Le lendemain, Neji se réveilla et entreprit de se préparer. Le maître d'arme allait bientôt arriver pour sa leçon d'escrime. Il se devait de prendre un bon petit-déjeuner afin d'avoir assez de force pour parer les attaques de son instructeur. Ce dernier, ancien gladiateur affranchi, n'était pas tendre mais juste. Ce dernier était fier de son élève et de son évolution. Il remerciait tous les jours le dieu Minato pour lui avoir permis de trouver cette place au sein de l'une des plus grandes familles nobles de Rome mais surtout d'avoir à former un garçon aussi talentueux. Neji aimait beaucoup ces exercices physiques, surtout en ce moment, car cela lui permettait de se vider l'esprit et d'oublier un temps ses soucis.

Après avoir pris son repas au sein de sa chambre, ne supportant plus la cohue de la salle à manger, il entreprit de se rendre aux appartements de Hiashi afin de le saluer comme tous les matins. Arrivé à destination, il toqua à la porte de son bureau mais il n'entendit aucune invitation à rentrer. Son père adoptif n'était pas présent. Neji conclue qu'il devait sûrement être auprès de sa tante. Il se dirigea donc vers la chambre. Après avoir de nouveau signalé sa présence et entendu une voix l'invitant à entrer, il le trouva effectivement entrain d'observer sa petite fille dormir alors que son épouse se reposait encore.

"- Bonjour, père. Je suis venue vous saluer avant de partir à ma leçon.

- Bonjour, Neji. Je te remercie de ta diligence. Si tu le souhaites, tu peux prendre une journée de repos. Je trouve que tu te surmènes en ce moment.

- Je vous remercie de votre sollicitude, père mais je préfère continuer comme cela.

- Bien, si c'est que tu veux. Cependant, j'aimerai que tu prennes une pause ce midi pour que nous déjeunions ensemble, le pria Hiashi

- Pardonnez-moi, mais je ne voudrais pas prendre mon repas au milieu du monde. J'ai encore un peu de mal à faire face aux regards des autres personnes depuis le décès de mère.

-... Je comprends. Cependant, je trouve que tu es trop solitaire. Je veux donc que ce midi, tu viennes manger avec Hitomi et moi. Je ne souffrirai aucune objection, cette fois. N'oublie pas que nous sommes ta famille.

- Bien, si c'est votre souhait, je m'incline." Salua Neji avant de partir.

Le chef de famille le regarda franchir la porte. Il avait peut-être été trop direct mais depuis des semaines, Neji s'isolait et ce n'était pas sain pour lui. De plus, il voulait qu'il renoue un lien avec Hitomi et peut-être en créer un avec Hinata. En pensant à elle, il se tourna vers le berceau et sourit timidement. Soudain, la petite fille grimaça lui signalant son intention de pleurer. Il se pencha et la prit dans ses bras pour l'amener à son épouse. Il semblerait qu'elle réclamait le lait nourricier. Hiashi réveilla doucement son aimée et lui confia le bébé.

Hitomi sourit et découvrant un sein, entreprit de nourrir Hinata. C'était un moment merveilleux pour elle de sentir son enfant tété. Il existait une certaine connexion avec sa fille, surtout quand cette dernière la regardait de ses yeux blancs violacés grands ouverts alors qu'elle avait un mamelon en bouche. Il n'existait qu'elles deux à ce moment-là. Un spectateur aurait pu voir tout l'amour que la mère et la fille partageaient déjà. Son époux la prévint que Neji mangerait avec eux dans l'intimité. Elle en fut heureuse et se promit de tout faire pour le mettre à l'aise et lui montrer son attachement. Laissant son épouse à son allaitement, Hiashi partit à son bureau. Il avait des choses à organiser comme une réunion de toute la famille pour leur annoncer officiellement la naissance d'Hinata.

Ainsi vers le milieu de la matinée, la grande salle d'honneur des Hyuga était noire de monde attendant l'annonce de leur chef. Beaucoup de monde remarqua l'absence d'Hitomi alors que Neji était présent sous demande de son père adoptif. Il n'avait pas eu besoin d'insister car le jeune garçon avait jugé qu'il se devait d'y être. D'autant plus que voulant tenir sa résolution de la veille, il ne pouvait plus se dérober aux manifestations officielles. Certains anciens du conseil le saluèrent. Le jeune garçon leur rendit leur salutation en constatant qu'ils faisaient parti de ceux dont il avait involontairement espionné la conversation. Hiashi se leva de son fauteuil et déclara :

"- Ma chère famille, j'ai à vous annoncer qu'hier matin, à l'aurore, Hitomi a donné naissance à une petite fille que nous avons nommée Hinata.

- Je pense que je peux parler au nom de chaque membre ici présent en vous présentant toutes nos félicitations ainsi qu'à ma bru, déclara le patriarche.

- Je vous remercie père. Je voudrai rassembler cette après-midi le conseil de famille afin d'organiser des processions et des sacrifices pour remercier les Dieux de cette naissance.

- Même pour une fille, ce n'est pas vraiment la coutume, défia un des anciens.

- Sachez que le sexe de l'enfant m'importe peu. Je veux remercier les Dieux pour m'avoir donné une descendance en bonne santé et d'avoir gardé mon épouse en vie malgré l'épreuve de la naissance. Répliqua Hiashi avec un ton froid montrant à l'ancien qu'il ne laissera personne aller à l'encontre de sa décision. A moins que vous considériez que les femmes ne méritent pas notre respect pour nous mettre tous au monde, risquant leur vie pour cela.

- Vous avez parfaitement raison mon fils, appuya sa mère ainsi que toutes les femmes de l'assemblée.

- D'ailleurs, je profite pour vous annoncer à tous qu'à partir de ce jour, toutes les naissances seront célébrées quelque soit le sexe de l'enfant et si c'est le souhait de ses parents.

- Mais, Hiashi, nous devons en discuter en conseil. Vous ne pouvez pas décider de cela seul. Essaya d'argumenter un autre ancien, réfractaire aux changements des traditions.

- Et pourquoi ? Je suis le chef de famille. C'est à moi que le destin a octroyé la responsabilité de notre avenir. Nous ne pouvons pas rester enfermer dans des coutumes archaïques qui risquent de nous ronger de l'intérieur et ...

- Mais le conseil... tenta de le couper l'ancien mais Hiashi ne lui en laissa pas le temps.

- Le conseil n'est là que pour m'apporter un éclairage et m'aider à prendre des décisions et non pour m'ordonner quoi que ce soit. Si cela ne convient pas à certains de ses membres qu'ils cèdent leur place.

- ...

- ... Non personne ?... Bien, alors continuons...

- Hiashi, pardonnez-moi cette question mais quand est-il de l'héritier ? Les Dieux vous ont accordé une fille donc elle ne pourra pas hériter, demanda son père qui voyait que tout le monde se questionnait sans oser l'interroger de peur de renforcer son courroux déjà présent.

- Une fille m'a été donnée en effet prouvant à tous qu'Hitomi peut porter en son sein la vie. Si les Dieux le veulent, un autre enfant verra le jour et peut-être qu'ils m'apporteront un deuxième fils, répondit le chef de famille.

- Un deuxième fils ? S'étonna un Hyuga.

- Oui. Affirma avec force Hiashi. Auriez-vous oublié que j'ai adopté Neji et qu'à ce sujet, il est mon fils au même niveau qu'Hinata est ma fille ? Pour moi, ils sont du même sang. Je ne compte pas le renier sous prétexte que maintenant mon épouse et moi avons une descendance. Néanmoins, au vu des circonstances, de la situation et en absence d'héritier mâle direct, Neji reste à ce titre l'héritier potentiel de la famille Hyuga."

Après cette déclaration et constatant que personne ne voulait la contester, Hiashi invita l'assemblée à se disperser pour que chacun puisse vaquer à leur tâche quotidienne. Il précisa tout de même qu'il attendait les membres du conseil l'après-midi même pour organiser les festivités. Il fit signe ensuite à Neji, l'invitant à se lever et à le suivre car il était presque midi sur le cadran solaire. Il était temps de rejoindre Hitomi pour déjeuner. Son père et sa mère demanda à les accompagner afin qu'ils puissent voir leur petite-fille. Le nouveau père accepta et les invita même à partager leur repas. Le petit groupe quitta la grande salle laissant les autres Huyga discourirent entre eux de cette réunion familiale.

Toutes les femmes étaient heureuses qu'enfin on reconnaisse leur effort et le risque qu'elles prenaient à chaque naissance. Elles étaient fières d'avoir pour chef un homme qui les respectait. Elles envisagèrent d'aller trouver Hitomi pour lui rendre grâce d'avoir soufflé cela à son époux. Pour elles, cela ne venait que de l'aimée de Hiashi ou du moins de son influence sur lui. A leur grand étonnement, beaucoup de leurs compagnons les soutenaient. En effet, un certain nombre d'entre eux avait perdu soit une épouse, soit une mère ou soit une soeur dans cette épreuve qu'est l'enfantement.

En ce qui concerne la venue au monde d'Hinata, la majorité était heureuse pour le couple car Hitomi était aimée pour sa gentillesse et sa délicatesse. Les Hyuga espéraient la venue dans les prochaines années d'un héritier mâle. Pour Neji, c'était plutôt mitigé mais c'était purement politique car sur le plan affectif, tous le plaignaient d'être orphelin et se réjouissaient qu'il puisse trouver une stabilité dans la famille.

La décision de Hiashi de garder son fils adoptif dans la course à la succession arrangeait certains membres qui avaient envisagé une alliance nuptiale. D'autres étaient indifférents car ils n'aspiraient qu'à une vie tranquille et à la prospérité de la famille. La politique ne les intéressait pas et priait pour qu'un conflit n'atteigne jamais le sein de leur demeure. Le dernier tiers ne semblait pas vraiment satisfait car n'ayant que des garçons à marier, ils auraient bien songé à les marier à Hinata pour accéder au pouvoir à travers elle. Mais bon, être le beau-frère du futur chef de famille était déjà un grand pas donc tout était encore envisageable.

Au final, tous trouvaient leur compte sauf une poignée d'anciens du conseil qui n'aimaient pas les changements que voulait apporter Hiashi. Certains envisageaient même de céder leur place à des plus jeunes. Ceux-ci ne songeaient qu'au bien-être de la famille. Malheureusement, pousser par leur orgueil, une minorité d'entre eux ne céderait jamais leur siège.

Du côté de Hiashi, le petit groupe arriva à la salle à manger privée du couple. Les grand-parents allèrent voir leur petite fille sous le regard attendri d'Hitomi qui reçut humblement leurs félicitations. Sa belle-mère lui fit part de la décision de son fils de célébrer la naissance d'Hinata comme il se doit et de promouvoir cet acte à toutes les naissances. Bien que surprise, la mère du nouveau-né remercia son époux pour son geste. Neji restait en retrait malgré les sollicitations de sa tante. Il avait encore du mal à voir Hinata. Le fait qu'elle porte le même prénom que sa mère le gênait. Il avait l'impression que Hiashi et Hitomi voulaient la remplacer par leur fille au sein de la maison. Il avait peur que les Hyuga se souviennent que de sa cousine au détriment d'Hina. La tristesse ne lui permettait pas de voir le vrai objectif des parents d'Hinata dans ce choix : honorer la mémoire de la disparue et qu'elle reste graver dans leur coeur.

Le repas leur fut servi et les discussions entre les deux couples furent des plus distrayantes et chaleureuses avec les anecdotes de la mère de Hiashi sur l'enfance de celui-ci. Plus d'une fois, Hitomi essaya de faire participer son neveu mais en vain. Il restait comme déconnecter, hors du monde. Lorsqu'elle voulait lui prendre la main ou le serrer dans ses bras, il se dérobait à chaque fois, la blessant un peu plus à chaque fois. Cependant, elle n'abandonnerait pas. Elle voulait absolument lui prouver qu'il comptait pour elle au même titre qu'Hinata. Elle se montrera patience et présente pour lui. Elle essaiera encore et encore jusqu'à faire fondre la glace qui semblait lui entourer le coeur. A la fin du repas, alors que les grand-parents retournèrent dans leur propre appartement et qu'Hitomi s'occupait de leur fille dans la pièce à côté, Hiashi demanda à Neji :

"- Tu es resté silencieux et absent durant le repas.

-...

- Neji, mon but n'était pas de te forcer la main mais de te faire comprendre que tu fais parti intégrant de notre famille et que tu comptes pour Hitomi et moi. Ton comportement nous blesse alors que nous souhaitons juste t'aider. Le comprends-tu ?

- ... Je comprends... En fait, je réfléchissais à ce que vous m'avez dit ce matin et à votre intervention de tout à l'heure, répondit le concerné.

- A quoi cela t'a conduit ?

- Je ne sais pas vraiment encore... J'ai besoin de penser à tout ça au calme, à tête reposée... Veuillez m'en excuser. Hésita Neji.

- Je comprends mon garçon. Prends tout ton temps mais fait le bon choix. Ne laisse pas le désespoir gagner ton coeur et n'oublie pas que tu peux compter sur Hitomi et sur moi. Tu n'es pas seul.

- Merci, père. Si vous le permettez, j'aimerai prendre congé pour aller me reposer avant de reprendre mes cours.

- Bien sûr, va mon fils," conclue Hiashi.

Il laissa donc Neji gagner ses appartements. Le repas et son entrevue avec lui n'avaient pas porté ses fruits mais il ne devait pas lâcher le morceau. Il voulait faire sortir son neveu-fils de cette spirale d'insensibilité et de froideur. Enfin, il avait encore des choses à faire, à organiser. Il salua sa femme et sa fille et repartit dans son bureau pour se préparer à la réunion du conseil qui allait commencer dans quelques minutes. Après cette dernière qui se déroula sans heurt, la soirée déjà bien avancée, le chef de famille se dirigea vers la salle commune des esclaves où il les avait convoqués. Arrivé devant eux, il prit la parole, s'adressant en particulier au goûteur et au garde du corps d'Hitomi.

"- Je vous ai réuni car comme vous le savez sans doute, dame Hitomi a accouché hier. Je voudrai remercier pour leur aide, les deux volontaires qui ont participé à la protection de mon épouse... Pour cela, et en l'honneur de la naissance de ma fille comme le veut la coutume, j'ai pris la décision de les affranchir ainsi que leurs épouses, et leurs enfants.

- Maître, au nom de mon fils et de moi-même, nous vous en remercions. Cependant, pour ma part, j'aimerai refuser cette offre et la laisser à quelqu'un d'autre. Intervint l'ancien goûteur.

- Pourquoi ?

- Ma femme et moi sommes trop vieux pour envisager une nouvelle vie et partir à l'aventure, même si c'est pour ne plus être esclave. Vous nous traitez avec respect et dignité. Je préfère finir mes jours ici, à votre service.

- Je vois, et à qui voulez-vous que j'accorde cette faveur ? Demanda intrigué Hiashi.

- Maître, vous avez offert d'affranchir ma fille pour me remercier de mon service auprès de dame Hitomi. Alors...

Le vieil homme se dirigea vers une jeune femme qu'il poussa devant l'assemblée puis vers un jeune esclave âgé d'une vingtaine d'année, le prit par le bras et l'avança à côté d'elle, en face de Hiashi. Il prit ensuite une main à chacun et les mit l'une sur l'autre avant de reprendre la parole.

- Ma fille, je sais que tu aimes cet homme et que tu serais prête à rester esclave pour être avec lui jusqu'à la mort. Cependant, je veux te voir libre... Jeune homme, je connais tes sentiments pour ma fille et je suis près à te céder l'offre de notre maître mais à la seule condition que tu l'épouses, que tu la protèges et que tu lui donnes une belle vie.

- Père... pleura joyeuse sa fille.

- Monsieur, si le maître y consent, c'est le plus cher de mes désirs que d'épouser mon aimée, prononça le nouvel fiancé.

- Bien... Maître, accordez à mon futur gendre l'affranchissement que vous vouliez me donner. Pria le vieux goûteur.

-... Bien qu'il en soit ainsi. Je vais même aller plus loin. En guise de cadeau de noce, jeunes gens, je vais vous octroyer la mission de cultiver une parcelle des terres Hyuga. Un de mes cultivateurs vient de mourir. Je vous cède ses champs. Fructifiez-les pour le compte de notre famille.

- Nous vous remercions, maître," répondit en coeur le couple, heureux de leur sort, surtout que le jeune homme, fils d'agriculteur, pouvait enfin retrouver le travail de la terre qu'il aimait tant.

Hiashi, son devoir accompli, put enfin regagner ses appartements où Hitomi l'attendait. Il était las car la journée fut longue et émotionnellement éprouvante. Il avait hâte de se détendre dans les thermes et de s'allonger auprès de son aimée et de sa fille. Son épouse aussi dut faire face à une journée difficile et éprouvante. En plus de la fatigue de la naissance et de l'allaitement, elle a été obligée de recevoir toutes personnes désirant la féliciter et voir Hinata. A sa grande surprise, les plus nombreuses furent les épouses, les soeurs et les mères des Hyuga. Toutes voulaient en plus la remercier d'influencer aussi positivement son mari. Hitomi avait beau nié son implication dans les décisions de Hiashi, ses compagnes n'en démordaient pas. Ce n'est qu'au soir couchant, que la mère d'Hinata put profiter d'un repos bien mérité.

Dans la chambre de Neji, la journée s'achevait également pour le jeune garçon. Il s'était acharné sur ses cours voulant apprendre tout ce qu'il avait besoin de savoir. Ses professeurs étaient heureux et fiers d'avoir un aussi bon élève, sérieux et studieux. Certains même envisageaient de demander à Hiashi l'autorisation de l'emmener à l'amphithéâtre où ils enseignaient au plus grand nombre. Allongé sur son lit, le regard perdu vers l'étendu étoilé, Neji réfléchissait à la journée mais surtout aux paroles de son père adoptif. Il était perplexe mais surtout perdu. Selon les anciens qu'il a malencontreusement espionnés, Hiashi se servait de lui pour garder la place de chef de famille et le brandissait tel un bouclier. Neji ne serait qu'un pion. Son oncle ne s'occupait de lui que pour tenir son serment prononcé devant les Dieux. Alors, sans ce dernier, il aurait laissé Neji sur le bord de la route, l'abandonnant à son sort ?

Cependant, lors de la réunion, Hiashi avait revendiqué haut et fort qu'il ne le renierait jamais, même si le destin lui donnait un fils en seconde naissance. Le ton qu'il avait employé ne souffrait aucune contestation. Neji avait eu l'impression que si quelqu'un remettait en doute ses paroles, il l'aurait regretté amèrement. Il n'avait jamais vu encore son père adoptif dans une colère noire mais vu la réaction des autres Hyuga, devenant blanc comme un linge, il valait mieux ne jamais le souhaiter. Cette constatation avait enlevé au jeune garçon un certain poids de ses épaules. Néanmoins, le doute habitait encore son coeur. Et si tout cela n'était que de la politique et que Hiashi mentait sur ses réelles intentions ? Ces fameux anciens auraient donc raison. Le chef de famille était un fin politicien et Neji, en était persuadé, la réunion d'aujourd'hui a été une sacré leçon en la matière. Son père adoptif lui avait montré comment ne jamais perdre son sang-froid mais surtout comment diriger en vrai dirigeant.

Le jeune garçon se secoua la tête. Non, le chef de famille était un homme de parole et d'honneur. Jamais il n'aurait affirmé, avec autant de force, le garder en tant que fils si ce n'était pas la pure vérité. Mais pourquoi ? L'aimait-il comme tel ? Neji décida tout de même de rester sur ses gardes mais il allait offrir à Hiashi le bénéfice du doute. En ce qui concernait sa tante, il avait vraiment du mal à se laisser aller avec elle. Il avait bien remarqué ses tentatives de rapprochement et d'affection qu'elle voulait le gratifier. Malheureusement pour la nouvelle mère, chacun de ses touchées lui donnait l'impression de le brûler. Il ne ressentait que le besoin de s'éloigner.

Pourtant, Neji avait promis à son père adoptif de faire des efforts et il avait l'intention de tenir sa promesse. Surtout qu'il le savait, Hitomi devait, autant que lui, souffrir de la perte de sa mère. Cependant, à chaque fois qu'il désirait aller vers elle et profiter de sa chaleur, le jeune homme avait l'impression de trahir la défunte. Il reculait donc à chaque fois. De plus, lorsque le tableau d'Hitomi portant amoureusement Hinata se présentait à lui, une forte colère s'emparait de lui. Il en ignorait la cause du haut de ses huit ans. Afin de ne pas craquer devant Hiashi et elle, il préférait rester distant. Neji s'endormit en se promettant qu'en tant que Huyga, il se devait de passer au-dessus de cette sensation qui lui serrait le coeur.

Une semaine passa et la célébration de la naissance arriva. Ce matin-là, les citoyens romains purent voir plusieurs bêtes de somme marchées dans la rue de Rome, escortées de porteurs de cierge et des Vestales. Les Hyugas suivaient leur chef, Hiashi, à côté de lui Neji, montrant à tous l'importance que lui portait ce dernier. Les cornes des taureaux, des génisses et des béliers étaient dorées d'une couche en animal, couronné des feuilles de la plante ou de l'arbre consacré à la divinité en l'honneur de laquelle on le sacrifiait, se dirigeait vers le temple de cette dernière. La noble famille fut obligée de se séparer en plusieurs petits groupes pour suivre une des victimes. Hiashi et Neji rentrèrent à la suite d'un taureau dans le temple de Dieu des Dieux, Jiraya.

Arrivé à destination, le prêtre de chaque temple, vêtu de blanc et portant feuillage en couronne, commença la cérémonie par des voeux et des prières. Après avoir prononcé la dernière parole, Il jeta sur la victime la mola, pâte faite de farine de froment et de sel. Après cette consécration, le sacrificateur goûta le vin, précédemment béni, en donna aux Hyuga présents et le versa entre les cornes ou sur la tête de l'animal à sacrifier. Il alluma ensuite le feu. Lorsque de l'encens fut brûlé, les serviteurs, à demi-nus, amenèrent l'hosti devant l'autel. L'assistant du prêtre la frappa avec une hache et l'égorgea aussitôt. Le sang fut recueilli dans des coupes. L'animal ainsi sacrifié fut posé sur la table sacrée. Les plus petits furent incinérés devant l'assistance. Les plus gros furent dépouillés et disséqués avant que chaque morceau soit partagé entre les célébrants à la fin de la cérémonie.

Lorsque tous les sacrifices prirent fin, les Hyugas regagnèrent la demeure familiale où les festivités devaient avoir lieu. Hiashi, Neji et les autres membres de la famille furent accueillis par Hitomi, qui conforme à la coutume était restée avec sa fille à la villa. En effet, les accouchées étaient considérées comme impures pendant un mois. Elles devaient rester cloîtrer chez elle et ne devaient pas se montrer en public durant cette période. La maison était ornée de fleurs et de couronnes. En arrivant dans la cour intérieure, tout le monde put voir un autel de gazon, entouré d'herbes sacrées, se dresser. La porte d'entrée resta ouverte, prête à laisser entrer les invités de la famille. Ainsi se présentèrent les plus nobles familles de Rome ainsi que les plus modestes. Chacune d'elles pouvaient se vanter d'avoir des liens soit amicaux, soit commerciaux avec les Hyuga, la plus noble entre les nobles. Les curieux purent ainsi voir les Uchiwa, les Inuzuka, les Senju, les Aburame, les Sarutobi, les Akimichi, les Yamanaka, les Nara et les rivaux directs des Huyga les Otsutsuki franchirent les lourdes portes de la villa. Tous les invités avaient les bras chargés de présents pour Hinata, déjà surnommée la petite princesse Huyga.

"- Ma chère famille, mes amis, merci d'être présent à la célébration pour fêter la naissance de ma fille Hinata. Avant que commence le festin et afin de quémander les faveurs des Dieux sur vous tous, laissez-moi vous offrir un dernier sacrifice." Proclama Hiashi à l'attention des arrivants.

Là-dessus, un esclave amena un agneau et le posa sur l'autel de gazon. Un prêtre pria et l'immola devant tous. A la fin, le chef de famille invita ses invités à rentrer en sa demeure. Tout le monde s'installa dans la salle d'apparat et sur les sofas. Lorsque tous furent semi-allongés afin de commencer le repas, des esclaves rentrèrent et servirent viandes, poissons, légumes et vins. Durant tout le festin, les invités purent se divertir en regardant des danseurs et des danseuses effectués des prouesses acrobatiques et des danses au rythme de la musique jouée par plusieurs musiciens. Des chants égaillèrent leurs oreilles et des gladiateurs montrèrent leur force et leur talent. De tous les divertissements, le combat de ses derniers fut le plus apprécié surtout par Neji qui observait chaque mouvement afin de les reproduire durant son propre entraînement.

Hiashi et Hitomi présidaient l'assemblée et réalisaient leur devoir. Ainsi, le maître des lieux parlait avec le chef de chaque famille et au malheur de la maîtresse de maison, leur discussion dériva inexorablement vers les affaires. Heureusement, elle put faire la connaissance de Kurenaï Sarutobi. Cette jeune femme aux yeux étrangement rouges avait épousé récemment le deuxième fils de Hirusen Sarutobi, Asuma.

Hitomi était heureuse de constater que Kurenaï s'avéra être une jeune femme qui lui rappelait sa soeur. Bien qu'un peu plus réservée, elle possédait un caractère joyeux et un franc parlé, bien que plus subtile,à couper au couteau. Elle partageait un bon jugement sur autrui. Oui, l'épouse de Hiashi appréciait Kurenaï. Même si cela ne faisait que quelques heures qu'elles se connaissaient, elle sentait au plus profond de son coeur que cette jeune mariée deviendrait une confidence et une grande amie. Cela lui avait manqué depuis le décès sa soeur. Ainsi, la maîtresse de maison apprit que sa nouvelle amie avait épousé Asuma, jeune noble de la maison Sarutobi, au printemps dernier. Ils venaient juste de rentrer de leur voyage de noce. Le couple était allé à Venise ainsi qu'en Sicile où il resta au moins trois mois.

En entendant cela, Hitomi s'enquit de sa cousine par alliance mais surtout de Shion, l'ayant vue vue naître. Du fait des délais de transport et de la fatigue d'un tel voyage, la famille de son cousin n'avait pas pu se déplacer jusqu'à Rome pour assister aux festivités et aux cérémonies. Kurenaï répondit à sa requête en lui apprenant que Shina, orgueilleuse comme elle était, se comportait comme une petite reine dans la capitale de Sicile. Tout comme à la capitale, la famille Huyga était la plus influente maison de l'île. Kurenaï avoua ne pas apprécier du tout cette femme. Elle la trouvait trop imbue d'elle-même et manipulatrice. Hitomi, à cette description, se rappela le jugement de sa soeur sur leur cousine et sourit à ce souvenir. Elle réitéra sa question sur Shion.

"- Mais, vous n'avez rien dit sur Shion. Comment va-t-elle?

- La petite se porte bien et semble être un bébé calme, répondit Kurenaï. Elle a maintenant neuf mois et grandit chaque jour un peu plus. Malheureusement, sa mère ne s'en occupe pas beaucoup. Shina préfère se pavaner aux jeux et aux théâtres, ainsi qu'aux événements mondains. C'est surtout la nourrice qui entoure Shion de son affection et de ses baisers. Shina semble assez en retrait, en fait.

- Oh, pensez-vous qu'elle n'aime pas sa fille ? Ce serait terrible pour cet enfant car comment pourrait-elle s'épanouir sans recevoir d'amour maternel ? S'attrista Hitomi.

- Non, rassurez-vous sur ce point. Argumenta sa nouvelle amie. Je pense qu'elle ressent de forts sentiments pour sa fille. Néanmoins, elle semble ne pas savoir le lui montrer ou l'exprimer. Je crains même qu'à l'avenir, elle la gâte de trop et en fasse une précieuse.

- Je vous fais confiance. Vous l'avez vue plus récemment que moi. Cependant, ce n'est pas non plus à souhaiter car Shion risque de ne jamais vraiment être heureuse car elle ne sera jamais satisfaite de ce que les Dieux lui accorderont.

- Vous avez raison, ma chère amie. Il faut espérer que son père régule un peu le caractère excessif de son épouse et protège Shion de son influence, continua Kurenaï avant de s'arrêter toute penaude... Oh, cela ne vous dérange pas que je vous interpelle ainsi. Je me sens si proche de vous malgré le fait que nous venons de nous rencontrer."

Elle craignait avoir fait un impaire, comme à son habitude lui aurait dit son époux. D'ailleurs, ce dernier lui avait avoué avoir été séduit par ce côté de sa personnalité : sa capacité à apprécier ou à détester rapidement quelqu'un. Elle était toute gênée d'avoir osé une certaine familiarisation avec l'épouse du chef de la famille la plus influente de Rome.

- Je vous le permets, autorisa Hitomi, un petit rire aux lèvres caché par sa main. J'en serai même honorée... Je vais vous faire un aveu. J'ai le même sentiment à votre égard. J'espère que nous deviendrons de grande amie. Voyez-vous depuis le décès de ma soeur, je n'ai plus de confidente et je me sens par moment bien seule.

- J'ai appris la mort de dame Hina, toutes mes condoléances, compatit l'aimée d'Asuma. Je serai ravie de remplir ce rôle auprès de vous et j'espère pouvoir espérer une réciprocité.

- Bien sûr, assura son interlocutrice.

- Donc, c'est dit, nous voici, les meilleures amies du monde. Vous allez voir, dans quelques jours, nos maris vont regretter notre amitié et...

- Qu'allons-nous regretter, ma chérie ? L'interrompit son aimé en s'avançant accompagné par Hiashi.

- Asuma, interpella Kurenaï, qui aperçut également le maître de cérémonie. Je vous salue, seigneur Hiashi.

- Madame, rendit ce dernier.

- Hiashi, je vous présente Kurenaï Sarutobi, la jeune épousée d'Asuma, dit Hitomi, en faisant les présentations. Nous discourions toutes les deux et nous avons appris à nous connaître. Elle m'a donnée des nouvelles de la famille partie en Sicile.

- Et nous avons décidé de devenir les meilleures amies du monde. Entre femmes, il faut se soutenir devant l'adversité du monde des hommes, plaisanta la concernée.

- Kurenaï, je vous en prie, ria quelque peu l'épouse Hyuga.

- Hiashi, je sens que nous allons souffrir, plaisanta Asuma. Ma femme est assez excentrique dès qu'il s'agit d'amitié. Elle ne fait jamais les choses à moitié. Elle va entraîner notre chère Hitomi dans ses élucubrations.

- Mes enfants, vous gênez nos hôtes avec vos propos. Veuillez leur pardonner, Hiashi. Ma bru a tendance à se montrer très excessive en amitié et mon fils a tendance à la suivre, intervint une voix remplie de sagesse et d'âge, venant d'arriver.

- Il n'y a rien à pardonner, Hiruzen, rassura Hiashi. Je suis plutôt satisfait qu'Hitomi est trouvée une confidente. Cela égaillera ses journées depuis le décès d'Hina.

- Ah oui, il est vrai que vous êtes encore en deuil malgré la naissance de votre fille. Toutes nos condoléances, à tous deux, signala une autre interlocutrice, venant les rejoindre accompagné de son conjoint.

- Je vous remercie, Mikoto. Nous les acceptons avec humilité. Intervint la soeur de la défunte. Comment allez-vous ainsi que votre mari ?

- Nous allons bien, répondit son époux, Fukagu Uchiwa. Messieurs, je vous propose de laisser nos épouses entre elles et allons discourir ensemble. Je ne pense pas que parler de chiffons nous soit d'une grande distraction.

- Oh, toujours aussi sérieux mon cher époux. Le taquina Mikoto. Mais vous avez raison. Nous, les femmes, allons vous laisser parler affaires pendant que nous allons nous amuser."

C'est ainsi que les maris se regroupèrent dans un petit salon, laissant ses dames dans la grande salle près de la fontaine intérieure. L'épouse Uchiwa vit sa prédiction se vérifier car bien vite la discussion des hommes tourna vite autour de leurs liens commerciaux. Hiashi et ses amis furent vite rejoints dans leur échange par le chef des autres familles. Deux bonnes heures s'écoulèrent quand le chef des Otsutsuki interpella Hiashi :

"- Hiashi, j'ai appris que vous avez adopté votre neveu Neji et l'avez proclamé en tant que potentiel héritier. Est-ce vrai ?"

Le chef Hyuga se redressa de toute sa hauteur devant son interlocuteur et le scruta. Devant lui, se tenait un homme de son âge aux cheveux blancs argentés et aux yeux presque aussi clairs que ceux des Hyuga, à la différence près qu'ils possédaient une mince pupille. Hiashi n'appréciait pas son cousin éloigné. Ce lien de parenté, bien que lointain, était dû au fait qu'ils avaient tous deux le même aïeul, ainsi qu'avec les Uchiwa et les Senju. Après la création de la ville de Rome par les frères Otsutsuki, Hagoromo, le premier né, se maria. Son union fut bénie par la naissance de deux garçons, Azura l'aîné et Indra le cadet, séparés entre eux de deux ans. L'histoire voulait qu'Azura devienne l'ancêtre de la famille Uchiwa alors qu'Indra donna naissance à celle des Senju. Le second des créateurs de Rome, Homura, s'unit également par mariage à une noble dame d'un autre pays et partit vivre avec elle. De leur union naquit des jumeaux, deux garçons. Afin de garder une ligne de succession claire, deux branches virent le jour. La principale issue de l'aîné devint l'ancêtre des Otsutsuki actuels.

Au fil des siècles, cette dernière, orgueilleuse de son droit d'aînesse sur le poste de chef de famille, traita la seconde branche issue du cadet, comme des serviteurs. Une jeune femme, née au sein de cette lignée et aux yeux aussi pures que la neige, refusa d'être traitée comme du bétail. Elle s'opposa également aux caprices lubriques de l'héritier de la branche principale : être obligée de lui céder son corps et sa virginité. Elle se rebella donc et s'enfuit loin de sa famille. Elle fut accompagnée dans sa fuite par quelques membres de la branche secondaire. Tous furent déclarés persona non grata. Les exilés se rendirent à Rome pour se mettre sous la protection de leurs cousins éloignés. La jeune femme y rencontra un prince héritier, répondant au nom de Hyuga. Il les accueillit en sa maison. Au bout d'un temps, séduit par sa personnalité rebelle, sa grâce et sa beauté, il s'éprit de sa jeune protégée et l'épousa. Par cette union, la jeune femme accepta de perdre son nom ainsi que les prérogatives qui s'y attachait et prit celui de son époux. Ce mariage enterra définitivement son lien avec son ancienne famille. Tous ceux qui l'avait accompagné firent de même oubliant ainsi leur mésaventure au sien des Otsutsuki. De ce mariage naquit la famille Hyuga actuelle qui hérita les yeux blancs de leur aïeule.

Plusieurs siècles plus tard, une partie de la branche principale des Otsutsuki se rendit également à Rome pour faire fructifier leurs affaires. Elle découvrit les descendants de la jeune rebelle et les deux autres familles influentes de Rome : les Senju et les Uchiwa. Jaloux de la notoriété des autres chefs au Sénat et plus particulièrement de leurs cousins les plus proches, les nouveaux arrivants ne supportaient pas cette vision, se sentant supérieurs. Les Otsutsuki essayaient par tous les moyens de retrouver leur faste et leur pouvoir d'antan sur les Hyuga. Ils aspiraient à reprendre ce qu'ils jugeaient leur dû, en restant à l'affût d'une erreur ou d'une opportunité tel un rapace se jetant sur sa proie. Le chef actuel des Otsutsuki de Rome faisait tout ce qui était en son pouvoir pour détruire sa rivale et la remettre sous le joug de son autorité. C'était un homme intelligent qui utilisait autant la force que la subtilité. Il avait trouvé, néanmoins, un adversaire de taille en Hiashi.

Les quatre familles étaient donc tous des lointains cousins. Certains appréciaient ce lien filial créant une atmosphère de confiance dans les échanges commerciaux et amicaux comme c'était le cas entre Hyuga, Uchiwa et Senju. Les Sarutobi, les Yamanaka, les Nara, les Akimichi, les Aburame et les Inuzuka, bien que ne possédant pas de tel lien familial avec eux, faisaient également de bons amis et de bons collaborateurs dans les affaires. D'ailleurs, ceux-ci préféraient honnêtement traiter avec ces trois grandes familles qu'avec les Otsutsuki. Hiashi sortit de ses pensées et répondit donc au chef de ces derniers:

"- Vos informations sont exactes, monsieur. J'ai effectivement adopté Neji et entreprend de faire de lui un potentiel héritier de la famille Hyuga. Il en est le plus digne mais aussi le plus proche parent que j'ai pour revendiquer cette place.

- Tant que votre épouse ne vous donne pas un autre enfant en espérant qu'il soit un garçon. Répliqua son rival. En ce qui concerne Neji, il n'est pas de votre sang puisqu'il n'est que votre neveu alors pourquoi spécialement lui. Il existe d'autres héritiers potentiels.

- Il est le fils de mon frère jumeau, le même sang coule dans nos veines. Il est le plus légitime à mes yeux ainsi qu'aux yeux des autres membres Hyuga. De plus, le Sénat a approuvé son adoption et donc sa possible revendication au siège qui lui incombera en son sein en tant que chef. Répliqua Hiashi qui avait très bien compris à qui il faisait allusion. Bien que nos familles possèdent le même ancêtre, votre fils de cinq ans m'est trop éloigné ainsi que des autres Hyuga.

- Il est votre parent le plus direct, quoi qu'en pense les Uchiwa, les Senju et vous-même, contre-argumenta le chef Otsutsuki, perdant quelque peu son sang-froid.

- Je pense que nos cousins éloignés ne souhaitent pas prendre part à vos états d'âme, monsieur.

- Je vous remercie de prendre notre défense, Hiashi, mais ce ne sera pas nécessaire, répliqua Fukagu. Et pour vous répondre, monsieur, sachez que la famille Uchiwa reconnait à Neji sa légitimité et bien plus qu'à votre fils.

- Je suis d'accord avec vous, Fukagu car même si aucun lien filial nous unis, la famille Sarutobi trouve que Neji est plus à même de reprendre le siège de son père adoptif en absence d'héritier mâle. Renchérit Hiruzen. Tous les autres chefs présents apportèrent leur soutien au vieux sage.

- Cependant, vous oubliez une chose vous tous. Ma grand-mère était une Hyuga faisant de Toneri un héritier potentiel, revendiqua l'Otsutsuki essayant de refréner sa colère. Elle était une des soeurs de votre grand-père, Hiashi.

- Comme vous dite, elle était que ma grande-tante, donc encore plus éloigné qu'est Neji, qui possède, par son sang, un lien direct avec celui-ci. Continua Hiashi calmement. De plus, vous savez très bien que le but de ce mariage était une vaine tentative pour ressouder les deux familles, oubliant l'histoire du passé et le décret exilant mon aïeule, ne faisant plus d'elle une Otsutsuki. Je rajouterai qu'une clause du contrat de mariage était la renonciation à toute revendication au poste de chef des Hyuga.

- Justement, nous pourrions envisager d'unir de nouveau nos familles en fiançant nos enfants, tenta son interlocuteur. Ainsi, il n'existera plus de conflit de succession.

- Je vous arrête tout de suite. Je ne suis pas favorable aux mariages arrangés promettant deux personnes dès leur naissance. Le conseil et moi-même avons signé une loi au sein de notre famille autorisant un de ses membres à se marier selon ses aspirations, du moins jusqu'à ses vingts ans. Rappela Hiashi. Mais j'oubliais que vous faisiez parti des opposants lorsque je suis venu la faire gratifier par le Sénat.

- C'est vrai mais là encore, la bonne entente entre nos familles et son bien-être sont en jeux.

- Je vous remercie de vous soucier de son bien-être, comme vous le dites. Justement, c'est parce que j'y songe que je me dois de refuser votre proposition pour ma fille. Nos enfants sont des cousins trop proches et la consanguinité présente un trop grand risque. Sur ce point, leur lien familial est trop important à cause de ma grande-tante. Encore une fois, vous avez oublié Neji et la possibilité qu'Hitomi me donne un héritier mâle. Répliqua avec un peu plus de force Hiashi mettant final à la discussion.

Avant de s'éloigner du chef des Otsutsuki, il ajouta à son oreille :

- Je sais très bien ce que vous cherchez à faire : prendre le pouvoir sur les Hyuga, et cela à travers ma fille. Je ne laisserai jamais votre fils la souiller et accéder à la direction de ma famille."

Hiashi finit par partir rejoindre les autres invités suivi par les autres chefs laissant son rival digéré son échec. Ce dernier fulminait de colère et se promit par tous les Dieux des Enfers qu'il aura sa revanche. Quoi qu'en dise Hiashi, sa fille sera à son fils Toneri de gré ou de force ainsi que la direction des Hyuga, quitte à assassiner tous les fils qu'Hitomi lui donnera et Neji. Ainsi ces derniers retrouveront leur place qui leur revient : serviteurs des Otsutsuki. Il décida de repartir avec les membres de sa famille chez lui. L'hôte de cette réception reprit une discussion plus calme et fructueuse avec ses cousins et amis. Il tourna la tête vers son aimée qui conversait avec leurs épouses. Hitomi riait et souriait de bon coeur. Elle s'adressa à Mikoto Uchiwa.

"- Mikoto, comment se porte votre fils, Itachi. Il est maintenant âgé de 10 ans, je crois.

- Oui, cela va lui faire 10 ans que j'ai mis au monde notre petit Itachi.

- Petit, vous exagérez, Mikoto, intervint Kurenaï. Je l'ai aperçu tantôt. Il a l'air grand pour son âge et aussi très mature.

- Vous avez raison, souffla la mère du concerné. Itachi a hérité du caractère ténébreux et sérieux de son père.

- Cela a l'air de vous gêner, mon amie. Intervint Hitomi doucement.

- Non pas du tout. Ce serait problématique puisque c'est cet air de mystère qui m'a attiré chez Fukagu. Avoua Mikoto en souriant. J'aurai aimé juste le voir plus sourire et qu'il ait hérité un peu plus de mon joyeux caractère.

- D'ailleurs, où est-il ?" Demanda une de leurs amies.

Toutes tournèrent la tête vers la partie de la salle où les jeunes s'étaient regroupés. Elles purent voir celui qu'elles cherchaient discuter avec Neji. Hitomi, à cette image, sourit. Elle était heureuse pour son neveu car elle espérait qu'il s'en fasse un ami. Elle le trouvait tellement solitaire et peut-être que d'avoir un compagnon d'à peu près de son âge lui fera du bien. En effet, au début du festin, Itachi, jeune garçon aux cheveux noirs tenus en queue de cheval et possédant des cernes sous ses yeux, s'était approché de Neji pour commencer à faire connaissance. Il était accompagné par un de ses amis. C'est son compagnon qui ouvrit les hostilités en premier.

"- Bonjour, je m'appelle Actéon. Lui, le grand ténébreux, c'est Itachi Uchiwa. Tu dois être Neji, non ?

-...

- Tu n'es pas très causant, dis-moi ?

-...

- Laisse-le tranquille, Actéon. Je crois qu'il souhaite rester seul et c'est compréhensible. Intervint Itachi. Je te rappelle qu'il a perdu son père et sa mère.

- Ah oui, c'est vrai, mais ce n'est pas une raison pour ne pas se présenter.

- Actéon ...! Souffla Itachi, déjà épuisé par le caractère excessif de son ami.

- Ben quoi, c'est vrai. Moi aussi, j'ai perdu mes parents et je suis élevé par mes grand-parents. Ça ne m'empêche pas d'être poli et de vivre. Je ne veux pas me morfondre. Comme dit ma grand-mère, cela attristerait trop ma mère si elle me voyait faire le cochon et...

- Neji Hyuga, enchanté, coupa le sujet de son monologue.

Celui-ci, surprit au début de savoir que cet Actéon vivait la même situation que lui, finit par décider de se présenter. Si lui, qui n'appartenait pas à une grande famille, arrivait à surmonter cette épreuve, pourquoi pas lui, l'héritier potentiel des Hyuga.

- Oh, Itachi, notre nouveau compagnon sait parler. S'exclama Actéon en riant.

- Actéon, tu n'en loupes pas une. ... Bonjour, comme mon compagnon l'a dit, je suis Itachi Uchiwa. Je te présente toutes mes condoléances pour ta mère.

- Merci.

- Sinon, qu'est ce que tu fais tout seul ? C'est la fête pour ta cousine, Hi... Comment s'appelle-t-elle déjà ? ... Ah oui, Hinata. Tu devrais en profiter pour t'amuser...

- Actéon, tais-toi, abruti, l'interrompit Itachi, qui avait vu Neji légèrement sursauter au nom de sa cousine. Désolé pour lui, il est assez spécial."

Neji, à ces mots, lui fit signe que cela n'avait pas beaucoup d'importance. Les trois garçons discutèrent de plusieurs sujets mais surtout de leur formation. Le jeune Hyuga découvrit que ses deux camarades, âgés de deux ans de plus que lui, suivaient des cours particuliers mais également un enseignement au théâtre romain avec un instructeur, philosophe à ses heures qui réalisait des débats. Ils participaient aussi à des cours de combat se confrontant parfois à des garçons plus âgés qu'eux. Actéons posa une question à Neji.

"- Et toi ? Tu suis quoi comme enseignement ?

- Mon père adoptif me donne des cours et des leçons en politique. Des instructeurs viennent à la maison m'enseigner le calcul, la lecture, l'écriture, les sciences et la philosophie. Enfin, tout ce que doit savoir un héritier d'une grande famille. Il a engagé un ancien gladiateur pour m'apprendre à me battre.

- Et bien, ton père ne fait pas les choses à moitié, dis-moi, intervint Actéon. Il veut vraiment te préparer à ton futur rôle. Tu ne dois pas t'ennuyer.

- Neji, j'ai l'impression que tu es très intéressé par notre formation, fit remarquer Itachi. Je sens que tu veux tout connaître, tout savoir pour rendre fier ton père adoptif et tes défunts parents, je me trompe ?

-...

Ce silence confirmait les soupçons de son aîné car ses yeux avaient parlé pour lui. De plus, Itachi voyait bien la solitude de son cadet. Il ressentait le besoin de le protéger et de l'aider tel un grand frère. Il reprit la parole.

- Neji, pourquoi tu ne demanderais pas à ton père de te laisser au cours du professeur Iruka ? Il fait des cours de philosophie et de réflexions à l'amphithéâtre. C'est super car il nous permet de débattre avec lui et les autres étudiants. Nous pourrions y aller ensemble. Quand penses-tu ?

- Tu as dit Iruka. Il est mon instructeur privé, remarqua-t-il.

- Et bien, le monde est petit. Alors ?

- ... Cela m'intéresserait effectivement. Il faut que je demande l'autorisation à mon père.

- Et bien allons-y maintenant," hurla presque Actéon de son enthousiasme débordant.

Il prit ses camarades par leur bras et les emmena de force voir le chef des Hyuga. Observant le mouvement de son neveu, Hitomi et ses compagnes s'approchèrent du petit groupe. Hiashi, voyant son fils adoptif être traîné vers lui par le jeune Actéon, arrêta sa conversation d'avec les autres chefs et se tourna vers les jeunes garçons.

"- Seigneur Hiashi, pardonnez-moi de vous déranger mais votre neveu a une faveur à vous demander, proclama Actéon gênant ses comparses.

- Neji ? Que souhaites-tu me demander ?

- ...

- Seigneur Hiashi, pardonnez la hardiesse de mon ami. Nous venons de faire connaissance avec votre fils. Nous avons échangé sur nos enseignements respectifs, intervint Itachi. Voyant l'intérêt de Neji pour le savoir, je lui ai proposé d'assister aux cours du professeur Iruka au sein de l'amphithéâtre et à nos entraînements physiques.

- Est-ce cela, Neji ? Demanda son père adoptif.

- Oui père. J'aimerai avoir votre autorisation pour assister aux cours collectifs et partager avec mes camarades leur enseignement, affirma Neji.

- Je me propose pour l'y accompagner et de l'aider bien sûr dans cet apprentissage, dit Itachi afin de soutenir la demande de son nouvel ami. Je vous en donne ma parole.

- Bien sûr que nous l'aiderons, réenchérit Actéon qui se reçut un coup sur l'arrière de la tête.

- Actéon, un peu de respect tu veux, souffla exaspérer Itachi alors que tout le monde riait de leur comportement.

- Vous pouvez faire confiance à mon fils, Hiashi. C'est un garçon sérieux qui tient toujours ses promesses.

- Je n'en doute pas Fugaku. Affirma ce dernier. Cependant, Neji, avant de t'en donner l'autorisation, je souhaite en parler avec tes professeurs et instructeurs pour voir si tu es prêt pour cela. S'ils sont favorables, alors je t'autoriserai à suivre Itachi durant sa formation. Cela te confia-t-il ?

- Oui, père. Je vous en remercie", termina Neji avant de s'éloigner avec ses nouveaux camarades.

La journée se termina tranquillement au son des instruments, des danses et des coupes de vin vides. Hiashi et Hitomi saluèrent leurs invités avant de rejoindre leur appartement. Neji était déjà rentré dans sa chambre, épuisé de la journée mais assez satisfait de s'être fait de nouvelles connaissances. Cependant, il se refusait de leur faire complètement confiance. Pour le moment, il était plutôt heureux de la perspective de continuer à s'instruire encore plus pour devenir un homme accompli et ainsi compter pour l'avenir de la famille. Alors qu'Hitomi et son époux allaient se coucher, elle lui adressa ces quelques mots.

"- Hiashi, je pense que côtoyer d'autres garçons serait bénéfique pour Neji. Il paraît si seul et ne voit pratiquement personne ne sortant que très rarement ou qu'à votre demande. J'espère que vous lui accorderez cette faveur.

- Rassurez-vous, je suis assez favorable à son projet. Je veux juste m'assurer avec ses instructeurs qu'il soit prêt pour cela.

- Bien, je vous fais confiance. Excusez-moi, mais je dois allaiter Hinata puis j'irais me coucher."

Hiashi embrassa chastement son aimée et la laissa accomplir sa tâche. Il se prépara aussi à se coucher. Cependant, il ne s'endormit qu'au moment où il sentit son amante se blottir contre lui. Ils partirent donc tous deux aux pays de Morphée. C'est ainsi que la journée s'acheva pour la famille Hyuga. A l'Olympe, les Dieux furent témoins de toute la cérémonie au travers de la vasque du temple des voeux. Suigetsu, ayant quitté son palais aquatique, siffla admiratif.

"- Et bien, les Hyuga ne font pas les choses à moitié.

- Tu as raison pour une fois, mon cher mari, affirma Karin. Ils ont sacrifié un animal à chacun d'entre nous sans exception. Ils doivent vraiment aimer cette petite qui vient de naître.

- C'est sûr. En tout cas, tout ceci, c'est grâce à toi, ma chère Kushina. Tu m'avais bien avouée avoir accordé son voeu à Hitomi Hyuga, si je ne m'abuse.

- Oui, tu as une bonne mémoire, Minato. Je suis heureuse de l'avoir fait. Ils ont l'air heureux. Mais où sont les garçons ?

- Sasuke est dans le jardin, répondit Tenten. Quand à Naruto, il est parti boudé, je ne sais où, après que tu leur ais encore interdit de repartir à leur entraînement, ce matin.

- Il exagère. C'est encore trop tôt. Cela fait à peine qu'une semaine qu'il s'est réveillé de son malaise, répliqua Kushina.

- Chérie, tu les couvres trop, intervint Minato. Il est temps qu'ils reprennent l'entraînement. De plus, tu devrais leur faire confiance. Ils savent s'ils sont capables de le continuer ou non et...

- Je suis d'accord avec Minato, coupa Shikamaru. Vous devriez venir voir Naruto vous deux. C'est assez surprenant.

- Pourquoi tu dis ça, Shikamaru ? Demanda le dieu de la Guerre.

- Vous verrez bien, suivez-moi."

Le couple de fiancé emboîta le pas au dieu des Songes vers le fond du jardin où se trouvait une fontaine sous un saule-pleureur et y virent Naruto en dessous. Les deux parents ouvrirent en grand les yeux tellement ce à quoi ils assistaient les laissèrent sans voix.