Bon, je viens d'avoir pas mal de problèmes/bugs avec le site qui ne voulait pas que je poste quoi que ce soit... C'est d'ailleurs pas la première fois, et je suis perplexe. Mais bon si vous lisez ce chapitre, ça signifie forcément qu'il a passé la barrière^^Pour info, j'ai commencé à batailler pour le publier vers 14h...
Vous allez enfin avoir droit à la traditionnelle scène du bal... Quoique. Nous avons beau être en plein coeur du pays des dramiones guimauvesques, il y a quand même quelques limites, et puis... oh, vous verrez bien^^ Un conseil, cependant; guettez. L'intrigue et l'aventure arrivent à grands pas.
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Rogue s'étant montré intransigeant sur le côté "tenue de soirée obligatoire" du bal, Hermione fut contrainte de farfouiller dans les rayons "couture et mercerie" de la bibliothèque. Heureusement qu'on y trouvait absolument de tout! Elle était parvenue, au terme de quelques heures d'expérimentations, à la confection d'une robe de soirée plus ou moins correcte. C'était une robe d'uniforme déchirée deux mois plus tôt lors d'une chute de balai qui avait servi de base au modèle; elle avait ensuite seulement rajouté quelques voiles par ci par là, égayé les couleurs et évasé les manches. Sachant que Malefoy guetterait le moindre détail de sa tenue dans l'espoir d'y trouver motif à raillerie, elle avait volontairement conservé la profondeur d'origine du décolleté, qui était en réalité nulle.
Non, vraiment, passer la soirée à surveiller une bande d'ados surexcités ne l'enthousiasmait guère. En repensant à l'excitation ressentie pour son premier bal, et aux heures qu'elle avait passées à essayer de fixer ses cheveux, elle se sentait un peu idiote. Cette fois-ci, elle s'était contentée de se démêler les cheveux et de les ramener en chignon toujours un peu désordonné à l'arrière de son crâne. Elle ne tenait pas non plus à ressembler à McGonagall avec un chignon sur la nuque...
Avec un soupir résigné, elle jeta un dernier regard à sa glace avant de descendre dans la Grande Salle. Son reflet lui indiqua clairement qu'elle avait connu des jours meilleurs... Non seulement son manque d'appétit du dernier mois écoulé avait fini par se ressentir sur sa ligne de façon assez disgracieuse, mais en plus son visage était de plus en plus marqué par la fatigue des longues nuits de révisions, et de celles qu'elle passait allongée sur le canapé de la salle commune pour s'être endormie en train de lire - il ne serait jamais venu à l'idée de Malefoy de la réveiller pour l'envoyer dans son lit. Elle avait donc les traits tirés, les clavicules saillantes, les cheveux en bataille, et sa robe ressemblait à celle d'une nonne qui se rendrait à un bal masqué. Non, décidément, elle avait connu des jours meilleurs.
Après un second soupir résigné, elle se décida enfin à sortir de sa chambre, pour attendre Malefoy afin qu'ils descendent ensemble dans la Grande Salle. Aucun d'eux n'avait particulièrement envie de s'y rendre, et ils avaient tacitement reconnu que se soutenir mutuellement pourrait être une bonne idée. Hermione avait décidé de descendre avec une petite heure d'avance afin de repérer les lieux propices aux étreintes prohibées qui nécessitaient une surveillance accrue, et cria à Malefoy de se dépêcher, ce à quoi il répondit par une formule qu'il n'aurait certainement pas répété si sa mère s'était trouvée près de lui. Hermione haussa les épaules, avant de lui lancer qu'elle descendrait sans lui, ce à quoi il répondit avec mauvaise grâce qu'il arrivait tout de suite.
Dix minutes plus tard, le Serpentard sortait majestueusement de sa chambre, vêtu d'un costume de soirée impeccable et terriblement bien coupé. Il avait apporté un soin tout particulier à sa coiffure, et semblait immensément satisfait de sa performance vestimentaire. Ce fut alors qu'il posa les yeux sur sa collègue préfète en chef, écarquilla les yeux et faillit se décrocher la mâchoire.
- Granger, dis-moi que je rêve! tu ne vas pas te rendre au bal de l'école habillée comme ça, tu ressembles à un sac!
Hermione, vexée, rougit légèrement avant de répliquer:
- La tenue de soirée est obligatoire, non? j'ai fait comme j'ai pu.
- Oh non, balbutia le jeune homme, tu peux faire mieux que ça. Non, sérieusement, Granger, quand je t'ai vu potasser ces livres de couture, j'ai cru que tu réussirais à faire quelque chose d'au moins... potable! Là, j'avoue, j'ai rarement... En fait, je n'ai jamais vu de robe aussi hideuse. Je suis désolé, mais il est hors de question que tu paraisses au bal en même temps que moi. Nous sommes préfets en chef, Granger, on est censé conserver un minimum d'honneur et de prestance, bon sang!
- Je voudrais bien savoir comment tu comptes t'y prendre, étant donné que le bal en question commence dans cinquante minutes... sarcasma Hermione.
Draco la regarda droit dans les yeux, soupira puis lui saisit le poignet et commença à la tirer vers la sortie. La jeune fille se débattit avec rage et force de cris. Malefoy se retourna, et s'écria:
- Granger, tu ressembles à une bouse de dragon, d'accord? Je vais passer la soirée à côté de toi à surveiller ces mômes, et je n'ai pas envie de ressembler, par association, à une bouse de dragon, vu? Alors tu te tais, et tu me suis à la Salle sur Demande, là où je me cachais l'année dernière. Si on demande la salle pour cacher des objets, on devrait forcément y trouver une vieille robe qui traîne quelque part...
Ils atteignirent la Salle sur Demande en cinq minutes, y pénétrèrent au bout de deux minutes, et ce fut seulement au terme de dix autres interminables minutes que Draco s'écria soudain:
- Victoire!
- Comment ça? Tu as trouvé une robe? s'enquit Hermione qui commençait à s'inquiéter de l'heure qui tournait.
- Exactement! bon, c'est un peu vieillot, ça paie pas de mine et il va falloir utiliser un bon sort de nettoyage, mais cette robe doit être à peu près à ta taille et elle est, disons, sortable. Ca n'est pas le moment de faire la difficile, Granger...
La jeune fille lâcha une exclamation dédaigneuse.
- Je ne suis pas celle qui fait la difficile, Malefoy! Tu es sûr de vouloir performer ces sorts de nettoyage?
Mais le Serpentard était déjà lancé et grommelait des sorts plus compliqués les uns que les autres. Hermione en déduisit que le manoir Malefoy ne devait pas être d'une hygiène exemplaire... Mais le jeune homme se redressa bientôt en brandissant victorieusement une robe bleu ciel satinée qu'il lança à sa collègue.
- Mets-la, ordonna-t-il.
- Hein, tout de suite? devant toi? s'étonna Hermione.
- Evidemment, tout de suite! Comme si on avait encore du temps devant nous, enfin, Granger, réfléchis!
- Très bien, retourne-toi le temps que je l'enfile, alors, décréta la jeune fille qui n'était pas très emballée à l'idée de se retrouver en sous vêtements devant Malefoy.
- Oh, Granger, je t'en prie. Ne fais pas ta chochotte; je sais très bien à quoi tu ressembles sous tes vêtements, alors enfile cette robe et ne te fais pas plus agaçante qu'un Scroutt à pétard, veux-tu?
- Techniquement, objecta Hermione, tu ne sais pas à quoi je ressemble en sous-vêtements. Alors va te faire cuire une bouse de dragon Malefoy, et retourne-toi!
En râlant, le Serpentard s'exécuta, se demandant tout de même s'il ne pourrait pas jeter un coup d'oeil par dessus son épaule pour se rincer un peu l'oeil. Après tout, c'était son droit le plus strict, puisque c'était grâce à lui que Granger ne ressemblerait pas à une harpie et que de toute façon, il l'avait déjà vue nue. Prudemment, il risqua un coup d'oeil derrière lui, aussitôt réprimandé par un cri aigü. Agacé, il se résigna à fixer le mur jusqu'à ce que la jeune fille lui dise de se retourner à nouveau. Il s'exécuta, et la jaugea de la tête au pieds pour juger sa tenue.
La robe était faite de satin bleu ciel aux doux reflets, avec une jupe longue, ample et volumineuse; le corsage était serré, lacé sur le devant, avec un décolleté légèrement plongeant qui restait décent. Les manches étaient longues et évasées, d'un tissu un peu plus foncé que le reste de la robe. Arrivé au terme de son examen, Draco haussa les épaules.
- Bon, ça n'est pas si mal. Le bleu ne te va pas du tout, mais ç'aurait pu être pire, et on a déjà de la chance d'avoir trouvé cette robe, c'est juste ta taille. Pour ta coiffure, ça ne ressemble toujours à rien, mais on n'a plus le temps de s'occuper de ça; tant pis, ça fera.
- Ton enthousiasme fait plaisir à voir! remarqua sarcastiquement Hermione. J'avais espéré qu'avec les montagnes de jupons qui étouffent mes jambes sous cette jupe, tu aurais au moins pu te fendre d'un compliment!
- J'ai dit que c'était ta taille, c'est un compliment, non? Bon allez, accélère, on va être en retard.
Se demandant sérieusement en quoi remarquer que la robe était à la bonne taille pouvait être un compliment, Hermione emboîta le pas au Serpentard: il avait raison au moins sur un point, s'ils ne se dépêchaient pas, ils allaient arriver en retard. Elle jeta un dernier regard sur la pièce remplie d'objets de bric et de broc, et remarqua une tiare particulièrement jolie dont les pierres précieuses d'un joli bleu iraient parfaitement avec sa robe. Demandant à Malefoy de patienter encore une seconde, elle escalada un monceau d'objets hétéroclites pour atteindre le diadème juché sur la tête d'un buste en pierre, et le posa sur ses cheveux. Répondant d'un haussement d'épaule aux yeux levés au ciel de Draco, elle le rejoignit en quelques petits bonds et ils sortirent de la Salle sur Demande, se dépêchant de gagner la Grande Salle.
- Bon, tu crois qu'on a tout répertorié? s'enquit Draco après une vingtaine de minutes de recherches dans la Grande Salle et ses environs proches.
- Oh, je suppose que oui, répondit Hermione. De toute façon, on n'est pas censé étendre notre surveillance à plus couloirs de distance de la Grande Salle, non? Alors je ne vois aucun autre endroit propice aux tripotages adolescents qu'on n'aurait pas remarqué.
- Tant mieux, parce que ça commence dans deux minutes. Tiens, regarde, la vieille toupie s'avance pour nous expliquer toutes les corvées qu'on va devoir accomplir...
Hermione flanqua un coup de coude au Serpentard et se tourna, tout sourire, vers MacGonagall.
- Professeur! justement, nous vous cherchions.
- Très bien. Miss Granger, Monsieur Malefoy, je suppose que vous savez ce que vous avez à faire? Ouvrir le bal avec vos cavaliers, puis tâcher de garder un oeil sur les élèves... Les tâches habituelles des préfets en chef, somme toute, conclut la vieille femme qui semblait avoir fort à faire ailleurs.
Hermione et Draco échangèrent un regard surpris, puis Hermione fit prestement taire Draco qui s'apprêtait à faire savoir ce qu'il pensait des "tâches habituelles des préfets en chef" pour préciser:
- Professeur... Nous préférerions ne pas danser. A vrai dire, nous n'avions même pas cherché de cavalier.
- Je vous en prie, je sais bien que Miss Parkinson et Monsieur Weasley sont absents mais enfin, vous pourriez faire un effort pour faciliter le travail des professeurs...
- Je vous demande pardon, mais en quoi notre ouverture du bal pourrait-elle faciliter votre travail? aboya quasiment Malefoy.
- Monsieur Malefoy, vous apprendrez qu'à Poudlard, les préfets en chef ont toujours ouvert les bals de Noël lorsque l'année n'était pas celle d'un Tournoi des Trois Sorciers, et que pour le moment, personne n'a prévu de changer cette habitude. Et surtout pas vous. Alors débrouillez-vous, attrappez un ami dans la foule si vous voulez, mais trouvez-vous chacun un partenaire pour le bal qui commence dans deux minutes!
Les yeux d'Hermione se firent catastrophés, tandis que ceux de Malefoy se faisaient rageurs.
- Professeur, s'écria-t-il, tout le monde est parti en vacances, et tout ce que nous souhaitons faire, c'est passer la soirée dans notre chambre à réviser pour nos ASPICS. Alors j'accepte de surveiller les élèves qui vont se bécoter dans des coins sombres ou qui essaient de faire passer des fioles de whisky coupé au jus de citrouille sous les tables, mais pour ce qui est de danser, le bal se fera sans moi!
Mais McGonagall ne semblait pas de cet avis.
- Mon petit, je doute que vous mettiez autant de coeur dans vos révisions que votre collègue, qui, elle, a certainement très envie de retourner travailler, sussura-t-elle, mais votre insigne de préfet en chef ne vous est pas imposée, et vous êtes libre de la rendre si le travail que l'on vous confie ne vous convient pas.
Estomaqué, Malefoy s'enferma dans un mutisme forcé.
- Bien, continua le professeur. Maintenant que ce point est éclairci, permettez-moi de vous suggérer de danser ensemble la danse d'ouverture, puis de vous éclipser discrètement; la tradition serait respectée, et vous n'auriez pas à danser pendant toute la soirée. Cela vous évite également d'avoir à chercher un cavalier. Je dois filer, les enfants, le professeur Rogue attend visiblement que j'ai pris place pour entamer le bal; prenez vite votre décision.
Hermione et Draco échangèrent un regard paniqué. Dans celui de Draco, on pouvait lire une rage extrême et une terrible envie de tout envoyer paître, mais le regard d'Hermione exprimait tout autre chose.
- Malefoy, si je perds mon insigne à cause de toi, je te tue!
Et elle saisit le poignet du Serpentard qu'elle traîna presque jusqu'à la piste de danse, au moment exact où les lumières s'allumaient et où Rogue lâchait quelques mots complètement dépourvus d'enthousiasme pour marquer le début du bal. Seuls, sur la piste, attendant la musique, Draco et Hermione se jetaient mutuellement des regards féroces, jusqu'à ce que Draco chuchote:
- Je te signale que ça n'est pas ma faute si tu as négligé de te chercher un cavalier!
Mais la musique se mit en marche, et ils n'eurent d'autre choix que de rester silencieux, ne pouvant plus s'entendre. Hermione se concentra donc sur la danse, heureusement une simple valse, histoire de ne pas faire de noeuds avec ses jambes. Heureusement, Malefoy était plutot un bon danseur, et la guidait relativement bien, lui évitant plus d'une fois des faux pas qui auraient pu la couvrir de ridicule. Prudemment, elle maintenant une distance raisonnable d'une vingtaine de centimètres entre leurs deux corps; les mains puissantes de Malefoy sur sa taille suffisaient largement, sans qu'il ait en plus le nez plongé dans son décolleté. Elle avait déjà le visage à la hauteur du menton de son cavalier, et pouvait sentir l'odeur douce et fraîche de son eau de toilette. Quelle idée pour un garçon d'utiliser de l'eau de toilettes! Elle-même ne mettait de parfum que dans les très grandes occasions. Mais la peau diaphane du cou de Malefoy, juste sous ses yeux, semblait terriblement douce...
Il était hors de question qu'elle laisse ses pensées vagabonder alors que tous les élèves présents avaient les yeux fixés sur eux. Déjà, personne ne semblait avoir compris qu'ils dansaient ensemble contraints et forcés, et non pas par agrément; tous les fixaient d'un air abasourdi, comme si la vision d'un Serpentard dansant avec une Gryffondor les tétanisait. Hermione luttait contre son envie de fermer ses yeux pour attendre la fin de la chanson, qui lui sembla durer des heures. Enfin, les derniers accords se firent entendre, et elle put pousser Malfoy loin d'elle alors que McGonagall, plus sympathique que quelques minutes auparavant, demandait aux élèves d'applaudir les deux préfets qui avaient consenti à danser ensemble alors qu'ils n'en avaient tout d'abord aucune envie.
Hermione se précipita immédiatement dans le couloir qu'elle avait prévu de surveiller, de commun accord avec Malefoy. Tapie dans l'ombre, elle attendit qu'un éventuel couple en manque de sensations fortes fasse son apparition, et elle ne fut pas déçue; moins d'une minute plus tard, elle vit débarquer une petite Gryffondor cramponnée au bras d'un Serdaigle un peu plus âgé, et ils se dépêchèrent de se dissimuler dans un coin d'ombre pour faire Merlin sait quoi. Hermione sortir presque immédiatement de son propre coin d'ombre pour leur suggérer aimablement de regagner la Grande Salle. Les amoureux sursautèrent, et le Serdaigle partit sans demander son reste, ce qui ne fut pas le cas de la petite Gryffondor, qui devait être en troisième année et retint son amoureux par la manche.
- Eh bien, lui demanda Hermione, tu ne vas pas à la fête, comme tout le monde?
- Dis-donc, s'écria la petite, ça te va bien de donner des leçons!
Le sang d'Hermione ne fit qu'un tour.
- Je te ferais remarquer que même si mon insigne n'est pas de sortie, je suis toujours préfète en chef et que de plus je suis en train de faire mon travail! siffla-t-elle. Et tu devrais savoir que même si ça me crève le coeur, je retire tout de même des points à Gryffondor lorsque c'est nécessaire. Alors retourne danser dans la Grande Salle, tu veux bien?
Le garçon de Serdaigle, visualisant la perte de points comme une épée de Damoclès au dessus de sa tête, tenta à nouveau d'entraîner sa petite amie vers la Grande Salle, mais peine perdue. Elle décocha à Hermione un regard lourd de sous entendus qu'elle exprima presque immédiatement:
- Je trouve ça un peu gonflé de nous empêcher de nous embrasser, de la part d'une fille qui utilise les appart's privés des préfets pour coucher avec son collègue!
Si Hermione n'avait pas possédé un self-control absolument extraordinaire, la claque serait partie immédiatement. Plutôt que de se laisser aller à la colère, Hermione déclara froidement:
- J'enlève cinq points à Gryffondor. Et pour ta gouverne, sache que les gens majeurs qui dansent ensemble à une seule occasion n'ont pas forcément de relations sexuelles. Allez, va-t-en avant que j'en réfère au professeur McGonagall.
Mais la petite ne semblait pas intimidée pour autant. Au moment même, Hermione entendit Malefoy s'engouffrer dans le couloir en l'appelant, lorsque la petite s'écriait:
- Je ne me fais pas d'idées, c'est Lavande qui a dit ça dans la salle commune tout à l'heure!
Malefoy, remarquant le teint livide d'Hermione et entendant les dernières paroles de la préadolescente agita sa baguette avec négligeance.
- Oulà, des gamins qui viennent se bécoter dans les couloirs! lança-t-il d'un air mauvais. Dis-donc, toi, t'es pas un peu vieux pour une petite fille comme ça? demanda-t-il au Serdaigle. A ta place je ne me montrerais pas trop en sa compagnie. Vous avez eu de la chance de tomber sur Granger, c'est une préfète en chef intègre, elle... Par contre si vous voulez jouer au plus malin avec moi, je peux vous promettre que vous ne gagnerez pas! C'est clair? Alors allez vous bécoter ailleurs, mais pas dans notre secteur. Allez zou, du balai, chiures de Scroutt!
Cette fois, le Serdaigle ne se le fit pas dire deux fois et entraîna de force sa petite amie vers une aile plus reculée du château. Malefoy suivit leur fuite d'un éclat de rire, puis se tourna vers Hermione. Elle avait l'air bouleversée.
- Quoi, qu'est-ce qui se passe? tu as du mal à te faire respecter, et tu le vis mal?
- Non Malefoy, ça n'est pas ça... murmura-t-elle. Mais selon cette gamine, Lavande Brown se fait un plaisir de raconter à tort et à travers tout ce qu'elle sait sur... Enfin, tu vois de quoi je veux parler.
Mais à la grande surprise d'Hermione, Malefoy ne traita pas ses inquiétudes avec dédain, ou peur pour sa réputation. Au contraire, il lui saisit l'épaule et l'attira tout contre lui. Elle sentait encore mieux l'odeur de son eau de toilette, et le noeud papillon lui chatouillait le nez.
- Allez, Granger, ne t'inquiète pas, va. De toute façon, qui irait croire un truc pareil?
Elle leva les yeux vers lui pour avoir confirmation de ce qu'elle avait cru comprendre. Un pâle sourire lui barrait le visage. Oui, Draco Malefoy était en train de plaisanter! Stupéfaite, elle ne put que lui rendre timidement son sourire, et il l'entoura d'une étreinte qui devait se vouloir protectrice dans la forme, mais surtout tentatrice dans le fond. Il ne put s'empêcher d'ajouter:
- Je le savais bien qu'il allait falloir trouver un moyen de lui faire amèrement regretter d'avoir une langue trop bien pendue, à celle-là, murmura-t-il. Ca lui apprendrait à nous mener la vie dure...
- Malefoy! tu es préfet en chef! s'indigna Hermione.
- Et alors? pas vu pas pris.
Elle haussa les épaules.
- Boh, de toute façon, je crois que les problèmes ne viennent pas tous d'elle...
- Tu as tout à fait raison! s'écria Malefoy. Voilà pourquoi, dès la rentrée, il va falloir lancer un plan d'extermination pour se débarrasser de tous les impudents qui osent nous pourrir la vie, j'ai nommé tous les Ron-Ron, Lav-Lav et autres Pan-Pan de la création!
Hermione éclata de rire et lui donna une bourrade en se dégageant de ses bras.
- Hé! Laisse Ron tranquille. Après tout, c'est surtout la victime, dans l'histoire, marmonna Hermione.
- Weasmoche, victime? Excuse-moi, mais celui qui sort avec la fille à qui il fait les yeux doux depuis la première année, et qui ne lui lâche pas un regard et évite autant que possible de la toucher, je n'appelle pas ça une victime, déclara Malefoy. Je pense que "crétin" serait un meilleur qualificatif.
Hermione secoua la tête avec un petit sourire, son dos appuyé contre le mur de pierre. Elle laissa ses pensées vagabonder quelques secondes, puis demanda:
- On retourne surveiller les élèves, maintenant?
Mais à sa grande surprise, Malefoy se pencha sur elle, posant ses mains à plat sur le mur de façon à l'encercler. Elle eut soudain la désagréable impression d'être prise au piège, spécialement lorsque Malefoy se pencha sensuellement vers elle et murmura au creux de son oreille:
- C'est pas exactement comme ça que je voyais les choses, Granger... Non, pour la suite j'aurais plutôt préféré quelque chose comme: toi et moi, maintenant, dans ce couloir, sauvagement...
Hermione frissonna et le repoussa violemment. Il tomba à la renverse alors qu'il criait presque, avec indignation:
- Malefoy!!!
Mais il était resté au sol, secoué de petits spasmes. Inquiète, elle se pencha vers lui, redoutant qu'il se soit heurté dans sa chute. Mais il se releva bien vite, et elle constata que sa légère inertie n'était nullement dûe à un choc provoqué par sa chute: non, Malefoy était tout simplement mort de rire. Vexée, elle lui décocha un léger coup de pied.
- Ce n'est pas drôle! s'écria-t-elle. Pas drôle du tout!
- Oh, Granger, je t'assure, si tu avais vu ta tête tu ne dirais pas ça! Oh, Merlin, les yeux que tu as ouverts!
- Idiot!
Ils restèrent dans le couloir quelques instants encore, attendant que le fou rire de Malefoy s'en aille, puis il déclara:
- Allez, Granger, ne t'inquiète pas. On y retourne, surveiller ces sales mômes, ils ne risquent pas le coma éthylique tant qu'on est dans les parages!
- Contente de voir que tu te ranges enfin du côté de la raison, remarqua sarcastiquement Hermione.
- Dis, Granger... Tu ne rigoles donc jamais?
- Seulement quand j'en ai envie. Et précisément maintenant, je n'en ai pas envie. Vu?
Il haussa les épaules, et tous deux se dirigèrent vers la Grande Salle. Hermione, quant à elle, commençait à se dire que ce bal était plutôt une bonne chose: pour la première fois depuis longtemps, elle venait de passer un bon moment sans penser à Ron ni à leur rupture, et elle s'était sentie à l'aise en présence de Malefoy. En plus, elle était maintenant en possession d'une robe de bal et d'un diadième tout à fait charmant, dont l'intérieur était gravé de runes anciennes et comportait certainement d'importants sortilèges qu'elle pourrait étudier à loisir, et, qui sait, peut-être activer également...
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Alors, ce chapitre de bal? Qu'est-ce que vous en avez pensé?
Techniquement, il y a un détail que vous n'avez pas pu manquer (ou alors vous étiez trop occupés à vous demander si y'avait pas des détails annonçant un lemon - faites pas les innocents, je suis sûre qu'il y en a qui ont tiqué quand Hermione a enfilé sa belle robe) ou si vous l'avez manqué, vous le retrouverez plus tard. D'ailleurs, prenez note: c'est dans ce chapitre que se trouve le premier détail "évident" pour le reste... Mais il y en avait plein avant. Haha. Vous avez le droit de vous mettre à leur recherche^^ Et dépêchez-vous, parce que le quinzième chapitre s'apellera "Lorsque la réalité les rattrappe".
