Titre : L'Un à l'autre inconnus
Auteur : Sigognac
Genre : Romance + Hurt / Comfort
Rating : M
Disclaimer : Les personnages et l'univers du manga Naruto appartiennent à Masashi Kishimoto.
Chapitre 13 : Baptême du feu
Kakashi était reparti le lendemain et Iruka n'avait pas résisté plus de deux heures avant de retourner à la librairie. Il avait adoré le recueil de nouvelles recommandé par Aryuu, il adorait tout ce que le jeune homme lui conseillait.
Cela devint une habitude : après ses consultations chez Shizune, il passait immanquablement par la librairie. Au bout d'un moment, Aryuu avait mémorisé ses horaires et l'attendait presque sur le pas de la porte. Iruka ne savait pas bien si c'était parce qu'il était content de le voir ou simplement parce qu'il était un très bon client.
Après les nouvelles et les romans, il osa le théâtre et la poésie. Quasiment tout lui plaisait sans qu'il sache s'il manquait de maturité critique ou si le flair d'Aryuu était infaillible.
Comme ses lectures occupaient maintenant presque toutes ses pensées, il finit par en parler à Shizune lors d'une séance. Elle se montra vivement intéressée et jugea cette nouvelle passion très encourageante. Cela entretenait la vigueur cérébrale d'Iruka. Ce dernier mémorisait de plus en plus facilement les nouvelles informations qu'on lui donnait si bien qu'il ne consultait presque plus son cahier.
Parfois, Aryuu lui racontait sa vie. Ce garçon avait de la famille absolument partout. Ou alors, il avait un petit côté mythomane pour amadouer le client. Iruka se perdait dans toutes ces histoires, mélangeait tous ces pays que l'autre évoquait. Il était gêné de ne rien avoir à raconter lui-même mais il faisait passer ça pour une sorte de retenue professorale.
Il craqua un jour et acheta quelques bouquins de géopolitique et d'histoire pour s'éclaircir l'esprit. Aryuu leva bien un sourcil mais Iruka prétexta immédiatement que c'était pour préparer des cours. Le jeune homme avait opiné un peu mollement comme s'il ne le croyait pas.
"Dîtes, sensei, vous n'enseignez pas vraiment cette année, si ?"
Iruka s'était senti rougir, il bredouilla, ne sachant quoi répondre. Aryuu précisa sa pensée :
"Vous venez toujours en début d'après-midi alors que, normalement, vous devriez être en cours avec vos élèves à cette heure-là. Et puis, surtout, vous ne portez pas votre bandeau ninja. Je l'ai remarqué dès le premier jour. On ne peut pas travailler à l'académie sans bandeau."
Iruka baissa la tête. Lui qui avait cru berner son monde, il se sentait stupide. Il hésita : que pouvait-il dire ou faire ? Jusqu'où devait-il expliquer ?
"Je suis repassé civil à cause de problèmes de santé. Je n'avais pas envie de mettre ça sur le tapis."
Aryuu hocha la tête, ne semblant pas vouloir en apprendre plus. Il n'évoqua plus le sujet.
~/~/~
"La... géopolitique ?", répéta Shizune en faisant la grimace.
Elle ne pensait pas obtenir ce genre de réponse quand elle avait interrogé Iruka sur ses lectures actuelles.
"C'est fascinant ! s'extasia ce dernier. Toutes ces choses que je croyais connaître alors qu'en fait, pas du tout ! Par exemple, j'étais persuadé que le Pays du Feu était la région du monde la plus puissante et la plus riche. Sûrement une vue de l'esprit parce que c'est le pays dans lequel je vis. Une sorte d'ethnocentrisme. Et puis, je sais pas, avec tous ces bâtiments neufs, je pensais vraiment qu'on avait de l'argent. Mais, en fait, pas du tout : le Pays de la Foudre nous surpasse largement !"
"Oui, oui, meubla Shizune, absolument pas intéressée par ce que son patient lui racontait. Et donc, vous ne lisez plus du tout de romans ?"
"Si, si, trois ou quatre par semaine. Mais il me reste largement assez de temps pour faire autre chose... J'ai pas envie d'avoir les connaissances d'un enfant de cinq ans toute ma vie... Et puis, j'apprends des choses sur moi-même en même temps. J'étudie aussi un peu les mathématiques. Je me suis rendu compte que je connaissais toujours mes tables de multiplication."
"Tout comme vous savez toujours lire et écrire, approuva-t-elle. Ça fait partie de votre mémoire procédurale. C'est très bien de chercher à vous instruire, ça ne peut qu'entretenir les capacités de votre cerveau."
"J'en sais rien. Je reste très limité pour mon âge, probablement."
"Je ne pense pas, le détrompa Shizune, mais, si vous voulez, il existe un moyen très simple de s'en assurer."
"Vous voulez me faire passer un test de QI ?"
"On l'a déjà fait : votre QI est très élevé. Je pensais plutôt à vous inscrire à un examen, celui que passent les élèves du civil quand ils quittent l'école. Il a lieu dans un peu plus d'un mois. Vous vous en sentiriez capable ?"
Iruka eut un sourire. Ces derniers temps, il se sentait capable de tout.
~/~/~
"L'examen de fin d'étude, sensei ? Mais pour quoi faire ?"
Aryuu ne comprenait pas, ce qui ne l'empêchait pas de farfouiller dans les rayons.
"Les parents achètent souvent ce bouquin-là.", expliqua-t-il en tendant un pavé à Iruka.
Le jeune homme sortit chargé comme jamais mais satisfait. Il osa même passer à la papeterie pour acheter classeurs, fiches cartonnées et stylos fluo. Il se sentait comme un gosse à son premier jour d'école.
Il rentra à l'appartement et commença immédiatement ses révisions. Les mondes civil et ninja n'étaient finalement pas tant séparés. Les événements guerriers avaient forcément un impact économique et social sur la vie du pays si bien que le programme d'histoire à connaître se concentrait finalement beaucoup sur les grandes guerres ninjas. Ca lui fit tout drôle de voir le nom de Naruto dans les livres d'histoire. Mais il était le vainqueur de la dernière guerre qui s'était déroulée il y a de ça quatre ans. Il tenta de s'imaginer la fierté de son ancien lui d'avoir été le formateur d'un tel héros. Cela devait être l'apothéose de toute une vie. Parfois, Kakashi était évoqué également, on le désignait sous le nom de "ninja copieur". Iruka ne comprenait pas cette appellation et l'avait donc notée dans son carnet. Aucune photo n'était disponible, néanmoins, et il comprit que l'apparence des ninjas devait probablement rester confidentielle.
Il se prépara un programme de révisions drastique. Il était ravi d'avoir enfin un but - même minime - dans son existence.
~/~/~
Kakashi revint deux autres fois et Iruka avait l'impression que son état se dégradait un peu plus à chaque nouvelle apparition. Le jounin parlait à peine, préférant passer de longs moments sous la douche et dormir des journées entières. Dès qu'il reprenait une vague figure humaine, il repartait, pestant sur tout ce précieux temps qu'il avait perdu en repos inutile.
Iruka n'avait pas osé lui dire pour son examen. Il trouvait absurde d'encombrer l'esprit de Kakashi avec ça, il avait clairement d'autres chats à fouetter. Il n'avait même plus l'impression de cohabiter avec lui, de toute manière, l'autre n'étant plus qu'un spectre qui errait là quelques nuits par mois.
Quand il allait en rééducation, il sentait bien que son kiné avait de plus en plus de mal à lui trouver de nouveaux exercices. Son corps avait récupéré sa souplesse d'antan, du moins, il n'éprouvait plus aucune difficulté lorsqu'il s'agissait de faire un mouvement un peu compliqué. Bien sûr, ses capacités devaient être bien maigres par rapport à celles d'un vrai ninja en exercice mais pour son quotidien, c'était amplement suffisant. Il avait envie d'arrêter : ces six heures de rééducation par semaine était du temps qu'il ne passait pas à réviser.
"C'est hors de question !", avait beuglé Tsunade lorsqu'il avait osé franchir la porte de son bureau pour le lui demander.
Elle ne s'était pas justifiée, l'avait simplement mis dehors. Il avait le sentiment qu'elle l'enchaînait à cet hôpital, qu'elle minimisait ses progrès. Il s'était pourtant fait la réflexion plusieurs fois que dans un village civil, personne n'aurait plus remarqué ses handicaps. Son absence de capacité à s'orienter et sa perte de l'odorat étaient finalement assez faciles à dissimuler. Tout comme son amnésie, d'ailleurs. C'était quelque chose qu'il avait eu beaucoup de mal à supporter au début : les gens ne voyaient pas qu'il était malade. Oui, dans d'autres circonstances, il aurait pu réussir à se débrouiller, mais à Konoha trop de gens étaient au courant de son état et personne ne semblait vouloir le traiter en véritable adulte.
Pour la troisième fois depuis son retour au service actif, Kakashi était revenu et reparti en mission. Iruka dormait encore quand le jounin avait quitté l'appartement. Comme toujours, Kakashi avait été incroyablement silencieux : il avait traversé le salon pour sortir mais Iruka, couché sur le canapé, n'avait absolument rien entendu.
Il ne s'était aperçu de son départ que plusieurs heures plus tard quand il avait frappé à la porte de la chambre pour savoir si le jounin désirait un petit-déjeuner.
De nouveau seul, il avait repris sa routine. Il s'était fait un thé qu'il avait posé sur le massif bureau du salon, avait sorti son matériel du tiroir - là où il le dissimulait quand Kakashi était dans les parages. Il s'était mis à rabâcher ses fiches et à faire des exercices d'entraînement. Il s'absorba si bien dans le travail qu'il laissa allégrement passer l'heure du déjeuner. Cela lui arrivait souvent, il mangeait n'importe comment quand il était tout seul.
Il commençait juste à écouter les gargouillis de son ventre quand il entendit un bruit inhabituel, venant du dehors. Cela attira son attention, il se concentra et reconnut le son d'une cloche qu'on semblait agiter. Au début, il se dit que c'était peut-être une sorte d'entraînement ninja et il voulut laisser couler mais il entendit bientôt des clameurs et des piétinements comme si tout le village réagissait au son de cette cloche. Il attendit encore, pensant qu'il analysait peut-être mal la situation et intimidé à l'idée de sortir. Enfin, n'y tenant plus, il prit sa veste et osa faire quelques pas dehors, traversant la cour intérieure pour finalement quitter l'immeuble.
Les habitants courraient partout, les civils dans un sens et les ninjas de l'autre. Iruka resta stoïque sans parvenir à bouger. Il considéra tout ce qui l'entourait et trouva les rues plus poussiéreuses que d'habitude. Doucement, la panique monta en lui : il ignorait ce qu'il était censé faire, il ignorait ce qu'il se passait.
"Iruka-sensei ! hurla une voix. Iruka-sensei !"
Il se tourna et vit débouler sur lui un adolescent en pleine course. Le bandeau ninja sur le front, il avait encore les joues rouges et rebondies de l'enfance alors que ses bras maigres et longs étaient ceux d'un adulte mal nourri. Une interminable écharpe de couleur vive était enroulée à son cou et pendait derrière lui quand il ralentissait.
"Iruka-sensei, criait-il toujours, vous ne devez pas rester là ! Il faut évacuer !"
Il s'arrêta à sa hauteur et sembla vérifier qu'il n'était pas blessé.
"Que se passe-t-il ?"
"Ce qui se passe ? répéta le garçon. Mais enfin, le village est attaqué ! Vous ne sentez pas la fumée ?"
Ca s'accéléra dans la poitrine d'Iruka. Le village était attaqué ? De la fumée ? Qu'est-ce que cela signifiait ? Un incendie ? Une explosion ?
Il allait répliquer mais un voile passa devant ses yeux, comme une ombre, et avant qu'il ait pu comprendre ce qui lui arrivait, il sentit que ses épaules étaient empoignées avec force par une silhouette en face de lui.
« Qu'est-ce qu'il fait encore là ? »
Iruka leva les yeux et discerna les cheveux gris et en bataille.
« Et toi ? demanda Iruka. Toi, Kakashi, qu'est-ce que tu fais là ? »
Le jounin ne sembla pas vouloir l'entendre. La sécurité de Konoha passait avant tout le reste. Dès que le village avait perçu l'attaque, toute leur équipe avait été rappelée.
« Je te faisais confiance, Konohamaru, pourquoi ne l'as-tu pas déjà fait évacuer ? »
"C'est ce que j'essaye de faire, Hatake-san, se défendit l'autre, mais vous savez très bien que je devais d'abord emmener les élèves de l'académie en lieu sûr... C'est ma fonction prioritaire. »
Pour tout réponse, Kakashi eut un reniflement dédaigneux.
« On sait qui c'est ? »
« On l'ignore, répondit le garçon à l'écharpe, ou, en tout cas, je n'ai pas l'accréditation suffisante pour qu'on me le dise. »
Konohamaru hésita. Il savait bien, comme tout le monde, pourquoi Kakashi avait été absent du village ces deux derniers mois.
« Vous craignez des représailles ? », osa-t-il lui demander.
« C'est une hypothèse qu'on ne peut écarter. »
Le regard d'Iruka passait de l'un à l'autre, il ne comprenait rien à cette conversation.
Kakashi était inquiet. Ils avaient anéanti plus de la moitié de la « Confrérie du Tout » comme ils s'appelaient eux-mêmes. Ils n'avaient toujours pas trouvé la cellule – car c'était en cellule qu'ils fonctionnaient – responsable de l'état d'Iruka mais ils approchaient du but. Il n'était pas impossible que leurs ennemis, se sentant acculés, aient cherché à prendre les devants en attaquant le village. D'autant plus qu'on ignorerait à jamais ce qu'Iruka avait pu leur dire sous la torture : qu'ils connaissent le positionnement exact du village caché ainsi que ses faiblesses était donc une hypothèse plausible. Qu'ils cherchent à achever le travail en supprimant une ancienne victime dont la survie leur avait fait beaucoup de tort en était une autre. Ses mains se serrèrent un peu plus autour des épaules d'Iruka.
« De quelles 'représailles' vous parlez ? » interrogea ce dernier.
Enfin, le visage de Kakashi se tourna vers lui. Comme toujours, seul son œil droit était visible mais cet œil n'avait rien à voir avec celui qu'il connaissait. Ce n'était pas l'oeil cerné habituel. Ni celui endormi ou exagérément rieur. Cet œil-là était bien différent : parfaitement alerte et perçant, un sourcil froncé le surmontant. Iruka se sentit comme fusillé.
« Est-ce que ça va, toi ? »
Le ton de la voix n'avait rien à voir avec l'œil. L'un était inquiet, l'autre était en guerre.
« Bien sûr que ça va, s'empressa de répondre Iruka. J'ai juste un peu la trouille. »
« Konohamaru va t'emmener en lieu sûr, tenta de le tranquilliser Kakashi. Fais tout ce qu'il te dit de faire et tout ira bien, d'accord ? »
Iruka hocha la tête. La présence de Kakashi le rassurait. Il avait lu et entendu partout que c'était un excellent ninja.
« S'il se passe la moindre chose, poursuivit-il, tu te caches et tu souffles là-dedans. »
Le jounin le lâcha pour prendre une sorte de petit sifflet dans sa poche.
« Pakkun est capable d'entendre ce son à des kilomètres. Si tu siffles, avec ma technique de téléportation, je serai là dans la minute. »
Iruka, obéissant, mit le sifflet dans sa poche. Cette tâche occupa son esprit déboussolé une seconde si bien qu'il fut surpris quand il se retrouva serré contre le corps du jounin.
« Fais bien attention, d'accord ? » lui chuchota-t-il à l'oreille et Iruka résista difficilement au besoin maladif qu'il ressentait de s'écarter de lui.
« Oui, oui. », affirma-t-il pour écourter l'entretien.
Alors, Kakashi relâcha sa prise sur lui mais alors qu'il se reculait, Iruka l'entendit murmurer, presque pour lui-même :
« Je t'aime, tu sais. »
Iruka eut une réaction automatique : il se dégagea et se détourna un peu brutalement.
De lui-même, Kakashi lui laissa la distance de sécurité dont il sentit qu'il avait besoin. Le jounin contempla le sol, quelques secondes, le dos vouté, et il reprit d'une voix faible :
« Pardon, oublie que je viens de dire ça. »
Iruka ne sut pas quoi répondre, ignorant même si sa réaction était cruelle ou juste sensée. Kakashi disparut soudain de son champ de vision. Il comprit après-coup qu'il avait dû sauter sur un toit.
« Iruka-sensei, cria immédiatement le garçon, il faut y aller maintenant ! Je ne donne pas cher de ma peau s'il vous arrive quelque chose ! »
~/~/~
Iruka arriva au point de repli sans ambages. Konohamaru avait été irréprochable, s'arrêtant à chaque fois qu'il était à bout de souffle. Alors qu'Iruka s'excusait de le retarder, Konohamaru avait même eu la politesse de lui affirmer qu'il était bien plus rapide qu'un civil lambda. Il avait été bien éduqué, ce petit.
Le garçon l'abandonna bien vite, cependant, pensant probablement pouvoir être plus utile ailleurs.
L'endroit où Konohamaru l'avait laissé était déjà très peuplé quand il y arriva, avec une majorité de femmes et surtout d'enfants. Quelques ninjas étaient également présents pour surveiller le tout.
Iruka déambula entre les groupes, désirant se faire discret. Il chercha tout de même du coin de l'œil s'il n'apercevait pas Aryuu mais le jeune homme semblait absent. Iruka ne s'en inquiéta pas trop, supposant qu'il devait exister différents points de repli.
On commandait aux évacués de faire le moins de bruit possible pour ne pas être repérés. Les gens se montraient obéissants mais il était compliqué de faire taire les plus jeunes. Des pleurs de bébé émergeaient régulièrement, immédiatement suivis par des imprécations étouffées mais suppliantes.
Dans un coin, Iruka distingua un nombre important de jeunes enfants assis plus ou moins sagement en tailleur. Plusieurs se chamaillaient gentiment, d'autres se trainaient sur le popotin, babillaient, élevant progressivement la voix. On sentait que, l'appréhension d'un nouvel endroit passée, ils commençaient à s'agiter.
Par curiosité, Iruka se rapprocha. Il chercha du coin de l'œil qui pouvait être responsable de toute cette marmaille et n'identifia qu'une vieille femme, vêtue d'une tunique sombre. Elle dut sentir qu'il la scrutait car elle se retourna et sa face dure et ridée le dévisagea à son tour.
« Iruka-kun, énonça-t-elle finalement alors que sa bouche plissée se tendait en un sourire, cela fait bien longtemps que je ne t'ai vu. »
Il commençait à avoir l'habitude de ce genre de situation et, en fait, les gens l'abordaient toujours de la même manière. Il lui fut assez facile de répliquer.
« Oui, j'ai eu des problèmes de santé. »
Elle opina.
« J'ai su ça, effectivement. C'est dommage. Tu nous manques à l'académie. »
Il acquiesça, le temps d'analyser ses paroles. Il jeta un nouveau coup d'œil aux enfants, tous du même âge, et improvisa :
« Vous avez tous ces enfants à votre charge ? »
Elle était bien plus vieille que lui. Nul doute que même s'ils se connaissaient de longue date, son âge le poussait à la vouvoyer. Quant à son discours, il montrait qu'elle travaillait à l'académie malgré sa vieillesse et il en déduisit qu'elle s'occupait des plus jeunes, ceux qui allaient encore à la garderie.
« Isama m'a laissée, tu penses, expliqua la vieille. Elle se croit indispensable, celle-ci… Enfin, elle est du clan Karugo alors il est vrai qu'elle peut peut-être leur servir à quelque chose. »
La bonne femme paraissait bavarde et il acquiesça à ses commentaires même s'il ne voyait pas du tout de quoi elle parlait. Il observait les enfants, se demandant s'il ne devait pas rester pour l'aider, quand son regard resta fixé sur une tignasse brune. Il pénétra dans le cercle pour en avoir le cœur net.
« Je connais cette enfant, annonça-t-il en coupant la parole à la vieille qui avait recommencé à pérorer. C'est la petite Yûhi, non ? »
« La mère insiste pour qu'on la nomme Sarutobi mais oui, en effet, c'est l'enfant de Kurenai. »
La petite l'avait reconnu aussi et tendait les bras dans sa direction. Il l'attrapa, la soulevant pour la mettre contre lui.
« Je vous la prends, si vous voulez. Ca vous en fera toujours une de moins. »
« Si tu veux, répondit-elle en haussant les épaules, mais c'est loin d'être la plus pénible... »
Il comprit le reproche à peine voilé mais, après tout, il était encore convalescent. Il n'avait pas à s'improviser animateur de garderie. Il s'éloigna un peu trop vite, ne voulant pas que la conversation avec la vieille ne s'éternise.
Il alla s'asseoir, s'appuyant contre la paroi de la grotte. Il mit la petite sur ses genoux et la regarda lui sourire.
Des heures s'écoulèrent ainsi et la présence de l'enfant auprès de lui le rassurait ou plutôt lui donnait du courage. Il avait quelqu'un à protéger, il ne pouvait donc pas se permettre de flancher.
La petite commençait à avoir faim mais il n'avait rien à lui donner. Il voyait bien qu'autour de lui de nombreux parents avaient le même problème. Lui-même n'avait pas déjeuné, il mourait de faim.
Il berçait doucement l'enfant contre lui et elle se montrait compréhensive. Il sentait que c'était une petite d'une grande intelligence.
Du mouvement se fit soudainement ainsi que de la lumière. Si on ouvrait les points d'entrée en grand, c'est que le danger devait être écarté. Iruka se leva comme tout le monde pour tenter de comprendre ce qui se passait.
Son cœur se serra quand il aperçut des cheveux gris qui dépassaient de la foule. Il déglutit, se souvenant des derniers mots échangés. Il enveloppa davantage la petite dans ses bras et s'avança lentement, souhaitant presque se tromper. La masse de cheveux était encerclée et il comprit en approchant que Kakashi – car c'était bien lui - était en train de donner des ordres. L'œil du jounin englobait mollement l'espace mais s'arrêta lorsqu'il passa sur lui. Iruka baissa sa tête, rouge de gêne, mais continua d'avancer jusqu'à entendre les paroles prononcées. Le ton de Kakashi était sûr et tranchant et lorsqu'il se tut, chacun partit jouer son rôle si bien qu'Iruka se retrouva seul, la foule s'étant désagrégée devant lui. Il observa Kakashi un peu craintivement et remarqua le bras de l'uniforme déchiré et teinté de sang.
Kakashi s'était battu.
Il secoua la tête : évidemment que Kakashi s'était battu. Que croyait-il qu'il était parti faire ? En fait, il ne s'était tout bonnement pas posé la question. Kakashi s'était battu pour protéger le village, les civils et donc… lui. Il aurait tout de même pu avoir le bon goût de s'en inquiéter mais ça ne lui était même pas venu à l'esprit.
« Tu vas bien ? »
Kakashi s'était avancé, lui faisant maintenant face. Son ton était empressé.
« Oui, oui. », le rassura Iruka.
Et comme il culpabilisait de ne pas s'être soucié du jounin plus tôt, il demanda à son tour :
« Et toi ? »
Il sentit que la question faisait plaisir même si Kakashi se contenta, comme souvent, de hausser les épaules.
« Oh, oui… Quelques égratignures. Rien de grave. »
Iruka hocha la tête et ils s'observèrent sans savoir quoi se dire d'autre. La déclaration faite par Kakashi avant son départ tournait dans la tête d'Iruka mais il ne savait pas s'il devait aborder le sujet. Devait-il tuer les dernières espérances de Kakashi alors qu'il venait de risquer sa vie pour lui ?
Il hésitait encore quand Kurenai déboula au côté du jounin.
« Ah ! C'est toi qui l'as ! Je la cherche partout ! »
Iruka fronça les sourcils mais l'enfant, dans ses bras, se mit à s'agiter. Il comprit que Kurenai parlait de sa fille et lui tendit avec un sourire d'excuse. Son esprit était lent aujourd'hui.
« Merci de t'en être occupée, déclara-t-elle, ça a dû la rassurer d'être avec toi. »
« Oh, tu sais, c'est plutôt moi que ça a rassuré. »
Le silence tomba et le regard de Kurenai passa de l'un à l'autre. Elle percevait parfaitement le malaise qui flottait dans l'air et, pour tenter d'apaiser la situation, elle proposa d'une voix un peu trop enjouée :
« On rentre ensemble ? »
Elle se plaça entre les deux hommes et tenta comme elle put de meubler le silence sur le début du parcours, notamment en parlant de sa fille à Iruka. Ce dernier se montra intéressé et ouvert même s'il lançait parfois des regards fuyants vers Kakashi.
La grotte qui avait servi de point de repli était à quelques centaines de mètre des frontières du village. Pour rentrer à Konoha, tout le monde prenait donc le même chemin. La foule grossissait à vue d'œil et plus elle augmentait, plus Iruka se sentait cible de regards extérieurs.
Il mit un moment à comprendre qu'en fait, ce n'était pas vraiment lui qui était observé mais plutôt Kakashi. Bientôt cette attention sur le jounin se manifesta : certains villageois s'avancèrent pour lui dire quelques mots auxquels Kakashi se contenta de répondre par un mouvement de tête un peu contrit. Et puis, ce fut au tour de ninjas de venir lui taper dans le dos et de lui adresser des remerciements. Tous avaient la même lueur dans l'œil qu'Iruka mit du temps à identifier car il n'était pas sûr de l'avoir déjà perçue avant : de l'admiration. Oui, tous ces gens admiraient Kakashi et le jeune homme ne parvenait pas à comprendre pourquoi.
« Il s'est bien battu, expliqua Kurenai à son oreille. Ça se répand vite ce genre de choses. »
Iruka observa de nouveau Kakashi, légèrement en retrait, rejetant en bloc les compliments qu'on pouvait lui faire. Il semblait tellement calme et mou. Il avait du mal à le visualiser sur un champ de bataille.
« Kakashi-sensei nous fait encore son modeste, c'est ça ? »
Naruto venait de s'interposer entre lui et Kurenai, sa main s'étant accrochée à son épaule avec brusquerie.
« Comment ça va, sensei ? »
Les yeux bleus du jeune homme le dévisageaient. C'était à lui qu'il parlait ?
« Ça va. », bredouilla-t-il.
Pourquoi donc tout le monde lui posait-il cette question ? Il ne s'était pas battu, lui. Il n'avait rien eu à craindre.
« On s'est fait du souci pour vous. Mais c'était une fausse alerte, faut croire. »
La poigne de Naruto s'était resserrée. Iruka se remémora certaines paroles échangées plus tôt entre le garçon à l'écharpe et Kakashi.
« Ce… ce n'était finalement pas des représailles, alors ? », se rappela-t-il.
Il discerna la surprise chez Kurenai et Naruto mais ce dernier se maîtrisa :
« Non, c'en était pas. », avoua-t-il d'une voix neutre.
« Mais… si ça en avait été… Enfin… J'ai un rapport avec tout ça ? »
« Aucun. »
La voix tranchante de Kakashi avait coupé tout net la conversation. Il fallut quelques instants à Naruto pour s'en remettre. Effectivement, l'attaque n'avait rien à voir avec Iruka mais le simple fait qu'il y ait eu un risque planant au-dessus de sa tête avait rendu Kakashi particulièrement agressif.
« C'était une belle bataille, Kakashi-sensei, évalua finalement le garçon. J'arrive pas à croire que vous me sortiez encore des techniques que je n'ai jamais vues. Je croyais pourtant vous connaître par cœur. »
« Il faut bien que je garde un peu de mystère, répartit le jounin. Sinon, tu vas finir par t'ennuyer. »
Naruto acquiesça avant de demander :
« Et le chakra, vous en êtes où ? »
« J'ai grillé pas mal de mes réserves. »
« On se laisse quoi, alors ? Trois jours ? »
« Trop long. On reprend la route demain. »
Naruto ne semblait pas approuver mais il ne discuta pas. Il savait que c'était inutile.
« Kurenai, tenta-t-il malgré tout, ça t'irait ? »
Pas plus que Naruto, elle n'osa s'interposer entre Kakashi et sa vengeance :
« Ça me va, annonça-t-elle, je ne me suis pas beaucoup battue. »
« Alors, souffla Naruto à regret, c'est entendu. Demain, quinze heures ? »
« Dix. », arrêta Kakashi.
« Dix., répéta Naruto. A demain. ».
Il se volatilisa et Kurenai en fit bientôt de même. Iruka se retrouva seul avec Kakashi.
« Tu repars demain ? ne put-il s'empêcher d'intervenir. Alors que tu es blessé ? »
« C'est une égratignure. »
« Tu dois te reposer davantage. »
« Tu as envie que je reste ? »
La question avait été posée très vite, de manière presque agressive. Pourtant, Kakashi regardait droit devant lui, une sorte de crainte dans l'attitude.
Iruka ne savait pas quoi répondre.
« Tu as besoin de rester un peu, de dormir, de te soigner... », éluda-t-il pour ne pas se montrer blessant.
Ca ne fonctionna pas. Kakashi comprenait très bien ce genre de détour.
« J'ai besoin de partir. », conclut-il.
Il supportait de plus en plus difficilement l'indifférence d'Iruka à son égard.
~/~/~
Le reste du chemin se fit en silence, chacun pensant à ce que l'autre avait dit.
La porte de l'appartement était restée entrouverte. Iruka, dans la panique, ne s'était pas donné la peine de la fermer.
A l'intérieur, sa tasse de thé trônait toujours sur le bureau. Le contenu devait être froid depuis longtemps. A son côté étaient étalés les nombreuses fiches et les manuels dont Iruka se servait pour réviser. Il n'avait pas pensé à ranger, il ne croyait pas revenir avec Kakashi.
Ce dernier traversa cependant le salon sans sembler prêter attention à rien.
« Ca t'embête si je prends la salle de bain en premier ? J'ai besoin de nettoyer mes blessures. »
« Et l'hôpital, ça serait pas plus indiqué ? »
« L'hôpital est débordé dans ce genre de situation et, depuis le temps, je sais comment me soigner. »
« Comme tu voudras. »
Kakashi s'engouffra dans le couloir et dès qu'il ne fut plus à portée de vue, Iruka s'élança vers son bureau pour ranger son matériel de travail. Il ne voulait pas embêter Kakashi avec son examen, il n'avait pas envie de lui en parler. Le jounin repartait le lendemain matin, il pouvait bien attendre un peu avant de s'y remettre. Il jeta le thé froid dans l'évier et fit chauffer de l'eau pour deux. En farfouillant dans le frigo, il trouva de quoi préparer un bouillon. Il mangea sa part et laissa le reste à Kakashi. Il fit aussi un brin de ménage mais l'eau de la douche coulait toujours quand il eut terminé.
Il garda une attitude stoïque un moment : il ne savait tout bonnement pas quoi faire, ses révisions occupant maintenant toutes ses journées. A contre-cœur, il s'empara d'un des derniers livres qu'il avait acheté et s'installa sur le canapé. Il eut le temps de lire sans conviction pendant une bonne demi-heure avant que Kakashi ne se décide enfin à sortir de la salle de bain. Iruka ne se retourna pas, les bruits de cuisine l'informaient suffisamment de ce que Kakashi était en train de faire.
« Tu ne travailles plus ? lança une voix morne au bout d'un long moment. Tu as rangé tes affaires. »
Le jounin avait surgi devant lui sans prévenir, le bandeau sur l'œil et les cheveux mouillés. Il s'installa sur le fauteuil alors qu'Iruka calmait les battements de son cœur qui s'était emballé sous la surprise.
« Je croyais…, bredouilla-t-il, je croyais… Tu es au courant alors ? »
« Au courant de quoi ? », demanda Kakashi.
« Eh bien… pour mon examen. »
« Hm, c'est pour ça alors, tu vas passer un examen ? »
En fait, Kakashi ne savait rien, il était simplement parti à la pêche aux informations.
« Tu devrais pas réviser, reprit-il, si t'as un examen ? »
« Si. Mais comme tu étais là… »
« Je te gêne ? »
« Non ! s'exclama Iruka. C'est juste… Je ne voulais pas t'embêter. »
« Pourquoi ça m'embêterait ? »
« J'en sais rien ! Tu as l'air soucieux ces temps-ci, c'est tout. »
Kakashi était agressif sans le vouloir. Il ne souhaitait pas paraître inquisiteur mais il se sentait intrus dans sa propre maison. Il se releva, alla jusqu'au bureau et ouvrit les tiroirs, là où les affaires d'Iruka étaient rangées.
« L'examen de fin d'études ? », lut-il, surpris, sur un des manuels.
« Je sais, c'est idiot... », anticipa Iruka.
« Pas du tout, coupa Kakashi tout en commençant à parcourir les fiches du jeune homme, c'est un examen que j'ai passé y a longtemps. »
Iruka se redressa à son tour et se rapprocha du bureau.
« Je croyais que c'était un examen civil. »
Le jounin haussa les épaules.
« Les ninjas peuvent le passer aussi s'ils le veulent et mon père était exigeant… »
Iruka prit plusieurs secondes pour analyser les paroles du journin mais il reprit en fronçant les sourcils :
« C'est ton père qui t'a inscrit à cet examen ? »
« Ouais. »
« Mais… Je croyais que ton père était mort quand tu avais huit ans… Ca voudrait dire, enfin, que tu aurais passé cet examen alors que tu n'étais encore qu'un enfant. »
« Mon père était un péteux. Ca l'amusait de raconter au bistrot que son gamin avait de l'avance, c'est tout. Rien d'extraordinaire. »
« Ah ? Passer un examen de fin d'étude à huit ans, ça n'a rien d'extraordinaire ? Que devrais-je dire, moi qui vais le passer à vingt-huit ? »
« C'est pour t'entraîner, je suppose. Tu es capable de passer des examens bien plus compliqués. Tu es brillant. »
On le lui avait dit souvent : il était apparemment brillant.
« Et si je ne l'étais plus ? », demanda-t-il plus pour lui-même que pour Kakashi.
« Tu l'es encore. », répondit l'autre avec tranquillité.
Il continuait de farfouiller dans ses fiches.
« Je te fais réviser ? », proposa-t-il.
L'offre laissa Iruka pantois. Quoi ? Kakashi n'allait tout de même pas passer sa seule soirée de répit à Konoha à le faire travailler, si ?
« Si ça ne te dérange pas… », hasarda-t-il.
Kakashi eut un de ses sourires invisibles qu'on ne discernait que dans le regard : ça ne le dérangeait pas.
~/~/~
« Le Pays de l'Eau est un archipel composé de quatorze îles, récita Iruka. C'est le plus pauvre des cinq pays du fait de sa situation géographique. Son daimyo se nomme Shimizu… Shimizu Usui, fils de Shimizu Kaisui. »
« Et comment se nomme son village caché ? »
Iruka hésita, un peu surpris par la question.
« Le Village caché de la Brume mais… je ne pense pas qu'on m'interrogera là-dessus : c'est un examen civil. »
« N'importe quel civil sait comment se nomme son village caché. Ça fait partie du savoir de base que doit posséder n'importe qui. »
« Justement, osa poursuivre Iruka, pourquoi on les appelle 'village caché', ces villages, alors que tout le monde connait leur existence ? C'est pas un peu contradictoire ? »
« Totalement, admit Kakashi. C'est le nom qu'on leur a donné quand on les a créés mais ils ont dû rester cachés… oh allez, peut-être trois ans, grand maximum. On est bien obligé de passer par d'autres villages pour rentrer et on a des habitants civils à qui il arrive de parler. Sans compter que dans un esprit de coopération, des ninjas des pays voisins viennent chez nous et réciproquement… Comment veux-tu qu'on fasse ? »
« En fait, c'est plus une histoire de frime, non ? Du genre : 'pas touche à mon Pays ou mon village caché va se fâcher très fort !' »
Iruka avait froncé les sourcils en disant cela comme s'il s'énervait pour de vrai, ce qui provoqua un rire léger chez Kakashi.
« Un truc comme ça, ouais. », approuva-t-il.
Il s'empara d'une nouvelle fiche et la parcourut rapidement de l'œil : elle parlait de trajectoires géométriques, schémas à l'appui. L'écriture, serrée, ne ressemblait pas à celle plus ample et ronde d'Iruka.
« D'où ça vient, ça ? »
Iruka se pencha vers lui, ses cheveux longs frôlant le masque du jounin.
« C'est Shizune. Elle m'a passé des fiches qu'elle avait pour me faire gagner du temps. Y a un problème ? »
« Aucun. C'est très gentil de sa part. »
« Ah oui, c'est une fille gentille. »
Kakashi leva son œil vers Iruka qui se trouvait juste au-dessus de lui. Il n'avait pas oublié le flirt avorté avec Shizune. Il se garda donc bien de faire remarquer que les fiches prêtées par la jeune femme étaient bien trop complexes pour un simple examen de fin d'étude civil. Shizune visait plus haut, clairement, mais en informer Iruka ne ferait que lui rajouter une pression qui le paralyserait encore davantage. Déjà qu'il ne croyait pas beaucoup en lui…
Il se contenta donc d'inspirer discrètement l'odeur des cheveux d'Iruka. L'espace d'un instant, il s'imagina repousser ces cheveux en arrière pour dévorer les lèvres, les joues, le visage tout entier du jeune homme et déjà, il s'embrasait de l'intérieur.
Iruka se recula, allant se rasseoir sur sa chaise et pour contenir le désir qui montait en lui, Kakashi se leva avec lenteur.
« On arrête ? », interrogea Iruka et Kakashi, encore dans son fantasme, crut discerner une once de regret dans ses paroles.
« Je dois aller faire mon rapport, détailla-t-il. Pour l'attaque de ce matin. »
« Tu rentres manger, quand même ? »
Le jounin acquiesça. Son cœur s'était emballé à l'entente de la question.
« C'est quand ton examen ? »
« Le mois prochain, se désespéra Iruka, je ne serai jamais prêt… »
« Tu l'es déjà, affirma le jounin. Tu as répondu juste à toutes mes questions. »
« Mais elles étaient faciles. Je vois bien que tu me ménages. »
Kakashi resta stoïque : il n'avait pas arrêté d'essayer de le piéger.
« Merci en tout cas, continuait le jeune homme, c'est plus facile de réviser quand on est deux. »
« De rien, vraiment. »
Kakashi aurait aimé qu'ils soient deux pour l'éternité.
