de remonter le moral des autres se sentait parfois au bord du gouffre mais continuait de sourire. Sourire toujours, même lorsqu'au creux de sa poitrine, son cœur menaçait d'imploser sous l'effet de la douleur. Sous ses airs forts, elle était en réalité très fragile.

Percevant son malaise, Itachi relança la conversation. Sans trop savoir comment, il parvint à la faire rire de nouveau, éloignant ainsi les pensées désagréables qui la taraudaient. Ils discutèrent de longues minutes encore sous le ciel étoilé avant de se lever pour parcourir le même trajet à l'envers. Pas une seconde ils ne s'ennuyèrent, pas une seconde la présence de l'autre ne fut pesante, au contraire, la tristesse s'empara de leurs cœurs lorsqu'ils rejoignirent leurs véhicules respectifs.

Confuse et gênée, Karin bafouilla quelques politesses avant de tourner les talons en priant tous les Dieux pour qu'il ne la retienne pas. Hélas, ses prières tombèrent, comme à chaque fois ou presque, dans l'oreille d'un sourd puisque, prit d'un soudain élan de courage, Itachi l'attrapa par le poignet. Nerveuse, elle se mordilla les lèvres et fit volte-face. Les orbes onyx d'Itachi la fixaient avec hésitation et, malgré elle, son cœur accéléra ses battements.

-J'aimerais vous revoir, lâcha finalement Itachi.

Et voilà. Le moment qu'elle redoutait tant venait de se produire.

-Eh bien passez me faire un petit coucou quand vous rendrez visite à Sasuke au centre, répondit-elle en feignant de ne pas comprendre.

-Ce n'est pas ce que je voulais dire et vous le savez très bien.

Les épaules de Karin se voûtèrent subitement, comme si elles portaient tout le poids du monde. Si sa raison lui intimait de refuser, son cœur lui hurlait d'accepter. Ses sourcils se froncèrent légèrement tandis qu'elle jaugeait Itachi avec intérêt. Elle ne pouvait pas dire qu'il ne lui plaisait pas, bien au contraire, elle le trouvait à son goût. De plus, elle appréciait sa personnalité et son humour lourd, ce qui, à son sens, relevait du miracle pour une femme. La tentation de se laisser prendre au piège de l'amour pour la seconde fois de sa vie était grande mais sa raison l'était davantage.

-Je suis désolée mais je ne crois pas que cela soit une bonne idée, trancha-t-elle après un temps de réflexion.

-Juste un cinéma et un restaurant, insista Itachi. Si vous acceptez, je jure de vous ficher la paix jusqu'à la fin des temps.

Devant sa ténacité, elle ne put retenir le petit rire qui se bousculait dans sa gorge.

-Hum… c'est un honnête marché, avoua-t-elle.

Itachi s'approcha d'elle, un léger sourire au coin des lèvres, le cœur gonflé d'espoir.

-Et en plus, c'est moi qui paie, en rajouta-t-il.

-Oh dans ce cas, je ferai de mon mieux pour commander ce qu'il y a de plus cher au menu.

-Je suppose que ça veut dire oui ?

-Est-ce que samedi prochain vous conviendrait ?

Surpris par ce revirement de situation, Itachi haussa les sourcils. Il ne comprendrait décidément jamais rien aux femmes et ce malgré les longues années d'expérience amoureuse qu'il traînait derrière lui.

-Vous êtes bien hâtive tout à coup ! s'exclama-t-il, pressée de passer du temps avec ma charmante personne ?

-Pressée d'en finir avec vous, nuance.

Rapidement, ils échangèrent leurs numéros de téléphone et fixèrent une date de rendez-vous avant de se quitter. Avec un léger sourire sur les lèvres, Itachi la regarda s'éloigner vers l'horizon, sans deviner qu'elle aussi souriait.


Musique de Naruto et Sasuke: "Imagine", John Lennon

Musique de groupe: "Anyway you want it", Glee

Coucou tout le monde,

Voici la seconde et dernière partie du chapitre 12, j'espère qu'elle vous a plu =) j'ai pas mal retravaillé la partie entre Sasuke et Mikoto mais malgré tout, je ne suis toujours pas satisfaite. J'espère que vous avez apprécié le duo entre Naruto et Sasuke, depuis le temps que vous l'attendez =) comme vous avez pu le voir, ça se concrétise pour Karin et Itachi, certains avaient déjà compris ce que je comptais faire d'eux =) j'espère que vous avez aimé ce chapitre, en tout cas moi j'ai adoré l'écrire et écrire cette fiction m'a vraiment manqué durant ces dernières semaines d'examens, quel bonheur de la retrouver x) dans le chapitre suivant, un nouveau personnage fera son apparition et il aura son importance pour la suite =) je pense également que dans les chapitres suivants, je parlerai plus du centre IPPJ =)

Réponse aux reviews anonymes:

Réponse à Hikari-chan: Hello =) bingo pour Karin et Itachi mais bon je pense que même avant de lire ma réponse, tu auras compris x) merci beaucoup, je suis heureuse que le chapitre 12 partie 1 t'ai plu, ça m'a prit du temps pour l'écrire =) haha le lemon ne sera pas pour tout de suite mais il y'en aura, ça c'est sûr, on est yaoiste ou on ne l'est pas hein ? x) je sais pas pourquoi j'imaginais bien Ino super stressée comme ça x) je sais pas pourquoi quand j'écris du SasuNaru, je fais un Sasuke seme super pervers et un Naruto uke super romantique, ce que je fais pas spécialement avec le NaruSasu x) faut pas chercher à comprendre ma logique x)

Réponse à Ethrenne: Coucou =) ah oui, pas de chance, j'ai fait exprès de couper à ce moment-là =) j'espère que tu as apprécie cette partie =)

Réponse à Sur un air de musique 4ever: Coucou =) merci beaucoup, je suis contente que cette fic te plaise héhé =) oui j'ai fait exprès de couper à ce moment-ci, c'était prévu dans mes sombres calculs mouhaha x) ah oui et je dois dire que j'adore ton pseudo x)

Réponse à Hitomi-pyon: Hellow =) oh une review bien longue comme j'aime, merci =) oui en fait mon but c'est ça, vous tuer d'attente, j'aime tellement ça x) merci beaucoup =) je ne sais pas, j'aime beaucoup écrire et écrire cette fiction en particulier et je suis toujours heureuse de savoir qu'elle peut plaire à quelques personnes, ça fait plaisir, merci =) mdr je suis un peu comme Ino quand je stresse mais aussi un peu comme Sasuke dans ce chapitre, je maudis tout le monde x) je veux bien me marier avec Gaara, aucun souci x) moi Sakura je ne l'aimais pas dans les Naruto car je trouvais qu'elle était super gamine et chiante, mais dans les Shippuden je la trouve beaucoup mieux et plus forte, même si je n'approuve pas toujours ses actes =) je l'apprécie beaucoup plus maintenant mais elle ne fera jamais partie de mes personnages favoris x) héhé et alors là tu es toujours déçue ? Mikoto est venue =) moi aussi j'ai une petite préférence pour le SasuNaru mais je sais pas pourquoi j'écris plus de NaruSasu o_o enfin moi, tant que le uke n'est pas transformée en Hinata rougissante et bégayante et que le seme n'est pas un monstre de testostérone qui maltraite son uke, ça me va quoi x) ah oui ? =) eh ben je suis flattée alors, j'espère que cette fic te décevra pas dans ce cas x)

Réponse à Erza: Hellow =) pas de problème, c'est gentil d'avoir laissé une review =) je suis contente que tu aimes cette fiction, merci =) j'aime beaucoup Nickelback en fait et comme j'avais donné à Naruto une voix rauque et grave, je trouvais que leurs musiques lui iraient bien =) ah oui je sais que Defying Gravity n'est pas de Lea Michele et que c'est une reprise, je connais aussi Idina car je regarde Glee =) le truc c'est que la version de Defying Gravity que je préfère est celle de Chris Colfer mais comme je la faisait chanter par Sakura, je me disais que ce serait pas le top la voix de Chris x) et comme j'adore Lea Michele, j'ai choisi cette version car je voulais que les lecteurs qui lisent la fic en écoutant les musiques associent la voix de Sakura à celle de Lea Michele =) voilà mon secret x)

Réponse à Mimi-chan: Coucou =) je ne sais pas lol, je pense pas avoir beaucoup de talent personnellement, je pense que mes fics sont basiques mais si elles te plaisent, j'en suis vraiment heureuse héhé =) ah oui ? =) tu t'identifies plus à Sasu alors ? =) ça commence à aller mieux pour lui en tout cas =) moi j'aime tous les bonbons x)

Réponse à Celine: Hellow=) eh ben non x) j'aime trop vous faire attendre x) j'aime beaucoup Defying Gravity aussi et j'imaginais bien Sakura la chanter, je sais pas pourquoi =) j'espère que tu as aimé ce chapitre =)

Réponse à Sasuke22: Kikou =) merci, contente que ça te plaise =)

Réponse à Nero-Mikk: Coucou =) Sasuke ne va pas sortir maintenant du centre, peut-être même qu'il sortira pas du tout, va savoir, ma cruauté est sans limite x)

Merci à tous pour vos reviews et votre fidélité =)

Gros bisous.