Ludovico Einaudi - Una mattina

L'inspecteur Yakamada avait toujours été perspicace. Ses sens aiguisés et son intuition extraordinaire lui assuraient toujours une réussite dans ses enquêtes. Il était le meilleur. Mais, depuis Soul Society, il était démuni. Perdu. Il ne savait plus quoi penser, ou bien s'il était encore lui, ce bon vieux Toshiro Yakamada.

Toshiro, c'est un beau nom. Le même que celui du capitaine de la dixième Division, un génie. Toshiro Hitsugaya.

Celui-là, il l'avait cherché. Deux ans. Mais contrairement aux autres, il n'avait pas réussi à le retrouver. Personne n'avait pu -on est un génie ou on ne l'est pas. C'était à peine si les gens l'avaient cité dans leur témoignage. Comme s'il n'était qu'un simple courant d'air.

Un garçon, assez jeune, vint s'asseoir à sa droite. Il portait un grand sweat à capuche gris, et un jean slim noir. Il était plutôt maigre, les manches du sweat remontés jusqu'aux coudes. Ses avant-bras étaient ornés de bracelets métalliques, deux montres n'affichant pas la même heure, et un tatouage sur son poignet témoignait de son appartenance au Sereitei. Il portait le numéro 10, comme un Espada. Les deux espèces étaient si semblables…

Il s'alluma une cigarette, nerveux. Yakamada sourit.

-« Qu'est-ce que ça fait, de revenir après tout ce temps ? »

« Pourquoi vous faîtes ça ? »

Surpris, il fronça les sourcils, mais ne quitta pas des yeux le lac. Il avait peur de voir s'envoler le jeune homme.

« Parce que nous avons besoin de réponses. »

« Pourquoi vous ? »

« Hé bien...parce que je suis le meilleur. »

Le jeune tourna sa tête vers lui, un tic nerveux agitant sa jambe gauche. Il posa son bras sur le dossier du banc, inspirant une taffe.

« Moi aussi, j'étais le meilleur. C'est pour ça qu'ils m'ont pris comme Capitaine. »

« Pourquoi revenir maintenant, Toshiro ? »

« Et vous êtes qui ? »

« Ah ! Tu t'es déjà renseigné, avoue ! Vous l'avez tous fait. Nemu a été la plus talentueuse à ça. »

« Je préfère les mots parlés qu'écrits. Je suis revenu parce que...il fallait que je revienne. Les Kurosaki voulaient tâter le terrain avant de penser à un éventuel retour, alors… »

« Où sont-ils, d'ailleurs ? »

« Vous ne les avez pas cherchés ? »

« La famille Kurosaki méritait la paix. Comme chacun d'entre vous. Cela dit je suis toujours curieux. Et puis, ce pauvre Ichigo est vraiment descendu par l'opinion publique, je n'aimerais pas qu'on les trouve. »

« Alors pourquoi nous traquer, imbécile ? Fallait laisser s'enterrer ce truc, et ne plus jamais y repenser. Maintenant que vous savez, ce sera dur de passer à autre chose, Inspecteur. »

« Je ne pourrai pas, c'est certain. Et si vous n'avez pas vous-mêmes les réponses à vos questions, alors comment pourrez-vous trouver la paix ? »

Le garçon aux cheveux blancs hocha la tête en grimaçant.

« C'est pour ça que tu reviens maintenant. Que tu m'as appelé…J'ai à peine eu l'idée de tracer l'appel que ton téléphone était brisé et jeté dans un lac, pas vrai ? M'enfin, te voilà. » Il détourna la tête et se concentra sur le paysage, allumant lui aussi une cigarette. « Pour clôturer le tout, maintenant que presque tout a été dit. On dit de toi que tu peux être très têtu…une soudaine envie d'avoir le mot de la fin ? »

« Exact. Vous êtes un génie ? » Demanda Toshiro d'un air sarcastique. Il n'arrêtait pas de vérifier les alentours, persuadé d'être suivi.

« Pourquoi être venu si tu as tant peur de te faire attraper, Toshiro ? »

« C'est Capitaine Hitsugaya. » Grinça-t-il des dents, avant de se mordre la langue. Il n'était plus Capitaine de rien, à présent. « De toute façon, si on m'arrête, vous n'avez rien contre moi. Je suis le seul dont vous n'avez aucune trace à part quelques témoignages de drogué. Rien de crédible. »

« C'est ce que tu crois ! » Ricana l'inspecteur.

Ils s'observèrent en chien de faïence l'espace d'un bref instant, mais Hitsugaya finit par baisser la tête. Il avait raison, de toute façon.

« Alors, votre enquête ? »

« Hé bien…C'est dans mon appartement. Si tu viens, tu pourras voir à quel point c'est conséquent. »

« Ah. »

« Je ne pourrais pas te résumer ça ici, si c'est ce que tu souhaitais. Mais tu pourras m'aider, après. »

« T'aider à faire quoi ? »

« On va écrire un livre. »

« On ? »

« Moi et Uryuu Ishida. On va condenser tout ça dans un livre et on le publiera, version papier comme numérique. Et on aurait bien besoin de quelqu'un d'aussi intelligent que toi pour ne pas perdre le fil. Je parie que tu ne sais plus quoi faire de ta vie, pas vrai ? C'est aussi un peu pour ça que t'es là, non ? Avoue-le, Toshiro. »

« Je te l'ai déjà dit, idiot. » Le garçon aux cheveux blancs jette sa cigarette loin de lui, expiant la fumée dans l'air froid de novembre. « C'est Ca-pi-taine Hitsugaya. »

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« On a bien toutes les dates pour la guerre ? »

« Oui. Tout commence avec Rukia le 31 Janvier. Durant la nuit du premier et deux Février a eu lieu la descente. Tu connais la suite, on n'a rien oublié, calme-toi. »

« Ichigo est mort le dernier jour…C'est ça, Ishida ? »

Mais celui-ci ne répondit pas. Il se tenait prêt de la grande baie vitrée, un verre de cognac à la main. Yakamada réitéra son appel, sans réaction.

« Génial ! » Grogna Toshiro, renversant sa tête sur le dossier du canapé. « Il est encore perdu dans ses ruines ! »

Ses ruines, oui. Les ruines de sa vie.

Tout perdu. Ishida avait tout perdu. Son père, d'abord : celui-ci ne le reconnaissait plus comme son fils. Il avait failli à la protection de sa famille. Et surtout, Ruyken avait disparu très loin, ne pouvait faire face à l'humiliation publique du clan Ishida. Leur hôpital, remplit de Souliens, comme disait les journaux, avait été un des premiers bâtiments investis par les forces armées. Le personnel se révéla être les victimes, car tous étaient des gens de Soul Society. Les grands chirurgiens et pratiquement tous les médecins généralistes, en passant par les urgentistes et spécialisés, avaient fui l'hôpital quelques semaines avant la guerre. Nous sommes restés le plus longtemps possible, mais la situation s'était faite intenable ! S'écriaient-ils face aux caméras avec de grands yeux innocents. Ne restaient que les invisibles, les moins importants, les plus sincères et les plus solitaires pour s'occuper d'un monde profondément autodestructeur. Seul, dernier Maître parmi les Maîtres, Ruyken était resté.

Mais cela, personne ne s'en souvint. Aux yeux du monde, il était aussi coupable qu'Aizen, Yamamoto –qui s'était bien caché derrière ses Capitaines-, Isshin ou Urahara. Les grands méchants de Soul Society fut certainement le titre le plus accrocheur du Japan Times. On y retrouvait des biographies des susnommés – avec les parents de Sosuke !-, des interviews des proches, des photos inédites –tiens donc, une pièce du labo secret de Mayuri, que même Yamamoto ne connaissait pas, maisbiensûr-, des révélations chocs, et toutes sortes de conneries que le jeune héritier n'avait pas eu la force de lire.

Ah ! Mais héritier de quoi, pauvre Ishida ? Les multiples procès du père –corruption, non-assistance à personne en danger, terrorisme, trafic illicite, fraudes fiscales- les avaient ruinés. L'hôpital familial avait été cédé à l'Etat, en compensation – aujourd'hui détruit pour un mémorial dédié aux victimes. La meilleure idée du siècle, pour sûr.

Ne lui restait que cet appartement à Kyôto, là où il s'était réfugié. Et son cognac, bien sûr. Après tout, il lui fallait bien sa dépendance, non ?

« T'es allé voir Renji, donc ? » Finit par dire le petit Toshiro, fumant une cigarette. « Ses parents m'ont demandé de s'occuper de lui. Mais je n'ai pas que ça à faire, moi. C'est le rôle de Kuchiki, ça. »

Il grognait pour la forme, dans le fond. Après la guerre, une solidarité étrange et indestructible s'était emparée des survivants, à l'image de Keigo et Sun-Sun. Toshiro ricana silencieusement en pensant à Asano. La terreur d'Ichigo à l'état pur. Il s'était persuadé de l'avoir tué, juste parce qu'il ne le voyait plus. Mais Keigo s'était juste éloigné de lui. Ichigo avait toujours eu une grande imagination.

Toujours est-il qu'il n'allait pas abandonner le pauvre Renji à son sort, quoiqu'il arrive. Il était des siens.

« Oui, je l'ai vu, mais il ne se souvenait pas de moi… » Répondit l'inspecteur, les yeux dans le vague. « Il parlait encore des Shinigamis et de son pouvoir, un sabre mi-singe mi-serpent…J'ai oublié son nom. »

« Ah, Zabimaru, oui. Je crois qu'il le voyait très souvent dans ses hallucinations, et ça a fini par le marquer à vie. Vous savez, Soul Society, c'est comme ne jamais redescendre. »

« Hum. Il va y rester longtemps, dans ce centre, alors autant qu'il ne se souvienne de rien. »

« Avoir le cerveau tellement en charpie et ne pas se souvenir d'un visage vu deux jours auparavant n'est pas un rêve non plus. »

« Il ne se souvient pas de Soul Society, juste de Zabimaru. Il dit qu'il attend son retour. Nous devons remédier à ça. »

« Justement, Nemu pensait à… »

« ASSEZ ! »

Les deux hommes se tournèrent avec surprise vers Uryuu, qui finit son verre d'un geste rageur.

« Assez ! » Répéta-t-il moins fort. « Arrêtez d'agir comme si cela vous importait vraiment ! Abarai était mon ami, ce n'est pas à vous de faire ça ! »

« Ouais hé bah si tu t'en occupais, hein ? On est bien obligé de le faire si tu ne t'y mets pas. De quoi as-tu peur, après tout ça ? »

« De quoi j'ai peur ?! » Siffla l'héritier en se versant un nouveau verre, tremblant.

Il se dirigea vers son bureau, et ouvrit le premier tiroir gauche. Il en sortit un lourd manuscrit, qu'il jeta sur sa table avec violence.

« De ça ! Ce bouquin que toi, Yakamada, tu as écrit sur Soul Society ! T'imagines quoi, que ça va devenir un best-seller ? Qu'on aura une meilleure image ? Bordel, partout dans le monde, des villes s'affichent ouvertement anti-Soul Society, réprimant toute sorte de délinquance et drogue ! »

« Et alors ? On a le droit à la parole. Je l'aime bien moi, ce rapport d'enquête qu'il a fait. Photos, récits, preuves, lettres, c'est complet. » Clama Toshiro en pointant l'inspecteur du menton. « Paraidisio Inferno, ça sonne bien comme titre. »

« Oh mais si l'excellent, le génial Toshiro Hitsugaya aime alors pourquoi pas moi ? »

« C'est pas de ma faute si je suis plus intelligent que toi. » Renifla avec dédain l'adolescent en reniflant. « De toutes façons ce sera publié demain, et tu feras ton discours. C'est important ça, non ? »

Ishida le considéra longuement, hésitant entre lui arracher les yeux et lui faire bouffer le livre, mais il savait que le Capitaine déchu avait raison. Toshiro se leva et se dirigea vers lui, soupirant encore. Il prit le manuscrit dans sa main pâle comme un suaire, fronçant le nez –le livre avait des relents de sang et de cendres, la même odeur que Soul Society. Il l'ouvrit et le feuilleta rapidement, s'arrêtant à la page 26, à la fin du premier chapitre. Il y avait noté là une lettre d'Hiyori, de celles qu'Ichigo avait trouvé chez les Vizards. Il ordonna à Ishida de lire ce passage, et celui-ci s'exécuta en levant les yeux au ciel, connaissant le livre par cœur.

Cher Shinji,

C'est encore moi. C'est toujours moi. Moi qui nettoie tes bavures au sein du Hueco Mundo, moi qui te récupère dans les ruelles sordides où tu aimes tant te perdre, moi qui me bats à tes côtés quoiqu'il advienne. Moi qui te gifle de mes sandales usées, moi qui te traînais chaque matin aux réunions que Yamamoto nous infligeait, moi qui n'arrêtait pas de t'attaquer même si je te savais plus fort que moi, moi, ta Vice-Capitaine, ton pilier, ma force.

Cher Shinji, c'est encore moi, mais je ne sais pour combien de temps encore. Je me perds. Je crois que Soul Society est en train de me dévorer.

Je suis sortie, hier. Tous les anciens étaient là. Urahara, les nôtres, Yoruichi –tu sais qu'elle a encore adopté un chat ?-, même Masaki et Isshin Kurosaki.

On était tous là, dans cette cave un peu trop sombre, à l'abri des regards et mots, dans le silence apaisé de ceux qui en savent trop. On était heureux, tremblants et peureux, mais les rires toujours plus nombreux que les cris de détresse. On s'est rassemblés pour la dernière fois, sachant qu'aucun ne reviendra vraiment, mais nous continuons de nous promettre le contraire. Le petit Ichigo a un an, et selon Isshin, c'est le plus beau petit garçon du monde. Il est très mignon, c'est vrai. Mais ils oublient qu'il est différent, qu'il a quelque chose dans la tête de surnaturel. Isshin fait le con, mais je vois bien dans ces yeux l'inquiétude et la peur latente de ce qu'il ne peut contrôler. Masaki, elle, a les lèvres closes. Elle espère qu'ainsi, l'horreur ne pourra venir endeuiller sa famille. Mais elle est ce qu'elle est, et son passé va la rattraper. Si sa bouche est fermée, ce soir, c'est pour l'économiser pour les cris. Elle espère et désespère, un peu comme moi.

On était tous là, debout, fiers et résolus, sans savoir où l'on allait vraiment, parce que quoiqu'on fasse, on nous recherchera toujours, on nous traquera, nous, pauvres Vizards. Isshin et Masaki sont tranquilles, ils ont passé un accord avec Yamamoto pour cette paix fragile. Mais nous ? Nous les camés capable de survivre à des overdoses au prix de notre raison ? La Hollowrphose a quelque chose d'aussi génial qu'effrayant.

Cher Shinji, tu ne liras jamais ceci, mais je pense sincèrement que quelqu'un le fera, un jour. Peut-être que ce sera Ichigo, qui sait ? On a promis de veiller sur lui, non ? Un jour, ce sera à nous de lui apprendre à contrôler son Hollow. Un jour…mais ça parait si loin, pas vrai ?

Il est si petit, mais c'est déjà un prince. Le Petit Prince. Le Roi Isshin assure que son fils règnera sur Soul Society après lui, mais c'est un roi déchu, qui n'a d'autre pouvoir que sa volonté, maintenant qu'il a décidé d'arrêter les drogues.

Merde, Hina' m'attend. Cette imbécile s'est mise à l'opium, t'savais ça ? Elle n'aime pas en prendre toute seule, du coup elle me demande de l'accompagner dans son trip. Elle est entrée au Sereitei, ça y est, c'est une Shinigami ! Y'a que quoi être fier, y'a de quoi pleurer pour elle. Toujours à double-tranchant, pas vrai ?

Je t'écris la suite plus tard - dans quelques jours, grand max. Je rentrerai à la maison, cette fois.

« Tu vois, c'est pour ça qu'on le fait. Pas l'argent, pas le prestige, pas le sensationnel : pour Hiyori. Pour toutes ces filles et ces garçons qui se sont perdus et qui ont vécus comme des Dieux. Des Dieux de la Mort, certes, mais on ne peut pas ternir leur mémoire en ne montrant pas aux Autres ce qu'est Soul Society, bons comme mauvais côtés. Tu as peut-être peur, mais demain, tu trouveras les mots justes. Pour nous tous. »

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Uryuu Ishida est sur l'estrade.

Devant lui, une foule de spectateurs. Ils ne le regardent pas, c'est comme s'il était invisible, ridicule.

Il déglutit difficilement - la foule lui avait toujours fait peur, il est de nature timide. Il repense aux paroles de Toshiro, aux lettres de la Sarugaki, à sa famille, Kurosaki comme Ishida.

Non, aujourd'hui, il ne peut se permettre d'avoir peur. Il est la voix de tous les autres, il porte leurs espoirs et leurs rêves, ils ont besoin de lui pour se faire entendre. Dans sa tête résonne les hurlements d'Inoue, qui, la peau rongée par le Tipex et le cerveau déglinguée par les amphets, l'a supplié de le sauver mais dont, à cause d'un pas de danse compliqué, la cheville trop fine s'était brisée, et elle s'était écroulée, morte d'une rupture d'anévrisme.

Longtemps, Ishida n'avait su parler de Soul Society. Il ne pouvait pas. Jamais il n'avait été capable de dire comment l'utopie qu'était Soul était devenue un tel cauchemar. Tout allait bien, et tout s'était écroulé si vite que personne, pas une seul survivant n'avaient pu éclaircir la chose. Seul Yakamada avait persisté, se donnant corps et âme à la tâche jusqu'à qu'enfin, au bout de longues années, il puisse achever son rapport. Peu à peu, Ishida avait fini par sortir de l'ombre, et parler. Comme Toshiro, Nemu, SunSun, Ukitake, Ururu…

Alors Ishida n'allait pas abandonner. Trop de vies, trop de chances pour que cela recommence. Il ne peut pas abandonner les siens. Tous coupables, tous victimes. Il n'y avait rien de noir et blanc. Tout était inlassablement gris.

Alors, Ishida parle à leur place. Il assume son rôle, il ne veut pas les laisser tomber : car qui seraient les moins humains, à ce stade ? Ceux qui fuient une Humanité trop froide et implacable ou ceux qui peuvent les laisser crever sur le trottoir ?

En face, la foule fait silence, l'âme excitée, ayant pour la plupart le livre entre leurs mains avides. Ils l'écoutent, et même s'ils ne sont qu'un petit nombre, Ishida se sent porté. Alors il parle, très fort, très longtemps, parce qu'il y a trop de choses à dire mais aucune fin, car les soldats de la drogue morts au combat sont toujours remplacés par d'autres, trop vite et trop nombreux.

Mais voilà, tout le monde n'a pas vu tout ce qu'Ishida a pu voir. Ses rétines le brûlent, depuis l'épisode avec Orihime, et ses oreilles bourdonnent sous les cris de douleur de Renji. Et il tient bon, c'est un ami fidèle, amoureux de ceux qui se considèrent perdus.

On attendait toujours Ichigo. Certains disaient que Shirosaki avait définitivement pris sa place, ou alors qu'il traînait dans les bordels sombres, petites boutiques acculées près du métro ; d'autres encore affirmaient qu'il était mort d'une overdose au Hueco Mundo, en tapinant avec les plus beaux clients. Il y en avait même qui croyait dur comme fer qu'il était toujours dans l'ombre, ayant repris ses activités illicites, buvant des Margarita au bord de sa piscine privée.

Au fond, cela ne comptait pas. Le plus important n'était pas de savoir ce qu'étais devenu, non ; le plus important était de comprendre ce genre de comportement pour mieux aider les prochains ; et il voulut choquer, pour marquer les esprits, comme une claque. Il employa des mots rudes, durs, ceux des autres, prenant peu à peu de l'aisance.

A présent, les mots lui viennent instinctivement ; il prend de l'assurance, sa voix porte. Le public est accroché à ses lèvres, les yeux grands ouverts, pour imprimer cette réalité au fond de leurs rétines.

Je vais vous raconter une histoire, celle de tout un peuple, celle qui a interrogé le monde entier, et qui a tant chamboulé notre vie Japonaise. Beaucoup, particulièrement les autorités internationales, se sont déchirés pour comprendre l'univers de Soul Society. Mais elles ne se posaient pas les bonnes questions. Ce que je vais vous dire ici, je ne sais si ce sera suffisant à vous faire comprendre. Si les mots seront vraiment justes, si les questions auront des réponses -même si, encore aujourd'hui, j'en doute. Voici Paraidisio Inferno. Et c'est l'histoire d'une société qui s'effrondre, mais qui dans sa chute, continue de se dire : jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien. Mais l'important ce n'est pas la chute. C'est l'atterrissage.

Fin.

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Les trois dernières phrases sont citées du film La Haine.

Et voilà, finito. Sachez que j'ai pris grand plaisir à écrire et partager cette histoire, et vraiment très heureuse face aux stats et aux commentaires qui m'ont beaucoup aidé pour cette fic. J'aimerais remercier en particulier Smardagus, Plumel et Shairan, avec qui j'ai trouvé de la motivation et aimé discuter. Merci à vous. Et puis ceux présents avant la correction, Machin-738 et les autres, les lecteurs anonymes, bref, vous.

J'ai aussi l'idée d'écrire une autre petite fic, Les Lettres d'Hiyori, quelque chose de moins triste sur Soul Society et sur comment je le vois avant Ichigo, tout ça tout ça. Mais je ne sais pas si c'est vraiment nécessaire, si j'aurais le temps, malgré l'envie. Donc voilà, si vous pensez que c'est mieux qu'on s'arrête là ou non, n'hésitez pas à me le faire savoir. Il faudrait aussi que je reprenne Jiyuu, un jour. Enfin j'espère.

Assez de blabla, maintenant. Vous pouvez tourner la page et revenir sur le fandom Bleach. Et enjoy, les amis !