Et voilà la suite !

un petit chapitre tout simple pour leur nouvelle vie qui commence

Bonne lecture!


9h : départ en voiture. Je quitte ce merveilleux chalet à regrets mais avec des souvenirs plein la tête.

Mes premiers souvenirs heureux.

Alors que je me remémore chaque instant de ce court séjour, j'entends House qui sifflote sur un air de blues : il semble s'être enfin détendu un peu. Rachel quant à elle joue tranquillement à l'arrière, bien calée dans son siège enfant. Je profite de cet instant de calme pour me plonger dans nos nouveaux papiers, découvrant ainsi les détails de notre nouvelle vie.

Jack et Kate Brennan.

Voilà donc nos nouveaux noms. Ils sont inscrits sur un titre de propriété auquel sont jointes quelques photos : l'endroit à l'air aussi tranquille que magnifique. Notre « passé » s'étale ainsi sous mes yeux : études à Los Angeles, coup de foudre immédiat, mariage tardif, naissance de notre unique enfant, décès de mes parents qui a entrainé un besoin de changer de vie…

« Ces noms ne m'évoquent absolument rien.

- C'est justement l'idée, j'ai pris des noms qui ne sont absolument pas liés aux gens qui nous entourent.

- Pour disparaitre complètement…

- Exact. C'était plus dur pour Rachel j'ai eu du mal à trouver un prénom convenable.

- Faith. C'est plutôt joli pourtant.

- Tu aimais Joy mais… enfin bref. Athée convaincu comme je suis, personne ne voudra croire que j'ai appelé ma gamine Faith.»

Ma gamine.

Ainsi il voit Rachel comme sa fille? Je préfère ne pas relever pour éviter qu'il se braque, de toute façon il s'en veut déjà d'avoir laissé échapper ces quelques mots. Je lui souris simplement, ravie qu'il ait choisi un si joli prénom pour ma fille.

« J'aime beaucoup, merci House. »

Il rumine quelques mots et se concentre à nouveau sur la route, conscient d'en avoir dit plus qu'il ne le souhaitait. Le reste du trajet se passe sans un mot, simplement baigné par la musique.

XXXXXXXX

Il aura fallu trois heures de route avant que House stoppe finalement la voiture sur le bas côté. D'un bref coup d'œil il vérifie que Rachel dort puis se retourne vers moi, hésitant visiblement sur la marche à suivre.

« Bon, je voudrais pas que ça t'encourage dans tes grands projets mais j'ai pas trop le choix.

- De quoi parles-tu ?

- De ça. »

Il me tend avec hésitation une petite boite rouge. Je l'observe un moment et esquisse un sourire devant son malaise avant de me saisir du coffret. Je ne peux pourtant pas retenir un hoquet de surprise en découvrant de magnifiques alliances à l'intérieur. House a baissé les yeux, attendant mon verdict.

« Ça fait difficilement vrai sans…

-Elles sont vraiment superbes. »

Les mots sont comme des murmures, les regards fuyants. Il pousse un profond soupir, attrape ma main ainsi qu'une des alliances qu'il enfile rapidement autour de mon doigt sans autre cérémonie. Face à ma surprise, il se permet un regard rassurant avant d'ajouter quelques mots.

« Kate Spencer vous êtes désormais Kate Brennan. Toutes mes félicitations. »

Son humour aura décidément raison de toutes les situations. Je le regarde enfiler son alliance sans vraiment réagir, à nouveau perturbée par les sentiments qui m'assaillent. Il est déjà temps de reprendre la route.

XXXXXXXX

House s'arrête devant une jolie maison de plein pied, un peu à l'écart de la ville qu'on aperçoit au loin. Un camion attend devant la porte.

« Et merde ils sont déjà là.

- Ce sont des déménageurs ?

- Yep.

- Mais… on n'a aucun meuble !

- Que tu crois ! »

Son visage affiche instantanément cet air triomphant qui lui va si bien et il sort de la voiture, allant à la rencontre des déménageurs en boitillant. Je reste là, vissée sur mon siège à le regarder donner ses indications. Il se fait passé pour un autre, veut nous rendre aussi ordinaires que possible aux yeux du monde. Cet air aimable et un peu niais me rappelle Wilson, je suis convaincue qu'il s'en inspire et s'en amuse au fond. C'est à mon tour d'entrer en scène.

Je prends Rachel contre moi et m'avance doucement vers House qui nous entoure d'un bras puis dépose un baiser sur mon front avant de présenter sa « merveilleuse femme » et son « adorable fille » au patron. Il me suffit alors d'afficher mon plus beau sourire. L'illusion est parfaite, le tableau idyllique.

Alors que les déménageurs s'affairent, House m'entraine vers la voiture et ouvre le coffre. Je réalise seulement la quantité incroyable de sacs qu'il y a entassés.

« Ils vont commencer par la chambre de la petite, ces sacs là c'est les affaires de Rachel, ici c'est les tiennes. Vous pourrez vous occupez en attendant que tout soit installé. Je vais aller chercher de quoi manger, je meure de faim.

- Tu as réussi à amener tout ça ? Mais qu'est ce qu'il y a dedans ?

- J'ai pris toutes tes photos, babioles, livres dont tu étais incapable de te passer. Il y a aussi ton ordinateur, ton portable et tout un tas de fringues.

- Tu es vraiment merveilleux.

- Je sais ! Surtout n'aies pas l'air surprise en rentrant. Je reviens dans une heure ça ira ? »

Je n'écoute déjà plus, absorbée par ses yeux bleus, par son charisme, par son charme. Mon regard se pose sur ses lèvres fines et je maudis une fois de plus ses résolutions stupides. La tentation est toujours plus grande lorsque c'est interdit… Je dépose doucement Rachel sur le sol et enroule mes bras autour des larges épaules de mon « mari ». C'est tellement mieux quand il ne me repousse pas…

XXXXXXXX

Il nous aura fallu toute la journée pour installer les meubles, défaire les sacs et ranger toutes nos affaires. Rachel semble aimer sa nouvelle maison et, plus important encore, elle a auprès d'elle tous ses jouets préférés. Je reste un moment à ses côtés, caressant ses cheveux bruns pour qu'elle s'endorme. Comme souvent, il n'aura fallu que quelques minutes pour qu'elle se laisse happer par le sommeil. Sans un bruit, je me relève, embrasse sa joue et part retrouver House au salon.

Il est là, vautré dans cet immense canapé d'angle qui trône au milieu de la pièce. Sans même envisager de résister à l'envie de le retrouver, je me penche au dessus du dossier, pose mes mains sur ses épaules et glisse tendrement mes lèvres dans son cou. Un frisson le parcourt et il tend son bras, m'invitant à le rejoindre. Folle de joie, je contourne alors la banquette et viens m'allonger contre lui, protégée par ses grands bras qui m'enlacent.

« On ira acheter ce qui nous manque demain.

- Laisse-moi deviner. Un écran plat et une console de jeu ?

-Pour quelqu'un d'amnésique je te trouve bien perspicace. »

Un sourire complice échangé et j'enfouis mon visage dans son cou. House se laisse faire, trop heureux de ce moment tendre.

« Tu avais planifié tout ça depuis longtemps n'est ce pas ? »

Ma question le surprend. Il me repousse un peu et m'observe attentivement.

« Tu as l'air bien sure de toi.

- C'est la seule façon d'expliquer tout ça. Toutes les affaires qui viennent de chez moi, ces meubles qui apparaissent par magie, ses nouveaux papiers. Tu avais prévu cette fuite avant que je t'en parle non ?

- J'aurais pas la paix tant que je n'aurais pas répondu hein ? »

Je ne prends même pas la peine de répondre, mon sourire parle de lui-même. House soupire mais me serre un peu plus contre lui.

« J'y avais pensé avant même que tu te souviennes de mon existence et je n'ai rien à ajouter !»

J'ai tellement d'autres choses à lui demander, tellement d'autres questions sans véritables réponses mais ça attendra. Cette atmosphère complice et paisible est trop précieuse pour risquer de la briser. Mes doigts courent alors sur son torse et chatouillent son cou. Il ferme simplement les yeux et semble savourer cet instant autant que moi.

Serrés l'un contre l'autre, plus rien ne peut nous atteindre.

TBC