Disclaimer : Les cinq G-boys ne sont malheureusement pas à moi. Mais bon… Ça va pas m'empêcher de les emprunter un tit peu, pour m'amuser avec. C'est vrai quoi, c'est pas comme si je les rendais pas après. Hin hin hin...
Par ailleurs, j'ai aussi ramené en Guest-star, quelques persos de Fullmetal Alchemist, pour s'occuper du "Vogue - Rewrite". Sont pas à moi non plus, donc. XD
Mais Kathleen, c'est ma mienne ! … … En même temps, je mets quiconque au défi de la supporter plus de cinq minutes. ;p
Genre : Montagne Russe ? J'aime bien les trucs qui virent de bord pour un oui ou pour un non. :D
Résumé : Séquelle de "Double Shinigami". Après sept ans de relative tranquillité, de nouveaux ennuis tombent sur nos malheureux G-boys. C'est que, pour certaines personnes, "Paix" est synonyme de "terrain de jeux tranquille et rêvé pour idées tordues". … Ils auraient peut-être du s'en prendre à quelqu'un d'autre, non ?
Couples : 3&4, 1&2, 5&K. ( On change pas une équipe qui gagne. ;p )
Bla bla vite fait : Merci à Ankei, Syt the Evil Angel, Kyu, Bibou, mogyoda, et marnie pour leurs reviews ! Et voilà enfin ce qu'il est advenu de Wufei !
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Chapitre 13 : Nightmare's vault ( partie 4 )
Kathleen tressaillit violemment en entendant les coups de feu. Deux détonations quasi-simultanées.
Puis le silence.
Oppressant.
Elle s'assit sur les marches de l'escalier, un poing appuyé nerveusement sur ses lèvres.
Wufei lui avait fait promettre de rester là et de l'attendre. Et vu le comportement étrange de son pouvoir, elle n'avait aucune envie de lui désobéir.
Mais elle n'aimait pas la crampe désagréable qui lui retournait l'estomac.
Allons… S'il était arrivé quelque chose de grave, Quatre t'aurait aussitôt prévenue… se dit-elle.
Oui. Sauf si la gravité était telle que le télépathe préférait lui cacher ce qui se passait, pour la protéger.
………
Elle n'aimait définitivement pas cette étrange impression…
Un peu tremblante, elle se remit sur ses pieds et commença à descendre l'escalier, le cœur battant d'angoisse.
La descente lui parut interminable. La moiteur de l'air était étouffante et désagréable. La perte de ses repères habituels, une torture effrayante.
Mais le doute qui lui nouait l'estomac était encore pire.
Il S'ETAIT passé quelque chose. Elle le SAVAIT. Il était arrivé QUELQUE CHOSE à Wufei !
Et cette certitude, ancrée au fond de ses tripes, était la seule chose qui lui permettait de mettre un pied devant l'autre.
Elle atteignit les dernières marches et hésita un long moment une fois en bas, alors que d'interminables rangées de tubes se déployaient devant elle.
Où… ? Où est-ce que je dois aller ? se demanda-t-elle avec crainte.
Cette indécision était totalement nouvelle pour elle. Normalement, elle savait toujours vers où diriger ses pas.
Elle étouffa un petit gémissement de panique et regarda nerveusement tout autour d'elle.
Elle ne la vit pas du premier coup, cette forme recroquevillée contre un mur et qui semblait si petite. Mais une fois qu'elle la vit, elle eut l'impression que son cœur cessait de battre pendant plusieurs secondes.
— Wufei !
Elle se précipita auprès de lui. Il était assis sur le sol, ses jambes ramenées contre sa poitrine, son visage caché entre ses genoux.
Il avait du sang partout.
— Wufei ! Wufei !
Elle posa ses mains sur ses épaules, cherchant la blessure d'un regard affolé. Il ne réagit pas. Elle le força à relever la tête vers elle.
Son visage était couvert de sang et de larmes. Son regard fixe et presque vitreux.
— Oh mon dieu, Wu… ! geignit Kathleen.
La jeune femme s'était mise à trembler sans pouvoir s'arrêter. Elle avait beau savoir que ce n'était pas le moment, que Wufei avait besoin de toute son aide, mais c'était plus fort qu'elle. Nerveusement, elle n'en pouvait plus.
Elle l'ausculta tant bien que mal, découvrant qu'une longue estafilade lui labourait le cuir chevelu.
— Qu'est-ce qui s'est passé ! souffla-t-elle d'une toute petite voix.
Il ne formula aucun son.
Il ne semblait même pas voir qu'elle était là.
Avant même d'y réfléchir, Kathleen lui assena une claque. Il cligna des yeux. Une expression blessée traversa ses iris noirs.
— Kath… leen ?
Un sanglot de soulagement hystérique monta de la gorge de la Newtype :
— Qu'est-ce qui t'est arrivé, Wufei ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Réponds-moi !
Le regard de son amant se perdit dans le vague de ses souvenirs. Il mit du temps avant de parvenir à lui répondre, d'une voix très lente et atone :
— Une petite fille… Il y avait une petite fille de l'âge de Zaz… Elle avait des cheveux très longs… très noirs… Elle avait un pistolet… ( Il marqua un très long temps de silence. Il était si pâle que Kathleen crût qu'il allait vomir. ) Elle avait son pistolet braqué sur moi… Elle a tiré… Et j'ai… tiré aussi… Elle s'est écroulée… Elle ne s'est pas relevée… Elle ne bougeait plus… Je… Je l'ai tuée… acheva-t-il dans un murmure inaudible. Je l'ai tuée… J'ai tué… une petite fille… J'ai tué… un enfant… Oh mon dieu, je suis un monstre… ! Je suis un monstre… !
Il se mit à répéter cette dernière phrase sans pouvoir s'arrêter.
Son regard était vide. Effroyablement fixe et vide. De ce vide terrifié que Kathleen n'avait pas vu depuis presque six ans. Pas depuis le soir où ils avaient fait l'amour pour la première fois et où les souvenirs des tortures qu'il avait subies pendant la guerre avaient brutalement refaits surface. Des souvenirs qui l'avaient laissé en état de choc et de terreur pendant plusieurs heures, et très secoué pendant plusieurs jours.
Elle prit son visage entre ses mains et le força à la regarder.
— Fei ! Wufei !
— Elle ne s'est pas relevée… répéta-t-il de cet air douloureusement absent.
— Où est-elle, Wu !
— Mais, elle…
— Où ça, Wufei !
Elle le secoua brutalement par les épaules pour le sortir de son apathie et le forcer à réagir.
— Dans… Dans la troisième rangée de cuves… à gauche… balbutia-t-il.
— Bien ! Ne bouge pas de là, d'accord ? Je vais voir.
Elle se précipita plus en avant dans le hangar, oubliant sa peur et son malaise.
Elle ne pouvait pas le croire. Wufei ne pourrait JAMAIS tuer consciemment un enfant, même si sa vie en dépendait. Il préfèrerait largement mourir plutôt que de faire ça.
Il fallait qu'elle le voit de ses propres yeux…
Elle courut à perdre haleine avant de s'immobiliser net en atteignant la rangée indiquée par Wufei.
Un petit corps gisait sur le sol, roulé en chien de fusil.
Non… !
Elle précipita auprès de l'enfant. La chemise d'hôpital de la fillette était teintée de sang.
Kathleen frissonna : elle faisait partie des "choses"…
Mais c'est une enfant…
Elle s'agenouilla près de la fillette. Ses mains tremblaient sans qu'elle puisse y faire quoi que ce soit. Elle tendit les doigts vers la peau pâle, mais il lui fallut plusieurs tentatives avant de surmonter sa terreur et la toucher effectivement.
Elle avait tellement peur de sentir une peau trop froide pour être vivante. Une peau qui confirmerait le geste de Wufei…
Mon Dieu, je vous en prie… ! supplia-t-elle une fraction de seconde avant de toucher la joue de la petite fille.
La peau était douce comme de la soie. Douce et brûlante de fièvre.
Un soulagement égoïste envahit Kathleen. L'enfant-"chose" vivait ! Wufei ne l'avait pas tuée !
La petite bougea alors que les doigts de Kathleen passaient dans ses cheveux. Elle gémit faiblement. Puis ses paupières s'entrouvrirent et son regard d'ambre se tourna vers l'adulte.
Des pupilles verticales... Comme le mutant… !
Les yeux de l'enfant s'agrandirent, en proie à la panique. Elle essaya de se dégager en quelques contorsions cherchant même du regard le pistolet qui avait été abandonné à un mètre de là, à la grande surprise de Kathleen.
La fillette échappa un long cri de surprise et de douleur. Wufei ne l'avait pas tuée, oui, mais il l'avait quand même blessée à l'épaule. En essayant d'échapper à Kathleen, elle avait ravivé la souffrance causée par la plaie.
Et une petite fille de cinq ou six ans restait une petite fille de cinq ou six ans… Elle avait beau avoir l'air de savoir se servir d'une arme, malgré son âge… elle était blessée… Et elle avait mal… Très…
L'enfant éclata en sanglots déchirants, hurlant sa douleur et sa peur.
Kathleen ne s'interrogea pas bien longtemps.
— Chut, petite puce… Schhh… Ça va aller… murmura-t-elle en essayant de prendre la fillette dans ses bras.
La petite brune se débattit au début, mais entre la voix douce et rassurante de la jeune femme et la douleur aiguë provoquée par le moindre de ses mouvements, elle finit par renoncer. Elle s'abandonna en sanglotant contre la poitrine de Kathleen. Cette dernière la berça en lui chuchotant une chanson de paroles sans suite.
Avec précaution, la Newtype ausculta la blessure de la fillette. La balle avait traversé l'épaule de part en part et la plaie saignait. Malgré tout, ça n'avait pas l'air "trop" grave : vu l'écoulement du sang, aucun vaisseau important n'avait été touché. Un simple garrot pourrait suffire en attendant de meilleurs soins.
— Attends, ne bouge pas. Je vais essayer de te soigner, prévint-elle le plus doucement possible.
Elle manipula l'enfant avec précaution tout en chantonnant à mi-voix. La petite se laissa faire en reniflant. Elle s'était un peu calmée et restait pelotonnée contre la jeune femme. Kathleen improvisa un bandage de fortune, puis elle se releva, tenant l'enfant dans ses bras. Elle continuait de fredonner à l'oreille de la fillette. Celle-ci noua son bras valide autour de son cou et ses jambes autour de sa taille pour se blottir plus confortablement contre elle.
Kathleen frissonna légèrement quand le petit visage vint se nicher timidement dans le creux de son cou, mais les pleurs étouffés de la fillette la découragèrent de protester.
Kathleen se sentait mal. Entre le malaise diffus causé par la proximité de tous les êtres "étranges" et le comportement erratique de son sens-radar, la tête lui tournait dangereusement.
On a dit "flou"…
Elle se força à respirer lentement, rappelant à elle les nombreux conseils de Wufei à propos de la méditation et du yoga. Elle berça distraitement l'enfant tout en essayant de retrouver son calme.
— Tu t'appelles comment ? demanda-t-elle dans un murmure, au bout d'un moment.
— Jade… couina la petite brune, d'une voix fluette.
— Ok… Moi, c'est Kathleen... Enchantée.
Elle crut deviner comme un sourire hésitant, contre son cou.
La Newtype rebroussa chemin en portant l'enfant. Quand Wufei la saurait vivante, il se calmerait peut-être un peu.
— Wu… ? appela-t-elle doucement lorsqu'elle rejoignit la forme prostrée de son compagnon.
Le jeune homme releva la tête, ses traits s'altérant un instant, en voyant la fillette dans les bras de Kathleen.
— Elle vit, annonça la Newtype. Elle est simplement blessée à l'épaule.
Une expression de soulagement sans borne s'afficha sur le visage du chinois. Le Preventer se remit sur ses pieds et s'approcha des deux femmes. Il tendit une main hésitante vers la tête de la petite fille. L'enfant jeta un œil par-dessus son épaule au moment où il allait la toucher.
Elle se mit à pousser des hurlements perçants de panique, s'accrochant de toutes ses forces au cou de Kathleen.
— C'est le Monstre ! Le laisse pas me faire du mal ! Le laisse pas faire ! cria-t-elle avant d'éclater en sanglots convulsifs.
Wufei battit aussitôt en retraite, l'air à la fois blessé et résigné face à cette réaction. Kathleen s'écarta un peu aussi, de son côté, adressant un regard d'excuse au jeune homme.
— C'est bon, Jade, c'est bon… il ne te fera aucun mal… c'est promis… Il ne l'a pas fait exprès…
— Bakemono da… (¤1) gémit l'enfant au milieu de ses pleurs, trahissant sa connaissance de la langue nippone.
— Chut… c'est fini… c'est fini… murmura Kathleen, en la berçant.
Elle parvint à la calmer un peu. Wufei les contemplaient d'un air morne.
— Je suis déso…
— C'est pas grave, Leen. C'est pas ta faute, trancha l'asiatique un peu sèchement.
Kathleen sentit sa gorge se serrer : ce ton indiquait à quel point il était furieux et dégoûté de lui-même.
— Qu'est-ce qu'on… commença-t-elle pour essayer de détourner la conversation.
— Jade !
Les deux adultes virent une frêle silhouette marquer un temps d'arrêt à quelques dizaines de mètres de là, puis se précipiter sur eux.
— Lâchez-la tout de suite !
Wufei s'interposa machinalement. Le nouveau venu l'engagea dans un combat au corps à corps. Mais à un contre un, le chinois ne lui laissa aucune chance : son agresseur mordit la poussière en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
— Onii-san ! (¤2) s'écria Jade d'une voix affolée.
Elle essaya de se soustraire aux bras de Kathleen mais renonça très vite avec un bref cri de douleur.
— Wufei ! Je t'en prie, arrête ! Laisse-le !
Le Preventer lança un regard sombre à la jeune femme et fit mine de s'écarter du vaincu : un adolescent de seize-dix-sept ans à peine, typé asiatique, aux cheveux mi-longs et dont la frange asymétrique accentuait l'air farouche. Le garçon posait sur eux un regard contrarié et méfiant.
Ce regard… Kathleen s'en rappelait… elle l'avait déjà vu…
Des bribes de souvenirs floues remontèrent à la surface de son esprit, charriant un nom qu'elle murmura presque inconsciemment :
— Wei…
Le garçon tressaillit violemment et leva sur elle un regard sidéré. Et tout à coup, étrangement perdu. Il détourna vivement les yeux, se remit sur ses pieds. Il jeta un coup d'œil craintif en direction de Wufei et s'avança vers Kathleen. Il se tint devant elle, tête basse. Finalement, il tendit les bras vers la Newtype, paumes vers le haut.
— Rendez-la moi… souffla-t-il d'une toute petite voix.
Kathleen hésita une seconde. Wei rentra légèrement la tête dans les épaules, mais ne leva pas les yeux pour autant.
— S'il vous plait, rendez-moi ma sœur… insista-t-il d'une voix toujours aussi faible.
Kathleen lui tendit Jade.
— Fais attention à son épaule, recommanda-t-elle.
Wei hocha la tête et serra l'enfant contre lui, sans pouvoir retenir un gémissement à la fois d'inquiétude et de soulagement. Il se mit à lui parler tout bas, à toute allure, dans une langue chantante que Kathleen crut identifier comme étant du Mandarin.
Elle jeta un œil interrogateur vers Wufei, mais celui-ci l'ignora, son regard rivé sur les deux enfants.
Kathleen tressaillit involontairement lorsque la voix de Quatre résonna dans son esprit.
¤ Kathleen, Wufei. On a retrouvé Zaz. On décroche ! ¤
La jeune femme échappa un soupir de soulagement. Elle ne demandait que ça : se tirer enfin d'ici !
Une autre voix mentale s'ajouta à celle de l'arabe. Féminine et beaucoup plus jeune :
¤ Wei va vous guider jusqu'à nous. ¤
Kathleen, Wufei et Wei se dévisagèrent sans un mot. L'adolescent finit par hocher la tête, confirmant la proposition de la seconde voix. Il fit passer tant bien que mal Jade sur son dos.
— Je vais la porter, si tu veux, proposa Wufei.
L'étreinte des bras de Jade autour du cou de son frère se resserra de manière visible et brutale.
— Non, gronda Wei, agressif.
Il prit la tête de leur petit groupe, passa devant Wufei sans un regard.
Une lueur de peine assombrissait légèrement les yeux de l'adulte.
— Vous avez mieux à faire, de toute façon, siffla Wei sans se retourner.
Wufei tressaillit et regarda le gamin sans comprendre. Puis il se tourna spontanément vers Kathleen. Cette dernière lui fit un pauvre sourire. Elle tendit une main et essuya un peu le sang qui maculait le visage de son amant.
— Tu es couvert de sang, murmura-t-elle d'une voix étouffée.
Wufei, lui, constata enfin les violents tremblements nerveux des doigts de la brune. Il fut bien obligé d'admettre avec une pointe d'amertume que Wei avait raison.
— Ça ira… bougonna-t-il. Et toi ?
Elle haussa les épaules sans répondre.
— Ne restons pas ici plus longtemps.
Wufei lui prit fermement une main et l'entraîna à la suite de leur jeune guide. Ils remontèrent une longue série de couloirs. Kathleen serrait les doigts de Wufei à les broyer. Même avec un sens "radar" erratique et volontairement étouffé, elle pouvait sentir qu'un grand nombre des "choses" s'agitaient.
A un moment, Wei tourna à droite.
— Attends ! Stop ! s'écria Kathleen. Pas par là !
Le garçon se retourna, interrogateur. Kathleen déglutit avec difficulté :
— Les "Autres"… ils viennent par là…
Wei fronça les sourcils et étouffa un juron entre ses dents. Il fit volte-face et repartit au petit trot.
— Suivez-moi ! ordonna-t-il.
Sous la pression de l'instinct, le trot se transforma rapidement en course effrénée. Au détour d'une porte renforcée, ils tombèrent enfin sur le reste de leurs compagnons.
Heero et Duo avaient déjà rejoint Quatre et Trowa : en suivant les quatre jeunes, ils avaient trouvé la salle où Zaz avait été retenue captive.
— Kathleen !
Duo se jeta presque sur la jeune femme et l'étreignit avec force.
— T'as une mine affreuse… chuchota-t-il avec inquiétude.
Wufei réprima une légère grimace jalouse, avant de prendre sur lui : toute grande gueule qu'elle était, Kathleen n'en restait pas moins une fille et d'eux six, elle était celle qui avait le moins d'expérience en combat réel. Comparée à eux, elle avait toujours plus de difficultés à encaisser. Alors si Duo lui donnait un coup de main pour la tranquilliser, il n'allait pas s'en plaindre outre mesure.
— Tu es blessé, Wufei ? Ça ira ? demanda Trowa.
— Hn, oui. Les blessures à la tête sont toujours spectaculaires. Je survivrais, Barton.
— Trowa, corrigea le français avec un sourire légèrement amusé.
— Trowa, répéta Wufei dans un demi-sourire presque identique. Comment va la petite ?
— Elle est épuisée, mais ça devrait aller.
— Dépêchons ! les interrompit Shania. Il faut que vous partiez au plus vite, maintenant.
— La sécurité, c'est nous. Temps qu'on ne donne pas l'alerte, ils ne risquent pas grand chose, non ? grommela T.J.
— Sheitan les as vu. Et ils ont éliminé Hécate. Shet va pas se priver pour la donner, l'alerte, répliqua la blonde.
— Ils sont déjà en mouvement, d'ailleurs, précisa Wei d'un air sombre. On a du les éviter tout à l'heure.
— Génial… soupira T.J.
Lex eut un mouvement de tête agacé.
— Allons-y ! Wei, Hideki, T.J., avec moi. Shania, Samuel, vous nous couvrez pendant qu'on les fait sortir.
Les quatre garçons allèrent s'éloigner, quand Shania les retint, d'une petite voix penaude.
— Alexis… Y'a juste un petit problème… Sheitan… Enfin… il sait que je les ai aidés…
— Il…! Quoi ! Merde ! (¤3) siffla Lex.
— On pourra pas vous couvrir avec des manipulation mentales, continua la jeune fille. Il nous laissera pas faire… Et tu sais bien qu'il est plus puissant que moi, en temps normal. Y'a que Sam ou… ( Shania serra les lèvres comme si elle avait peur d'en avoir trop dit. ) Y'a que Sam qui peut prétendre lui tenir tête… Mais avec la mort d'Hécate… il doit être dans un tel état de rage qu'il n'aura besoin d'aucun psychotrope (¤4) pour nous balayer, même si on s'y met à deux…
Lex demeura silencieux.
— Tu crois que Sheitan va avoir des soupçons… pour nous… ? interrogea Hideki avec comme une trace d'inquiétude dans la voix.
— Il n'aura pas de soupçons. Il sait déjà, corrigea Wei d'un air sombre. S'il a vu Shania retourner sa veste, tu peux être sûr qu'il est venu fouiller dans nos esprits pour savoir ce qu'il en était de nous.
— Autrement dit…
— Autrement dit, on est dans la merde jusqu'au cou. Merci, Shania, siffla Lex.
— J'allais quand même pas laisser le 03 se faire égorger ! protesta furieusement la fille.
— Tiens ! nota Trowa, l'air amusé. Ça faisait longtemps que je ne m'étais plus vu désigné sous ce matricule là.
Shania tressaillit et piqua du nez en rougissant.
— Dites, les interrompit Duo, d'habitude je suis le dernier à jouer les rabats-joie, mais on a des blessés et une Newtype à la limite de la crise nerveuse. Si on traîne plus, on va courir à la cata, surtout si on a le comité d'accueil aux fesses. Alors les grandes explications, les doutes et tout ça, vous les gardez pour plus tard. Faut bouger, les mômes !
— Duo a raison. Si vous voulez nous aider, ok, mais si vous avez l'intention de débattre pendant trois plombes, on se débrouillera sans vous, renchérit Heero, le visage dur.
Les deux hommes se firent fusiller du regard par les garçons d'en face, sauf par Lex qui se contenta de les toiser d'un air distant et froid. Au grand dam du japonais -le plus petit de la bande, Kathleen mise à part-, l'adolescent châtain pouvait le regarder directement dans les yeux.
Et il n'avait pas l'air de savoir ce que signifiait le terme "plier".
Ce qui avait un côté vexant…
¤ Allons-y, on verra bien plus tard, ¤ proposa Sam de sa voix fluette.
Le gamin n'attendit pas de réponse des autres et fit signe aux adultes de le suivre. Quatre et Trowa furent les premiers à lui obéir.
— Un télépathe ? grogna Wufei a l'intention de Trowa, tout en essuyant avec une vague grimace le sang qui coulait sur son visage.
— Mmh, confirma Trowa. Shania en est une aussi. Et le Sheitan dont ils parlaient, également. Sheitan est un mutant comme celui… enfin plutôt celle que j'ai tué. Hécate… murmura-t-il pour lui-même.
— Et Quatre en pense quoi ?
Trowa haussa les épaules.
— Ça a l'air de lui plaire… Il en sait beaucoup plus que ce qu'il a bien voulu nous dire.
— M'étonne pas, grommela peu amicalement le chinois.
Wufei ralentit le pas jusqu'à se retrouver à hauteur de Kathleen et Duo. La jeune femme était dans un état nerveux inquiétant : elle tremblait de partout, ses pupilles passaient sans cesse d'une fine fente verticale à un cercle noir qui lui voilait tout l'iris et son regard devenait de plus en plus fixe et vide.
— Koneko-chan, tu restes avec nous, hein ? murmurait Duo par intermittence, d'une voix inquiète.
La jeune femme hochait simplement la tête. Ses ongles s'étaient enfoncés profondément dans le bras de l'américain et ne le lâchait plus.
Duo et Wufei échangèrent un long regard inquiet. Si Kathleen ne parvenait pas à contenir la crise et craquait maintenant, ils ne pourraient absolument rien faire : il lui fallait parfois des heures pour parvenir à se calmer !
Ils n'avaient pas le temps. Ils étaient en pleine bataille. Si elle s'effondrait… elle signait son arrêt de mort… et probablement les leurs avec.
Wufei s'humecta lentement les lèvres. Il restait encore une solution, pourtant… Mais le jeune homme aurait préféré se faire abattre comme un chien plutôt que d'en être réduit à ça.
Oui, mais cette fois, ils étaient coincés : il fallait choisir Charybde ou Scylla…
— Quatre… ?
— … Oui ?
— Tu peux… faire quelque chose pour elle ?
Les mots étaient prononcés difficilement. Wufei prenait sur lui. Visiblement.
Le blond afficha un petit air navré.
— Non, Wufei, je ne peux rien faire pour l'instant. Il me faut du temps et du calme pour manipuler son esprit au point de bloquer son pouvoir. Les risques sont trop grands pour Kathleen si je tente quoi que ce soit maintenant.
— Elle tiendra jamais jusqu'à ce qu'on soit sortis ! Regarde-la !
Quatre marqua un temps de silence, paraissant peser le pour et le contre.
— Si. Elle tiendra. Fais-lui confiance.
Wufei serra les dents, retenant in extremis son éclat de colère.
Après tout, Quatre savait bien mieux que lui ce qu'il était capable de faire. S'il refusait d'utiliser ses pouvoirs, malgré la situation, ce n'était pas pour rien.
C'est juste qu'il était fou d'inquiétude, qu'il n'en pouvait plus de voir Kathleen dans cet état et d'être impuissant.
La brune s'immobilisa brutalement avec un gémissement de douleur, déclenchant une vague de panique.
— "Ils" sont sur nous ! hurla-t-elle en se laissant tomber à genoux, les deux mains sur les oreilles.
Cinq secondes. Juste cinq. Ce fut tout ce qu'ils eurent pour se préparer.
Une quinzaine de mutants jaillit soudainement de partout, de la ventilation et du couloir dans leur dos. Ils se jetèrent sur eux, Sheitan en tête, en poussant des cris inhumains.
Heero, en arrière-garde, en étala deux coup sur coup. Duo et Trowa furent les premiers à le rejoindre pour l'aider à contenir l'assaut.
Après un instant d'hésitation, Alexis, Hideki et les autres joignirent leurs efforts aux leurs.
¤ TRAIIIIIIIIIIITRES ! ¤ fut le long cri mental qui les foudroya violemment.
La fureur et la haine étaient tellement brutes qu'elles leurs donnaient l'impression que leur tête allait exploser.
Le hurlement se tut aussi brusquement qu'il avait commencé. Ils virent le mutant dénommé Sheitan, tituber en arrière, au beau milieu de la mêlée, avec un geignement d'animal blessé.
¤ La ferme. ¤
La voix mentale de Quatre résonna avec un calme froid et une autorité impériale. Sheitan gronda sourdement dans sa direction. Les autres mutants parurent hésiter en voyant leur meneur avoir le dessous face à leurs adversaires.
Un rugissement furieux de Sheitan et l'assaut reprit avec une violence accrue.
— Gaffe, Tro' ! s'écria Duo tout en lançant un couteau face à lui.
Avec un "CHTOK !" flasque, la lame alla se ficher entre les deux yeux d'un mutant au pelage rayé qui voulait prendre le français en traître.
— Merci Duo !
— No prob's, dude !
Le combat faisait rage, dans un chaos sans nom. Les griffes et les crocs s'entrechoquaient violemment contre le métal des armes. Aucun des combattants n'était indemne.
A leur grand désarroi, les ex-G-boys constataient que, même s'ils ressemblaient plus à des animaux qu'à des hommes, les mutants qu'ils affrontaient étaient eux aussi rompus aux arts du combat rapproché.
En arrière-garde, Wufei et Wei se battaient comme des lions pour protéger Kathleen, Jade et Zaz. Mais un mutant était en train de leur donner plus de fil à retordre que les autres.
Un pan d'acier traversa l'espace pour aller s'écraser brutalement sur cet adversaire trop tenace.
— Merci Sam ! s'écria Wei en engageant un nouvel adversaire.
Quatre se figea net, oubliant qu'il était en plein cœur d'une bataille.
Il avait vu la lourde plaque voler. Et il n'arrivait pas à comprendre… Comment diable… le garçon avait-il pu faire ça… ?
Il rejoignit péniblement le jeune télépathe.
¤ Sam ! Comment tu as fait ! ¤
¤ Fait quoi ? ¤ s'étonna le petit blond.
¤ Ça ! Faire se déplacer un objet, comme ça ! ¤
¤ Mais… Vous aussi vous pouvez le faire… C'est facile…¤
¤ Non ! La seule fois où j'ai réussi à faire quelque chose d'approchant, j'ai failli en mourir ! ¤
Quatre brisa la mâchoire d'un mutant à tête de chien en un uppercut magistral. L'être s'effondra sur le sol dans un gargouillis sanglant.
¤ Comment tu as fait ? ¤ demanda l'arabe, à nouveau, haletant.
Sam le regarda avec sérieux pendant un instant, puis il glissa sa main dans celle de l'adulte. La transmission d'informations ne dura qu'une seconde, passant directement d'esprit à esprit.
Quatre demeura interdit un court moment quand Sam eut coupé le contact entre eux. Sam avait raison… c'était d'une simplicité enfantine… et lui n'avait jamais pensé… qu'il pouvait employer ses pouvoirs comme ça…
Les mutants qui cherchaient à se jeter sur les deux télépathes se retrouvaient suspendus dans les airs, sans pouvoir redescendre. Ils ne pouvaient que grogner ou japper avec impuissance en se débattant dans le vide.
Quatre les regardait d'un air émerveillé… et distant tout à la fois.
— C'est si… ( Son regard tomba sur ses mains. ) facile… murmura-t-il rêveusement.
— Quatre ! héla la voix de Heero un peu plus loin dans la mêlée.
Le blond tressaillit, ramené à la réalité.
Ses amis étaient en train de se faire déborder.
Les mutants suspendus dans les airs furent violemment projetés contre les murs avoisinants. Ceux qui s'en prenaient aux G-boys subirent le même sort, un battement de cils plus tard.
— Il faut filer ! rugit Lex.
Personne ne se fit prier. Adultes et ados prirent la fuite, pendant que leurs agresseurs récupéraient. T.J. était en tête et s'était improvisé guide de la troupe. Il les pilota à travers le dédale de couloirs.
Quand soudain…
— Et merde !
Le garçon venait de s'immobiliser brutalement. En face, un homme de moyenne stature venait de faire irruption au bout du couloir.
Un profil d'aigle, des cheveux poivre et sels…
— Craft ! s'écria Trowa dans un cri de rage.
— Le prof est là ! Demi-tour !
T.J. attrapa Trowa par un bras et le força à rebrousser chemin. Chaque jeune fit de même avec les ex-pilotes restants, alors que ces derniers auraient largement préféré se jeter sur le scientifique pour régler leurs comptes.
Un groupe d'hommes armés et revêtus de gilets pare-balles surgit aux côtés de Craft.
— Merde, merde, merde ! répétait T.J. en boucle.
— Sheitan a du le prévenir !
Alexis ouvrait la marche, maintenant. Des balles sifflèrent autour d'eux, ricochant sur les murs de métal. L'une d'elles se ficha dans le mollet de Duo.
— Nom de Dieu !
L'américain faillit s'écrouler mais les réflexes de Heero lui évitèrent la chute. Trowa ralentit aussitôt sa course et vint aider le japonais à soutenir leur ami.
— Prends à droite, Lex ! On va passer par la réserve n°6 ! s'écria Wei.
Alexis obéit aussitôt.
— Ce que j'adore, c'est qu'ils ne savent pas viser, plaisanta Duo, pourtant assez pâle. Vu les conditions, ils ont les moyens de nous tirer comme des lapins !
— Tais-toi et concentre-toi sur ta course, le gronda Heero, bien que cette petite bravade le rassurait sur l'état de son compagnon.
— Ils nous veulent vivants… au moins pour l'instant, expliqua sombrement Hideki à leur hauteur.
Trois plaques en métal furent arrachées du mur et jetées en travers du couloir, séparant les fuyards de leur poursuivants.
— Bien joué !
— Ça ne durera pas longtemps ! protesta Shania.
— Ne les laissez pas s'enfuir ! Tuez-les s'il le faut ! rugit une voix furieuse.
— Ben il a pas été long à changer d'avis, lui, grinça Duo.
Déjà, les premiers mutants avaient presque fini d'escalader l'enchevêtrement de métal et reprenaient leur chasse.
La succession de couloirs semblait interminable.
— On y est presque ! s'écria Wufei.
— Oui, presque ! répondit Alexis en s'élançant dans un escalier.
De nouveaux coups de feu claquèrent autour d'eux et ils baissèrent instinctivement la tête. Ils gravirent les escaliers à toute vitesse et débouchèrent sur une passerelle métallique suspendue, qui traversait un immense hangar.
— Traversez la passerelle ! Vous prenez l'escalier au bout et vous arriverez juste en face de la porte de sortie !
Alexis s'était immobilisé au début du pont. Derrière eux, la rumeur de leurs poursuivants se rapprochait.
Après un instant d'hésitation Heero et Trowa s'engagèrent les premiers sur la structure d'acier, traînant à moitié Duo. Wufei commença à guider Kathleen pour qu'elle fasse de même.
— Et vous ! Qu'est-ce que vous allez faire !
La voix de Quatre vibrait d'une inquiétude sincère.
Une espèce de sourire amer et triste étira les lèvres d'Alexis.
— Vous inquiétez pas pour ça ! Filez ! On va essayer de les retenir le plus longtemps possible !
Une grimace de colère imprima les traits de l'arabe.
— Hors de question que vous vous sacrifiez ! ( Il fourra Zaz, inconsciente, dans les bras de Wufei et attrapa le châtain par le coude. ) Venez avec nous !
Une lueur de défi froid illumina les yeux bleu foncé d'Alexis. Il soutint fermement le regard de Quatre.
— On a pas besoin que vous vous mêliez de ça, jeta-t-il sur un ton polaire. Pas la peine de jouer les héros si c'est pour vous donner bonne conscience. On. N'a. Pas. Besoin. De vous.
Il détacha soigneusement chaque mot de sa dernière phrase.
— Alors pourquoi nous avez-vous laissé Zaz ? ( Un silence complet lui répondit. ) Ne me prends pas pour plus bête que je ne suis, Lex ! Je sais que c'est toi le "grand frère" dont elle parlait tout le temps ! Alors ? Pourquoi ?
— Pour elle, c'était différent. Pour nous, c'est trop tard.
— Ne sois pas stupide ! Toi, tu t'en moques peut-être, mais les autres !
— Quatre ! Dépêche-toi ! l'exhorta Wufei qui avait commencé à s'avancer sur la passerelle.
Quatre secoua rageusement la tête. Les plaques d'acier sur les murs gémirent en se tordant sous la pression d'une force invisible. En quelques secondes, le couloir fut obstrué.
— Sheitan fera sauter cette barrière en instant, fit remarquer calmement Alexis.
— Si cela permet de gagner quelques secondes, cela me suffit, contra l'arabe. Mais toi, tu n'auras pas de deuxième chance.
Alexis ne répondit rien. Quatre se tourna vers les autres adolescents.
— Vous avez réellement l'intention de vous laisser tuer ! s'écria-t-il furieusement.
— On a pas d'autre endroit où aller… expliqua tristement T.J.
— Ça, ça peut se trouver ! J'ai de l'influence, on trouvera où vous cacher sans problème !
— Vous n'êtes pas le seul à avoir de l'influence. "Eux" aussi ! fit remarquer Alexis, un peu cynique. Que l'on meurt tout de suite ou dans quelques jours, ça ne change pas grand chose, je trouve.
— Moi, je trouve que si, asséna Quatre farouchement.
— Quatre ! Pour l'amour du ciel !
Wufei, Kathleen et Zaz avaient fini de traverser et Trowa s'inquiétait de ne pas voir le blond les suivre.
Wei hésita et s'approcha pour tendre Jade à Quatre.
— Emmenez-la…
— …Tu peux l'emmener toi-même, tu sais ?
Le jeune asiatique baissa un peu la tête, sans rien dire. Avec un soupir, Quatre prit l'enfant.
— … Moi, je tente, décida T.J. avant de s'élancer sur la passerelle.
Hideki le suivit des yeux une seconde avant de jeter un coup d'œil d'excuse vers Alexis et d'emboîter le pas de l'autre garçon.
— Rien ne vous retient ici, insista doucement Quatre.
Wei hésita longuement avant de faire quelques pas sur le treillis d'acier. Il se tourna vers Alexis.
— On aura pas d'autre occasion, murmura-t-il comme pour se justifier.
Il reprit Jade des bras de Quatre avant de traverser à son tour. Dans leur dos, les parois d'acier tordu gémissaient alors que Sheitan luttait contre le pouvoir de Quatre pour dégager le passage.
Mais l'arabe gardait encore le dessus, même s'il commençait à fatiguer.
La main de Shania se glissa dans celle d'Alexis.
— Allons-y, souffla-t-elle. C'est bien ce qu'on a toujours voulu faire, non ?
Le regard du garçon trahit ses doutes et son inquiétude, l'espace d'un instant.
— Tout se passera bien, lui promis Quatre.
¤ Moi, je lui fais confiance. ¤ ajouta Sam de sa voix fluette.
Alexis soupira.
— Ok…
Il laissa Shania l'entraîner à la suite de Quatre sur le pont. Ils coururent le plus vite qu'ils le purent. Mais quand le pouvoir de Quatre arriva à sa limite d'action, un hurlement de métal précéda la reprise de la pluie de balles.
— Dépêchez-vous ! cria Trowa à l'autre extrémité.
Quatre jeta machinalement un coup d'œil par-dessus son épaule pour s'assurer que tout le monde suivait. Alexis et Shania le talonnait, mais Sam, plus petit et plus fatigué aussi, traînait un peu en arrière. L'arabe ralentit spontanément sa course pour arriver à hauteur du jeune garçon. Il allait juste le rejoindre…
… quand Sam trébucha…
Ou plutôt… c'est ce que crût Quatre l'espace d'un quart de seconde… Mais son esprit d'analyse et son expérience lui firent rapidement réaliser… que c'était une balle qui venait de faucher le jeune télépathe.
— NOOOOOOOOOOOON !
Il oublia leurs poursuivants. Il oublia les balles. Ils oublia ses amis qui l'attendaient pour fuir cet endroit. Il fit demi-tour et se précipita auprès de l'enfant à terre. Quatre le prit dans ses bras. Dans le dos de Sam, une fleur rouge sang s'étalait lentement.
¤ Sam ! Samuel, réponds-moi ! ¤
Un faible écho vacilla en réponse.
— QUAAAAATRE ! REVIENS ! DEPECHE-TOI POUR L'AMOUR DU CIEL ! ILS ARRIVENT ! hurla Trowa qui essayait tant bien que mal de garder Shania et Alexis près de lui.
L'arabe ne l'écoutait pas.
¤ Sam ! Accroche-toi ! Je vais te faire sortir de là ! ¤
Un pauvre sourire étira les lèvres blanches de l'enfant agonisant. L'écho de ses pensées se fit dissonant, à la fois heureux et résigné.
Faible chant du cygne : seul un mot solitaire fut formulé dans l'esprit de Quatre. Comme une douce note éthérée.
¤ Ab… ! ¤ (¤5)
Ce mot contenait tellement de choses… Regrets… douleur physique… douleur de l'âme…et pourtant une inexplicable joie…
Puis vinrent le silence et le vide glacé d'un esprit qui s'éteint doucement… Paisiblement…
— Oh ! Nonnonon ! Je vous en prie, je vous en supplie… noooon… ! gémit Quatre tout en étreignant inutilement le corps de Sam.
Il demeura prostré sur le petit cadavre, incapable d'émettre un son, ni même de pleurer.
A l'autre bout de la passerelle, ses amis luttaient pour garder les autres adolescents avec eux. En face, les tirs avaient cessé un instant et les mutants restants s'avançaient à pas prudents vers Quatre et Sam.
Soudain, ce fut l'explosion…
¤ NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON ! ¤
Un long cri mental de chagrin et de souffrance foudroya les esprits des personnes présentes. Tous se tinrent la tête à deux mains avec des gémissements de souffrance.
Le chagrin du cri se mua peu à peu en une haine brûlante et implacable.
— QUATRE ! hurla Trowa, le seul en partie immunisé contre les émissions démentes de son amant.
Ils entendirent alors une voix froide et effroyablement calme résonner dans leurs têtes.
¤ Partez devant… Je vous rejoins tout de suite… ¤
— QUATRE ! CESSE DE FAIRE L'IDIOT !
¤ J'ai dit "DEHORS" ! ¤
L'ordre les frappa avec une violence anormale.
Kathleen vint se pendre au bras de Trowa pour essayer de le convaincre de partir.
— Il faut qu'on sorte d'ici, Tro… ! geignit-elle.
— Non ! On ne peut pas laisser Quatre !
— IL FAUT QU'ON SORTE TOUT DE SUITE, TROWA ! hurla Kathleen au bord de l'hystérie.
Wufei l'enlaça et dût lutter fermement pour la détacher du français.
— Tout le monde dehors ! ordonna-t-il de la voix de stentor dont il usait et abusait contre les jeunes recrues.
Les adolescent sursautèrent, arrachés à la vision de leur compagnon mort et le regardèrent d'un air épouvanté.
— GO ! asséna Wufei, sans possibilité de discussion.
Les gamins filèrent dans les escaliers avec de légers gémissements déchirés, les visages ravagés par les larmes.
Duo et Heero les suivirent clopin-clopant.
— Trowaaaa ! geignit Kathleen qui tremblait toujours aussi violemment.
— Pense à ta fille, Trowa, gronda Wufei. Je ne pourrais pas m'occuper et d'elle et de Leen. Zaz a besoin de toi !
Trowa eut du mal à détacher son regard de Quatre. Face au blond, les mutants s'agitaient nerveusement, incapables de choisir entre la fuite et le combat.
Parce que la fureur meurtrière de l'arabe était quasi palpable.
— BARTON !
Trowa eut un mouvement rageur et désespéré de la tête. Il prit rapidement Zaz dans ses bras et suivit le chemin dans lequel s'étaient déjà engagés leurs compagnons.
Alexis les mena jusqu'à la porte de sortie et ils débouchèrent dans la cour, hors d'haleine.
— Par là ! Il y a des jeeps ! s'écria T.J.
Ils se ruèrent en direction du hangar où étaient entreposées les voitures. Ils s'entassèrent tant bien que mal dans l'une d'entres elles.
— Pousse-toi, intima Duo à Heero qui allait prendre la place du conducteur.
— Tu vas pas conduire dans cet état ! se fâcha le japonais.
— Non. Mais je suis plus rapide que toi pour faire démarrer une bagnole, répliqua l'autre en plongeant sous tableau de bord.
En moins de deux secondes, le moteur de la jeep ronronnait. Duo se tortilla pour atterrir sur la place passager tout en retenant une grimace de douleur. Heero s'installa derrière le volant.
— Accrochez-vous ! prévint-il en démarrant sur les chapeaux de roues.
Ses passagers se cramponnèrent à ce qu'il trouvèrent, pendant que le métis roulait à tombeau ouvert vers le portail du complexe.
Dans leur dos, l'enfer se déchaîna brutalement, dans un maelström de flammes. Des explosions en chaîne secouèrent la structure entière des bâtiments. Sous l'impact de leurs souffles, la jeep exécuta une série de violentes embardées.
Heero se contenta de grincer un "K'so" bien senti entre ses dents crispées, alors qu'il luttait pour garder un semblant de contrôle sur leur véhicule.
— Heero ! Le grillage !
Le japonais se retint de balancer à Wufei qu'il savait parfaitement qu'ils étaient en train de foncer droit sur un grillage électrifié à plus de 100 000 volts, mais que là, tout de suite, avec les explosions et le terrain, il ne maîtrisait pas tout sur la voiture. Et que si le chinois était pas content, il n'avait qu'à prendre le volant lui-même !
Il se contenta d'un laconique mais contrarié "Va te faire, Wufei !" et se mit quasiment debout sur la pédale de frein. La jeep glissa dans la poussière, dans un hurlement de gomme brûlée, en direction du grillage.
Instinctivement, les passagers se protégèrent contre l'impact imminent.
Le mur grillagé se mit à vibrer et fut brutalement arraché du sol avec un grincement retentissant. Il passa au-dessus de leurs têtes dans une averse d'étincelles et fila à toute allure vers les bâtiments en feu.
Heero écrasa l'accélérateur. Le moteur et les pneus protestèrent dans un vacarme assourdissant. La jeep patina pendant une seconde interminable avant de consentir à bondir en avant, au milieu des broussailles. Poussé par l'urgence, le japonais louvoya à une allure parfaitement déraisonnable entre les troncs. Derrière eux, une explosion encore plus puissante que les précédentes secoua le sol.
— Arrête-toi ! rugit Trowa en direction d'Heero. Il faut aller chercher Quatre !
— Pas question ! On va rien chercher du tout !
— Après il sera trop tard !
— Il est DEJA trop tard !
— NON !
Trowa attrapa un bras du japonais, manquant de peu de lui faire perdre le contrôle du véhicule. Heero immobilisa la jeep en catastrophe et se prépara à engueuler vertement le français.
Mais celui-ci avait déjà bondit sur le sol et courait en direction du complexe en flammes qu'ils devinaient à peine entre les arbres.
— Trowa ! Là-haut !
Le châtain s'immobilisa à l'injonction de Wufei et leva la tête, scrutant la nuit noire parsemée d'étincelles incandescentes.
Une étrange silhouette se détachait sur le ciel d'encre et commença à descendre vers eux à petite vitesse.
— Merde… ! murmura craintivement Duo, sans s'en rendre compte.
La silhouette se posa près d'eux et s'avança, et ils purent enfin identifier un homme adulte portant le corps inerte d'un jeune garçon.
Une odeur de cendres et de chair brûlée accompagnait leurs pas.
Une vague de soulagement envahit Trowa :
C'était Quatre !
A suivre...
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(¤1) : "c'est le monstre" ou "c'est un monstre"
(¤2) : grand frère
(¤3) : en français dans le texte. :p ¤Luinil, qui dispense ses indices façon panneau néon flashy clignotant .¤
(¤4) : la minute biologique de Luinil ! Un psychotrope est une substance naturelle ou artificielle capable d'agir sur le psychisme. Je pars du principe que ce genre de truc peut vous booster un télépathe en un rien de temps. (Après, si des gens plus calés que moi en pharmaco me disent que c'est pas réaliste du tout, je suis ouverte à toutes les corrections.)
(¤5) : pour ceux qui ne connaissent pas, je vous donne la trad' au prochain chap, seulement !
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Reviews onegaï :3
