Je n'ai absolument aucune excuse pour hier... Je vous ai juste oubliés xD Désolééééée

Petit rappel, nous en sommes actuellement à 49 reviews. La prochaine personne à en laisser une gagne donc une question sur la saga - valable indéfiniment mais à usage unique et personnel.

titesouris (chap 12) : Allons, allons, tout le monde fait des erreurs *voix apaisante*

(chap 13) De quoi sans barbe ? Ah tu veux dire la longue barbe genre "je me suis pas rasé depuis 10 ans" ? Celle que Gandalf raccourcit en virant Saroumane ? Et oui, l'aube du cinquième jour est définitivement une référence à cette scène.

Sabrinella : Ils sont mignons hein ces jeunes ?

aliena wyvern : Je crois que si c'était un être vivant il aurait intérêt à bien se planquer xD

Julindy : En tout, et si j'ai bonne mémoire, 36 - dans cette fic. Mais il y a plusieurs suites (beaucoup). Même si la plupart n'ont pas plus de 5 chapitres. Et oui les jeunes se rapprochent doucement !

(-)

Les bois de Fangorn

« Je ne sais pas pourquoi on a dû partir si tôt, marmonna Fili. »

Il n'avait pas bien dormi la veille, et il était parti avant que la plupart des autres ne soient réveillés. Son Oncle était debout, au moins, et leur avait dit au revoir, comme la plupart de la compagnie. Thengel leur avait également souhaité bonne chance avec la folle idée de Gandalf de partir alors que le soleil dépassait juste l'horizon. Personne d'autre dans la maison n'avait été levé pour les voir partir, cependant. Y compris Dernwyn.

Fili allait tuer son frère.

Bien sûr, Kili avait bien dormi : il avait pu dire ce qu'il avait sur le cœur, et il était difficile d'en vouloir à son frère pour ses inquiétudes. Fili avait vu la douleur que son oncle et Bilbon avaient vécue. Il les avait vus se déchirer au nom de l'amour, et Kili ne voulait pas que Fili manque son bonheur. Son bonheur. Comme s'il y avait du bonheur à trouver dans l'amour. Kili avait été bien trop jeune pour se souvenir du jour où leur père était mort, mais Fili s'en souvenait. Il se souvenait que sa mère avait souffert d'un cœur brisé. Il voyait maintenant la douleur qu'éprouvait Thorin, le cœur brisé dont souffrait Bilbon. Kili ne voulait pas qu'il souffre de la même chose, voulait qu'il tende la main et saisisse le bonheur pendant qu'il le pouvait. Fili était content là où il était, merci beaucoup.

Puis il se souvint d'avoir ressenti une chanson hyperactive sous sa peau quand il avait dansé avec Dernwyn. Elle était plus que douée avec ses lames, elle était une experte, et il avait été merveilleux de jouter avec quelqu'un du même niveau que lui. Encore plus quand il avait vu à quel point elle s'amusait, et la regarder sourire et rire avait fait battre son cœur et élargi son propre sourire.

Puis elle s'était rapprochée. Tellement rapprochée qu'il avait pu voir la couleur de ses yeux, les observer s'assombrir tandis qu'elle le fixait. La façon dont sa langue avait couru sur ses lèvres, la transpiration sur sa peau, les frisottis de ses cheveux-

Mahal, il allait massacrer Kili et l'enterrer quelque part dans un royaume sylvain. Il allait bien, et ensuite Kili l'avait forcé à y penser, et il avait à peine dormi de la nuit.

« Où allons-nous ? demanda Kili. »

Il avait l'air si guilleret, si joyeux que Fili voulut lui faire des nœuds dans les cheveux. Son frère souriait même à Legolas, et Mahal le protège, Legolas souriait en retour. Même l'elfe était joyeux.

« Au Nord, principalement, répondit Gandalf de derrière Kili. »

Ils voyageaient à une vitesse décente, mais pas au point que les mots se perdent dans le vent.

« J'espère y être dans quelques jours, puis nous marcherons pour rejoindre les autres. »

Fili fronça les sourcils.

« Vous avez dit le cinquième jour, dit-il. Au cinquième jour à compter d'aujourd'hui, nous serons aux côtés de Thengel en Isengard.

- Je l'ai dit, acquiesça Gandalf. »

Maintenant Kili fronçait les sourcils.

« Où allons-nous, Gandalf ?

- Nous retournons à l'endroit où la compagnie et moi avons rencontré les Cavaliers, Kili, dit Gandalf. »

Derrière Kili, Legolas sembla surpris.

« Vous ne voulez pas dire-

- Si, Legolas. Si. »

Kili semblait prêt à hurler de frustration. Fili connaissait ce sentiment.

« A savoir... ?

- Juste à côté de l'Isengard, Fili. Dans la Forêt de Fangorn. »

La Forêt de Fangorn ?

« Vous ne pouvez pas avoir l'intention d'entrer, dit Legolas avec incrédulité. C'est de la folie, Gandalf. Les arbres sont devenus sauvages et n'ont plus peur de rien, et les Ents n'ont pas été vus depuis un âge.

- Ils sont là, l'assura Gandalf. Cela, je le sais. Enfin, au moins l'un d'entre eux y est. Le trouver sera le plus difficile. De même que traverser devant l'Isengard sans être vus. »

Fili ferma étroitement les yeux.

« Nous serons là-bas avec Thengel, cela dit, n'est-ce pas ? Avec notre Oncle ? demanda Kili.

- Nous avons promis d'être là pour protéger Dernwyn, dit Fili sans réfléchir, puis il faillit grogner. »

Kili semblait déborder de joie. Même Legolas lui sourit. Bien sûr sa bouche décidait de lui désobéir. Bien sûr.

« Ne craignez rien, dit Gandalf. Nous y serons, et vous défendrez Dernwyn, tout comme elle vous défendra, vos compagnons et vous. »

Il avait l'air amusé à ce sujet. Et étant donné la chance de Fili, ce n'était pas étonnant.

Il poussa un grand soupir et sentit Gandalf accélérer le rythme. Legolas l'imita, et tous quatre chevauchèrent rapidement à travers le Plateau.

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« Quels ordres du Mordor, mon seigneur ? »

Saroumane resserra sa robe autour de lui. Sans les arbres, l'air était devenu étouffant, et malgré les feux qui brûlaient dans le sol, le froid semblait s'incruster jusque dans ses os. Utiliser le palantir ne faisait que drainer ses forces. C'était une noble cause, mais épuisante néanmoins.

Les orques attendaient encore. Saroumane inspira.

« Abattez le reste des arbres autour de ma tour. Continuez de creuser profondément dans le sol, car il a des ressources plus vastes que nous n'aurions osé en rêver.

- Les arbres ont des racines profondes, mon seigneur, siffla l'orque, avant de baisser la tête quand Saroumane se redressa brusquement. Ceux-là prendront plus de temps, et laisseront de terribles marques dans la terre. »

Même les orques savaient et craignaient ce que cela signifiait, apparemment.

« Je n'ai que faire de cicatrices dans le sol. Abattez-les tous !

- Pour des feux tels que cela, il nous faudra plus d'arbres qu'il n'y en a. »

Saroumane regarda par la fenêtre.

« Nous avons tout ce dont nous avons besoin à notre porte, murmura-t-il. Prenez les arbres de Fangorn. Soyez rapides avec votre acier, car les arbres sont dangereux. Ils sont devenus paresseux avec les années, cependant. Si vous faites vite, il ne vous arrivera aucun mal. »

L'orque acquiesça et partit avec le reste de son entourage. Saroumane se renfonça dans son trône, plongé dans ses pensées. La voix de Sauron résonnait toujours dans sa tête.

Construisez-moi une armée digne du Mordor. Sortez-les de la terre là vous trouverez une vaste ressource de guerriers. Vous n'avez pas le temps de faire naître mes puissants Uruk-hai : vous devez les prendre et les tailler dans la terre. Profanez la terre, et récoltez les récompenses. Envoyez-les, brûlez le Rohan, et trouvez mon Anneau.

« Comme des vers sortant du sol en rampant, murmura Saroumane. »

Il entendait les arbres s'écraser au sol à l'extérieur tandis qu'on les abattait, et il sourit, d'un sourire féroce. Tout cela en vaudrait la peine. Au final, il se dresserait, plus sage et puissant que tous les autres, et il se joindrait à Sauron pour purger la Terre du Milieu des êtres inférieurs qui ne méritaient pas de vivre. Longtemps auparavant, il s'en serait soucié. Maintenant, maintenant il avait vécu assez longtemps pour ne plus éprouver de soucis inutiles, et il comprenait les choses bien plus clairement.

Il s'installa plus confortablement dans son trône pour se reposer, enroulé dans ses robes tandis que son corps tremblait d'épuisement et de froid. Il descendrait jusqu'aux feux plus tard, et serait réchauffé par les arbres morts. Pour l'instant, pour l'instant il allait prendre un repos bien mérité.

(-)

« Mon seigneur ? »

Thengel se tourna vers les portes. Dernwyn se tenait devant lui, sans armure et les cheveux tressés comme une dame convenable. Cependant la blouse et le pantalon qu'elle portait étaient la preuve de son intention. Elle allait chevaucher et combattre avec eux, peut-être même mourir avec eux.

Et il lui avait donné sa bénédiction pour faire cela.

« Entrez, dit-il chaleureusement. »

Elle entra dans la pièce, sans hésiter désormais. Quand il ouvrit les bras elle se précipita dedans, s'agrippant à lui. Ils restèrent ensemble, enlacés, pendant un certain temps. Elle avait été la seule enfant dans sa vie, pendant longtemps. Puis Holdred était tombé, celui qu'il avait considéré comme un frère, et l'avait laissée derrière. Il n'y avait aucun mot pour expliquer la peur dans sa poitrine. Holdwine ne lui pardonnerait jamais cela, d'avoir laissé sa nièce participer à une bataille où elle n'avait pas sa place.

Il la relâcha enfin, saisissant doucement son visage.

« Vous avez tellement grandi, murmura-t-il. Et votre père serait tellement fier de vous voir ici. »

Les yeux de Dernwyn scintillèrent mais elle se contenta de hocher la tête. Il lui embrassa le front, puis se tourna vers sa malle. Après l'avoir regardée un long moment, il sortit l'objet longtemps enterré de sa cachette. Le tissu autour était couvert de poussière, mais quand il le retira, l'objet en-dessous était propre et neuf.

« J'ai entendu dire par ma fille que votre lame ne veut pas être nettoyée, dit-il, essayant d'atteindre un ton léger. Peut-être que ceci vous conviendra mieux. »

Ses yeux semblaient briller à la lueur de l'épée devant elle. Avec révérence elle la saisit, la tendant devant elle pour tester son équilibre.

« Elle est parfaite, souffla-t-elle. »

Son sourire exprimait une joie extrême.

« Thengel-

- Elle était à votre père, dit-il. Il m'a fait promettre de la garder, jusqu'à ce que vous soyez adulte. Je sais que j'ai été égoïste en la gardant, mais le temps ne semblait pas venu de vous la donner. Maintenant, cependant. Maintenant il est temps.

- Merci, murmura-t-elle. »

Elle la fit tournoyer dans l'air, s'émerveillant du son qu'elle fit en perçant le silence.

« Oh, merci.

- Une Vierge du Bouclier devrait avoir une épée convenable, lui dit-il. J'ai également le fourreau, ici. Un fourreau qui convient à la fille d'un capitaine. »

Quelque chose dans sa voix attira son attention, et elle se tourna vers lui, fronçant les sourcils.

« Thengel ? »

Il ne pouvait pas faire ça. Il ne pouvait pas l'envoyer combattre. Il ouvrit la bouche pour prononcer les mots, une déclaration du roi, mais quand leurs yeux se croisèrent, il vacilla.

« Soyez prudente, réussit-il à dire. Oh Dernwyn, je vous en supplie, soyez prudente. Vous êtes comme mon propre enfant, et vous perdre serait insupportable. »

Avant qu'il le sache, elle avait reposé l'épée sur la table et enroulé ses bras autour de lui une fois de plus. Il la serra aussi fort que possible, des larmes lui piquant les yeux. Si quelqu'un lui avait dit que Théodwyn et Théoden étaient au combat, luttant contre un nombre incalculable d'orques et d'ennemis, il aurait ressenti le même tremblement dans ses genoux, la même faiblesse dans son cœur.

« Promettez-moi, murmura-t-il. Promettez-moi que vous vous défendrez en premier, et moi en second. S'il vous plaît. »

Elle se raidit, puis laissa échapper un soupir tremblant.

« Promettez, implora-t-il avant qu'elle ne puisse parler.

- Je le jure, promit-elle, mais sa voix était teintée de chagrin devant son insistance. Je le jure, mon roi. Mon Oncle. »

Thengel ferma étroitement les yeux. Un instant plus tard, des pas doux traversèrent la pièce, et des bras chaleureux s'enveloppèrent autour de Dernwyn et lui.

« Pour moi aussi, je vous implore, murmura Morwen. Il y a longtemps que je vous considère comme mienne. Je n'ai que faire du sang : vous êtes ma Dernwyn, et je veux que vous reveniez à la maison. »

Ce furent les paroles de Morwen qui atteignirent enfin Dernwyn, et elle acquiesça.

« Je le jure, je me protégerai. Je me bats en bonne compagnie je doute d'être blessée.

- Je doute que Fili le permette, la taquina Morwen, et Thengel eut un rire, reconnaissant de ce répit parmi la peur Dernwyn souffla.

- Théodwyn et vous et tous les autres semblez penser-

- Ma chérie, je ne pense pas, je sais, dit Morwen. »

Elle se recula pour regarder Dernwyn dans les yeux, la prenant par les épaules.

« Vous ressentez un étrange sentiment de chaleur dans la poitrine quand vous le regardez. Vous le fusillez du regard car si vous ne le faisiez pas, votre visage tomberait dans l'émerveillement. Vous souhaitez l'impressionner avec vos talents, et vous souhaitez être près de lui, qu'il vous regarde. »

Elle leva les yeux vers Thengel et croisa son regard, et son cœur était chaud de tout l'amour qu'il ressentait pour cette femme, son âme sœur, sa belle Morwen.

Dernwyn joua avec sa blouse entre ses doigts, mais ses joues avaient rougi.

« Cela ne veut-

- Vous êtes également jalouse d'une enfant de douze ans, dit Morwen. »

Sa femme semblait hautement amusée maintenant. Le rougissement de Dernwyn s'étendit sur son visage comme un feu de forêt.

« Je suis pas jalouse !

- Pour une fois, je crois que je vais croire Théodwyn plutôt que vous, même si je sais que d'habitude c'est le contraire, dit Morwen, mais sa voix était douce, pas condescendante. Votre cœur bat pour lui. Cela je peux vous le dire. »

Dernwyn déglutit.

« Et lui ? demanda-t-elle. »

La voir aussi hésitante faillit briser le cœur de Thengel. Il parla avant que Morwen n'en ait le temps.

« Continue-t-il d'encourager votre conversation même quand ce n'est que pour échanger des coups avec les mots ? Vous cherche-t-il quand il pourrait vous éviter ? Ses yeux suivent-ils votre visage ? »

Dernwyn sembla y réfléchir, mais la réalisation commençait à s'étendre sur son visage. Thengel sourit.

« Il est parti ce matin avec Gandalf, son frère, et l'elfe, mais alors même qu'ils se dirigeaient vers les portes, ses yeux se portaient vers la maison pour voir si vous étiez là. »

Dernwyn cligna des yeux.

« Il aurait pu chercher ses compagnons, insista-t-elle.

- Ce n'était pas le cas, l'assura Morwen. Il vous regarde quand vous détournez les yeux, tout comme vous le faites avec lui. »

Elle s'occupa de la blouse de Dernwyn, bien qu'elle n'ait nulle besoin d'être redressée.

« Bien qu'ils soient de race naine, ce sont des hommes bons. Et Fili est gentil, fort, et tient manifestement à vous. Tout comme vous tenez à lui.

- Je l'ai insulté, marmonna Dernwyn. »

Thengel laissa échapper un grand éclat de rire, teinté du chagrin qu'il ressentait encore.

« Et il vous a insulté en retour. En réalité ce n'est pas une façon si étrange de faire la cour. »

Dernwyn n'avait pas l'air complètement convaincue, mais au moins elle y pensait. Thengel s'autorisa à se souvenir de la promesse sincère des nains et prit une grande inspiration. Fulgram avait parlé de leur talent pour sauver les villageois, de leur rapidité au combat et de leur devoir instinctif de protéger les plus vulnérables, bien que le peuple de Rohan ne soit pas le leur.

Oui, il pouvait faire confiance à Thorin et ses nains pour la vie de Dernwyn. Elle serait en sécurité, ou autant en sécurité que possible, au milieu de la bataille.

C'était tout ce qu'il pouvait espérer.

« Venez, dit-il. »

Il donna le fourreau à Dernwyn et déposa un baiser sur la joue de Morwen.

« Nous allons au Gouffre de Helm pour rallier les hommes, puis nous rassemblerons nos forces et marcherons sur l'Isengard. »

(-)

Ils avaient été rapides, avec seulement deux chevaux. Maintenant arrivés à leur destination, cependant, Kili découvrit que marcher était la partie la plus difficile.

« Reste près de moi, murmura Fili. »

Kili acquiesça, mais ses yeux s'égaraient partout. Les arbres ici étaient grands et sombres, cachant le soleil, et lui rappelaient douloureusement la Forêt Noire, les araignées, quand il avait été séparé de son frère. Indépendamment de sa volonté, ses doigts se tendirent, trouvèrent le manteau de son frère et le tordirent fortement il se sentait stupide d'être aussi infantile mais était incapable de s'en empêcher dans les bois sombres. Fili ne dit rien, mais tendit la main à son tour pour agripper le bras de Kili.

Derrière lui, Legolas suivait de près, et Kili fut content de l'avoir derrière lui. Il arrivait presque aux épaules de l'elfe – presque, c'était toujours mieux que Fili en tout cas – et Legolas était une présente solide et sécurisante. Devant eux, Gandalf progressait difficilement à travers les bois sombres, apparemment indifférent devant leur situation. Sa main était serrée autour de son bâton, cependant.

« Ne tirez pas l'épée, leur murmura Gandalf. Beaucoup d'arbres dorment, mais un certain nombre sont éveillés. Soyez prudents, et déclarez votre intention de ne pas leur faire de mal.

- Je préférerais être entouré de pierre, marmonna Kili. »

La pierre il la comprenait. Il avait grandi dans les grandes Montagnes Bleues, où des mineurs avaient trouvé une place parmi les cavernes. Il s'était immédiatement senti chez lui à Erebor, bien qu'il était été heureux du grand espace ouvert au-dessus de la porte. Il avait aussi passé longtemps à errer sous les étoiles.

Pour l'instant, les bois s'étaient tellement refermés, qu'il avait l'impression de ne pas pouvoir respirer. Et il avait pensé que la Forêt Noire était mauvaise.

« Je crois que même vos bois ne sont pas si dangereux, murmura-t-il à Legolas. »

Legolas secoua lentement la tête.

« Non, ils ne sont pas aussi dangereux que ceux-là, approuva-t-il. Il y a longtemps, les elfes ont parlé aux arbres et les ont réveillés, puis ont mis les bergers de la forêt en charge de les garder, pour qu'ils ne parcourent pas la Terre du Milieu. Les arbres avaient des voix, des sentiments, des mots à eux, et nous écoutions. »

Kili regarda la forêt autour de lui avec un intérêt renouvelé. Même Fili semblait intéressé.

« Qu'est-il arrivé ? demanda Fili. »

Les yeux de Legolas étaient hantés.

« Les Ents ont disparu. Les arbres sont devenus sauvages et ont marché jusqu'à ce qu'ils s'installent ici, autour de la montagne. Je ne sais ce que vous espérez accomplir, Gandalf. Les arbres ne vous aideront pas.

- Non, mais leurs gardiens le feront, ou du moins, c'est ce que j'espère, dit Gandalf, et Legolas le fixa.

- Vous croyez les Ents encore ici ? Ils n'ont pas donné signe de vie depuis des siècles.

- Avec les ténèbres sur la terre, leur en voulez-vous ? Les Ents viennent de l'ancienne magie, une magie qui serait corrompue. Plus j'y ai réfléchi, plus j'ai décidé que les Ents devaient être encore ici. Et je crois que nous en trouveront un. »

Kili roula des yeux.

« Quoi, vous espérez qu'on va tomber sur l'un d'eux par hasard ? »

Sa botte se prit dans une racine épaisse et il trébucha, tirant Fili avec lui. Legolas, dans une grande démonstration de grâce elfique, réussit à se rattraper juste au-dessus de Kili. Ils se fixèrent un long moment, les cheveux de Legolas pendant autour du visage de Kili comme un rideau. Il cligna et essaya immédiatement de regarder ailleurs, n'importe où sauf le superbe visage de l'elfe.

Puis ses yeux saisirent quelque chose au-delà de l'épaule de Legolas, quelque chose qui bougeait. C'était un arbre, et il bougeait.

Il réussit seulement à ne pas hurler parce que son souffle fut coupé quand une large branche le tira de sous Legolas. Elle se resserra autour de ses côtes, le faisant manquer d'air. Il monta de plus en plus haut jusqu'à ce qu'il soit si loin du sol, que même Legolas ne pouvait pas l'atteindre.

« Au secours ! appela-t-il. Fili ! Legolas ! Gandalf !

- Reposez-le, tout de suite, grogna Fili, les lames sorties. »

Legolas avait déjà tendu son arc, la pointe de sa flèche ne tremblait pas du tout. Autour d'eux, les branches des arbres commencèrent à bruisser un avertissement. Kili poussa et tenta de s'enfuir de la prison de l'arbre.

« PAIX ! »

Tout s'arrêta. Gandalf s'avança rapidement et se posta devant Fili et Legolas.

« Paix, mon vieil ami, répéta-t-il, bien que sa voix ne tonne plus. Rappelez vos moutons, car nous ne voulons aucun mal. C'est vous que nous cherchons. »

Une voix profonde résonna de l'intérieur de l'arbre qui tenait Kili.

« Je suis heureux d'entendre votre voix, mon ami. »

La voix parlait lentement, mais était pleine de pouvoir et de puissance.

« Vous amenez des orques dans ma forêt ?

- Des orques ? dit Kili avec indignation. »

La branche le rapprocha de l'arbre, et il réalisa soudain qu'il regardait deux yeux. Il cligna. Ils clignèrent.

Il fut très reconnaissant que la branche le tienne, sans quoi il serait tombé de choc. Il y avait un arbre qui parlait à Gandalf, et il avait des yeux, des yeux qui s'étrécissaient en le regardant avec intensité. Le visage de l'arbre était couvert de mousse comme si c'était des cheveux, et les branches les plus hautes de sa tête allaient dans tous les sens. Il avait même une barbe, une grosse barbe de mousse épaisse qui était plus longue que toutes celles que Kili avait jamais vues. L'arbre avait une meilleure barbe que lui. S'il n'avait pas été dans un tel danger, Kili aurait pensé à être insulté.

« Hrum, des orques, dit l'arbre. Bien que vous ne parliez pas comme l'un d'eux.

- Il n'est pas un orque, Sylvebarbe, l'assura Gandalf. »

Il ne fit aucun autre geste pour aider Kili, mais réussit à garder Legolas et Fili en arrière.

« Je ne suis pas un orque, répéta Kili. »

La prise sur lui se détendait, assez pour qu'il respire, mais pas assez pour qu'il s'échappe.

« Je suis Kili, j'ai du sang de nain en moi ! Vous ne le voyez pas ? Ma peau n'a pas une couleur orque !

- Je ne juge pas la chair, grommela Sylvebarbe, le rapprochant de nouveau pour regarder Kili. Car des choses qui semblent belles peuvent être bien mauvaises, hrum.

- Alors croyez-moi quand je dis que je ne suis pas un orque ! Je suis un nain, du sang de Durin.

- Sang ! Barrum, trop parlé de sang. Parlez d'arbres, petite chose, de la terre d'où vous venez. »

Kili fronça les sourcils.

« Hum, de... de l'Est, l'Est de la Forêt Noire. Vertbois ! Pardon, de Vertbois. De la Montagne de Solitaire. Bien que je sois né dans les Montagnes Bleues. »

Est-ce que personne n'allait l'empêcher de tout balbutier ?

« Si pressé dans vos paroles, dit Sylvebarbe, secouant la tête et faisant bruisser les branches. Ne soyez pas si hâtif, petit nain. Vous êtes jeune, plus jeune que vous ne le savez. »

Il reposa enfin Kili au sol, oh, le sol était bon, très bon. Ses jambes faillirent céder sous lui, et il serait tombé si Fili et Legolas ne l'avaient pas rapidement soutenu. Fili enroula ses deux bras autour de lui, le serrant fort, tandis que Legolas drapait un bras autour de ses épaules. Kili fit une grimace, presque embarrassé de l'attention qu'il recevait.

« Je vais bien, promit-il.

- Je vous crois, quand vous dites ne pas être un orque, soupira Sylvebarbe. Car bien que vous soyez imberbe, vous êtes certainement un enfant de Aulë. »

Il fit 'hum', un bruit qui résonna si profondément que Kili n'en avait jamais entendu de pareil.

« Pourquoi dérangez-vous notre repos, magicien ? Il y a longtemps que les arbres ne se sont pas réveillés.

- Je viens avec le plus urgent des besoins, dit Gandalf. L'Isengard est devenu la proie de la folie. »

Sylvebarbe recula avec stupéfaction.

« Saroumane était mon ami, dit-il, secouant la tête. »

Les feuilles dans ses branches bruissaient avec même le plus doux des mouvements.

« Il avait l'habitude de marcher dans la forêt avec moi. Comment pouvez-vous parler de folie ?

- Nous avons des raisons de penser que Saroumane s'est tourné vers les ténèbres, dit Legolas. »

Il attira pour la première fois le regard de Sylvebarbe. Kili réprima l'envie irrationnelle de se poster devant l'elfe. Les elfes avaient peut-être réveillé les arbres, mais c'était souvent les haches des nains qui les abattaient.

« Il a rasé l'Isengard et tout ce qui l'entoure.

- Barrum ! Quels mots vous prononcez ! grommela Sylvebarbe. Comment savez-vous cela ?

- Il y a un feu en Isengard, dit Fili. La fumée et le feu montent haut dans le ciel. »

Sylvebarbe ne dit rien, mais il sembla troublé. Enfin, aussi troublé que pouvait sembler un arbre.

« Ce n'est peut-être pas l'œuvre de Saroumane, dit Kili, bien qu'il soit fort certain que c'était le cas. Mais les orques ravagent le Rohan, et ils sont certainement en Isengard. »

Sylvebarbe fit un 'harrumph'.

« Je n'ai nulle querelle avec Saroumane, dit-il, et le cœur de Kili s'effondra. Pas plus que je ne me soucie des orques. Ma tâche est de rester dans les bois, petit nain. Et dans les bois, je resterai. »

Kili le fixa, sa mâchoire se décrocha.

« Alors vous n'allez rien faire ? demanda Fili, stupéfait. Mais ils font du mal aux gens !

- Je dois m'occuper de la forêt, répéta Sylvebarbe. »

Il se pencha en avant, et ses yeux étaient presque gentils.

« Il y a longtemps que ces arbres dorment, et je dois les laisser dormir encore, hrum. Mes arbres sont ma tâche, et mon devoir sur cette terre. Nous devons rester en paix, barrum. Voilà ce que je dois faire. »

Pendant un long moment, personne ne dit rien. Kili fixa le sol, où les racines de Sylvebarbe – ses pieds – se trouvaient. Sans l'aide que Gandalf pensait obtenir des Ents, ils seraient trop peu nombreux. Ils ne pourraient jamais aider Thengel et Thorin, et les orques poursuivraient Bilbon-

« Merci, mon ami, dit Gandalf. »

Kili tourna brusquement les yeux vers lui. Le magicien s'inclinait devant Sylvebarbe, s'appuyant sur son bâton.

« Je suis heureux de voir que vous allez bien.

- C'est un plaisir de vous voir, dit Sylvebarbe avec affection. Mais cela ne fait pas si longtemps que je vous ai vu pour la dernière fois.

- Votre horloge ne va pas aussi vite que la mienne, répondit Gandalf. »

Il semblait essayer de tirer parti d'une réponse très désagréable.

« Cela fait trop longtemps que nous n'avons pas parlé.

- Hrum, vous êtes jeune, mon ami, dit Sylvebarbe en secouant la tête. Cela ne fait pas si longtemps du tout. »

Gandalf fit un 'ttt' puis regarda Fili et Kili. Kili fronça les sourcils : il y avait une étincelle dans les yeux de Gandalf qu'il n'était pas sûr d'apprécier.

« Peut-être pas. Assez longtemps, peut-être, pour que je puisse vous demander une faveur ? L'elfe et moi avons à faire au Rohan, et cela requiert une chevauchée rapide qui n'est pas pour les nains. De plus, ils ont promis d'être devant l'Isengard dans deux jours. Pouvez-vous les y emmener sans danger ? Il n'y a personne à qui je confierais plus volontiers leurs vies. »

Legolas regarda Gandalf avec conclusion, mais tint sa langue. Kili commença à parler, mais Fili lui marcha sur le pied.

« Ouille, marmonna-t-il, incendiant son frère du regard. »

Qu'est-ce qui lui échappait ?

« Je pourrais protéger deux nains pendant un moment, acquiesça Sylvebarbe au bout d'un moment. Je les emmènerai à la route qui mène à l'Isengard dans deux jours. C'est un moment très court.

- Et je ne le demanderais à personne d'autre, dit grandement Gandalf. »

Il s'inclina bien bas devant Sylvebarbe, puis se tourna vers les autres.

« Je voudrais dire au revoir, si vous permettez. »

Ils n'avaient pas besoin de plus d'encouragements. Sylvebarbe s'écarta et ils se rapprochèrent de Gandalf, les questions filant aussi vite que possible.

« Que faites-vous ?

- Nous ne sommes pas trop lourds pour que vous nous emmeniez avec vous !

- Pourquoi devez-vous les laisser ici ?

- Parce que les Ents ont des convictions très solides, dit Gandalf, mais sont prompts à la justice plus qu'aux vieilles amitiés. Fili, Kili, allez avec Sylvebarbe. Faites-moi confiance. Nous vous reverrons dans deux jours. »

Kili hocha la tête avec réticence. Fili lui prit la main et la serra fort.

« Serons-nous en sécurité ? demanda-t-il. »

Gandalf hocha la tête.

« Vous serez plus en sécurité avec Sylvebarbe que partout ailleurs, cela je peux vous l'assurer. Sylvebarbe sait qui vous êtes, et sait ce que vous êtes. Il ne fera pas de mal à Kili, je le jure. »

Clignant des yeux, Kili se tourna vers son frère, qui avait en effet l'air prêt à découper tout ce qui essaierait de s'en prendre à lui.

« Je vais bien, Fee, dit-il doucement. »

Fili grogna, d'une façon très similaire à celle de Thorin, mais il pressa brièvement la main de Kili.

Gandalf hocha la tête, leur donna à tous deux une tape sur l'épaule, puis se retourna pour partir. Legolas le suivit, puis marqua une pause sur une racine. Il se retourna vers Kili, et les émotions dans ses yeux bleus interrompirent sa respiration.

« Soyez prudent, dit enfin Legolas, comme incapable de trouver d'autres mots. »

Puis, sans un mot de plus, il se détourna et partit.

« Vous aussi, dit doucement Kili. »

Il savait que l'elfe l'entendrait, malgré la distance entre eux. Il soupira et observa jusqu'à ce qu'il ne puisse plus voir les cheveux blonds de Legolas, puis se retourna pour retourner auprès de Sylvebarbe. On tira sur sa main, et il se souvint qu'il se tenait encore à côté de Fili. Fili, qui avait l'air très curieux.

Kili avala sa salive.

« Quoi ?

- Qu'est-ce que c'était que ça ? demanda Fili.

- Qu'est-ce que c'était que quoi ?

- Ce, ce truc, avec Legolas.

- C'est un ami. Je sais, c'est un elfe, il ne devrait pas être mon ami, mais il est gentil quand on apprend à le connaître. »

Fili étrécit les yeux.

« Ce n'est pas juste un 'ami', ça, dit-il. »

Avant qu'il ne puisse continuer, cependant, Sylvebarbe les appela de sa grosse voix.

« Venez, petits enfants de Aulë. Allons marcher pour nous occuper des arbres. Il y a longtemps que je ne suis pas allé à l'ouest, hrum. J'ai toujours aimé aller à l'ouest j'ai l'impression que je marche avec le soleil. »

Quelqu'un voulait les Ents je crois...:p

Notes de l'auteur :

Kili fait apparemment 4 pieds 8 pouces de haut, soit 2 pouces de plus que son frère, et deux de MOINS que son Oncle. Thorin est un très grand nain du haut de ses 4 pieds 10 pouces et demi. Legolas approche/dépasse les 6 pieds.