Disclaimer: Je ne possède ni Once upon a time ni aucun de ses personnages. J'ai uniquement utilisé les prémices de la série pour distraire mes lecteurs.


14. Quinzième matin


Le matin suivant, Regina était contente. Ses maux de ventre matinaux étaient revenus, mais maintenant qu'elle savait ce qui les provoquait, ce n'était plus qu'un effet secondaire embêtant mais qui passerait avec le temps.

Ce matin-là, elle prit un temps plus long que d'habitude pour s'habiller et se rendre présentable.

Si pas pour quelqu'un d'autre, pour elle-même.

Henry avait décidé de retourner chez Emma toute cette semaine-là maintenant que Regina se sentait mieux et avait trouvé une raison de se battre.

Il l'avait saluée d'un baiser sur la joue et d'une caresse sur le ventre, ainsi que du plus beau sourire qu'elle ait vu sur son visage.

Et si avait rendu son fils heureux, alors elle l'était aussi.


Quand elle l'accompagna jusqu'à l'arrêt de bus, Regina sentit le regard des citoyens sur elle, et elle comprit pourquoi. Elle s'était habillée comme pour un rendez-vous galant – la robe rouge qu'elle portait était trop fine pour la brise glacée qui courait sur Storybrooke – et elle savait que l'expression de son visage n'était plus celle d'une femme brisée.

Mais elle serait damnée si elle disait pourquoi à qui que ce soit.

Jefferson et Grace étaient déjà là, et comme ils en avaient pris l'habitude, Regina et le Chapelier s'assirent sur un banc pendant que leurs enfants discutaient ensemble de façon animée. Regina remarqua que Grace avait coupé ses cheveux et posa la question à Jefferson.

Il haussa les épaules avec un petit sourire. « Elle voulait avoir l'air de faire son âge. » Il lui fit un clin-d'œil. « Mais je pense qu'elle voulait juste se faire jolie pour ton Prince. »

Regina rit. « Qui ne le voudrait pas ? »

« Sérieusement, Regina. Si ton Henry fait du mal à ma Grace, tu ferais mieux de bien le cacher. »

« Tu ne dois pas t'inquiéter. Je serai la première à l'étriper s'il lui fait du mal. »

Jefferson sourit, et ils continuèrent à attendre en silence.


Le bus arriva tôt, et après avoir envoyé leurs adolescents à l'école, Jefferson offrit à Regina de lui payer un café, vu qu'elle ne devait pas aller au travail ce jour-là.

Elle accepta avec un sourire, et l'accompagna jusqu'à chez Granny.

Jefferson, en gentleman qu'il avait autrefois été, plaça une main sur son dos quand ils passèrent la porte, et le temps se figea.

A la même table que la dernière fois se trouvaient les Hood au grand complet.

Les yeux de Robin, comme si attirés par un aimant, rencontrèrent ceux de Regina pendant une seconde avant qu'elle ne détourne le regard, le même sourire qu'elle avait en entrant dans la pièce toujours sur les lèvres.

Mais elle pouvait sentir ses yeux voleter sur elle et voir la main de Jefferson dans son dos, et son sourire, et elle pouvait le sentir réfléchir.

Elle aurait ricané à l'idée.

Jaloux du Chapelier ? Si seulement, si seulement ça pouvait lui dévorer le cœur comme ça avait dévoré celui de Regina quand sa jolie femme interagissait avec lui… Si seulement…


« Gina ? »

Comme la dernière fois, Roland courut vers elle, son petit visage plein de chocolat.

La Reine fit signe à Jefferson de continuer sans elle et elle s'agenouilla en riant. « Roland, tu as mangé comme un petit cochon encore une fois. »

Il fit la moue. « Mais j'aime le Nutella. »

Elle roula des yeux. « Qui n'aime pas ça ? Mais ça ne veut pas dire que tu dois t'en mettre autant sur la tête ! Qui nettoie tes vêtements quand tu fais le cochon, hein ? Ta maman. »

Il fit une grimace. « Tu es fâchée ? »

« Je ne pourrais jamais l'être avec toi. Mais voyons voir. » Elle fit un geste en l'air et le petit visage fut soudainement tout propre, sans aucune trace de brun. « Voilà. Tout propre. »

Il sourit, planta un baiser sur sa joue, et rejoignit ses parents.

Ses yeux le suivirent, et une fois qu'elle remarqua ce qui s'était passé alors qu'elle était concentrée sur Roland, elle se tendit.

A un moment, probablement quand elle avait conjuré son sort, Marian avait commencé à se lever, probablement pour empêcher la Méchante Reine de blesser son fils. Robin l'avait arrêtée d'un bras autour de sa taille, et les deux époux la regardaient, les yeux écarquillés.

Elle les salua de la tête en signe de respect, son regard évitant celui, hésitant, de l'archer, et puis elle se tourna et rejoignit Jefferson à la table qu'il avait choisie.


« C'est un beau spectacle que tu viens de nous offrir. »

Elle soupira. « Ce n'était pas mon intention. »

« Je sais. » Il sourit. « Que penses-tu d'un chocolat chaud ? Le café n'est pas bon pour toi. »

Elle fit la grimace et murmura « Quelle partie de 'Je garde ça secret' n'as-tu pas comprise ? »

Il pouffa de rire. « D'accord, j'ai pigé. Un décaféiné alors. »

Regina s'assit et croisa les bras en signe de victoire.


A peu près une heure après qu'ils soient arrivés, Robin, Marian et Roland quittèrent le café. Le petit garçon sautilla jusqu'à Regina pour l'embrasser une dernière fois et lui dire qu'il avait mangé le reste de son déjeuner proprement, et elle le félicita avec un grand sourire qui n'atteint cependant pas ses yeux.

Son regard tomba sur les doigts de Robin serrant ceux de sa femme, et elle serra les dents.

Elle le fixa un instant, et elle aurait pu jurer qu'il détourna le regard vers la porte immédiatement.

« Je dois y aller. Je vois Elsa ce matin. »

Jefferson fronça les sourcils. « Pourquoi ? Quelque chose ne va pas ? »

Regina hocha la tête. « Non, rien. J'ai juste promis de lui faire visiter la ville. »

« Ah, je vois… »

A la pause qu'il fit, Regina comprit ce qu'il ne disait pas, et elle lui offrit un rictus. « Je t'aurais bien proposé de nous accompagner, mais je préfère avoir son attention sur moi seule… »

Les yeux du Chapelier s'élargirent, puis il rit. « Tu es une bonne grosse emmerdeuse, Regina… »

« Malheureusement pour toi, je connais aussi les deux personnes concernées assez bien… »

« Il ne se passe rien entre nous. Je suis juste…elle est si triste tout le temps, ça me rappelle moi quand j'étais à Wonderland. Loin de ma maison et de ceux que j'aimais… »

« De l'empathie. Oh, Jefferson, comme tu as changé… »

Il souffla. « C'est pas grâce à toi. »

« Je le prends comme un compliment. »

« C'est tout toi. »

Elle ricana de nouveau, puis se leva, lui souhaitant la bonne journée.


Des jours comme ça, Regina avait presque l'impression d'être dans la Forêt Enchantée, avant que tout ne se passe.

Avant qu'elle ne devienne celle qu'elle avait été pendant si longtemps. Avant qu'elle ne tente par tous les moyens de tuer Snow…

Quand elle avait déjà rencontré Rumpel, Elsa, Jefferson et Tinkerbell…

Cette dernière pensée lui envoya une vague de remords et de douleur.

Que se serait-il passé si elle avait passé la porte de cette auberge tant d'années auparavant ?