Chapitre 14:

- Dean Winchester, ancré ! Ben ça alors ! Tous les omégas du monde entier vont être en deuil !

Gabriel eut une moue hésitante.

- Ou faire une méga fiesta pour fêter ça ! Tout dépend de si tu les as déjà baisés ou pas, en fait. Reprit il en haussant les épaules avec un petit sourire en coin. Alors Deano, ça fait quoi de se ranger ?

Dean soupira en levant les yeux au ciel. Mais qu'est ce qui lui avait pris de dire à Sam qu'il passerait le prendre avant d'aller au boulot, et de devoir, du coup, supporter son putain d'oméga effronté en attendant qu'il soit prêt ! Comme si il allait pas avoir assez d'emmerdes à gérer aujourd'hui !

- C'est bon là, Gabriel, t'as fini ? Va plutôt voir ce que fout Sam, on va être en retard ! SAAAM GROUILLE ! Hurla t'il en levant un regard exaspéré vers l'escalier d'où son partenaire tardait à descendre.

- Mais non, t'inquiète, vous avez tout le temps. Et puis tu ne vas pas me priver de ce petit plaisir. Tu me dois bien ça ! Allez, raconte ! C'était comment ces premières chaleurs?

- Quoi ? Répondit précipitamment Dean qui se serait volontiers filé des baffes de se sentir rougir comme un adolescent devant l'oméga. Mais je vais rien te raconter du tout. Et puis mêle toi de ton cul d'abord.

- Mon cul se porte très bien, merci de le demander. Et puis c'est plutôt celui de ton petit angelot qui m'inquiète. Tu as été doux au moins ?

Dean s'avança vers Gabriel, une réplique cinglante sur les lèvres lorsque il vit dans les yeux de l'oméga la pointe d'inquiétude sincère qui se cachait derrière cette attitude si agaçante et son ton sarcastique. Il se radoucit un peu.

- Castiel va très bien. Merci de t'en inquiéter.

- Tant mieux. Répondit sincèrement l'oméga. Si il veut parler...enfin je veux dire, si il a besoin de se confier à un oméga après ce qui lui est arrivé...je suis là... Proposa maladroitement Gabriel soudainement plus si à l'aise.

- Je lui dirais, Gabriel. ...Merci. répondit Dean touché.

Puis l'oméga se redressa et reprit d'un air moqueur.

- Ouais et puis de toute façon le malheureux, il va avoir bien besoin d'un soutien moral pour te supporter. Envoie le moi, je lui donnerai quelques conseils sur comment bien dresser son alpha... Le ciel m'est témoin que j'ai fais de mon mieux avec toi et que tu as fait quelques progrès. Faut dire qu'en partant de si bas, tu ne pouvais que t'améliorer. Mais il y a encore tellement de boulot! Dit il en soupirant comme si la cause était vraiment désespérée.

Sam descendit enfin l'escalier, venant mettre un terme sans le savoir au calvaire de son co équipier et aussi probablement sauver son oméga qui avait quand même un peu reculé devant l'air de nouveau menaçant de l'alpha.

- Putain, Sam, je te jure qu'un de ces jours je vais me le faire, ton oméga. Dit Dean trop rapidement en réalisant une seconde plus tard ce qui venait de sortir de sa bouche. Euh ... enfin, je voulais dire...

- Vrai-ment ? Roucoula Gabriel, en se réfugiant tout de même dans les bras protecteurs de son alpha. Je savais que tu m'appréciais beaucoup, Deano, mais j'ignorais que c'était de cette façon là. Je suis flatté.

Dean se passa une main sur le visage en grognant des paroles incompréhensibles, ce qui valait probablement mieux pour tout le monde. Puis il se dirigea vers la porte d'entrée d'un pas rapide, les poings serrés d'exaspération. Sam interrogea Gabriel du regard et l'oméga haussa les épaules, avec l'air le plus innocent qui soit. L'alpha n'était pas dupe et avait bien du mal à cacher son amusement. Gabriel était le seul oméga qui ait jamais osé parler ainsi à son co équipier. Et à n'importe quel alpha d'ailleurs, lui y compris parfois. Sam l'admirait pour ça, autant qu'il l'aimait. C'était tellement lui. Et puis ça ne faisait pas de mal à Dean d'être remis à sa place de temps en temps! Il déposa un baiser sur les lèvres de Gabriel qui fit un clin d'oeil en direction de Dean.

- Désolé Deano, mais je ne suis pas intéressé. J'ai déjà tout ce qu'il faut à la maison. Dit il en regardant son alpha avec une infinie tendresse. J'espère que je ne brise pas ton petit coeur au moins, dis?

- Gabriel ! Grogna Dean entre ses dents serrées.

Sam s'écarta de son oméga. Il prit son co équipier par le bras et le fit sortir de la maison en rigolant, l'entrainant vers l'impala avant que la situation ne dégénère un peu plus. Ces deux là étaient incorrigibles ! Pas un pour racheter l'autre !

.

Dans la voiture, le silence s'installa entre les deux alphas, Dean visiblement mal à l'aise et Sam ne souhaitant pas lui faciliter la tache plus que nécessaire. Sam n'en voulait pas vraiment à son ami, mais tout n'avait pas été réglé entre eux depuis ce fameux soir où Dean avait fait cavalier seul.

Ils n'avaient pas encore eu l'occasion de se parler depuis que Castiel avait été retrouvé. Et aucun des deux ne savait comment débuter cette conversation. Parler n'avait jamais vraiment été leur fort.

Ne supportant plus ce silence inconfortable, Dean mit en route l'autoradio. Et le reste du trajet se fit au son de la musique Rock qu'il aimait tant. Il faudrait bien qu'il parlent un jour. Probablement. Mais pourquoi le faire tout de suite, si on pouvait remettre ça à plus tard ? Et même encore mieux ne jamais le faire. Ah oui, ça, c'était définitivement un plan qui lui conviendrait parfaitement !

.

wwwwwwwwwwwwwwwwww

.

Lorsqu'il arrivèrent au commissariat, ils n'eurent même pas le temps de s'assoir.

- Winchester! Dans mon bureau ! TOUT DE SUITE !

Le capitaine était furieux et Dean savait que contrairement à Sam, son supérieur n'allait pas le laisser s'en tirer aussi facilement. Et Dean lui avait tout avoué, tout, sans omettre le moindre détail.

- Dean, putain de merde, est ce que tu te rends compte de la merde noire dans laquelle tu t'es fourré ?! Mais bordel, qu'est ce qui t'a pris, imbécile ? hurla le capitaine en faisant les cents pas dans son bureau.

Il lui hurlait dessus depuis dix bonnes minutes maintenant. Il fulminait, rouge de colère. Et, là assis sur cette chaise, le policier s'en remettait au jugement de son supérieur hiérarchique et presque père. Et monsieur le juge était particulièrement en forme ce matin là. Enfin du moins ses cordes vocales! Dean en avait les oreilles qui bourdonnaient. Mais il restait immobile, silencieux et attendait le verdict comme un condamné attend sa sentence. Bobby faisait toujours les cent pas dans la pièce, et levait régulièrement les bras au ciel comme s'il prenait le dit ciel à témoin de ce qu'il devait supporter quotidiennement avec cet abruti.

- Comment est ce que tu as pu faire cavalier seul comme ça? Te rendre au purgatoire, sans renforts, séquestrer un homme, entraîner des civils dans ton expédition, et le pire de tout, aller seul chez Walker ! Tu t'attendais à quoi, espèce d'idiot ? Qu'il te saute au cou pour te dire tout ce que tu voulais savoir ! T'as vraiment un bol pas possible que l'expertise balistique ait confirmé ta version des faits. Avec les traces de poudre retrouvées sur ses mains et ses empreintes digitales sur ton arme, tu devrais obtenir facilement la légitime défense. Enfin seulement si je dis aux affaires internes que c'est moi qui t'avais envoyé là bas pour enquêter. Parce que si je leur raconte qui tu y es allé de toi même, pour faire ta petite vendetta personnelle, ça change tout. Au mieux tu perdrais ta plaque et au pire ils pourraient t'accuser de meurtre avec préméditation.

- Bobby, je ne te demande pas de me couvrir... Commença Dean la voix basse, rapidement coupé par son chef qui n'en avait visiblement pas terminé avec lui.

- La ferme Winchester! Ca c'est sur, t'as rien à m'demander! T'as perdu ce droit quand t'as décidé de nous planter ce soir là sur ce parking, Sam et moi. Mais je ne vais pas te laisser aller en taule, espèce de crétin. Est ce que tu as seulement pensé à ce qui risquait de t'arriver ? Et à ce qui risquait d'arriver à tous ceux qui sont autour de toi et qui tiennent à toi. Bien sûr que non ! Monsieur fonce et réfléchit après, comme d'habitude! Fait chier Dean! Quand est ce que tu prendras un peu de plomb dans le crâne ? Je vais te couvrir pour cette fois, mais ce sera la dernière, tu m'entends ? Si jamais tu devais me refaire un coup pareil, je te tuerai moi même. Et je salerai et brûlerai ton corps pour être sûr d'avoir fait le boulot correctement. Compris ? Maintenant sors de mon bureau, je ne veux plus voir ta gueule pendant les deux prochaines semaines.

- Mais Bobby...mon rapport...

- Deux semaines de mise à pied sans solde pour insubordination ! Et ne t'avise pas de dire quoi que ce soit. Parce que j'ai déjà une furieuse envie de te botter l'cul et je vais pas pouvoir me retenir plus longtemps. Dégage ! Je me charge des affaires internes.

.

Dean ne demanda pas son reste et quitta rapidement le bureau de son supérieur.

Seul dans la pièce principale, Sam le regardait approcher avec un petit sourire amusé.

- La vache ! Je crois que même les murs ont tremblé ! Je ne l'avais jamais vu dans une fureur pareille. Faut dire que t'as fait fort cette fois Dean.

Il s'assit à son bureau face à son co équipier et souffla. C'était le moment. Et puis après tout, au point où il en était...

- Toi aussi tu m'en veux, hein, Sam ?

L'alpha soupira.

- Je vais pas te mentir, je t'en ai voulu sur le moment, c'est vrai. Tu m'as lâché Dean. Comment tu as pu faire ça ? Tu ne me faisais pas assez confiance pour t'aider? Tu sais pourtant que je ferais n'importe quoi pour toi. Qu'est ce qui t'a pris ? Putain sur le moment...

Il serra les poings, se souvenant de sa fureur, mais surtout de son inquiétude, encore mille fois plus forte que sa colère. Il soupira de nouveau puis reprit.

- Mais après j'ai réfléchi. Je sais que j'aurais fait pareil si ça avait été Gabriel. Alors...

Sam haussa les épaules. Et Dean se sentit encore plus mal. Il aurait préféré que son ami lui hurle dessus, comme Bobby. Si ça avait été le cas, il aurait pu s'en tirer facilement en se foutant en rogne et en claquant la porte comme il avait l'habitude de faire quand il se sentait en faute. Et revenir le lendemain, avec son air de chien battu, en sachant que Sam ne lui en voudrait pas. Parce que Sam ne lui en voulait jamais bien longtemps et qu'il lui pardonnait toujours toutes ses conneries, même les plus grosses.

Mais là, devant son air compatissant, Dean su qu'il n'allait pas pouvoir s'en tirer comme ça. Il allait falloir qu'il parle de ce qui s'était passé, parce que c'était son frère et qu'il le lui devait. Mais c'était bien la dernière putain de chose que Dean avait envie de faire à cet instant. Merde ! Il soupira à son tour, fixant son regard sur les dossiers empilés sur son bureau. Tout plutôt que d'affronter les yeux trop compréhensifs de son meilleur ami.

- Non, je crois pas que t'aurais fait pareil. Toi au moins, t'aurais réfléchi un peu plus. Je sais que j'ai déconné. Mais dis pas que je ne te faisais pas assez confiance, Sam, parce que c'est tout le contraire. Je ne voulais pas...j'avais pas le droit de t'entrainer avec moi, tu comprends ? Tu aurais essayé de m'empêcher de faire n'importe quoi et c'était bien ça le problème. Je ne voulais pas que tu m'en empêches. Je t'aurais pas écouté de toute façon. Mais pourtant tu aurais eu raison. Putain, j'ai vraiment déconné. Encore plus que tu l'penses.

Dean baissa les yeux, fixant ses mains posées sur son bureau, sa voix devint plus rauque, comme si il hésitait à poursuivre, comme si il avait honte de lui.

- J'ai failli l'abandonner, Sammy. Bordel, j'ai failli l'abandonner! répeta t'il comme si il n'arrivait pas à y croire lui même. Lorsque le coup de feu est parti et que Gordon est mort, j'ai vraiment cru que j'avais tué Castiel. Je n'avais plus aucune piste. Je ne savais plus où chercher. J'ai failli...

Dean prit son pistolet et le manipula un moment entre ses mains. Puis il le rangea brusquement dans le tiroir de son bureau, ainsi que sa plaque pour la durée de sa suspension. Il se racla la gorge pour se redonner une contenance et releva le regard pour rencontrer celui de son ami.

- Tu m'as sauvé la vie à ce moment là, mec.

Sam le regarda sans comprendre.

- Ton message... tenta d'expliquer Dean. Sinon, je crois que ... Oh et puis merde ! Je suis pas doué pour ces conneries. Je voulais juste te dire merci, frangin. Pour tout !

Sam le fixa, ému. Pour Dean ce petit speech était une première. Jamais encore Sam ne l'avait vu se livrer à ce point.

- Je sors mon mouchoir tout de suite ou t'as pas encore fini ?

Dean eut un sursaut et fronça les sourcils hésitant entre colère et offense. Puis il se ravisa et ne put retenir un petit sourire en coin, en voyant les yeux rieurs de son ami. Il comprenait ce que Sam essayait de lui dire, qu'il n'avait pas à le remercier, qu'il savait qu'il aurait fait la même chose pour lui. C'est toujours ainsi que ça avait fonctionné entre eux, depuis le premier jour. Présents l'un pour l'autre, toujours, quelques soient les circonstances. Bien sur ils avaient déjà eu des désaccords. Et plus d'une fois même ils avaient réglé leurs différents à coups de poings. Mais sitôt la bagarre terminée, sitôt ils étaient réconciliés. Ils étaient frères, encore plus que par le sang. Ils s'étaient choisis. Ils étaient une famille.

- Jerk !

- Bitch !

Ils se sourirent, puis détournèrent le regard, aussi gênés l'un que l'autre de ce moment d'émotion qu'ils s'autorisaient si rarement. Tout était dit. Ils n'en parleraient plus jamais.

- Et l'ivrogne ? Demanda Dean. Michel m'a dit que tu t'en étais occupé. Raconte.

- C'est plutôt simple. Comme il te voyait pas revenir, Novak a fini par m'appeler. Le gars avait déliré dans son sommeil. Il avait parlé d'un container avec vingt omégas qui devait arriver le lendemain. Il ne pouvait pas le laisser partir sans rien faire. Le gars pionçait toujours. Michel l'a détaché, enlevé la perfusion, et ramené dans la ruelle où tu l'avais récupéré. Je sillonnait déjà la ville depuis des heures en voiture de patrouille pour te retrouver, alors j'ai fait semblant de passer par là par hasard et je l'ai coffré. Il n'a pas mis longtemps pour se mettre à table. Je sais pas ce que Novak a mis dans sa mixture, mais il était tellement shooté qu'il ne se souvenait pas de grand chose. Il pense avoir été enlevé par des extra terrestres. Rit Sam.

- Vingt omégas ! Putain !

- Ouais, on les a tous récupérés. Ils sont pas mal traumatisés, mais ils vont s'en sortir. Garth et Benny sont entrain de remonter la filière. Ca va loin, jusque dans les pays de l'Europe de l'Est. Ils les faisaient venir par cargos pour les revendre, les ordures.

- Mais alors, Bobby aurait dû me filer une putain de médaille au lieu de m'engueuler. Protesta Dean. J'ai sauvé vingt omégas.

Son collègue le fixa avec une expression exaspéré qui lui fit clairement comprendre le fond de sa pensée.

- Novak a sauvé vingt omégas, Dean. Et d'ailleurs, en parlant de ta belle famille...

- Ouais, ils ont un peu spéciaux. Je sais.

- Oui, spéciaux. On peut dire ça comme ça. Approuva Sam. T'as vu l'autre frère ? Celui qui a débarqué chez Roman ce soir là ?

- Il s'appelle Lucifer. Répondit Dean avec un petit sourire entendu, comme si ça expliquait tout.

- Et ben, on peut dire qu'il porte bien son nom celui là. Une chose est sure, c'est que j'aimerais pas m'en faire un ennemi.

- Vaut mieux pas non. Confirma Dean au souvenir de Michel lui disant que Lucifer s'était occupé de Roman. Il pensa d'ailleurs qu'il lui demanderai plus de détails, un jour, si l'occasion se présentait. Juste pour savoir...

Sam redevint plus sérieux et ajouta.

- Tu sais qu'il va falloir que Castiel vienne faire sa déposition.

- Oui, je sais. Et je voudrais que ce soit toi qui t'en charge. Il te connait, il te fait confiance. Ca sera moins dur pour lui.

- Bien sur Dean. Vous avez pu parler ? Demanda Sam doucement.

- Oui. Roman ne l'a pas violé.

Sam poussa un soupir de soulagement.

- Bien ! Il pourrait venir demain matin, si ça lui convient, ça ne devrait pas être très long. Cet aprèm, on va chez Roman. On a obtenu un mandat pour fouiller sa maison, et vu la taille de la baraque, ça va nous prendre des plombes.

Dean regretta que sa mise à pied ne l'empêche de participer à la perquisition.

- T'en fais pas, je te dirai ce qu'on aura trouvé. Lui dit Sam devinant ses pensées comme toujours. Bon, alors qu'est ce que tu comptes faire de tes deux semaines de vacances, veinard ?

- Bobby te l'avait dit ?

- Heu... non. Mais difficile de l'ignorer, je crois qu'on l'a entendu te gueuler dessus jusqu'en Chine.

Dean rigola. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il allait faire de ce temps. Il aurait bien proposé à Castiel de prendre quelques jours loin de tout, juste pour changer d'air, de monter dans l'impala et de rouler pour le plaisir de voir où ça les mènerait. Ils en avaient bien besoin tous les deux.

- Bon, faut que tu y ailles maintenant. Parce que si Bobby te vois encore là quand il va sortir de son bureau, je crois bien qu'il va t'arracher la tête !

- Ouais, t'as raison. A bientôt Sam. Fais attention à toi pendant ces deux semaines, ok ?

- Oh t'en fait pas, de toute façon je suis encore coincé au bureau à cause de ma blessure.

- Planqué !

- Dégage ! Rit Sam en lui montrant la porte.

.

wwwwwwwwwwwwwwwwww

.

- J'aimerai aller voir ma famille, Dean. Lui dit Castiel lorsqu'il rentra à l'appartement. Je ne les ai pas vus depuis...tout ça.

- Tu te sens suffisamment bien pour prendre la voiture ?

- Oui. Tu m'accompagnes ?

- Bien sur Cass.

En chemin, Dean expliqua à Castiel que Sam l'attendait le lendemain pour qu'il fasse sa déposition, s'il se sentait prêt. Castiel acquiesça silencieusement.

- Je viendrai avec toi si tu veux.

- Je préférerais pas. Répondit l'oméga en détournant le regard.

- Mais pourquoi ?

Castiel resta un moment silencieux, regardant défiler le paysage par la vitre de la voiture.

- C'est une chose de connaître les grandes lignes, Dean. Mais s'en est une autre d'entendre les détails.

- Ok, Cass. Je t'accompagnerai, mais je n'entrerai pas avec toi, si c'est ce que tu préfères.

- Et tu n'iras pas regarder derrière la vitre sans tain de la salle d'interrogatoire.

- Et je n'irai pas regarder derrière la vitre sans tain de la salle d'interrogatoire. Répéta docilement Dean.

- Et tu ne liras pas le rapport, non plus. Promets le moi, Dean.

L'alpha le regarda avec suspicion. Pourquoi est ce que Castiel insistait autant ?

- Cass, est ce que ... ?

Castiel comprit la question de Dean sans qu'il n'ait besoin de la formuler.

- Non Dean, il ne s'est rien passé de plus que ce que t'ai raconté. Je te le jure, fais moi confiance. Mais si je dois donner plus de détails, je ne veux pas que tu ais ces images là en tête. Je ne veux pas que Roman s'immisce entre nous de cette façon. Pas question que je le laisse gagner, ajouta t'il avec conviction.

Dean détourna une seconde son regard de la route, pour le poser sur son oméga assis à ses côté. Il fut impressionné une nouvelle fois par sa force de caractère et sa détermination. Lui qui pensait il n'y a pas si longtemps que les omégas étaient faibles, dociles, contrôlables. Comment avait il pu se tromper à ce point ?

- Ok, Cass, Je te le promets.

.

Lorsqu'ils arrivèrent, Castiel alla un moment s'isoler avec Anna. Dean comprit que c'est à elle que Castiel avait envie de se confier à ce moment là. Et même si il en ressentit un pincement au coeur, il le comprenait et l'acceptait.

Michel et Balthazar se trouvaient à leurs travails respectifs. Seul Lucifer traînait devant son café, avec une mine chiffonnée. Il était visiblement réveillé depuis peu malgré l'heure déjà bien avancée de la journée. Vie nocturne de boite de nuit oblige, se dit Dean en allant le rejoindre.

- Un café ? Proposa Luc en désignant la cafetière de la tête.

- Et comment !

Dean se servit et s'assit face à lui, à la table de la cuisine. Il réfléchit un moment, sa tasse fumante à la main, au meilleur moyen de poser sa question. Il haussa les épaules. De toute manière, il n'y avait pas de bonne façon de demander ça. Il se lança.

- Luc, je peux te poser une question ?

- Tu viens juste de le faire Dean. Répondit Lucifer d'humeur joueuse.

Dean leva les yeux au ciel. Bon sang qu'il pouvait être exaspérant! Lucifer sourit.

- Bon ok, Vas y.

- Roman. Dit il simplement.

Lucifer sourit de nouveau, manifestement amusé de la question sous entendue de son vis à vis. Il leva exagérément un sourcil et posa un doigt au coin de sa bouche dans une caricature de moue offensée.

- Comment ça Dean ? Tu me demandes à moi, un respectable citoyen de notre très chère ville, de t'avouer à toi, un policier assermenté, un hypothétique crime que j'aurais éventuellement pu commettre. T'es pas sérieux là, si ?

Dean ne se démonta pas.

- Si très sérieux. Mais pour ce qui est du policier assermenté, il est en congés forcés pour deux semaines. Et de toute façon il n'est pas présent dans cette pièce.

Luc ricana.

- Et bien disons que si un très hypothétique crime avait effectivement été commis, je t'assurerais que la toute aussi hypothétique victime, que son âme pourrisse en enfer, ne serait pas prête de refaire surface. Au sens littéral du terme bien sûr. Et que si c'était malgré tout le cas un jour, ce ne serait de toute façon pas en un seul endroit, ni en un seul morceau... Ajouta Lucifer en lui faisant un petit clin d'œil, visiblement très amusé de sa répartie qu'il trouvait décidément très spirituelle.

Dean hocha simplement la tête.

- Bien.

- A ton tour Dean. Dis moi comment va mon frangin.

- Il va mieux. Ses blessures sont entrain de cicatriser. Il est fort. Il se remet.

- Tant mieux ! Et entre vous ?

- Tout va bien, Luc. Et je ne tiens pas DU TOUT à m'étendre sur le sujet. Ok ?

- Oh Dean, j'adoooore quand tu rougis, c'est siii mignon ... se moqua t'il ouvertement d'une petite voix enfantine.

- Et de quoi aurait il à rougir ? Demanda Castiel en franchissant le seuil de la cuisine, les faisant se retourner brusquement tous les deux.

- Mais de rien, frangin. Dean n'a pas à rougir de ses ... performances, n'est ce pas ? C'est un policier hors pair, tout le monde le sait...Rajouta Lucifer toujours très amusé, sans même essayer de donner le change.

- Luc ! Le sermonna Castiel en levant les yeux au ciel.

- Castiel ! répondit Lucifer sur le même ton.

Dean les regardait se chamailler, en riant. Castiel était détendu, souriant. De toute évidence, parler avec sa sœur lui avait fait du bien. Tout était pour le mieux !

.

Ce soir là, avant de s'endormir, dans cette position qu'ils affectionnaient tant, le dos de Castiel plaqué contre le torse de Dean maintenant que ses blessures le lui permettaient de nouveau, Castiel demanda:

- Tu m'en veux Dean ?

- De quoi mon ange ?

- D'avoir parlé à Anna...et pas à toi.

- Je t'en voudrais si tu ne parlais pas, Cass. Mais c'est toi qui décide avec qui tu veux le faire. Je veux juste que tu saches que tu peux m'en parler aussi, si tu veux. Je ne veux pas que tu gardes tout ça pour toi juste pour me ménager. Je peux encaisser tu sais.

Castiel se tourna légèrement vers lui et lui sourit.

- Je sais Dean. Je le ferai. ... Dean ?

- Oui, Cass.

- De quoi est ce que vous avez parlé avec Lucifer dans la cuisine ?

Dean hésita, mais répondit tout de même franchement à la question.

- De Roman.

Castiel se tendit. Dean passa son bras autour de lui, en un geste rassurant et protecteur.

- Il ne fera plus jamais de mal à personne. Plus jamais. Ton frère s'en est assuré.

Castiel hocha la tête mais resta silencieux, resserrant les bras de Dean autours de lui. L'alpha déposa un baiser sur sa nuque ce qui le fit sourire malgré lui. Et ils s'endormirent ainsi, simplement apaisés de se sentir l'un contre l'autre.

.

Le lendemain matin, Castiel se réveilla de bonne heure. L'idée de faire sa déposition le rendait nerveux, même si il ne voulait pas l'avouer. Dean sentait son angoisse, mais ne savait pas comment l'aider. La psychologie n'était décidément pas son fort, et il détestait se sentir aussi impuissant. Ils se préparèrent rapidement et partirent pour le poste de police.

Dès leur arrivée, Sam pris Castiel en charge et le fit entrer dans la petite salle d'interrogatoire. Dean alla s'asseoir à son bureau, fixant la porte de la pièce ou son ami et son compagnon venaient d'entrer. Il comptait bien respecter la promesse faite à Castiel la veille, même si le besoin de savoir le taraudait.

Pas question Dean. Il commence à se sentir bien avec toi. Il t'a demandé de lui faire confiance. Fais pas le con ! Se dit il.

Il en était là de ses pensées, lorsque la voix de son capitaine retentit:

- Winchester, ramène tes fesses !

- Je sais Bobby, je devrais pas être là. Dit il en entrant dans le bureau de son supérieur. Mais en fait je suis pas vraiment là. Cass est venu faire sa déposition. Je l'accompagne, c'est tout.

- La ferme Dean. J'ai quelque chose à te dire.

Dean grimaça.

- J'avais espéré que tu avais déjà tout dit la dernière fois. Tu veux m'en passer une deuxième couche ? Demanda Dean qui craignait quand même un peu une réponse affirmative malgré son air faussement décontracté.

- Si tu me laissais en placer une, je t'expliquerais, idiot ! Râla le vieil homme.

Puis il reprit d'une voix plus douce.

- Les gars sont allés perquisitionner chez Roman hier.

- Sam m'en avait parlé. Le coupa t'il avant de s'apercevoir de son erreur en voyant le visage de son supérieur se renfrogner. ...avant que je ne quitte le bureau pour les deux semaines de mises à pied amplement méritées que tu m'as données. S'empressa t'il d'ajouter en voyant son capitaine froncer les sourcils.

Bobby soupira.

- Ouais, passons ! Ils ont trouvé plein de choses dans le coffre fort de Roman. On peut dire qu'il savait diversifier ses activités celui là. On a trouvé des documents l'impliquant dans des trafics de drogue, d'omégas et même d'armes. Il avait un revolver avec des balles à tête creuses. Les mêmes que celle qui a blessé Sam en passant à travers son gilet par balles dans cet entrepôt. Et puis on a aussi trouvé ça.

Il posa un DVD sur le bureau. Dean le regarda, interrogateur.

- Ce fumier se filmait, pendant qu'il... enfin, avec ses victimes. Peut être pour pouvoir faire chanter leurs alphas plus tard au cas où les lettres ne suffiraient pas, ou simplement pour revivre ses crimes. Va savoir ce qui peut se passer dans la tête d'un malade dans son genre. On a trouvé un DVD au nom de chacune des victimes. Et celui ci, c'est celui de...

- Castiel. Dit Dean, sentant la bile lui remonter dans la gorge. Tu l'as regardé Bobby ?

- Non. Je me suis dit que tu voudrais le faire toi même. Je ne l'ai pas enregistré dans les pièces à convictions non plus. Je savais que tu ne voudrais pas que ça reste dans le dossier. De toute façon, je doute qu'il y ait un procès un jour. Roman a disparu, et il est probable qu'on ne le revoit jamais.

C'est même sûr. Se dit Dean en lui même.

- Et même si il y a un procès un jour, on a largement assez de preuves contre lui. Tu peux le prendre et en faire ce que tu veux.

- Sam va le dire à Castiel... que vous avez un enregistrement ?

- Non, il ne lui dira rien.

Dean prit le disque et le fit tourner dans ses doigts. Il pouvait le visionner, Castiel n'en saurait jamais rien. Il se livrait un véritable combat intérieur, partagé entre son besoin de savoir, d'être sûr, et l'envie de respecter la volonté de son amant. Il prit le DVD et sortit du bureau de son capitaine.

- Merci Bobby. Merci pour tout !

- Mouais... Allez, maintenant file! Et je veux vraiment plus te voir pendant deux semaines !

.

Dean retourna s'asseoir à son bureau en attendant que Castiel ne finisse sa déposition. Il regardait fixement le DVD qu'il avait posé devant lui. La porte de la salle d'interrogatoire s'ouvrit. Castiel le chercha du regard et lui fit un petit sourire triste et fatigué en se dirigeant vers lui.

- Ramène moi chez nous Dean.

- Ca va Cass ?

- Ca ira. Répondit simplement l'oméga. Qu'est ce que c'est ? Demanda t'il en désignant le DVD.

Dean regarda encore une fois le petit disque posé sur son bureau, puis Castiel qui le fixait de son regard si bleu et si rempli de confiance.

- C'est rien. J'en ai plus besoin.

Il prit le DVD, le cassa en deux et le mit à la poubelle.

Il se rapprocha de son oméga, prit sa main dans la sienne, entrelaçant leurs doigts, sous le regard de Sam qui n'en revenait pas que son ami se livre à de telles démonstrations d'affection en public.

- Cass, ça te dirait qu'on parte un peu ? J'ai deux semaines de congés obligatoire. Et toi aussi tu as un peu de temps devant toi avant de reprendre le boulot. Et si on prenait l'impala, juste comme ça, pour voir où elle nous emmène ?

L'oméga plongea son regard bleu azur dans celui vert émeraude de son alpha. Il pencha la tête de côté avec cette expression si indéfinissable qui le caractérisait.

- C'est une très bonne idée, Dean. Vraiment une très bonne idée...

La route se profilait devant eux. Il y aurait probablement encore des hauts et des bas entre l'alpha borné et l'oméga rebelle. Mais ils s'étaient trouvés, ils avançaient ensemble, il fallait croire qu'ils étaient faits l'un pour l'autre.

FIN

.

Voila mes amis, cette petite histoire est terminée.

Ma première fic. Snif, ça me fait quelque chose !

Et ça me fait aussi quelque chose de vous quitter. Vraiment merci très sincèrement de m'avoir lue, de m'avoir écrit. J'ai été étonné et touchée de vos messages.

Merci merci beaucoup.

.

Et qui sait...à bientôt peut être avec une autre fic, mienne ou votre ... ;)