Ce qu'est devenu cette scène n'était pas du tout ce qui était prévu de base. Mais en vrai je suis plutôt contente.
J'espère que ça vous plaira !
Bonne lecture !
5 Sens : le toucher, 3
Soft as Hell
Katsuki se réveille en sursaut, et il n'a pas besoin de deux heures pour comprendre qu'il est dans une chambre d'hôpital. Tout est blanc, mais il fait très noir. Il transpire. Il serre ses paumes, petit à petit, reprend le contrôle de son corps. Il souffle, et il sent l'air qui le traverse.
Il ferme les yeux, il sent ses paupières se fermer, il sent son front. Son cœur bat vite, mais pas au point de faire venir les infirmières. C'est le milieu de la nuit, il dirait. Il redescend. Il sent son cou, ses épaules, dont l'une est douloureuse à cause d'un coup qu'il a reçu, sa poitrine qui le tire, son ventre, qui est pire. Il a dû se faire opérer. Il sens ses jambes blessées, il s'en souvient. Il se souvient d'avoir senti son pantalon se désintégrer autour de lui, puis son bracelet droit.
Katsuki a déjà eu peur. Mais ça. Ça, comment de tout il faisait rien, comment il réduisait les choses à néant seulement en les touchant, soudain, sur les bras de Katsuki, le vent, le vent et plus aucune protection, cette sensation d'avoir été allégé de quelque chose, qu'on l'aie dénudé.
Il grimace, se tourne dans son lit d'inconfort. Rien qu'à cela, la panique revient. Ce sentiment d'être impuissant, démuni. Katsuki se demande si ça fait ça, de ne pas avoir d'alter. La sensation d'être une porte ouverte en permanence.
Il ferme fort les yeux pour faire disparaître les sensations fantômes. Il bouge ses orteils, ses chevilles, ses jambes, plie les genoux, fait son état de santé. Il ira bien. Rien ne lui semble trop grave. Il bouge l'épaule gauche, celle qui lui fait mal, mais elle est juste blessée. Il sent son coude, le plie, va jusqu'à son poignet, bouge les doigts. Tout va bien. Il remue l'épaule droite, engourdie encore de sommeil, le coude, et soudain. Soudain un regain de panique. Soudain c'est lourd. C'est lourd et il ne peut pas la bouger et il ouvre les yeux, horrifié, pour regarder sa main et il est encore plus horrifié mais un peu rassuré quand même.
À découvert. Deku est à découvert et il lui tient la main et mince, pendant les heures de visite il y a des héros qui viennent ici, des héros qui ne sont pas blessés, et Deku dort comme si de rien n'était, en tenant sa main contre lui, l'empêchant de bouger.
Comme un doudou. Il remue un peu, affermit sa prise sur la main de Katsuki. Doucement, pour ne pas le réveiller, il tourne le poignet pour que la courbe de sa paume embrasse la joue de Deku. Ce serait simple, de lui exploser la tête maintenant. Il ne sait pas s'il s'en veut plus de ne pas le faire ou d'y penser.
Deku dort comme un enfant. Katsuki étire l'autre main, pour pouvoir le toucher. Deku va bien. Son corps est chaud, presque trop, on dirait qu'il a de la fièvre mais il respire, il respire et il ne pleure pas et il a pensé à venir voir Katsuki, et ça, ça veut dire qu'il s'est inquiété, parce que Deku s'inquiète toujours pour rien, et ça, ça veut dire que Deku n'a pas changé, qu'il est toujours Deku, et c'est infiniment rassurant pour Katsuki.
Un poids qui a trop longtemps pesé sur sa poitrine s'envole d'un coup.
Il caresse les cheveux, et diable ce qu'ils ont poussé, Deku n'a pas dû les couper depuis au moins la dernière fois qu'ils se sont vus, et ça fait trop longtemps déjà. Sous ses doigts, Katsuki sent tous les os, les joues, les cervicales. Rien qu'au toucher, sans vraiment le voir dans cette obscurité douloureuse, il sent que Deku a encore perdu du poids.
Il pense à lui faire un bentô, mais ce qui s'est passé la dernière fois lui met un doute. Et puis, il ne sait pas s'il pourra revoir Deku bientôt. Parce que Deku a tué Kaminari sous ses yeux et sous les yeux des journalistes et sous les yeux des téléspectateurs.
La pensée qu'il ne reverra peut-être plus Deku s'immisce en lui, et c'est une terreur qui le prend. Plus jamais. Il ne laissera plus jamais Deku disparaître ni s'éloigner de lui. Il se redresse sèchement, geint quand sa blessure le tiraille, oublie ce qu'il avait jusque là rassemblé de délicatesse, et tire tout le corps de Deku à lui, le presse contre son torse. C'est tellement chaud, tellement dur que ça lui fait mal, et Deku gigote soudain, gémit à son tour, essaie de s'écarter mais Katsuki le tient plus fort et il abdique. Il abdique toujours.
« Ka –
— Ferme-la. »
Katsuki sent la respiration de Deku contre lui. Sa chaleur, sa douleur, tout, rien ne lui échappe. Deku se rajuste dans l'étreinte, trouve facilement sa place entre les bras de Katsuki. C'est là qu'elle est, sa place, et nulle part ailleurs. Il passe les mains partout, et à sa douceur Katsuki devine qu'il sait exactement où sont ses blessures parce qu'il les effleure à peine, les contourne, et appuie là où Katsuki n'a pas mal.
C'est sauvage au ralenti. Deku lui tire les cheveux pour le faire grogner, juste ça, avoir une influence, rappeler qu'il est là. Comme si Katsuki pouvait l'oublier. Katsuki cogne son front contre l'épaule de Deku, et il aime cette toute petite douleur, ce contact juste un peu trop fort pour être seulement agréable. Il se frotte, embrasse l'épaule, ouvre la bouche et la mord. Deku frémit mais n'agit pas. Il ne dit rien, mais de son côté, il ouvre la bouche, très lentement positionne ses dents sur la peau de Katsuki et d'un coup, il appuie. C'est si brutal que Katsuki faillit en crier.
Ils s'écartent à peine décollent à contre-corps leurs torses l'un de l'autre et se regardent, même pas pour se concerter, parce qu'ils savent déjà. La bouche de Deku s'écrase sur celle de Katsuki, leurs nez se cognent, leurs souffles les giflent et ils ne bougent plus. Ils restent comme ça, lèvres contre lèvres, si collés qu'ils sentent au travers les dents de l'autre, juste pour voir ce que ça fait, ce contact rêvé, en vrai, pour l'imprimer dans leur mémoire parce que ça n'arrivera peut-être plus jamais, pourtant tous deux savent que maintenant que c'est fait ils ne pourront plus s'en passer.
C'est chaud, sec, mou et dur à la fois. Katsuki est le premier à ouvrir la bouche et Deku fond et ses mains appuient l'une sur la nuque de Katsuki, l'autre sur son épaule douloureuse et Katsuki grogne, ça vibre dans leurs bouches mélangées, maintenant c'est chaud et humide et entêtant et Katsuki mord la langue de Deku sans faire exprès et Deku rit, et quelle sensation absolument parfaite, le rire de Deku. Il replace sa main, pour ne plus faire mal au héros, et Katsuki trouve des doigts sa hanche et l'amène vers lui et Deku grimpe sur le lit et il a une position bizarre parce qu'il tremble un peu et qu'il n'arrive pas vraiment à savoir où se poser. Il pousse Katsuki, pour qu'il s'allonge, mais Katsuki s'en défend, le fait s'asseoir sur ses jambes, le tient entre des bras fermes.
Les mains de Deku fouillent partout à présent, tout ce qui lui a été interdit et qu'on lui permet à présent et Katsuki a du mal à retenir les explosions qui lui chatouillent les paumes, parce que ses paumes sont trop heureuses de découvrir les cuisses de Deku, par-dessus son pantalon, et puis peau contre peau, de découvrir son ventre strié de cicatrices et encore doux, son plexus solaire, le cœur qui bat en-dessous et plus perceptible encore sa respiration. Il imprime tout, teste tout, touche avec ses mains, ses lèvres, son ventre, ses jambes, son sexe, son visage.
Tant qu'il fait noir au-dehors, ils se donnent tout, prennent tout. Katsuki le presse, parce que Deku est trop précautionneux, mais il doit faire attention. Tous les centimètres carré de chair qui sont dissimulés par les pansements lui manquent et il compense en aimant plus encore les parties qu'il peut toucher sans rien risquer.
Quand le soleil se lève ils n'ont toujours pas échangé un mot. Deku s'arrache à lui, Katsuki le retient, le repousse. Il fait soudain froid. Deku le force à renfiler son pyjama d'hôpital, Katsuki n'accepte que parce que c'est Deku qui le lui attache, seulement pour prolonger le contact. Les doigts s'attardent. Quand Deku est rhabillé, lui aussi, Katsuki le retient par le poignet. Ses yeux demandent une seconde de plus. Deku reste immobile, et Katsuki l'attire à lui, prend son crâne entre ses mains, se détache le temps de retirer à l'une de ses baskets un lacet, passe les mains dans les cheveux de Deku et les attache en queue de cheval derrière son crâne. Il savait qu'ils avaient assez poussé pour faire ça.
Quand il comprend le geste, Deku rit doucement. Le courant d'air contre sa nuque lui rappellera toujours cet instant. Il y passe la main, pour le sentir vraiment. Et puis il disparaît.
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Comme toujours, j'espère que vous aurez aimé ! N'hésitez pas à me donner votre avis !
Si vous voulez tout savoir, la scène était prévue jusqu'à ce que Katsuki voie que Deku lui tenait la main. La suite ? Je pensais même pas que ça arriverait dans un futur proche. Voilà.
À bientôt !
