DISCLAIMER: Ces Personnages ne sont certes pas à moi, ils sont la propriété exclusive de plein d'autres personnes, moi, je me contente de rêver et d'imaginer.
Rating : MMMMM pour plein de raisons, pas toutes lemonesques.
Tony et L'exécuteur
Jethro ne dormait pas, il savourait le plaisir d'avoir enfin Tony contre lui. L'odeur du parfum du jeune homme, mêlée à celle, plus entêtante encore, qui émanait de sa personne.
Une odeur doucereuse et enivrante, une odeur inoubliable quand on l'avait appréciée d'aussi près.
Une odeur de futur aussi.
Comme si le futur pouvait avoir une odeur... Jethro eut un petit sourire, il divaguait certes, mais c'était tellement bon de se retrouver là.
Il était balayé par des émotions intenses, ce sentiment qu'il éprouvait envers Tony le dépassait encore, mais il était d'une certitude absolue: il était amoureux.
Et euphorique.
Il devait se débrouiller pour ravoir Tony contre lui avec un peu moins de vêtements, il se souvenait des soins qu'il lui avait prodigués, la douceur de sa peau contre la paume de ses mains, malgré les blessures.
Il en rêvait de cette peau un peu dorée, douce, de ces muscles fermes, sous cette parure humaine.
Il en devenait poète dans ses délires.
Il devait se prouver qu'il avait le droit d'y toucher à cette peau, il se pencha un peu, embrassant très doucement la tempe du jeune homme, et descendit encore plus doucement, jusqu'à ce que leurs bouches s'effleurent. Avec un petit soupir de contentement Tony ouvrit un œil, rendant le baiser aussi doucement qu'il l'avait reçu.
"Voulais pas te réveiller.
"De cette façon, c'est pas bien grave.
"Ca ira?
Tony dégagea sa main et caressa la joue de Gibbs, faisant crisser sous ses doigts la barbe
grisonnante, avec une petit grimace, il avança et hocha la tête.
"Ca ira.
Le silence entre eux restait confortable, mais Tony bougea un peu, se redressant lentement, il plongea dans le regard de Gibbs et sembla y lire ce qui lui manquait, dans un geste élégant, il fit passer son pull gris par dessus sa tête, enleva aussi son tee-shirt.
Le souffle un peu court, les joues un peu rosées, il se rallongea, souleva ses hanches, fit glisser son jean le long de ses jambes, le laissa tomber à terre.
"Tu vas avoir froid, mets toi dans le lit. Dit Gibbs d'une drôle de voix.
Avec un hochement de tête Tony lui obéit, se glissant dans les draps, mais sans quitter l'homme des yeux, se demandant s'il le rejoindrait.
Jethro se pencha vers lui et l'embrassa de nouveau.
"Tu veux que je vienne?
Le jeune homme acquiesça d'un signe de tête, et Gibbs sentit une sacré pointe de fierté le transpercer.
Tony était un homme extraordinaire, il le prouvait une fois de plus, faisant le premier pas vers lui, malgré ce qu'il avait traversé, c'était encore lui qui faisait des efforts pour le mettre à l'aise.
En quelques secondes, l'ex marine se défit de ses vêtements, et se glissa dans le lit, se rapprochant de Tony, posant légèrement une main sur lui, l'attirant dans le creux de ses bras, dans sa chaleur, le lovant contre lui, l'embrassant sur la tempe.
Le laissant soupirer d'aise et replonger dans le sommeil.
Dans la grande salle, Abby discutait avec Darius, Martin, un de ses amis et Cyb. Les techniciens des effets spéciaux leur expliquaient comment faire pour poser les prothèses.
"Faut faire attention à la colle, Abs, en mettre une petite quantité sinon, ça fait plâtreux et la sensation est désagréable. Sans compter qu'il vous faudra un maquilleur... Disait Martin.
"Un maquilleur? Pourquoi? Demanda Cybélian.
"Le latex est blanc, expliqua Darius, et une fois collé sur la peau, on doit le peindre afin de lui donner la teinte de la peau de celui qui porte la prothèse.
Abby lança un regard à Cyb et secoua la tête.
"Non Darius, on ne peut pas, c'est trop long. Faut qu'on puisse appliquer le latex nous même, pour la couleur, on se débrouillera.
"Pour décoller les prothèses, faites attention, c'est assez douloureux si vous ne mettez pas assez de solvant pour les enlever.
"Douloureux comment?
"Comme quand on enlève un pansement, tout dépend de la sensibilité de la personne. Si la peau est fragile, ça peut en arracher un peu...
Abby eut un petit sourire en coin. Faire souffrir Julian ne lui paraissait pas réellement déplacé puisque c'était même le but de leur opération.
"Expliques moi pour le reste Martin, comment mettre en place le sang et l'amputation. Demanda la jeune femme.
Son ami continua ses explications, la jeune femme prenait des notes afin de faire au mieux et de ne rien oublier. Certains détails la faisaient frissonner, mais puisqu'il ne s'agissait que de manipulations, elle était largement partante.
Cyb, lui, pensait à ce qui allait réellement se passer une fois l'humiliation passée.
Le plan original avait été de tuer le sadique et de disposer du corps, il se demanda s'il serait appliqué à la lettre, pour ça, il sentait que Maï serait une aide précieuse, le côté froid de la jeune asiatique le rendait un poil nerveux, il avait pourtant l'habitude de bosser avec toute sorte de mercenaires, mais cette fois c'était différent, la jeunesse de la chinoise, le côté gothique et enfantin, lié à un regard glacial.
C'était glauque. Comme disait Abby.
La jeune femme ne leur avait rien dit de son passé. A moins qu'elle ne se soit confiée à Gred lors de la chasse. Cybélian hocha la tête, il devait parler à son ami, avoir quelques infos sur la belle ne nuirait en rien à leur collaboration.
Pour sa part, le matériel de surveillance pour la maison de Jethro, était prêt, dans deux heures, ils iraient avec Gred, pour tout installer. Il se décida à abandonner Abby et ses amis, pour prendre un peu de repos.
Il n'était pas loin de quatre heures du matin quand le téléphone de Gibbs sonna, un peu énervé il vérifia de qui venait l'appel et se fit un malin plaisir de répondre en aboyant lorsqu'il constata que ce n'était que Fornell.
"Gibbs. Vous avez perdu quelque chose Fornell? Gronda Jethro en fronçant les sourcils.
"Pas vraiment. Sauf erreur, j'ai même plutôt trouvé un truc à vous... Déclara l'agent du FBI.
"Un truc à moi?
"Pour être réellement exact, ce sont même deux trucs à vous... Dont un de grande valeur... Précisa l'homme, un sourire amusé aux lèvres.
"Fornell vous m'énervez...
"Bougez pas, on arrive avec la surprise. Lui répondit Tobias en raccrochant.
"FORNELL! Hurla Gibbs en entendant la tonalité résonner.
"Gibbs!
Jethro se leva, suivi par Tony, ils se rendirent dans la grande salle, Cyb était devant un des ordinateurs, Artémis contre lui, ils parlaient à voix basse. Ils se retournèrent d'un bloc en entendant Gibbs se précipiter dans la salle.
Les cris fusèrent en voyant que Jethro était sur le point d'envoyer son portable s'écraser contre un mur, l'appareil n'eut "la vie" sauve que grâce à Tony et à ses réflexes, il se glissa entre le mur et l'homme et intercepta la main avant qu'elle ne lâche le portable.
"Jay... Je ne sais pas ce qu'a encore fait Fornell, mais bousiller ton portable ne va pas nous aider... Même si ça soulage. Dit DiNozzo avec un sourire.
"Di... Commença Jethro en grondant, mais le sourire de Tony vacilla légèrement, et Gibbs reprit contenance.
"Tony... T'as raison, ça ne sert à rien de me venger sur le téléphone. Ni sur toi ajouta-t-il à voix basse. On va attendre cet enfoiré de Fornell. On verra plus tard pour le reste.
Y a du café quelque part? Demanda-t-il à haute voix.
"Tu veux pas t'habiller avant? Murmura Tony à son oreille.
Jethro laissa son regard descendre, et force lui fut de constater qu'il avait bondi du lit et accessoirement de la chambre, vêtu en tout et pour tout d'un caleçon, comme Tony d'ailleurs...
Une légère rougeur colora ses joues, et il croisa le regard amusé du jeune homme.
"Bonne idée... Marmonna l'ex marine en retournant dans la chambre.
Nettement plus tôt, chez Ducky
La voiture banalisée du FBI s'arrêta devant la maison de Ducky et un agent en descendit. Il vint sonner à la porte du docteur Mallard et attendit patiemment.
Une fenêtre s'éclaira, pendant qu'un concert d'aboiement s'élevait.
"Allons allons, calmez vous... C'est bien...
La voix apaisante du vieil homme calma les chiens et la porte s'ouvrit sur un Ducky en robe de chambre.
"Que puis-je pour vous jeune homme? Demanda l'anglais.
"Agent Prescot. FBI. Se présenta le jeune noir en sortant son insigne. Mon patron souhaite vous parler Docteur. Il est dans la voiture. Il vous attend.
"Et qui est votre patron agent Prescot? Demanda Ducky, pas vraiment enclin à faire confiance au jeune homme.
"L'agent Fornell, Docteur. Il est dans la voiture. Répéta le jeune agent.
Tobias observait la scène et devant l'hésitation du ME, éclaira l'habitacle de la voiture afin de confirmer les dires de son agent.
Ducky, hocha la tête et s'avança vers le véhicule, a sa grande surprise il vit deux hommes à l'arrière. Menottés et bâillonnés. Inconscient pour l'un d'entre eux et mort de peur pour le second.
"Fornell? Demanda le vieil homme en faisant un geste de tête indiquant l'arrière de la voiture.
"Ducky, j'ai besoin de vous quelques instants dit Tobias en hochant la tête.
"Ne me dites pas que c'est celui auquel je pense? Murmura le vieil homme en serrant les cordons de sa robe de chambre
"Je ne dirais rien dans ce cas...
"Comment l'avez vous trouvé? Et Jethro est il au courant? Questionna-t-il.
"Par hasard et non pas vraiment encore. Encore que par hasard dans son cas c'est même faible, c'est lui qui est venu se jeter dans la gueule du loup. Expliqua Tobias avec un drôle de sourire.
"Comment? Insista Ducky en clignant des paupières.
"Il est venu sonner chez Gibbs. Et est tombé sur moi. Et Prescot est tombé sur lui quand il a commencé à péter un plomb.
"Sonner chez Gibbs? C'est tout? Je comprends pas... Marmonna le vieil homme.
Avec une petite grimace, Tobias, hocha la tête, se remémorant l'arrivé de Julian chez Gibbs.
Une heure plus tôt.
Il avait entendu frapper à la porte, Prescot était encore dans les parages à terminer le nettoyage et il avait pensé que c'était lui. Il était revenu vers la porte d'entrée, descendant ses manches, et avait ouvert sans méfiance.
"Pas la peine de frapper, tu sais bien qu'il n'y a que moi Alan, avait il commencé à dire avant qu'une main ne se referme sur l'encolure de sa chemise.
Il avait été poussé violemment contre le mur de l'entrée et en avait vu trente six chandelles.
"T'es qui toi? Avait grondé le type blond en refermant la porte d'un coup de pied. Je croyais qu'il les préférait plus jeunes... Avait-il ajouté après l'avoir examiné de la tête aux pieds.
"Quoi?
"Il est ou cet espèce d'enfoiré qui me pourrit la vie?
"Qui?
"Gibbs! Espèce de connard! Avait hurlé le blond en serrant son poing sur la gorge de Fornell qui commençait à légèrement suffoquer.
"En mission... Avait réussit à marmonner l'agent. Il est parti sur une enquête, ça va durer un bon moment, il est en Floride...
Les explications inventées de Tobias avaient eu l'air convaincant, puisque la main s'était légèrement desserrée de son cou.
"Et toi, t'es qui? Son mec?
"Pas vraiment, avait dit Fornell, je suis juste un ami, je viens vérifier que tout va bien tant qu'il est absent.
"Tu bosses avec lui?
"Avec Jethro? Ca ne va pas? Avait grimacé Tobias. On ne serait surement pas amis sinon.
"Pas faux. Il revient quand?
"J'en sais rien. Pourquoi?
"Parce qu'on va l'attendre ton copain, je lui dois quelques remerciements à cet enfoiré, avait expliqué Julian en sortant une arme. Il me pourrit la vie depuis quelques temps et ça commence à devenir un peu lourd.
"Comment ça?
"J'ai été arrêté deux fois pour le vol de ma propre voiture, ma carte de crédit a été annulée, ainsi que l'assurance de ma bagnole, et d'autres trucs dans le même style. Et là... Je commence à en avoir vraiment marre... Avait grondé Julian Alors même s'il m'en veut pour Anton, je vais lui régler son compte, et une bonne fois pour toute.
Tobias avait réalisé avec stupéfaction que l'homme ne savait pas que Tony était toujours en vie, et que le plan, somme toute simpliste de l'équipe des mercenaires, était arrivé en phase finale. La confrontation entre les tueurs et Julian n'allait plus tarder.
S'il arrivait à se tirer de cette situation de merde dans laquelle il était.
Parce qu'à aucun moment, il n'avait été prévu dans le plan, que Fornell ne serve d'otage au fou sadique.
Prescot avait été intrigué par une voiture garée dans l'allée de Gibbs, quand il était revenu après avoir emporté du matériel, leur propre véhicule ayant été garé dans une rue adjacente. Il avait rapidement jeté un coup d'œil dans la Ford, y avait trouvé une personne, attachée et bâillonnée, le regard affolé.
Affreusement jeune à son avis.
Il avait dégainé son arme et s'était approché prudemment, il avait vu Fornell et l'homme blond qui le menaçait.
Son chef était toujours aussi calme que d'habitude. Bien qu'il ne semble ne pas apprécier d'avoir un canon de revolver appuyé contre la tempe.
Prescot était retourné sur ses pas, il avait passé un coup de fil rapide et avait attendu en surveillant Tobias et l'homme blond.
Il n'avait fallu que quelques minutes pour qu'une équipe du FBI n'arrive en renfort. Prescot avait fait une brève apparition dans la ligne de mire de Tobias et en quelques instants tout avait été terminé. Fornell avait bousculé Julian et avait profité de sa surprise. Prescot ainsi que deux autres agents avaient fait irruption dans la pièce et avaient maîtrisé l'homme.
Tellement simple comme arrestation, que Tobias n'était même pas certain que la méthode soit enseignée à Quantico.
Ca tenait de la chance de débutant. Tout bonnement.
Ceci dit, ça permettait d'avoir l'enfoiré dans la voiture et sans dommage.
A l'extrême limite, c'est ça qui aurait causé quelques regrets à l'agent du FBI, il n'avait même pas pu cogner sur le monstre
Fin du Flash Back
"Tobias? Tobias...
La voix de Ducky le tira de sa rêverie, il vit que le médecin avait l'air inquiet et le rassura d'un geste de la main.
"Ca va Ducky, juste un petit souvenir qui m'a traversé l'esprit.
"Petit souvenir?
"Je vous expliquerais.
"Vous comptez prévenir Jethro de la capture de Julian?
Tobias hocha la tête.
"Bien entendu, mais je voulais que vous le shootiez comme il faut avant. J'ai dans l'idée que Gibbs lui même ne saura pas quoi en faire si vite.
"Je crois bien que vous avez raison mon cher, approuva Ducky avec un petit rire discret.
Vous viendrez boire un café, le temps que je prépare ce qu'il nous faut. Ajouta-t-il en repartant vers sa maison.
Fornell attendit que Prescot revienne vers lui et lui confia les prisonniers.
"Alan, si le grand ouvre un œil, méfiez vous, et s'il prend son copain en otage, laissez le flinguer. Pas de négociation. Par contre essayez de ne pas le descendre, il est déjà réservé.
"Bien Patron, marmonna le jeune agent en essayant de dissimuler un sourire, mais il dégaina son arme et commença sa surveillance.
Tobias rejoignit Ducky dans la maison, escorté par une petite horde de corgis jappant à qui mieux-mieux.
Dans la cuisine, le café coulait dans le percolateur, mais pas la moindre trace du ME. Quelques instants plus tard, le vieil homme arrivait, habillé de pied en cap, sa mallette à la main, et un petit sourire bizarre sur les lèvres.
"Je vous demande quelques minutes mon cher, la garde malade ne va pas tarder à arriver. Et je vous accompagne. Il est hors de question que je reste hors du coup. J'ai hâte de voir ce que Gibbs a prévu pour notre ami.
L'agent du FBI commençait à se dire qu'il ne connaissait pas toute la personnalité du médecin et que ce côté là n'était pas vraiment rassurant.
Une froideur implacable si peu compatible avec sa verve habituelle.
"Ok. On a le temps. Approuva Fornell en dégustant son café.
POV de Julian 1
Julian ouvrit un œil, il fit un rapide état des lieux, notant la présence de Prescot.
Un faible gémissement lui apprit que Mike était là lui aussi.
"Putain, quel con! Je me suis fais serrer comme un bleu, mais quelle idée d'aller chez cet enfoiré de flic... Et j'ai un de ces mal de crâne... Et évidement, je suis menotté...Je parie que c'est ce con de black qui m'a mis KO, je vais me le déguster dès que je me serais débarrassé de ces putains de menottes.
Il referma ses yeux, préférant ignorer le rictus moqueur de Prescot, se concentrant sur les menottes, et sur l'éventualité de pouvoir s'en débarrasser, voir de les ouvrir simplement, mais il n'était pas Houdini et n'avait pas la moindre clef planquée dans une de ses poches.
Il renonça pour le moment, une douleur sur l'arrière de son crâne lui confirmant que l'un des agents de Fornell avait dû l'anesthésier à coup de tuyau de plomb, il allait avoir une bosse non négligeable dans quelques heures.
"On est dans la bagnole de l'autre enfoiré, doit bien y avoir un flingue planqué dans un coin, boite à gants probablement, si j'arrive à m'y glisser, je les plombes en totalité, Mike y compris, il va me retarder le gamin, dommage, j'aurais pas le temps de le déguster, mais tant pis.
Entrouvrant les paupières légèrement, il vit que Prescot le fixait toujours, l'agent avait perdu son sourire moqueur et lui lançait un regard plus que noir.
"Pas la peine d'y penser, lui dit il, la seule arme dans cette voiture est déjà pointée sur toi, remues, ne serait ce qu'une paupière et j'ai l'autorisation de te transformer en passoire. Tu ne manqueras à personne. Donc, aucun risque pour moi.
Julian grogna et referma les yeux de nouveau. Le poids de Mike contre lui, lui donna une idée, il bougea doucement essayant de voir comment il pourrait agripper le jeune homme et s'en servir de bouclier.
La voix de Prescot vint l'arrêter dans ses projets à peine pensés.
"Il est attaché à une portière et toi à l'autre, j'ai aussi l'autorisation de le descendre. Alors, encore une fois, bouge et je me fais un plaisir de te flinguer.
"Merde! Grommela Julian en se renfonçant dans la banquette et sursautant lorsque l'arrière de son crâne douloureux entra en contact avec le cuir.
Ducky et Fornell retournèrent à la voiture, Prescot en descendit, les accueillant d'un signe de tête.
"Il est réveillé Patron.
"Vous pouvez rentrer Alan, à demain.
"Bien Patron.
"Ducky? Je vous en prie, dit Fornell en ouvrant la portière avant. Le ME monta dans la voiture, il se tourna vers l'homme blond attaché.
"Ainsi vous voilà, vous êtes donc ce fameux Julian dont me parlait Jethro. Commença le vieil homme en fourrageant dans sa mallette. Il en sortit une seringue et un flacon, posément, sous le regard de Fornell et des deux prisonniers, il prépara la seringue.
Je suis désolé, mais j'ai besoin que vous soyez calme pour un petit moment, donc...
Sans plus d'avertissement, le médecin se tourna vers le prisonnier et planta l'aiguille dans sa jambe à travers son jeans. Il ne prit pas garde au grondement de rage et fit son injection rapidement, retirant la seringue avant qu'un faux mouvement ne brise l'aiguille.
"Qu'est ce que vous foutez! Hurla le blond en se débattant.
"Je vous rends docile mon ami... Lui répondit Ducky en refermant sa mallette. Je vous rends extrêmement docile en fait. Vous allez voir...
"C'est quoi? Cette saloperie, c'est quoi? Demanda Julian en dodelinant de la tête. Ses yeux se révulsèrent et il sombra dans l'inconscience.
Mike émit un gémissement et voulut se rapprocher de lui.
"Julian! Julian! Qu'est ce que vous lui avez donné! Hoquetât-il en se mettant à pleurer. Vous l'avez tué!
Fornell secoua la tête et prit place au volant, Ducky se retourna vers les prisonniers et son regard bienveillant plongea dans le regard affolé du jeune homme.
"Il n'a rien, je lui ai juste administré un sédatif, je vous promets, ce monstre n'a rien.
"Ce... Ce monstre? Répéta le garçon, hébété. Pourquoi vous dites ça? C'est pas un monstre...
"Mike... C'est bien Mike n'est ce pas? Demanda le médecin de sa voix la plus douce.
Le jeune homme hocha la tête sans pour autant arrêter de pleurer.
"Mike... Nous savons pour Julian, nous savons qu'il est violent avec ses partenaires, qu'il est...
"Non... Non vous vous trompez... Il n'est pas comme ça... L'interrompit le gamin en secouant la tête.
"Mike...
"J'vous jure que vous vous trompez, il n'est pas comme ça, il est gentil... Très gentil avec moi... Il s'occupe de moi, il m'aime... C'est pas un monstre.
Sa voix avait baissé d'un ton, il claquait des dents, niant farouchement.
Fornell grogna, il conduisait de façon brusque, exaspéré de voir que Julian avait encore une fois réussit à faire de sa victime un complice, le gamin était complètement sous son emprise.
Comme DiNozzo quand c'était lui la victime.
Ducky hocha la tête lentement, désolé d'avoir fait pleurer le jeune homme, mais il devait tenter de lui fait comprendre, même si c'était sans espoir.
Fornell secoua la tête et posa brièvement la main sur le bras du médecin légiste, attirant son attention.
"Laissez, Doc. Le gamin était déjà attaché et bâillonné par l'autre salaud, et il continue à le défendre. Vous n'y arriverez pas. Il comprendra plus tard.
Ducky se détourna du jeune homme à regret, le reste du trajet se fit dans le silence, l'agent du FBI ne desserrant pas les dents.
Lorsqu'ils arrivèrent dans la zone commerciale abandonnée, Fornell rappela Cybélian afin de se faire ouvrir le portail de l'entrepôt.
Il terminait de garer la voiture quand la porte incluse dans le volet métallique monumental s'ouvrit sur le mercenaire blond.
Cyb, suivit de Jethro puis Tony s'avancèrent vers la voiture noire. Les trois hommes furent surpris en voyant la porte du côté passager s'ouvrir sur un Ducky plutôt fringant malgré l'heure tardive. Matinale même.
"Ducky? Demanda Tony en fronçant les sourcils.
"Fornell? Gronda Gibbs en même temps.
Tobias fit un signe à Jethro.
"Le FBI bat le NCIS à plates coutures, Gibbs. Vous me devez un repas... Dit-il avec un sourire amusé, attendant la réplique cinglante de l'ex-marine.
"Un repas? Parce que vous mangez au FBI? Nous, au NCIS, on bosse, on n'a pas le temps, lança Gibbs en s'avançant vers la voiture.
Un coup d'œil dans le véhicule, pour confirmer ce qu'il soupçonnait et il retourna vers Tony, posa sa main sur son avant bras. Leurs regards se croisèrent et Tony devint pâle.
"C'est lui? C'est ça?
"Tu n'es pas obligé de le voir maintenant Tony, on s'occupe de lui, tu n'es même pas obligé de rester du tout.
"Je veux tout voir... Tout... Murmura le jeune homme en redressant la tête. Je veux enfin pouvoir me regarder en face...
"Ok. Viens.
La forme inconsciente affalée à l'arrière de la voiture fut une surprise pour le jeune agent.
Dans cette position, encore loin de toutes les humiliations qu'il avait en stock pour cet homme, Julian ne l'impressionnait plus.
Le bourreau devant lequel il avait tremblé pendant dix ans n'était pas plus inquiétant qu'un enfant.
La bouche légèrement ouverte, la tête en arrière, un peu de bave avait coulé le long de sa joue.
Tony examina longuement l'homme endormi. Un peu ridicule dans cette position, attaché à la portière.
"On y va?
La voix de Gred, qui était venu les rejoindre dehors, le tira de sa contemplation. Il hocha la tête et fit quelques pas en arrière, libérant le passage pour le mercenaire.
Fornell détacha la menotte de la portière de la voiture et la referma sur le poignet de Julian. Gred tira la forme endormie et la bascula sur ses épaules. Il porta l'homme à l'intérieur de l'entrepôt, dans la partie que son ami Maï avait baptisé le donjon.
Un film plastique couvrait le sol, des chaînes pendaient du plafond, une table de dissection équipée de bracelets de cuir à ses extrémités.
Une seconde table à quelques pas de la première, était recouverte d'instruments aussi brillants qu'inquiétants.
Tous aussi tranchants les uns que les autres.
Sur un plateau étaient disposés les "sex toys" que Tony portait sur lui lors de son assassinat, la chinoise étant fermement décidée à s'en servir sur le bourreau.
Lui rendre la monnaie de sa pièce, à cet homme qui avait fait tant de mal autour de lui.
A ce meurtrier.
Abby et McGee terminaient de noter les indications que leur donnaient les deux spécialistes des effets spéciaux. Ils regardèrent le cortège se diriger vers le donjon, Tobias et Ducky escortaient Mike, ils ne savaient pas ce que les mercenaires avaient décidé et se demandaient ce qui allait arriver a Julian.
"Lui. Dit Jethro en désignant le gamin, là bas... Il indiqua un coin éloigné de la pièce, un lit de camp avait été installé là. De massifs anneaux sortaient du mur, ainsi qu'une chaîne d'aspect solide.
Fornell installa son prisonnier sur le lit et lui boucla les chaînes aux poignets.
"T'as rien à craindre. Lui dit-il avant de jeter un coup d'œil sur la scène étrange qui commençait.
"Ducky? Combien de temps avant qu'il ne se réveille? Demanda Abby.
"Deux heures, ma belle amie. Mais je peux prolonger son sommeil si tu as besoin de plus de temps, précisa le vieil homme en quittant son imperméable et en ouvrant sa mallette.
"Tim?
"Il nous faudra plus de temps, d'après Darius c'est assez long à installer ces trucs. Répondit le jeune homme lentement.
"Quels trucs?
Abby fit un sourire lumineux au médecin avant de secouer la tête faisant voleter ses couettes dans tous les sens.
"Surprise mon cher ami... Vous verrez bien...
Maï, Abby et Timothy se mirent au travail. Julian avait été installé sur la table, Gred et Cyb l'avaient dévêtu et attaché solidement.
Les trois artistes se penchèrent sur le corps et commencèrent à appliquer les éléments truqués, les fins tuyaux, les poches de faux sang et enfin les prothèses en latex.
Artémis, Tony, Cyb et Gred regardaient attentivement les opérations.
Gibbs avait entraîné Fornell et Ducky vers le coin repas et buvait un café en écoutant le récit de Tobias. Puis il avait donné les explications sur ce qui se passait dans le coin opposé de l'entrepôt. Rendant de nouveau le médecin muet. L'agent du FBI essayait de comprendre les motivations de Tony pour vouloir épargner le monstre, mais n'y arrivait pas. Il n'avait rencontré l'homme que quelques minutes, mais il se sentait prêt à le tuer de ses mains, alors, que l'Italien, qui avait souffert pendant dix ans à cause de lui, veuille l'épargner, lui semblait étrange.
"Tony pense que l'humilier sera destructeur. Et puis il ne se sent pas prêt à lui coller une balle dans la peau. Il espère que Julian se flinguera quand il verra les dégâts sur lui.
"Quels dégâts?
"Primo, un écorchage à vif, nous aurons besoin de quelques anesthésiants afin d'insensibiliser les zones des prothèses afin qu'il croie que tout est bien réel. A un moment où un autre, j'ai l'impression qu'une émasculation est prévue aussi, probablement l'ablation totale du membre en question d'ailleurs.
"Factice?
Gibbs hocha la tête, un sourire aux lèvres.
"Factice. Comme toutes les tortures. Sauf l'emploi des joujoux de Julian sur lui même, je crois que Maï désire s'en servir réellement. Elle est inquiétante cette gamine.
Ajouta-il en secouant la tête.
"Et comment allez vous faire pour la fin?
"On verra. Le plan de Tony comporte une inconnue. Nous aviserons à ce moment là.
Tobias lança un regard à Ducky, il vit que le vieil homme était aussi sceptique que lui même, mais ils devaient faire confiance à Tony. Après tout c'était lui qui connaissait Julian le mieux. Et s'il estimait que ce plan avait une chance de fonctionner, alors...
Artémis et Cyb, sur les instructions précises d'Abby, installaient un miroir brisé dans un angle de la pièce. Gred était à l'aplomb des chaînes, il hocha la tête, ça allait.
Tim de son côté s'était accroupi au côté de la table de dissection, sa tête à hauteur de celle de Julian, il essayait d'apercevoir la scène dans un reflet de verre qui renvoyait sur le miroir brisé. L'effet était parfait. En faisant un effort, Julian pourrait voir ce qu'on avait fait à son corps du coin de l'œil.
Pour rajouter à l'ambiance, Abby avait fait installer des spots rouges et verts, qui de plus permettaient de voiler les couleurs et évitait ainsi que le latex ne soit visible.
Tout était prêt.
Gred se chargea de nouveau de Julian, le soulevant et l'installant sous les chaînes. Lune et Cybélian lui attachèrent les poignets et tendirent les liens de façon à ce que son corps repose à peine sur ses orteils.
Maï, installa le "leg-spreader" écartant les jambes de l'homme, le déséquilibrant un peu plus.
Puis photos en main, elle s'appliqua à recréer les entrelacs de cuir sur les bras et les jambes. Reproduisant les dessins que Tony portait sur les photos.
Gred et Cyb se lancèrent un long regard. Il s'agissait à présent des "sex toys" et aucun des deux ne se sentait prêt à franchir le pas.
Tony était assis sur le bord d'une table et attendait avec Abby et Tim que tout soit terminé. Il remarqua l'indécision des deux mercenaires et retint son souffle.
Abby sentit le changement dans l'attitude de son ami et eut un temps de retard pour poser sa main sur son bras.
Sa main ne rencontrant plus que le vide, Tony s'était avancé vers les deux hommes et avait tendu une main tremblante vers le cockring.
Il avait effleuré l'instrument et puis l'avait résolument empoigné.
Les sourcils froncés, il s'était agenouillé en face de son ancien bourreau, il avait installé l'anneau et avait serré le lien de cuir que Julian lui avait adjoint. Il avait serré fort. Sachant la sensation que ça provoquerait.
Une sorte d'anesthésie de la partie privée de sang.
Il avait installé les clips en argent sur les pointes de sein et serré les fixations à la limite du supportable.
D'une pression du pouce il avait forcé la mâchoire à s'ouvrir, il avait inséré le gagball et avait bouclé les lanières derrière la tête.
Ne restait que le sexe en latex rigide.
Tony secoua la tête et fit demi-tour.
"Ca non. Je peux pas. Dit-il en retournant vers Abby.
"Pas grave.
Surpris il leva les yeux et vit que Jethro s'était avancé et avait observé la scène.
"Tu n'étais pas obligé de faire ça...
"Si. Je suis le seul à savoir quel effet ça fait de porter ces trucs. Et comment les mettre en place au mieux. Dit Anthony à voix très basse.
"Tu n'étais pas obligé quand même. Insista Jay en posant la main sur la nuque de Tony et en l'attirant à lui, enfouissant sa tête dans son épaule.
Le silence tomba sur l'entrepôt. Tout était en place, il ne restait plus qu'a attendre le réveil de Julian et suivre Maï, au feeling.
La chinoise s'éclipsa quelques instants, pour revenir toute vêtue de noir, un petit manga sinistre à souhait.
Elle s'avança vers le centre du donjon et fit reculer tout le monde dans l'ombre. Julian ne manquerait pas de sentir qu'il est observé, mais ne verra que des silhouettes indistinctes.
Préservant la surprise quand à Tony.
Elle se réserva d'office le rôle du bourreau, jouer avec les effets spéciaux l'amusait au plus haut point, c'était la première fois qu'elle torturait "pour de faux" comme disait son petit frère Kyo quand ils étaient enfants.
De toute façon elle avait prévenue Tony qu'elle ne ferait pas que du "faux". Elle comptait bien jouer avec les fines lames, tranchantes comme des rasoirs. Redessiner les entrelacs sur les membres de Julian, ceux qui faisaient le pendant aux liens de cuir qu'elle avait installé.
S'amuser avec la cravache et le fouet de cuir noir.
"Combien de temps Ducky? Demanda-t-elle en fourrageant dans un sac de toile.
"Plus que quelques minutes ma chère. Le temps d'effectuer mes injections et d'appliquer les produits anesthésiants.
"Merci Docteur San.
"Et pour l'amputation?
"Il ne verra pas le bas de son corps, on bloque ses mouvements au maximum avec la position dans laquelle il est. Par précaution je vais lui mettre un collier en cuir assez large, comme ça pas de risques qu'il ne voie de près ce qu'on lui fait. J'ai installé un cathéter relié à une poche de sang, il apercevra uniquement ça dans le reflet du miroir: le flot de sang. Tony a déjà mis en place le reste. Expliqua Maï en enfilant une combinaison blanche, de celle que les techniciens mettaient sur les scènes de crime afin de ne pas polluer l'environnement.
Abby vint rejoindre son amie et lui posa un calot sur la tête, il était artistiquement décoré de têtes de mort, humour façon Abby...Ducky termina ses injections et remballa ses instruments, il rejoignit les autres dans l'ombre et s'installa afin d'assister au spectacle.
Tony et Jethro se tenaient l'un près de l'autre, Cyb, Artémis, Gred, Abby et Tim se partageaient les différents sièges.
Un gémissement s'éleva. Il provenait de l'homme attaché.
Le spectacle allait enfin commencer.
Bisousmouchous
Sandy
