Lol, les gens il y a un méchant cliffhanger à la fin, préparez-vous psychologiquement. Je pourrais me laisser convaincre de poster rapidement si vous êtes tous trèèèèès gentils. ^^
Enjoy
Chapitre 14 : Similarity
« Et moi, ce que je vois, c'est que Malfoy te passe des mots doux ! »
Harry soupira et résista autant qu'il le put à la tentation de s'immiscer dans la conversation. Il grimaça en revanche un sourire d'excuse aux quelques personnes qui avaient tourné la tête à la brusque exclamation de Ron. S'ils continuaient comme ça, la participation de Malfoy ne resterait pas longtemps secrète…
« Mais qu'est-ce que tu racontes, à la fin ! » explosa Hermione qui avait fait preuve de patience jusque là mais qui n'en pouvait clairement plus des accusations ridicules du roux.
Ils avaient attendu la fin de la journée pour tout expliquer à Ron, décidant qu'il ne serait pas ravi de l'implication du blond dans les évènements de la journée et qu'il valait mieux éviter ce genre de scène en plein milieu d'un couloir. Bien entendu, ça faisait dix minutes que Ron s'égosillait dans la salle commune, leur reprochant d'abord de se la jouer en duo et de le laisser en dehors de leurs histoires, et Harry commençait à douter de l'intelligence de lui avoir révélé quoi que ce soit. Ils n'avaient pas dû insister assez sur la partie discrétion…
« Je raconte qu'après ce bellâtre de Krum tu cours après Draco Malfoy ! » répliqua Ron avec force. « Qu'est ce qui t'attire ?! La richesse ?! La célébrité ?! A quand Harry ? A moins que ce ne soit déjà fait ! »
Se retrouvant face au regard accusateur de son ami, Harry leva les mains. Il détestait se donner en spectacle, et s'il se fiait aux gloussements hystériques de Parvati et Lavande, ils étaient le centre d'attention.
« Ron, je pense que tu mélanges un peu tout. » tenta le garçon avec hésitation. « Sans vouloir te vexer… »
« Je ne mélange rien du tout ! » rétorqua le Griffondor.
« Oh, que si ! » intervint Hermione avec colère. « Tu mélanges tout et en plus de ça, tu n'as aucun droit de te mêler de ma vie sentimentale ! »
Mais ce n'était pas la bonne chose à dire. Harry grimaça quand l'adolescent furieux se tourna vers la jeune fille.
« Donc, ça concerne bien ta vie sentimentale ! » rugit-il. « Et je pensais qu'on était amis ! »
« Justement ! » répondit Hermione, furieuse. « On est amis. Amis, Ron ! »
A ce stade là, Harry ne se sentait plus concerné mais de trop. Marmonnant une vague excuse qu'aucun d'eux n'entendit, il monta rapidement dans le dortoir, récupéra sa cape d'invisibilité et la carte des Maraudeurs et enfourna les deux dans ses poches. Quand il redescendit, la dispute faisait toujours rage, ses meilleurs amis hurlant à pleins poumons.
« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Ginny qui venait de passer le portrait.
Harry haussa les épaules, mal à l'aise. « Je crois qu'ils avaient besoin de parler d'une certaine chose… »
« Tu appelles ça parler ? » répliqua la cadette des Weasley avec incrédulité. « Je les entendais de l'autre bout du couloir ! »
Le garçon soupira. « Si tu peux les empêcher de s'entretuer… »
Amusée, Ginny sourit. « Compte sur moi. »
Avec un hochement de tête d'au revoir, Harry quitta la salle commune. Il ne savait pas vraiment où il voulait aller. Il pensait peut-être aller rendre visite à Hagrid, mais la perspective de se casser les dents sur des biscuits faits maison n'était pas très réjouissante sans Ron et Hermione.
Il erra un moment dans les couloirs puis, réalisant qu'il avait dépassé l'heure du couvre-feu, il sortit la carte des Maraudeurs. Ombrage avait recruté des élèves et organisait des rondes dans les couloirs… Elle-même rôdait dans le but de surprendre un des 'partisans' de Dumbledore. Il fallait bien qu'elle s'occupe puisqu'elle n'avait plus le droit d'encadrer en personne les retenues qu'elle donnait.
« Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. » marmonna-t-il.
Au bout de quelques secondes, il était rassuré sur son sort. Rusard se baladait dans les cachots, non loin de Miss Teigne… et Ombrage était de l'autre côté du château. Il y avait apparemment une patrouille composée d'élèves de Serpentard de septième année qui se baladait dans le secteur où il se trouvait, mais il n'était pas réellement sur le point d'être découvert.
Puis son regard fut attiré par un nom qui semblait faire les cent pas… Il avait une passion pour les hiboux ou quoi ? Il hésita une seconde, se demandant si Ron et Hermione avaient fini de se disputer… Mais il devait admettre qu'il était également curieux d'avoir un petit entretien avec la fouine…
Décidant finalement qu'il ne perdait rien à essayer, il prit le chemin de la Volière, prenant garde de vérifier régulièrement qu'aucun membre du corps professoral ou de la bande d'Ombrage ne lui tombe dessus. Il n'eut aucun mal à atteindre le sommet de la tour Est.
Il prit en revanche bien soin, avant de pénétrer dans la Volière, de ranger la carte et de sortir sa baguette. Sa position personnelle par rapport à Malfoy était complexe. Allié ou ennemi ? Le choix n'était pas encore distinctement fait. Et il avait appris à se méfier du blond.
Ce à quoi il ne s'attendait pas en revanche, était de trouver le Serpentard assis sur le balcon, les yeux fermés et la tête appuyé contre le parapet de pierre derrière lui. L'image même de la détresse. Pas de baguette à portée… Harry ne rangea pas la sienne pour autant.
« Qu'est-ce qu'il y a de si intéressant ici, pour que tu y passes tes soirées ? » demanda-t-il sans préambule, craignant toujours, sans trop bien savoir pourquoi, un piège quelconque.
Alarmé, Malfoy leva la tête, tentant de percer l'obscurité qui les entourait. Quand son regard tomba sur lui, il sembla se détendre légèrement. Etrange… Harry s'attendait à ce qu'il sorte sa baguette et le menace. Ou l'insulte. Ou le méprise. Bref, il s'attendait à tout sauf à l'attitude lasse et blasée qu'avait adoptée le Serpentard.
« Evidemment… » déclara-t-il de sa voix aux accents trainant. « Granger ne sait pas tenir sa langue. Le château entier est déjà au courant, je suppose ? »
Il lui sembla déceler un soupçon d'angoisse sous la nonchalance affichée. Lentement, il rejoignit le blond sur le balcon et s'assit en face de lui. Il n'était toujours pas convaincu que tenter de raisonner Malfoy était une bonne idée, mais comme l'avait dit Hermione, ils ne pouvait pas permettre à Voldemort de l'attirer dans ses rangs s'ils pouvaient l'éviter.
« Je connais toute l'histoire. Ron sait simplement que tu as prévenu Hermione pour les Tonks. Nous ne l'avons dit à personne d'autre. » exposa-t-il calmement.
Malfoy le dévisagea avec méfiance. « Je ne veux pas que ça se sache. »
« J'avais compris. » répondit Harry.
Il y eut un silence. Rapidement mal à l'aise, le Griffondor songea à partir. Après tout, rien ne le retenait ici. Ils n'étaient pas amis, ils n'étaient même pas de vagues connaissances… Ils se détestaient royalement depuis le départ…
« Ils s'en sont sortis alors ? »
La question fit sursauter Harry, pris comme il l'était dans ses réflexions. Levant brusquement la tête, il croisa le regard neutre du Serpentard.
« Oui. » acquiesça-t-il. « Ils s'en sont sortis. »
Les traits de Malfoy se relaxèrent, comme s'il était soulagé.
« Tant mieux… » souffla-t-il.
Et c'était étrange. Parce que jamais Draco Malfoy ne s'était soucié de qui que ce soit… Surtout pas d'illustres inconnus…
« Comment l'as-tu su ? » demanda-t-il avant de lever les yeux au ciel. Son père était un Mangemort. La façon dont il l'avait appris était évidente.
Un rictus amusé étira les lèvres de Malfoy. « Nott est un crétin, et son père est trop bavard. »
Harry fronça les sourcils. Ainsi la rumeur était vraie. C'était Nott senior qui avait détrôné Lucius Malfoy du poste de bras droit de Voldemort. Il faudrait qu'il en touche un mot à Dumbledore la prochaine fois qu'il le verrait… Après tout s'il était vraiment celui qui devait vaincre le Seigneur des Ténèbres…
Secouant la tête pour chasser la Prophétie de ses pensées, il se concentra sur son ennemi… son nouvel allié qui l'observait en silence.
« Est-ce que ça veut dire que tu as fait ton choix, Malfoy ? Tu changes de camp ? »
La mâchoire du Serpentard se contracta et il se releva vivement. Par réflexe, et parce qu'au fond de lui il craignait toujours une entourloupe, Harry l'imita, prêt à se défendre. Mais Malfoy n'avait aucune intention hostile. Il s'accouda simplement au bastingage et laissa son regard se perdre devant lui. Le Griffondor le regarda faire de là où il était, sans bien comprendre l'agitation brusque de l'autre garçon.
« Je ne fais partie d'aucun camp, Potter. Ôte-toi cette idée de la tête. »
L'agressivité brute dans sa voix irrita Harry.
« Alors quoi ?! Tu vas le laisser te marquer comme si tu étais un vulgaire bœuf qu'on mène à l'abattoir ? »
Et pourquoi est-ce que si soudainement ça lui importait autant ? Peut-être parce que le garçon avait le même âge que lui, que Mrs Weasley n'avait pas tort, qu'ils étaient tous les deux trop jeunes pour être impliqués dans une telle guerre et que si lui n'avait pas le choix, ne l'avait jamais eu, Malfoy, lui, n'était pas obligé d'y prendre part. Peut-être que s'il pouvait sauver le Serpentard… Ca ne ferait probablement pas de différence absolue à la fin mais… Une vie… Chaque vie comptait.
« Qu'est ce que tu sais de tout ça, Potter ?! » cracha Malfoy, avec mépris. « Tu n'as aucune idée de ce qu'est ce monde là. »
« J'étais là ! » rétorqua Harry avec colère. « J'étais là quand il est revenu ! J'étais là quand Cédric est mort ! J'étais là ! » Le blond le dévisageait maintenant, clairement surpris. « Ne me dis pas que je ne sais pas ce que c'est, ce qu'il est, Malfoy. Parce que je le sais certainement mieux que toi. »
Un instant, il eut l'impression que le Serpentard allait se mettre à hurler plus fort et quelque part, il en fut soulagé. Il ne savait même pas pourquoi il avait ramené Cédric et cette nuit là sur le tapis. Il n'en avait jamais parlé. Il avait fait le récit détaillé à Dumbledore, bien sûr… Puis à Ron et à Hermione parce qu'il le leur devait… Mais en dehors de ça, le nom de Cédric n'avait plus passé ses lèvres que dans ses cauchemars…
Et Draco Malfoy n'était certainement pas la personne avec qui il souhaitait discuter de tout ça.
« Mais il l'a simplement tué, n'est ce pas ? » souffla le blond avec une curiosité presque douloureuse.
« Simplement ? » siffla-t-il en réponse. « Simplement ?! »
« Il ne l'a pas… torturé… » reprit Malfoy avant qu'Harry ait pu s'énerver davantage. « Il ne l'a pas… »
Brusquement, le Serpentard détourna la tête, la respiration rapide et les yeux étroitement fermés. Ses mains agrippèrent le parapet avec tellement de force que ses jointures blanchirent. Son corps entier semblait soumit à une tension insupportable, courbé en avant sous un poids invisible mais oppressant.
Et dans un éclair de lucidité totale, Harry Potter se reconnut dans cette posture.
C'était celle qu'il avait adoptée tout le mois de juillet. Celle d'après les cauchemars les plus violents et atroces. Celle qu'il prenait quand il était seul et qu'il n'y avait plus personne autour de lui. Personne pour qui maintenir le masque. Personne à qui faire croire que tout allait parfaitement bien.
« Il est venu au Manoir, cet été… » avoua finalement Malfoy d'une voix méconnaissable. Et d'expérience, Harry savait qu'il luttait contre des larmes brûlantes. Honte, désespoir et regret mêlés. « Ils étaient tous... Elle… »
Réflexe idiot, Harry posa une main réconfortante sur son épaule. Oui, c'était aberrant mais il réconfortait Draco Malfoy. Cependant, il avait oublié la première règle de ces moments là. Les contacts n'étaient pas les bienvenus. D'un geste sec, le Serpentard se dégagea et le garçon recula, lui laissant l'espace qu'il désirait. Il comprenait. Il comprenait trop bien.
« Il voulait que je reste… » continua-t-il avec difficulté, la respiration sifflante et tremblante sous l'assaut des souvenirs. « Que j'assiste aux… festivités. »
Le rire creux glaça Harry jusqu'à l'âme. Il n'était apparemment pas le seul que Voldemort avait marqué… avait… détruit.
« Festivités, Potter… » reprit-il quand il se fut maîtrisé. « Festivités… »
Le silence retomba. Les yeux de Malfoy étaient toujours clos, il luttait toujours contre les fantômes qu'Harry connaissait si bien. Ce n'était pas Cédric, ce n'était pas Lily ou James Potter… Mais en un sens, ceux de Draco ne devaient pas être bien différents.
« Qu'est ce qui s'est passé, Draco ? »
Le murmure encourageant semblait être tout ce dont il avait besoin pour continuer. Lentement, il releva la tête et planta son regard dans celui d'Harry. Les yeux gris semblaient voilés… hantés…
« Il y avait des Moldus… » Il déglutit avec difficulté puis sembla serrer les dents. Le reste sortit d'une traite. Comme on arrachait un pansement pour prévenir la douleur, Malfoy vidait son sac. « Ils les ont torturés. Atrocement. On aurait dit une meute de chiens. Et ils riaient… Ils riaient… Et la fille… Elle avait à peine dix ans. Ils l'ont massacrée. Massacrée, Potter. Et ça les amusait. Ils riaient… »
Un mauvais frisson descendit le long de la colonne d'Harry. Il était vrai qu'il n'avait pas été témoin de la créativité monstrueuse des Mangemorts. Il ouvrit la bouche, sans savoir vraiment que dire, mais Malfoy continuait, visiblement incapable de s'arrêter maintenant qu'il avait commencé.
« Son visage… Si tu avais vu son visage… Il ne restait rien… Plus rien… Et j'étais là, à regarder… J'aurai pu… J'aurai dû… »
« Tu n'es pas responsable, Malfoy. » coupa Harry fermement. « Tu n'aurais rien pu faire, ils t'auraient tué. »
Un sourire sans joie étira les lèvres du blond. « Tu n'aurais rien pu faire non plus pour Diggory. Est-ce que ça te soulage de le savoir ? »
Harry détourna le regard. Non… Non, ça ne le soulageait pas. Et de même, rien ne soulageait le Serpentard. C'était un poids qu'il porterait pour le reste de sa vie.
« Tu sais ce que m'a dit mon père après ça, Potter ? »
Le ton était faussement léger, comme si ce qu'il racontait était une bonne plaisanterie. Mais ça ne le faisait pas rire. Rien de tout ça ne les faisait rire.
« Il m'a reproché de ne pas être plus reconnaissant… De ne pas m'être assez amusé. » Malfoy tourna à nouveau la tête vers l'extérieur, fixant le paysage nocturne. « Il venait d'assassiner une gosse de dix ans et il trouvait ça hilarant. Une Sang-de-Bourbe, il a dit… Même pas bonne à nourrir ses chiens… »
Il y avait un tel dégout dans ces paroles… Harry lui-même avait envie de vomir. Il avait toujours su que Lucius Malfoy était un être cruel mais…
« Tu lui as dit que tu ne voulais pas… » commença Harry mais fut coupé par le ricanement moqueur du blond.
« Crois-tu vraiment que qui que ce soit discute avec Lucius Malfoy ? » rétorqua-t-il avec incrédulité. « Quand il ordonne, il faut obéir. Quand il est en colère, il vaut mieux se cacher. Le mieux est encore de se trouver le moins possible sur son chemin, vois-tu, Potter ? » Il haussa les épaules. « Un petit conseil pour l'avenir puisque tu sembles assez fou pour t'opposer au Seigneur des Ténèbres. »
Ca ressemblait assez à Vernon Dursley… Mais Malfoy n'était pas comme lui… Malfoy était un enfant gâté, un sale prétentieux égoïste.
« Tu ne… »
« Je ne me complais pas dans la pitié des autres comme toi, Potter. » l'interrompit-il encore « Mais si tu tiens à le savoir, non, mon enfance n'a pas été idéale. »
Le fait que Draco Malfoy soit en train de se confier à lui le heurta de plein fouet et il comprit un peu mieux le comportement étrange d'Hermione. Non, ce garçon là n'était pas le même que celui qu'ils côtoyaient depuis cinq ans. Et aussi curieux que ce soit, Harry était persuadé qu'il n'avait jamais eu d'amis à qui en parler. Non pas qu'ils soient en train de devenir amis ! Loin de là. C'était un Serpentard, un fils de Mangemort…
« Ne le prends pas mal, Malfoy, mais tu n'as pas exactement l'air de… »
Mais une nouvelle fois, il ne put pas terminer. Cette fois, la voix était plus chaude, moins… désespérée.
« J'ai la chance d'avoir un bon parrain. »
Et le dernier mur qui les séparait s'abattit brusquement dans la tête d'Harry. Ce n'était plus Draco Malfoy devant lui mais un gamin, qui lui ressemblait, et qui avait besoin d'aide. Sa cause à lui était perdue, pas celle du Serpentard.
« Et ton parrain ne pourrait pas t'aider ? » demanda-t-il. « Te cacher ou… Je ne sais pas… »
Le blond haussa les épaules. « C'est aussi un Mangemort. »
Les espoirs du Survivant s'effondrèrent. Pas de soutien de ce côté-là, donc. Il soupira, réfléchissant rapidement. Il n'y avait pas cinquante solutions et il était certain que la seule qui existait n'allait pas enchanter le Serpentard.
« Tu dois aller voir Dumbledore. » conclut-il.
Malfoy se tourna vers lui, un air sérieusement hostile plaqué sur le visage.
« J'irai avec toi, si tu veux. » proposa Harry avant que le blond ait le temps de lui demander de se taire.
« Saint Potter pour les causes perdues. » railla le sang-pur en secouant la tête. « Va voir le Directeur si ça te chante. Je nierai. Je nierai tout et personne ne te croira. Comme d'habitude. »
Sans attendre de réponse, il quitta le balcon. Harry le suivit sans même y penser.
« Et alors que vas-tu faire ? Le rejoindre ?! »
Malfoy stoppa net et se tourna vers lui. N'ayant pas anticipé, Harry lui rentra presque dedans. Il eut en revanche, le réflexe de lever légèrement sa baguette quand il vit la fureur pure déformer les traits du Serpentard.
« S'opposer c'est mourir. »
Les mots claquèrent hauts et forts dans la Volière, provoquant cris et hululements réprobateurs de la part des hiboux.
« Tu t'es opposé à lui aujourd'hui, Draco. » rétorqua le Griffondor sans se démonter. « Tu as déjà choisi. »
« S'opposer, c'est mourir. » répéta le Serpentard avec force. « Je ne veux pas mourir. »
« Tu mourras si tu le suis. » assena Harry, sachant qu'il avait perdu la partie –pour ce soir, du moins- mais incapable de lâcher prise.
« Je mourrai si je te suis. »
Et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut survivre tant que l'autre survit…
« Possible. » souffla Harry, assailli par les mots de la Prophétie qui revenaient le torturer. « Mais quitte à risquer ta vie dans les deux cas, la question est de savoir pour quoi tu préfères mourir. »
Malfoy leva les yeux au ciel. « Ni l'un ni l'autre, Potter. Je n'ai pas ta vocation de martyr. »
Sans un mot de plus, il se dirigea vers la porte. Agacé qu'il soit aussi aveugle, Harry lâcha la dernière chose dont il pensait pouvoir se servir.
« Pourquoi avoir prévenu Hermione, dans ce cas ? » Il ralentit mais ne s'arrêta pas. « Tu as déjà choisi un camp, Malfoy ! Tu refuses juste de l'admettre ! »
Mais le dos du Serpentard avait déjà disparu dans l'escalier. A bout de nerf, Harry donna un coup de pied dans le perchoir à côté de lui. La douleur sourde qui se propagea le long de ses orteils ne solutionna rien, et avec un soupir irrité, il tira la cape d'invisibilité de sa poche et l'enfila.
Il ne se préoccupa pas d'éviter d'éventuelles patrouilles, bien à l'abri sous sa cape. La Grosse Dame, habituée à ses allées et venues nocturnes le laissa passer sans difficultés ou sermons et il pénétra dans la salle commune, où ne voyant personne, il réapparut. Le feu dans la cheminée était presque éteint, il n'avait pas vraiment sommeil mais il prit néanmoins la direction des dortoirs.
« Harry ? » appela une petite voix alors qu'il avait déjà la main sur la porte.
Fronçant les sourcils, le garçon jeta un regard circulaire à la salle commune, il aurait juré qu'elle était déserte. Mais finalement ses yeux se posèrent sur la frêle silhouette recroquevillée dans un fauteuil. Les bras autour des jambes, le menton sur les genoux… Les traces de larmes sur ses joues…
« Mione ! » s'exclama-t-il en redescendant les marches et en se précipitant près de son amie. « Qu'est ce qu'il y a ?! »
Seul un sanglot lui répondit. Elle enfouit son visage contre ses genoux.
Harry était un peu perdu. Il n'était pas particulièrement doué pour consoler les gens, certainement pas les filles en larmes, et encore moins à une heure du matin…
« Mione… » murmura-t-il en posant une main hésitant sur son épaule. Le fauteuil était large, il y avait de la place pour deux… Il se glissa à côté d'elle. Sans qu'il ait compris comment, elle sanglotait librement contre sa poitrine. Avec gêne, il caressa ses cheveux, décrivit des cercles dans son dos en espérant l'apaiser…
« Hermione. » tenta-t-il au bout d'un moment, avec tout ce qui lui restait de fermeté à cette heure avancée. « Dis-moi ce qui ne va pas. »
Il détestait voir son amie dans cet état. Vraiment.
« Ronald… est un… crétin. » lâcha-t-elle en martelant sa poitrine de coups de poing pas si faibles que ça. Il grimaça. Il n'y pouvait rien, lui… Etait-ce la peine de le frapper de la sorte ?
« Qu'est ce qu'il a dit ? » demanda-t-il, mais ce n'était apparemment pas la question à poser.
« Ce qu'il a dit ?! » s'énerva-t-elle en se redressant. « Ce qu'il a dit ?! »
Un instant, il eut le terrible espoir qu'elle cesse de pleurer pour se mettre en colère, mais… non.
« Il m'a presque traitée de… »
Le mot qui n'avait certainement rien de convenable, se perdit dans le sanglot. A nouveau, elle se laissa aller contre lui, s'agrippant à sa chemise comme si elle avait peur qu'il s'enfuie.
« Il n'a sûrement pas dit… » essaya-t-il, légèrement mal à l'aise.
« Oh, il ne l'a pas dit… mais c'est ce qu'il pensait ! Tout ça parce que… parce que… »
« Parce qu'il est amoureux de toi. » termina Harry, trop fatigué pour mettre les formes. Il était temps que quelqu'un brise les non dits entre ses deux amis et si ce n'était certainement pas sa place, il apparaissait qu'il n'avait pas vraiment le choix.
« Quoi ?! » Hermione se redressa, toute rouge cette fois. « Non. Il croit ça mais… »
« Non, Mione. » coupa-t-il. « Il est jaloux. Et il est jaloux parce qu'il est amoureux de toi. Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. »
La jeune fille ouvrit et ferma plusieurs fois la bouche, apparemment à court de mots, avant de planter son regard, encore embué de larmes, dans celui d'Harry.
« Mais je l'aime de la même façon que toi, Harry. » répondit-elle calmement. « Comme un grand frère… »
Le garçon lui sourit gentiment. « Tu le lui as expliqué ? »
Elle haussa les épaules, clairement perdue. « Je ne sais pas… On hurlait et il disait tellement d'horreurs… »
A nouveau ses yeux se remplirent de larmes, et Harry grimaça. « Je suis sûr que ça va s'arranger… Vous êtes trop amis pour laisser ça vous séparer. Ne t'inquiète pas… »
Elle le dévisagea avec hésitation, puis se pelotonna contre lui.
« Je ne veux pas aller dans les dortoirs. Parvati et Lavande vont se moquer de moi. »
Harry fronça les sourcils, son regard allant se perdre dans les flammes. « Et depuis quand est-ce que ça t'arrête ? »
A titre personnel, il aurait volontiers rejoint le lit moelleux qui l'attendait en haut. Il était épuisé.
« Il a dit tellement de choses, Harry… Tu ne te rends pas compte… Des choses qu'il avait promis de ne pas révéler… C'est… Elles ne me laisseront pas tranquilles. »
Il manqua lui faire remarquer qu'elles dormaient sans doute déjà à poings fermés mais s'abstint. Après tout, il n'en savait rien. Le monde des filles était un mystère total pour lui. Il se pouvait parfaitement qu'elles attendent prêtes à lui sauter dessus. Il n'était pas convaincu, mais bon.
« Tu va dormir ici, alors ? »
Elle ne répondit pas mais sentit le hochement de tête contre sa poitrine. Elle ne fit en revanche aucun geste signifiant qu'elle avait pour intention de bouger prochainement. Harry soupira.
« Tu veux que je reste avec toi ? »
« Merci, Harry. » répondit-elle d'une voix endormie.
Saint Potter à la rescousse… se moqua une voix, qui ressemblait à s'y méprendre à celle de Draco Malfoy, dans sa tête. Il gigota aussi discrètement qu'il le put pendant quelques minutes, ne désirant pas déranger Hermione mais peu enclin à dormi tordu comme il l'était. Une fois installé confortablement, il se remit à fixer les flammes, sombrant peu à peu dans le sommeil…
Comme d'habitude, les ombres menaçantes de Cédric et Voldemort dansaient dans son esprit, accompagnées de celle d'une famille Moldue dont les visages étaient flous. Cependant, avant que le cauchemar ait pu vraiment affermir sa prise, une main secoua fermement son épaule.
« Harry ! » appelait la voix. « Harry ! »
Il voulut se tourner mais un poids lourd sur sa poitrine l'en empêcha. Il se rappela Hermione, mais la voix n'avait rien de féminine. Non… A vrai dire, elle ressemblait assez à celle de… Il ouvrit instantanément les yeux.
« Harry, réveille-toi. »
Un instant, il crut qu'il rêvait toujours. « Professeur Dumbledore ? »
« Le Professeur Snape te réclame, Harry. »
L'information mit quelques secondes à l'atteindre.
« Snape ? » répéta-t-il.
« Il faut se dépêcher. » répondit simplement le Directeur.
Harry le vit jeter un coup d'œil à Hermione avant d'agiter sa baguette. Le corps endormi de la jeune fille s'éleva dans les airs et flotta en direction des dortoirs. Grimaçant, il voulut s'expliquer, mais Dumbledore ne le lui laissa pas le temps d'ouvrir la bouche.
« Nous n'avons pas le temps. » Le vieux sorcier sembla hésiter puis soupira néanmoins. « Mais à l'avenir, tachez de vous souvenir tous les deux que la salle commune n'est pas un endroit pour passer la nuit. »
« Monsieur… » protesta-t-il, en pure perte. Dumbledore leva la main.
« Le temps presse. »
Harry secoua la tête, tentant de se remettre les idées en place.
« Que veut Snape ? » demanda-t-il. Ils devaient approcher des trois heures du matin…
« Le Professeur Snape a demandé que tu apportes la lettre, Harry. » déclara seulement le Directeur.
« Quelle lettre ? » répondit-il distraitement, avant qu'il ne se réveille tout à fait en comprenant ce que voulait Snape. Il voulait la lettre. Et il envoyait Dumbledore la chercher.
« J'espérais que tu pourrais me le dire… » soupira le vieil homme, sans sembler s'apercevoir de la détermination farouche qui avait envahi le garçon. « Severus divague… Mais il insistait tellement pour te voir… »
Harry fronça les sourcils. Snape divaguait ? Ca, c'était inhabituel. Et il le réclamait ? Doublement étrange…
« Est-ce qu'il est blessé ? » demanda-t-il finalement, en emboitant le pas au Directeur.
Dumbledore marqua un temps d'arrêt, mais reprit rapidement sa marche.
« Il est mourant, Harry. »
Je sais... moi aussi je vous aime. ^^
Rewiew!!!
