Bonjour les girls !
Je sais deux semaines sans un chapitre, ça peut être long, et je suis vraiment désolée, mais j'arrivais vraiment pas à faire transmettre les sentiments que je voulais, et je crois que j'ai merdé à la fin...Même si j'espère que ça vous plaira. En tout cas, pour le précédents chapitres, je voulais vous remercier pour vos reviews, très plaisantes à lire, ça motive vraiment à toujours faire mieux, même si parfois le résultat est en deçà de ce que je voulais. Merci bcp les girls. Le manque de temps m'empêche toujours de répondre à chaque review, vraiment désolé...Mais vous savez toutes le plaisir que vous procurez en suivant toujours ma fic, et en la commentant. Merci bcp !
Donc voilà un new chapitre, qui j'espère vous plaira aussi.
Bonne lecture. Comme d'hab : faites moi part des fautes, incohérences, ou oubli.
Chapitre 12
Un nouveau matin, un jour de plus qui m'éloigne du dernier souvenir de ma mère. Un an, 5mois et 20jours que je ne l'ai pas vu. Comme à chaque réveil, mes pensées sont pour elle. M'endormir sur ses rires m'avait permis d'apaiser mon esprit surchauffé. J'apprécie avec légèreté ces nuits où mon inconscient m'évade du chaos qu'est ma vie. Rejouant les images de mon adolescence qui était si paisible, il y a encore peu de temps, je profite du contact de ma mère, de ses baisers, de son sourire. Je revis le temps de quelques heures, notre dernière enguelade, un fou rire du à ma maladresse, une discussion entre filles. Je nous revois encore 10heures avant que je ne la perde, faire les points positifs et négatifs de chaque fac. Critère numéro 1 : les canons, beaucoup plus présent en Californie, qu'à New York. Rejoindre Stanford la rentrée prochaine, c'est réalisé en quelque sorte son rêve, notre rêve de me voir devenir un grand écrivain. J'aurais donné n'importe quoi, pour avoir un pressentiment de ce qui se passerait dans la nuit, qui m'aurait permis de nous échapper, nous trouver ailleurs que dans la villa, fuir le détraqué qui mettra fin à leurs vies…à la mienne.
Ces hallucinations nocturnes réchauffent pendant quelques heures mon âme dépouillée de sa raison de vivre. Le temps de quelques heures, je ressens son amour et son attention sur moi. Elle essuie mes larmes de ses baisers, et me délivre du mal dominant qui m'oppresse. Le temps de quelques scènes, je peux toucher sa main, me cacher dans ses bras, et ressentir contre moi, son cœur battre. Je ne survis que pour ces moments de fantaisie.
« Aucune mère n'est aussi amoureuse de sa fille, que je ne le suis de toi, bébé » me répétait-elle des centaines de fois
Si tu savais maman…Si tu savais comme l'amour dans lequel tu m'as bercé ces 15 dernières années, est devenu aujourd'hui destructeur.
Le soleil aveuglant vient brûler mes aliénations et tout part en fumée. Les yeux gardés clos, je me bats pour les faire renaître, une minute, rien qu'une seconde avant de faire face à la douleur agonisante que m'inflige la réalité. J'ai seulement besoin d'une toute petite minute…Sauf que rien ne vient, il est trop tard. Mon inconscient s'éteint, et laisse ma raison faire résonner méchamment l'absence de ma mère. Encore une fois, elle ne sera pas là.
Maman vois-tu de là où tu te trouves à quel point je souffre ? Les mères ressentent les maux. Alors pourquoi ne viens-tu pas me soulager de cette blessure qui me lacère le cœur ? Entends-tu mon cœur hurlait que tu lui manques ? Ne vois-tu pas mon âme se battre pour te rejoindre ?
Sur mes joues, coulent une énième fois la perte de mon innocence, les cendres de ma mère serrés contre moi.
« Reviens maman, je t'en supplie, fais le pour moi »
Pendant de longues minutes, mes suppliques font écho dans ma chambre. Les yeux toujours fermés, je suis convaincue qu'en les ouvrant, ma mère réapparaîtra, pour m'engueuler de traîner au lit, et me tirer de cet horrible cauchemar que j'endure depuis trop longtemps…Mais je les ouvre, et ma chambre est vide. La présence de Teddy, endormi sur le canapé qui fait face au lit, me rappelle violement que tout est vrai.
Poignante réalité, mes larmes deviennent des sanglots, qui secoue mon corps fragile. C'est un supplice qui n'a pas de fin.
J'aperçois Teddy débarrassait mon lit, pour s'allonger près de moi. Vivement, je l'enlace pour lui transmettre la douleur qui me terrasse.
« Elle revient pas Teddy, pourquoi elle revient pas » pleurais-je dans son cou
« Je suis désolé ma puce, je suis désolé » retenant mon visage contre lui
Dans des caresses frénétiques dans mon dos, il tente de me calmer pendant plusieurs minutes. Dans la chambre, mes plaintes résonnent, et ça me tue de renvoyer autant de souffrance. Il faut un long moment avant que je ne trouve le sommeil, exténuée par mes pleurs.
12h54 : Vidée, je me réveille dans les bras de mon tuteur, avec une impression d'avoir du feu qui jaillit du regard. J'essaie de me relever, mais ma tête tourna.
« Doucement chérie » me retint Teddy
« J'ai mal à la tête » posant ma main glacée, sur mon front
« Il faut que tu manges, avant que je ne puisse te donner tes antidouleurs »
Posant une main sur ma blessure ventrale, je me relève et sors du lit, pour rejoindre la salle de bains. Devant la glace, mon visage bouffi ne me choque pas. Il ne reflète que mes désastres intérieurs. Je verrouille la porte, et me débarrasse de ma robe déchirée. Je ferme mon esprit à toutes pensées qui tentent de me rappeler ce qui s'est passé hier après-midi. Nue, je me glissais le jet d'eau chaude de la petite cabine de douche. Sous l'eau, j'étais totalement inerte, le regard perdu dans le vide. J'étais totalement éteinte, usée un peu plus chaque jour par les drames et déceptions. Je fermais les yeux, lassée par cet état de dépression, qui me bouffe toute énergie. Je n'en peux plus. Je ne me supporte plus. Je ne supporte plus les pensées morbides, mes plaintes, ni mon éternelle colère. Je veux m'en sortir, puis je ne veux plus. J'ai envie de tout, de rien. Je rêve d'avenir, puis de mourir. Je veux vivre heureuse, puis me jeter d'un pont. Je suis en constante contradiction. Je n'en finis pas de ce deuil qui finira par me tuer. Si cette fin est celle que j'espère, je désespère du temps que cela prendra. Je ne veux plus subir. Je ne veux plus souffrir.
Je sursaute quand Teddy frappe à la porte, inquiet du temps que je prends. J'éteins l'eau, et m'enroule dans une serviette, avant de sortir, faisant impasse sur le gel douche. Difficilement, je ramasse un des sacs de boutique, jeté à terre, et fouille dedans pour en ressortir une longue robe bleu marine. Ma cicatrice est loin d'être affreuse, mais je préfère tout de même la cacher. Habillée, je relevais mes cheveux dans haut chignon flou, et dissimuler mon regard derrière les lunettes de soleil de Teddy, avant de quitter l'hôtel en sa compagnie, et rejoindre le fast-food qui ne se trouve qu'à quelques pas.
« Est-ce que tu veux en parler ? » me demanda mon éducateur, alors que nous débutions notre déjeuner
« Ce matin ou hier ? »
« Comme tu veux »
« Edward m'a menti, tout ce temps où je m'inquiétais pour lui, il continuait de faire sa vie à Forks, s'en prendre la peine de me rassurer…J'avais raison, sa dépendance a totalement faussé ses sentiments, et comme une idiote, je me suis attaché à lui, en sachant très bien que je me casserais la gueule » déballais-je, les yeux rivés sur mon assiette.
J'ai perdu mon temps, et définitivement une partie de mon cœur qu'il avait réussi à reconstruire et refaire battre. Jamais, je n'aurais dû me lier d'amitié avec ce junkie. Jamais je n'aurais dû m'attacher à lui. Conscient de mon état de dépression, il n'a pas hésité à m'y enfoncer encore plus profondément. Moi qui avais longtemps cru qu'il était l'issue dont j'avais besoin pour sortir de ce couloir de la mort, dans lequel m'avait condamné ma souffrance. La porte s'est brutalement fermée hier, m'empêchant de fuir cette vie tumultueuse.
Je glissais mon regard jusqu'aux poings de Teddy, qui serraient sur la table. Visiblement en colère, il se retenait surement de frapper dans quelque chose. Je fus surprise qu'il soit autant touché.
« Je te rassure, je ne ferais rien d'inconsidéré, je veux seulement qu'on quitte l'Etat, pour que je puisse essayer d'avancer dans un environnement différent »
« Tu dois te faire opérer dans deux semaines, on ne peut pas partir tout de suite…Ces affaires que tu as, tu les as récupéré chez toi ? »
« J'avais besoin de tout ça »
« Est-ce qu'il y a d'autres affaires personnels, que tu souhaites récupérer encore ? »
« Quelques tee-shirts de Phil, et maman, son parfum et ses bijoux aussi »
« Bien…Je vais téléphoner à ton père, pour savoir si nous pouvons passer, je tiens aussi à lui parler, de ce qui se passera »
Je ne dis rien. Contrairement aux jours précédents, l'idée de revoir Charlie ne généra pas de colère. Il avait tous les droits de ne pas vouloir me voir à nouveau débarquer chez lui. En une année, j'avais été arrêté pour trouble à l'ordre public, dégradation de lieux publics, agression, conduite sous l'état d'ivresse, et sous l'emprise de drogue, et possession de stupéfiant…C'était compréhensible qu'il ne puisse plus supporter de gérer tous cela. Ce que j'étais, ce que je faisais, l'usait lui aussi, et le rongeait surement de l'intérieur. J'ai négligé sa peine, pensant que je souffrais certainement plus que lui, en sachant que j'ai partagé 15années – seulement - avec ma mère. Ce qui était cruel. Il aimait ma mère, et même si il fut épargné des images qui me hantent chaque jour, il avait mal, mal de ne plus avoir d'espoir de la voir revenir.
Nous arrivions rapidement devant la maison en bois blanc. La voiture de fonction de Charlie, garée dans l'allée, nous indiqua qu'il était là. Notre course payée, Teddy me tendit mes béquilles, alors que je sortais du taxi.
« T'es prête ? » me demanda mon tuteur
J'hochais brièvement la tête, avant de monter les marches du perron. Teddy donna trois coups sur la porte, avant que nous n'entendions des pas lourds se dirigeaient vers la celle ci. Mon cœur prêt à s'enfuir, tout à coup angoissé de la rencontre, je fis face à mon père. Figée sur place, je fus frappée par ses yeux injectés de sang. Son regard était douloureux à fixer. Son visage était fatigué, alors qu'il n'avait pas encore 40ans, il semblait pourtant avoir pris 10ans de plus. Chaque ride qu'il affichait, exprimée les maux que j'ai pu lui faire subir ces 12derniers mois.
« Bonjour Charlie » le salua Teddy
Il me fallut une minute, avant de pouvoir sortir de ma statue, et me jeter dans ses bras, le déstabilisant.
« Je t'aime papa, pardonnes moi »
Ses bras autour de mes épaules, il me serra fortement contre lui, déposant un long baiser dans mes cheveux. Je réalisais soudainement comme son étreinte paternelle m'avait profondément manqué.
Nous restions plusieurs minutes liés dans cette étreinte, où ses lèvres posées sur ma joue humide, réchauffa une partie de moi. J'aurais pu rester des heures dans cette position, si je n'avais pas des difficultés à rester sur mes deux jambes.
« Allons dans le salon »
Je me tournais vers Teddy, qui me donna à nouveau mes béquilles, que j'avais laissé tomber dans la précipitation, et suivais Charlie dans le salon. Jamais je n'aurais pu imaginer que l'odeur du domicile familiale puisse autant me manquer. Doucement je me posais sur le grand canapé, tout près de mon père, qui baisa plusieurs fois nos mains toujours liées. Mon tuteur se posa sur le fauteuil en face de nous, un regard attendrissant posé sur mon père, qui avait les larmes aux yeux.
« Pardonnes moi d'avoir été égoïste, de ne pas avoir voulu comprendre que tu souffrais autant que moi »
Mes larmes débordèrent encore, quand mon père prit mon visage entre ses mains.
« Je sais que tu souffres ma puce, je sais que cet homme t'a anéanti, et crois moi, j'aurais tout donné pour que tu ne vois pas ce que tu as vu…Ca m'a fait mal, de te voir te détruire tout en étant impuissant »
« Je suis désolée, je ne voulais pas, je ne voulais pas tout ça » pleurnichais-je
« J'ai cru que tu ne m'aimais pas, que je comptais peu pour toi » me révéla-t-il, la voix cassée par l'émotion
« Je t'interdis de douter de mon amour pour toi, t'es mon père, et rien n'a changé ça, même pas l'arrivée de Phil dans la vie de maman et moi »
« T'es toujours revenue » esquissa-t-il un sourire, en se remémorant nos bons moments
« Toujours, jamais je n'aurais voulu rater notre juillet ensemble, ou le second jour de noël rien qu'à deux, ou encore nos interminables après-midi sur le lac, à tenter d'attraper ces fichus poissons qui nous narguaient »
Nous sourions à travers les larmes, aux souvenirs semblant trop loin.
« Je t'aime papa, même si je t'ai totalement abandonnée…Ce n'est pas ta faute tout ça ! JE suis coupable de mes actes, je n'ai fait aucun effort pour contrôler mes émotions, j'étais dans un d'esprit destructeur, j'étais dans cette phase du deuil, où je suis constamment en colère, je le suis toujours d'ailleurs, même si j'essaie tant bien que mal de gérer ça…Je suis désolée de t'avoir fait subir tout ça papa »
Jamais je n'avais autant mis mes sentiments à nu, et je vis dans ses yeux chocolat, identiques aux miens, je vis que c'était important pour lui.
« Je me suis appropriée maman, j'ai cru être la seule à pouvoir pleurer sa mort, parce que j'étais la seule à avoir passé autant de temps avec elle…J'ai oublié que toi aussi, tu as perdu une femme dont tu étais amoureux »
« C'est cet homme qui t'a rendu comme ça » me serra-t-il fortement contre sa poitrine
« Papa, pourquoi tu n'es pas venu à New York ? » défis-je notre étreinte, pour le regarder
« Je pensais que tu ne voulais pas de moi…Est-ce que tu l'as vu ? »
« Oui, j'ai…Il sera jugé à Phœnix, dans quelques semaines, j'aurais besoin de toi pour supporter le procès, il va surement plaider non coupable »
« Je serais là ma puce » me rassura-t-il
Dans les bras de mon père, je me sentais enfin adolescente, toute petite et en sécurité…je me sentais chez moi. Parler librement avec Charlie, de mes sentiments, mes agissements, me fit du bien, beaucoup de bien. Peut-être qu'il était temps que je fasse de sérieux efforts, pour ne pas le voir sombrer dans une dépression, telle que la mienne. Peut-être qu'il était temps que je change.
Des peut être qui n'arriveront jamais.
Charlie réalisa enfin la présence de Teddy, quand il tourna la tête vers lui.
« Bonjour Mr. Hooligan »
« Appelez-moi Teddy, monsieur…Peut-on discuter ? »
« Laissez-moi vous servir quelque chose avant »
« T'as toujours mon jus de cerise ? » lui demandais-je souriante
« Toujours, j'y ai gouté, c'est pas si mauvais »
« Avoue que tu peux plus t'en passer »
« Ça me rappelle juste le temps, où ta mère insistait pour que je t'en mette dans ton biberon…T'avais ce sourire, si craquant quand je te le donnais, avant de dormir» dit-il nostalgique
C'est maman qui était folle de ce jus. Quand elle me confiait à Charlie, elle lui laissait toujours une tonne de recommandation, mais surtout de me donner mon jus de cerise pour m'aider à m'endormir.
Mon père nous quitta quelques secondes, avant de revenir avec trois verres, et quelques biscuits.
« Je vous écoute Teddy »
« Je peux lui dire avant un truc ? » demandais-je à Teddy, excitée
« Vas-y » souri-t-il de mon excitation
« Tu me croirais si je te disais qu'en plus d'être diplômée, je vais intégrer Stanford en septembre prochain, pour un cursus en littérature »
Il ne dit rien, surement surpris que j'ai pu retrouver l'envie de rejoindre l'université. Le choc passé, ses lèvres dessinèrent un large sourire, que j'imitais quand il me sauta dans les bras.
« Je suis fier de toi ma puce »
« Merci papa »
Très heureux, il embrassa plusieurs fois ma joue gauche avant de défaire notre étreinte.
« Votre fille sera mise à l'épreuve pendant deux ans, je resterais son tuteur jusqu'à ses 21ans » annonça Teddy
« En quoi consistera votre rôle de tuteur ? »
« Je la surveillerais de loin, veiller à ce qu'elle ne renoue pas avec ses vieux démons, la drogue, la violence…Je m'assurais que Bella, suive une thérapie sérieusement, et je m'entretiendrais aussi avec la psy de votre fille, pour connaître ses conclusions, et voir son évolution »
Pendant deux heures trente, Charlie questionna Teddy sur mon état. Mon tuteur n'avait pas de nouvelles rassurantes, mais il tentait plusieurs fois d'apaiser les craintes de mon père face à l'avenir.
Nous dûmes quitter la maison, vers 20heures, quand nous eûmes terminé de dîner, et que Charlie soit obligé de rejoindre le poste de police. Charlie avait insisté pour que nous mangions ensemble, et ainsi prolonger d'une heure, l'après-midi qui avait été riche en émotion.
C'est légère que je quittais la maisonnette. Sans que je le sache, la distance entre Charlie et moi m'avait pesé.
Dans le taxi, Teddy me serra contre lui, déposant un baiser sur ma tempe.
« En quel honneur ? »
« Je suis fier de toi »
« Sérieux ? » touchée
« Tu as réussi à parler à ton père, sans rien lui cacher de ce que tu ressentais, tu lui as dit que tu l'aimais, ce qui était très important pour lui…Pour une fois, tu as réussi à prendre en compte sa peine.
Je souriais partageant son enthousiasme. Ce n'était pas une si mauvaise journée que ça.
Le reste de la semaine passa plutôt rapidement. J'avais passé la plupart du temps avec Charlie ou Angela. Le lendemain des retrouvailles avec mon père, elle était venue à mon hôtel, effrayée à l'idée que je lui en veuille d'avoir brisé toutes mes illusions au sujet d'Edward. Le cœur serré à l'entente de son nom, je tournais rapidement nos conversations vers nos projets. Pendant une demi-heure, j'avais assisté à une démonstration impressionnante de joie, quand je lui apprenais que je la rejoindrais à Stanford.
« Tu te rends compte ! On va vivre dans le même appart ! Ahhhhhh ! Les deux sœurs enfin réunies ! Tu nous imagine un peu, la semaine en cours, le week-end à la plage ! Une plage, une vraie plage, avec de l'eau claire, et du sable chaud ! Je nous y vois déjà ! »
Difficilement, je me retenais de rire, alors qu'elle énumérait chacun de nos projets. Sa tête pleine d'esquisse de notre futur, nous nous étions posées devant mon ordinateur, à la recherche d'un appartement. J'avais lourdement insisté pour que nous habitions un des havres de paix que proposait Santa Clara, quitte à faire de la route, pour rejoindre la fac. Je n'étais pas fan des chambres universitaires, et de leur manque d'intimité. Nous n'étions même pas sûres de nous retrouver dans la même chambre. Ma meilleure amie avait longtemps rechignée, gênée de ne pas pouvoir payer le loyer d'un luxurieux appartement ou une petite villa. J'avoue avoir un péché mignon pour les piscines extérieures.
« Benjamin Franklin a rempli mon compte en banque à ne plus savoir quoi en faire, alors je veux nous faire plaisir, je veux qu'on puisse se détendre après une longue et épuisante journée de cours, dans un de ces magnifiques bijoux » pointais-je du doigt, une maison en pierre blanche, affichée sur mon écran. « Je ne te demande pas de vivre à mes crochets, ton salaire servira pour les courses, ou une part des factures » tentais-je de la convaincre, avec une moue made in Swan
J'avais claqué un gros baiser sur sa joue, quand elle avait accepté.
Faisant une liste de ce qui constituerait notre vie étudiante, je fus envahi par un vif sentiment de détermination. Je devais réussir, je devais absolument rendre fière ma mère. J'espérais simplement que cette énième envie de changer ne soit pas éphémère.
Le jeudi, Angie avait insisté pour m'emmener à la Push. Elle tenait absolument à ce que je me réconcilie avec Jake. Il n'aurait pas été étonnant qu'il me rejette, après la façon dont nous nous étions quittés à la fin du mois d'octobre dernier. Pourtant, à peine avais-je traversé la porte de son garage où il était toujours fourré avec nos amis, que je fus tournoyais dans les airs. Alors que je m'apprêtais à lui présenter mes excuses, il me souffla plusieurs fois combien il était désolé de ne pas avoir compris que j'étais loin d'aller bien, malgré mes sourires. Heureuse, j'avais retrouvé mes hommes, pour une longue après-midi de fous-rires et de chamailleries. Ma vie sociale semblait s'arranger peu à peu, et c'était plutôt rassurant de savoir que je partirais sans avoir « d'ennemi ». Ce jour-là, Paul m'avait surprise en m'apprenant que lui aussi faisait partie de l'aventure Stanford, pour un cursus en mécanique des structures. Me demander pas en quoi ça consiste, j'ai moi-même pas compris un mot. J'avais bien vu dans les yeux brillants de ma meilleure amie, que la présence de Paul en Californie, lui plaisait beaucoup. Leur histoire semblait dépasser le stade du « sexfriend ».
Le lundi de la semaine suivante, c'est dans ma chambre chez Charlie, que je triais mes affaires. A la mort de maman et de Phil, j'avais presque emmené tout ce qu'ils leurs appartenaient. De la colombe qui était posé au sommet de leur gâteau de mariage, à leurs vêtements et bijoux. Deux semaines après leurs meurtres, renfermée dans mon silence, j'étais restée cloitrer dans leurs chambres, astiquant chaque objet tâché de leurs sangs, pour pouvoir les emmener, après que la police est effectuée tous les prélèvements. La société de nettoyage qu'employait la police, pour désinfecter la scène de crime, n'avait pas fait grand-chose. A ma sortie de l'hôpital, j'étais toujours en état de choc. Muette, j'avais demandé silencieusement à Charlie, qui avait débarqué le lendemain au soir, de m'emmener à la villa. Il avait d'abord refusé, avant de finalement céder. Le cœur au bord des lèvres, j'avais pénétré doucement la chambre, où ma vie s'est arrêtée, et m'y étais enfermé pendant une semaine. La police avait presque tout emmenée : les draps, les oreillers, une partie de la moquette avait disparu…Les murs avaient gardé la trace des jets de sang. Je me souviens être restée 3jours, à les fixer, sans émettre une seule larme. Il a d'ailleurs fallu plus de 4mois, pour que je sois terrassée par mes premiers sanglots.
Après un an et demi, les odeurs ont disparus des vêtements, et je m'en veux d'avoir autant sniffé leur parfum…Peut être qu'après tout ce temps il y serait encore.
Je me souviens avoir lu quelque part, que pour avancer, il fallait pouvoir trouver la force de se débarrasser de ces affaires qu'on touchaient, portaient les personnes que nous avions perdu. Et ainsi ne plus nous entourer de cette odeur de mort. Jamais je ne pourrais le faire, d'une certaine manière, traîner leurs « cadavres » me fait du bien. Ils sont auprès de moi, que ce soit en portant un de leurs vêtements, un bijou, où leurs parfums préférés.
Les premiers cartons contenant les trophées de Phil finis, j'essaie tant bien que mal de les descendre un à un dans le hall de l'entrée. Epuisée par cette remontée de souvenirs, et de l'habituelle colère qui l'accompagne, je décide de me poser une minute à la table de la cuisine, pour manger un bout. Dégustant des cookies, et un jus d'orange, je rate soudainement un battement de cœur en apercevant Edward. Debout, capuche sur la tête, il me fait face de l'autre côté de la rue. A travers les rideaux transparant, il me fixe. Empli d'une colère folle rien qu'à sa simple vue, je me lève, et sors précipitamment, boitant jusqu'à lui.
Face à lui, je fus poignardée en plein cœur par la douleur tordante inscrite sur son visage. Ses émeraudes dont j'avais été ébahi par la beauté, il y a encore quelques jours, avaient repris cette poignante couleur rouge.
« Dégages d'ici ! » lui crachais-je
« Bella, laisses moi t'expliquer » me supplia-t-il cet enfoiré
« Je ne veux pas t'écouter, je veux que tu sortes de ma vie !» tentais-je de garder mon sang-froid
« S'il te plait Bella » ses émeraudes me transcendant le cœur
Je détournais rapidement le regard. Ses pierres vertes étaient ma faiblesse, l'intensité de son regard anéantirait toutes les forces que je rassemblais pour l'éloigner de moi. Je refusais de faiblir.
« T'aurais pu prendre ce téléphone, et me dire que tu m'en voulais, que tu me haïssais et que tu ne voulais plus que je fasse partie de ta vie, au lieu de ça, t'as fermé ta gueule, et j'ai eu peur pour toi, peur que tu sois mort…Tu m'as volontairement écarté de ta vie, alors je n'ai plus à t'écouter »
« Je »
« Je ne veux pas t'entendre Edward, ce que tu as à me dire n'a plus d'importance, TU n'es plus important à mes yeux, juste une mauvaise rencontre qui a beaucoup trop fait de dégât dans ma vie…Mais j'arriverais à t'oublier, JE veux t'oublier »
Sans lui laisser le temps de répliquer, je me retournais, et courrais du mieux que je pouvais vers la maison. Mais avant que je n'aie pu refermer la porte, il fit irruption pour me plaquer contre le mur près de la porte. Un bras autour de ma taille, une main maintenant fermement mon visage, il m'enleva toute échappatoire. Et cette fois, je ne pus me détourner de ses iris hypnotisant. Impossible d'échapper aux regrets qu'il affichait. Pourquoi regrettai-il aujourd'hui, quand il avait eu 4mois pour se rendre compte du mal qu'il me faisait, en taisant sa présence à Forks ?
« T'entendre insinuer que je n'étais rien d'autre pour toi, qu'un pathétique junkie qui passe son temps à pleurer dans tes bras, je t'en ai voulu, tu ne peux pas savoir comme je t'en ai voulu…J'ai voulu mourir, et j'aurais pu mourir, si des flics ne m'auraient pas trouvé dans la bagnole de Lili, en pleine overdose »
Alors que l'entendre parler une première fois de son overdose, m'avait choqué, je fus aujourd'hui déchirée de l'intérieur, de savoir que c'était moi…C'était moi qui était à l'origine de ce qui aurait pu lui être fatale. J'avais envoyé des mots assassins, sans même réaliser l'impact meurtrier qu'ils auraient pu avoir sur lui.
Interloquée, je laissais mes larmes débordaient, prenant conscience que j'aurais pu le perdre
« J'ai été transféré en cure, 4mois à penser à toi, nuit et jour, 4mois à vivre avec le souvenir d'une fille qui m'a rendu vivant en à peine deux mois, ton manque a été pire que tout Bella, j'ai tout autant que toi vécu la souffrance de ne plus t'avoir à mes côtés »
« Pourquoi alors m'éloigner de toi ? Nous aurions pu nous retrouver à ma sortie, parler, et je t'aurais dit à quel point j'ai regretté t'avoir rejeté » crochetais-je son pull, en colère
« Parce que je ne savais pas, j'ai réellement cru tes derniers mots, j'ai pensé que tu m'appelais juste pour te donner bonne conscience, me savoir vivant tu aurais arrêté d'appeler, de t'inquiéter »
Ebranlée par son égoïsme, je tentais de le repousser.
« Lâches moi ! T'es qu'un putain d'égocentrique sans cœur ! » Hurlais-je à son visage
« Pardonnes moi, je t'en supplie »
« Tu m'as trahi, tu m'as anéanti sans t'en soucier…Va te faire foutre ! Sors de ma vie ! » Tapais-je sur son torse, soudain étouffée par sa présence
« Je ne veux pas » articula-t-il à travers ses pleurs
« Tires toi ! Tires toi avec tes putains de regrets ! Je n'en veux pas ! »
Déchaînant fortement mes poings contre lui, il finit par me relâcher.
« T'es autant coupable que moi dans notre échec » lâcha-t-il froidement avant de quitter précipitamment la maison.
Comment osait-il me rendre responsable de la fin prématurée de notre histoire ?
Tu es tout autant que lui, à blâmer. Tes mots ont brisé votre relation fusionnelle, lui donnant un air de faux. Sa vengeance est certes disproportionnée, mais presque compréhensible.
Non ! JE suis celle qui a souffert dans cette histoire ! JE suis celle que l'on a humiliée !
Violentée par les sentiments qui mettait à sang mon cœur, je m'effondrais au sol, pleurant jusqu'à l'épuisement.
Mercredi,
Je n'ai jamais compris pourquoi ressentait-on le besoin de nous noyer encore plus dans notre chagrin, en se plongeant volontairement dans les souvenirs qui nous font souffrir, comme pour nous torturer des regrets, qu'on peut avoir face à la perte.
2jours que je suis cloîtrée dans ma chambre d'hôtel, les yeux vissés vers la fenêtre où claque la pluie abondante, tout en écoutant ma playlist favorite : Edward. J'avais donné son nom à la liste de chansons que nous passions notre temps à écouter tous les deux, sur son canapé tout en regardant la pluie tombée. Le regard perdu dans le temps gris et pluvieux, j'imagine pouvoir changer le passé. Ne pas quitter Edward, lui dire qu'avant de commencer quoi que ce soit, il devait faire une cure, afin que je sois rassurée de ses sentiments, l'attendre, l'aider, puis l'aimer.
Teddy est furieux de me voir dans cet état d'inertie. Je lui avais caché la venue d'Edward quand j'étais Charlie, mais il savait que c'était à cause de lui, que je me trouvais dans cet état lamentable.
« Il me détestait, mais il m'a tout de même embrassé à New York, pourquoi me revoir l'a-t-il fait changé d'avis ? » Des heures que je ne peux pas m'empêcher de me poser cette question.
Des coups sur la porte, me sorte de mon coma éveillé. Je ne veux voir personne, juste me morfondre tranquillement. La personne semble insister, et me pousse à me lever.
La porte à peine ouverte, que je vis déboulé Jasper, visiblement nerveux.
« Jazz ! » surprise de sa venue
« Il a disparu, il a disparu et je sais pas où le trouver »
Plissant les yeux d'incompréhension, je le regardais faire les cents pas, alors qu'il venait d'arriver.
« De quoi tu parles Jasper ? »
« Edward, on l'a pas vu depuis Lundi après-midi…J'ai peur pour lui Bells, il va replonger, c'est certain ! »
« Il n'a pas enduré tous ces mois d'abstinence, pour céder à la première crise de déprime »
« C'est déjà surprenant qu'il n'ait pas replongé avant ! » s'écria-t-il
« C'est qu'une passade, il s'en remettra avec le temps » dis-je avec un air détaché, pas du tout sincère
Et si cette fois, je le perdais pour de bon ? Et si cette fois, il réussit à mettre fin à sa vie ? J'étais certaine qu'il le pourrait. Malgré le mal qu'il m'a fait, il m'était impossible de le savoir mort.
Jasper s'arrêta et se posta devant moi, ses mains pressant fortement mes bras. Ses yeux bleus transperçant et noyé par la tristesse, me broyèrent l'estomac. Edward était comme son frère, et savoir qu'il pouvait à tout moment retrouver ses habitudes de toxico le terrorisait.
« Ce n'est pas qu'une passade vous deux, et tu le sais ! Il est amoureux de toi, peut-être plus amoureux de toi, qu'il ne l'était de Sarah »
« Tu ne peux pas dire ça Jazz ! »
« Je ne veux pas perdre mon meilleur ami ! Tu l'aimes Bells, alors bouges ton cul, et aides moi à le retrouver ! »
« Comment veux-tu que je sache où il se trouve ? »
« Toi aussi, tu sniffais ces merdes, tu dois surement connaître les meilleurs quartiers de Seattle pour en trouver »
« Je ne peux pas aller là-bas, Teddy me tuera ! »
« On parle d'Edward là ! Comment tu peux être aussi insensible ! Il souffre merde ! »
Jasper avait raison, comment pouvais-je être aussi insensible, alors que je crevais d'envie de le retrouver.
« Laisses-moi chercher mes affaires »
Je boitais vers mon lit, pour attraper ma bandoullière. Je me chaussais rapidement, et quittais précipitamment la chambre avec Jasper. Dans sa voiture, il démarra rapidement pour rejoindre la route qui menait à Seattle.
« Je ne veux pas le perdre » répéta Jasper pendant près d'une heure
De nature très calme et posé, je ne l'avais jamais vu aussi angoissé.
Je le guidais plusieurs fois dans les rues de Seattle, avant que nous arrivions dans l'un des quartiers où James, mon ex-dealer, me refourguait plusieurs fois par semaine, une dose de cocaïne, des pilules d'ecstasy, et herbe en tout genre, il y a un an.
Jasper roulait doucement, gêné par la forte pluie, qui nous empêchait d'y voir clair à travers les vitres.
Soudain, une grande silhouette debout au fond d'une ruelle, tendait la main vers un homme, que je reconnaissais facilement être James.
« Là » criais-je à Jasper, en tendant la main sous son nez.
Jasper se gara rapidement sur le bas-côté de la rue.
« Est-ce que c'est lui ? » lui demandais-je
« Je vais aller voir, restes ici »
« C'est dangereux Jazz, je connais ce type et si tu convins Edward, si c'est bien lui, de ne pas lui acheter ces merdes, ça va pas lui plaire »
« J'en ai rien à faire ! »
« A la minute où il te verra, il appellera des types pour te refaire le portrait et le laisser tranquillement faire ses petites affaires »
« Qu'est-ce que tu proposes alors ? »
« Laissons Edward acheter la drogue, tu l'intercepteras quand il sortira d'ici »
Effrayé, Jasper souffla avant de s'enfoncer dans son siège, les mains tremblantes.
Nous observions leur échange pendant plusieurs minutes, avant de voir l'homme, que nous pensions être Edward se dirigeait hors de la ruelle.
« C'est lui ! » confirmais-je
Rapidement, Jasper quitta l'habitacle de la voiture, pour aller à la rencontre d'Edward, qui fut plus que surpris de voir son meilleur ami ici. Pendant près de 5minutes, ils s'affrontèrent, avant que je ne décide d'intervenir. J'attrapais mes béquilles sur la banquette arrière, et sortais sous la pluie forte, pour les rejoindre.
« Va te faire foutre Jazz ! » l'insulta Edward
« Edward, fais pas ça ! » criais-je par-dessus la pluie bruyante
« Qu'est-ce que tu fous là ? » m'enguela-t-il
« Je suis venue te chercher, je m'inquiète pour toi »
« Toi et moi, on a plus rien à faire ensemble, tu me l'as bien fait comprendre, alors tires d'ici ! »
« J'ai pas été » m'arrêtais-je quand je vis un homme à quelques mètres de nous
Merde merde merde ! Du coin de la rue, je reconnus Teddy, qui sortait d'un immeuble délabré. Merde ! Combien avais-je de chance de le retrouver ici ? Normalement aucune !
« Putain, je me suis fait grillée ! »
« Qui sait ? » me demanda Jasper
« Mon tuteur, et je suis dans une grosse merde… Toi, faut qu'on parle ! » M'adressais-je à Edward. « J'ai encore des choses à te dire, Jazz emmènes le chez »
Une fois de plus, je m'arrêtais, quand je vis Teddy courir droit vers nous, une terrifiante grimace au visage. Putain, je sentais déjà la grosse crise !
Alors que je pensais le voir me sauter à la gorge, il attrapa le col d'Edward, et le traîna jusqu'au mur derrière, pour l'y plaquer violemment.
« « Je t'avais dit de ne plus t'approcher d'elle…Je vais te foutre dans une merde pas possible, en portant plainte contre toi, en plus d'avoir des relations intimes avec une élève, quand elle l'était, tu lui vends maintenant les merdes que tu prends » en fouillant dans les poches d'Edward pour en retirer les sachets de coke.
Il le relâcha, et se tourna vers moi, pour m'empoigner fortement le bras, et m'emmener jusqu'à une voiture.
J'étais foutue ! Jena va être heureuse de me retrouver en maison de correction.
