Hello everybody ! *_*
Voici le 14ème chapitre avec au menu, des larmes et quelques éclaircissements !
Petits rappels : Fiction UA - LawxAce /!/ YAOI /!/ et bien sûr, One Piece est à Oda-sama ! XD
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Un gros MERCI à toutes les personnes qui me lisent et qui m'ont laissé des reviews, ajouté l'histoire à leurs favoris ou qui la suive ! :) Merci à celles et ceux qui me suivent en tant qu'auteure ou m'ont mise en favoris, ça me touche énormément ! Votre soutien m'est très précieux et j'espère que l'histoire continue de vous plaire ! :)
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Très Bonne Lecture à toutes/tous ! ;)
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14
Ne pleure pas
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« […] il y a plus de péril pour moi dans ton regard
que dans vingt de leurs épées […] »
William Shakespeare, Roméo et Juliette, Acte II, scène 2, 1594.
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POV Law
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Sous une pluie torrentielle perçant à travers la voûte des arbres, je m'enfonce dans la forêt à la suite d'Ace, me demandant vers quelle indicible horreur il me conduit. Le faisceau de ma lampe-torche éclaire faiblement les alentours, m'aidant à ne pas me rétamer dans la boue cependant que l'orage ne faiblit pas, grognant comme un monstre affamé au-dessus de nos têtes. Je le sens prêt à nous dévorer à tout instant, décor cauchemardesque dans lequel je me suis finalement laissé entraîner, ma colère noyée par ses larmes, trop difficiles à supporter. Et l'horreur croît à chaque pas, chaque mètre parcouru me menant vers une mare de sang.
A qui appartient-il ? Que s'est-il passé ? Autant de questions que ma raison m'exhorte à poser avant qu'il ne soit tard car une fois face à la réalité, le demi-tour n'en sera que plus amer et indigeste. Ce que j'aurais vu, je ne pourrais ni l'effacer ni l'ignorer. Pourrais-je seulement faire marche arrière ? J'en doute. Pourtant, que ferais-je si un cadavre ensanglanté gît non loin d'ici ? Si sous ce déluge de fin du monde, quelque part dans cette sombre forêt, deux pelles nous attendent pour creuser la glaise et ainsi taire l'innommable ? Vais-je l'envoyer chier ou signerais-je une nouvelle reddition devant ses pleurs ? Cette pensée me glace le sang mais je ne peux la prendre à la légère.
Nerveux, mon poing se crispe sur le luminaire quand le gamin se met à courir, s'accroupissant face à un large chêne. Il me fait immédiatement signe, tendu, le visage creusé par la panique et la peur. Aussi, je m'approche sans réfléchir, réduisant à zéro la distance entre moi et l'objet de son désespoir. La raison l'ayant amené à me solliciter à genoux se trouve alors sous mes yeux et dans ce vent qui hurle comme un esprit torturé, filtrant à travers les branches jusqu'à nous atteindre, je sens les mots me manquer. Néanmoins, je comprends tout. Le fait qu'il se soit rabaissé. Le fait qu'il ait pleuré de la sorte. Toute cette tristesse accumulée.
Allongé au pied de l'arbre, l'animal respire avec difficulté, ses feulements erratiques nous parvenant comme autant de plaintes de douleur. Mouillé et sali par la boue, son pelage a perdu de sa superbe, sa flamboyance balayée par le mal qui le ronge. Un morceau de tissu a été noué autour de son flanc pour arrêter une hémorragie qui hélas, n'a pas entièrement cessé si l'on en juge par le sang qui l'imbibe. Les yeux fermés, il réagit au contact des doigts d'Ace se faufilant tendrement dans sa fourrure en s'efforçant de ronronner, mais le son est chaotique. Le gamin frémit et se penche pour lui murmurer que tout ira bien tandis que je me baisse à mon tour, devinant sans mal de quoi il retourne.
« Teach. » Je siffle. Son silence me le confirme.
Aussitôt, mes poings se serrent. Mais ce n'est rien comparé à l'état dans lequel se trouve Ace à cet instant précis. Luttant pour calmer ses tremblements et ainsi éviter d'effrayer le loup davantage, il renouvelle ses caresses au creux de son cou puis le long de son dos en se mordant les lèvres convulsivement. Très distinctement je le sens frémir, se retenir d'exploser, se répétant probablement que conserver son sang-froid est nécessaire, plus que jamais. Néanmoins... Je m'apprête à parler quand une de ses mains se pose sur mon avant-bras, comme pour me retenir. Je devine ce qu'il a en tête mais...
« J'suis pas vétérinaire, Portgas. » Je proteste illico, l'emmenant à se tourner vers moi, désemparé.
« T'es médecin, non ? C'est pas si différent ! »
« Evidemment que ça l'est ! Il faut l'emmener chez un spécialiste ou en faire venir... »
Oui, mais non.
Ace éclate de plus belle, ses prunelles troublées par des larmes qu'il ne peut contenir, s'accrochant à moi avec l'énergie d'un enfant suppliant pour la vie d'un frère, d'une famille. Je sens mes moyens me quitter, irrémédiablement.
« Tu vois qu'c'est impossible ! » S'écrie-t-il en pleurant. « Y a pas d'véto dans l'coin ! Et qui s'déplacera pour un loup ?! Personne ! Personne et il va crever là comme une bête ! Sauf que non… ! Pour moi c'est pas... c'pas une bête… »
Sa voix brisée, furieuse me secoue comme autant de gifles brûlantes, plus encore quand ses larmes redoublent, étouffant ses paroles. Nerveusement, il frotte sa main sur ses yeux pour les stopper, implorant entre deux sanglots.
« J'ai qu'lui ici... Pitié... »
Une torture.
Bon sang... D'où vient ce foutu gamin ?
Comment s'est-il retrouvé dans cette forêt, seul comme au jour de sa naissance ?
Pourquoi me touche-t-il autant, moi qu'aucun être en dehors de toi n'a su attendrir ?
« J'suis pas véto, je te le répète. »
A ces mots, il va pour insister, affolé par le cri soudain d'Hiken dont la respiration est de plus en plus agitée mais je l'arrête. Posant une main sur celle qui me triture l'avant-bras, je lui impose le calme avant d'ajouter, prenant à témoin ses prunelles sous les faibles halos lumineux de nos lampes.
« Alors… je te promet rien. »
« Tu... C'est sérieux ? Tu vas le faire ? »
Les yeux écarquillés, brillant d'une lueur d'espoir presque intimidante, le gamin est suspendu à mes lèvres. Un peu plus et il serait capable de me sauter au cou. Aussi, je préfère le lâcher pour rétablir une distance entre nous et éviter tout élan de ce genre. Heureusement, Ace se reprend aussi. Il efface ses dernières larmes et réitère ses caresses sur le pelage du loup, l'intimant à nous faire confiance. Un peu déboussolé, je tâche de rassembler mes esprits pour organiser la suite lorsqu'il murmure de rage.
« Cet enfoiré... lui a tiré dessus... »
« La balle ? »
Tant qu'elle n'est pas...
« ...elle est... à l'intérieur... »
Putain de merde !
« Ça complique tout... » Je souffle, plus tendu encore.
« Mais... ! »
Ace me refait face, de nouveau inquiet.
Je sens qu'il veut crier, tempêter. Qu'il est à deux doigts de s'effondrer.
Le visage pâle, les traits marqués par la peur de perdre Hiken, il semble fragile comme si le moindre renoncement de ma part pouvait le briser. Tellement perdu que je soupire lourdement avant d'annoncer.
« J'ai pas dit non. Pleure plus, OK ? »
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Une quinzaine de minutes plus tard…
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Le regard posé sur le corps du canidé en souffrance, je sais que le temps n'est plus à réfléchir. Après être allés récupérer une planche au cottage, nous l'avons transporté non sans difficulté à l'intérieur. Un vrai périple sous la pluie, les bourrasques et le hurlement du tonnerre. Sans compter qu'il pèse son poids, l'animal. Et qu'Ace a bien failli déraper plus d'une fois. J'ai vraiment la sensation qu'il est à bout de forces, même si pour le moment, ma préoccupation est la survie de son compagnon à quatre pattes.
Bon sang... Si quelqu'un m'avait dit que j'opérerai un loup sur la table à manger d'une baraque perdue au beau milieu d'une forêt avec en guise d'assistant un bohémien de dix-neuf balais, je lui aurais ri au nez. Et me voilà. Debout face à cette table d'opération de fortune, à jouer les vétérinaires d'un soir avec le minimum syndical de ma trousse et beaucoup moins de chance que Mac Guyver pour qui une pince à linge et trois trombones suffisent à sauver le monde. Sans compter Ace qui place en moi une confiance irraisonnée, tellement que j'ai de loin la pire pression de ma carrière. Avec ça, je devrais regretter de lui avoir cédé. Mais même pas.
« J'crois qu'c'est bon... » M'annonce-t-il en relevant la tête qu'il avait placée près de celle de l'animal pour s'assurer de son état second. « Le calmant a fait effet... et… j'suis là si t'as besoin... Pour aider... »
« Encore heureux. » Je lâche en enfilant mes gants stériles. « J'ai pas quatre mains. Et c'est le minimum requis. »
Aussitôt, le gamin file se laver les mains avant de se parer pareillement. Avant toute chose, il me faut évaluer l'ampleur des dégâts. Je retire donc le tissu utilisé par Ace pour compresser la plaie et endiguer l'hémorragie, découvrant un interstice de chair broyée dont le sang coule encore, bien que faiblement. Malgré les lumières de la cuisine, ma visibilité n'est pas suffisante et je vais pour éclairer la blessure avec une lampe-torche quand il me devance, me permettant de continuer mon inspection.
La balle s'est introduite après avoir lacéré la peau sur plusieurs centimètres et si l'impact est clairement visible, le projectile, lui, ne l'est pas. Sans attendre, j'attrape mes ciseaux puis un rasoir que j'ai préalablement aseptisé pour débarrasser la zone du pelage roux, entrave au bon déroulement de l'opération. Peu à peu, des poignées de longs poils encore mouillés échouent sur la table, récupérées par le gamin qui s'occupe de faire place nette. Je désinfecte aussitôt la plaie sous son œil nerveux, cependant qu'il se cramponne au rebord comme pour ne pas tomber.
« Ça va ? »
Le voyant hocher la tête je poursuis ma tâche, repensant au jour où Paulie a débarqué à l'infirmerie, un éclat de bois logé dans son bras suite à une mauvaise chute durant l'assemblage d'un mât. La tronche qu'il a tiré rien qu'en voyant mes instruments… C'était trippant. Et c'est en tout et pour tout mon seul antécédent en la matière. Trop prudents et précautionneux, au chantier naval.
Contrôlant ma respiration, je saisis la pince tandis que dehors, l'orage gronde méchamment. Les murs du cottage vibrent et la lampe pendue au plafond remue légèrement, mais Ace m'assure l'éclairage nécessaire. Son parfum sucré, hélas mêlé à celui du sang me parvient et je me lance à l'assaut du maudit obus, souhaitant y mettre un terme rapidement. L'outil plongeant dans la chair déchirée, un épais filet carmin s'écoule, gagnant progressivement en volume. J'étouffe un sifflement agacé tandis que le gamin se crispe.
« Law ! » Souffle-t-il. « Il s'passe quoi ? »
Sans y prêter attention, je continue l'exploration de la blessure à l'aveuglette, n'ayant pas de quoi aspirer le sang qui commence à se répandre sur la table.
« Law... ! »
Du calme, Portgas...
Lui jetant un œil aussi confiant que possible, j'esquisse un léger sourire quand ma pince touche un objet métallique que je peux enfin extirper du corps de l'animal endormi. La remontant avec minutie, la balle apparaît au bout de la pince, hideux cylindre de plomb couvert de chair ensanglantée que je dépose dans un coin sous le roulement sonore du tonnerre.
« Comprime la plaie. » Je lance aussitôt à Ace, qui s'exécute dans la foulée. « Je vais recoudre. »
« Et s'il saigne encore ? »
« La lésion peu profonde mais à cet endroit, le sang coule abondamment. » J'explique. « Une fois recousue, la plaie va commencer à cicatriser. On va appliquer des compresses et le surveiller. S'il peut boire de l'eau demain puis se nourrir sans régurgiter, tout ira bien. »
L'exercice de couture débuta alors, ponctuée par le tapage de la pluie et du vent, l'orage s'étant calmé. Le bandage achevé, j'hôte mes gants souillés et entreprends d'aller à la salle de bain quand le gamin me retient. Je réalise soudain à quel point il tremble. A quel point il est vidé. Il s'efforce toutefois de ne pas craquer, même si sa voix le trahit.
« C'est... C'est bon, tu penses ? Pour de vrai ? »
A nouveau, il a tout d'un enfant perdu. Sans rien dire, j'attrape donc une de ses mains et le conduit à l'étage, l'entendant renifler derrière moi, ses larmes menaçant de perler à nouveau. Une fois arrivés, je le débarrasse des siens et les jette à la poubelle, ses mains venant rejoindre les miennes sous le jet d'eau tiède, les frôlant par mégarde au-dessus du savon.
« Regarde c'que tu fais. » Je le réprimande d'un ton moqueur auquel il répond en grimaçant, mais toujours inquiet. « Ça va aller. C'est un loup. Un des rois d'cette forêt. »
D'abord soucieux, le gamin finit par se laisser convaincre par mon ton serein. Ses prunelles noires s'éclairent d'une faible lueur d'espoir, prémices d'une joie éclatante lorsque l'animal sera pleinement rétabli. Aussi, à l'instant où je lui tends la serviette, il fait exactement ce que j'avais pressenti plus tôt. D'un geste enfantin et irréfléchi, il se presse contre moi et entoure mon cou de ses bras, sa tête venant se nicher sur mon épaule. Son souffle est lent, enfin tranquille. Mais je le soupçonne de pleurer en silence.
« Portgas... »
Mon soupir est noyé dans le tumulte qui fait rage tandis que dans cette coquille de noix qu'est le cottage, son « merci » à peine audible me réchauffe le cœur. J'ignore si celui-ci s'emballe ou s'arrête en cette fraction de secondes. J'ai seulement conscience d'une de mes mains s'égarant dans son dos quand il se détache précipitamment de moi, le nez collé au carrelage, réitérant ses remerciements sans croiser mon regard avant de quitter les lieux. A croire que j'ai tout rêvé, cette fois encore.
Posant les mains de part et d'autre du lavabo, je m'attarde sur mon reflet en me demandant à quel moment j'ai perdu la rage intense que je lui portais. Mais aucune réponse ne me vient. Le fait est que je lui en veux toujours. Plus encore, dans un certain sens. Pourtant, il a quelque chose... un je-ne-sais-quoi qui fait que je ne supporte pas de le voir pleurer. Oui, je déteste ça.
Portgas D. Ace n'est pas fait pour les larmes. Il est bien mieux quand il sourit. Quand il ricane avec cet air taquin ou quand il imite un rossignol, les yeux fermés et le visage apaisé. C'est là qu'il est le plus... charmant. Captivant.
Plongeant mes mains dans l'eau, je me mouille le visage pour chasser ces réflexions stupides et descend à mon tour. Vingt heures passées, comme en témoigne l'horloge du salon. Je me décide à préparer de quoi manger, le gamin semblant en avoir besoin quand atteignant le seuil de la cuisine, un profond soupir m'échappe. Assis à table, Ace s'est endormi, sa tête posée sur le meuble, une main plongée dans la fourrure d'Hiken, l'autre en poing serré comme un petit enfant. Suspendu à sa respiration douce, j'efface la larme qui menace de couler sur sa joue avant d'abandonner mes projets culinaires. A la place, je récupère une couverture que je pose sur ses épaules avant d'embarquer une tablette de chocolat noir et de l'eau jusqu'au sofa dans lequel je m'écroule, vidé moi aussi.
Franchement... Si quelqu'un m'avait dit...
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Le lendemain...
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POV Ace
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Sur une colline verdoyante, le loup au pelage rougeoyant me regarde avec dans les yeux, une étincelle de confiance dont seuls les animaux sont capables. Loin des faux-semblants humains, de l'hypocrisie et des jugements hâtifs, l'animal semble m'attendre et je presse le pas dans sa direction quand il disparaît de l'autre côté. Mon cœur battant à tout rompe j'accélère mais j'ai l'impression de ne pas avancer, d'être avalé par la forêt hostile derrière moi. Effrayé, je me débats de toutes mes forces lorsqu'une détonation rugit à mes oreilles, faisant couler mes larmes...
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Mes paupières se soulevant, ce qui est arrivé à Hiken me revient et je me lève d'un trait, faisant chuter la couverture de mes épaules. Sans m'en soucier, je l'observe avec attention, m'assurant qu'il respire, jetant un œil à son bandage, ma tension retombant en voyant qu'il est en vie et que son état semble stable. Tranquillisé, je passe mes doigts dans sa fourrure avant de prendre conscience que je suis au cottage. L'orage de la nuit est passé, mais la journée est pluvieuse et froide. Toutefois, une bonne odeur de café flotte dans l'air, réchauffant l'atmosphère. Malheureusement, la pression me gagne à nouveau. Plus forte que jamais au souvenir d'avoir été chassé d'ici quatre jours auparavant. Hiken ou pas, Law va me foutre dehors illico. Et il sera dans son bon droit. C'est même un miracle que je me sois pas réveillé sur le pas de la porte, ou dehors dans la gadoue.
La boule au ventre, je déglutis en me remémorant ce que j'ai osé faire, paumé que j'étais dans la salle de bain. Quel con, purée... Lui sauter au cou comme si on avait gardé les vaches ensemble ! A croire qu'j'ai pas assez merdé ! Putain Ace... ! T'es con, con, con et re-con ! Pris de panique, je manque de m'étrangler quand Law apparaît sur le pas de la porte, avec pour seul et unique vêtement un bas de pyjama gris, sa serviette de bain autour du cou. Ses mèches noires sont encore mouillées, l'eau ruisselant sur la peau bronzée de son torse. Mes yeux s'attardent sur son tatouage, hymne d'un indéfectible amour pour "Corazon" et aussitôt, mon malaise augmente. Son regard, lui, est indéchiffrable. Il va me faire valser sec, je le sens... J'ouvre la bouche mais il s'approche déjà de la table, ses prunelles d'acier passant de moi à Hiken, toujours endormi.
« File prendre une douche, je vais changer ses bandages. » M'annonce-t-il. « J'm'occupe du p'tit déj, aussi. »
Ah… que… pardon... ?
J'hésite à me pincer, voire à me coller une baffe quand il me dévisage avec sévérité.
« C'est quoi cette tête ? »
« Tu... T'es sérieux ? »
« Portgas, tu m'fais chier à demander ça constamment. De l'air ou j'te balance dehors ! »
Les reflets de ses yeux sont tels que je crois rêver, ce à quoi il répond en me poussant sans finesse vers la porte, grognant comme un ours mal léché.
« M'oblige pas compter jusqu'à trois comme avec un gosse ! »
A croire que les miracles existent...
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Vingt minutes plus tard...
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Bon, ben... J'crois qu'ils peuvent exister, surtout quand on n'y croit pas...
Assis dans l'un des fauteuils du salon, je contemple la table basse avec la bave aux lèvres. Pas la classe. Mais le creux qu'j'ai à l'estomac s'est réveillé dès qu'j'ai senti l'odeur de la nourriture et maintenant, la faim m'retourne les tripes comme un animal sauvage. De nouveau, je déglutis devant mon assiette garnie d'une pile de pancakes et d'un œuf au plat tout juste cuit comme je les aime. Sur le coin, cinq carrés de chocolat noir complètent le tableau tandis que Law dépose deux bocaux sur la table, l'un de confiture de fruits rouges, l'autre de gelée de citrouille, une spécialité locale. La dalle me harponne de l'intérieur et je me mords les lèvres quand il soupire, agacé.
« Mange. »
« ...mais... »
Une part de moi m'hurle de profiter de la bouffe avant de sortir la poussière de sous le tapis, mais son comportement me perturbe tellement que je n'y parviens pas. Je veux l'interroger quand un gargouillement sonore retentit, mes joues virant au pourpre instantanément. Le brun siffle entre ses dents.
« Tu peux pas écouter ton corps et la boucler ? J'ai pas envie qu'tu t'écroules sur mon parquet. »
Plus gêné encore, je baisse les yeux vers mon assiette en le remerciant, incapable de ne pas être ému par son geste. Trafalgar n'est pas si mauvais... au contraire. Le regard voilé, j'attaque les mets qu'il a préparés - avec brio d'ailleurs. La sensation de passer pour un morfal me met mal à l'aise, mais la faim prend le pas sur le reste et malgré le feu qui brûle mes joues, je me ressers sous l'œil détaché du brun qui savoure sa tasse de café en silence. Lorsque je bois la mienne cul sec, il étouffe un léger ricanement.
« J'avais soif... »
« Vu l'allure à laquelle t'as tout dévoré... »
Oui ben merde ! Je le mitraille et il savoure sa petite pique avant de se lever. A sa demande, je l'aide à déplacer Hiken au salon près de la cheminée sur un matelas de couvertures, bien chaud et douillet jusqu'à ce qu'il soit rétabli. Une fois installé, un léger feulement lui échappe et je lui caresse la nuque lorsque le maître des lieux récupère mon attention, sa voix forte et résolue me faisant frissonner.
« Je lui donnerais à boire dès qu'il sera réveillé. »
J'acquiesce. Il reprend.
« En attendant, vu qu'tu as enfin l'estomac plein et les idées en place, tu vas pouvoir payer. »
De... quoi... ?
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POV Law
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Les yeux grands ouverts, Ace ressemble à un poisson hors de l'eau ou au cancre de la classe qui vient de se faire désigner pour passer au tableau. Malheureusement pour lui, je ne compte pas revenir sur ma décision. Il se posait des questions sur ma réaction de ce matin, et il n'avait pas tort.
« Payer quoi ? »
Je sens que ça carbure dans sa petite tête pour comprendre ce que je veux. Presque drôle.
« J'ai accepté de t'aider. Mais j'suis pas le bon samaritain du coin, j'pense que tu l'sais. »
« ...donc tu veux... »
« Des explications. »
Pas besoin de plus. Il voit très bien de quoi je veux parler.
A l'extérieur, la pluie s'écrase doucement contre les vitres, plongeant l'habitation dans un climat humide et austère cependant que je prends place dans le canapé, le gamin se mordillant les lèvres avant de me rejoindre. Il se rassoit dans le fauteuil, plongeant son regard sur les restes du petit déjeuner, se demandant probablement si je compte embrayer ou si j'attends de lui qu'il le fasse. J'avoue ne pas savoir moi-même.
Dans ce foutu sofa, le soir où je buvais pour oublier ma confusion dans la grotte, il a commis l'erreur de trop en me proposant de "me ramener Corazon" avant de... Qu'est-ce qui lui est passé dans la tête pour se rapprocher de moi de la sorte ? Il m'a quasiment allumé... Une stupidité à laquelle j'ai cédé, à l'ouest que j'étais à ce moment-là. C'était n'importe quoi, une connerie monumentale pour laquelle je ne cesse pas de lui en vouloir, même si les événements de la nuit dernière ont un peu apaisé ma colère. Elle s'est cependant muée en un besoin insurmontable de comprendre pour quelle sordide raison il nous a mis dans une merde pareille. Qu'est-ce qu'il a voulu prouver ? Qu'est-ce qu'il a cru pouvoir obtenir ? L'œil sombre, je m'éclaircie la gorge pour l'inciter à parler. Par chance, il ne se fait pas attendre.
« Je... J'sais pas par où commencer... » Bredouille-t-il, les poings serrés sur son bermuda. « J'ai... C'est compliqué... »
« J'veux bien te croire. »
« Après c'qu'il s'est passé... J'crois qu'j'te dois un minimum... sur moi... pour que tu comprennes... »
C'est inespéré. Mais volontiers.
Je l'encourage donc du regard pendant qu'il cherche ses mots.
« J'viens... de la Capitale... » Confesse-t-il alors. D'une voix enrouée, affligée comme s'il réveillait de vieux démons enfouis dans la cave de sa mémoire. « ...J'peux pas te dire comment j'suis arrivé ici... mais j'peux pas y retourner... et j'veux pas qu'on m'retrouve... c'est pour ça qu'pour moi... c'est pour ça qu'cet endroit est mon refuge... »
« T'aurais dû y penser avant d'me pousser à bout. »
Mon ton sec et désagréable lui fait relever la tête, un poil vindicatif. Toutefois, il semble admettre que je suis en droit d'être énervé et ne relève pas. Je vois soudain ses traits s'assombrir, ses prunelles abyssales tremblant comme sous l'effet d'un trop-plein d'émotions, de souffrances réanimées par la conversation. Plus que jamais, je suis persuadé qu'il a un cadavre dans le placard. C'est même une évidence.
« J'y arrive pas... » Murmure-t-il, si bas que je l'entends à peine avec la pluie. « ...tout c'que j'veux, c'est oublier Luffy... »
« Ton ex petit-ami ? »
Il secoue brutalement la tête, ses mèches ondulées virevoltant de part et d'autre de ses joues. La réponse à cette question n'est pas pour ce soir. Certes. Le hic, c'est que ça n'explique pas pourquoi il... Un instant...
« Portgas... » Je siffle, menaçant.
« T'étais complètement anéanti en sortant d'la grotte ! » S'emporte-t-il alors, renforçant ma déplorable intuition d'avoir mis le doigt sur sa motivation, aussi aberrante soit-elle. « C'qui s'est passé à l'intérieur... et au lac avant... quand j'suis rentré et que je t'ai vu dans l'sofa... t'étais... tellement triste... J'comprenais c'que tu ressentais... j'voulais... J'veux tellement oublier Luffy… j'pourrais jamais l'revoir et toi tu veux pas oublier Corazon... Alors j'ai pensé... »
Ace n'a pas le temps de poursuivre.
« T'as pensé ?! » Je rugis en me levant. « C'est ça qu't'entends par me ramener Cora-san ?! Jouer les foutus substituts ?! Tu m'prends pour un con incapable de faire la différence entre un p'tit merdeux et l'amour d'sa vie ?! T'as quoi dans l'crâne putain ! »
A cet instant, le gamin est dépassé.
Il veut parler mais n'y parvient pas. Pour moi, cette discussion ne peut que mal tourner.
Ignorant son regard abattu et la façon dont il se mord les lèvres comme si mes paroles l'avaient blessé plus que prévu, je tente de reprendre mon calme. Il se lève à son tour.
« C'était une folie mais t'as réagi... ça aurait pu... »
« Alors là, je t'arrête tout de suite. Tu dis un mot d'plus et j'pourrais plus avoir d'pitié pour ta p'tite gueule ou celle de ton loup. Tu comprends ça ? »
A ces mots, Ace blêmit. Ses prunelles se voilent et je le vois trembler, sans savoir si c'est de nerfs ou de peur.
Au même moment, un faible grognement nous surprend.
Hiken est réveillé.
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POV Ace
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Hiken, c'est tout ce qui doit m'importer.
Pas Law et sa rage effrayante.
Juste Hiken. Rien d'autre.
Assis près de ce dernier, je le rassure d'une étreinte légère en prenant soin de ne pas peser sur sa blessure. Comme souvent et aussi étrange que cela soit, il est sensible à mon état d'esprit et semble ressentir mon trouble, ce trou béant que la réaction de Law n'a fait qu'élargir davantage.
« Ça va, mon beau. » Je chuchote, accueillant avec bonheur son ronronnement affectueux. « Tout va bien. »
Hélas, dès que Law revient de la cuisine avec une coupelle d'eau, la boule dans mon ventre se tord dans tous les sens, me donnant envie de partir en courant. Il a le regard tellement froid, réprobateur... Il me juge sans aucune vergogne, sans se demander une seconde à quel point je peux souffrir pour en être arrivé là. J'avale ma salive avec difficulté lorsqu'il se baisse pour présenter le récipient à Hiken. J'ai à peine le temps de réagir quand celui-ci manque de lui trouer la main de ses crocs, son rugissement féroce tranchant avec l'averse qui perdure à l'extérieur.
« Hiken, non ! » Je m'écrie en le retenant, ses prunelles ancrées sur Law qui n'en revient pas d'avoir été à deux doigts de perdre les siens. Je veux m'excuser quand il lâche, avec un rictus détestable.
« Tel maître, telle bête, hein. »
Garder mon calme est impossible.
« Il a senti qu'j'étais mal à cause de toi ! » Je rugis, déversant toute ma rancœur sans hésitation.
« Evidemment. C'est toi qui as mal par ma faute. »
Son ton est si amer qu'il me glace les os. J'en perds mes mots, plus encore lorsqu'il s'éloigne en direction de l'escalier avec les traits affreusement tendus. Hors de lui lorsqu'il siffle, me touchant droit au cœur.
« Avoir mal, j'sais pas c'que c'est. »
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Plus tard...
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Que ferais-tu à ma place, petit prince ?
Question stupide... Tu ne pourrais pas être à ma place... Pour ça, il faudrait que tu aies les mêmes idées exécrables, et c'est impossible. C'est moi et moi seul qui ai chaviré ta vie... tout brisé sans réfléchir... Et c'que j'ai voulu faire avec Law est au moins du même acabit. Une écœurante folie, rien que pour t'oublier.
La journée est passée dans une atmosphère insoutenable. Depuis cette conversation et l'attaque d'Hiken, Law est redescendu pour préparer de quoi manger. Sans un mot. Il a laissé une part dans la poêle, mais je ne pense qu'elle soit pour moi et même si c'est le cas, j'ai aucun appétit. Mon estomac est noué. J'ai l'impression d'avoir la nausée dès que j'essaye d'aller à l'étage pour lui parler. Pourtant... j'ai besoin de m'expliquer. Lui dire que je sais qu'il sait ce qu'avoir mal signifie. Il le sait sûrement mieux que moi. Il a dû vivre pire avec "Corazon". Une histoire sombre qui lui fait péter les plombs si vite et à laquelle j'ai touché, même si ce n'était pas pour le faire souffrir.
Oui, j'ai mille choses à lui dire.
Parce que j'veux aussi qu'il comprenne ce que je ressens.
Parce qu'oublier Luffy est si difficilement atroce que j'en pleure toutes les nuits, quand lui se retient.
Parce que pour la première fois j'ai senti que j'avais trouvé quelqu'un capable de me comprendre, même un peu. Mais je n'arrive pas à décoller du salon.
Stupide frousse... Pourquoi ça m'arrive quand j'veux faire un truc bien et pas quand j'fonce dans les emmerdes ? Lentement, la pluie reprend après une courte éclaircie qui a permis à Law de s'aventurer dehors comme si j'étais un corrosif ou une maladie dont il valait mieux s'éloigner. En soupirant, je m'allonge sur le parquet près d'Hiken, de nouveau endormi. Y-aura-t-il de l'orage cette nuit ? Etant donnée ma volonté d'aborder à nouveau ce sujet électrique, je suis sûr que oui. Plus qu'à prendre mon courage à deux mains en espérant qu'il fasse paratonnerre…
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POV Law
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La nuit commençant à tomber de même que la pluie, je franchis l'entrée du cottage en insultant ce putain de mauvais temps qui n'en finit plus. J'hôte mon imper, direction la cuisine pour me préparer de quoi passer cette crise quand le parfum envoûtant de mon breuvage favori me parvient. Je m'étouffe presque. Debout dans l'encadrement de la porte, le regard incertain mais buté, Ace me tend mon mug, la fragrance corsée de l'arabica venant titiller mes narines, éveillant mon envie d'y goûter sans attendre. Mais tout n'est pas rose, loin de là.
« Qu'est-ce que tu fous ? » Je siffle, me détachant de la tentatrice boisson. « C'est pas avec ça qu'tu vas... »
« J'suis pas con. Pas... autant. » Dit-il en me collant la tasse dans les mains. « Je veux juste... te remercier pour Hiken. »
Des remerciements pour pas l'avoir flanqué dehors après qu'il ait tenté d'me bouffer les doigts ? Le regard noir, je savoure néanmoins mon café tandis qu'il m'observe du coin de l'œil, sans pour autant rien ajouter. J'avale donc une nouvelle gorgée quand il me refait face avec l'air de celui qui s'est finalement décidé. Qu'est-ce qu'il veut, encore ?
« On en reparle... » Murmure-t-il. « J'supporte pas la façon dont la conversation s'est terminée... »
Un franc-parler inattendu. Suicidaire.
Achevant d'une traite ma boisson, je repose le mug sur la table basse et me dirige vers l'escalier mais il m'arrête, saisissant mon bras d'une main ferme. Vraiment, il ne sait pas quand s'arrêter.
« Arrête ça, Portgas. »
« Avant, je veux t'expliquer... »
Expliquer quoi putain ? Rien qu'en le regardant, je revois ce qu'il s'est passé ce soir-là, lorsque je buvais pour oublier mon emportement dans la grotte. Je le revois se pencher vers moi, me susurrer qu'il peut me ramener Corazon. Je me revois m'égarer dans ses prunelles charbon, ne pas réagir à temps. Pire, me laisser attirer dans les bas-fonds de son idée perverse... Je me revois sentir son parfum... mordre sa mâchoire, perdu dans je-ne-sais quelle folie jusqu'à ce qu'il prononce mon nom avec une voix en tout point semblable à la sienne... une défaillance de mon esprit causée par l'alcool, très certainement. Qu'est-ce qu'il veut expliquer après ça ?!
« J'suis désolé Law... » Souffle-t-il au même moment. « J'ai jamais pensé qu'tu savais pas c'que c'est qu'avoir mal... »
Tais-toi...
« Pour qu'tu veuilles jamais l'oublier alors qu'ça te fait si mal... qu'tu t'fasses souffrir à écouter cette mélodie... »
Tais-toi, Portgas...
« … je sais bien qu'tu... »
« Tu veux quoi au juste ? Pourquoi tu t'obstines à courir sur un terrain miné qui va te péter à la gueule ? Tu réfléchis jamais ? »
Mon calme est précaire. Il le sait.
J'ignore pourquoi il tire autant sur la corde et ça me rend fou.
J'aimerais croire qu'il est juste con, mais c'est pas le cas. Alors quoi ?
A le voir mordiller ses lèvres, je devine qu'il sait à quel point ce sujet est une usine à gaz. C'est pourtant moi qui le devance, cédant à mon propre masochisme, à l'idée qu'un raisonnement par l'absurde puisse avoir raison de lui.
« Tu veux oublier ton Luffy avec moi, c'est ça ? Si tu l'aimes vraiment, ça n'fonctionnera pas. » Lancé-je. « Et moi... qu'est-ce que je foutrais avec toi ? Tu crois qu'depuis qu'j'ai perdu Cora, j'ai jamais songé à passer mon désir sur quelqu'un d'autre ? » Il frémit mais je poursuis. « J'ai baisé assez de blondes et de blonds en pensant à lui, Portgas ! J'ai imaginé sa peau, sa voix, tout ! Et tu sais quoi ? C'était minable. Aucun jamais n'a comblé ce putain d'trou dans ma poitrine... A chaque réveil, j'avais juste l'impression d'lui avoir craché au visage. J'veux plus d'ça, encore moins avec... T'es tout son contraire, putain... Qu'est-ce que j'pourrais obtenir avec toi ?! Tu vois pas où ça merde ?! »
Les nerfs à vif, je sens mon esprit s'embrouiller, mon cœur se serrer violemment quand ses orbes noires capturent les miennes. Ace souffre aussi, je le vois. Oublier ce Luffy le ronge et il en vient à des extrémités sordides. Il y a de la tristesse dans ses yeux. De la détresse dans sa main qui me retient. Mais il me lâche enfin, un rictus désabusé étirant aussitôt mes lèvres. Voilà. Voilà comment est la vie, gamin. Que ce soit oublier ou se leurrer soi-même... les deux sont comme des oasis en plein désert : inatteignables.
« Éteins la lumière. »
« Quoi ? »
« Tu veux prouver qu'c'est impossible. » Souffle-t-il. « Pour qu'on en soient sûrs, éteins la lumière. »
Tain… Qu'est-ce qu'il veut démontrer là ? Droit comme un « i », Ace soutient mon regard en dépit d'une étrange appréhension se lisant sur ses traits. Plus par agacement qu'autre chose, je trace vers l'interrupteur que j'abaisse, plongeant ainsi la pièce dans une obscurité totale, la nuit étant pleinement tombée. A l'extérieur, la pluie continue son règne sans partage et je tire les rideaux pour créer un noir absolu dans lequel je n'ai aucune idée de son emplacement actuel jusqu'à sentir un souffle chaud contre ma nuque, qui me fait presque sursauter.
« Portgas ! »
Succédant au fruit de sa respiration, ses doigts se mettent à effleurer mon dos, suivant le creusé de ma colonne vertébrale quand je me retourne pour me retrouver face à lui, en dépit des ténèbres environnantes. Une idée que je regrette car déjà, son souffle vient chatouiller ma clavicule. Sa senteur de pomme miellée m'embrouille un instant, suffisant pour que ses lèvres humides et tièdes s'y glissent. Le choc est électrique.
« Ça prouve rien... » Je siffle, la respiration un peu saccadée. « Je sais qu'c'est toi... »
« ...encore... » Chuchote-t-il en réponse, m'arrachant un soupir devant son entêtement. « ...juste un instant. »
Le repousser est une décision sage, fondée et salvatrice, tant pour moi que pour lui. Pourtant, quand ses lèvres reprennent d'assaut mon cou, je choisis de raisonner par l'absurde une nouvelle fois, à moins que je ne perde encore le nord, ma raison jetée aux oubliettes. Comme ce soir où j'avais bu, je le détache de moi pour quérir sa joue que je mordille, accueillant l'accélération de son souffle avec un étrange plaisir. Très vite, mes mains s'emportent et l'attirent contre moi, les siennes s'immisçant sous mon T-shirt et lorsque ma raison m'hurle à la mort de tout arrêter, je la fais taire en le plaquant contre un mur, n'étant conscient que d'une chose : tout ceci n'est rien d'autre qu'une folie irraisonnée et destructrice, tant pour lui que pour moi.
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« Hélas ! Un cœur saignant d'une blessure intérieure n'a plus rien à redouter des atteintes du dehors :
déchu de tout ce qu'il connaît de bonheur, qu'importe dans quel abîme il tombe. »
Lord Byron, Le Giaour, 1813.
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Réponses aux Guest :
Grapefruit : Coucou mon petit Ballon Fruité ! *_* (quel surnom XD je t'en donne un vu que tu m'en as donné un mdrr) Merci de cette review pleine de bonne humeur ! J'ai trop aimé ton cri de guerre ! x) Tu me permets de le reprendre un de ces jours dans la fiction ? :) Juste en précision, les flash-back retraçaient la scène finale du chapitre 12 dans le salon du cottage après les événements de la grotte :) J'espère que la suite t'a plu et te remercie encore de tes encouragements *les ballons* ! ;)
Une Nuit De Trop : Hello ! :) Je ne me suis pas arrêtée mieux dans ce chapitre ! XD une mauvaise habitude mdrr J'espère que je parviendrais à te faire aimer ma version du Law/Corazon et te remercie de ta confiance ! :) Ta petite expression "ça passe crème" m'a bien fais rire x) J'aime beaucoup ! Encore merci de tes compliments ! J'espère que la suite t'a plu ! :)
Tresor : Hello vous deux ! ;) Encore une review pleine de vie ! héhé ! Tu as une théorie whaouh ! x) Je sais pas trop quoi te dire, surtout que je ne peux rien spoiler mdr mais je suis trop contente que tu te poses autant de questions ! Ace en réceptacle, c'est intéressant mais ce chapitre t'a peut-être fait changer d'avis :) Concernant les citations je n'ai pas de site particulier, je fais mes recherches en fonction de certains mots et je passe en revue les sites, sauf pour les citations de Shakespeare que je prends dans les livres :) Merci de tes encouragements, j'espère que la suite t'a plu ! :)
Voililou ! :) Une fin de chapitre un peu hum... *se cache* ... particulière x)
La suite bientôt (la date de publication sera indiquée dimanche sur mon profil) ! Encore un gros merci de me lire ! *_*
Ever, le Bichon Mystérieux.
