Chapitre 14
Tu refuses de me donner la vie
« C'est mignon, » sourit Moi, en coin. « Je veux dire, il essaye, n'est-ce pas Harrison ? »
Harry ricana, les yeux fermés. « Voldemort essaye, oui. Mais il est toujours aussi complètement ignorant lorsque l'on parle des émotions des autres. Je veux dire, il ne comprend pas pourquoi je suis contre le fait de faire de Londubat un sorcier noir. » Moi baragouina quelque chose, fixant Harry avec intensité.Même avec ses yeux clos, Harry pouvait sentir son regard sur lui. « Quoi ? » demanda-t-il, une légère grimace moqueuse sur les lèvres. Il savait ce qui allait arriver...
« As-tu essayé de lui en parler ? Je veux dire, tu l'as dit toi-même, il n'a absolument aucune idée de ce que tu ressens. Peut-être qu'il est confus de la raison pour laquelle tu te sens ainsi envers Londubat. » Il fit une pause et Harry ouvrit brusquement les yeux. Les couleurs apaisantes autour de lui calmaient son anxiété.
« Est-ce que tu pense qu'il s'en souciera ? » demanda Harry, amusé. « Londubat est son Horcruxe. C'est un morceau de son âme. Pourquoi se soucierait-il que je n'aime pas ce fait ? »
« Tu pourrais toujours au moins lui expliquer. »
Le silence s'étira entre eux.
« Je ne comprends pas ce rituel... » commença Harry, lâchant à brûle-point ce qu'il avait dans la tête. « Je veux dire, je suppose que cela a du sens. C'est pourquoi mon père a toujours favorisé Drago, et pourquoi Drago a toujours été aussi bêcheur... c'est parce qu'ils vont recevoir un peu de magie de la part du Seigneur des Ténèbres-, »
« Et vice-versa, » l'interrompit Moi.
« C'est ça, » acquiesça Harry, fronçant des sourcils. « Alors ils vont partager leur magie. Je me suis renseigné sur le rituel dans le livre de Sirius et j'en ai même parlé à mon père... tout correspond avec ce qu'a dit Voldemort. » Moi fixa Harry, leurs paires d'yeux identiques se défiant.
« Hum, » dit Moi, un sourire au visage. « Voldemort t'a dit la vérité, qu'y-a-t-il de suspicieux là-dedans ? »
Voldemort l'avait regardé droit dans les yeux. « Je trouve ça juste... bizarre. Imagines-tu vraiment le Seigneur des Ténèbres partager sa magie ? » Harry soupira, jetant un regard noir dans le vide. « Je veux dire, il n'y a aucun effet secondaire au rituel. En aucun cas Drago et les quatre autres pourraient le vider de sa magie et Voldemort ne le pourra pas non plus, ni leur faire du mal d'aucune façon. Donc je n'ai pas de raison de m'en faire, Drago ne serra pas blessé... Je ne vois simplement pas la raison pour laquelle Voldemort voudrait faire ce rituel. »
« Pour avoir plus de pouvoir bien sûr, » dit Moi d'une voix traînante.
« Non, » Harry secoua la tête. « Il n'aurait pas plus de pouvoir du tout. » Sa voix était douce. « Il aurait à partager ses pouvoirs. Et cela ne lui ressemble pas. »
Il y eut un nouveau silence.
« Qu'essaies-tu de dire, Harry ? » le questionna Moi, haussant un sourcil. « Tu ne crois pas Voldemort ? Alors même que tu lui as demandé de te dire la vérité ? Même s'il t'a regardé droit dans les yeux ? Dis-moi, Harry, qu'arriverait-il s'il t'avait menti ? Et si le rituel n'était pas réellement ce qu'il semble être ? S'il blessait Drago... ou pire... s'il le tuait ? »
Les yeux verts de Harry flamboyèrent.
« Je ne lui ferais plus jamais confiance. »
« Tu dis ça maintenant... » commença Moi, une moue crispée aux lèvres. « Mais lorsque vous allez vous rapprocher, et que vous vous serez habitués à la présence de l'autre, tu trouveras ça plus dur de-, »
« Non, » l'interrompit Harry. « Je ne le croirai jamais plus. Peu importe à quel point je 'l'aimerai'. »
Moi claqua sa langue contre son palais, ses yeux vert brillant d'amusement et d'une vieille sagesse.
Harry ouvrit les yeux, fixant le mur du compartiment vide. Il avait eu besoin d'une bonne séance de méditation. Et il avait besoin des questions et du soutien de Moi. Il ne faisait toujours pas confiance à ce qu'avait dit Voldemort à propos du rituel... cela n'avait simplement aucun sens. Mais pour le moment, il allait écouter aveuglément Voldemort et il irait où les ordres de l'homme le mèneraient... juste pour le moment.
Il fit un sourire en coin et regarda par la fenêtre du train. Son père l'avait déposé à Kings Cross, Drago sur leurs pas, silencieux. Après que Lucius eut souhaité un bon voyage à ses fils, Drago s'était sauvé, regardant partout sauf vers Harry. Cela n'avait pas embêté Harry tant que ça. Son frère était un foutu lâche. Il y était habitué.
Avant qu'il ne puisse se perdre plus profondément dans ses pensées, la porte du compartiment s'ouvrit bruyamment. Harry se tourna calmement vers le responsable de tout ce désordre et il fit un sourire lorsqu'il vit qui se tenait de l'autre côté du compartiment.
« Harrison Regulus Malefoy, » ronronna Zabini, ses yeux noirs étincelant. « Cela fait bien trop longtemps, mon ami. »
« Blaise, » il se leva et lui tendit une main. Le sorcier noir lui fit un sourire en coin et ignorant sa main tendue, il lui donna une accolade. Harry se raidit légèrement dans l'étreinte, mais il sourit quelques secondes plus tard. « Comment s'est passé ton séjour en France ? »
Le sorcier noir relâcha Harry et haussa nonchalamment des épaules. « Comme toujours, tout était incroyablement magnifique et c'était dur de partir. » Ses yeux dansèrent sur le corps de Harry et le jeune Malefoy le dévisagea en retour. Blaise avait toujours été un sorcier grand et plutôt mince. Qui aurait cru qu'un été passé au loin aurait fait autant de merveilles chez le garçon, le transformant en un jeune homme. Harry se sentit envieux par son corps parfait. Pourquoi était-il maudit et avait un corps … aussi petit et délicat ?
« Tu as grandi, » dit Harry sèchement, s'asseyant en soupirant. « Dis-moi ce que ta mère te donne à manger, veux-tu ? Apparemment, ma mère n'a pas eu le message. » Blaise rit et s'assit gracieusement en face de lui. Le jeune Zabini était plutôt beau garçon. Il avait hérité de le beauté naturelle et forte de sa mère... une beauté masculine.
Ses longs cils papillonnèrent alors qu'il regardait Harry de haut. « N'en fais pas tout un plat, Malefoy. » Harry fit une grimace à Blaise tout en regardant ses ongles. « Tu as l'air tout à fait délicieux. Vraiment, je coucherais avec toi n'importe quand. »
Les yeux verts de Harry se posèrent également sur le sorcier noir. Il se souvenait très clairement de la conversation qu'ils avaient eue juste avant que Blaise ne parte pour la France. Blaise avait avoué avoir évité Harry pendant toutes ces années à Poudlard parce qu'il était effrayé de tomber sous le charme de Harry... et que la vision que sa mère avait Vue se réalise vraiment. « Pourquoi es-tu ici ? » lui demanda Harry doucement, plus sérieux. « Tu m'as dit ne pas vouloir te rapprocher de moi... Qu'a Vu Pythia dans sa vision exactement ? »
Blaise s'adossa contre le dossier de sa chaise, croisant les jambes. Léchant ses lèvres, il jeta un coup d'œil par la fenêtre puis il reporta son attention sur Harry. « Tu es un Voyant. Tu devrais savoir que toutes les visions ne tournent pas forcément de la manière dont tu l'as Vois. Si tu sais que quelque chose va arriver, tu peux essayer de l'en empêcher. Je peux essayer d'empêcher ce qu'elle a Vu. » Blaise se pencha en avant, ses yeux sombres intenses. « Pour être tout à fait honnête avec toi, Harrison, ce n'est pas seulement ta beauté qui m'intéresse, mais surtout toi, en tant que personne, tu me fascines bien trop pour que je laisse tomber. Je ne peux pas rater la chance de me rapprocher de toi simplement parce que ma mère a Vu que le Seigneur des Ténèbres allait découvrir ce qu'il s'était passé entre nous... »
Harry sourit. « Alors, nous sommes faits pour être ensemble. »
Ses lèvres pleines tremblèrent, mais elles gardèrent leurs courbes sensuelles. « Sexuellement... sentimentalement, oui. » Les deux garçons se fixèrent l'un l'autre. « Mais qui a dit que nous devions directement nous jeter dans un lit ? Clairement, cela ne me dérangerais pas beaucoup si nous le faisions, mais je sais que tu es déjà trop attaché au Seigneur des Ténèbres pour que l'on devienne amants. » Il haussa un sourcil. « Je suppose que d'être des proches amis fera l'affaire pour le moment. »
Harry n'aurait jamais pu nier l'attraction qu'il y avait entre eux. Il y avait quelque chose... peut-être était-ce dû à la beauté de Blaise ou sa personnalité si mystérieuse... mais peu importe ce que c'était, Harry était vraiment captivé. Et cela aidait que le jeune homme n'ait pas le manque de compréhension qu'avait Voldemort. Blaise était plutôt équilibré au niveau des sentiments et des émotions … après tout, sa mère était une Voyante.
« Je ne suis pas attaché au Seigneur des Ténèbres, » nia Harry. « Tu m'as dit, avant de partir, que j'avais besoin de le faire brûler de désir pour moi, tu t'en souviens Blaise ? » Le sorcier à la peau noire resta impassible. « Je ne l'ai pas encore laissé prendre possession de moi. »
« Mais tu as, »
« Non, » Harry plissa des yeux. « Et comment diable le saurais-tu ? »
« Ma mère est une Voyante, Harrison. Ou l'as-tu oublié ? » Blaise haussa les épaules. « Elle vous a Vu aller assez loin tout les deux... » Ah, donc Pythia avait eu une vision du présent.
« Est-ce qu'elle te raconte toutes ses foutues visions ? » Harry crispa ses lèvres.
Blaise soupira, souriant. « Donc tu lui as permis de prendre possession de toi, pas complètement, mais bien assez. Je suis plutôt... déçu. Je vais simplement devoir te courtiser avec plus d'ardeur dans ce cas. En secret bien entendu... » Il se pencha en avant abruptement. « Cela restera entre nous. »
Harry n'était pas un partisan de l'infidélité. Il méprisait les personnes déloyales et traîtresses envers leurs amants. C'était sa plus grande faiblesse... il était totalement loyal à son amant, peu importe qui il était. Mais... s'il se mettait avec Blaise, cela voudrait-il dire qu'il était infidèle à Lord Voldemort ? Il repensa à la nuit précédent, dans le bureau de son père. Ils avaient partagé un moment très chaud et Voldemort avait été vraiment curieux lorsqu'il avait demandé à Harry ce qu'il devait faire pour gagner son respect.
« Je... » Il leva la tête vers Blaise. « Je ne peux pas être avec toi sexuellement, Blaise. »
L'homme Zabini ne sembla pas découragé. « Je respecte ça, Harrison. Tu es vraiment un petit con loyal, n'est-ce pas ? » Le garçon s'adossa contre sa chaise une nouvelle fois. Mais il y avait quelque chose dans ses yeux... et Harry n'avait pas besoin d'être un Voyant pour savoir que c'était de la détermination.
Il ne savait pas s'il devait se sentir flatté ou prudent.
-SSC-
Les murmures et le monde qu'il y avait dans la Grande Salle l'avaient toujours réconforté. Il aimait regarder les élèves être stressés par des problèmes sans conséquences et sans intérêts. Vraiment, c'était amusant. Il était assis tout au bout de la table des Serpentard, les observant de ses yeux voilés comme s'ils étaient une horde d'animaux rares. C'était ce qui lui avait manqué pendant l'été. Pouvoir simplement se détendre et observer. Son bouclier de Voyant l'entourait, ce qui lui permettait de filtrer les personnes qu'il voulait Sentir et celles qu'il préférait bloquer.
Le Trio d'Or riait à gorge déployée, provoquant une hilarité contagieuse parmi les Gryffondor. Harry était le seul à s'être rendu compte du regard plein d'envie que Londubat lançait à Ginny. La jeune rousse était assis un peu plus loin, auprès de ses amies, et ne prêtait aucune attention au garçon-qui-avait-survécu. Harry fit un sourire satisfait.
Parvati Patil, son ancienne petite-amie, regardait Harry. Ses sourcils se froncèrent lorsqu'elle vit la marque de Voyance sur sa joue. Dommage. Les étudiants de Poudlard n'avaient pas la moindre idée de ce qu'étaient les véritables Voyants. Ils pensaient juste qu'ils faisaient les mêmes rêves fanatiques que les foutus prophètes tels que Trelawney... Elle détourna son regard de sa marque et plongea ses yeux dans les siens. La garce. Il la haïssait. Même s'il savait maintenant que l'âme de Tom Jedusor l'avait affectée, il méprisait toujours autant la jumelle Patil de Gryffondor. Mais... il porta son attention sur Padma, sa sœur qui était à Serdaigle. Cela serait drôle de jouer avec elle.
Mais Parvati n'était pas aussi horrible que Cho Chang. L'asiatique était en dernière année à Poudlard, assise près de ses amis à la table des Serdaigle. Parvati n'avait fait qu'embrasser Dean Thomas... Cho Chang, en revanche, était allée plus loin et s'était retrouvée dans le lit de Diggory... le jour après qu'il ait perdu sa virginité avec elle. A ce moment là, il avait été complètement frappé d'horreur. Il venait juste d'avoir quinze ans et il était jeune et imprudent. Il était tombé très 'amoureux' d'elle, ou du moins l'avait-il pensé.
Avoir vu sa trahison l'avait détruit et avait complètement dissolu son envie d'avoir quelqu'un dans sa vie de façon aussi importante.
L'Horcruxe était à blâmer. Mais jamais cela ne pourrait le soulager de la douleur qu'il avait ressentie ce soir-là.
Elle leva les yeux vers lui, ceux-ci étaient rouges. Cédric Diggory avait été assassiné l'année précédente au cours du Tournoi des Trois Sorciers. C'était la seule chose que Voldemort avait bien fait.
Cho lui fit une tentative de sourire. Harry lui envoya un regard froid, un air désintéressé au visage, et il jeta un coup d'œil à la table des professeurs. Directement, son regard se posa dans les yeux noirs de Severus Rogue. Son Chef de Maison était devenu, d'une manière ou d'une autre, une personne spéciale dans sa vie. Ils n'étaient pas proches, par Merlin, non. Mais la première fois que l'homme avait parlé avec Harry en première année, il avait été très compréhensif. L'homme lui avait dit de ne pas se soucier d'avoir des 'amis' et de se concentrer davantage sur sa magie et ses études.
Harry l'écoutait. Il aurait seulement aimé l'avoir écouté plus tôt. Après avoir Vu une partie de l'enfance de son professeur de potions au cours d'une vision, il comprenait mieux pourquoi l'homme avait remarqué les problèmes de Harry vis à vis des autres enfants à Poudlard; c'était simplement parce que Rogue avait eu les mêmes problèmes. L'homme avait eu une vie très sombre, une vie que Harry n'enviait pas du tout. La raison pour laquelle Rogue était toujours aussi lunatique n'était pas un mystère pour Harry. Il était également le parrain de Drago, mais ils le voyaient rarement. Ou en tout cas, Harry ne le voyait jamais pendant les vacances.
Ses yeux noirs étudièrent le dessin sur sa joue. Harry trouvait ça amusant que tout le monde fixe sa marque. La majorité d'entre-eux n'avait pas la moindre idée de ce que c'était... c'était pourquoi c'était devenu drôle. Mais Rogue savait. L'homme haussa un sourcil délicatement. Harry sourit et se détourna.
Dumbledore était assis avec fierté au milieu de la table. Il bavassait avec Chourave, le gant autour de sa main toujours fermement en place. Rien d'étrange ne se dégageait de l'homme. Et s'il y avait quelque chose de différent chez lui, le directeur semblait simplement plus heureux.
Puis, son regard atterrit sur une paire d'yeux brillants d'un bleu unique. Harry cligna des yeux, sous le choc.
« Blaise, espèce d'imbécile. » grogna Harry, tournant son attention vers le garçon noir souriant narquoisement. Blaise avait la tête baissée, appréciant l'eau fraîche qui leur était servie au dîner. « Pourquoi ne me l'as-tu pas dit ? Ta mère ? » Il se tourna vers Pythia. Comme toujours, elle était belle et avait un air royal. Elle était assise, le dos droit et buvait une gorgée de son gobelet. La robe qu'elle avait choisie de porter pour la soirée la mettait en valeur de toutes les manières possible.
Elle lui fit un clin d'œil, lui envoyant des vagues d'affection. Il en fit de même pour elle, la regardant rire avec élégance. « Vous devriez-vous voir tous les deux, » commenta Blaise, suivant l'échange entre le Maître et son Apprenti. « Elle t'aime beaucoup, tu sais. »
« Évidemment, » répondit Harry avec désinvolture. « Je suis un très bon élève. » Il fit un sourire arrogant à Blaise.
« Tu n'es pas croyable. »
Harry rit légèrement, appréciant finalement la présence de quelqu'un près de lui. Non, il aimait la présence de Blaise. Tous les autres lui tapaient sur les nerfs. « Non pas que ce je ne sois pas plaisamment surpris qu'elle soit là, mais quelles sont ses intentions ? »
« Les cours de divination, » répondit Blaise avec un air ennuyé. « Et non, » interrompit-il Harry avant que celui-ce ne puisse répondre. « Elle n'apprendre pas aux élèves les connaissances des Voyants. Rien de tout ça. Les Voyants veulent rester cachés. Elle aidera Trelawney et enseignera la magie des prophètes. » Il y eut un silence et ils se regardèrent dans les yeux avant d'exploser de rire.
« Trelawney ? Vraiment ? » Harry rit. Du coin de l'œil, il remarqua que quelques étudiants les regardaient. Ils avaient les yeux grands ouverts face à la drôle de scène entre les deux garçons. Normalement, Blaise et lui étaient silencieux et impassibles, mais les voir rire leur valut de nouveaux coups d'œil. « Par Merlin, avec quoi Dumbledore l'a t-il soudoyée pour qu'elle vienne ici ? »
« Pas grand chose, » dit Blaise avec sérieux. « Elle voulait être ici pour toi. » Le silence revint.
« Qu'a t-elle Vu ? » lui demanda Harry, irrité. Il jeta un coup d'œil à Pythia, la regardant engager la conversation avec Rogue.
« C'est la seule vision qu'elle ne m'a pas racontée. » Blaise haussa les épaules, jetant lui aussi un coup d'œil à sa mère. « Elle ne voulait pas me le dire. Mais elle a seulement dit que cette année te sera difficile... elle veut juste empêcher ce qu'elle a Vu, Harrison, ne sois pas aussi lunatique. »
Pythia semblait avoir beaucoup de visions sur lui. Il se demanda si c'était le lien qu'ils partageaient en tant qu'élève et professeur... « Elle ne me le dira sûrement pas non plus, » déclara Harry d'un ton malicieux. « Même si cela a rapport avec moi. »
« Qui sait ? Il se peut que tu le Vois toi même un de ces jours. » Il sourit, faisant tournoyer son verre entre son pouce et son index. « Est-ce que tu as souvent des visions ? Plus tu as de l'expérience, et -, »
« Et plus je peux me concentrer sur un objet ou une personne pour pouvoir voir leur passé ou leur futur. Oui je sais. » Harry regarda Blaise avec irritation. « Je me suis beaucoup entraîné. Je préfère simplement que les visions viennent à moi. Pythia a des années d'expériences derrière elle, c'est évident qu'elle puisse provoquer des visions... » Il enviait sa capacité à pouvoir manipuler les visions pour qu'elles soient importantes... des visions précises...
Il regarda au dessus de l'épaule de Blaise et repéra Remus Lupin qui était assis aux côtés de Hagrid. Que le loup-garou soit là cette année allait être amusant. Il y aurait du divertissement. Ses devoirs d'école étaient toujours faciles à faire pour lui mais il savait qu'il allait être nerveux de rester dans le château alors que Lord Voldemort serait au dehors et préparerait une guerre, agissant vraiment. Harry considéra un instant l'idée de lâcher l'école et d'aller l'aider, mais se décida à ne pas le faire. S'il devait faire l'école buissonnière, il le ferait au moment le plus propice. De ce qu'il savait, la guerre pouvait très bien être mise à l'écart pendant encore cinq bonnes années.
Par Merlin, il espérait que ce ne serait pas le cas.
Avec un air ennuyé, il regarda les premières années entrer dans la Grande Salle. Leur peur et leur excitation étaient si fortes. Harry avait du mal à tous les bloquer. C'était ahurissant de savoir qu'il avait été l'un d'entre eux. Il s'était lui aussi tenu dans l'allée, priant d'être réparti à Gryffondor et espérant avoir un véritable ami. Par Merlin... Six années auparavant, Harry et sa mère n'étaient même pas proches. Le Choixpeau avait eu raison de le placer à Serpentard. Si cela n'avait pas été le cas, il aurait pu finir comme Sirius Black.
Il frissonna de répulsion. Aurait-il pu vraiment être ainsi ? Riant et étant odieusement irritant ?
Non. Sa part de Voyant ne lui aurait jamais permis de cacher sa vraie nature.
Reportant son attention sur le moment présent, il vit le dernier élève trébucher vers la table des Gryffondor. « Une nouvelle année commence à Poudlard, » commença Dumbledore, l'odeur de pluie printanière remplissant toute la salle alors qu'il libérait sa magie. Harry n'était pas impressionné. Ses doigts tambourinaient sur la table dans un rythme apaisant, et il fut tout à fait conscient que ses camarades de Serpentard se détendaient sous l'influence de son pouvoir de Voyant. Blaise lui lança un regard sévère.
« Avec la menace de Lord Voldemort cette année-, » Les étudiants chuchotèrent avec agitation avec les uns et les autres. « La sécurité sera renforcée. Non, je ne vais pas annuler vos sorties à Pré-au-Lard, mais il y aura beaucoup plus de chaperons qui vous surveilleront dans la ville. Cependant, les matchs de Quidditch sont annulés-, » Harry roula des yeux lorsqu'ils entendit les gémissements des élèves. « Et le couvre-feu a été avancé d'une heure. Quiconque sera pris hors de son lit après le couvre-feu sera sévèrement puni. »
Il annonçaittout cela d'une voix sombre. « D'un autre côté, j'aimerais souhaiter la bienvenue à nos deux nouveaux professeurs cette année. Le professeur Lupin enseignera la Défense Contre les Forces du Mal-, » des applaudissements polis se firent entendre avant qu'un brouhaha joyeux n'envahisse la table des Gryffondor. Blaise et quelques autres Serpentard rirent avec moquerie, sachant déjà qu'ils n'aimeraient probablement pas ce 'Lupin' qui semblait si populaire parmi les Gryffondor. « Et le professeur Zabini sera l'assistante de Mme Trelawney pour les cours de divination. » Pythia se leva et s'inclina légèrement.
Ce fut au tour des Serpentard d'applaudir avec plus de joie et au tour des Gryffondor de se moquer. Harry fut tout à fait conscient que des regards les dévisageaient lui et Pythia ainsi que Blaise. Ils étaient tellement curieux... quel dommage que la plupart de leurs questions ne trouveraient jamais une vraie réponse.
Dumbledore souhaita aux élèves une bonne année et la nourriture apparut.
Harry soupira. La nourriture ne serait jamais aussi bonne que celle au manoir Malefoy...
Super.
-SSC-
« Est-ce que tu l'as vu ? » murmura Blaise du coin des lèvres.
Harry, sortant tout juste de son cours de Métamorphose, jeta un coup d'œil à Blaise. Le garçon noir l'avait regardé tout le long du cours, un secret lui démangeant la langue. « Si je l'avais vu, Blaise, je pense que j'aurai été aussi perturbé que tu l'es. » Tous les élèves lui rentraient dans l'épaule, ne le voyant pas vraiment devant eux. Harry serra les dents, leur envoyant une vague d'inconfort. Ils haussèrent les épaules et continuèrent leur avancée plus lentement.
« Fudge, » Blaise se lécha les lèvres. « La Gazette a écrit un article sur le Premier Ministre Fudge. Apparemment, il a été infecté par une maladie. Il est mourant. » Harry s'arrêta et quelqu'un lui rentra dans le dos.
« Fais gaffe, Malefoy, » cracha un Gryffondor de septième année, les yeux plissés. Harry lui fit un sourire moqueur. Ses yeux verts, acides, fusillèrent le dos du garçon alors qu'il lui passait devant.
« Je pense qu'une petite touche d'extase serait très sympa. » murmura Blaise à son oreille. Harry rit et fit ce que Blaise venait de suggérer. Le Gryffondor se raidit, couvrant de ses mains son entrejambe où se voyait très clairement l'érection, qui tendait son pantalon. Son visage devint rouge tandis que quelques étudiants lui jetaient des coups d'œil.
« Il est mourant ? » Harry se tourna vers Blaise, agissant comme si rien de particulier ne venait d'arriver. Blaise perdit son sourire.
« Je suis sûr que tu sais quelque chose à propos de tout ça. » Bien entendu. C'était l'insecte que Voldemort avait injecté sous la peau du Ministre qui en était la cause. Harry ne comptait pas le révéler à Blaise. « Je suis sûr que tu sais ce que c'est. » marmonna Blaise, ses yeux se voilant. « Une bactérie qui mange la peau est dans son organisme. Aucun Guérisseur n'est capable de l'arrêter. »
« Je ne vois pas de problème à ce que l'on perde Fudge, » dit Harry doucement, poursuivant son chemin vers son cours de Potions. « Cela serait un bon pas en avant pour le Seigneur des Ténèbres si l'homme venait à périr. » Évidemment, c'était ce que Voldemort voulait voir arriver. Après tout, il avait été celui à injecter l'insecte à Fudge.
« Oui, » acquiesça Blaise, lui souriant sèchement. « Mais, je suis sûr qu'il n'avait pas prévu que sa marionnette, Pius Thicknesse, se retrouve avec de la concurrence, autrement dit : Rufus Scrimgeour. » Harry pâlit légèrement. « Scrimgeour est une brute vicieuse, Harrison. Il a été Auror et il est complètement du côté de Dumbledore et de la Lumière. La moindre étincelle de magie noire et il se jettera sur son opposant dans la seconde. Les créatures magiques, la magie, les sorts, les familles de Sang-Purs noires... absolument tout. »
Harry savait parfaitement qui était Scrimgeour et il était sûr que Voldemort ne serait pas très heureux d'avoir à rivaliser avec l'homme. Cependant, Thicknesse était un homme politique correcte et surtout, c'était le Seigneur des Ténèbres qui tirait les ficelles. « Je suis sûr que tout va très bien se passer, Blaise. Il sait ce qu'il fait. »
Du moins l'espérait-il.
Blaise secoua la tête et haussa les épaules. « De toute manière, dès que Fudge expirera son dernier souffle, ce sera le signal de départ de la guerre. Et d'avoir deux personnes de camp totalement opposés, candidates pour le poste... » Harry fronça les sourcils. Blaise avait raison. Si Scrimgeour l'emportait, cela ne se passerait pas très bien pour le côté sombre. Et vice-versa si Thicknesse gagnait.
La guerre allait bientôt commencer. Harry supposa que Voldemort avait pensé que seul Thicknesse serait candidat pour être le prochain Premier Ministre. Une chose était sûre, Harry était content de ne pas avoir été près de son Égal au moment il avait entendu la nouvelle sur Scrimgeour.
« Mr. Malefoy, » Harry tressaillit et leva la tête vers Dumbledore qui s'avançait vers lui. « J'aimerais vous voir dans mon bureau s'il vous plaît. Le professeur Rogue a été informé de votre absence. » Blaise se raidit à ses côtés.
« Bien entendu, monsieur le Directeur. » Il envoya un regard à Blaise et suivit ensuite le vieil homme. Dumbledore avait laissé sortir sa magie, essayant sûrement d'amadouer Harry et de développer son intérêt et sa loyauté à son égard. L'homme aurait pourtant dû savoir que cela n'allait pas marcher aussi facilement. Harry était quelqu'un de dur à convaincre, surtout lorsqu'il avait déjà choisi envers qui allait sa loyauté.
Ils grimpèrent les marches jusque son bureau et Harry fut conduit à l'intérieur par une main gantée. «Asseyez-vous, mon garçon. » En se mordillant la langue pour ne rien dire, Harry s'assit gracieusement et regarda le vieil homme se poser sur le siège derrière le bureau. « Je suis sûr que vous avez entendu parler de la maladie du Premier Ministre Fudge. »
Harry le regarda froidement. « Oui, monsieur le Directeur, en fait, Blaise venait juste de m'en informer lorsque vous êtes venu me chercher. » L'homme marmonna dans sa barbe et serra les poings.
Harry fut surpris que Dumbledore perde son air calme et qu'il lui montre son vrai visage. « Je me rends bien compte que je suis votre directeur, Harrison. Mais je sais également que vous êtes bien plus intelligent que la majorité des gens de votre âge et que vous savez des choses d'un niveau bien plus élevé que la normale. J'aimerais parler de la guerre avec vous. » Le silence tendit l'air. Harry resta silencieux, montrant à Dumbledore avec l'expression de son visage qu'il était prêt à se lever et à lui prouver ce dont il était capable. « Vous n'êtes pas naïf et je sais que vous avez déjà rencontré Lord Voldemort. »
Harry haussa un sourcil, ne niant pas l'accusation. Dumbledore hocha la tête face au silence de Harry. « Il vous a révélé le fait que vous soyez son Égal, aies-je bien raison ? »
« Écoutez, monsieur le Directeur, je suis honoré que vous pensiez que je ne suis ni naïf, ni innocent, mais je suis toujours votre étudiant. Je ne suis pas votre victime. Je ne vais pas rester assis ici et vous laisser me poser des questions personnelles. » L'Horcruxe autour de son cou l'élança légèrement, mais Harry refusa de grimacer. L'Horcruxe était simplement énervé contre Dumbledore.
« Vous avez raison, Harry. Vous êtes mon élève. Et avec respect, j'ai le droit d'être inquiet pour vous. » Harry lui fit un sourire sec. « Vous ne connaissez pas Tom. Il est un sorcier très manipulateur qui ferait n'importe quoi pour avoir ce qu'il veut. » Harry crispa les lèvres à cette affirmation. Il voulut dire quelque chose pour défendre Voldemort, mais il ne voulait pas révéler à Dumbledore qu'il était un partisan très investi dans le camp du Seigneur des Ténèbres. L'homme ne le laisserait jamais se rapprocher de Londubat et il ne pourrait pas convaincre le garçon de rejoindre leur camp.
« En se rendant compte que vous êtes un Voyant, il vous a probablement exprimer un certain intérêt. Les Voyants sont des créatures très puissantes, Harrison. Je connais leurs vraies capacités... et Tom aussi. »
« J'aimerais savoir où vous voulez en venir, monsieur le Directeur. » répondit Harry doucement.
« Il utilise le fait que vous soyez son Égal pour pouvoir vous attirer de son côté, définitivement. » Harry cligna des yeux et fit la grimace. C'était vraiment trop étrange. « Je suis sûr qu'ils vous a dit que des Egaux sont censés... être sentimentalement liés. »
« Monsieur le Directeur-, » commença Harry.
« Ce n'est pas le cas, Harrison. Les Égaux sont rares, en effet, mais ils n'ont pas nécessairement besoin d'avoir une relation amoureuse. En fait, ils sont reconnus comment étant toujours dans des camps opposés sur les champs de bataille. Le fait qu'il y ait trop de magie entre les deux est très dangereux. Non seulement cela peut détruire le monde, mais cela peut aussi vous détruire tous les deux. » Dumbledore fronçait les sourcils, regardant Harry avec intensité. « Je suis inquiet pour vous, Harrison. Tom Jedusor n'a pas de sentiments et il n'en aura jamais. »
Harry resta silencieux, son esprit vacillant inconsciemment. Lord Voldemort avait bien une âme déchirée. Ses Horcruxes l'avaient mise en pièces. Comment se pouvait-il que Harry ait pensé que Voldemort puisse avoirdes émotions ? Est-ce que le Seigneur des Ténèbres s'était joué de lui ?
Non, bien sûr que non. Lord Voldemort ressentait des choses. Harry avait sentit ses émotions grâce à ses pouvoirs.
« Certes, il peut ressentir de la colère et une certaine variété d'émotions néfastes, mais il est incapable d'aimer ou de se soucier de quelqu'un. Il vous voit seulement tel un trophée, Harry. » Tout ce que Harry voulait faire était de rire et de nier ces mots. Mais sa tête devint lourde et il commença lentement à comprendre ce que voulait dire le vieil homme. Voldemort ne serait jamais capable d'aimer. Il ne serait jamais capable de s'inquiéter pour lui. « Tout ce que je vous demande, Harrison, est de vraiment réfléchir à ce qu'il veut que vous fassiez. »
Dumbledore leva les mains en l'air, les paumes vers Harry, signe de résignation. « En tant que chef du camp de la Lumière, j'aimerais vous inviter à nous rejoindre, de la même manière que Tom le faisait. »
« Je suis un Voyant, monsieur le Directeur. Je suis neutre dans cette guerre. »
Le vieux sorcier le regarda longuement au dessus de la monture de ses lunettes. « Quoiqu'il en soit, Harrison, j'aimerais toujours t'avoir à nos côtés. Mais pour le moment, je veux juste que tu te concentre sur tes études. » Harry hocha rapidement la tête, son esprit était totalement ailleurs. Dumbledore pensait que Harry était déjà du côté de Voldemort, n'est-ce pas ? Dans tous les cas, c'était difficile d'expliquer pourquoi Dumbledore avait laissé Harry rester avec Sirius et le garçon-qui-avait-survécu pendant l'été. Était-ce un acte de gentillesse ? Ou une première étape pour l'attirer dans son camp ?
Harry, pendant un bref instant, se sentit satisfait que Dumbledore le veuille dans le camp de la Lumière. Londubat n'était pas le seul à avoir deux puissants sorciers après lui. La question était... quel côté le voulait le plus ? Son Égal qui n'allait jamais lui donner ce qu'il désirait secrètement ? Ou un vieil homme qui pouvait manipuler tout le monde avec un simple sourire et une étincelle de joie dans les yeux ?
Il allait devoir attendre patiemment pour le voir.
-SSC-
Des yeux bleu suivirent la petite silhouette se diriger vers la porte.
Dumbledore sourit et porta son attention au petit bibelot argenté qui était posé sur son bureau. Sa main noueuse s'avança vers l'objet, sentant la magie pure en émaner. Il était utilisé pour que l'esprit du sorcier soit sous l'emprise de celui qui essayait de le manipuler. Et il avait trafiqué l'objet pour qu'il fonctionne sur un Voyant. S'il ne l'avait pas fait, Harrison Malefoy aurait probablement senti les vibrations de la magie manipulatrice envahir lentement son esprit. C'était ironique de voir que cela ressemblait à la magie des Voyants qui pouvaient influencer les pensées et les émotions de leurs victimes.
C'était un décision très risquée d'utiliser une balle de manipulation mentale. Elle pouvait être détectée mais elle avait été assez bien dissimulée. Harry pourrait la trouver si ses pensées étaient brusquées, Lord Voldemort pourrait la repérer s'il regardait dans son esprit, et bien entendu, il y avait toujours une chance que Harry Voit ses plans dans une vision.
Peu importait.
Dumbledore caressa l'objet au métal froid et argenté.
Harrison Malefoy serait entre ses mains très bientôt. Que deux sorciers aient la magie de Tom Jedusor était une catastrophe. Mais d'avoir ces deux sorciers se battre l'un contre l'autre avec la magie de Jedusor ne serait pas dévastateur. Harrison serait un atout suffisamment bon pour le camp de la Lumière. Et si la magie manipulatrice ne marchait pas, il aurait au moins gagné du temps en ayant distrait Harrison pour un temps.
Tout cela demandait simplement du temps et de la patience, et cela Jedusor en manquait.
Salut à tous ! Désolée d'avoir posté en retard, mais voici quand même le nouveau chapitre. En espérant qu'il vous ait plu :)
La fin du chapitre vous inquiète ? Ou vous pensez que Dumbledore n'est pas très impressionnant ? Muhaha, attendez de voir le chapitre 15 et on en reparlera :P
